Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.77, pg 585-602

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L'année psychologique - Année 1977 - Volume 77 - Numéro 2 - Pages 585-602
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1977
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1977 vol. 77, n°2. pp. 585-602.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1977 vol. 77, n°2. pp. 585-602.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1977_num_77_2_28217■
Psychologie générale
Gratiot-Alphandéry (H.). — Lecture d'Henri Wallon. — Paris,
Editions Sociales, 1976, 384 p.
Les textes de Henri Wallon présentés ici le sont de façon commode et
rationnelle. Une première partie regroupe des extraits (le plus souvent
l'introduction et la conclusion, parfois aussi des parties de chapitre
illustrant les principaux thèmes walloniens) des six ouvrages les plus
importants : L'enfant turbulent ; Les origines du caractère ; L'Encyclopédie
française ; V évolution psychologique de V enfant ; De Vacte à la pensée ;
Les origines de la pensée chez Venfant. Et le lecteur bénéficie réellement
en 140 pages de lecture d'un raccourci saisissant d'une œuvre qui s'étend
sur vingt années. La seconde partie présente 12 articles généraux, pour
l'essentiel psychologiques ou pédagogiques. La troisième partie, sous le
titre d'actualités, regroupe des articles publiés dans diverses revues,
mais aussi le texte d'une allocution radiodiffusée en 1936 : abandon de
l'Espagne, suicide de la France, et la remarquable déposition qu'il fit,
en 1940, au procès des députés communistes ; textes que l'on rencontre
plus rarement, et qui méritent certes d'être publiés.
Pourtant un des principaux apports de cet ouvrage paraît être l'intr
oduction de 40 pages qu'Hélène Gratiot-Alphandéry consacre à celui qui
fut son maître — elle le dit — et son ami — elle le tait — mais le lecteur
le ressent à bien des lignes. On connaît mieux Wallon ensuite, l'homme
et l'œuvre, indissociables.
F. WlNNYKAMEN.
Robinson (D. M.). — An intellectual history of psychology. — New
York, Macmillan Co., 1976, 434 p.
« Le présent travail qui a commencé comme une tentative pour situer
la psychologie dans l'histoire des idées, conclut sur la reconnaissance
évidente que la psychologie est l'histoire des idées. »
L'auteur commence en effet en affirmant qu'il ne se donne pas une
définition de la avant d'en écrire l'histoire car le problème de
savoir si la psychologie est ou non la science de l'esprit est une question
trop débattue.
Il cherche donc à chaque époque à découvrir les problèmes psychol
ogiques qui sont posés et il constate qu'à chaque époque nous caracté
risons notre esprit par ce que nous savons du monde. Chaque âge privi
légie une idée qui lui apparaît centrale. Les psychologues de l'Antiquité, 586 Analyses bibliographiques
ou pour mieux dire les philosophes, étaient sensibles à la loi, à l'illusion,
au courage, à la déception, au destin et leurs psychologies prennent ces
problèmes en considération. Le Moyen Age croyait en un Dieu sauveur
dont les lois étaient immuables, rationnelles et inévitables. La psychol
ogie médiévale tout naturellement trouve le divin dans l'esprit de
l'homme. Et ainsi sans cesse : nous créons un monde qui nous sert alors
de métaphore pour parler de nous-mêmes.
Aujourd'hui, ne trouvant pas de finalité dans notre monde, nous met
tons en question l'existence des conduites finalisées. Découvrant partout
et seulement du mouvement nous commençons à nous voir ainsi.
L'ouvrage se divise en trois parties. La première, la plus importante,
est consacrée à la psychologie philosophique des présocratiques à la
Renaissance. La seconde « De la philosophie à la psychologie » couvre
le xviie et le xvme siècle avec trois chapitres, l'un sur l'empirisme, l'autre
le rationnalisme et le troisième sur le matérialisme.
La dernière partie est la plus étonnante pour un moderne. Elle est
centrée sur le xixe siècle, car dit-il tous les problèmes actuels de la psy
chologie ont été formulés par les hommes nés au xixe siècle. Ainsi en
va-t-il de même de Piaget mais pas de Skinner qui est né seulement en
1904 ! Passons ! La thèse centrale reste que la psychologie n'est pas une
science au sens de la physique. Non pas parce que nous sommes en retard.
Les laboratoires de Psychologie ont suivi de peu ceux des autres sciences,
mais la psychologie comme science a évacué les problèmes de l'esprit
non pas parce que ce sont de faux problèmes mais parce que la science
n'a pas les méthodes pour les traiter.
Le livre est difficile à lire, original et provocant. Cette histoire intel
lectuelle est en effet celle des idées et l'auteur ne s'appesantit pas sur les
données historiques concrètes. Je trouve pour ma part qu'il n'a pas assez
fréquenté les psychologues du xxe siècle et qu'il n'a pas découvert le
profond mouvement que l'on peut appeler pour faire vite de la psychol
ogie cognitive qui considère que les problèmes de l'esprit humain sont
de vrais problèmes et qu'on peut les traiter avec rigueur et souci de la
preuve.
Mais il reste vrai que c'est peut-être l'ordinateur qui nous a permis de
concevoir notre esprit à son image !
P. Fraisse.
Richelle (M.), Droz (R.) (Eds). — Manuel de psychologie : introduc
tion à la psychologie scientifique. — Bruxelles, Dessart & Mardaga,
1976, 522 p.
La parution d'un manuel de psychologie scientifique en langue fran
çaise ne peut que retenir l'attention. Tous ceux qui ont une quelconque
pratique en ce domaine (étudiants, chercheurs, enseignants...) man
quaient en effet de cet indispensable outil de travail.
Celui que R. Droz et M. Richelle viennent de publier comblera cette Psychologie générale 587
attente : à travers un découpage original du champ de la psychologie
scientifique, les auteurs de ce manuel ont fait le point de la plupart des
connaissances acquises en ce domaine. Ils présentent aussi toutes les
questions encore en suspens, sans occulter les divergences théoriques et
méthodologiques importantes qui traversent la recherche en psychologie.
Après un premier chapitre sur les problèmes et les questions de
méthodes — où chacun, même Politzer ! trouve sa place — - les racines
du comportement, biologiques, culturelles et physiologiques, sont étu
diées et les résultats des très nombreux travaux dans ce domaine rap
portés aussi clairement que possible.
Au niveau des structures du comportement, les auteurs analysent
successivement la prise d'information, les conduites motrices, intellec
tuelles et sémiotiques ; on le voit, le souci de couvrir au maximum le
champ des recherches a dominé. Une lacune cependant : les aspects moti-
vationnels, émotionnels et affectifs qui sont totalement laissés de côté ;
on ne trouve leur trace que par bribes à l'occasion de certains chapitres.
Une large place est enfin laissée aux problèmes de modification du
comportement. C'est ici que se révèle le plus clairement l'option théo
rique qui a présidé à la réalisation de ce manuel : sous le terme de « méca
nismes d'acquisition » — choisi peut-être pour sa valeur « œcumén
ique » — les auteurs ne dépassent pas un exposé classique des « lois »
de l'apprentissage, se limitant ainsi à la stricte perspective behavioriste.
Les références soit aux aspects biologiques, soit à la théorie constructi-
viste, ne sont introduites que dans le cadre d'une analyse des contraintes
sur l'apprentissage. Dans ce chapitre sont abordées également la mémoire
et les conduites perturbées. Ici encore, on peut regretter que la modif
ication thérapeutique du comportement ne soit évoquée qu'en une
seule page.
L'origine de ces lacunes est probablement la volonté des auteurs de
tracer un panorama de la psychologie scientifique, de laboratoire, en
n'abordant que succinctement et de façon allusive le problème de ses
applications in vivo.
Il faut souligner que cet ouvrage est d'un usage très commode, et
que l'iconographie en est particulièrement soignée et attrayante. Ceci ne
peut cependant suffire à justifier son prix élevé.
Parot-Locatelli.
Rosenthal (R.). — Experimenters effects in behavioral research
(enlarged edition). — New York, Wiley, 1976, (cop. 1966) 500 p.
Il s'agit d'une réédition de l'ouvrage du même titre paru en 1966.
Seul le dernier chapitre intitulé : « Interpersonal Expectancy Effects :
A follow-up study » (p. 437-471) est original. Nous ne présenterons donc
que ce dernier chapitre, le reste de l'ouvrage ayant été largement com
menté par ailleurs. Rosenthal note qu'entre 1966 et 1976, 311 études
indépendantes, publiées ou non publiées, portent sur les effets des Analyses bibliographiques 588
attentes. Les recherches sont regroupées dans huit secteurs (Temps de
réaction, Tests de taches d'encre, Apprentissage animal, Interviews en
laboratoire, Psychophysiologie, et Aptitude, Perception
de la personne, Situations quotidiennes). L'analyse de l'auteur vise à
démontrer que l'effet apparaît fréquemment et que la taille de l'effet
est importante. Nous avons alors droit à une série de manipulations sta
tistiques qui ne sont pas toutes pertinentes et qui, quand elles le sont,
sont redondantes. Il aurait été beaucoup plus intéressant pour le lecteur
d'avoir simplement des tableaux présentant l'ensemble des études répart
ies en fonction des hypothèses et des variables utilisées puisqu'on sait
que la diversité des études est très grande. Il semble qu'une fois de plus
Rosenthal a pensé que la meilleure façon de convaincre son lecteur était
de le noyer sous un flot de statistiques.
M. Carlier, H. Gottesdiener.
Wapner (S.), Cohen (S. B.), Kaplan (B.) (Eds). — Experiencing the
environment. — New York, Londres, Plenum Press, 1976, 244 p.
L'ouvrage présente les communications faites au cours d'une confé
rence qui s'est tenue en janvier 1975. Les organisateurs ont invité des
représentants de différents courants théoriques qui s'expriment en Psy
chologie de l'Environnement à propos des expériences que l'homme peut
avoir de son environnement.
On trouve ainsi des études qui s'appuient sur des travaux dans les
domaines : 1) de la Perception et de la Psychologie de l'Esthétique
(notions à? arousal, de « plaisir », d' « approche-évitement »...) pour les
chapitres II de Rüssel et Mehrabian, et III de Wohlwill et Kohn ;
2) de la Personnalité (relations entre les trois systèmes : social, person
nalité et environnement ; échelle T. P. d'orientation vers les objets et
les personnes) pour les chapitres IV de Craik et V de Little ; 3) de la
Psychologie écologique (notion de Behavior Setting de Barker qui permet
l'étude de l'interaction du comportement humain et de son environne
ment immédiat social et physique ; excès ou insuffisance de populations
dans des Behavior Settings) pour le chapitre VIII de Wicker et Kirmeyer.
Certains chapitres sont plus centrés sur des réflexions méthodolog
iques, ainsi les IX et X qui par ailleurs présentent tous les
deux des exemples de recherches dans le champ des adaptations de
l'homme à de nouveaux environnements. Dans le chapitre IX, Ittelson,
Franck et O'Hanlon critiquent les attitudes cloisonnantes qui se sont
développées en Psychologie de l'Environnement et posent que l'homme
ne peut être séparé de son environnement, ce qui a certaines implications
méthodologiques qu'ils développent et illustrent dans quelques études.
Dans le chapitre X Kaplan, Wapner et Cohen présentent d'une façon
critique trois types de techniques qu'ils ont utilisés dans une approche
or ganismic- developmental des rapports de l'homme à son environnement.
Enfin dans deux chapitres on trouve des développements qui illus- Psychologie générale 589
trent bien la diversité des contenus et des approches en Psychologie de
l'Environnement. Dans le chapitre VII, Kates s'intéresse à la façon dont
les gens tiennent tête à des situations dangereuses (dangers naturels,
provoqués, sociaux) et dans le chapitre VI Lowenthal et Prince proposent
une approche des attitudes et comportements vis-à-vis de l'environne
ment à travers les arts et la littérature.
L'intérêt théorique ou méthodologique de chacun des chapitres est
indéniable mais ce volume permet, une fois de plus, de constater l'hété
rogénéité du domaine que l'on nomme Psychologie de l'Environnement.
S'il est toujours fructueux de confronter diverses approches théoriques
et méthodologiques dans un champ d'étude donné, encore faut-il
s'assurer qu'elles s'appliquent bien au même objet.
H. Gottesdiener.
Blackman (D.). — Opérant conditioning. — Londres, Methuen, 1974,
247 p.
Cette introduction au conditionnement opérant est l'œuvre d'un
enseignant. Le plan est très didactique et permet à l'auteur d'exposer en
16 chapitres courts le vaste champ de recherches couvert par la méthod
ologie du conditionnement opérant. Tout d'abord l'auteur replace
l'approche behavioriste dans son contexte historique et philosophique
et rapporte les expériences simples mais fondamentales qui étudient
les effets du renforcement sur le comportement. Puis il initie les lecteurs
aux programmes de renforcement intermittent et montre comment le
conditionnement opérant a permis de renouveler l'approche des concepts
de renforcement conditionné et de stimulus discriminatif. Il présente
ensuite une revue d'expériences sur la punition, les stimulus aversifs,
l'anxiété conditionnée et les effets des drogues. L'analyse expérimentale
du comportement humain est sous-jacente à chaque problème abordé.
Dans les derniers chapitres l'auteur montre comment les résultats
obtenus par la méthodologie du conditionnement opérant peuvent être
appliqués à l'éducation et à la psychologie clinique, tout en soulignant les
problèmes éthiques que cela pose.
C'est un excellent manuel pour les étudiants et un excellent ouvrage
d'introduction pour les psychologues non spécialistes. L'exposé de la
méthodologie, des résultats obtenus et des problèmes soulevés est très
clair. A chacun d'approfondir telle ou telle question et de réfléchir si
cette approche peut être une voie d'unification de la psychologie.
V. Pouthas.
Readings from Scientific American. — Progress in perception. — San
Francisco, W. H. Freeman, 1976, 263 p.
Dans ce nouveau reading du Scientific American, consacré à la per
ception, s'affirme une tendance déjà apparue dans les numéros précé
dents et qui consiste à accorder une part déterminante (136 pages sur Analyses bibliographiques 590
254) aux problèmes de neurophysiologie sensorielle, c'est-à-dire à la
description et à la physiologie des structures impliquées dans la percept
ion. Dans ce cadre, l'essentiel des articles est centré sur le problème de
l'inhibition latérale et de son rôle dans l'étude du contraste ou de la
perception du mouvement. La plupart de ces articles de très bonne qual
ité sont illustrés de façon remarquable par des photos ou des schémas
dont la nature pédagogique est incontestable. De ce fait la seconde
partie de l'ouvrage intitulée « Central determinants of perception » paraît
incontestablement plus hétérogène et par les thèmes qui y sont traités
et par la qualité des articles. En effet, si dans l'introduction on prétend
aborder dans cette partie ce que l'on peut nommer l'ensemble des
influences cognitives dans la perception, il faut avouer que la réalisation
n'est pas à la hauteur de l'ambition des projets. Mais peut-il en être
autrement en 110 pages ? En fait l'ensemble des dix articles qui sont
présentés peuvent être regroupés sous deux thèmes qui sont l'étude des
facteurs d'ambiguïtés dans les figures telles que celles de Boring et le
rôle des attitudes (ce que les Américains appellent les attentes percept
ives) dans différentes tâches telles que la reconnaissance du visage
humain.
Si la majorité des articles qui sont regroupés dans cet ouvrage sont
relativement récents (1972 à 1975), certains tels que celui de Fender (1964),
intitulé « Control of mechanisms of the eye », mériteraient d'être remis à
jour.
J.-P. Rossi.
Stelmach (G. E.). — Motor control ; issues and trends. — New York,
Academic Press, 1976, 228 p.
Depuis près de soixante ans (Lashley, 1917) la réalisation d'un mou
vement moteur pose à la Psychologie un incontournable problème :
celle-ci relève-t-elle plutôt d'un processus central (schéma, programme
moteur ou copie efférente) ou plutôt d'un ensemble de processus pér
iphériques dépendant des différents effets en retour conséquents à son
exécution (feed-back, trace perceptive) ? Le terme utilisé de « plutôt »
fait référence aux interprétations dominantes des auteurs, aucun d'entre
eux ne piopose en effet d'interprétation unilatérale.
Ce qui est nouveau dans l'étude de ce problème est lié aux récentes
opérationnalisations cognitives qui se traduisent, entre autres, par l'ut
ilisation de la notion de « contrôle ». Celle-ci permet de tenir les deux
bouts de la chaîne théorique du mouvement moteur à savoir, d'une part
les processus d'acquisition (le contrôle d'un mouvement est aussi un
apprentissage) et d'autre part les formes de représentation cognitive
guidant la réalisation des performances motrices.
Ces nouvelles opérationnalisations sont traduites par cette remarque
de Stelmach dans la préface de l'ouvrage : « Le monopole de l'associatio-
nisme a été affaibli, et l'accent s'est déplacé vers les processus intervenant Psychologie générale 591
entre le stimulus et la réponse. Sur ce nouveau terrain les chercheurs ont
commencé à réaliser des expériences qui, utilisant des techniques nouv
elles d'étude du comportement, abordaient des questions telles que le
rôle du feed-back comme agent régulateur, de la représentation interne
de l'information sensorielle et du développement de la trace perceptive. »
Après le premier chapitre de J. A. Kelso et G. E. Stelmach précisant
les définitions et fonctions de ces nouvelles références (feed-back et
forward, boucle ouverte et fermée, régulation et contrôle) une première
partie de l'ouvrage est consacrée à l'exposé des différentes théories.
J. A. Adams, principal théoricien de la boucle fermée reprécise sa théorie
articulée sur une régulation par feed-back de l'apprentissage moteur.
S. W. Keele dans « la structure du programme moteur », défend une posi
tion centraliste de l'acquisition du mouvement et présente des résultats
récents lui permettant d'asseoir son argumentation. R. A. Schmidt pose
le problème du stockage soit des programmes moteurs (pour les cen
tralistes), soit des traces/références (pour les périphéralistes). Il estime
que ces problèmes de stockage à court ou à long terme concernent aussi
bien les théories centralistes que périphéralistes. Il propose le « schéma »
comme solution à ces problèmes, c'est-à-dire une forme de stockage à
long terme constituée par les caractéristiques générales d'un programme
moteur, pouvant servir de base à des gammes extrêmement variées de
mouvement.
On trouve dans une seconde partie de l'ouvrage des interventions
beaucoup plus spécifiques. R. M. Klein aborde les rapports entre le
mouvement et l'attention. Celle-ci est considérée comme intervenant à
un niveau central d'intégration du contrôle volontaire du mouvement.
Il présente un certain nombre de recherches sur la « demande d'atten
tion » dans des tâches de poursuite.
R. G. Marteniuk aborde dans une perspective cognitiviste les diffé
rents aspects du traitement de l'information motrice. Il distingue un
codage à court terme extrêmement bref, et un codage à long terme sous
forme de schéma, alors considéré comme un processus intellectuel de
haut niveau.
Dans cette même perspective R. C. Hayes et R. G. Marteniuk dis
cutent les différents niveaux de complexité des tâches motrices, celles-ci
dépendant de la quantité totale d'information dont le sujet dispose pour
réduire (contrôler) l'incertitude de sa performance. L'indice de difficulté
de Fitts et les études empiriques qui lui sont liées servent de support à
cet exposé.
J. F. Camus.
Crowder (R. G.). — Principles of learning and memory. — New
York, J. Wiley & Sons, 1976, 523 p.
Rédigé à l'intention des étudiants avancés, cet ouvrage reprend les
éléments d'un cours dispensé par Crowder à l'Université Yale. Les don- 592 Analyses bibliographiques
nées théoriques et expérimentales relatives aux phénomènes d'apprent
issage et de mémoire observés chez l'homme sont présentées selon une
organisation classique en quatre parties : dans la première partie,
Crowder traite des problèmes liés au codage mnémonique et notamment
des relations qu'entretient la mémoire avec la vision, l'audition et la
parole. La mémoire à court terme, au sens de mémoire primaire, est
l'objet de la seconde partie. L'apprentissage est abordé dans trois cha
pitres : interférence et transfert, effets de la répétition, processus d'orga
nisation dans le rappel libre qui constituent la troisième partie. Crowder
poursuit avec l'étude des processus de récupération.
Des tableaux et des graphiques facilitent la lecture de cet ouvrage
particulièrement dense. Deux index, auteurs et thèmes, suivent une
longue bibliographie comportant plus de 500 références, pour la plupart
très récentes.
M. F. Ehrlich.
Gardner (J. M.). — Readings in human memory. — London,
Methuen & Co. Ltd, 1976, 258 p.
Réalisé à l'intention des étudiants, ce livre devrait accompagner un
ouvrage de Herriot (P.), Attributes of memory (London, Methuen, 1974)
et servir en fait de complément bibliographique. Il est en effet constitué
d'une sélection d'articles originaux (reproduits avec l'autorisation des
auteurs). Ces articles sont regroupés en trois « chapitres » (chaque cha
pitre étant précédé de quelques mots d'introduction). Sous le titre de
« Modèles de mémoire à deux types de stockage » on trouve les articles
princeps de Waugh et Norman (1965), Atkinson et Shifîrin (1968),
Craik (1970), etc.
Les « dimensions du codage » rassemblent les noms de Posner, Wickens,
Tulving et Osier, Slamecka. Enfin « Organisation et mémoire sémant
ique » forme le troisième chapitre où bien sûr Tulving et Pearlstone,
Collins et Quillian (entre autres) sont à l'honneur. Le but étant d'éviter
aux étudiants la peine d'une recherche bibliographique, nul doute que
ce livre atteint ses objectifs.
C. Gérard.
Dubois (D.). — Rappel et reconnaissance de phrases : aspects syn
taxiques et sémantiques, Monographies françaises de Psychologie. —
N° 29, C.N.R.S., Paris, 1975, 127 p.
Dans la première partie du livre, « Psycholinguistique et Psychologie
du Langage », sont exposés un historique de l'étude de la phrase et un
inventaire des problèmes méthodologiques que cette étude pose. L'his
toire de cette étude comprend trois périodes : 1) Les études antérieures
à 1965 sont essentiellement inspirées de la théorie de l'information, pro
cessus markoviens, approximation à la langue ; des théories du codage et
de l'organisation en unités de traitement (Miller, 1956) ; et enfin, des Psychologie générale 593
théories médiationnelles (Osgood) sur le plan sémantique ; 2) La seconde
période, 1965-1970, est marquée par la psycholinguistique. L'étude de
la phrase passe de l'étude d'une séquence de mots à l'étude de la structure
syntaxique de la phrase (Chomsky) ; 3) Enfin dans la troisième période,
c'est-à-dire depuis 1970, la recherche est plus centrée sur les facteurs
psychologiques qui déterminent le comportement du locuteur que sur un
modèle linguistique. Les facteurs temporels, de fréquence et sémantiques,
sont réintroduits à côté des facteurs syntaxiques. Dans cette nouvelle
perspective, des modèles de « sémantique generative » sont présentés,
soit centrés sur le substantif (Collins et Quillian, 1969), soit centrés sur
les relations entre mots (Rumelhart, Lindsay, Norman, 1971), soit sur le
verbe (Fillmore, 1968, Miller, 1971...).
Dans la seconde partie l'auteur présente plusieurs expériences. Dans
l'expérience I, le rappel des mots dans la phrase est étudié en fonction de
la classe grammaticale et en fonction de la place de l'adjectif par rapport
au nom (avant ou après) à l'intérieur des syntagmes nominal et verbal.
Les résultats montrent que le syntagme nominal « sujet » est mieux rap
pelé que celui de l'objet, et que les substantifs sont moins oubliés que les
adjectifs. Les effets d'ordre ne se constatent qu'au niveau des rappels
incorrects (mots sémantiquement proches des items originaux). Dans
les expériences II et III, les résultats indiquent que la fréquence d'usage
des mots est un facteur important dans le rappel et la reconnaissance
des phrases. Dans un autre groupe d'expériences, l'étude des facteurs
sémantiques est abordée. Par exemple, dans une épreuve de reconnais
sance des variantes sémantiques de l'énoncé original sont présentées : à
l'énoncé de base « de nombreux spectateurs admirent le nouveau champ
ion » correspond des variantes construites en introduisant une, deux ou
trois modifications (ex. trois modifications : de nombreuses personnes
regardent le nouveau vainqueur). Dans cette série d'expériences, les
facteurs sémantiques jouent un rôle mais à nouveau le facteur de fr
équence est important. L'auteur conclut qu'un modèle explicatif du rappel
et de la reconnaissance des phrases ne peut être basé sur un seul type
de facteur, fréquence ou organisation sémantique mais doit tenir compte
des deux.
A. Lieury.
Ricateau (M.). — Mémoire sémantique et mémoire à long terme. —
Paris, Ed. du C.N.R.S., 1976, 119 p.
La première partie de l'ouvrage fournit un rappel des études expéri
mentales qui ont en leur temps insisté sur l'activité organisatrice dans
l'apprentissage verbal. L'auteur reprend la distinction (Tulving (1968))
entre organisation primaire où « les sujets regroupent les éléments sans
tenir compte de ce qu'ils connaissent préalablement à propos du matériel
présenté » et organisation secondaire où les sujets tiennent compte des
propriétés linguistiques du matériel (syntaxiques et sémantiques). Les
ap — 20

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