Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.59, pg 627-635

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L'année psychologique - Année 1959 - Volume 59 - Numéro 2 - Pages 627-635
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1959
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I. Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°2. pp. 627-635.
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I. Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1959 vol. 59, n°2. pp. 627-635.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1959_num_59_2_6744— LIVRES II.
I. — Psychologie générale
ENGLISH (H. B.), ENGLISH (A. C). — A comprehensive dictio
nary of psychological and psychoanalytical terms (Dictionnaire
général des termes psychologiques et psychanalytiques). — In-8° de
594 pages, New York, Longmans, Green and Co., 1958.
Ce dictionnaire vise à comprendre tous les termes utilisés fréquem
ment et dans un sens spécial ou technique par le psychologue, et princ
ipalement ceux désignant les phénomènes mentaux ou comportement
aux, ainsi que les concepts et « constructs » afférents à leur interpré
tation. Il couvre un certain nombre de termes des sciences voisines de la
psychologie et donne une attention spéciale au vocabulaire psychanal
ytique. Toutes les fois qu'il y a lieu, les définitions sont référées aux
théories, auteurs ou disciplines particulières dont elles relèvent. Elles
sont souvent répétées en deux langages, l'un de vulgarisation, l'autre
technique. Les articles importants comprennent un bref commentaire
critique où les différentes significations du terme sont confrontées. Les
auteurs ont organisé un bon système de groupement et d'inter-réfé-
rences des termes relevant du même champ d'intérêt. Ces soins de
méthode lexicographique, ainsi que son étendue, doivent permettre à
cet ouvrage de constituer un utile instrument de travail. F. J.
SMITH (K. U.), SMITH (W. M.). — The behavior of Man. Intro
duction to Psychology (Le comportement de VHomme. Introduction à
la Psychologie). — In-8° carré, de 416 pages, New York, Henry Holt,
1958.
Écrit à l'intention des étudiants en psychologie de première année,
ce livre abondamment illustré — en couleurs — d'une présentation
fastueuse, se révèle d'accès facile, de lecture agréable. Un souci dominant
de « simplification didactique » a conduit cependant les auteurs, tantôt
à éparpiller les problèmes, tantôt à les considérer comme résolus, donc
à ne pas les poser : c'est le cas notamment dans les chapitres qui traitent
de la perception et de l'émotion, où les illusions et les constances percept
ives ne font l'objet d'aucune analyse, et où sont passés sous silence les
plus importants travaux dont elles font l'objet, où les conduites en
situation de stress et les réactions telles que le RPG sont exposées comme
des phénomènes sans mystères, parfaitement expliqués.
On a également veillé à ne pas charger les chapitres de discussions
théoriques : la Gestalt est présentée en moins de trente lignes, de façon,
on le devine, sommaire ; un sort est fait au Behaviorisme dans les mêmes 028 analyses i!ir.T,ior;nAPiirniîKs
conditions ; la psychanalyse « difficile à intégrer dans une psychologie
scientifique » est amputée de ses apports les plus importants.
Nous ne discuterons pas la légitimité du point de vue « fonctionnel »
adopté dans cet ouvrage ; il n'en reste pas moins qu'une introduction à
la psychologie ne peut se restreindre à une initiation à des techniques,
ni les problèmes psychologiques à des difficultés d'adaptation sociale.
H. B.
O'NEIL (W. M.). — An introduction to method in psychology
(Introduction à la méthode en psychologie). — In-8° de 155 pages,
Melbourne, University Press, 1957.
Une introduction brève, claire, documentée et pleine de bon sens.
Malheureusement, les grands problèmes que rencontre le chercheur sont
ignorés — ou, le plus souvent encore, semblent résolus. Une bonne
introduction méthodologique aux études de psychologie (pour étudiant
de première année), non une introduction à la méthodologie psychol
ogique. C. F.
VIAUD (G.). — Les instincts. — In-8° de 188 pages, Paris, Presses
Universitaires de France, 1959.
Ce petit livre présente une excellente mise au point sur le problème
de l'instinct : claire et nuancée.
Après un historique succinct, et un essai de classification biologique
des instincts, l'A. développe trois chapitres sur : les instincts simples,
les instincts complexes, les instincts sociaux ; suivis d'une étude comparée
des réflexes, tropismes, actes instinctifs, actes intelligents, réactions
acquises, pour terminer par quelques considérations sur la physiologie
des instincts.
Le lecteur sera particulièrement intéressé par l'effort soutenu d'une
analyse nuancée. L'A. montre bien que les comportements instinctifs,
les réflexes, les tropismes, les conduites intelligentes sont des catégories
abstraites, des « produits de nos analyses, ... mais on aurait tort de les
considérer comme des notions arbitraires car ils correspondent à des
phénomènes observables ». Les comportements réels observés impli
quent une combinaison de types divers, rarement isolés à l'état pur.
Située par rapport aux courants psychologiques classiques, la « hormic
psychologie » et les théories mécanistes, la position de l'école objecti-
viste est bien dégagée. F. O.
SCOTT (J. P.). — Animal behavior (Le comportement animal). —
In-8° de 281 pages, Chicago, University of Chicago Press, 1958.
Si on utilise beaucoup l'animal pour les recherches sur les fonctions
psychologiques, peu d'ouvrages sont consacrés à la psychologie des
animaux. En ce sens, cet ouvrage clair, bien écrit, très illustré, comble
une lacune. L'auteur est bien informé ; il a voulu écrire un ouvrage
général où l'information reste sous-jacente. Pas de notes, mais une LIVRES 629
bibliographie sélectionnée, des exemples et des photographies bien
choisies. Le livre est agréable à lire et sera utile aux psychologues qui
ne désirent pas se spécialiser en psychologie animale. P. F.
WOODWORTH (R. S.). — Dynamics of behavior (Dynamique du
comportement). — In-8° de x-403 pages, New York, Henry Holt, 1958.
Le célèbre psychologue donne un nouvel exposé général de sa psychol
ogie dynamique. Cette synthèse couvre le champ des études
ogiques de la motivation aux différents aspects de l'apprentissage et
des comportements de résolution de problèmes en passant par la percept
ion. Dans le cadre d'une même perspective théorique, chacun des
points traités est appuyé sur une information expérimentale précise et
extrêmement riche. Cet ouvrage n'est pas seulement destiné à renou
veler le travail que l'auteur avait publié en 1918 sous un titre voisin,
mais aussi à compléter sa Psychologie expérimentale.
Ce volume nous offre ainsi un traité complet de psychologie expéri
mentale développé dans le cadre d'unité théorique que Woodworth
est l'un des rares psychologues à pouvoir encore réaliser.
F. B.
JONCKHEERE (A.), MANDELBROT (B.), PIAGET (J.). — La
lecture de l'expérience. — In-8° de 150 pages, Paris, Presses Uni
versitaires de France, 1958.
Cet ouvrage, qui constitue le tome V des Études d'épistémologie
génétique, s'ouvre sur un compte rendu de la deuxième année d'ac
tivité du Centre international et du second symposium par J. Piaget.
L'étude de Mandelbrot : Quelques problèmes de la théorie de l'obser
vation dans le contexte des théories modernes de Vinduction des statisticiens,
applique aux processus d'observation usuels des considérations tirées
de la théorie de l'observation en physique quantique. Il en tire des
conclusions sur les relations entre induction et déduction.
La contribution de J. Piaget à cet ouvrage est consacrée à : Assimil
ation et connaissance. L'auteur étudie successivement les rapports
entre assimilation et association : l'activité assimilatrice intervient
dès le départ et ajoute un aspect actif de schématisation à l'association ;
assimilation et perception et enfin assimilation et connaissance montrent
que connaître un objet revient toujours à agir sur lui matériellement ou
opératoirement.
Le travail de A. Jonckheere : Géométrie et perception, montre un
exposé détaillé et une discussion approfondie de la thèse introduite par
Lüneburg sur la métrique de l'espace binoculaire. L'exposé théorique
est accompagné du compte rendu d'expériences destinées à l'appuyer,
dont certaines dues à l'auteur sont inédites. Rappelons que, pour cette
théorie, la métrique de l'espace visuel de la convergence binoculaire
n'est pas euclidienne : cet espace aurait une courbure négative.
F. B. 630 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
BRUNBR (J. S.), BRESSON (F.), MORF (A.), PIAGET (J.). —
Logique et perception. — In-8° de 204 pages. Paris, Presses Univers
itaires de France, 1958.
Get ouvrage constitue le sixième volume de la collection des Études
d'épistémologie génétique de J. Piaget.
La première étude, de J. Bruner, sur le processus de préparation à la
perception, expose les vues de l'auteur sur la perception envisagée
comme processus de catégorisation, d'inférences à partir d'indices. La
perception apparaît alors comme un processus de décision à partir des
indices discriminatifs de classement dans une catégorie, c'est-à-dire un
ensemble de spécification, processus qui dépend entre autres de « l'acces
sibilité » des catégories, elle-même liée à leur probabilité d'occurrence à
un moment donné. L'auteur suggère, dans la préparation de ce processus,
une étape de « diaphragmage » suggérée par les travaux récents sur la
neurophysiologie de l'attention. Il considère enfin les échecs de la
préparation perceptive : échec dans l'apprentissage des catégories
appropriées, processus d'interférence ou de masquage et propose une
interprétation dans ce cadre du concept de « défense perceptive ».
La seconde étude, de J. Piaget et A. Morf, expose la théorie des
isomorphismes partiels entre les structures logiques et les structures percept
ives. Cette étude a pour but de montrer que la perception comporte une
activité assimilatrice du sujet qui met en œuvre des modes de structu
ration plus ou moins isomorphes aux structures logiques, et, en second
lieu, de dégager les filiations entre perceptives et structures
logiques. Ces processus sont envisagés dans les étapes génétiques qui
précèdent la schématisation conceptuelle exposée par J. Bruner (5 à
12 ans). Au niveau de la centration d'abord, les auteurs envisagent les
relations entre schématisme perceptif et logique des classes : existence
de préinfraclasses et de préopérations de réunion et de séparation qui
préfigurent les opérations sur les classes. Ils exposent ensuite les isomor
phismes partiels entre effets de champ et logique des relations et enfin les
préinférences perceptives, qui mènent, avec le problème de l'abstraction,
aux frontières entre perception et représentation. La conclusion de cette
étude est de montrer que la genèse de nos connaissances, solidaire de celle
de la logique, trouve aussi son point de départ dans cette forme large
d'adaptation qui réunit la motricité en général et les activités perceptives
dans les unités fondamentales que constituent les schemes d'action.
L'étude suivante, des mêmes auteurs, est consacrée aux préinférences
perceptives et leurs relations avec les schemes sensori-moteurs opératoires.
Il s'agit de trois séries d'expériences qui confirment les aspects théo
riques exposés dans le chapitre précédent.
Le travail suivant est un exposé théorique de F. Bresson sur la
perception et les indices perceptifs. Après avoir donné une définition
opérationnelle des perceptifs, l'auteur développe un modèle
qui rend compte des processus d'apprentissage discriminatif et rapproche
les processus d'identification de processus inférentiels. LIVRES 631
Le dernier chapitre est consacré à une recherche expérimentale du
même auteur sur l'influence des schemes inductifs sur la perception. Ces
résultats montrent l'existence de modifications perceptives provoquées
par l'attente d'un objet déterminé induite chez le sujet.
F. B.
BARTLEY (S. H.). — Principles of perception (Les principes de la
perception). — In-8° de 482 pages, New York, Harper & Brothers,
1958.
L'ouvrage de S. H. Bartley est une analyse expérimentale classique
de la perception, conçue dans une perspective fonctionaliste et dominée
par trois thèses que l'auteur exprime avec vigueur : la sensation et la
perception sont distinctes ; la sensation, construction hypothétique de
ceux qui ont cherché à mettre en évidence des réponses sensorielles fixes,
invariablement liées au stimulus, représente une phase dépassée des
recherches de laboratoire ; toute réponse sensorielle est, d'après la
définition de l'auteur, un comportement à la fois « immédiat » et « discr
iminant ». Les lois de la perception sont les lois fondamentales des change
ments de l'organisme ; la est une première forme de l'apprent
issage, qui porte sur les réponses immédiates. Les sens, enfin, agissent
toujours en interrelation.
Le plan général du livre est très simple ; après l'exposé des principes,
l'auteur analyse à l'aide d'expériences choisies, brièvement et clairement
expliquées, les différents processus perceptifs (l'adaptation, la discr
imination de la luminance, l'acuité visuelle...) et les diverses modalités
sensorielles. Parmi ces exposés, ceux sur la perception de l'espace, des
constances, du mouvement, de la sensibilité cutanée et de l'équilibration
sont excellents.
Ce très bon manuel est cependant incomplet : ses dimensions n'ont
pas permis à l'auteur de donner toujours des développements suffisants
aux mécanismes psychophysiologiques. Tout un aspect des recherches
modernes sur la perception : applications de la théorie de l'information
ou des modèles probabilistes, y est d'autre part délibérément, semble-t-il,
négligé. L'exposé des théories de la perception y est enfin réduit à
quelques pages ; les étudiants avancés auront intérêt à compléter la
lecture de cet ouvrage par celle d'œuvres plus théoriques de Gibson,
Vernon ou Allport. G. A.
BEARDSLEE (D. C), WERTHEIMER (M.). — Readings in per
ception (Lectures sur la perception). — In-8° de 751 pages, Princeton,
Van Nostrand G Y, 1958.
Cette sélection de 52 articles publiés à une ou deux exceptions près
par des Américains est intéressante, mais discutable. Les facteurs
biologiques, la psychophysique s»nt trop faiblement représentés pour
que les articles cités soient représentatifs. L'ouvrage est surtout centré
sur la perception des objets. Dans cette partie, on trouve vraiment tous 632 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
les articles importants ; cependant, la part faite à l'influence de la
personnalité est un peu faible. Les problèmes de la défense perceptive
et de la subception sont à peine évoqués. De même, tous les travaux
faits pour repenser la perception dans la perspective de la théorie de
l'information sont passés sous silence.
L'ouvrage, dans ses limites qu'il faut connaître, sera très utile à
ceux qui s'intéressent à la perception dans une perspective classique,
mais très actualisée. P. F.
MOLES (A.). — Théorie de l'information et perception esthétique. —
In-8° de 221 pages, Paris, Flammarion, 1958.
On peut distinguer trois parties dans cet ouvrage. La première est
consacrée à la théorie de l'information. Les principaux concepts de cette
théorie sont exposés succinctement et clairement. Le lecteur peu famil
iarisé avec les mathématiques comprendra aisément ces développe
ments. Dans la deuxième partie, la plus importante nous semble-t-il,
l'auteur essaye d'ajuster la théorie de l'information aux problèmes
perceptifs ; nous y reviendrons. La troisième partie prolonge dire
ctement la seconde en ce sens que l'auteur essaye d'étendre l'adaptation
des principes de la théorie de l'information à la perception esthétique,
tout particulièrement dans le domaine de la musique.
La question centrale soulevée par l'auteur dans la deuxième partie de
l'ouvrage est importante. Gomment adapter les principes simples et précis
de la théorie de l'information, aux problèmes complexes que pose la per
ception ? « Nous savons que... cette théorie se présente avec une rigidité
dogmatique qui manifeste son inadéquation quand nous voulons l'appli
quer au récepteur humain, c'est-à-dire aux problèmes de la perception.
Dans sa forme élémentaire, elle est atomistique... » (p. 63).
Dans cette perspective, la théorie de l'information s'oppose évidem
ment à la théorie de la forme et l'auteur s'efforcera de trouver un moyen
terme entre ces deux modes de description de la réalité perceptive.
Plus exactement, il va aboutir à un amalgame, une sorte de phénomén
ologie de la perception, où certaines données fondamentales de la
théorie de la forme, acceptées comme base, sont élaborées à l'aide des
concepts tirés de la théorie de l'information.
La tentative est intéressante, elle n'est pas la première dans son
genre, mais elle se place dans une perspective qui ne peut être que fruc
tueuse pour l'étude des problèmes perceptifs. On regrettera cependant
l'insuffisance des données expérimentales. L'auteur montre plus qu'il
ne démontre. D'autre part, les problèmes abordés sont très nombreux,
ce qui ne permet évidemment pas une étude approfondie de chacun
d'eux : on aurait préféré peut-être un travail moins extensif et plus
intensif.
Il n'en reste pas moins que l'ouvrage est riche en idées de toute sorte
et que les psychologues intéressés par les problèmes perceptifs tireront
grand profit de sa lecture. S. E. LIVRES f)33
BUYTENDIJK (F. J. J.). — Attitudes et mouvements. — In-8° de
494 pages, Paris, Desclée de Brouwer, 1957.
L'originalité de ce livre, préfacé par Minkowski, est de traiter du
mouvement en tant que tel, sans le décomposer en séquences de réflexes
ou de réactions. Le mouvement est étudié d'un point de vue fonctionnel,
comme la régulation d'un être animé, placé dans une situation qui
change. Ainsi conçue, cette théorie formulerait les lois qui régissent les
phénomènes moteurs considérés comme fonctions motrices ; elle formul
erait en outre les principes en les fondant sur le mode d'être de l'homme
et de l'animal.
A titre d'exemple, l'A. rappelle que les mouvements oculaires qui
déterminent, la concordance visuelle ne sont pas réductibles à des
processus nerveux, ainsi que l'ont montré Helmholtz et d'autres phys
iologistes.
Dans une première partie, cette théorie est développée, et nous
pouvons y rattacher la critique de la réflexologie exposée dans le cours
de l'ouvrage. L'A. aborde ensuite l'étude de l'attitude et de la locomot
ion, des mouvements expressifs, la genèse des mouvements humains.
Les derniers chapitres sont réservés à la typologie des attitudes corpor
elles et des humains ; ils s'achèvent sur une étude à peine
ébauchée de la grâce.
Cet ouvrage, qui dénote une grande délicatesse d'analyse, séduit
par la richesse des idées suggérées. Cependant, nous pouvons regretter
l'aspect touffu de sa composition. L'A. reste souvent au niveau de la
description et parvient rarement à dépasser les limites d'une attitude
phénoménologique. A condition de situer cette étude sur le plan qui est
le sien, tout psychologue pourra bénéficier de sa lecture, en retirant
d'utiles suggestions pour ses investigations plus expérimentales.
F. O.
GEER (J. P. VAN DE ). — A psychological study of problem
solving (Une étude psychologique de la résolution de problème). —
In-8° de 216 pages, Haarlem, Uitgeverij de toorts, 1957.
Présentée comme thèse de doctorat, cette étude est essentiellement
une analyse critique, à la fois théorique et méthodologique, des travaux
qui ont traité directement ou indirectement d'un mode de pensée bien
particulier : la résolution de problème. Néanmoins, l'A. s'est efforcé
en s'inspirant de théories récentes de proposer deux modes d'approche
susceptibles de faire progresser la recherche dans ce domaine.
Bien que l'École de Wiirzburg n'ait pas étudié particulièrement
cette question, le premier chapitre lui est consacré afin de mont
rer que la méthode introspective qu'elle utilise est dépassée et ne
peut être envisagée que complémentairement à des méthodes plus
objectives.
Au cours du second chapitre, l'A. analyse la contribution des Gestal-
tistes relative à la résolution de problème. Il discute en particulier les
A. PSYCHOL. 59 41 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 634
théories de Duncker et de Maier, ainsi que les concepts d' « intuition »
(insight) et de « pensée productive ».
Le troisième chapitre est réservé entièrement à l'effet « Einstellung »
et comprend la description détaillée de plusieurs expériences dont une
de l'A. Les deux derniers chapitres développent le point de vue théorique
de l'A. L'un donne une approche phénoménologique inspirée de Husserl
et de Merleau-Ponty; l'autre est une tentative, influencée par la
théorie des jeux de von Neumann, pour utiliser des notions psycho
logiques dans un système axiomatique en vue d'étudier la résolution de
problème.
L'ensemble du livre est bien structuré et comprend de nombreuses
références. Notons également le souci louable de précision méthodolo
gique et statistique lorsqu'il s'agit de présentations d'expériences.
R. L.
SHUEX (A. M.). — The testing of negro intelligence (Mesure de
V intelligence des noirs). — In-8° de 351 pages, Lynchburg, Bell
Compagny, 1958.
L'A. se propose d'étudier d'un point de vue « rigoureusement scien
tifique » l'intelligence des noirs et des blancs. Dans ce but, il dresse
l'inventaire de toutes les investigations faites ces 40 dernières années
aux États-Unis, sur les deux groupes raciaux, comportant des tests
d'intelligence variés. Ces derniers comptent des épreuves individuelles et
collectives, des épreuves verbales et non verbales ; ils sont appliqués sur
des jeunes enfants, des adolescents, des adultes, sur des populations
marginales tels : les sujets arriérés, délinquants, criminels, métisses...
La conclusion d'une étude aussi gigantesque tient en 20 lignes :
quoi qu'il en soit, et d'où qu'ils viennent, les noirs sont toujours moins
intelligents que les blancs.
Il est assurément dommage que l'A. n'ait pas poussé plus loin son
analyse. Les résultats bruts ne sont systématiquement étudiés nulle
part dans le livre. Les noirs des campagnes sont nettement moins
intelligents que les noirs des villes. Mais cette différence, à l'inté
rieur d'un même groupe racial, est-elle du même ordre que la différence
d'intelligence entre noirs et blancs à l'intérieur d'une même population
urbaine ou rurale ? Ce n'est pas sans importance, cependant. Dans
l'affirmative, l'infériorité intellectuelle proviendrait non d'une différence
de race, mais d'une différence de milieu. Cette dernière hypothèse
paraît valable si l'on évoque le statut du noir, situé au sein d'une société
de blancs qui représentent un milieu hostile à l'homme de couleur. Par
ailleurs, les recherches rapportées n'ont pas toujours été faites dans
le but que poursuit l'A. Les méthodes relatives à la sélection des popul
ations, l'application des épreuves paraissent assez grossières.
Cet ouvrage ne présente, sur le plan scientifique, aucune conclusion
sérieuse ; il risque d'apporter, sur le plan social, une dangereuse justi
fication des préjugés raciaux en cours. F. O. LIVRES f>?>5
FRANKARD (P.). — Analyse critique de la notion de validité. —
In-8° de 138 pages, Louvain, Nauwelaerts, 1958.
Buyse introduit l'ouvrage de Paul Frankard en soulignant qu'il
s'agit d'une contribution à la méthodologie psychométrique car l'auteur,
partant de la constatation que la plupart des tests souffrent d'une
faiblesse initiale, s'est demandé : mesurent-ils vraiment ? Que mesurent-
ils ? Gomment mesurent-ils ? En un mot, sont-ils valides ? Et il se pro
pose, non seulement d'étudier sous toutes ses faces la notion de validité,
mais aussi d'en éprouver les fondements méthodologiques. Le but de
Frankard est de faire le point de la question. Il étudie les différents
aspects que prend la validité suivant la nature du test envisagé. Il
envisage successivement la validité externe ou statistique, la validité
apparente (qui est sans valeur), la validité intrinsèque de contenu, la
validité factorielle et la validité de construction. Pour un test d'aptitude,
la sera décrite soit en terme de validité factorielle, de validité
de construction, ou de validité statistique. Pour un test de rendement,
elle se fera surtout en terme de validité intrinsèque de contenu.
La validité empirique ou statistique d'un test est exprimée par le
degré de concordance entre les classements test-critère d'un groupe
bien échantillonné de sujets. Un test ne peut être dit « valide » qu'en
fonction du critère avec lequel il corrèle.
La validité de contenu d'un test concerne surtout ce type de test
pédagogique dont l'objectif est de mesurer les effets d'un apprentissage
scolaire par le contrôle des connaissances acquises. Le problème si
important de la validité intrinsèque du contenu des tests pédagogiques
oblige à établir de façon précise le contenu de l'instruction, mais aussi
les objectifs de cette instruction ; quant à la validité factorielle d'un
test, elle est définie par son degré de saturation en un facteur ; ce degré
de saturation est précisé par l'analyse factorielle ; la validité factorielle
d'un test dépendra de sa variance en facteur commun. Un test est
valide parce qu'il mesure en commun, avec un critère donné, certains
facteurs fondamentaux. Ainsi, la validité factorielle nous renseigne
sur le degré de saturation d'un test en un facteur et nous fournit plus de
précision sur certaines structures mentales.
La validité de construction s'étend à toute l'élaboration d'un test :
elle doit présider aux différentes étapes de sa construction. Par la
validité de construction, nous soumettons au contrôle expérimental la
théorie et les principes qui ont guidé l'élaboration de l'instrument.
L'auteur conclut en souhaitant que l'on construise les tests avec un
esprit expérimental plus rigoureux de façon à élaborer, à l'aide d'instr
uments de plus en valides, des théories scientifiques de plus en
plus cohérentes et prédictives, J. G.

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