Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.78, pg 529-559

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1978 - Volume 78 - Numéro 2 - Pages 529-559
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1978
Lecture(s) : 25
Nombre de pages : 32
Voir plus Voir moins

Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 529-559.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1978 vol. 78, n°2. pp. 529-559.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1978_num_78_2_28263GÉNÉRALE PSYCHOLOGIE
Sexton (S. S.), Misiak (H.) (Eds.). — Psychology around the World.
— Monterey, Calif., Brooks, 1976, 470 p.
Trente et un pays sont présentés (un par chapitre), les Etats-Unis
étant exclus, au public de langue anglaise. Les Etats africains rassemblés
sous un seul chapitre, la Chine populaire absente alors que la Chine de
Taipei est représentée par 17 pages sont les défauts nécessairement liés
à la préparation d'un ouvrage si large. Les chapitres apportent peu d'i
nformation sur le statut et la profession de psychologue (excepté pour
le Japon et Israël), sur l'enseignement (à l'exception du Canada et de
la Grèce). En fait, la quasi- totalité de l'ouvrage est consacrée aux ten
dances de la recherche dans différents pays. On peut relever quelques
manques systématiques affectant la psychobiologie et l'éthologie à
l'exception de la France et de la Pologne pour lesquelles ces activités
sont exposées.
Le chapitre consacré à la France (Huteau et Roubertoux) est parmi
les plus longs (24 pages). Il a évité l'écueil d'une sélection des thèmes
en fonction des intérêts et des sympathies personnelles des auteurs
(ce qui est loin d'être toujours réalisé dans ce type d'article), puisqu'il
a été élaboré à partir d'un dépouillement systématique des revues de
langue française depuis 1950. C'est dire qu'il offre une présentation
exhaustive des tendances de recherche dans notre pays pour tous les
domaines d'activité. Un soin particulier a été apporté à la
des laboratoires de province. Paru antérieurement à la revue consacrée
à la psychologie française dans Y Annual Review of Psychology, il présente
pour notre discipline et pour notre pays un panorama à la fois plus
complet et plus équitable de la psychologie scientifique.
M. Carlier.
Reuchlin (M.). — Psychologie. — Paris, Presses Universitaires
de France, 1977, 445 p.
Voilà enfin le manuel que tout enseignant de psychologie attendait.
Désormais l'enseignement de psychologie, au premier cycle, ne pourra
plus être ce qu'il a été puisque nous disposons maintenant d'un texte
français qui présente l'essentiel des connaissances de base nécessaires à
tout psychologue. En plus de la qualité scientifique des textes on 530 Analyses bibliographiques
remarquera l'effort pédagogique réalisé par l'auteur qui présente de
façon simple (mais non simpliste) des domaines aussi différents que la
perception et le sommeil, aussi complexes que la théorie de la détection
du signal et les échelles psychophysiques. A la fin de chaque chapitre
on trouve une courte bibliographie qui permet au lecteur qui le souhaite
d'approfondir les notions qui l'intéressent.
Nous ferons pourtant trois remarques :
1° L'auteur a pris le parti de présenter une bibliographie comportant
essentiellement des textes français. C'est un parti pris intéressant, mais
on peut se demander s'il n'est pas regrettable que l'on analyse les versions
françaises des auteurs américains.
2° On regrettera que des thèmes tels que le langage ou la personnalité
n'aient pas droit à un chapitre qui leur soit entièrement consacré.
3° Cette troisième remarque est plutôt une suggestion, car je pense
qu'il eût été intéressant de présenter brièvement à la fin de chaque
chapitre les principales orientations de la recherche actuelle. Ainsi en ce
qui concerne la perception l'auteur aurait pu présenter la façon dont les
problèmes sont posés dans le cadre de l'information processing. A propos
de la mémoire, on aurait pu évoquer les orientations de la recherche
dans le domaine de la mémoire sémantique.
On demande toujours à un auteur de manuel de réaliser la quadrature
du cercle en oubliant qu'il doit forcément réaliser des choix afin de pré
senter l'essentiel, c'est pourquoi les trois remarques que je viens de
présenter ne constituent pas des critiques, mais des suggestions ou des
éléments de discussion qui n'enlèvent rien à l'intérêt et à la grande
qualité de cet ouvrage.
J.-P. Rossi.
Robinson (P. H.). — Fundamentals of experimental Psychology. —
Englewood Cliffs, nj, Prentice- Hall, Inc., 1976, 384 p.
Ce manuel destiné aux étudiants des cours d'introduction est une
présentation très pragmatique de la psychologie expérimentale. L'auteur
ne limite pas son approche à la recherche de laboratoire, mais la compare
aux expériences sur le terrain, aux observations post ex facto et aux
études de cas cliniques. Dans la présentation des plans expérimentaux,
il insiste plus sur les procédures elles-mêmes que sur les aspects statis
tiques. Enfin, il termine son ouvrage par un chapitre concernant la
rédaction des rapports et des articles.
C. Bonnet.
B. F. Skinner. — Particulars of my life. — New York, A. Knopf,
1976, 319 p.
Skinner décrit ici ses origines familiales, son enfance dans une petite
ville de Pennsylvanie et ses études qui le menèrent à entreprendre une générale 531 Psychologie
carrière de romancier. A vingt-quatre ans, Skinner renonce à cette qui s'annonce difficile et, découvrant Watson (par l'intermédiaire
des Ouvrages de B. Russell), décide de commencer des études au dépar
tement de psychologie de Harvard.
Véritable document sur la vie quotidienne aux Etats-Unis au début
du siècle, ce livre permettra peut-être, selon les vœux de Skinner, de
comprendre le comportement d'un comportementaliste.
F. Parot.
J. Piaget. — Le comportement, moteur de l'évolution. — Paris,
Gallimard (« Idées »), 1976, 190 p.
C'est une fois de plus contre les théories néo-darwiniennes que
Piaget intervient dans un débat qui partage depuis longtemps la bio
logie : le (simple) hasard (les variations aléatoires) est-il responsable de
l'évolution des espèces ? Mais le rationalisme philosophique de Piaget
semble guider ses choix dans ce débat : de même qu'il considère que
le comportement est une action sur le milieu et non une réponse à l'action
du milieu, il considère que la fonction (assimilable au comportement)
crée l'organe comme le soutenait Lamarck. Le milieu se voit une fois
encore réduit au rôle de faire-valoir, de cadre ou de décor inerte ; l'évo
lution relève du déroulement d'une logique strictement interne dans
laquelle le hasard n'intervient qu'accessoirement, et c'est l'organisme
et ses caractéristiques biologiques qui sont le véritable moteur de cette
évolution.
Dans ce livre court, Piaget reprend des thèmes qu'il a développés
ces dernières années, sans se préoccuper ici du rôle du « comportement »
dans l'évolution ontogénétique. Mais ceux qui liront cet ouvrage doivent
semble-t-il garder à l'esprit le parallèle que Piaget défend ailleurs entre
ontogenèse et phylogenèse.
F. Parot.
Bateson (P. P. G.), Klopfer (P.). — Perspectives in Ethology,
vol. 2. — New York, 1976, 340 p.
Il est important que les éthologistes modernes réfléchissent de manière
approfondie sur les méthodes qu'ils emploient, sur les buts qu'ils se
proposent et sur les concepts utilisent dans leurs recherches.
Le 2e volume de Perspectives in Ethology est très justement un apport à
cette réflexion.
C'est au plan méthodologique que se situent particulièrement
Golani, Byers et Archer. Et tous trois s'écartent de la description des
activités en termes discontinus pour chercher des globalités dynamiques
dans les comportements. Byers montre comment les rythmes sont une
intégration temporelle d'événements dans des réseaux (réseaux de neu- 532 Analyses bibliographiques
rones, réseaux de partenaires intercommuniquant), et comment on peut
atteindre par leur étude aux fonctions complexes de ces réseaux. Archer
se livre à une approche de la dynamique des comportements d'agression
et des comportements de frayeur dans le cadre des relations sociales des
animaux ; il discute des positions de Moyer, mais surtout, il établit un
modèle dans lequel il recherche les continuités entre agressions et
frayeur (le dénominateur commun des situations qui provoquent ces
réactions est une différence entre la situation momentanée dans laquelle
se trouve l'animal et la « représentation » de cette situation « attendue »
par l'animal en fonction de son passé expérientiel). Mais le système
dynamique agression/frayeur ainsi conçu est lui-même en continuité
avec les systèmes d'orientation, et tous utilisent en commun les processus
d'attention.
C'est Golani qui, peut-être, montre le plus éloquemment les résultats
que peut atteindre l'éthologiste lorsque, au lieu de décrire des actes
moteurs fixes, enchaînés en zigzag dans une parade de Mammifères, il
s'intéresse à l'enchaînement en tant que tel par des méthodes analogues
à celles qui régissent l'harmonie musicale. La notation de Eshkol-
Wachman paraît fort appropriée à ce but, puisqu'elle permet de combiner
les mouvements élémentaires de segments de squelette en les référant soit
au corps propre de l'animal, soit à l'environnement, soit au partenaire.
Une telle notation permet de découvrir des « voies de convergence » :
liens moteurs entre segments, points de contacts corporels entre animaux
qui paradent (contacts physiques ou visuels) par exemple.
Ces points de contacts, décrits dans les parades du Coyote et du Diable
de Tasmanie, jouent le même rôle que des « joints » en mécanique et
l'analyse dynamique des mouvements fait apparaître les contorsions
multiples des corps des animaux qui paradent articulés par ces joints.
On aboutit ainsi à une description continue des stratégies (diagrammes
de champs kinétiques) qui devrait conduire à une zoosémiotique des
parades des Mammifères.
Lorsqu'on poursuit les efforts méthodologiques, on peut aboutir à
des modèles comme celui décrit par Schleidt pour la caractérisation de
l'individualité : concept nouveau de multiparticity (ensemble de carac
téristiques séparables) et reprise du concept de Zadeh de fuggy set
(classe d'objets ayant entre eux des relations graduées).
Le modèle décrit par Pulliam permet de représenter le principe de
comportement optimal : l'intérêt de ce modèle est que l'auteur n'y tient
pas seulement compte des relations nutritives dans une communauté
éco-éthologique, mais aussi de la structure sociale et de ses conséquences
sur l'utilisation de l'habitat.
Les articles de Bekoff et de Fagen s'appuient sur une vaste bibli
ographie et constituent deux mises au point fort importantes sur le
comportement de jeu. Le premier auteur, dans un texte très documenté,
en expose les divers aspects, mais se livre plus particulièrement à une Psychologie générale 533
analyse des caractères du jeu social et de la communication d'intention
de jeu. Le second auteur est moins disert sur ces aspects, mais il se livre
à une revue extensive des rapports entre le jeu et l'entraînement phy
sique et physiologique musculaire, respiratoire, circulatoire, endocrine,
et il montre l'importance de la place qu'occupe le jeu dans l'ontogenèse.
C'est aussi d'ontogenèse que traite l'article de Hanby qui décrit le
développement du comportement sociosexuel des Primates en montrant
comment s'organisent progressivement les deux systèmes différents
mais recouvrants de la copulation et du contact social. L'enfance est
l'âge de mise en place des schemes ; l'âge juvénile voit s'établir une
identification comportement/partenaire ; l'adolescence voit se complexi-
fler les éléments de situation réglant les comportements, ce qui aboutit
chez l'adulte non pas à un accroissement de la stabilité et de la stéréo-
typie des schemes, mais à une possibilité nouvelle d'accorder son propre
comportement à celui de différents partenaires. Tout ceci conduit à
relever les fausses interprétations anthropomorphiques et leurs feed-backs
erronés sur les recommandations quant à l'éducation des enfants
humains.
Faut-il abandonner après cela les recherches sur les Primates ?
C'est l'avis de Thompson, au moins dans le cas (et ce n'est pas celui de
Hamby fort heureusement) où le seul argument avancé pour le maintenir
est la proximité taxinomique des Singes et de l'Homme. De multiples
arguments socio-éthologiques prouvent que cette proximité est toute
relative et que le freux serait à certains égards plus proche. Il faut citer
la dernière phrase de ce pamphlet qui tente de réhabiliter la puissance de
l'idée contre les nuisances de la routine : « Eveillez-vous Collègues
ethologistes à l'étude des ordres inférieurs ! Cessez de révérer le Singe
incontinent et capricieux ! Allez d'un cœur léger étudier le Freux, la
Grenouille, la Paramécie et le Triton ! La Terre appartiendra aux
humbles ! »
G. Richard.
Heymer (A.). — Vocabulaire éthologique (allemand-anglais-franç
ais). — Paul Parey, Berlin, Hambourg; Paris, Presses Univers
itaires de France, 1977, 238 p.
Ce Vocabulaire éthologique que nous propose A. Heymer est bien
plus qu'un simple dictionnaire allemand-anglais-français. Au-delà de la
simple traduction des termes et des concepts éthologiques, c'est un essai
visant à les expliciter par de courtes définitions. Cet essai se veut avant
tout « une base de discussion ». L'auteur a choisi de présenter par ordre
alphabétique les termes en langue allemande — • langue maternelle de
l'auteur — suivis d'un petit texte explicatif et parfois d'illustrations ou
de photographies. Ces définitions sont traduites en anglais et français.
Certains termes allemands, particulièrement ceux empruntés aux étho-
grammes des espèces animales, n'ont pas leur équivalent dans la langue 534 Analyses bibliographiques
anglaise ou française. La définition de tels germanismes peut être d'un
grand secours pour la lecture des travaux des auteurs allemands par les
lecteurs français beaucoup plus familiarisés à l'anglais. Un index en
anglais et en français à la fin de l'ouvrage permet de retrouver rapidement
la définition d'un terme ainsi que leur traduction dans les deux autres
langues. Les noms des auteurs ayant les premiers employé ou défini ces
termes et concepts figurent le plus souvent en référence, renvoyant ainsi
le lecteur à une bibliographie de 13 pages à la fin de l'ouvrage.
On peut regretter cependant que l'auteur ne s'attache à présenter
que le système conceptuel de l'école objectiviste, comme en témoigne
l'importance des travaux de cette école cités dans la bibliographie.
Ainsi ne s'étonnera-t-on pas de trouver en abondance des termes de
morphologie comparée empruntés aux éthogrammes des Oiseaux Ana-
tidae et des Poissons Cichlidae, les définitions des concepts de mécanisme
inné de déclenchement, mécanisme de déclenchement acquis, de coordi
nations héréditaires, d'activités endogènes et à vide, d'activation des
pulsions, motivations ou instincts, de déclencheurs, de stimuli clés...
Un effort est cependant fait pour essayer d'intégrer les critiques faites
au système conceptuel de l'école objectiviste. Ainsi n'est- il plus question
d'un concept moniste de l'agression. A. Heymer parlant d' « hypothèse »
de la pulsion agressive en faisant référence au modèle bioénergétique de
la de Lorenz. Citant Moyer, l'auteur propose de la
définir en rapport avec la situation dans laquelle se trouve engagé
l'individu et d'employer l'expression de « comportement agonistique
quand la forme spécifique de l'agression n'est pas connue ». Peut-on
suggérer de substituer au terme de « copulation de colère » ceux de
« monte figurative » (Goulon) ou « monte ritualisée » pour qualifier les
manifestations de dominance qui peuvent être également exprimées en
dehors du comportement agressif. Les termes de « coloration d'infériorité,
de supériorité, de combat des Poissons Cichlidae », par exemple, sont
à critiquer parce que ne faisant pas référence à l'état réactionnel des
individus et à la situation (animal sur le territoire d'un autre congénère
ou non, par exemple).
Notons que les termes de « métasignaux, métacommunications »
(Bateson, 1955) ne sont pas cités, ce qui est une lacune pour un vocabul
aire mettant l'accent sur la ritualisation et la communication. Le terme
d'adaptation choisi pour qualifier « la modification du seuil déclencheur
d'une réaction lorsqu'un comportement donné n'a pas été déclenché
pendant une longue période » prête à confusion, ce concept étant souvent
utilisé dans le sens d'adaptation au milieu. On doit sans aucun doute
à l'école objectiviste d'avoir mis l'accent sur la fonction adaptative du
comportement ; bien que cet usage soit également souligné dans la
définition donnée, mieux vaudrait en garder l'usage exclusif ce
dernier sens.
Bien souvent, les concepts d'analogie et d'homologie sont confondus, générale 535 Psychologie
un même acte pouvant revêtir une signification fort différente selon
le contexte où il se trouve exprimé. Beaucoup d'exemples empruntés
au comportement humain sont ainsi rapportés à une origine culturelle
ou génétique, selon qu'ils observés ou non dans des tribus ou des
races différentes, voire dans des groupes de Primates infrahumains. Il est
à noter que si l'auteur propose le terme d'éthologie culturelle « pour
étudier les relations de la culture avec les conduites innées, et l'existence
de phénomènes comparables chez les animaux », il ne distingue pas, à
travers les définitions proposées, les faits biologiques de ceux proprement
culturels. Quand bien même A. Heymer prend-il la précaution de
souligner que « la plupart de nos gestes se sont formés par voie de tra
dition », il réaffirme, tout au long de l'ouvrage, que « le comportement de
l'Homme s'exprime et se développe également selon des lois génétiques
programmées », réduisant la complexité des conduites humaines à une
simple programmation interne. Sans doute, peut-on adresser le même
type de critique à Eibl-Eibesfeldt, cité par l'auteur, pour qui le compor
tement de dissimulation de nourriture chez l'écureuil, en un lieu précis,
ne consiste qu'en « une chaîne rigide d'éléments comportementaux innés
qui subissent une maturation indépendante de l'expérience ». La matur
ation, « au sens éthologique, n'est que l'apparition, au moment adéquat,
de comportements innés dont l'apprentissage n'est pas nécessaire »
(A. Heymer). Cette définition est fort éloignée de celle de Schneirla,
pour qui la maturation désigne « les conditions à la croissance et à la
différenciation des tissus, associées aux effets de la trace organique et
fonctionnelle laissée par les premiers stades du développement ». L'ap
prentissage n'y est donc pas perçu comme une forme d'interaction
entre l'organisme possédant son programme interne de développement
et l'environnement, assurant ainsi son adaptation au milieu. On peut
également regretter que le concept d'expérience ne soit pas mieux
explicité. Ce qui importe pour A. Heymer à travers ce vocabulaire étho
logique, ce n'est pas tant l'étude de phénotype individuel réalisé au cours
de l'ontogenèse par l'interaction entre l'organisme et son milieu que la
recherche et la description des traits unitaires de comportement, des
schemes moteurs spécifiques des animaux et de l'Homme. Ceci justifie
sans doute la proposition de substituer au terme d'ontogenèse celui
d'éthogenèse (proposé par P. Jaisson), l'ontogenèse n'étant nullement
perçue comme une méthode d'approche du comportement et de l'adap
tation individuelle de l'organisme à son milieu.
Faut-il souligner la difficulté et l'effort considérable que représente
l'entreprise de constituer un vocabulaire éthologique et d'en proposer un
essai de définition et de conceptualisation. Ceci peut être d'un grand
secours pour le chercheur, qu'il soit psychologue de l'animal ou étho-
logiste, la lecture de travaux en langue allemande, ainsi que pour
l'étudiant s'initiant au comportement animal. Néanmoins, cet ouvrage a,
à mon sens, le défaut de présenter un système conceptuel figé, déjà 536 Analyses bibliographiques
beaucoup critiqué, celui de Péthologie objectiviste. Regrettons qu'un
effort vers un essai d'uniformisation des concepts permettant le rappro
chement au niveau du langage entre psychologues et éthologues n'ait
pas été entrepris. Bien que l'accent soit mis sur l'étude du comportement
humain, il n'est pas fait référence, à l'exception de Bowlby, aux travaux
des auteurs anglo-saxons préoccupés de l'étude de la communication
non verbale chez l'enfant (Anderson, Blurton- Jones, Hinde...), ni aux
travaux des psychologues de l'enfant (Piaget, Wallon...). Si l'auteur
fait de nombreuses références à la psychologie animale à travers les
expériences de détour, de labyrinthe (sans citer Hull et Tolman), à
l'apprentissage (procédure par essais et erreurs, de choix multiples, tests
de discrimination), à la psychologie de la Gestalt, à l'associationnisme
pavlovien, c'est pour consacrer la rupture entre la psychologie et
l'éthologie.
G. Varlet.
Gendre (F.). — L'analyse statistique univariée. — Genève, Paris,
Librairie Droz, 1977, 225 p.
L'ouvrage que Francis Gendre a consacré à l'analyse statistique
univariée est avant tout destiné aux utilisateurs de méthodes statistiques
en sciences humaines. Pouvant servir d'introduction a un autre ouvrage
de l'auteur consacré à L'analyse statistique multivariée, il n'exige aucune
formation particulière en mathématiques, mais est centré sur une
compréhension intuitive des procédures — logique, conditions d'utili
sation, interprétation des résultats.
Un champ relativement large traité sous un volume restreint conduit,
nous semble-t-il, à certains avantages et à quelques défauts.
Du côté des défauts, on peut signaler des présentations parfois trop
succinctes pouvant conduire à des confusions. Par exemple, les notions
de variabilité et de voussure sont illustrées par des graphiques dont on
ne voit pas clairement ce qui les distingue. On trouve quelques négli
gences de détail, comme deux définitions différentes d'une quantité ßx,
index ou degré de symétrie. Le choix de certains titres peut gêner un
lecteur non averti : l'ensemble des étalonnages est présenté sous le titre
général Normalisation des distributions. Le x2 est parmi les
indices d'association pour variables nominales et, bien qu'une mise en
garde soit faite en ce qui concerne son interprétation comme indice
d'association, de telles présentations nous paraissent pouvoir être la
source d'erreurs.
Les avantages tiennent d'abord précisément à l'effort fait pour
couvrir un champ large ; des statistiques qu'on ne trouve habituellement
que dans des ouvrages beaucoup plus développés sont présentées ici
(indices de symétrie et de voussure, coefficient d'association Kappa, etc.).
Ils tiennent à une présentation simple, claire, qui rend l'ouvrage facile
à consulter ; par exemple, pour chaque épreuve d'hypothèse apparaissent Psychologie générale 537
les rubriques : hypothèse, conditions d'utilisation, statistique utilisée,
règle de décision, exemple de calcul, commentaire. Le regroupement des
épreuves d'hypothèse en un chapitre traitant des différents cas est
certainement très commode pour l'utilisateur ; par exemple, on trouve
groupés ensemble les divers tests relatifs aux corrélations : épreuve de
la nullité d'une corrélation, épreuve de la différence entre deux coeffi
cients de corrélation suivant que les échantillons sont indépendants ou
ne le sont pas, épreuve de l'homogénéité d'un ensemble de corrélations,
épreuve de la linéarité de la régression. Le souci de faciliter la tâche de
l'utilisateur apparaît également dans l'effort fait pour indiquer les
conditions d'utilisation des différents tests et les conséquences de diver
gences par rapport à ces conditions ; dans l'effort fait pour donner des
indications relatives aux principaux facteurs pouvant affecter les
résultats et à l'interprétation de ces résultats.
L'ouvrage nous paraît ainsi constituer un aide-mémoire très commode
pour un utilisateur ayant déjà des notions de statistique. Les quelques
défauts que nous avons relevés ne nous le feraient cependant pas
recommander à un lecteur autodidacte abordant le sujet pour la pre
mière fois.
F. Bacher.
Restle (F.), Shiffrin (R. M.), Castellan (N. J.), Lindman (A. R.),
Pisoni (D. B.). — Cognitive theory, vol. 1. — Hillsdale, Lawrence
Erlbaum, 1975, 303 p.
Ce sont les exposés de la Conférence d'Indiana de 1974 qui sont
rapportés dans ce livre. Il a été écrit dans une optique théorique,
c'est-à-dire qu'il ne correspond pas seulement, dans la pensée des
auteurs, à une simple description d'expériences même inédites. Il est
composé de quatre parties.
— La première partie est consacrée à la perception du langage en
insistant sur les caractéristiques spécifiques de la des signaux
sonores par rapport aux autres signaux. Différents chapitres abordent
successivement : la nature et la fonction des catégories phonétiques,
l'adaptation sélective à la parole, un modèle permettant de rendre
compto des gains dus à l'augmentation de la redondance dans le langage,
et enfin, l'écoute dichotique et les caractéristiques du traitement
phonétique.
— La deuxième partie du livre est consacrée aux approches contemp
oraines du jugement ; les différents points abordés sont les suivants :
attente et jugement, l'esprit, le modèle et la tâche, enfin, l'importance
du théorème de Bayes.
— La troisième partie est consacrée aux modèles de mémoire à
court terme. L'intérêt de cette partie réside d'une part, sinon dans
l'originalité de ses modèles proposés, du moins dans la démonstration
des capacités d'évolution de ces modèles, d'autre part dans la compa-
,\p — 19

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.