Psychologie générale - compte-rendu ; n°3 ; vol.86, pg 429-446

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L'année psychologique - Année 1986 - Volume 86 - Numéro 3 - Pages 429-446
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1986
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1986 vol. 86, n°3. pp. 429-446.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1986 vol. 86, n°3. pp. 429-446.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1986_num_86_3_29160L'Année Psychologique, 1986, 86, 429-473
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Zinser (0.). — Basic principles of experimental psychology, New York,
Saint Louis, McGraw-Hill, 1984, 510 p.
Considérant que ce qui fait la spécificité d'un cours de psychologie
expérimentale, c'est d'abord la méthode expérimentale, l'auteur propose
un manuel centré sur cette méthode, plutôt que sur les différents
domaines auxquels elle peut s'appliquer. Destiné en principe à des
étudiants débutants, ce manuel, après une première partie « Fonde
ments de la recherche psychologique » rappelant quelques rudiments
de philosophie des sciences et d'histoire de la psychologie, s'efforce de
présenter les différents problèmes abordés dans l'ordre où les rencontre
le psychologue au cours d'une recherche.
C'est ainsi que la seconde partie examine le développement d'un
projet de recherche (recherche bibliographique, définition du problème).
La troisième partie est consacrée à la mise en œuvre de ce projet. Après
avoir rappelé que la rigueur méthodologique vise à donner à la recherche
entreprise à la fois une « validité interne » (pertinence du choix des
tâches, des procédures et des variables, qualité du contrôle expériment
al) et une « validité externe » (échantillonnage des sujets, des tâches et
des variables), l'auteur présente rapidement les principales méthodes
de recherche disponibles (observation, enquête, étude de cas, expé
riences sur le terrain et en laboratoire, etc.), puis envisage les difficultés
liées au contrôle des variables. Les procédures statistiques (descriptives
et inférentielles) sont abordées dès la quatrième partie. C'est dans la
cinquième que les plans expérimentaux et quasi expérimentaux sont
traités, de façon détaillée, mais en suivant évidemment la terminologie 430 Analyses bibliographiques
en usage outre- Atlantique ; on trouve notamment dans cette partie
un chapitre réservé à la recherche sur les petits effectifs, trop souvent
négligée dans les manuels classiques. La sixième partie, un peu hété
rogène, concerne l'interprétation et la généralisation des résultats,
mais aussi la publication de la recherche, avec un entraînement à
l'écriture de rapports dans le « style apa ». Après une septième partie,
consacrée aux problèmes d'éthique, l'ouvrage se termine par quelques
tables statistiques, une bibliographie et un glossaire. Chaque chapitre
comporte un résumé, des exercices et quelques références.
Certes, le découpage en chapitres peut parfois surprendre et l'on
pourra trouver tel ou tel chapitre un peu simpliste et tel autre passa
blement technique. Ce manuel apparaît cependant comme une bonne
introduction à la démarche scientifique en psychologie et ce type
d'ouvrage est suffisamment rare pour que l'on souligne son utilité. Il
reste que, malgré les efforts de l'auteur pour lier méthode et contenu à
travers des exemples, ce manuel ne saurait évidemment remplacer les
ouvrages généraux centrés sur des domaines de la psychologie ; dans
certains de ces domaines, le lecteur pourra d'ailleurs avoir intérêt à
ne pas se restreindre aux références recommandées par Zinser dans la
seconde partie.
P. Marquer.
Lecoutre (B.). — L'analyse bayésienne des comparaisons, Lille,
Presses Universitaires de Lille, 1984, 333 p.
Après l'article de D. Lépine et H. Rouanet {Cahiers de Psychologie,
1975) qui présentait les principes de l'inférence fiduciaire, comme
prolongement souvent nécessaire du test de signification, les recherches
se sont développées dans le cadre bayésien.
Le principe du test de signification repose sur une hypothèse concer
nant la valeur d'un paramètre (souvent une hypothèse nulle), à partir
de laquelle on dérive une distribution d'échantillonnage de la statistique
estimant ce paramètre. La position de la valeur observée de cette statis
tique sur cette distribution conduit à rejeter ou à conserver l'hypothèse,
selon un critère traduit par le seuil de signification. Mais cette méthode
d'inférence ne permet pas de se prononcer sur l'importance d'un effet.
Si l'hypothèse d'un effet nul est rejetée, on ne peut en conclure que
l'effet est important, de même que si l'hypothèse nulle n'est pas rejetée,
on ne peut en conclure que l'effet est négligeable.
L'inférence fiduciaire retourne, en quelque sorte, ce raisonnement,
en définissant, à partir de la valeur observée de la statistique, une distr
ibution de probabilité sur les valeurs possibles du paramètre. Il devient
alors possible de se prononcer sur l'importance d'un effet, à partir de
cette distribution. On pourra par exemple constater qu'une probabilité
importante est associée à un intervalle de valeurs notables : on conclura
alors à un effet notable (inversement pour un effet négligeable). Psychologie générale 431
Dans un certain nombre de cas, cette distribution « fiduciaire » sur
les valeurs possibles du paramètre peut être immédiatement dérivée
de la distribution d'échantillonnage de la statistique (par ex., dans les
comparaisons à un degré de liberté sur des moyennes). Mais, pour génér
aliser ce principe, il convient de se placer dans le cadre bayésien, en
définissant une distribution a priori sur les valeurs possibles du para
mètre, à laquelle les données observées vont se combiner pour dériver
une distribution a posteriori. Pour généraliser le raisonnement fiduciaire
(inference fiducio-bayésienne), il suffit de définir une distribution
a priori qui formalise une incertitude totale. Mais, dans le cadre bayésien,
on pourra y introduire des connaissances disponibles (par ex. des
données recueillies antérieurement).
Bruno Lecoutre nous propose une présentation à la fois théorique
et pratique de cette méthode d'inférence bayésienne, dans le cadre de
l'Analyse des comparaisons. Les travaux publiés sur l'inférence fidu
ciaire ne permettaient de traiter que les comparaisons à un degré de
liberté, l'inférence bayésienne permet à l'auteur de proposer une pro
cédure de traitement des comparaisons à plusieurs degrés de liberté.
Ainsi, il ne fait nul doute qu'avec cet ouvrage le praticien pourra enfin
placer la plupart de ses problèmes d'inférence dans la perspective d'une
évaluation de l'importance des effets, avec la possibilité de combiner
les informations obtenues par plusieurs répliques d'une expérience.
Dans sa préface, Henry Rouanet retrace l'historique de ces recherches,
dont il a été l'un des initiateurs, avec Dominique Lépine, et qui ont
d'abord conduit à aménager le cadre trop restrictif de l'Analyse de la
variance, en définissant plus généralement le concept de comparaison,
ce qui a conduit à l'Analyse des comparaisons, en introduisant l'inf
érence fiducio-bayésienne. L'introduction reprend plus en détail les
principes de ces recherches et présente le découpage du livre en deux
parties : l'une consacrée à l'approche théorique et l'autre à la mise en
œuvre pratique des procédures d'inférences, sur des exemples concrets.
La partie théorique rappelle d'abord la formalisation algébrique
de l'Analyse des comparaisons (plan d'analyse, comparaison, décompos
ition d'un emboîtement de facteurs, d'un croisement, évaluation de
l'effet associé à une comparaison). S' agissant de comparaisons à plusieurs
degrés de liberté, l'auteur propose un indicateur de la grandeur de
l'effet observé de la comparaison, qui est une fonction du carré moyen.
Ce choix est guidé par la recherche d'un compromis entre des considérat
ions techniques liées à la méthode d'inférence qui sera présentée et le
caractère interprétable de cet indicateur, en termes d'importance de
l'effet. Néanmoins, cet indicateur n'est pleinement satisfaisant que pour
des comparaisons portant sur des facteurs amorphes.
Les techniques d'inférence qui seront introduites ultérieurement
dans l'exposé font appel à des distributions peu familières que l'auteur
est amené à définir, après cette présentation de l'Analyse des compa- 432 Analyses bibliographiques
raisons (notamment, la distribution de Wishart, de t et de F non centrés,
de t généralisé et du x2)-
Dans la suite de cette partie, l'auteur présente successivement les
principes généraux de l'inférence bayésienne et leur application aux
plans quasi complets de type A<( G > * T. Dans l'exposé des principes,
une structure statistique très générale est développée, la structure
« multinormale — khi-deux », qui conviendra à l'application projetée.
Dans cette structure, la distribution multinormale est celle de la statis
tique multinumérique représentant l'effet (plusieurs degrés de libertés)
et la distribution de khi-deux est liée à une variance corrigée adjointe.
Dans le dernier chapitre, ce modèle est appliqué au cas de « groupes
séparés », auquel se ramènent les comparaisons sur G, sur T et les
comparaisons d'interaction entre G et T des plans de type A <( G ) * T.
Dans la seconde partie, consacrée à la mise en œuvre des procédures
d'inférence, l'auteur illustre sur des exemples : le traitement de compar
aisons à un degré de liberté, le cas des comparaisons à plusieurs degrés
de liberté, les inferences portant sur le rapport entre l'effet et un para
mètre de dispersion associé, et l'analyse de la régression linéaire. La
partie se conclut sur la combinaison des informations apportées par
plusieurs expériences, les procédures prédictives pour la réplique d'une
expérience et les cas non équilibrés.
Des tables statistiques d'une grande facilité d'utilisation ont été
conçues pour permettre au praticien de réaliser ces inferences sans
moyens de calcul conséquents.
La construction du livre en deux parties peut permettre au prati
cien, quelque peu rebuté par le formalisme complexe des distributions
de probabilités (nécessité par un exposé général), d'appliquer direct
ement les procédures de la seconde partie aux situations d'inférences
usuelles. Mais une bonne connaissance de l'Analyse des comparaisons
paraît nécessaire pour servir de guide.
J.-M. Hoc.
Fleishman (E. A.) et Quaintance (M. K.). — Taxonomies of human
performance, the description of humans tasks, New York, Orlando (fl),
Academic Press, 1984, 514 p.
Bien que l'établissement de taxonomies apparaisse souvent comme
relevant d'un état primitif d'une discipline, il s'agit d'une activité
cruciale car elle commande la validité de toute généralisation à d'autres
situations des résultats obtenus. Quatre approches différentes sont
envisagées : description des comportements, processus requis par la
tâche, aptitudes, et caractéristiques de la tâche. Un chapitre est consacré
aux aller et retour d'une taxonomie à l'organisation de base des résultats,
et de celle-ci au choix d'une nouvelle taxonomie. Cinq chapitres sont
consacrés à une analyse détaillée de propositions particulières. Il faut Psychologie générale
souligner que ce problème a suscité peu d'intérêt au cours de ces dernières
années, les exceptions notables étant Sternberg... et les auteurs de ce
volume.
C. George.
Aicheng (J.) et Stevenson (H.). — Issues in cognition, Proceedings
of a joint conference in psychology, Chinese Academy of Sciences,
National Academy of Sciences, Washington (dc), American Psychol
ogical Association, 1984, 475 p.
Ce volume reproduit les exposés donnés à une conférence qui s'est
tenue en 1983 aux Etats-Unis, et qui a réuni un certain nombre de
psychologues chinois et américains sous l'égide de leurs Académies des
Sciences respectives. Elle témoigne des échanges qui se sont rapidement
accrus dans ce domaine entre les deux pays au cours de ces dernières
années. On peut observer que plusieurs étudiants chinois séjour
nent aussi en France actuellement, pour y préparer un doctorat en psy
chologie ; mais l'ampleur de ces échanges n'est pas comparable.
L'avant-propos rappelle — on en a eu aussi des témoignages oraux
ici — que la psychologie chinoise, comme beaucoup d'autres activités
universitaires, a été extrêmement perturbée, et même avait pratique
ment cessé d'exister entre 1966 et 1973. Elle a, depuis lors, repris une
grande vitalité. Les premiers projets de conférence commune avaient
mis en avant les thèmes de la psychologie du développement et de
l'éducation ; c'est finalement le domaine de la psychologie cognitive
qui a été retenu.
La délégation chinoise ne comportait que 8 participants, pour
21 Américains, tous bien connus. Le volume contient 18 contributions,
dont 11 sont chinoises, ou semi-chinoises : par exemple deux d'entre elles
comportent comme senior auteur Herbert Simon (devenu Sima He pour
la circonstance), une autre O. Tzeng (de San Diego), etc.
Naturellement on s'intéresse en priorité aux contributions des Chinois
de Chine. Liu Fan nous parle de « la contradiction dans le développe
ment cognitif » ; il ajoute modestement en sous-titre : « Une vue per
sonnelle. » De fait, s'agissant de contradiction, on ne trouve pas en
bibliographie celui à qui vous pensez ; mais Piaget et Inhelder sont
largement cités. C'est essentiellement une étude de psychologie génét
ique, qui rapporte plusieurs recherches expérimentales, dont une
investigation nationale sur le développement des connaissances mathé
matiques ; la contradiction en cause est celle qui existe entre facteurs
endogènes et externes du développement. Les autres contributions
portent sur la psychophysique dans la vision binoculaire ; sur la mémoire,
avec une revue d'un certain nombre d'observations et de recherches
neuropsychologiques ; sur le développement des concepts et des habil
etés arithmétiques, avec une étude clinique portant sur plus de 434 Analyses bibliographiques
500 enfants ; sur la dénomination des couleurs et les discriminations
perceptives chez les enfants d'âge préscolaire.
Un article sur l'état, en Chine, de la psychologie pour l'ingénieur
nous donne quelques informations sur l'extension de la psychologie
appliquée : celle-ci est plus développée dans les domaines scolaire et
clinique (« psychologie médicale ») que dans celui du travail. Mais l'i
ndustrialisation crée de nouveaux besoins sur ce terrain ; elle pousse à
compléter l'utilisation de simples techniques psychophysiques, destinée
à des mesures d'ambiances de travail et à l'établissement de standards,
vers ce que nous appellerions la psychologie ergonomique.
Enfin, plusieurs recherches, dont une complètement chinoise, s'atta
chent aux particularités de la langue et de l'écriture chinoise. Les don
nées comparatives sont surtout d'origine américaine.
On peut à partir de là se forger une idée du re-départ de la psychol
ogie chinoise, et des anticipations, plutôt favorables, sur son futur.
J.-F. Le Ny.
Gibbon (J.) et Allan (L.) (Edit.). — Timing and time perception,
Annals of the New York Academy, vol. 423, New York, The New
York Academy of Sciences, 1984, 654 p.
Comment rendre compte d'un pareil volume qui correspond à une
conférence tenue à New York en 1983 ? Le nombre des contributions (42)
auxquelles s'ajoutent 25 brèves communications (posters) et aussi une de J. Aschoff, rend toute critique sérieuse impossible. Les
éditeurs ont cependant fait un rare effort pour regrouper en six thèmes
les contributions. Pour chaque thème il y a une page de présentation
et un article de commentaires qui est souvent l'occasion pour son auteur
d'ajouter une nouvelle contribution.
La présentation des 6 thèmes permet cependant d'indiquer au lecteur
ce qu'il trouvera dans ce gros volume : 1) La perception du temps,
2) L'organisation temporelle (timing) de programmes moteurs, 3) Orga
nisation temporelle de l'apprentissage et du comportement animal,
4) Le temps dans les processus cognitifs et la mémoire, 5) Patterns
rythmiques et musiques, 6) L'horloge interne. Cette enumeration montre
que le temps est envisagé à des points de vue très différents. Il y a
d'abord le temps qui est une donnée de notre expérience connue à travers
le processus de succession. Il peut être perçu, estimé, objet de processus
cognitif. Il est objet d'expérience aussi bien chez les animaux de diff
érentes espèces que chez l'homme. Le temps est d'autre part considéré
comme un paramètre des activités surtout motrices, dans le conditio
nnement entre autres, mais aussi dans le rythme et la musique. Comme
le dit bien Richelle, l'animal s'ajuste au temps, où il est manipulé par
le temps. Alors naît le problème de l'horloge biologique dont il est Psychologie générale 435
beaucoup parlé dans ce volume. Personne ne l'a jamais décelée mais elle
est postulée sous des formes différentes. Aschoff résume bien les travaux
sur les rythmes circadiens et leur impact sur la perception des durées.
Mais y a-t-il une horloge biologique ou des horloges ? Ont-elles des para
mètres stables ou variables ? Ne peuvent rendre compte des multiplic
ités de résultat que des hypothèses très souples. Il faut sans doute dis
tinguer les horloges périodiques de celles qui permettraient la mesure
des intervalles.
Treisman fait l'hypothèse que le niveau d'activation du sujet doit
modifier le rythme de son horloge, et d'ailleurs Church montre bien que
les estimations temporelles sont influencées par les drogues ou par le
stress, ce que l'on savait d'ailleurs depuis longtemps.
Ajoutons enfin que tous les ténors qui travaillent dans ce domaine
ont participé à cette conférence et à ce volume, parfois par des contri
butions nouvelles, parfois par des synthèses de travaux antérieurs. Ce
livre, quoique disparate, est d'un haut niveau, il sera nécessaire à tous
ceux qui travaillent sur la temporalité.
P. Fraisse.
Underwood (B. J.). — Attributes of memory, Glenview (il), Scott,
Foresman & Co., 1983, 294 p.
La notion de mémoire ayant pris une extension considérable,
notamment par le biais du concept de mémoire sémantique, il convient
de rappeler qu'Underwood se rattache à l'approche la plus ancienne et
la plus restrictive du phénomène. L'essentiel de son ouvrage traite de
la rétention de listes de mots, évaluée par les indices conventionnels de
rappel et de reconnaissance. Sont examinés en particulier les différents
facteurs susceptibles d'influencer la rétention (temps et conditions
d'étude, similarité intra-liste des items, etc.), ainsi que les phénomènes
traditionnellement liés à l'étude de la mémoire, tels que ceux de transf
ert, d'interférence et d'oubli.
Le livre est explicitement destiné aux étudiants, et inclut le rapport
de nombreuses expériences réalisées par l'auteur à des fins pédagogiques.
Il faut ajouter toutefois que, si le champ couvert a l'extension qui
convient à un manuel, les propres travaux d'Underwood tiennent un
rôle privilégié dans la structuration de l'ouvrage. Ainsi en témoigne le
titre, qui fait référence à une théorie particulière de l'auteur. Ce trait
n'est pas exagérément restrictif, compte tenu du rôle dominant joué
par Underwood dans l'étude de la mémoire ainsi définie depuis plusieurs
décennies ; et la lecture reste enrichissante, même si l'on n'accorde pas
un intérêt majeur à toutes les théories de l'auteur.
P. Perruchet. Analyses bibliographiques 436
Bower (G. H.) (Edit.). — The psychology of learning and motivation,
vol. 18, Orlando, New York, Academic Press, 1984, 381 p.
Comme ses prédécesseurs, ce volume est très riche et rassemble des
contributions importantes soit parce qu'elles présentent un point de vue
original, soit parce qu'une hypothèse est explicitée et testée de façon
systématique, soit enfin parce qu'un auteur fait le point sur une question.
Jacoby et Brooks critiquent la conception « analytique » de la
reconnaissance perceptive et de la catégorisation reposant sur l'accès
à des éléments de connaissance « sémantique » stables et généraux,
abstraits de l'expérience passée. Selon eux, ces activités mettraient en
jeu des comparaisons avec des « épisodes » antérieurs très spécifiques,
ce qui les conduit à mettre l'accent sur l'action de nombreux aspects
du contexte et sur la variabilité du traitement. Ce point de vue peut être
rapproché de celui de Medin et Schaffer sur la catégorisation. Or, préci
sément, Homa présente les différents modèles de la catégorisation pour
défendre l'idée qu'ils ne peuvent être évalués sans prendre en considé
ration le type de catégorie en jeu, et sans se référer à l'effet des variations
de variables cruciales. Sur le premier point, il présente une taxonomie
des catégories, et sur le second des résultats expérimentaux favorables
à l'hypothèse d'une grande flexibilité des processus.
Erdelyi présente plusieurs études expérimentales sur l'hypermnésie,
qui permettent après élimination d'un biais de réponse d'établir l'exi
stence du phénomène pour un matériel imagé, avec présentation soit
subliminale soit excédant l'empan mnésique, et pour diverses sortes
d'activité interpolées. Holland, reprenant le problème de l'origine des
réponses conditionnelles, fait une recension systématique des hypo
thèses proposées. Il défend l'idée que deux niveaux sont concernés, l'un
relatif à l'acquisition et au traitement des informations, l'autre à la
production de réajustements adaptatifs dans le cadre des différents
systèmes comportementaux de l'espèce. Rilling présente une théorie
attentionnelle de l'oubli dirigé (dit « intentionnel » par Bjork) en psychol
ogie animale. Holson et Jackett analysent une littérature abondante
sur les effets sur l'apprentissage de l'élevage en isolation dans diverses
espèces animales.
Adams propose une grille de lecture permettant d'identifier les
syllogismes valides, dont le nombre curieusement fluctue d'un auteur à
l'autre. Elle examine les théories proposées pour rendre compte des
difficultés observées dans ce type de déduction.
Enfin, the last but not the least, Braine et Reiser, qui défendent
l'option d'une logique naturelle pour la logique des propositions, décri
vent un système de 16 règles d'inférence testé à partir des temps de
réaction recueillis.
C. George. générale 437 Psychologie
Bever (T. G.), Carroll (J. M.) et Miller (L. A.). — Talking minds :
the study of language in cognitive science, Cambridge (ma), mit Press,
1984, 283 p.
Les questions qui sous- tendent les différents chapitres de cet ouvrage
sont les suivantes :
— Peut-on élaborer une théorie du comportement verbal sans disposer
d'une théorie de la structure du langage ?
— Peut-on élaborer une théorie de la structure du langage sans disposer
d'une théorie du fonctionnement cognitif ?
— Peut-on élaborer une théorie du fonctionnement cognitif sans disposer
d'une théorie du comportement verbal ?
Compte tenu de la nature de ces questions, les différents articles
qui constituent ce livre concernent la Philosophie du Langage, la Psy
chologie et l'Intelligence artificielle. Les apports de la Linguistique sont
examinés dans trois articles dus respectivement à J. Katz, R. Jacken-
doff et J. Fillmore.
C. Osgood, W. Kinstsch et D. Premack analysent les théories psychol
ogiques de la compréhension du langage.
Enfin, R. Shanck et al. ainsi que M. P. Marcus illustrent l'utilisation
de la modélisation de l'Intelligence artificielle dans l'étude de la per
formance linguistique.
Malgré le caractère très hétérogène des contributions (ce qui est
propre à ce genre d'ouvrage), les travaux ici réunis permettent de mieux
saisir les enjeux majeurs des différentes disciplines intéressées par
l'étude du langage et de son utilisation.
J. Segui.
Van Dijk (T. A.) et Kintsch (W.). — Strategies of discourse com
prehension, Londres, New York, Academic Press, 1983, 418 p.
Le premier auteur enseigne la linguistique à l'Université d'Amster
dam, le second est professeur de Psychologie à Boulder (Etats-Unis).
Ils ont l'un et l'autre beaucoup publié. L'Année Psychologique a rendu
compte de The representation of meaning in memory publié par Kintsch
en 1974 (1976, 76 (2), 639) et de Text and context. Explorations in the
semantics and pragmatics of discourse publié par Van Dijk en 1977
(1981, 81 (2), 573). La revue Langage, en 1975, a fait paraître en
français l'un de leurs premiers articles communs et Denhière (1984) a
traduit « Toward a model of text comprehension and production » paru
dans Psychological Review en 1978 (1978, 85, 363-394).
Après dix années de recherches théoriques et expérimentales, ce
livre se donne pour objectif de dresser un bilan et d'approfondir le
modèle de 1978 afin de prendre en compte : a) les connaissances du sujet
et leur mode d'intervention dans les processus de compréhension ; b) le
fait que la construction de la représentation mentale d'un texte intègre

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