Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.81, pg 234-258

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L'année psychologique - Année 1981 - Volume 81 - Numéro 1 - Pages 234-258
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1981
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 234-258.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1981 vol. 81, n°1. pp. 234-258.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1981_num_81_1_28370PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Robinson (D. N.). — Systems of modem psychology. A critical
sketch. — New York, Columbia University Press, 1979, 333 p.
Auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'histoire de la psychologie,
Robinson propose ici non pas une revue mais une esquisse critique des
tinée à familiariser le lecteur avec les hypothèses (« largement méta
physiques ») sur lesquelles reposent tous les « systèmes » contemporains
en psychologie. Dès la préface, il apparaît que l'auteur nourrit une cer
taine nostalgie des grands « systèmes » d'autrefois qui « rendaient compte
de tout, depuis la formation d'une seule idée jusqu'aux déterminants de
la moralité sociale ».
Le premier chapitre est naturellement consacré à un essai de défi
nition de ce qu'est un « système ». Selon Robinson, quatre conditions
sont requises pour que l'on puisse parler de « système » : un ensemble de
propositions universelles dont peuvent être déduits tous les faits concer
nant la partie de l'univers à laquelle s'applique le « système », une défi
nition de ce qu'est un fait, une délimitation de la partie de l'univers à
laquelle s'applique le « système » et enfin une épistémologie ; l'auteur
insiste sur le fait que les réponses apportées à ces quatre questions sont
d'ordre métaphysique et non scientifique. On comprend que, par la
suite, Robinson préfère parler de « perspectives » ou de « points de vue »
(contenant éventuellement les germes de véritables « systèmes ») : après
avoir évoqué les problèmes du réductionnisme et du statut de l'expl
ication en psychologie, il s'efforce de caractériser différentes perspectives,
en allant des plus moléculaires aux plus molaires, à la fois par les hypo
thèses sur lesquelles est fondée la collecte des données, par les conclusions
tirées de ces données et par la logique de l'inférence et de l'explication.
Six « points de vue » sont ainsi successivement abordés : les points de
vue physiologique (« Physicalistic », chap. 2), behavioriste (chap. 3),
« cognitiviste » (« Perception, memory and cognition », chap. 4), psycha
nalytique (« Personality, motivation and the psychoanalytic perspec
tive », chap. 5) et enfin le point de vue de la « troisième force » (« The
« third force » : phenomenological and humanistic psychologies »,
chap. 6). Tout en soulignant les apports des points de vue évoqués, tous
les chapitres se terminent par un constat d'échec : pour ne citer que
quelques exemples, les recherches de type physiologique n'ont pratique- Psychologie générale 235
ment pas conduit à des théories de la perception, de l'apprentissage, etc.,
malgré des tentatives comme celles de Hebb ou de Pribram ; de plus,
elles laissent entier le problème des rapports entre corps et esprit — l'au
teur se demande d'ailleurs si cette perspective physiologique ne devrait
pas, à l'avenir, trouver sa place dans les sciences « purement biologiques » ;
les behavioristes n'ont pas mieux réussi à fonder un système, encore que
la tentative de Hull soit jugée digne d'un examen assez approfondi ; les
théories psychanalytiques ne sont pas mieux loties : leur approche de
l'explication est « tautologique quand elle est explicite et biographique
quand elle est seulement suggérée » et leur acceptation relève « large
ment d'un acte de foi » ; même la « troisième force », pourtant séduisante,
doit faire « face au double obstacle de l'imagerie poétique et des contra
dictions ontologiques ».
A ce point de l'ouvrage, chacun pourra sans doute, en fonction de ses
propres préoccupations, regretter des lacunes, discuter du découpage
parfois curieux des chapitres, du choix des exemples ou de l'affectation
d'un chercheur à telle ou telle perspective ; on pourra être agacé par les
références répétées à des philosophes de toutes les époques, voire irrité
par certaines conclusions, mais on attend surtout les propositions de
l'auteur. C'est dans l'épilogue que Robinson présente des éléments
d' « intégration conceptuelle ». Après une prise de position œcuménique
sur la fin de la « guerre froide » entre les approches opposées de la psychol
ogie, et en esquivant le problème des rapports entre psychologie et
idéologie, il explique que 1' « intégration conceptuelle » suppose que l'on
commence par éliminer les hypothèses qui ont un effet distracteur (le
recours à la notion de « mécanisme » (physiologique) et aux concepts
darwiniens comme la spécificité ou la hiérarchie des espèces, etc.), celles
qui ne sont pas nécessaires (la tendance à accumuler des données plutôt
qu'à changer de perspective, la proclamation de la nécessité de la mesure
alors que l'on est dépourvu de théories entre lesquelles la mesure pourrait
permettre de choisir) et bien entendu les hypothèses non valides (par
exemple : une même fonction liant stimulus et réponse permet de conclure
à la mise en jeu des mêmes processus, les faits rares (ou les sujets « aber
rants ») peuvent être éliminés). Une fois ces hypothèses exclues et cer
tains problèmes philosophiques écartés (le problème du réalisme dans la
perception par exemple), l'auteur propose quelques problématiques
susceptibles d'être adoptées dans différents domaines. Les conséquences
de l'adoption de tels points de vue seraient considérables dans la mesure
où elles conduiraient à évacuer du champ de la psychologie l'étude des
processus associatifs dans l'apprentissage et la mémoire, les comporte
ments animaux et une grande partie de ce qui, dans la psychologie
actuelle, relève de la thérapie, l'idée étant, semble-t-il, de fonder une
psychologie plus intégrée à la vie quotidienne : « Le standing d'une
discipline est déterminé par le nombre de personnes sérieuses incitées à
la considérer sérieusement et par le nombre plus important encore Analyses bibliographiques 236
d'hommes et de femmes ordinaires qui la trouvent intéressante et info
rmative. » Dans la situation actuelle de la psychologie, on ne peut éviter
de méditer cette affirmation.
P. Marquer.
Brown (G.), Desforges (C). — Piaget's theory : a psychological
critique. — London, Routledge & Kegan Paul, 1979, 178 p.
Le sous-titre indique l'orientation du livre : il ne s'agit pas d'une
simple présentation de la théorie de Piaget, mais d'une approche cri
tique. Les auteurs, qui enseignent la psychopédagogie à l'Université de
Lancaster, s'attachent d'abord à préciser les critères qui peuvent guider
l'évaluation d'une théorie (étendue du champ d'application, réfutabilité,
économie, valeur heuristique) et citent quelques autres théories du
développement cognitif avant de présenter rapidement celle de Piaget.
Les problèmes posés par la validation de cette théorie sont abordés
au chapitre 3. Laissant de côté les expériences dont les résultats sont
compatibles avec la théorie, G. Brown et G. Desforges se demandent
dans quelle mesure les expériences qui donnent des résultats inattendus
sont susceptibles de la réfuter. Cette question est discutée à partir des
expériences montrant des réussites précoces, dans des situations sup
posées requérir des notions — conservation, transitivité — que la
théorie prévoit plus tardives. Certains travaux ont certes montré que de
telles réussites précoces peuvent être atteintes par des procédures en
fait fort éloignées de celles que la théorie de Piaget définit comme opérat
oires, mais la controverse a tendance à se déplacer, car il n'est alors
pas évident que les sujets supposés opératoires eux-mêmes — les adultes
par exemple — utilisent réellement les procédures répondant aux canons
piagétiens pour parvenir à la réussite. Selon les auteurs, cette question
n'est pas réellement décidable, faute de disposer d'une définition assez
précise des procédures par lesquelles un sujet réussit une tâche de
manière « opératoire ».
Les études interculturelles, qu'ils envisagent ensuite, se heurtent à
leurs yeux aux mêmes difficultés. L'hypothèse selon laquelle la forme du
développement opératoire est universelle ne paraît pas refutable par ce
type de recherches. Lorsque des comportements différents du modèle
genevois sont observés — comme dans les travaux de P. Greenfield au
Sénégal ou de M. Bovet en Algérie — la théorie n'en est pas réellement
affectée.
L'ouvrage aborde ensuite quelques problèmes spécifiques que pose la
validation d'une théorie de la compétence. Comment vérifier la présence
ou l'absence de cette compétence à travers la performance ? Le recours
de la théorie à la notion de décalage horizontal pour expliquer l'hétéro
généité des performances malgré l'homogénéité de la compétence rend
le modèle difficilement testable. Quelques exemples d'hétérogénéité du
comportement des mêmes sujets, en fonction du contenu de situations Psychologie générale 237
pourtant apparemment isomorphes, permettent aux auteurs de montrer
à quel point il est difficile de vérifier expérimentalement l'existence de
structures d'ensemble. Les mêmes raisons peuvent rendre irréfutable
— pourvu que l'on étende suffisamment les possibilités de recouvrements
entre phases de préparation et d'achèvement des stades — la proposition
relative à l'ordre invariant des stades.
Enfin, la controverse sur l'apprentissage — les méthodes d'apprentis
sage par conflit cognitif atteindraient seules la genèse des structures
cognitives — est évoquée dans le chapitre 5. Là encore, la question ne
paraît guère décidable faute de disposer de critères claire permettant de
trancher entre une forme d'apprentissage et une autre. Par exemple,
la résistance à l'extinction du comportement appris ne paraît pas être
une preuve suffisante du caractère opératoire de l'apprentissage puis
qu'on trouve des conservants « naturels » qui n'y résistent pas, et des
sujets ayant eu un apprentissage empirique de la conservation qui y
résistent.
En résumé, les auteurs pensent avoir montré que quelques points de
la théorie de Piaget ont été réfutés, et que beaucoup ne peuvent pas
l'être. Toutes leurs analyses ne sont pas également convaincantes, mais
leur ouvrage présente un tour d'horizon assez bien documenté des prin
cipales difficultés auxquelles la théorie de Piaget est actuellement
confrontée.
J. Lautrey.
Schultz (D. P.). — Psychology in use, An introduction to applied
psychology. — New York, Macmillan, 1979, 464 p.
La psychologie a un intérêt pratique. Voilà ce que les auteurs veulent
montrer aux étudiants qui commencent leurs études en psychologie.
Les techniques et les méthodes de recherche du psychologue sont aussi
utiles dans le champ des applications que dans celui de la recherche
fondamentale. L'idée est séduisante et l'on attend avec intérêt son illus
tration. Il faut bien reconnaître que le lecteur un peu averti reste sur sa
faim. Le champ des exemples utilisés est extrêmement étendu : santé
mentale et physique, écologie, problèmes du consommateur, délinquance,
psychologie du travail, etc. Le parti est pris de maintenir à un niveau
minimum la technicité du langage. Le lecteur peut n'avoir que des
connaissances faibles ou même nulles en psychologie, affirme la préface.
On utilise les études de cas et on reste ensuite au niveau des allusions
simplificatrices. Peut-être ce genre d'ouvrage peut-il jouer un rôle
utile ? Il présente bien sûr d'évidents dangers, et le passage à une étude
moins superficielle de la psychologie risque de paraître difficile au
lecteur.
M. Reuchlin. Analyses bibliographiques 238
Willerman (L.), Turner (R. G.) (Eds). — Readings about individual
and group differences. — San Francisco, Freeman, 1979, 330 p.
Vingt-cinq articles relatifs à la psychologie différentielle ont été
choisis par les « éditeurs » et reproduits. Ils concernent les origines de la
psychologie différentielle, l'intelligence, l'éducation, la personnalité, la
psychopathologie, les retards mentaux, le « génie » et la « créativité »,
les différences entre sexes, les différences ethniques. On peut toujours,
dans ce genre d'ouvrages, discuter certains choix et certains rejets. Tel
qu'il est, l'ensemble constitue une référence commode à donner aux
étudiants acceptant de lire de l'anglais.
M. Reuchlin.
Lecoutre (M. -P.), Lecoutre (B.) — Enseignement programmé sur
Vutilisation d'une table de la distribution normale. — Paris, Société
d'Edition d'Enseignement supérieur, 1979, 43 p.
Préparer un enseignement programmé représente un travail consi
dérable d'analyse des difficultés, de clarification des concepts, d'essais
préalables. Ce travail, Marie-Paule et Bruno Lecoutre n'ont pas hésité
à l'effectuer, dans un domaine où beaucoup d'étudiants en psychologie
éprouvent de grandes difficultés, celui de l'enseignement de la statistique.
C'est dire qu'il s'agit là d'une entreprise extrêmement utile. Elle ne
porte pour l'instant que sur un point particulier, celui de l'utilisation
d'une table de la distribution normale ; mais sur ce point, l'analyse des
concepts, le choix des notations, la variété des exercices proposés, la
progression m'ont semblé très satisfaisants. Les représentations gra
phiques, qui facilitent une compréhension intuitive, devraient aider
considérablement le lecteur.
La seule critique que je ferai aux auteurs, et c'en est à peine une car
il s'agit plutôt de poursuivre ce travail, c'est qu'une seule forme de la
loi normale est présentée. M. -P. et B. Lecoutre disent bien qu'il existe
différents types de tables fournissant des informations équivalentes sous
des formes différentes, mais ils ne donnent aucune précision sur les formes
les plus courantes ou sur les moyens d'identifier les informations fournies
par ces tables. Peut-être ceci eût-il trop compliqué l'exposé ?
Espérons en tout cas que de nouveaux fascicules viendront compléter
celui-ci, comme le souhaite H. Rouanet, dans sa préface. Nombreux
seront certainement les enseignants et les étudiants qui souhaiteront
s'en servir.
F. Bacher.
BlTTERMAN (M. E.), LoLORDO (V. M.), OVERMIER (J. B.),
Rashotte (M. E.). — Animal learning. Survey and analysis. —
New York et Londres, Plenum Press, 1979, Nato-Asi Series, Life
sciences, vol. 19, 510 p.
En décembre 1976, près de Ulm (rfa), s'est tenu durant deux
semaines un séminaire consacré à l'apprentissage chez l'Animal. Il était Psychologie générale 239
destiné à des chercheurs européens appartenant à d'autres disciplines
que la psychologie, mais concernés cependant par ce thème d'études :
zoologistes, psychophysiologistes, pharmacologues, etc. Les quatre pro
fesseurs américains ont réuni en un volume le contenu de cet enseigne
ment de haut niveau, en l'ayant d'ailleurs réactualisé entre-temps car
certaines questions évoluent vite. Les psychologues trouveront là, dans
une problématique qui leur est familière (c'est le comportement qui est
étudié, non ses mécanismes organiques), une remise à jour de leurs
connaissances, qui est cependant toujours fondée sur un rappel de l'évo
lution historique de chacune des questions abordées.
Après une introduction générale (Bitterman), on lira un exposé sur
le conditionnement classique et ses conceptions modernes en termes
probabilistes et cognitivistes (LoLordo), puis un autre sur l'apprentissage
par récompense, allant des anciennes théories S-R et S-S jusqu'à leurs ver
sions récentes (Rashotte). En contrepoint, il y fait suite divers chapitres
sur les effets de la punition et sur l'apprentissage d'évitement (Overmier),
après quoi les délicats problèmes de discriminatif sont
envisagés (Bitterman) , avec même une ré flexion sur ses limitations étholo-
giques (LoLordo). Une magistrale synthèse (Bitterman) sert de conclusion.
De cet ensemble très complet nous avons retenu deux caractères.
Le premier est l'absence de sectarisme : les différentes options théo
riques sont présentées équitablement, et le lecteur est laissé juge de les
évaluer par rapport à leur validité prédictive, et à leur fécondité de mise
en œuvre expérimentale. D'autre part, plutôt que sur les théories elles-
mêmes, l'accent est mis sur des distinctions portant sur des points qui
sont communs à toutes ces théories, et qu'on a tendance à négliger ou à
confondre lorsqu'on formule les questions et quand on les opérationnalise
en expérimentant. Par exemple, LoLordo insiste beaucoup sur les aspects
associatifs et non associatifs dans le conditionnement, s'efîorçant de
faire la part des uns et des autres. De même, Rashotte fait ressortir la
distinction entre apprentissage et performance, sous la forme des
variables relatives à l'un ou à l'autre de ces aspects du comportement et
de ses modifications. C'est dire qu'en plus des données expérimentales
récentes qui sont rapportées, l'un des principaux apports de l'ouvrage
est une défense et une illustration du fondement théorique de la démarche
expérimentale en matière d'étude du comportement ; cela est très explicite
dans le texte d'Overmier, et bien sûr dans les conclusions de Bitterman.
En résumé, cet ouvrage collectif fait le point actuel des connais
sances touchant à l'apprentissage chez les animaux, tant au plan factuel
qu'à celui de la méthodologie. Ajoutons que l'abondance des références
bibliographiques qui terminent chaque chapitre est une raison supplé
mentaire à ce que ce livre figure dans la bibliothèque de tout laboratoire
de psychologie ou de psychophysiologie, dont les recherches portent sur
l'apprentissage.
M. Blanciieteau. 240 Analyses bibliographiques
Hiliner (K. P.). — Conditioning in contemporary perspective. — ■
New York, Springer Publishing Company, 1979, 370 p.
Le champ du conditionnement risque d'apparaître comme un terrain
déserté par la recherche depuis les travaux de Pavlov, Guthrie, Hull,
Tolman et quelques autres. L'intérêt de ce livre est qu'il donne à per
cevoir le renouveau de la recherche actuelle sur le conditionnement, tant
classique qu'instrumental. L'auteur oppose, de façon récurrente, les
perspectives traditionnelles, avec la dominance des macro- théories beha-
vioristes visant à dégager des lois universelles à partir de paradigmes
expérimentaux étroitement standardisés, aux perspectives contempor
aines, caractérisées par le développement de micro-théories, centrées
sur des aspects limités du conditionnement, et dominées par la prégnance
de modèles cognitifs, mathématiques, ou physiologiques.
L'ouvrage est divisé en trois grandes sections. La première section,
introductive, traite essentiellement de problèmes de définition et de
terminologie. La deuxième section adopte successivement trois points
de vue hiérarchiquement organisés ; le conditionnement est traité
d'abord comme une procédure, une opération de l'expérimentateur (1),
puis comme un ensemble de phénomènes comportementaux engendrés
par ces procédures (2), et enfin comme un phénomène conceptuel susci
tant des interprétations théoriques (3). La troisième section, moins
unifiée, traite du concept de renforcement des relations entre condi
tionnement classique et instrumental, et de la généralité des lois du
conditionnement. Une bibliographie de près de 500 titres termine
l'ouvrage ; signalons cependant qu'aucune référence ne figure dans le
texte lui-même.
De nombreuses directions de recherches contemporaines sont pré
sentées. Leur analyse est généralement bonne, et parfois ponctuée de
remarques particulièrement éclairantes. Il reste cependant que le plan
général de l'ouvrage, qui induit de nombreuses répétitions, et l'abon
dance des titres et sous-titres qui « hachent » continuellement le texte
et masquent les différences entre l'essentiel et l'accessoire, rendent une
lecture continue assez fastidieuse. Un index final, suffisamment détaillé,
aide heureusement à la consultation de l'ouvrage.
P. Perruchet.
Perruchet (P.). — ■ L'analyse différentielle du conditionnement
humain. — Paris, Editions du cnrs, 119 p.
L'auteur a appliqué, dans la recherche qu'il présente ici, la méthode
différentielle à un objet d'étude privilégié de la psychologie générale :
le conditionnement. Il analyse dans l'introduction la portée et les
limites de la méthode et formule ainsi la question à laquelle son travail
tente de répondre : « Toutes les formes de conditionnement relèvent-elles
d'un corps de processus communs et spécifiques ou doit-on subdiviser
le phénomène en plusieurs composantes partiellement ou totalement Psychologie générale 241
indépendantes ? » Le chapitre I est consacré à une revue de la littérature
selon une analyse dimensionnelle du conditionnement. L'auteur recense
d'abord les principaux facteurs en fonction desquels se différencient les
mesures de conditionnement chez l'homme : nature de l'arc réflexe
(végétatif, moteur, électro-encéphalographique) ; nature du stimulus
conditionnel ; intervalle SC-SI ; méthodes d'enregistrement des réponses.
11 analyse ensuite les variations liées au choix de l'indice du condition
nement et de la réponse d'une part, de l'arc réflexe d'autre part. Les
données expérimentales sont cohérentes : les corrélations entre indices
de conditionnement issus de systèmes réactifs différents sont voisines
de zéro, alors que tous les conditionnements semblent relever d'un pro
cessus commun. Pour tenter d'expliquer cette absence de corrélation-
Perruchet introduit un modèle fonctionnel selon lequel l'état de l'effec,
teur local module les performances effectivement mesurées (chap. II).
Il argumente le choix des propriétés des effecteurs sur lesquelles ont
porté son analyse, puis expose la méthode qu'il a retenue pour mesurer
et atténuer l'effet de cette modulation périphérique.
L'expérience exposée dans le chapitre III a permis le recueil chez les
mêmes sujets d'indices électrodermaux, vaso-moteurs et palpébraux.
Elle avait pour but de tester l'hypothèse générale de l'auteur selon
laquelle « la régression des indices de conditionnement sur les propriétés
fonctionnelles de chaque système devait conduire à une élévation des
corrélations entre indices résiduels et à l'obtention d'un facteur général
de conditionnabilité ». Pour analyser les données qui portaient sur
52 variables, Perruchet a utilisé les techniques d'analyse factorielle, de
régression multiple et des rotations discriminantes. La mise à l'épreuve
de l'hypothèse a conduit au résultat suivant : le niveau de conditionnab
ilité est étroitement spécifique du système réactif utilisé pour l'estimer.
On observe cependant une légère augmentation des corrélations entre
indices de conditionnement végétatif (électrodermal et vaso-moteur),
par contre les corrélations entre conditionnement végétatif et moteur
restent voisines de zéro.
Cet ouvrage, de grande qualité, est un apport incontestable à la
connaissance du conditionnement humain. Etendre l'analyse à d'autres
conditionnements moteurs que le réflexe palpébral, essayer de déterminer
le poids des facteurs cognitifs pour chaque système réactif sont autant
de directions prometteuses dans lesquelles l'auteur va prolonger son
travail.
V. Pauthas.
Davidson (J. M.), Davidson (R. J.) (Eds). — The psychobiology of
consciousness. — New York, Plenum Press, 1980, 489 p.
Plus largement que la conscience stricto sensu, il s'agit d'un bilan
— non exhaustif — de recherches menées depuis la fin des années
soixante, à l'aide de l'arsenal des nouvelles techniques psychophysio- 242 Analyses bibliographiques
logiques, sur les processus internes intermédiaires aux perceptions et
aux réponses.
Les diverses contributions peuvent être regroupées en sept grandes
parties :
1. L'étude de la conscience dans une perspective psychobiologique
(chapitres de R. J. Davidson et K. Pribram) : la notion de conscience
est examinée dans son acceptation psychobiologique actuelle et sous un
éclairage historique, dans ses relations avec d'autres notions : inconscient,
attention, processus d'information, compétence, perception, etc.
2. La neuro-chimie des comportements induits par stress (S. M. An-
telman et H. Caggiula). La neuro-chimie du rappel, en relation avec les
phénomènes de redondance observables dans certaines structures ner
veuses (A. Routtenberg).
3. L'approche électro-physiologique. L'intégration, à l'aide de la
technique des potentiels évoqués, de l'apport des conceptions localisa-
tionnistes et anti-localisationnistes dans une théorie de la « configuration
statistique » de l'activité cérébrale (E. R. John). L'étude des facteurs
héréditaires dans l'EEG et les potentiels évoqués cérébraux utilisés
comme argument pour confirmer l'existence de facteurs héréditaires des
caractéristiques mentales (M. S. Buchsbaum et E. S. Gershon).
4. Les approches cognitivistes et développemen taies. La caractérisa-
tion du courant de conscience (K. S. Pope, J. L. Singer). L'étude de l'évo
lution au cours de l'enfance, des émotions et de l'expérience affective en
relation avec les processus sensoriels, perceptifs et cognitifs (L. E. Izard).
5. Les apports des approches systémique et cybernétique à l'étude de
l'activité intentionnelle et volontaire (W. T. Powers), à celle des états de
conscience altérée (G. T. Tart).
6. L'abord psychobiologique de divers « états de conscience altérée » :
orgasme (J. M. Davidson), méditation transcendantale (M. Schuman)'
expérience mystique (A. J. Mandell).
7. Enfin, G. Globus et S. Franklin concluent à l'impossibilité d'une
observation scientifique de la conscience, puisqu'une telle observation
implique l'usage de méthodes adaptées à l'étude du monde physique.
Les auteurs terminent cependant sur un encouragement à « construire
des ponts entre l'esprit et le cerveau, la phénoménologie et le behavio-
risme, le mysticisme et la science, l'Orient et l'Occident ».
Cette accumulation « tous azimuts » n'aura donc pas suffi à combler
le fossé creusé par la tradition dualiste, ni à exorciser l'interdit positi
viste sur l'observation des faits de conscience.
S. Netchine.
Schwartz (G. E.), Shapiro (D.) (Eds). — Consciousness and self
regulation. — Vol. 2, 1978, 445 p.
Ce second volume de Consciousness and self regulation est construit
à l'image des recherches actuelles sur la conscience : il y est très difficile

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