Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.84, pg 132-142

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L'année psychologique - Année 1984 - Volume 84 - Numéro 1 - Pages 132-142
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1984
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J.-F. Camus
Michel Denis
C. George
Annie Piolat
Geneviève Oléron
Robert Francès
J.-F. Richard
Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1984 vol. 84, n°1. pp. 132-142.
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Camus J.-F., Denis Michel, George C., Piolat Annie, Oléron Geneviève, Francès Robert, Richard J.-F. Psychologie générale. In:
L'année psychologique. 1984 vol. 84, n°1. pp. 132-142.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1984_num_84_1_29010PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Dixon (N. F.). — Preconscious processing, Chichester, John Wiley &
Sons, 1981, 313 p.
Pour Dixon, le traitement préconscient de l'information (preconscious
processing) est un étage cognitif intercalé, comme son nom l'indique,
après le traitement sensoriel et avant l'expérience consciente de la st
imulation. Le terme de « conscience » est ici pris dans l'acception, tout à
fait restrictive du contenu de l'expérience immédiate, qui renvoie inév
itablement le lecteur aux formulations centenaires des rapports entre
l'état de la conscience (sensation) et l'état de la réalité (stimulation).
Dans l'ouvrage, cette mise en perspective, quelque peu traditionnelle,
n'est l'objet d'aucune réévaluation critique un peu plus actuelle. La
démonstration du fonctionnement de cet étage préconscient repose sur
les données — par ailleurs contradictoires — recueillies dans trois
domaines : la subception ; l'écoute dichotique, et les effets de masquage.
Ces données sont avancées afin de démontrer la réalité d'effets cognitifs
obtenus à partir du traitement d'informations dont le sujet n'a pas
conscience.
Cette démonstration est loin d'emporter la conviction du lecteur. Le
ton polémique continuel s'accompagne d'arguments à l'emporte-pièces
qui n'entraînent pas nécesssairement l'adhésion. De même, la manière
dont il est fait appel aux références bibliographiques est souvent irr
itante. Le nombre considérable de celles-ci, près de 800 titres, ne masque
pas qu'elles servent plus souvent à l'évocation qu'à l'analyse. Il y a
enfin beaucoup de légèreté dans la définition des termes. Les seuils diffé
rentiels et absolus deviennent des seuils de conscience. Les raisons pour
lesquelles ce terme-ci est parachuté dans la démonstration ne sont jamais
explicitées.
Prisonnier du cadre réducteur qu'il s'est fixé, Dixon se prive de
l'apport positif qu'il aurait pu tirer d'autres domaines. En particulier le
corps de données considérables concernant le contrôle cognitif et l'aut
omatisation auraient pu fournir un appui sérieux à une démonstration
qui reste encore à produire.
J.-F. Camus. Psychologie générale 133
Martindale (C). — Cognition and consciousness, Homewood (il),
Dorsey Press, 1981, 437 p.
Les recherches personnelles de l'auteur sont présentées dans les deux
derniers chapitres : « Les états de conscience » et « Histoires » (« Narrat
ives »). Elles visent l'analyse de l'interaction entre la structure narrative
d'une histoire (au sens de nouvelles littéraires ou autres) et les processus
de traitement du sujet (ses états de conscience). Ces processus sont au
nombre de deux : le processus primaire de pensée, plutôt concerné par le
niveau perceptif, et le niveau secondaire centré sur l'abstraction sémant
ique et structurale.
L'objectif de l'ouvrage consiste à développer une perspective cohé
rente entre ce domaine de recherche et l'approche actuelle plus générale
de la structure et du fonctionnement de l'appareil cognitif (cognition).
La première partie de l'ouvrage présente un résumé exhaustif de la
cognition. Cette présentation n'est ni un bilan ni une tentative de vulgar
isation, mais une sorte d' « introduction » démesurée aux travaux de
l'auteur. Elle n'apporte rien de plus que ce qui a déjà été écrit dans ce
domaine. Et à part la référence à Konorsky (1967) à propos des étapes
sensorielles et gnosiques de l'analyse de l'information, qui annonce la
distinction des processus primaires et secondaires, on ne comprend
pas bien en quoi cette vaste « introduction » éclaire ou enrichit la
seconde.
J'ai toutefois bien apprécié la lecture du chapitre 2, qui élabore un
modèle cognitif pour un robot capable de fuir les prédateurs et de s'appro
cher d'une source de nourriture. L'auteur, en développant son exemple,
introduit de manière astucieuse la quasi-totalité des concepts cognitifs et
illustre le caractère cohérent et pertinent des réponses que la cognition
fournit aux questions concernant le fonctionnement psychologique.
J.-F. Camus.
Klinger (E.). — Imagery. Vol. 2 : Concepts, results, and applications,
New York, Plenum Press, 1981, 397 p.
L'ouvrage édité par Eric Klinger regroupe un ensemble de communic
ations présentées à la Conférence annuelle de l'Association américaine
pour l'Etude de l'Imagerie mentale (aasmi), à Minneapolis, en 1980. La
propre contribution de Klinger est une argumentation en faveur de la
place centrale que l'imagerie, selon cet auteur, occupe dans le fonction
nement psychologique humain. Elle introduit une série de cinq autres
textes exposant différentes conceptualisations récentes sur l'imagerie
(dont un texte de J. L. Singer sur le jeu imaginatif, comme précurseur
de l'imagerie et de la fantaisie chez l'adulte). Les problèmes posés par la
mesure de l'imagerie, les rapports entre imagerie et hypnose, les synes- Analyses bibliographiques 134
thésies, font ensuite l'objet de six contributions (dont une de N. P. Spanos
et une autre de S. C. Wilson et T. X. Barber, spécialistes reconnus de
ces domaines).
Parmi les sept contributions regroupées sous le titre Imagerie et
processus cognitifs, on relèvera notamment trois études expérimentales
abordant les rapports de l'imagerie avec différentes mesures de la créati
vité (D. Sarnoff, R.-Y. Horng, L. E. Greeson). Un texte de H. M. Rhoades
aborde une question d'un grand intérêt théorique et pratique, celle des
possibilités de développement des aptitudes en matière de représentation
spatiale.
Pour finir, un ensemble de dix textes reflète l'abondance et la variété
des recherches d'application utilisant l'imagerie dans l'intervention
clinique.
M. Denis.
Mehler (J.), Walker (E. C. T.) et Garrett (M.). — Perspectives on
mental representation : Experimental and theoretical studies of cogni
tive processes and capacities, Hillsdale (nj), Lawrence Erlbaum
Associates, 1982, 485 p.
En 1980, un colloque réunit à Royaumont une trentaine de cher
cheurs, pour l'essentiel nord-américains et britanniques, représentants
actifs de diverses tendances de la recherche cognitive contemporaine.
L'ouvrage édité par Mehler, Walker et Garrett rassemble l'essentiel des
contributions de ce colloque (certaines d'entre elles ayant subi entr
etemps des révisions plus ou moins extensives), soit au total 23 textes,
complétés par 5 commentaires critiques. Il est impossible, dans cette
brève analyse bibliographique, de résumer, même d'une phrase, chacune
de ces contributions. Quelques impressions d'ensemble attesteront, pour
le lecteur potentiel, de ce qui fait la valeur et l'actualité de cet
ouvrage.
Comme son titre l'indique, l'ouvrage illustre des approches expéri
mentales et théoriques de deux grandes familles de processus, ceux par
lesquels l'individu élabore des représentations mentales de son environ
nement, et ceux qui permettent à l'individu d'utiliser ces représentations
dans ses interactions ultérieures avec le monde. A cet égard, cet ensemble
de textes témoigne de la résurgence pressante de la notion de représen
tation dans la psychologie des dernières années, et la prise en compte
explicite de cette notion par la plupart des modèles récents du fonctio
nnement psychologique humain. Plusieurs contributions sont consacrées
aux processus opérant sur les représentations caractérisées comme « ana
logiques », mais, pour leur plus grand nombre, les auteurs abordent les
processus de traitement de l'information linguistique. Certains efforts
particulièrement intéressants sont également illustrés, comme ceux qui générale 135 Psychologie
visent à intégrer dans un même cadre d'analyse la notion de représen
tation propositionnelle et l'hypothèse de modèles non linguistiques du
discours. A travers les différents chapitres circulent un certain nombre
de concepts qui sont, au cours des récentes années, devenus particuli
èrement saillants, comme le concept de « modularité ». Pour plusieurs
auteurs de cet ouvrage, les systèmes de compréhension et de production
doivent être analysés en une série de « modules de traitement » auto
nomes, isolables et hiérarchiquement organisés.
Une bonne partie du volume reflète l'influence grandissante exercée
à l'heure actuelle par les neurosciences sur la psychologie cognitive.
Plusieurs chapitres se présentent comme des illustrations d'une « neuro
science cognitive », interface indispensable des deux disciplines, ayant
pour objectif l'analyse des relations entre les processus mentaux et
l'activité cérébrale. La notion de modularité reste ici très présente, avec
l'idée clairement exprimée que les systèmes cognitifs doivent être étu
diés sous l'angle des structures cérébrales différenciées qui en consti
tuent le support.
On relèvera enfin la part importante prise, dans cet ouvrage, par
les contributions relatives au développement cognitif. La connaissance
des objets, la perception des signaux linguistiques par le jeune enfant,
les modalités d'acquisition de nouveaux savoirs conceptuels, consti
tuent des champs d'investigation encore largement ouverts. Plusieurs
auteurs tracent ainsi des pistes dans un domaine qui semble prêt à
occuper de plus en plus le devant de la scène cognitive.
On entend dire parfois que tout chercheur contemporain a eu, a, ou
aura l'occasion d'être confronté un jour à la question des représentations
mentales. L'ouvrage de Mehler, Walker et Garrett est, àla date d'aujourd
'hui, un instrument privilégié pour une telle rencontre.
M. Denis.
Anderson (J. R.) (édit.). — Cognitive skills and their acquisition,
Hillsdale, Lawrence Erlbaum, 1981, 386 p.
L'apprentissage, après avoir été ou ignoré ou réduit à la mémoris
ation par les auteurs du nouveau cognitivisme, suscite aujourd'hui un
intérêt croissant. Le présent ouvrage en est une manifestation. Il sera
vraisemblablement un jalon important dans la poursuite de ces travaux.
Il rassemble douze contributions écrites par des chercheurs connus
pour leurs travaux antérieurs sur la résolution de problèmes.
Newel et Rosenbloom étudient l'effet de la pratique (pract
ice) et constatent que la fonction puissance assure le meilleur ajuste
ment aux résultats dans douze tâches sensori-motrices ou cognitives.
L'explication de l'ubiquité de cette fonction est recherchée du côté
de l'hypothèse que l'apprentissage consiste ici en une création et un 136 Analyses bibliographiques
stockage de chunks. Neves et Anderson rendent compte de l'entraîn
ement à résoudre des problèmes de géométrie par un processus de « compil
ation des connaissances » grâce auquel le recours répété à certaines
connaissances avec un même type de but conduit à l'élaboration de
procédures permettant d'appliquer directement ces connaissances sans
avoir à les interpréter. Ce processus se spécifie en deux sous-processus,
la « procéduralisation » et la « composition ». Lewis s'interroge sur
l'absence de différences marquées entre novices et experts en algèbre,
contrairement à ce qui est rapporté dans d'autres disciplines. Shifîrin
et Dumais affinent la distinction entre processus automatiques et pro
cessus contrôlés, proposée par Shiffrin et Schneider (1977), notamment
dans la détection d'une cible.
Chase et Ericson relatent l'exploit du sujet SF, qui en deux années
d'entraînement a porté l'empan de sa mémoire à court terme de 7
à 80 chiffres. Il est réalisé en mobilisant des connaissances particulières,
par exemple, records sportifs, et en élaborant une structure de recouvre
ment appropriée. Anderson, Greeno, Kline et Neves envisagent plu
sieurs formes d'apprentissage dans la résolution de problèmes de géo
métrie, comme l'analogie avec les exemples traités dans le cours, la
subsomption, la compilation déjà mentionnée et l'optimisation. La considérée comme le prototype de l'apprentissage avec
compréhension, est la possibilité d'encoder les nouvelles informations
dans les structures préexistantes de connaissances ; ces dernières sont
assimilées à des schémas comportant des extensions procédurales et
des associations contextuelles. Hayes-Roth, Klahr et Mostow étudient
le rôle des conseils réitérés dans raffinement des connaissances déclara
tives ou procédurales. Pour Jeffries, Turner, Colson et Atwood, la supé
riorité des experts dans les tâches d'élaboration de software provient
de leur capacité à décomposer le problème.
De Kleer et Brown s'intéressent aux progrès de la compréhension
du fonctionnement de certains dispositifs physiques, comme par exemple
la sonnerie électro-mécanique ; ils considèrent que cet apprentissage
survient à travers les modifications de la représentation du dispositif,
ou « modèle interne » qui serait testé en procédant à une sorte de simu
lation mentale de son fonctionnement ; ils énoncent deux principes
« esthétiques », liés aux propriétés du modèle interne de l'expert, qui
assurent la direction de l'apprentissage en permettant d'identifier et
de corriger les imperfections détectées au cours des simulations moment
anées. Larkin propose un mécanisme d'apprentissage permettant de
passer progressivement de la démarche de novice à celle de l'expert dans
la résolution de problèmes de physique ou de géométrie ; il repose, comme
la « compilation des connaissances », sur l'élimination de certains pro
cessus tels que la recherche en mémoire d'un principe, le test de ses condi
tions d'application, son interprétation. Enfin, Langley et H. A. Simon
soulignent l'intérêt de l'étude de l'apprentissage en psychologie cogni- générale 137 Psychologie
tive, et énumèrent quelques-uns des problèmes fondamentaux de cette
étude.
Ces travaux proposent de nombreuses hypothèses. On peut noter
que les modalités de test de celles-ci sont très souvent conformes à
celles pratiquées dans les études sur la résolution de problèmes (par
exemple, simulation par un modèle de système de production). Nul
doute que cet ouvrage contribuera à élargir la problématique de
l'apprentissage.
C. George.
Hartley (J.) (édit.). — The psychology of written communication,
Londres, Kogan Page, 1980, 301 p.
J. Hartley souhaite que cet ouvrage constitue un plaidoyer efficace
pour le développement de la recherche en psychologie de la communicat
ion écrite. L'analyse des processus psychologiques des modes de repré
sentation et de communication par écrit est incontestablement négligée.
Pourtant, la demande sociale d'études dans ce vaste champ est en cons
tante expansion (éducation, édition, bureautique). La première et la
deuxième partie de l'ouvrage intéresseront les pédagogues et les
psychopédagogues. Elles traitent, en effet, des questions de lisibilité,
de lecture et de compréhension de texte. Elles permettent aussi d'appro
cher les conditions d'apprentissage de l'activité calligraphique, les pro
cessus de planification de la production écrite et les stratégies d'élabo
ration des dissertations scolaires. Le concepteur de panneaux indicateurs
et l'éditeur, soucieux de faciliter la saisie du message écrit, trouveront
quelques prescriptions claires dans la troisième partie (mise en page,
typographie, présentation de tableaux de données, directives pour la
formulation des énoncés de questionnaire). Regroupées à l'intention
des maisons d'édition (dont l'objectif est de stocker et de rendre
accessible l'information écrite quels que soient la nature et le format
du médium utilisé) mais aussi des ergonomes, les quatre contribu
tions de la quatrième partie soulignent l'apport de l'informatique à la
communication écrite. Les effets des technologies informatisées sur la
compréhension et la production de textes sont évoqués (caractères et
taille de l'écran, contraintes des systèmes de traitement de textes). Enfin,
dans la cinquième partie, les normes de production des écrits scienti
fiques sont explicitées : rédaction d'un article, d'une revue de questions,
d'un rapport de référé, constitution d'un ouvrage collectif. Ainsi, en
regroupant des contributions déjà publiées (à l'exception de deux
communications) dans les années 1975-1978, cet ouvrage permet de
se faire une idée claire de ce que peut être une psychologie appliquée de
la communication écrite. L'hétérogénéité des domaines abordés et la Analyses bibliographiques 138
disparité des faits rapportés ici ne permettent cependant pas au lecteur
de dégager de ce livre un point de vue unificateur sur les processus psy
chologiques à l'œuvre dans la production par écrit.
A. Piolat.
Zechmeister (E. B.), Nyberg (S. E.). — Human memory, Monterey,
(ca), Brooks Cole Publishing Company, 1982, xvm et 391 p.
Encore un livre sur la mémoire ! Est-il utile d'écrire encore un essai
récapitulatif des principaux acquis théoriques et expérimentaux ? Les
auteurs veulent faire de leur ouvrage une initiation à la recherche en
indiquant pour les différentes phases du développement des processus
mnémoniques les expériences qui situent le mieux ce qui paraît réell
ement connu et en soulevant doutes et réserves qui conduisent le lecteur
à de nouvelles recherches. Ils ne se posent pas en théoriciens postulant
que chaque enseignant et chercheur, spécialiste de la mémoire, a sa
propre théorie. On peut d'ailleurs découvrir à travers ce livre leurs
propres perspectives théoriques par le choix même des questions trai
tées et celui des expériences présentées. Il y a un fil conducteur ; ainsi
doit-on lire d'abord les trois premiers chapitres dans l'ordre, car il
s'agit d'y trouver d'abord le plan du livre, puis la présentation des
enregistreurs sensoriels visuels et acoustiques qui ne sont pas aussi
précatégoriels qu'on a voulu le dire et enfin un exposé sur la mémoire
primaire. Le chapitre qui s'y rapporte présente très clairement une
importante discussion à propos de l'influence de la mémoire dite
« secondaire » selon James sur la mémoire primaire limitée dans sa capac
ité et fort influencée par le codage acoustique. Toute une conceptuali
sation théorique opposera structure de la mémoire primaire et processus
qu'elle met en jeu et dans ce dernier cas il paraît superflu de parler
de mémoire primaire.
Les onze chapitres suivants traitent des principaux problèmes sou
levés par l'étude de la mémoire depuis de nombreuses années et pas seu
lement au cours des dix dernières. Si les auteurs ont choisi un certain
ordre pour présenter les chapitres en fonction des thèmes traités, ceux-
ci sont indépendants les uns des autres et peuvent être pris pour eux-
mêmes. Chacun d'eux est accompagné de la programmation d'une expé
rience très spécifique du thème traité, d'un résumé et des moyens
bibliographiques pour approfondir celui-ci.
Viennent successivement les chapitres sur : le rôle de l'autorépéti-
tion, la consolidation de la mémoire, les principes de l'oubli, la démonst
ration d'un codage à multiples dimensions, la mémoire et la fréquence
des faits, la distribution de l'activité, le rappel, reconnaissance et
réapprentissage, la métamémoire, les niveaux de traitement, les
procédés mnémoniques, les processus constructifs et reconstructifs de Psychologie générale 139
la mémoire, et les différences individuelles dans le rappel (ressouvenir).
Cette enumeration permet de constater que les thèmes sont traités
à partir de recherches parfois assez anciennes et reprises à mon avis à
juste titre. Six cents références bibliographiques environ permettent
à l'étudiant de se faire une idée de l'ampleur des travaux réalisés depuis
de nombreuses années.
Les interrogations posées à la fin de chaque chapitre lui montrent
que la recherche peut continuer en ce domaine.
G. Oléron.
Day (H. I.) (edit.). — Advances in intrinsic motivation and aesthetics,
New York, Plenum Press, 1981, 503 p.
L'ouvrage, dédié à la mémoire de D. E. Berlyne (1924-1976), est
composé de vingt chapitres, tous originaux, consacrés à des recherches
théoriques ou empiriques inspirées par ses travaux. L'utilité de cette
publication est soulignée dans le premier chapitre en un temps où la
psychologie expérimentale est devenue « cognitive, amotivationnelle
et n'éprouve plus d'intérêt pour les grandes théories » intégrant la moti
vation parmi les facteurs explicatifs du comportement. L'indépen
dance d'esprit de Berlyne a consisté, entre autres, partant de la théorie
hullienne elle-même, à ouvrir une brèche pour introduire, à côté des
pulsions biologiques, la curiosité : une motivation intrinsèque, c'est-à-
dire indépendante d'un bénéfice associé à l'objet relevant d'une autre
motivation.
Il n'est pas possible de rendre compte ici de chacun des autres
chapitres tant ils sont riches et variés. Chacun d'eux, soit qu'il développe
et prolonge, soit qu'il rectifie la pensée de Berlyne, intéressera le cher
cheur dans un domaine ou un autre de la psychologie fondamentale ou
appliquée.
Ainsi, plusieurs chapitres concernent la générale. L'ex
ploration d'un stimulus rencontré est analysée en cinq étapes successives
observables dans le comportement (orientation, investigation percept
ive, manipulation, etc.) auxquelles Nunnally fait correspondre des
étapes processuelles (élévation de l'attention, codage, etc.). Dans un
autre chapitre l'exploration est envisagée aussi bien lorsque le stimulus
est présent (elle est alors, selon Wohlwill, soit inspective, soit affective),
que lorsque le stimulus est absent (elle est alors inquisitive). Enfin elle
peut être spécifique ou diversive.
La motivation intrinsèque est analysée en comparant les préfé
rences pour des tâches comportant une incertitude plus ou moins grande
de réussite. Schneider et Heckhausen montrent, en examinant les stra
tégies des sujets dans leurs choix, que les variables affectives sont aussi 140 Analyses bibliographiques
importantes que les niveaux d'information. Partant d'études sur les
enfants, Hunt montre qu'il existe un système motivationnel inhérent
au traitement de l'information. L'origine des premiers actes intention
nels est fondée sur l'identification d'événements familiers puis dans la
recherche d'objets nouveaux à identifier. Les différences individuelles
de la motivation intrinsèque sont étudiées par Eysenck : les introvertis
ont un niveau d'éveil plus élevé, le matin, que les extravertis. Mais le
taux d'accroissement de ce niveau au cours de la journée est plus faible
chez les introvertis que chez les extravertis. Les premiers ont, dans la
soirée, un niveau moins élevé que les Ceci explique que les
uns choisissent des couleurs moins brillantes, des stimuli moins
intenses, etc., que les autres. La privation sensorielle est, chez eux, moins
pénible que chez les extravertis. (Voir également le chapitre de
Suedfeld sur les effets de la restriction sensorielle.)
La motivation intrinsèque est examinée dans ses relations avec la
santé dans des études longitudinales, faites par Maddi et Kobasa, auprès
de cadres directeurs d'entreprises : les événements de la vie générateurs
de stress ont une corrélation importante avec la morbidité. Mais cette
relation est significativement affaiblie selon l'intensité de la motivation
intrinsèque. L'hypothèse d'un effet rétrospectif des événements stres
sants sur la motivation est traitée dans cette enquête par une mesure de
la morbidité avant et après celle des traits motivationnels.
Le jeu, notamment chez l'enfant, fait l'objet de plusieurs chapitres.
En partant de sa définition chez Berlyne qui l'avait rattaché à la néces
sité de maintenir un certain niveau d'éveil, Day parvient à une taxo-
nomie des jeux en cinq catégories : d'après leurs caractéristiques, leurs
variables déclenchantes et leur finalité (l'accomplissement de la tâche
ou l'acquisition de compétence par le sujet). L'auteur ajoute, d'après
une enquête faite sur des adolescents, que le jeu et le travail sont les
pôles d'une dimension continue où l'on peut situer un grand nombre
d'activités usuelles. Cette dimension est bien corrélée avec des scores
d'échelles d'attributs tels que difficile/facile, imposé/volontaire, etc.
Une autre taxonomie du jeu est proposée par Hutt qui part à la
fois de Piaget et de Berlyne. Elle est fondée sur deux types de compor
tements : épistémiques (résolution de problèmes, exploration, product
ion) et ludiques (symbolisation, répétition).
L'esthétique, enfin, est abordée dans les six derniers chapitres.
Dans les formes narratives, Moynihan et Mehrabian distinguent le
taux d'information (dépendant de l'incertitude créée au début, de la
surprise et du degré de résolution à la fin) et le plaisir, tous deux en
interaction avec une variable individuelle (le formalisme). De même,
dans les mélodies, J. B. Crozier distingue la variabilité des sons et
la redondance distributionnelle de la hauteur, de la durée et de
l'intensité.
Les arts visuels sont abordés par diverses méthodes : présentations

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