Psychologie générale - compte-rendu ; n°1 ; vol.90, pg 133-147

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L'année psychologique - Année 1990 - Volume 90 - Numéro 1 - Pages 133-147
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1990
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°1. pp. 133-147.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°1. pp. 133-147.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1990_num_90_1_29389Psychologie générale 133
donner un nouveau retentissement à une pensée originale et méconnue,
parce que son livre, paru peu après sa mort, a été concurrencé l'année
suivante par l'ouvrage de Bergson sur Les données immédiates de la
conscience et par le traité de William James.
Pour obtenir le résultat recherché, Michon a publié un livre compos
ite contenant le texte de Guyau en français et en anglais, avec un
avant-propos de P. Fraisse, et 4 articles très argumentes, de lui-même,
de P. Ricœur sur Kant et Guyau, et de deux spécialistes de la psychol
ogie du temps, W. D. Friedman et F. T. Melges décédé aujourd'hui,
qui montrent bien l'actualité de Guyau dans des problématiques tou
jours renouvelées.
Le mieux à faire pour attirer le lecteur vers ce volume est sans doute
de rappeler les points les plus originaux de la pensée de Guyau.
Le temps n'est pas la durée vécue, comme dira Bergson, mais elle est
un produit de la conscience. Le temps n'est pas non plus, comme le
disait Kant, une forme a priori. Il a d'ailleurs une genèse, ce qui était
une idée nouvelle il y a un siècle, et il correspond à une organisation de
nos représentations mentales. Cette organisation se fait à partir d'un
présent d'où partent des perspectives vers le passé que nous offre la
mémoire qui a organisé ces représentations, et vers le futur. Le présent,
très court, a un début et une fin qui se transforment immédiatement en
passé. Ainsi nos expériences ont deux aspects fondamentaux, la suc
cession et la durée, et tout naît de leurs relations que nous connaissons
mieux aujourd'hui grâce à la psychologie du développement.
Dans l'ouvrage, comme nous l'avons déjà dit, Ricœur reprend les
critiques de Guyau, mais il s'attache à montrer les nuances des positions
de Kant et tend à minimiser les oppositions des deux auteurs.
Michon (avec V. Pouthas et J. Jackson) a consacré un chapitre à
la biographie de Guyau, et un autre, très nourri, montre son actualité,
et il le range dans le courant des psychologues cognitivistes.
P. Fraisse.
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
MacClelland J. L. et Rumelhart D. E. — (1988) Parallel distributed
processing, vol. 3 : Explorations in parallel distributed processing.
A handbook of models, programs and exercises, Cambridge (ma),
mit Press, 344 p.
Il s'agit du troisième et dernier volume de la série de Rumelhart
et MacClelland concernant le Connexionnisme ; les analyses bibliogra
phiques des deux premiers tomes ont été effectuées par A. Grumbach
(vol. 1) et par C. George (vol. 2), dans le n° 3, 1988, p. 428 de V Année
Psychologique. 134 Analyses bibliographiques
Alors que les deux premiers tomes contiennent l'ensemble des
approches, des modèles théoriques et des applications étudiées par le
groupe pdp, ce troisième volume se présente comme un manuel d'utili
sation de ces modèles et des programmes de simulations fournis. Il
s'agit de permettre au lecteur de mener sa propre exploration pratique
des idées développées dans les deux premiers volumes. Cependant, cet
ouvrage est conçu de façon à pouvoir être utilisé indépendamment,
puisqu'il contient l'essentiel du cadre théorique de chacun des modèles
présentés.
Les programmes de simulation se trouvent sur deux disquettes de
format 5 1/4 fournies avec l'ouvrage. Outre les programmes sources en
langage C, on y trouve, pour chaque modèle simulé, le fichier dire
ctement exécutable sur pc et quelques fichiers exemples. Le matériel
minimum dont il faut disposer pour utiliser ces programmes de simu
lation se compose donc d'un ibm-pc ou compatible avec système d'exploi
tation MS-Dos (version 2 ou plus), d'un écran monochrome 24x80
et de 256 K de mémoire.
Sont disponibles la quasi-totalité des modèles développés dans les
deux premiers volumes, c'est-à-dire les principaux modèles actuellement
utilisés dans le courant neo-connexionniste (exception faite du réseau
de Hopfield, du moins pour sa version initiale ; ce modèle est carac
téristique de l'approche connexionniste issue de la physique, qui ne
rentre pas dans le cadre que se sont fixé les auteurs, à savoir une
approche sciences cognitives). Plus précisément, on trouve les pr
ogrammes de simulation des modèles suivants :
— Modèles de traitement de V information :
Interactive Activation and Competition (cf. PDP, vol. 1, chap. 1).
Constraint Satisfaction (cf. « Schema model », PDP, vol. 2,
chap. 14; Machine de Boltzman, PDP, vol. 1, chap. 7 ; Théorie de
l'harmonie, PDP, vol. 1, chap. 6).
— Modèles d'apprentissage :
Pattern Associator (cf. PDP, vol. 1, chap. 9 et 11 ; PDP, vol. 2,
chap. 18 et 19).
Back Propagation (cf. PDP, vol. 1, chap. 8).
Autor-associator and Competitive learning (cf. PDP, vol. 2,
chap. 17 et 25 ; PDP, vol. 1, chap. 5).
— Modèles de processus cognitifs :
The Interactive Activation Model (cf. PDP, vol. 1, chap. 1 ;
PDP, vol. 2, chap. 16).
Pour chacun de ces modèles, on trouvera une description théorique
claire et concise, une étude des différentes variantes disponibles ainsi
qu'un descriptif des commandes et des variables à manipuler pour Psychologie générale 135
utiliser le logiciel. On trouvera ensuite une ou plusieurs applications,
provenant la plupart du temps d'exemples déjà développés dans le
chapitre correspondant de PDP 1 ou PDP 2, applications dont tous
les fichiers nécessaires à l'utilisation sont disponibles. Ces exemples
sont représentés sous forme d'exercices et de questions dont les réponses données en annexe. Ils permettent d'une part de se familiariser
avec le logiciel, mais surtout de se rendre compte par soi-même et de
façon pratique de toutes les possibilités du modèle, ainsi que de ses
limitations parfois.
Enfin sont donnés en annexe tous les détails nécessaires pour ceux
qui voudraient développer leurs propres applications, modifier les
sources C, ou encore les utiliser sur des machines plus puissantes que
des pc (sun, Vax...).
Ce troisième tome de la série PDP est donc tout à fait intéressant,
puisqu'il permet une approche différente et irremplaçable des modèles
connexionnistes, une pratique, didactique et progressive. Il
peut être utilisé soit en parallèle avec les deux premiers tomes, soit
même indépendamment.
Outre son côté pédagogique, cet ouvrage permet ensuite de déve
lopper ses propres applications, les logiciels fournis étant suffisamment
complets et robustes (ce qui explique qu'ils nécessitent un certain
apprentissage).
A un troisième niveau, les fichiers sources C donnés peuvent être
réutilisés et modifiés pour des applications plus spécifiques. Rémarquons
simplement que ce troisième niveau d'utilisation nécessite d'être famil
iarisé avec la programmation et le langage C.
S. Midenet.
Perruchet P. (Edit.) — (1988) Les automatismes cognitifs, Bruxelles,
Mardaga, 196 p.
Contre toute attente, les composantes automatiques du compor
tement n'ont pas été un sujet d'étude privilégié du behaviorisme.
Comme le souligne Perruchet dans son introduction, hormis les travaux
sur la « formation des habitudes » (Guillaume, 1936), il a fallu attendre
la dernière décennie et le courant « cognitiviste » pour que les psycho
logues s'intéressent de près à la notion d'automatisme. Cette notion
est liée au fait qu'un « processeur central » ne peut assurer seul la gestion
d'un environnement complexe sans avoir recours à des formes de tra
itement ne supposant qu'une faible part de contrôle volontaire. La
notion d'automatisme n'est donc pas dissociable de celles de cons
cience, d'attention ou de contrôle. A ce titre, elle concerne tous les
domaines de la psychologie, depuis la psychologie fondamentale jusqu'à
la psychologie clinique, en passant par la psychologie de l'éducation
et la du travail. Il était donc légitime que Perruchet fasse 136 Analyses bibliographiques
appel à des compétences multiples pour tenter de faire le point sur ce
thème. Cette diversité se traduit par une certaine hétérogénéité des
chapitres tant sur la forme que sur le fond. Mais, après tout, n'est-ce pas
là une des caractéristiques des problématiques transversales ?
Le chapitre 1 (Segui et Beauvillain) montre tout l'intérêt qu'il peut
y avoir à associer les notions de modularité et d'automaticité dans
l'étude du traitement du langage. Cette association permet, pour les
auteurs, de supposer que le lexique est une composante autonome du
système de compréhension du langage. Le chapitre 2 (Perruchet) est à
lire en priorité. C'est une revue de question originale sur les propriétés
des automatismes : absence de contrôle volontaire, irrépressibilité,
inconscience, rapidité et efficacité. On peut heureusement compléter
cette lecture par le chapitre 4 (Perruchet) qui a trait aux conséquences
à long terme de la mise en action des automatismes. Il s'agit de ce que
l'on appelle aujourd'hui l'apprentissage implicite ou apprentissage
sans conscience ; vaste question qui concerne les influences à long
terme des événements non consciemment identifiés lors de leur occur
rence. Le chapitre 3 (Camus) est une exégèse de l'article fondateur de
l'opposition entre processus automatiques et processus contrôlés
(Schneider et Shifîrin, 1977).
L'ouvrage change de registre avec les trois chapitres suivants :
le chapitre 5 (George) est centré sur la distinction entre « connaissances
déclaratives » et « connaissances procédurales ». Sujet qui ne recoupe
que partiellement le thème du livre puisqu'il renvoie aussi bien aux
rapports entre la pensée et l'action qu'aux liens entre « habiletés cogni-
tives » et métaconnaissances. Ce sont d'ailleurs les « cognitives
dans le travail » qui font l'objet du chapitre 6 (Leplat). Les situations
de travail requièrent, en général, une pratique prolongée de tâches
cognitives complexes. Elles sont donc un lieu privilégié pour l'étude
des effets de l'exercice sur les habiletés ainsi que leurs rapports avec les
automatismes cognitifs et l'organisation de l'activité. Le dernier cha
pitre (Neuenschwander El Massioui) porte sur les concomitants neuro
physiologiques des processus contrôlés et automatiques du traitement
de l'information à partir de l'étude des potentiels évoqués et du com
portement animal.
Le livre laisse l'impression, très agréable pour un chercheur, que ce
thème est un domaine ouvert et encore largement inexploré. C'est, de
surcroît, un thème fédérateur des différents courants de la psychologie.
J'espère donc que les psychologues seront nombreux à lire ce livre et à
le discuter.
P. Mendelsohn. Psychologie générale 137
MacKay D. G. — (1987) The organization of perception and action.
A theory for language and other cognitive skills, New York, Berlin,
Springer Verlag, 233 p.
Dans cet ouvrage, bref mais dense, l'auteur présente une théorie
générale des mécanismes sous-jacents à la perception et à l'action,
l'accent étant mis sur les processus de traitement du langage (en pro
duction et en compréhension).
L'approche de MacKay est, dans son inspiration essentielle, assez
proche du connexionnisme de McClelland et Rumelhart. Les processus
mentaux sont interprétés comme un ensemble d'interactions (exci
tations et inhibitions) se développant en parallèle dans un réseau hau
tement interconnecté, dont les nœuds constituent des composants
cognitifs communs à la perception et à l'action motrice. Elle se distingue
néanmoins du parallel distributed processing par un certain nombre
d'idées originales, qui portent d'une part sur la structure du système,
d'autre part sur son fonctionnement.
En premier lieu, MacKay distingue trois types de nœuds. Les « nœuds
de contenu » (content nodes) représentent les composants de l'action
et de la perception. Les nœuds d'organisation séquentielle (sequence
nodes) déclenchent, dans un ordre déterminé, l'activation des nœuds
de contenu ; ce qui permet d'introduire, dans un système connexion-
niste, l'analogue des règles utilisées dans les systèmes de production
classiques, mais sous une forme plus souple. Enfin, les nœuds de régu
lation temporelle (timing nodes) jouent le rôle d'une sorte d'horloge
interne, réglant le déclenchement et le tempo des processus séquentiels.
Une seconde différence avec les modèles de type pop réside dans la
distinction entre priming et activation. Le priming, qui se développe de
façon automatique et parallèle, ne fait que préparer un nœud à être
activé ; l'activation, nécessaire pour qu'il y ait perception ou action,
est un processus séquentiel et non automatique. Le processus d'acti-
vation est en outre suivi d'une phase d'auto-inhibition, puis de récupér
ation.
Ce système, complété par un certain nombre d'hypothèses concer
nant notamment les caractéristiques dynamiques des nœuds (satiation,
force de liaison, etc.), permet à MacKay de rendre compte de façon
élégante, et assez convaincante, de nombreuses données empiriques
concernant le fonctionnement de la perception, et de l'activité motrice.
La plupart des exemples sont empruntés au domaine de la perception
et de la production de la parole, mais le modèle peut s'appliquer à
d'autres domaines (dactylographie, piano, etc.), et prétend à une validité
très générale.
Telle qu'elle est présentée, la théorie comporte un certain nombre
de limitations, que l'auteur lui-même indique en détail, tout en pro
mettant des développements ultérieurs dans ces directions : caractère
encore intuitif du modèle, qui devra être formalisé ; centration sur les 138 Analyses bibliographiques
savoir-faire (skills) automatisés, sans aborder les processus liés à l'a
pprentissage, à l'attention, à la créativité, que la théorie devra intégrer ;
inachèvement du modèle, à la fois vers le bas (neurophysiologie des
récepteurs et des effecteurs), et vers le haut (articulation avec les repré
sentations de haut niveau). Toutefois, si l'auteur affirme confiance
être en mesure d'aborder ces problèmes, on ne voit pas toujours bien
comment il pourra le faire. Les processus d'apprentissage, par exemple,
semblent être ramenés (dans les quelques allusions qui y sont faites)
à la formation ou au renforcement de connexions entre nœuds ; mais
qu'en est-il de la formation des nœuds eux-mêmes, et notamment des
nœuds de niveau supérieur (p. ex. comment sont acquis les nœuds
Noun phrase ou Verb phrase ?), et des nœuds séquentiels ? Mais ce qui
laisse le plus insatisfait, pour une théorie qui se veut générale (et non
modulaire), c'est que le traitement du langage y soit réduit à ses aspects
formels — phonologiques, lexicaux et syntaxiques — , sans qu'à aucun
moment ne soit abordé le problème de la signification (le court passage
sur l'ambiguïté, p. 136-137, est à cet égard tout à fait décevant).
Cela dit, l'ouvrage est intéressant à plusieurs titres. D'abord, par
l'effort théorique qu'il représente pour corriger certaines faiblesses des
modèles connexionnistes, en y intégrant certains aspects des systèmes
de production : le caractère séquentiel de la perception et de l'action,
malaisément abordé par ces modèles, est ici (en référence à Lashley)
placé en position centrale. Ensuite, par l'articulation qu'il établit
(toujours à la suite de Lashley) entre perception et action ; deux
domaines trop souvent traités de façon séparée. Enfin, on y trouvera
un inventaire très riche de données expérimentales parfois négligées ou
peu connues, qui imposent des contraintes précises à toute théorie
psychologique. A ces divers titres, il représente une contribution origi
nale à la psychologie cognitive.
J. Caron.
Beugnet-Lambert C, Leconte P. et Lancy A. — (1988) Chrono-
psychologie, rythmes et activités humaines, Lille, Presses Universitaires
de Lille, 341 p.
Il est particulièrement agréable à celui qui a le premier osé parler
de chronopsychologie pour décrire les recherches portant sur les rythmes
du comportement de rendre compte de cet excellent ouvrage qui a le
premier, en France, essayé de présenter les principaux travaux réalisés
dans ce domaine.
P. Leconte introduit le lecteur aux rythmes biologiques dominés
par le rythme circadien, avant d'étudier les rythmes psychologiques.
On peut ici discuter de son plan. Peut-on traiter dans un même chapitre
des prématurés et des démences ? Qu'il y ait d'importantes relations
entre les rythmes biologiques et les rythmes psychologiques, il fallait Psychologie générale 139
certes le développer, mais toutes les relations entre sommeil et per
formance entrent-elles dans cette catégorie ? Les rythmes psycho
logiques de l'attention, de la mémoire, des processus intellectuels sont
bien présentés, surtout sous leur aspect circadien. Enfin un important
chapitre méthodologique conclut cette partie en montrant toutes les
difficultés que rencontre la chronopsychologie : variations intra- et
interindividuelles, situations étudiées et leur mesure ; enfin, outils
d'analyse, dont la statistique.
La partie suivante est due à G. Beugnet-Lambèrt, qui se centre plus
sur l'ontogenèse de l'être humain. On y trouve une composition de
rythmes circadiens et ultradiens et de données relatives au déve
loppement. Une grande place est donnée à l'étude des prématurés et,
chez les plus grands, aux rythmes scolaires en relation avec le sommeil,
la nutrition, les jours de la semaine. Il y a une moisson d'informations
où les noms de Montagner (qui n'est pas cité dans la bibliographie),
de Tetsu et de Vermeil reviennent souvent. Ce qui frappe est la variab
ilité de ces résultats, d'où l'appel de l'auteur à la prise en considération
de ces problèmes par les enseignants, les parents... et les chercheurs.
La troisième partie, rédigée par A. Lancry, est consacrée à la chrono
psychologie du travail et tout particulièrement des variations horaires
dans le travail dont l'importance quantitative est soulignée dès le début.
Ainsi sont étudiés les effets du travail posté sur la santé physique et
mentale, et les conséquences sur la vie sociale. Ces effets sont inter
prétés, en partie, par le rôle sur la vigilance, que ce soit en laboratoire
ou sur le terrain. Cette approche est complétée par l'analyse des situa
tions, de la nature du travail et des différences individuelles. Les conclu
sions de ces études font ressortir la variété des facteurs possibles et de
leur influence, ce qui amène l'auteur à développer trois conclusions :
augmenter la vitesse de rotation des postes pour ne pas trop désyn
chroniser le travailleur, veiller à l'ordre des postes et réduire la durée du
travail ; tout ceci s'appuyant sur des résultats de recherches.
Ce livre varié augmentera certainement l'intérêt, surtout des psychol
ogues, pour un domaine qui concerne chacun où seuls les travaux
plurifactoriels permettront aujourd'hui d'avancer dans la connaissance
et ses applications.
P. Fraisse.
Matthei E. et Roepper T. — (1988) Introduction à la psycholinguist
ique, Paris, Dunod, 182 p.
L'ouvrage de Matthei et Roepper introduit les développements
théoriques des principaux domaines d'étude de la psycholinguistique.
Rédigé dans un style très clair, celui-ci se compose de sept chapitres
comprenant la genèse de la production des sons de parole et les pro
cessus de perception de ces sons, la compréhension et la production des 140 Analyses bibliographiques
phrases et la problématique de l'accès au lexique. Dans la partie centrale
du livre, consacrée à l'étude du traitement syntaxique lors de la com
préhension des phrases, les auteurs présentent les prémisses d'un modèle
d'analyse syntaxique qui inclut à la fois les principes de la grammaire
generative élaborée par Chomsky et ceux de la théorie de la modularité
d«s systèmes de traitement du langage développée par Fodor. Ce long
exposé est motivé par le choix des auteurs de décrire la psycholinguis
tique comme une discipline « carrefour » qui s'inspire à la fois des modél
isations de la linguistique et de la psychologie cognitive. Le lecteur
peut ainsi appréhender la dynamique sous-tendant le travail théorique
et expérimental du psycholinguiste.
Néanmoins, des réserves peuvent être émises quant aux chapitres
concernant la production et la perception des sons de parole et l'accès
au lexique. En effet, l'absence d'un exposé des résultats des travaux
récents menés dans le domaine de la perception de la parole chez le
nouveau-né et le nourrisson, qui ont apporté des informations cruciales
sur le traitement perceptif effectué par l'auditeur, ne donne qu'une
description incomplète de la théorie de la perception de la parole pro
posée actuellement (Mehler, 1985). De plus, on peut regretter, dans le
cadre du chapitre de l'accès au lexique, que les auteurs se réfèrent
exclusivement au modèle développé par Forster, omettant, d'une part,
la description des résultats des nombreuses études sur le traitement du
langage parlé et, d'autre part, celle du développement des modèles dits
« néoconnexionnistes » qui proposent une conceptualisation de la struc
ture du lexique et des procédures d'accès fondamentalement différentes
de celles fournies jusqu'à présent (Morton, Forster). De cette façon, le
lecteur ne peut saisir que très partiellement l'importance des déve
loppements récents dans ce domaine. Toutefois, cet ouvrage constitue
un excellent outil d'introduction aux problématiques et débats théo
riques actuels de la psycholinguistique. Par sa forme et son contenu,
il s'adresse à un large public.
P. Golé.
Sternberg R. J. (Edit.). — (1988) Advances in the psychology of
human intelligence, vol. 4, Hillsdale (nj), Londres, Lawrence Er
lbaum, 283 p.
Ce quatrième volume des Advances comprend six chapitres traitant,
comme d'habitude, de sujets divers, continuant à exprimer la concep
tion ouverte de l'intelligence qui conduit Sternberg dans la réalisation
de cette série.
La première contribution, de R. Plomin, est consacrée au problème
hérédité/milieu que d'emblée l'auteur déclare aborder comme
hérédité et milieu, se proposant de considérer l'un et l'autre de ces fac
teurs, ce qu'il fait dans le cadre de l'approche classique de la génétique générale 141 Psychologie
quantitative. Il passe en revue des données récentes concernant le qi
et les aptitudes spécialisées. Spécialiste de la génétique du compor
tement, il considère que cette discipline permet de comprendre l'i
nfluence du milieu mieux encore que celle de l'hérédité. Il y consacre
ainsi une part importante de son chapitre.
La question qu'étudie J. E. Gustafson est celle des modèles hiérar
chiques des aptitudes cognitives. Il rappelle les solutions proposées par
Cattell, Vernon, Burt et présente les résultats de ses propres recherches
fondées sur l'utilisation d'une méthode (Lisrel) mise au point par
Jöreskog. Une des conclusions est d'identifier à g le Gf de Cattell, ce
qui réconcilie des positions jusqu'ici divergentes et de proposer une
liste de facteurs larges dont l'auteur indique la signification, les modes
de mesure et l'utilisation en psychologie appliquée.
K. Raaheim consacre son chapitre au rôle à donner à la nouveauté,
au caractère non familier des tâches pour comprendre l'intelligence.
Il rapporte diverses expériences qu'il a menées sur la résolution de
problèmes pour illustrer ce rôle et préciser et concrétiser l'idée que la
réussite est liée à un taux de nouveauté qui permet une articulation
avec les connaissances acquises, par ailleurs nécessaires pour le succès
des sujets.
H. M. Wellman et S. A. Gelman s'intéressent à une autre variable, il
est vrai d'un autre statut : la capacité d'appréhender le non-évident
(non obvious). L'idée généralement admise, exposée par les auteurs les
plus éminents, est que le développement cognitif consiste dans le pas
sage d'une connaissance fondée sur le perceptif, le concret, le donné à
une connaissance conceptuelle, non évidente et construite. Wellman
et Gelman en prennent le contre-pied et affirment au contraire que la
capacité de traiter le non-évident se manifeste précocement. Pour
justifier cette position, ils considèrent deux domaines : la connaissance
de la vie psychologique et les catégorisations établies sur des caractères
non évidents. Ils rapportent une série d'observations et d'expériences
empruntées à leurs propres recherches et à la littérature dont les résultats
vont dans ce sens. Sur ces bases ils entendent défendre une autre repré
sentation des processus cognitifs, impliquant une théorisation initiale,
en quelque sorte constitutive chez le sujet. Ce qui appellerait, bien
évidemment, un large débat...
K. A. Erickson consacre son chapitre à l'accroissement des capacités
mnémoniques grâce à l'entraînement. Il s'appuie sur l'analyse des per
formances de sujets particulièrement brillants et des procédés qu'ils
mobilisent et conclut que de telles capacités ne sont pas réservées
à des individus exceptionnels mais résultent de la pratique et de
l'exercice.
Le dernier chapitre, écrit par D. Lohman, porte sur les aptitudes
spatiales (déjà étudiées dans de précédents volumes des Advances).
L'auteur procède à une large revue de la littérature en y intégrant ses

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