Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.68, pg 613-637

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L'année psychologique - Année 1968 - Volume 68 - Numéro 2 - Pages 613-637
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1968
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1968 vol. 68, n°2. pp. 613-637.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1968 vol. 68, n°2. pp. 613-637.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1968_num_68_2_27638Psychologie générale
Foss (B. M.). — New horizons in psychology (Nouvelles perspect
ives de la psychologie). — Harmondsworth, Penguin Books, 1966,
448 p.
Cet ouvrage de vulgarisation fait le compte rendu des divers aspects
de la psychologie objective et tente de dégager les principales voies de
son développement ultérieur. Dans ce travail collectif, divers auteurs
expérimentalistes abordent de nombreux problèmes. Ils y étudient
d'abord ceux de la perception, du raisonnement, du langage et de la
communication. D'autres envisagent ensuite celui des origines du
comportement tant du point de vue ontogénétique que phylogénétique.
Dans une troisième partie, il est fait le point de certains travaux de
psychophysiologie : motivations, sommeil et rêves, influence des drogues
sur la personnalité. Enfin, ce livre s'achève sur l'étude de certains
problèmes posés par l'apprentissage et d'autres d'ordre psychosocial.
Le lien entre tous ces exposés expérimentaux est assuré par une
introduction de chacun d'entre eux, faite par B. M. Foss dans laquelle
il s'efforce de dégager les idées générales en se plaçant dans une pers
pective à la fois historique et conceptuelle.
G. Lerbet.
Spiegel (M. R.). — Theory and problems of statistics (Théorie
et problèmes de statistique). — New York, Schaum Publishing
Company, 1961, 359 p.
Voici une initiation pratique aux principales méthodes de base
de la statistique courante : distribution de fréquences, lois binômiale
et normale, test d'hypothèse, yj, méthode des moindres carrés, corré
lation, séries chronologiques. Le public visé est visiblement un public
très large d'utilisateurs variés, sans formation mathématique préalable.
Le style adopté correspond à cet objectif essentiellement pratique :
dans chaque chapitre, un bref exposé du principe de la méthode est
suivi de la résolution numérique complète de nombreux exercices
(875 au total). Tel quel, ce livre rendra certainement de grands services
comme complément des manuels de statistique élémentaires habituels,
qui ne pèchent guère en général par la surabondance d'illustrations
concrètes.
H. Rouanet.
Hays (W. L.). — Statistics for psychologists (Statistique pour
psychologues). — New York, Holt, Rinehart & Winston, 1963, 719 p.
Tout en recouvrant en gros les mêmes thèmes que Je précédent
(méthodes statistiques courantes, plus une introduction à l'analyse de 614 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
variance), cet ouvrage en constitue en quelque sorte l'antithèse. D'une
part, il s'adresse à un public spécialisé : psychologues (plus spécifique
ment, comme il apparaît d'après le choix des thèmes : psychologues
expérimentalistes). D'autre part, son objectif est essentiellement théo
rique : il vise à présenter un exposé sérieux et rigoureux des principes
qui justifient les méthodes statistiques courantes — principes si souvent
maltraités (sinon purement et simplement ignorés) — dans les « livres
de cuisine » usuels. Il s'agit bien, en fait, d'un véritable traité introductif
de statistique mathématique à l'usage d'un public particulier. Ce public,
l'auteur le connaît apparemment très bien : il le sait allergique à cer
taines notations mathématiques (le concept d'intégrale est omniprésent,
sans que le symbole J apparaisse jamais). Il discute en détail de
problèmes délicats sur lesquels de nombreux psychologues cherchent
souvent en vain à être vraiment éclairés ; qu'est-ce au juste que la
puissance des tests ? Qu'est-ce que la théorie de la décision statistique
et quel rôle lui assigner dans le traitement des données ? (Mêmes ques
tions pour les méthodes non paramétriques.) Lorsque le F global n'est
pas significatif, peut-on procéder à des F partiels, etc. Cet effort péda
gogique à peu près sans précédent — joint à une exigence de rigueur
maintenue avec soin — fait de cet ouvrage un instrument précieux
qu'apprécieront certainement les psychologues désireux de s'instruire
sur la signification des méthodes statistiques qu'ils utilisent.
H. Rouanet.
Diamond (S.). — Information and error (Information et erreur).
— New York, Basic Books, 1959, 308 p.
Gomme l'indique, non le titre, mais le sous-titre (« An Introduction
to statistical Analysis »), il s'agit d'un ouvrage d'initiation aux méthodes
statistiques élémentaires, à l'usage des psychologues. Ni par le contenu
ni par le mode de présentation adoptée, ce manuel ne diffère beaucoup
des nombreux ouvrages de ce type déjà existants. La tentative d'une
organisation des principales notions statistiques autour des concepts
d'information et d'erreur n'est pas assez systématisée pour apparaître
autrement que comme un procédé didactique sans réel fondement. S'il
est bien certain que des méthodes statistiques ont pour objet le trait
ement de l'information, la conception selon laquelle ce traitement
consisterait essentiellement en la séparation de 1' « erreur » et de 1' « i
nformation utile » ne permet pas de rendre compte de certains aspects
fondamentaux de la statistique : par exemple, l'analyse de la contri
bution de diverses « sources de variation » aux résultats observés dans
des expériences complexes. Il est d'ailleurs remarquable que les princi
pales lacunes de l'ouvrage concernent, d'une part, les méthodes d'est
imation (alors qu'une large place est faite à l'exposé des tests statistiques),
d'autre part, l'analyse de variance (alors qu'une large place est faite à
l'exposé des méthodes d'analyse factorielle).
Il reste que cet ouvrage constitue un bon exposé des principales PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 615
notions et techniques statistiques élémentaires, accessible à un lecteur
peu armé du point de vue des connaissances mathématiques. Cette
accessibilité même n'est d'ailleurs pas sans danger, dans la mesure où
elle pousse quelquefois les auteurs de ce genre d'ouvrages à voiler les
difficultés plus qu'à les expliciter.
D. Lépine.
Campbell (D. T.), Stanley (J. C). — Experimental and quasi expe
rimental design for research (Plans expérimentaux et quasi expér
imentaux pour la recherche). — Chicago, Rand McNally & Company,
1966, 76 p.
Le contenu de cette brochure a déjà paru dans le Handbood of
research on teaching, publié par le même éditeur en 1963.
Cette nouvelle édition est intéressante, car elle permettra sans doute
à un autre public de lecteurs d'apprécier les remarques très pertinentes
faites sur les plans d'expérience dans le cas de situations complexes, en
particulier d'apprentissage ou de psychologie sociale.
Comme l'indique le titre, on ne peut, dans bien des cas, utiliser
que des « quasi-plans ». Plusieurs tableaux récapitulatifs montrent avec
clarté l'origine de la non-validité de certains plans pourtant systémat
iques. L'analyse des variables secondaires, tant internes à l'expérience
qu'externes, permet de voir comment elles interviennent pour invalider
certains plans simples.
Il n'y a aucun traitement statistique, il s'agit d'une réflexion plus
générale de l'organisation des expériences. Cependant, l'auteur oriente
vers la solution statistique qui lui paraît la plus adaptée aux 16 plans
ou quasi-plans proposés.
G. Oleron.
Cattell (R. B.), edit. — Handbook of multivariate experimental
psychology (Manuel de psychologie expérimentale multivariée) . —
Chicago, Rand McNally & Co., 1966, 959 p.
Ce très gros et important ouvrage, publié sous la direction de R. Catt
ell, se présente sous plusieurs aspects. C'est certes un manuel destiné
à présenter les principales techniques de l'analyse multivariée ainsi
que certaines de ses réalisations, mais c'est aussi un livre de combat.
Il est dirigé, parfois de manière assez virulente sous la plume de Cattell,
contre ce qu'il appelle « une conception rigide et démodée » de la psychol
ogie expérimentale, à savoir la psychologie scientifique qui a utilisé
la méthode expérimentale à la Claude Bernard, avec le paradigme des
variables indépendante et dépendante (analyse bivariée). A ce courant,
que Cattell désigne du label « Wundt-Pavlov », s'est opposée la tendance
méthodologique issue des travaux de Galton et de Spearman. Cette
dernière n'a pas cherché à utiliser pour étudier les faits psychiques les
méthodes utilisées dans les sciences de la nature, mais un ensemble
de techniques nouvelles plus aptes à permettre l'étude expérimentale 616 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des situations psychologiques caractérisées par le grand nombre des
variables en jeu. Seule une psychologie expérimentale multivariée peut
appréhender des situations complexes sans les mutiler, comme le fait
la psychologie expérimentale bivariée.
L'ouvrage se divise en deux parties, la première méthodologique
et épistémologique, la seconde constituée par un ensemble d'illustra
tions des techniques de l'analyse multivariée. Gattell consacre trois
chapitres à présenter les soubassements méthodologiques des techniques
de l'analyse multivariée. Sa démarche consiste essentiellement en une
taxonomie aussi exhaustive que possible des types de plans expériment
aux, de techniques d'analyse statistiques et de théories utilisables en
psychologie.
Cette classification est destinée non seulement à permettre de
replacer une démarche expérimentale particulière dans l'ensemble des
types de démarches possibles, mais surtout à montrer qu'en dehors
des plans d'expériences et des techniques statistiques habituellement
utilisées, beaucoup d'autres combinaisons sont à la disposition du
chercheur, notamment dans le domaine de l'analyse multivariée. Pour
suivant cet effort de réflexion méthodologique, l'auteur développe le
système d'analyse relationnelle qu'il avait présenté en 1946 (covaria
tion chart). Ce dernier comportait trois dimensions : les sujets, les situa
tions et les conditions. Gattell obtenait ainsi les techniques R, Q, P, O,
S et T. Il nous propose dans ce manuel un développement de ce type
d'analyse fondé sur un système à 10 dimensions (organisme ou sujet,
stimulus, environnement, réponse, observateur, état de l'organisme,
variation du stimulus, état de l'environnement, type de réponse,
condition de l'observateur), dont on peut extraire diverses facettes,
sous-systèmes, etc., tels que les techniques d'analyse factorielle déjà
connues mentionnées ci-dessus (et de nombreuses autres).
Les chapitres suivants sont consacrés à présenter différentes
méthodes d'analyses multivariées : une revue d'ensemble (P. Horst)
est suivie de l'étude de la régression et de l'analyse discriminante
(H. Anderson), l'analyse factorielle (R. Cattell), de la variance
en psychologie multivariée (L. Jones), comparaison de l'analyse de la
variance et de (Sir Cyril Burt), des types
(Cattell, M. Coulter, B. Tsujioka), l'utilisation de l'analyse factorielle
pour tester des hypothèses (B. Fruchter), l'analyse factorielle et la
mesure des changements (R. Gattell), les modèles canoniques pour la
description du changement (C. Harris), la théorie des jeux et les processus
de décisions (D. Brand), l'analyse hiérarchisée de matrices de corré
lations (L. Guttman), interaction et non-linéarité dans les expériences
multivariées (J. Digman). Il convient de signaler que les chapitres que
nous venons d'énumérer ne sont pas des exposés détaillés des procédures
mises en œuvre par les différentes techniques de l'analyse multivariée,
mais plutôt des présentations de leurs fondements méthodologiques et
mathématiques. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 617
La seconde partie est consacrée à illustrer la fécondité de l'analyse
multivariée pour l'étude de problèmes classiques de la psychologie :
théories de l'apprentissage et courbes d'apprentissage (L. Tucker), les
aptitudes perceptives (H. Hake), les processus cognitifs (K. Pawlik),
étude expérimentale de la personnalité (J. Nesselroade et K. Delhees),
la motivation (J. Horn), la psychologie physiologique (J. Royce), les
corrélats physiologiques des états et processus mentaux (R. Mefferd),
comportement et génétique (W. Thompson), la psychologie génétique
et la personnalité de l'enfant (R. Goan), analyse multivariée des groupes
et des organisations (G. Bereiter), psychologie culturelle et politique
(R. Cattell), le langage (M. Miron et G. Osgood), utilisation des plans
expérimentaux multivariés en psychologie pédagogique (R. Block), la
sélection du personnel dans l'industrie et dans l'armée (S. Sells), la
recherche multivariée en psychologie clinique (J. Cohen).
Pour éviter de présenter un manuel trop décousu de par la colla
boration de nombreux auteurs, l'éditeur a fait précéder chaque chapitre
d'une introduction qui en montre la place dans le plan de l'ouvrage.
Ce livre, de lecture difficile, sera très utile aux chercheurs et aux étu
diants avancés qui pourront désormais avoir à leur disposition un
ouvrage d'ensemble particulièrement riche.
Cl. Werck.
Rozeboom (W. W.). — Foundations of the theory of prediction
(Fondements de la théorie de la prédiction). — Homewood, Illinois,
The Dorsey Press, 1966, 628 p.
Rozeboom est l'un des rares spécialistes de la logique (plus spécif
iquement de la logique de l'inférence) à s'intéresser de près aux méthodes
mathématiques utilisées par les sciences humaines, en particulier à la
théorie de la mesure et aux méthodes statistiques : la plupart des articles,
généralement critiques, qu'il publie attirent l'attention par leur rare
pertinence méthodologique. L'ouvrage présent rassemble un certain
nombre de considérations, jusqu'ici éparses, en les exposant sous forme
d'un manuel de statistique et de psychométrie (un titre de ce genre convien
drait peut-être mieux au contenu de l'ouvrage que le titre présent).
L'ouvrage est divisé en deux parties d'importance inégale : la
deuxième partie, la plus importante, constitue l'essentiel de l'ouvrage,
avec de longs chapitres sur le pronostic, l'analyse factorielle, les notions
de validité et de fidélité des tests, etc. Une première partie, introductive,
expose les concepts statistiques de base habituels : aussi, l'ouvrage,
comme on dit, « ne suppose aucune connaissance préalable » (et de plus,
il contient toutes les formules mathématiques fondamentales, avec des
renvois précis à des références exposant démonstrations détaillées ou
généralisations). Cependant, cet ouvrage ne semble guère pouvoir être
recommandé comme manuel d'initiation à la statistique et à la psychom
étrie. Visiblement, l'ouvrage s'adresse à un public possédant déjà une
bonne expérience des méthodes quantitatives et préoccupé par les 618 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
problèmes méthodologiques qu'elles suscitent. Un seul exemple, pour
donner une idée du type de problèmes donnant lieu à des discussions
fournies : dans quelle mesure le modèle de l'analyse factorielle, qui
repose sur des hypothèses de linéarité, peut-il nous apprendre quelque
chose si le modèle « véritable » est en réalité non linéaire ? (p. 523 sq.).
En résumé, ce livre appartient à la catégorie, assez peu répandue,
de ceux qui s'efforcent d'apporter des éléments de réflexion solides sur
des problèmes méthodologiques qui, d'une part, se posent de façon
inévitable à ceux qui veulent interpréter les méthodes quantitatives
qu'ils utilisent, mais qui, d'autre part, par leur nature, ne se prêtent
pas à des solutions définitives : en de telles matières, quitté le domaine
des généralités rassurantes, la recherche de certitudes doit faire place à
l'examen d'opinions.
On rangera ce livre à côté d'un petit nombre d'autres, tels que
celui de M. Reuchlin sur les méthodes quantitatives, dont il sera ins
tructif de comparer les réflexions sur des problèmes analogues.
C'est pourquoi également, étant donné le nombre de considérations
intéressantes qu'on trouvera dans l'ouvrage, on ne chicanera pas l'au
teur sur des opinions que personnellement nous pourrions trouver
excessives : par exemple, le rôle attribué à la loi normale qui pourrait
être accompagné par davantage de réserves.
Un dernier point doit être signalé : la présentation typographique
exceptionnellement défectueuse (chose d'autant plus regrettable pour
un texte aussi soigné) ; non seulement les erreurs typographiques
abondent, mais des « pages blanches » apparaissent de temps à autre,
supprimant ainsi des parties du texte.
H. Rouanet et P. Bovet.
Rosenthal (R.). — Experimenter effects in Behavioral Research
(L'effet de l'expérimentateur dans les recherches sur le comporte
ment). — New York, Appleton Century Crofts, 1966, 464 p.
Dans les situations expérimentales classiques, il existe une dissy
métrie de fait entre E et le sujet S. L'auteur, analysant
la dissymétrie, centre son étude sur l'interaction des deux éléments
de la diade S-E.
« L'effet expérimentateur » (effet E) est complexe. Il peut s'appré
hender ainsi : lorsque l'existence, la présence ou l'action de l'expér
imentateur influe de quelque manière sur le sujet, sur sa perception de
la situation ou de sa tâche, sur ses réponses, l'effet observé est l'effet E.
Hors de la présence du sujet, le rôle de l'expérimentateur se note aussi
lorsqu'il manipule, analyse et interprète les données. Une typologie
des expérimentateurs est possible à l'aide des notions suivantes :
« effet E », « biais introduit par E » « consistance de E ». Ces notions
correspondent respectivement à l'erreur systématique due à la présence
de E, aux dissymétries et à la dispersion des variables mesurant l'i
nfluence sur les données de l'effet E. PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 619
L'effet B est lié à l'ensemble des variables caractéristiques de la
relation S-B : attributs biosociaux de S et de E (sexe, âge, race, religion),
attributs psychosociaux (anxiété, sympathie, hostilité, autorité, domin
ation, chaleur de la relation, statuts respectifs). Notons de plus que E
agit parfois involontairement de façon à réaliser son attente et ses
hypothèses.
S'il est facile de montrer l'existence de l'effet dans le domaine de
psychologie pathologique, animale, sociale et expérimentale, il reste
très difficile (même à l'aide des notions définies par l'auteur) de tenter
des explications, de quantifier l'effet et parfois même de prédire son sens.
Par nécessité donc, le livre s'oriente vers des propositions concernant
« l'hygiène » de l'expérimentation en ce qui concerne l'interaction S-E.
Propositions en vue d'introduire l'effet E comme variable dans le plan
d'expérience ; propositions en vue de stabiliser l'effet (car on ne peut
le supprimer) en limitant les contacts S-E lorsque cela est possible,
par une automatisation poussée des phases d'administration des stimulus
et d'enregistrement des réponses.
Ces études, que l'on aurait souhaité voir prolongées dans les domaines
où l'effet E semble jouer un rôle déterminant (psychologie de l'enfant,
pédagogie) révèlent, par le nombre de variables en jeu, la complexité
des recherches de méthodologie psychologique.
R. Oppenheim.
Tembrock (G.). — Éléments de psychologie animale. — Paris
Gauthier-Villars, 1967, 155 p.
Une vue d'ensemble sur le comportement animal n'a pas souvent
fait l'objet, ces dernières années, d'un livre en langue française, tant
du côté des biologistes que du côté des psychologues, d'où l'intérêt
de cette traduction du livre de Tembrock, qui ne manquera pas d'être
lue par divers spécialistes qui y trouveront surtout les prolongements
récents de la théorie objectiviste et son adaptation aux conceptions
biocybernétiques modernes.
Ces « éléments » sont bien l'œuvre d'un biologiste, en ce qu'ils
ne se réduisent pas aux études de conditionnement et d'apprentissage
effectuées sur un nombre réduit d'espèces domestiques, et qui sont
trop souvent présentées comme constituant l'essentiel des travaux sur
le comportement animal ; ces notions sont toutefois exposées, de façon
assez sommaire d'ailleurs, dans le second chapitre, sous le titre « apprent
issage facultatif ».
En fait, le principal apport du livre est constitué par le premier
chapitre, intitulé « Instinct et expérience », qui part de la notion d'Ins
tinct conçu comme « coordination héréditaire » de réponses correspondant
à des motivations spécifiques définies, suscitées par des configurations
adéquates de stimulus déclencheurs. Ces réponses du répertoire inné
sont variables en intensité et en complétude, suivant l'importance
de la motivation qui les dirige et des stimulus qui les suscitent, ceux-ci 620 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
pouvant même faire défaut si la motivation est suffisante, comme
dans les réactions « à vide ». Il existe également une variabilité en nature
pour ces réponses : s'il y a conflit de réponses (entre attaque et fuite,
par exemple), il peut se substituer une troisième conduite, dite « de
dérivation ». Il est intéressant qu'on soit parvenu à susciter, par exci
tation électrique de certains noyaux centrencéphaliques chez les Ver
tébrés, de telles séquences d'actions coordonnées. Et même, en stimulant
simultanément deux points correspondant à deux modes d'activité
instinctive différents, von Holst a obtenu des effets de sommation,
d'inhibition, de superposition, etc., qu'en somme on connaissait déjà
au niveau d'intégration le plus bas, celui de la motricité segmentaire,
depuis Sherrington, ainsi qu'au niveau le plus élevé, celui des réflexes
conditionnés, depuis Pavlov. Cependant, cet auteur n'a pu obtenir
de conduites de dérivation, qui constituent donc probablement une
intégration de niveau supérieur d'une situation conflictuelle.
Ces coordinations complexes ne peuvent s'effectuer que si des
mécanismes précis asservissent certains éléments de réponse aux autres
jusqu'à ce que le résultat de l'acte consummatoire mette fin à cette
activité. Cet état de fait donne lieu à toute une formulation cybernétique
des problèmes qui peuvent ainsi être envisagés, et dont les travaux
de Mittelstaedt sur la prédation chez les Mantidés représentent la
meilleure illustration. De tels systèmes doivent d'ailleurs être mis en
place progressivement, telle la coordination locomotrice chez les Ver
tébrés : il s'agit alors d' « apprentissage obligatoire » sans lequel l'espèce
ne survivrait pas. Cet « amorçage » doit parfois se faire à une époque
déterminée du développement de l'individu : les phénomènes d' « em
preinte » entrent dans cette catégorie d'acquisitions.
L'auteur arrive ainsi à une conception souple du comportement
inné spécifique, tenant compte des contingences locales et même sociales
du développement de l'individu, qui influeront sur le choix de ses
aliments, sur sa sociabilité (agressivité, dominance, territoire, etc.),
sur la fréquence de ses rapports sexuels et sur le choix de ses partenaires.
Cet aspect social des conduites animales fait d'ailleurs l'objet d'un
troisième chapitre qui nous introduit à la génétique comportementale
et à ses incidences sur les processus de spéciation.
On voit ainsi quelle est la portée biologique de cet ouvrage, qui
situe fort bien la perspective dans laquelle il convient d'envisager
quelque conduite animale que ce soit. Beaucoup de notions sont exposées,
trop peut-être, d'où un manque fréquent de clarté si le lecteur n'a pas
lu déjà les ouvrages de base qui figurent en bibliographie. Le lecteur
risque également d'être rebuté par l'abondance des digressions inutiles
sur le caractère incontrôlable de l'approche introspective ou empathique ;
cependant, l'abondance et la qualité des illustrations doivent lui permettre
d'apprécier au mieux cet essai d'une synthèse moderne des notions
concernant le comportement animal.
M. Blancheteau, PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 621
Medioni (J.). — La distribution temporelle des activités animales
et humaines (4e session d'études de l'U.I.S.B.). — Paris, Masson,
1867, 189 p.
L'Union internationale des Sciences biologiques a organisé à Mars
eille, en octobre 1965, pour la 4e session d'études de sa Section de
Psychologie expérimentale et de Comportement animal, deux journées
de conférences et d'exposés ayant un thème commun, celui de l'aspect
temporel des conduites animales et humaines. Notons, à cet égard,
qu'un seul exposé, celui de F. Orsini, traite de la Psychologie de l'enfant,
de sorte que presque tout le recueil du comportement animal et
de ses déterminants physiologiques et écologiques. Ces conférences,
réunies par les soins des Pr Chauvin et Médioni, sont rédigées en français,
en anglais et en allemand (toujours avec un résumé anglais).
Un premier groupe d'exposés traite surtout des méthodes d'enre
gistrement de l'activité des animaux. Ainsi, Chauvin décrit comment
il peut étudier les passages de Fourmis le long de leurs pistes, en diff
érenciant l'aller et le retour et en notant même s'il y a apport de proies
ou de miellat. Bisconte utilise l'induction électro-magnétique pour
enregistrer les rythmes cardiaques et respiratoires de jeunes Grillons,
ainsi que l'organisation de la motricité totale chez l'adulte normal ou
bien paralysé par Liris nigra. Enfin, Thinès montre comment on peut
obtenir l'actogramme de diverses espèces de poissons aussi différents
que le Carassin ou le Piraya au moyen de photo-détecteurs à infrarouge ;
il est intéressant de constater que la périodicité nycthémérale d'activité
subsiste si le poisson est maintenu à l'obscurité alors qu'elle disparaît
sous l'influence excitatrice d'un éclairement ininterrompu.
La majorité des autres communications concerne des résultats
d'observations ou d'expériences. Pour commencer par les données
éthologiques, signalons l'étude, faite par Naulleau, des déplacements
des Vipères marquées au Cobalt 60 et de leurs variations saisonnières.
Le Pr Fontaine a fait une remarquable mise au point sur les processus
physiologiques préparatoires à la migration cathadrome des jeunes
Saumons et sur leur déterminisme exogène saisonnier ; nous voyons
ainsi combien l'éthologie peut recevoir d'éclaircissements des études
de laboratoire : l'avalaison dépend, d'une part, de la modification du
rapport ionique du milieu intérieur qui fait dépendre l'excitabilité du
système nerveux de la maturation endocrine, et d'autre part, des crues
saisonnières qui entraînent l'animal. Citons également l'étude réalisée
par Perttunen sur la variation saisonnière du phototropisme d'un
Scolytide adulte : dans des conditions semblables d'éclairement et de
température, les adultes éclos en août sortent bien plus facilement de
leurs trous que ceux de la génération de printemps : or, le risque de
gelées n'est pas le même à ces deux moments de l'année, et la variation
réactionnelle constatée a un sens fonctionnel pour la survie.
D'autre part, Couturier et Robert ont montré que le déterminisme
de l'activité du Hanneton était de nature principalement exogène, alors

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