Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.74, pg 645-657

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L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 2 - Pages 645-657
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 645-657.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 645-657.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_2_28068Psychologie générale
Les dix grands de la psychologie. — Paris, Centre d'Etude et de
Promotion de la Lecture, 1972, 253 p.
L'histoire de la psychologie n'occupe pas dans les rayons des biblio
thèques une telle place que cet ouvrage soit superflu. Il s'agit certes
de vulgarisation. Pour chaque auteur une bibliographie, une dizaine de
pages d'exposé, un questionnaire à choix multiple, avec d'assez longues
réponses, deux ou trois pages de textes originaux et enfin la liste des
ouvrages de l'auteur.
La méthode est intéressante et j'espère qu'elle incitera nos étudiants
à lire. Les informations sont en général solides et je ne regrette pas
un certain goût du pittoresque.
Mais ce qui surprendra le lecteur averti est le choix des « dix grands ».
Pavlov, Watson, Skinner, Köhler, Lorenz, Binet, Piaget, d'accord,
encore que cet ordre soit a-historique, mais pourquoi M. Montessori,
Kinsey, et surtout Masters et Johnson qui ne sont à aucun titre des
psychologues. Fallait-il que la pédagogie et surtout la sexualité assurent
le marketing de l'ouvrage ? Et même dans cette perspective, pourquoi
Freud est-il oublié ?
Ce que nous disons de l'ordre de présentation des auteurs s'applique
aussi en un sens au traitement de chacun d'eux. Leur enracinement
historique est en général insuffisant et le lecteur comprendra mal les
filiations.
Cependant, je recommande cet ouvrage.
P. Fraisse.
Weiss (R.) éd. — Digital computers in the behavioral laboratory.
— New York, Appleton Century Crofts, 1973, vni-460 p.
Voici le livre qu'un laboratoire s'initiant à l'utilisation d'un ordi
nateur pour ses propres recherches doit consulter. Son but, bien atteint
par l'ouvrage est d'introduire pas à pas le chercheur dans la théorie
méthodologique de l'ordinateur. On indique comment aborder un projet,
comment planifier l'expérience, quels sont les problèmes alors soulevés
et les résoudre. (Ce livre demande cependant une petite initia
tion aux termes techniques.)
Weiss, directeur de la publication, aurait souhaité avoir ce même
livre au moment où il a commencé ses propres recherches au laborat
oire. Nous le comprenons. Cet important ouvrage en onze chapitres
regroupe les réflexions et les modèles de spécialistes qui ont pris du
recul par rapport aux recherches spécifiques qu'ils ont entreprises pour
A. l'SVCHOL. 74 21 646 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dégager les principes généraux de mise en œuvre d'un programme.
Millenson (J. R.) présente dans le premier chapitre un langage
dénommé « Automated contingency translator, ACT », (Traducteur de
contingence automatisé), orienté vers l'étude des comportements. Les
deux parties de cet exposé présentent, d'une part, la description abstraite
de ce langage et, d'autre part, l'application de ce langage à l'établi
ssement de programmes en temps partagé pour plusieurs expériences
de laboratoire. Un appendice donne la syntaxe de ce langage.
Snapper (A. C.) et Kadden (R. M.) présentent un système de nota
tion pour l'établissement d'un programme en temps partagé sur de
petits ordinateurs. Celui-ci s'efforce d'être applicable à un très grand
nombre d'expériences que l'on peut ramener à un nombre fini de des
criptions ayant une certaine généralité. De nombreux graphes expli
citent la mise au point progressive du programme pas à pas.
Weiss (B.) souligne tout l'apport que présente l'initiation à la tech
nologie de l'ordinateur et pour en faire la démonstration expose très
clairement la programmation d'une microanalyse du comportement.
Cette microanalyse permet de développer les possibilités de descriptions
graphiques sur écran. L'auteur expose particulièrement son expérience
à partir d'un Line.
Le lecteur trouvera dans le chapitre de Henry (D. P.) et
Lennon (W. J.) une définition très claire des éléments du Software et
la manière d'utiliser le fortran avec la justification du choix de ce
langage. Celui-ci permet plus facilement d'appliquer ce programme à
un autre ordinateur que ne le permet l'écriture d'un en
langage machine. On apprendra dans ce chapitre, en partant du contrôle
des expériences, les notions sur les programmes de décision en fonction
des résultats obtenus, la programmation des probabilités, la program
mation des intervalles temporels tant pour le contrôle des stimulus que
pour la mesure des réponses, l'analyse des données en temps réel.
Pour finir, après avoir montré l'épopée de la mise en route de l'ordina
teur au début, l'auteur propose les éléments de l'ordinateur nécessaires
à l'expérimentation, ordinateur idéal où le Software joue un plus grand
rôle que le Hardware.
Une perspective plus concrète de l'utilisation de l'ordinateur est
offerte par Ciofalo (V. B.), Tedford (R. H.), Dodge (D. L.) et Gold
berg (M. E.) dans l'application de l'ordinateur à la recherche en psycho-
pharmacologie. On peut y découvrir l'implantation des interfaces et le
détail des routines.
Les derniers chapitres de ce livre sont tous consacrés à l'étude de
l'application de l'ordinateur à des problèmes particuliers.
Uttal (W. R.) traite des applications on-line en temps réel sur
ordinateur dans le domaine de la psychophysique et indique les détails
techniques de l'installation des interfaces tant pour la production des
stimulus que pour les modalités de réponse. GÉNÉRALE 647 PSYCHOLOGIE
Mais il y a également l'analyse de deux séries d'expériences, l'une
sur la discriminabilité de patterns de potentiels d'action somato-
sensoriels avec des intervalles irréguliers et l'autre sur la reconnais
sance de caractères alphabétiques masqués par un bruit visuel dyna
mique. Les deux expériences sont présentées avec les principaux
résultats.
Talbot (W. H.) présente avec beaucoup de précision l'utilisation de
l'ordinateur pour l'analyse des unités des systèmes sensoriels et conclut
par des conseils très généraux sur l'utilité et l'usage de l'ordinateur
ainsi que sur le rôle des ingénieurs et programmeurs.
Goleman (P. D.), West (M. J.) et Wyss (U. R.) présentent l'appli
cation de l'ordinateur aux recherches de neuro-anatomie. Celles-ci
nécessitent une technique très contrôlée de balayage pour prendre en
charge l'information utile et éliminer le bruit.
Deux chapitres sont consacrés l'un à la résolution des problèmes et
aux prises de décision et l'autre à l'enseignement assisté par l'ordinateur
qui doit devenir un tuteur pour l'élève avec une certaine « intelligence ».
Uttal et al. développent un exemple d'enseignement de géométrie
analytique.
Simon (W.) présente les techniques avancées pour le petit ordinateur.
La redondance que l'on peut trouver à travers les différents chapitres
doit permettre au lecteur peu initié aux méthodes de l'ordinateur d'en
comprendre progressivement toutes les richesses.
Tous les auteurs sont d'accord pour louer les possibilités de l'ord
inateur même si la mise en route de recherches impose un temps mort
important.
Ce livre devrait éviter certains tâtonnements aux chercheurs en leur
indiquant l'esprit dans lequel les recherches sur l'ordinateur doivent
être menées.
G. Oléron.
Polten (E. P.). — Critique of the Psycho-Physical Identity Theory.
— La Haye, Paris, Mouton, 1973, 290 p.
C'est une réfutation du matérialisme scientifique et le fondement
d'un dualisme âme-matière « à partir de la philosophie et de la méthode
scientifique » que nous propose ici Polten.
Le lecteur n'y trouvera aucune référence aux problèmes de la psycho
physique au sens où l'entendent les psychologues, mais seulement une
réfutation métaphysique du « monisme psychophysique ». Aucune
référence n'est faite à l'œuvre de quelque psychologue que ce soit. Il
s'agit d'un livre de métaphysique traitant du vieux problème de l'âme
et de la matière. Cet ouvrage est axé sur l'analyse critique de l'œuvre
de H. Feigl et sur les conceptions de la science de B. Rüssel, Einstein,
Carnap et Whitehead principalement.
A. Menchikoff. 648 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Ittelson (W. H.). — Environment and cognition. — New York,
Londres, Seminar Press, 1973, 187 p.
Une série de chapitres reprennent des conférences données en 1971,
à New York, lors d'un colloque consacré à une approche pluridisci
plinaire des problèmes posés par l'environnement. Les chapitres sont
signés par des architectes, des géographes et des psychologues. Il s'agit
surtout de la perception de l'environnement comprise dans le sens
où l'entendent les transactionnistes tel Ittelson (W. H.), ce dernier
étant du reste l'auteur de l'introduction de ce livre. L'individu est à ce
titre conçu comme facteur agissant dans la situation et comme partie
intégrante de celle-ci. Différents types de comportement face à l'env
ironnement sont ainsi présentés dans cet ouvrage : affectif, exploratoire,
esthétique, perceptif et cognitif.
Saarinen (T. F.), géographe, cite trois exemples d'application des
techniques projectives (TAT et dessins) à l'étude de problèmes de
géographie : application du TAT à des cultivateurs des Grandes Plaines
des Etats-Unis en vue d'étudier la manière dont ces derniers situent
1' « image de l'homme face à la nature », ceci en fonction de différentes
données physiques et géographiques, épreuves de dessins afin d'étudier
l'image du campus de l'Université d'Arizona chez les étudiants, et
enfin représentation des différents pays du globe pour une population
d'étudiants.
Zannaras (G.), géographe, relate une série d'expériences dans les
quelles l'on demande aux sujets de trouver des trajets entre deux points
au travers du dédale constitué par les rues d'une ville représentées
schématiquement à l'aide de traits sur une feuille de papier. A chaque
segment est attribuée une valeur correspondant au temps de parcours
de la rue qu'il représente. De même à chaque intersection est conférée
une valeur selon la nature et la durée de l'arrêt exigé : stop, feu rouge,
priorité, etc. La tâche est compliquée par l'obligation de passer par
des points correspondant à des arrêts devant des magasins présumés.
Les résultats sont analysés en terme d'apprentissage de concepts
susceptibles d'être décrits selon des processus de Markov.
Venturi (R.), Scott Brown (P.), Izenour (S.) architectes et urbanistes
dressent un portrait de Las Vegas et tentent d'en dégager les caracté
ristiques principales tant sur le plan du réseau des voies de communic
ation que sur celui du plan-masse des édifices publics. La ville est
présentée comme un système fermé de communications devant être
analysé tel. Les bâtiments sont définis comme émetteurs de
messages de trois types : fonctionnels, symboliques et publicitaires.
Field (A. H.), architecte, analyse des plans d'hôpitaux et de cl
iniques comme réseaux de communications ainsi que l'évolution histo
rique de ces derniers depuis le début du siècle jusqu'à nos jours. Il
préconise un remodelage général des réseaux de communications et
donc du plan des hôpitaux. PSYCHOLOGIE GÉNÉIULE 649
Enfin Kameron (J.), psychologue, passe en revue différents types
de recherches de psychologie expérimentale (100 au total) essentiell
ement axées sur l'étude des problèmes perceptifs, et susceptibles d'apport
er aux architectes et aux urbanistes des éléments leur permettant
d'entrevoir les connotations psychologiques liées à leurs projets.
Il est probable que ce genre d'ouvrage, consacré aux aspects psycho
logiques de l'environnement, consacre l'ouverture d'un nouveau champ
d'investigations en voie de développement.
A. Menchikoff.
Horowitz (M. J.). — Image formation and cognition. — New
York, Appleton-Century-Crofts, 1970, 351 p.
Une ligne de recherche si typiquement américaine telle qu'elle est
présentée dans cet ouvrage peut surprendre le lecteur français. En effet,
en dépit de son titre, il ne fait que signaler les différentes positions
théoriques concernant le rôle de l'image dans les processus de pensée
et plus spécialement dans les opérations de raisonnement, ainsi que
Piaget, par exemple, utilise le terme d'image mentale. Il ne discute pas
de ce rôle ni ne prend position à ce sujet : partant de la définition de
l'image comme « une représentation mentale ayant des qualités sensor
ielles », c'est sur les caractéristiques des images visuelles et les modalités
de leur formation qu'il s'interroge.
A ce titre, l'auteur discute des différentes classifications des images
visuelles, selon leur vividité, leur contact, leurs relations avec les
perceptions et selon leur contenu, ainsi que des relations entre niveaux
de conscience et imagerie. Il examine également, à travers de nombreux
exemples cliniques, les relations entre l'activité de l'œil et l'activité
cérébrale et la formation d'images. Sa conception théorique de la dyna
mique de la construction de l'image, qui reprend les concepts psychan
alytiques, le mène sans difficulté à un essai d'usage des images dans les
psychothérapies.
L'ouvrage déroutera même des cliniciens, s'ils sont habitués à une
utilisation plus rigoureuse des concepts freudiens.
M. -G. Pêcheux.
Chase (W. G.). — Visual information processing. — New York,
London, Academic press, 1973, 555 p.
D'année en année le nombre d'ouvrages consacrés à 1' « information
processing » s'accroît et l'on peut être étonné de la diversité des travaux
que cette notion recouvre. Ce nouveau livre réunit 11 recherches réali
sées par des auteurs très différents mais qui sont tous préoccupés du
lien existant entre la perception et la cognition au sens le plus large du
terme. En effet, on y trouve des études portant sur le rôle de la percep- 650 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tion aussi bien dans les tâches de classification que dans les problèmes
de compréhension de la langue. Ce livre réunit les principales commun
ications qui ont été faites au « Eigth Carnegie Symposium on Cognition »
qui s'est déroulé en mai 1972 et dont le thème était le titre même de
l'ouvrage. C'est dire tout l'intérêt que représente ce livre en particulier
pour ceux qui ne sont pas spécialistes de cette question.
J.-P. Rossi.
De Montpellier (G.). — Apprentissage et découverte des « principes »
— Louvain, Vander, 1973, 105 p.
Ce petit livre présente une série de recherches expérimentales sur le
mécanisme de la formation des concepts réalisées par l'auteur dans le but
d'étudier le problème suivant : la découverte d'un invariant qui carac
térise ce type d'apprentissage résulte-t-elle de l'intervention d'un pro
cessus de saisie cognitive de relations invariantes ou d'un processus de
liaison entre « schemes » ou « structures » perceptives et réactionnelles ?
Cette question se pose avec une acuité particulière lorsque les variations
des réponses du sujet traduisent une adaptation progressive selon une
loi d'acquisition en gradient. Les situations expérimentales sont diverses.
Pour chaque expérience, l'auteur étudie l'allure des courbes de fréquences
des réactions de choix, au cours des essais successifs, en regard des indi
cations verbales fournies par les sujets sur les mobiles de leur choix. Il
apparaît alors que les courbes qui présentent une allure progressive
reflètent une saisie également progressive, parce que tout d'abord
souvent partielle, des divers aspects de la relation invariante plutôt
que la fixation de connexions plus ou moins spécifiques entre excitants
et réponses.
M. -F. Ehrlich.
Levine (G.) and Burke (C. J.). — Mathematical Model techniques
lor learning theories. — New York and London, Academic Press,
1972, 288 p.
Un livre évidemment utile au chercheur peu mathématicien, dés
ireux de se former à la compréhension, voire à la pratique, des modèles
stochastiques d'apprentissage développés depuis une quinzaine d'années.
On ne suppose connue que l'algèbre habituelle enseignée au cours du
cycle secondaire ; les techniques de base : calcul des probabilités, algèbre
matricielle, chaînes de Markov, séries, sont exposées puis utilisées pour
l'étude de classes de modèles spécifiés (modèle à un élément de Bower,
modèles à opérateurs linéaires, modèles à états, etc.). Les différentes
notions et techniques sont illustrées de nombreux exemples extraits de
la littérature spécialisée. La rédaction est agréablement didactique, sans
lourdeur ni simplification excessive. L'objectif de l'ouvrage n'étant pas PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 651
principalement critique ni méthodologique, on y trouve peu de discus
sions sur les apports effectifs des modèles dans les domaines où ils ont
été développés ; cependant l'exposé n'est pas désincarné et il permet
une approche des modèles non strictement limitée à leurs caractéris
tiques mathématiques. C'est en tout cas un excellent outil de travail
dont l'étude complétera heureusement celle des « introduction » ou
handbook déjà publiés.
D. Lépine.
Isaac (S.), in collaboration with Michael (W. B.). — Handbook
in Research and evaluation for Education and behavioral sciences. —
San Diego, California, Robert R. Knapp, 186 p.
Le sous-titre précise : « Une collection de principes, de méthodes
et de stratégies pour la planification, le recueil et l'évaluation des
résultats dans le domaine de l'éducation et des sciences du comporte
ment. » Une paraphrase possible serait : « Comment faire de la recherche
de développement sans trop se fatiguer » ou « comment prouver scient
ifiquement qu'une innovation pédagogique est meilleure que celle du
concurrent ». L'objectif de l'ouvrage apparaît en effet assez clairement
dans la phrase suivante : « Les bailleurs de fonds publics ou privés ont
l'habitude de faire dépendre l'attribution des contrats de recherche de
critères tels que l'excellence de la planification et la pertinence des procé
dures d'évaluation. » On propose donc ici au busy project director ou
au research staff and project team un guide pour la pratique de la recherche
qui facilitera sans aucun doute la rédaction de leurs demandes de contrats.
Quant à la méthodologie, puisque c'est de cela et uniquement de cela
qu'il s'agit, il n'est évidemment pas question de faire perdre son temps
au busy director en l'encombrant de problèmes qui sont l'affaire des
spécialistes ; aussi lui fournit-on toutes les solutions à des problèmes
qui ne sont pas posés, ce qui permet de s'en tenir aux conceptions
méthodologiques les plus traditionnelles sans chercher à les critiquer
ni, a fortiori, à les dépasser. Le fin du fin reste, bien entendu, l'obtention
de différences significatives. La remarque que « statistiquement »
significatif n'est pas équivalent à « psychologiquement » significatif
reste purement académique puisque aucune méthodologie autre que
celle du test de signification habituel n'est proposée.
Ne doutons pas que cet ouvrage trouvera son public puisque, comme
le pense son auteur, il répond à un besoin non satisfait jusqu'à présent.
Tout livre de recettes a son public ; l'originalité de celui-ci est de se
présenter ouvertement comme la clé du succès dans la recherche. Il
était temps d'offrir à tout self-made man désireux de ne pas se limiter
à la vente des savonnettes, la possibilité d'ouvrir à peu de frais son officine
de « recherche et évaluation » dans le domaine plein d'avenir des appli
cations pédagogiques.
D. Lépine. 652 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Melton (A. W.) and Martin (E.). — Coding processes in human
memory. — Washington, Winston & Sons, John Wiley & Sons,
1972, 448 p.
Quinze articles d'auteurs différents, présentés à l'occasion d'un
colloque sur les processus de codage en mémoire, qui s'est tenu en
août 1971 à Woods Hole (Massachusetts) constituent l'ouvrage. Les
participants les plus connus sont Benton J. Underwood, Edwin Martin,
Gordon H. Bower, Delos D. Wickens, George A. Miller. Le thème
« codage » est si général que les articles traitent de sujets extrêmement
variés allant de l'exposé d'une théorie de l'échantillonnage du stimulus
appliquée à la variabilité du codage (Bower), à la description des capac
ités mnémoniques d'un phénomène capable de jouer simultanément
sept parties d'échecs à l'aveugle (Hunt et Love). Toutefois, sur le plan
épistémologique, l'ouvrage possède une certaine unité, celle de la méta
morphose de l'association en processus de codage. Pour Melton et Martin
le codage devient le paradigme de référence qui renouvelle 1' « associa
tion » comme modèle absolu du comportement. Ainsi, les principales
composantes de l'apprentissage et de la mémoire sont : 1) La discrimi
nation du stimulus ; 2) L'acquisition de la réponse ; et 3) L'association
entre les produits de ces deux processus. En somme, si autrefois, pour
les théoriciens associationnistes le mécanisme de base de l'apprentissage
et de la mémoire était l'association entre un stimulus nominal et une
réponse nominale, les mêmes théoriciens pensent qu'il s'agirait plutôt
d'une association entre le stimulus codé et la réponse codée. Qu'il y
ait codage du stimulus et de la réponse, ce n'est pas là une grande
nouveauté pour ceux qui après la découverte de la théorie de l'informa
tion et son influence sur les théories de la mémoire (Miller, 1956) ne
considèrent cela que comme un abc théorique. Certes, que l'on recon
naisse la nécessité d'étudier en quoi consistent les processus sous-jacents
à l'acquisition d'un stimulus est très important et ceci conduit par
exemple Edwin Martin à élaborer une nouvelle théorie de l'interférence
basée sur la variabilité de l'encodage, mais une telle tentative reste
insuffisante, à notre avis, si elle n'est prolongée que par l'élaboration
d'une connexion simple. Car le paradigme modèle pour l'étude en parti
culier de l'interférence reste la technique des couples alors que telles
qu'elles sont formulées, les théories de l'interférence ne peuvent rendre
compte d'une situation aussi banale que le rappel libre. Underwood
en vient à se demander si un seul constituant très puissant ne serait
pas à la base de l'oubli dans n'importe quelle situation et dans cette
éventualité la solution de ce problème est « la seule responsabilité du
théoricien de l'interférence ».
A l'intérieur de ce cadre, on trouvera des articles sur des sujets
plus spécifiques, tel par exemple celui de Wickens sur les multiples
attributs que la mémoire est capable de coder, catégories taxonomiques,
abstraction, modalité (auditif ou visuel), genre (masculin, féminin), PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE 653
fréquence, etc. On trouvera aussi avec intérêt un article sur la relation
entre les codes du langage et ceux de la mémoire (Liberman, Mattingly,
Turvey), une étude de Miller sur le « lexique » sémantique concernant
les verbes de mouvement, etc.
En résumé, le livre est très riche en information spécifique mais
reste pauvre, à notre avis, en ce qui concerne une conception théorique
d'ensemble de la mémoire humaine.
A. LlEURY.
Germak (L. S.). — Human memory. Research and Theory. —
New York, The Ronald Press Company, 1972, 294 p.
Bien que l'auteur aborde différents aspects de la mémoire, le rôle
de l'organisation, de l'attention, l'influence de la motivation, les aspects
physiologiques de la mémoire, etc., l'ouvrage traite essentiellement
des niveaux de la mémoire, mémoire visuelle à très court terme, mémoire
à court terme et mémoire à long terme. Sur ces problèmes, on trouvera
un panorama assez complet des techniques, des résultats et des théories
qui ont été publiés. L'auteur décrit la plupart des expériences prin-
ceps sur cette question (Peterson et Peterson, Broadbent, Sperling,
Conrad, etc.) en fournissant le plus souvent les figures des articles
originaux ce qui fait de ce livre un manuel très intéressant pour les
étudiants avancés.
A. Lieury.
Greene (J.). — Psycholinguistics. Chomsky and Psychology. —
Harmondsworth, England Penguin Book, 1972, 208 p.
Le but de ce livre, qui n'a rien de particulièrement original, est de
rendre compte de la révolution linguistique constituée par l'apport
de la grammaire generative, et de son influence sur la recherche en
psychologie.
Cependant, il est intéressant de trouver un ouvrage de lecture assez
facile, qui fait le point de l'histoire de cette influence pendant les vingt
dernières années, et mentionne les plus récents développements de
la linguistique, comme la grammaire des cas de Fillmore ou l'approche
de la sémantique generative.
Mais c'est surtout le point de vue de N. Chomsky qui est analysé.
A travers le livre, l'auteur donne son propre avis sur la validité des
thèses successives de Chomsky, et réussit à rapporter de façon cohérente
et compréhensible leur développement.
Sur le plan psychologique, elle a choisi de se centrer sur les études
les plus importantes de la compréhension, de la production et de la
mémoire verbales chez l'adulte, qui apportent des confirmations aux
thèses chomskiennes. Le livre est d'ailleurs construit en deux parties :
l'une consacrée à l'évolution de la théorie generative, l'autre aux recher
ches de psychologie, ce qui permet de mettre en évidence leurs liens.

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