Psychologie générale - compte-rendu ; n°2 ; vol.82, pg 561-569

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L'année psychologique - Année 1982 - Volume 82 - Numéro 2 - Pages 561-569
9 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 561-569.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 561-569.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1982_num_82_2_28441PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Welford (A. T.) (Edit.). — Reaction times, New York, Academic
Press, 1980, 418 p.
Les temps de réaction, dont l'importance avait été entrevue dès le
début de la psychologie expérimentale, ont pris une importance consi
dérable depuis vingt ans. Ils sont en effet un moyen privilégié de quantif
ier non seulement la durée entre stimulus et réponse, mais les processus
médiateurs qui interviennent dans le traitement de l'information.
Welford et l'équipe de l'Université Adélaïde en Autralie ont tenté,
non pas tout à fait de faire la somme de nos connaissances sur le sujet,
mais d'en envisager les aspects essentiels vus sous des angles très divers.
Les expériences des auteurs des différents chapitres (Welford pour sa
part contribue à 4 chapitres sur 10) sont intégrées aux résultats de très
nombreux auteurs, et chaque chapitre peut être considéré comme une
synthèse du problème envisagé.
Sans que cette distinction apparaisse dans la présentation de l'ou
vrage, j'y vois deux parties. La première, la plus classique, discute des
différents problèmes auxquels a été affrontée la méthode des temps de
réaction, et confronte les différents modèles proposés. La seconde, plus
cursive, envisage le rôle des variables de personnalité sur le temps de
réaction : extraversion, fatigue, stress, âge, sexe, déficits ou insuffisances
cérébrales et mentales.
Revenons à la première partie qui est la plus serrée. Disons tout de
suite que les auteurs ne prétendent pas présenter un bon modèle. Sur
chaque problème, ils envisagent tous les aspects pour constater qu'aucun
modèle n'a une valeur universelle. Ils traitent ainsi successivement du
temps de réaction appliqué aux processus de discrimination, du temps
de réaction de choix, des effets séquentiels quand il y a une suite de
signaux et de réactions, du temps de réaction comme moyen d'explorer
la mémoire par la durée du rappel en fonction de ce qui a été appris,
recherches dont la primeur revient à Sternberg.
Sur chacun de ces problèmes sont confrontées les relations entre
stimulus et réponse (compatibilité, familiarité, fréquence des répétitions,
entraînement). Dans presque tous les cas s'affrontent des modèles de
traitement des informations en série ou en parallèle. Il est impossible de
résumer l'ensemble de ces discussions. Dans certains chapitres les auteurs
se gardent même de conclure. Ce livre est cependant important, car
quiconque prétend utiliser le temps de réaction comme variable doit s'y
référer. Il y trouvera informations et discussions qui l'obligeront à mieux
appréhender son problème.
P. Fraisse. 562 Analyses bibliographiques
Kosslyn (S. M.). — Image and mind, Cambridge (Mass.), Harvard
University Press, 1980, 500 p.
Les recherches de Kosslyn constituent certainement l'illustration la
plus achevée de la « seconde génération » de la recherche contemporaine
sur l'image. Vers 1975, Kosslyn a commencé à publier ses articles
expérimentaux majeurs dans ce domaine, articles consacrés à l'analyse
des propriétés des images visuelles, considérées principalement sous
l'angle de leur organisation et de leur structure interne. Image and mind
constitue une synthèse, à la fois ambitieuse et convaincante, des idées
et des faits recueillis par cet auteur au cours de cinq années qui auront
été aussi décisives pour la recherche sur l'image, que le furent les toutes
dernières années 1960, au moment de la résurgence de ce thème dans la
psychologie nord- américaine.
Kosslyn appartient à la génération des chercheurs sur l'imagerie
qui se sont engagés dans ce domaine au moment des premiers manifestes
du « propositionnalisme », alors équivalent strict d' « alternative anti-
imagiste ». Il retrace dans son livre les grandes lignes des deux familles
d'argumentation. Le travail de Kosslyn s'est poursuivi en fait dans une
période marquée par une profonde restructuration conceptuelle du
domaine, dont son livre porte effectivement témoignage. Ainsi, une
idée majeure est que l'analyse des représentations mentales passe désor
mais par la prise en compte simultanée de formes de représentation
« analogiques » et « propositionnelles », et que, s'il est maintenant admis
que les images ne sont pas l'unique forme de représentation sous laquelle
l'information figurative est conservée en mémoire, elles constituent cepen
dant une forme de représentation requérant une investigation propre, dans
la mesure où le caractère fonctionnel de certaines de ses propriétés ne
paraît pas réductible à d'autres principes fonctionnels plus « primitifs ».
Pour résumer quelques idées-forces du travail de Kosslyn, relevons
tout d'abord l'accent mis par l'auteur sur la nécessaire distinction entre
l'image, comme événement psychologique transitoire expérimenté par
l'individu, et les entités cognitives de nature plus abstraite à partir
desquelles l'image est générée. L'étude des images a donc pour passage
obligé l'analyse de cette infrastructure cognitive à laquelle s'appliquent
les processus constructeurs de l'image. D'autre part, une idée cruciale,
maintenant largement reprise, est que l'image n'assure sa fonction de
représentation que dans la mesure où s'applique à elle une
interprétative, qui permet d'en dégager les aspects significatifs.
Pour s'en tenir à l'image comme « représentation en surface », le
propos initial de Kosslyn a été de montrer que cette représentation
possède une structure et une organisation internes qui reflètent authen-
tiquement l'organisation spatiale de l'objet représenté. Les expériences
très démonstratives sur la durée d'exploration des images permettent de
dégager en effet la similitude structurale de l'image et de l'objet matériel
dont cet événement psychologique a pour vocation privilégiée de resti- Psychologie générale 563
tuer les propriétés figuratives. L' « espace » de l'image visuelle ne peut
certainement pas être interprété comme un espace physique, mais
comme un « espace fonctionnel », défini par la façon dont certains
processus accèdent aux différentes parties de l'image.
Une théorie très détaillée est développée par Kosslyn, dans laquelle
sont invoqués et analysés quatre processus fondamentaux susceptibles
de s'appliquer aux représentations figuratives : a) tout d'abord, les
processus par lesquels les individus génèrent les images et assurent leur
maintien transitoire dans ce que l'auteur appelle le « buffer » visuel ;
b) les processus d'exploration des images ainsi construites ; c) les pro
cessus par lesquels sont ensuite appliquées à ces images diverses sortes
de transformations (par exemple, la « rotation mentale ») ; d) enfin, les
processus par lesquels les individus utilisent leurs images pour répondre
à des questions concernant les objets sur lesquels ils sont interrogés. A
cet égard, Kosslyn fait la part des représentations analogiques et des
représentations propositionnelles permettant les unes et les autres, avec
des possibilités de mise en oeuvre en parallèle, de retrouver la même
information à propos d'un objet.
Avec cet ouvrage, le lecteur se trouve en présence de la théorie la
plus « précise » qui ait été développée à ce jour sur l'image visuelle. Pour
Kosslyn, comme pour la plupart des chercheurs contemporains, il n'est
plus possible en effet de parler aujourd'hui des images et des processus
qui les construisent en termes allusifs ou métaphoriques. Les événements
cognitifs dont il est ici question ont des paramètres spécifiés et mesurab
les, ce qui oblige le chercheur à une conceptualisation et à une termi
nologie aussi précises que possible. Les images sont des entités dont les
composants, ainsi que la structure interne, doivent être définis et ana
lysés de façon explicite et détaillée.
L'instrument de cette explicitation est ici le modèle à travers lequel
la théorie de Kosslyn se trouve exprimée. L'implantation de ce modèle
sur ordinateur est certainement l'aspect le plus original de l'approche
de Kosslyn. Aux yeux de son auteur, cette simulation ne constitue pas
une fin en soi, mais se présente comme un instrument heuristique,
obligeant surtout le chercheur à la précision et à la clarté à chaque étape
de sa conceptualisation. Cette partie de la recherche de Kosslyn est une
illustration convaincante et élégante, à l'intérieur du champ des sciences
cognitives, d'un type d'approche devenu familier à la génération des
chercheurs formés au contact de l'ordinateur et convaincus de la valeur
heuristique des efforts de modélisation que ce contact leur inspire.
Le lecteur familier des travaux de Kosslyn retrouvera dans Image and
mind une forte synthèse des résultats de cet auteur. Pour le lecteur non
averti, mais intéressé par la question des représentations mentales et par
les problèmes que pose leur analyse, ce livre constitue une voie d'accès
privilégiée à un domaine de recherche en forte expansion.
M. Denis. 564 Analyses bibliographiques
Lieury (A.). — Les procédés mnémotechniques, science ou charlata
nisme ?, Bruxelles, Mardaga, 1980, 198 p.
Trois parties dans cet ouvrage et une conclusion. La première partie
est intitulée « Mécanismes de la mémoire naturelle ». Dans la deuxième
partie, l'auteur rappelle différents procédés mnémotechniques qui ont
été utilisés depuis l'Antiquité pour retenir des informations ou perfec
tionner la mémoire. Dans la troisième partie, il expose quelques expé
riences psychologiques récentes qui — dans leur principe mais évidem
ment pas dans leurs objectifs — peuvent avoir un certain rapport avec
les procédés décrits dans la deuxième partie.
Quel est l'objectif et quels sont les destinataires de cet ouvrage ?
S'agit-il d'un ouvrage de vulgarisation destiné à mieux faire connaître
au grand public les recherches actuelles sur la mémoire ? Le caractère
extrêmement sommaire de la première partie (20 pages) et l'absence de
liens théoriques entre les expériences présentées dans la troisième partie
conduisent à penser que, si vulgarisation il y a, elle n'est guère satis
faisante.
S'agit-il plutôt de mettre en garde le lecteur contre les procédés
mnémotechniques proposés au grand public à grand renfort publicitaire,
comme le laisserait entendre le sous-titre de cet ouvrage, « Science ou
charlatanisme » ? De ce point de vue, la position de Lieury, dans sa
conclusion notamment, est nuancée puisque les procédés mnémotechn
iques sont considérés à la fois comme efficaces (un peu, mais pas autant
qu'on le dit) et utiles (pour certains d'entre eux).
Par ailleurs, il est difficile de souscrire à certains aspects de la pré
sentation de cet ouvrage qui paraissent limiter singulièrement les
objectifs des recherches sur la mémoire : « Grâce aux méthodes de psy
chologie scientifique contemporaine de nombreux chercheurs ont testé
l'efficacité des procédés mnémotechniques et cherché à élucider les
mécanismes fondamentaux de la mémoire qui font que certains procédés
sont efficaces. »
S. Ehrlich.
Anderson (J. R.). — Cognitive Psychology and its implications, San
Francisco, Freeman, 1980, 503 p.
Ce livre est une excellente introduction à la psychologie cognitive
dans une perspective anglo-américaine. Il ne comporte en effet aucune
citation de travaux européens, Piaget n'est pas mentionné alors qu'il
s'agit d'un livre d'introduction très générale. Cette réserve faite, ce livre
est construit avec compétence, rigueur, clarté, et présente des informa
tions très soigneusement choisies. Le lecteur est invité à suivre une
méthode de lecture qui suit la composition systématique de chacun des
chapitres. Chacun d'eux commence par un résumé des différentes parties
qui sont commentées en de courts paragraphes. Le lecteur est ainsi Psychologie générale 565
introduit dans le développement du chapitre plus facilement que par
des titres trop succincts. Les exposés des parties sont très clairement
développés et illustrés toujours par des expériences dont les unes sont
des expériences classiques bien connues, mais reprises dans la perspective
de la psychologie cognitive, et les autres récentes.
A la clarté de la forme se joint, en fonction des sources d'informations
retenues, la perspective théorique que peut présenter un manuel écrit
par un seul auteur. Anderson dit lui-même qu'il s'agit d'une tentative
pour expliquer « aussi clairement que possible les fondements théoriques
et expérimentaux de notre compréhension actuelle des processus men
taux supérieurs ».
A cet exposé se trouvent joints les champs d'application. « J'ai
essayé d'identifier des zones de recherches actuelles qui sont des pro
messes pour une application à l'activité de la vie de chaque jour »,
écrit-il, tout en soulignant l'écart actuel entre théorie et pratique. Ce
livre est cependant plus théorique que pratique. Anderson, informaticien
éprouvé, qui lui-même propose plusieurs modèles successifs de l'activité
mnémonique, pense que l'étudiant en psychologie doit être, comme
l'étudiant en physique, en possession de tout un bagage de connaissances
techniques, informatiques et mathématiques. Les modèles informatiques
ont joué un grand rôle dans le développement de la psychologie cognitive,
mais pas exclusivement. Pour écrire ce livre, l'auteur s'est entouré des
conseils de nombreux collègues.
Le livre comporte cinq parties :
I. — Introduction à la psychologie cognitive, science de la connaissance :
Le chapitre sur « Perception et attention » se termine par la présentation
du modèle de Rumelhart (1977) qui synthétise les différents traitements
que subit la stimulation depuis les récepteurs jusqu'à l'activité d'identi
fication (modèle pour la vision et l'audition), en passant par le stockage
momentané iconique ou échoïque, les détecteurs d'indice et les « orga
niseurs gestaltistes » avant la phase de synthèse à laquelle concourent le
système général des connaissances acquises et le système d'activation
générale de l'attention.
II. — La représentation de la connaissance : Le premier chapitre
portant sur « L'imagerie mentale » (expériences de Shepard, de Koss-
lyn, etc.) se termine sur la controverse ouverte sur l'importance et
l'efficacité de l'image mentale. Il introduit le chapitre suivant sur « La
représentation de l'information en mémoire ». Celle-ci met en compétit
ion les deux théories, la théorie des deux codes de Paivio où l'image
mentale joue un rôle fondamental et la théorie du « code propositionnel »
où la représentation est plus abstraite et n'est pas liée à une modalité
sensorielle particulière. On trouve dans ce chapitre les diagrammes des
réseaux propositionnels. Puis sont exposés schémas et prototypes, scripts,
concepts utiles mais fragiles et soumis aux biais et aux distorsions. 566 Analyses bibliographiques
III. — La mémoire humaine, concepts de base et principes : Dans
cette partie sont exposés les concepts de mémoire à court terme, à long
terme, la notion d'activation dans les réseaux associatifs, l'interférence
associative, et se trouve aussi discutée la comparaison entre rappel et
reconnaissance. Bien entendu, la représentation en réseau est part
iculièrement développée par Anderson. En dernier lieu il présente un
chapitre sur la reconstruction et l'élaboration de la mémoire, qui n'est
pas un ensemble de processus passifs mais actifs d'élaboration à des
niveaux de traitement différents. Cette activité dépend de l'intention
d'apprendre et l'efficacité de la mémoire sera d'autant plus grande qu'elle
sera plus organisée. Son exposé sur les habiletés cognitives nous paraît
original car il met l'accent sur la participation active de l'individu au
développement et à l'acquisition de ses connaissances.
IV. — Résolution des problèmes et raisonnement : On retrouvera dans
cette partie le même souci du rappel des expériences classiques qui
illustrent par leur pertinence les problèmes posés par ces concepts, mais
également les diagrammes de résolution pour les problèmes spatiaux
(Tour de Hanoï), de quantités (problèmes des jarres). Les diagrammes de
Venn sont amplement utilisés pour présenter la solution de certains
problèmes logiques. Le raisonnement inductif introduit le développe
ment de l'usage des probabilités conditionnelles et de l'inférence statis
tique. Cette partie comprend trois chapitres : « Résolution des pro
blèmes » ; « Raisonnement déductif » ; « Raisonnement inductif ».
V. — Le langage : Le langage est bien entendu compris comme
nécessaire à une connaissance complète de ce qu'est la psychologie
cognitive. Pour commencer, l'auteur présente un rapide « survol sur le
langage » au chapitre 12. Il distingue compétence de performance et
souligne l'importance d'une analyse abstraite du langage. Le linguiste
étudie les régularités de la langue, mais aussi l'importance qu'y jouent
les paraphrases et l'ambiguïté. Les deux derniers chapitres sont consac
rés, l'un à la compréhension du langage, et l'autre à la production. La
compréhension exige perception, analyse en profondeur (parsing) et
utilisation. Il y a présentation des relations entre syntaxe et sémantique
dans la phrase ; souvent la composante sémantique l'emporte sur l'ana
lyse syntaxique. La compréhension oblige à tenir compte du contexte
en raison de l'ambiguïté. Il faut aussi distinguer ce qui est supposé
connu de ce qui est affirmé. Il faut saisir les structures générales d'un
texte pour en avoir une claire compréhension. A ce niveau, la lecture
intervient comme un moyen d'analyse de la compréhension. La production
du langage de son côté exige construction, transformation et exécution.
Un regret : l'auteur ne fait aucune part spéciale, dans le développe
ment de la psychologie cognitive, aux interactions sociales pourtant
indispensables.
G. Oléron. Psychologie générale 567
Kolers (P. A.), Wrolstad (M. E.) et Bouma (H.) (Edit.). — Pro
cessing of visible language, New York, Plenum Press, 1979, 537 p.
En 1977 l'Institut pour la Recherche sur la Perception (ipo) de
Eindhoven (Pays-Bas) organisait un symposium centré sur Le traitement
du langage visuel. Les textes des différentes communications sont pré
sentés dans cet ouvrage. Ils sont regroupés en cinq chapitres qui com
prennent un article de synthèse (tutorial paper) suivi de cinq à sept
recherches originales.
Le premier chapitre est consacré à l'étude des mouvements des yeux
au cours de la lecture. Le sujet peut-il contrôler l'amplitude de ses
saccades ? Quels sont les facteurs qui déterminent la stratégie d'explo
ration du sujet ? Existe-t-il une relation entre mouvements oculaires et
compréhension ? Le second chapitre traite du « langage graphique » :
rôle des schémas, efficacité de certains modes de présentation, modifi
cations typographiques susceptibles de faciliter la lisibilité des textes.
Le troisième chapitre aborde le problème de l'identification des mots :
rôle des unités de reconnaissance, étude des régularités orthographiques,
modèle du logogen (Morton). Le quatrième chapitre, plus disparate,
présente une étude des relations entre lecture, audition, écriture et
expression orale : étude de l'effet Stroop, analyse du rôle de la mémoire
de travail dans la lecture et présentation de différents modes de lecture
silencieuse. Dans le dernier chapitre on trouve des recherches concernant
les problèmes qui sont posés par la transmission des messages écrits par
les nouveaux moyens technologiques : problèmes posés par la présenta
tion de textes sur un écran de télévision et problèmes liés au dialogue
homme-machine.
Même si certains de ces textes ont été publiés par ailleurs, il était
intéressant de les réunir dans un même ouvrage. On dispose ainsi d'un
panorama assez fidèle de l'état de la recherche, en 1977, pour tout ce
qui touche au visible language.
J.-P. Rossi.
Raffler-Engel (W. von) (Edit.). — Aspects of non verbal commun
ication, Lisse, Swets and Zeitlinder, 1980, 379 p.
De l'échange d'un seul regard entre deux individus à la multiplicité
des interactions survenant dans une assemblée, c'est la communication
humaine qui est interrogée. De tous les moyens qu'elle met à contribut
ion, seul le langage constitue un objet d'étude ancien. La gestualité et
la mimique, l'orientation et les distances occupées dans l'espace, ou le
contact des participants sont autant d'éléments qui accompagnent,
complètent, contredisent la communication verbale ou se substituent à
elle. Ils ne font l'objet de publications scientifiques en nombre accru que
depuis le début des années 60.
L'intérêt porté à la Communication Non Verbale (CNV) peut être 568 Analyses bibliographiques
expliqué par l'accès récent à des moyens technologiques sophistiqués
(enregistrement vidéo, traitement informatisé des observations, etc.). Il
pourrait aussi être vu comme une ouverture nécessaire de l'étude de la
signification dans la communication face à face, à des ensembles
d'échanges plus complets et plus complexes que l'échange verbal littéral.
Mais ceci n'apparaît pas à la lecture de l'ouvrage.
Ce livre propose une juxtaposition de contributions autonomes.
Chacune présente sa propre bibliogaphie. Ces proviennent
essentiellement des Etats-Unis. Elles sont regroupées dans quatre par
ties d'inégale importance.
La dernière partie est composée d'une quinzaine d'études appliquées
à des situations particulières, intra ou inter-culturelles. Elle donne une
bonne indication de la façon dont la CNV est approchée. Qu'il s'agisse de
situations provoquées ou d'études in vivo, la CNV est essentiellement
abordée en tant que telle et le plus souvent par la description de corpus.
Ces corpus font l'objet soit d'une analyse structurale, soit même d'une
simple analyse de la substance visuelle. Ce que confirme la troisième
partie consacrée à la méthodologie. La seconde partie traite de l'acqui
sition de la CNV. Elle est remarquablement réduite. Les recherches en
ce domaine sont encore peu nombreuses. Les comportements non ver
baux ne peuvent être considérés ni comme totalement innés, ni comme
totalement appris. Ceci implique que leur acquisition soit approchée par
des études interculturelles. Les contributions de la première partie
(Research foundations) témoignent de la variété des questions posées à
la CNV. Elles portent sur son caractère universel ou propre à chaque
culture. Ce sont des questions de sémiologie, de psychologie, de psychol
ogie sociale ou de sociologie.
Des disciplines se constituent — Kinesics (1952), Prozemics (1965),
Tacesis (1971) — qui prennent en charge la modalité visuelle et tactile
de la CNV. D'autres pourraient être envisagées pour les modalités res
tantes. Les explorations empiriques ne font que commencer.
M. Vion.
Nebraska symposium on motivation, vol. 26, Lincoln, University of Press, 1979, 321 p.
Cette édition présente la double particularité d'être dédiée à la
mémoire de Harry K. Wolfe (élève de Wundt) et de consacrer le 25e anni
versaire du Nebraska Symposium.
En conséquence, ceci autorisera les fondateurs à livrer un historique
sommaire de leur entreprise où sont communiquées les inévitables
réussites et difficultés. Par exemple, il est souligné que depuis 1965,
sur 68 contributions scientifiques distinguées par l'Association Améri
caine de Psychologie, 24 concernaient des récipiendaires s'exprimant au
nom du Nebraska Symposium. Psychologie générale 569
Quelques auto-félicitations voisinent ainsi avec la trame d'un par
cours historique fait de certitudes mais aussi de nombreuses interrogat
ions. Au final, c'est le concept de motivation qui interroge et qui pèse
en arrière-plan, même si les organisateurs ont depuis plusieurs années
retenu la nécessité de fixer un thème et l'idée d'analyser une topique
définie dans chacune des publications du symposium. L'ambiguïté n'est
pas levée : où va s'arrêter et où va commencer la problématique des
motivations ?
En filigrane de la méthode consistant à attribuer à la motivation
un caractère conteneur et global, le lecteur ressent la généralité et l'in
térêt du concept, mais par là même sa faiblesse... Il n'est pas possible
qu'un terme sollicité dans toutes ses dimensions reste aussi flou et ne
fasse pas l'objet de modélisation plus heuristique.
Mais ce volume 26 aborde-t-il vraiment ces problématiques ? Ne
lui suffit-il pas d'être consacré entièrement aux émotions humaines et,
à ce titre, ne relève-t-il pas davantage d'un ouvrage concernant cette
problématique ?
C'est ainsi que sont présentées d'intéressantes contributions : un
exposé bien construit de James R. Averill sur la colère, une revue d'articles
moins originale mais une bibliographie plus détaillée de Marianne Fran-
kenhaeuser sur les rapports entre productions hormonales, stress et
émotion, l'importance soulignée du système des émotions dans le déve
loppement de la personnalité avec C. E. Izard, un article plus paradoxal
de S. Tomkins, une longue contribution de R. Dienstbier sur les émot
ions et, enfin, un texte de J. Brady sur les interrelations entre les concepts
d'émotion et de motivation.
Au-delà des difficultés que nous avons à connaître subtilement et
finement, les implications, filiations, ou oppositions s'étant greffées par
rapport à une publication extérieure au symposium et un peu antérieure
(Motivation and emotion, New York, Plenum Press, 1977), on ressent
après lecture du Nebraska Symposium de 1978 cette idée-force que les
travaux dans le domaine des motivations n'avanceront pas dans l'exten
sion conceptuelle (tout est dans tout), mais dans la modélisation et le
développement explicatif. L'intérêt de l'ouvrage voisine avec l'irritation
qu'il procure. Somme toute, la notoriété se défend à ce prix.
R. Martin.
ap — 20

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