Psychologie générale - compte-rendu ; n°4 ; vol.88, pg 597-604

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L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 4 - Pages 597-604
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 597-604.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 597-604.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1988_num_88_4_29305Psychologie générale 597
pitre d'un auteur (Staats) qui n'en est pas à un coup d'essai. Il propose
comme base d'une réunification de la psychologie un positivisme unifié.
C'est une philosophie pour une science renouvelée. Seule une grande
théorie qui prendra en compte les apports positifs des autres théories,
qui mettra en cause les méthodologies, peut faire avancer. Staats donne
des exemples de ces désunions (nature et nurture, conditionnement skin-
nerien et théories de la personnalité...), mais s'il indique les difficultés,
les points de rupture, il reste à commencer à aborder le fond du problème.
P. Fraisse.
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Pylyshin (Z. W.) et Demopoulos (W.) (Edit.). — Meaning and
cognitive structure : issues in the computational theory of mind, Nor
wood (nj), Ablex, 1986, 264 p.
Il s'agit du compte rendu d'un colloque-débat, tenu en octobre 1981,
organisé à l'occasion de l'inauguration du Centre for Cognitive Science
de l'Université de Western Ontario. L'objectif est une confrontation des
points de vue sur les concepts les plus importants de la Science cognitive,
mais sur lesquels il y a des divergences fondamentales : « connaissance »,
« représentation », « signification », ou bien « intentionalité », « contenu
sémantique de l'état mental »... Les participants (une trentaine) sont
des grands noms en Science cognitive, la plupart ont une double appar
tenance disciplinaire (Philosophie et Psychologie, Computer Science
et Psychologie...) : D. Dennett, S. Fahlman, J. Fodor, J. Haugeland,
P. Hayes, A. Newell, H. Putnam, etc. Le livre est divisé en deux parties.
La première reproduit les exposés préparés : quatre personnes ont été
invitées à présenter une « prise de position » ; chaque présentation est
suivie de deux commentaires préparés. La deuxième partie reproduit les
quatre séances de discussion autour des quatre « prises de position ».
Le ton général des papiers préparés et des discussions est extrêmement
polémique, les participants se connaissant très bien, et pouvant donc
s'adresser mutuellement des critiques sans ménagement du genre (avec
mon interprétation des termes argotiques). « II me semble que Fodor
n'a toujours pas présenté beaucoup d'arguments directs en faveur de
l'encapsulation... Jusqu'ici, Fodor a improvisé et éludé les questions
difficiles, il a pu sortir des difficultés sans se faire épingler. Dans certains
cas, cela me rappelle le lézard qui doit se résoudre à y laisser sa queue »
(Fahlman, p. 159). Il en résulte un livre très intéressant à lire, surtout
dans la partie « discussion », mais relativement difficile à cause du style
parlé et d'une grande hétérogénéité des plans sur lesquels les arguments
et contre-arguments ont été présentés. Voici un résumé des prises de
position. Mais celles-ci ne prennent tout leur intérêt que grâce aux
commentaires préparés et aux discussions qui s'ensuivent. 598 Analyses bibliographiques
J. Fodor (« The modularity of mind ») présente des arguments qui
introduisent à sa théorie exposée dans Modularity of Mind. Pour com
mencer, il examine la distinction qu'il fait entre le « nativisme cartésien »
pour lequel le contenu mental est donné, et le « architectural »
(son point de vue à lui) pour lequel ce sont les mécanismes du fonctio
nnement mental qui sont donnés. Il montre ensuite ce qui oppose l'asso-
ciationnisme et la psychologie des facultés. Fodor dit que tout le monde
est d'accord qu'il faut oublier l'associationnisme, mais la psychologie
actuelle ignore la notion de faculté, et beaucoup de positions théoriques
en psychologie ne sont qu'un reflet de l'associationnisme, en citant
notamment H. Simon. Comme à son habitude, Fodor est provoquant,
mais il a certainement plus d'humour que nombre de ses « disciples ».
Voici, par exemple, ce qu'il dit dans l'introduction : « Je ne vais pas
essayer de le résumer car l'effet que fait le livre est largement dû à
l'accumulation de détails ennuyeux qui paralysent les centres cri
tiques, alors, si vous n'entendez qu'une présentation des grandes lignes
du livre, ça ne serait pas convainquant. »
A. Newell (« The symbol level and the knowledge level ») présente
une réflexion autour de la notion de symbole et système symbolique.
Le point de départ est de considérer qu'un système symbolique est un
certain médium physique, les symboles sont constitués par des configu
rations dans ce médium. Un symbole « désigne » (quelque chose) dans le
sens qu'il donne accès à des chemins qui permettent d'atteindre d'autres
informations. Ces autres informations peuvent être aussi bien des états
que des processus. Dans tous les cas, un système symbolique physique
est un système organisé de façon hiérarchique. Ce sont là des idées bien
connues de Newell. La nouveauté de l'exposé réside ici en la tentative
de définition (très discutée par Smith) de ce qu'il entend par « connais
sance » : pour ce faire, Newell distingue « niveau de symbole » et « niveau
de connaissance ». D'après Dennett, qui est d'accord avec Newell, on
peut considérer que le niveau de connaissance est en fait un niveau de
description du système.
W. A. Woods (« Problems in procedural semantics ») présente un
exposé basé sur des arguments techniques très précis pour une sémant
ique linguistique définie dans le cadre de l'IA qui, selon lui, peut rem
placer avantageusement les théories classiques. Woods propose une
approche de la sémantique du langage naturel qui distingue entre un
langage naturel dont on peut caractériser la sémantique et un langage
interne ou « notation » dans lequel la signification des phrases du
externe ainsi qu'un vaste ensemble de faits prélinguistiques, d'hypot
hèses, de buts... peuvent être exprimés, souvenus..., en un mot « mani
pulés ». Ainsi, la caractérisation de la sémantique d'un langage naturel
comporte deux étapes : définir les règles de traduction du langage
externe en notation interne, caractériser la sémantique de la notation
interne, cette étape est présentée en détail ici. Psychologie générale 599
L'exposé de H. Putnam (« Computational psychology and interpre
tation theory »), très dense, est sans doute le moins immédiatement
compréhensible car l'auteur fait allusion à des théories philosophiques
et linguistiques qui ne sont pas souvent citées dans la littérature psychol
ogique. Putnam discute l'idée suivante : est-ce la même chose : « état
mental » et « état fonctionnel ». Sa thèse est qu'un état fonctionnel n'est
qu'un aspect d'un état mental : on peut avoir deux systèmes qui ont le
même état fonctionnel tout en ayant des états mentaux différents. De
plus, Putnam va argumenter que les états mentaux ne peuvent pas être
réductibles aux états fonctionnels, même si l'on peut décrire le fonctio
nnement du cerveau par un programme d'ordinateur.
A. Nguyen-Xuan.
Rubin (D.) (Edit.). — Autobiographical memory, Cambridge, Londres,
Cambridge University Press, 1986, 298 p.
Souvenirs, souvenirs... Les souvenirs forment l'essentiel de la mémoire
au sens courant du terme, d'enfance, évocation d'un événe
ment, recherche d'une date, récit de vacances, etc. Cependant, ce n'est
que depuis les années 70 que ce thème suscite des recherches systémat
iques, sous le nom de mémoire autobiographique, peut-être parce que
les souvenirs dans la épisodique sont vus comme un cas parti
culier d'informations à récupérer...
Ce livre contient 15 articles dont certains sont écrits par des cher
cheurs ayant impulsé ce domaine, comme Robinson, Marigold Linton,
Cermak, Crovitz et Rubin... Ces articles sont regroupés en cinq parties :
— « Contexte historique, théorique et méthodologique pour l'étude
de la mémoire autobiographique », avec notamment un article retraçant
l'historique des études sur les souvenirs (Galton, Bartlett...), un article
sur les méthodes de recherche par Marigold Linton.
— « L'organisation générale de la mémoire autobiographique » : on
notera entre autres un article original sur l'utilisation de stratégies de
recherche individuelle des souvenirs en suggérant au sujet de se repré
senter mentalement un lieu, une situation, une période, une motivation.
— « L'organisation temporelle de la mémoire autobiographique » :
un article de Brown, Shevell Rips étudie la datation de souvenirs publics
politiques (signature des accords salt ii) ou non politiques (éruption du
mont Sainte- Hélène ; les résultats indiquent l'utilisation de repères
publics ou privés. Les repères des événements sont vus comme stockés
dans les réseaux sémantiques de la mémoire sémantique et non selon
des séquences ordonnées dans le temps.
— « Les distributions temporelles des souvenirs autobiographiques » :
une excellente réflexion critique est faite par Wetzler et Sweeney sur
l'amnésie infantile (absence ou presque de souvenirs dans les premières
années de l'enfance). Cette critique part de l'idée que les recherches 600 Analyses bibliographiques
classiques demandant aux adultes leurs souvenirs d'enfance (comme
chez Walfogel, 1949), confondent trois sortes de facteurs, l'âge de l'a
pprentissage (du souvenir), l'âge de la récupération, et le délai de rappel.
Une analyse des résultats antérieurs montre que la courbe d'oubli
est supérieure pour les souvenirs à cinq ans, ce qui confirme
l'existence de déficits spécifiques de mémoire de la première enfance
qu'on peut interpréter par un manque de mécanismes cognitifs.
— La dernière partie traite des échecs de la mémoire autobiogra
phique avec trois contributions fort intéressantes de Baddeley et Wilson,
Butters et Cermak, et Grovitz, avec une étude fort originale de Butters
et Cermak basée sur le cas d'un professeur atteint d'une amnésie (sy
ndrome de Korsakoff), mais dont la vie est connue par de nombreuses
publications ainsi qu'une autobiographie. On a donc la garantie que les
événements ou photographies des tests de reconnaissance sont connus
du sujet.
Ce livre est, en conclusion, une source très riche d'informations et
devrait intéresser chercheurs et étudiants soucieux d'une culture générale
sur la mémoire.
A. Lieury.
Davey (G.) (Edit.). — Cognitive processes and Pavlovian conditioning
in humans, New York, Chichester, John Wiley & Sons, 1987, 298 p.
Voulant rattraper le retard pris par l'étude du conditionnement
pavlovien chez l'homme, les auteurs de cet ouvrage ont cherché à cons
truire des modèles du conditionnement humain. Ceux-ci rejettent les
anciens processus de la réflexologie watsonienne et utilisent les connais
sances les plus heuristiques de la psychologie cognitive.
C'est dans cette optique que l'on aborde le conditionnement sous
différents angles : Furedy et Riley étudient l'apport d'une conception
du conditionnement végétatif pavlovien en termes de traitement de
l'information propositionnelle. Martin et Levey tentent à partir de bases
biologiques de mettre à jour le mécanisme précis permettant d'associer
entre elles les représentations internes des relations temporelles entre les
événements extérieurs. Davey, quant à lui, cherche à identifier les
structures cognitives qui médiatisent la préparation des réponses condi
tionnées en tentant d'intégrer les modèles de conditionnement chez
l'homme avec ceux rendant compte du conditionnement chez l'animal.
D'autres chapitres tentent d'intégrer le dans un
cadre plus large : Davies montre que, la perception étant un produit du
conditionnement, celui-ci la sous-tend et détermine donc indirectement
la conscience que nous avons du monde extérieur. Puis, Siddle et
Remington passent en revue ce que l'on connaît actuellement sur l'inhi
bition latente chez l'animal et chez l'homme, et en discutent les inter
prétations au plan théorique ainsi que les implications en psychopathol
ogie. Hughdal, lui, considérant le conditionnement comme le résultat générale 601 Psychologie
de l'extraction des caractéristiques du se, en termes de traitement de
l'information, s'attache aux effets de la latéralisation hémisphérique
sur le conditionnement.
Enfin, Maltzman, ayant examiné le conditionnement de la réaction
d'orientation, conclut qu'il existe plusieurs types de conditionnement
classique chez l'homme et qu'il n'y a pas de lois universelles du condi
tionnement classique. De leur côté, Eysenck et Kelley, à la lumière des
nouvelles connaissances sur les hormones, révisent les hypothèses de
Watson sur les névroses et leur traitement en termes de conditionnement
pavlovien : ils proposent une théorie sur le rôle de certaines sécrétions
hormonales dans la psychopathologie.
Nous terminerons ce résumé par le chapitre de Dawson et Schell :
ceux-ci présentent une hypothèse selon laquelle le conditionnement
classique chez l'homme résulterait d'un processus complexe comportant
plusieurs composants et niveaux de traitement. L'apprentissage cons
cient de la contingence se/si en serait une étape critique précoce. Le
conditionnement végétatif serait particulièrement sensible aux premiers
niveaux, alors que le conditionnement moteur donnerait des indicateurs
plus directs des étapes ultérieures.
L'originalité de cet ouvrage vient de la tentative d'intégration de
données récentes sur le humain avec celles que l'on
avait déjà chez l'animal et d'insister sur les applications pratiques de ces
théories, en particulier dans les domaines de la psychopathologie et de la
psychothérapie. Mais son intérêt principal est de faire un point assez
complet sur de nombreux aspects du conditionnement pavlovien humain
et de démontrer que le conditionnement pavlovien chez l'homme résulte
d'un processus cognitif complexe.
E. Rosnet.
Rastier (F.). — Sémantique interprétative, Paris, puf, 1987, 276 p.
L'ouvrage de François Rastier est de ceux qui doivent se révéler
particulièrement intéressants et utiles pour les psychologues préoc
cupés de langage. Les problèmes traités et la méthode relèvent certes
de la linguistique, mais l'auteur, sans entrer dans la démarche ni dans
les questions particulières de la psychologie cognitive, est bien informé
de ce qui s'y passe, et il a le souci d'en tenir compte ; cela est encore
plus vrai de l'intelligence artificielle. On peut donc dire que l'ouvrage
constitue sans le revendiquer une contribution à une science cognitive
en voie de développement.
Comme le titre l'indique, le livre traite du sens : à ses divers paliers,
celui du morphème — et, au-dessous, du sème — à celui de l'énoncé, à du texte. Ce dernier est bien au centre des préoccupations de
l'auteur, notamment autour d'une question fondamentale : comment
rendre compte de la cohésion textuelle ?
L'autre terme du titre résume aussi une orientation : « La linguistique, Analyses bibliographiques 602
rappelle Rastier, n'a pas seulement pour objet la génération des textes,
mais aussi leur interprétation », et plus loin : « La compétence interpré
tative et la compétence generative partagent sans doute des traits com
muns ; mais on ne peut affirmer que la première soit le décalque, même
inversé, de la seconde. » La prudence de l'auteur à l'égard des formalisa
tions prématurées complète cette façon d'aborder les choses.
La sémantique de Rastier a une base clairement componentielle :
elle se situe dans une ligne de développement qui a été auparavant bien
illustrée en France, notamment par Bernard Pottier. A ce niveau micro
sémantique, une analyse très précise est donnée du statut des sèmes :
elle comporte une discussion serrée des objections qui ont été portées
contre cette notion, en fait contre une de ses versions très particulière.
Le jugement de l'auteur, que nous trouvons parfaitement fondé, est
que : « Les discussions ont porté principalement sur le modèle de Katz
et Fodor (1963), qui dans sa naïveté théorique restait très inférieur aux
propositions qu'avançaient au même moment des auteurs comme
Pottier, Greimas, ou Coseriu. »
Ajoutons plus méchamment que lorsque Fodor devint le pire ennemi
de ce modèle dont il avait partagé la paternité, bien des épigones le
suivirent fidèlement, sur cette voie comme sur d'autres encore plus
contestables. Si j'osais à ce propos détourner une des phrases de Rastier
de son contexte — c'est un contexte où, lui, il parle précisément de
contexte, notamment social — en fait une de ces phrases
savoureuses dont il nous régale de temps à autre, je le ferais de celle-ci.
« Disons, pour simplifier, que ce sont les galons de celui qui prononce il
fait froid qui permettent aux autres d'inférer il faut fermer la fenêtre. »
D'une manière générale, le lecteur appréciera sûrement que la pré
cision de l'analyse linguistique soit souvent ponctuée, et toujours
imprégnée, d'un humour naturel.
Un concept central de la conception de Rastier est celui d'isotopie,
qu'il prend chez Greimas, et qu'il analyse à son tour en détail. Ce terme
est peu familier aux psychologues, nous semble-t-il ; mais il renvoie à
une idée qui doit leur être au contraire très familière, pour peu qu'ils se
soient penchés sur l'étude des textes, sur les problèmes de « cohérence »
ou de « cohésion » que celle-ci implique, sur l'idée de « lecture », et, par
exemple, qu'ils se soient intéressés à la théorie de la cohérence proposée
par le modèle cognitif de Kintsch et Van Dijk.
Prenons, sous une forme abrégée, deux définitions de l'auteur, l'une
de 1972, l'autre, la plus récente, tirée du Glossaire du présent ouvrage.
1. « On appelle isotopie toute itération d'une unité linguistique » ; 2. « Iso-
topie sémantique : effet de la récurrence syntagmatique d'un même
sème. » Nous avons supprimé les phrases de commentaires qui les accom
pagnent et qui sont un peu plus techniques ; mais il nous semble que
l'on peut saisir, à partir de ces courtes définitions, ce qui est visé par
ce concept. Psychologie générale 603
La typologie des isotopies, la cohérence des énoncés étranges, la
pluralité des sens, les objets et moyens de l'interprétation constituent la
matière des chapitres suivants du livre. La notion de « stratégie » y joue
un rôle central.
Citons pour finir quelques lignes, tirées de l'épilogue, et qui montre
ront combien Rastier, tout en se défendant des confusions avec une
psychologie ou une sociologie, leur tend la main : « D'une part il n'existe
pas a priori de sens unique ou ultime ; et de plus les sens d'un texte ne
doivent pas être considérés comme immanents : nous souhaitons avoir
montré que tout sens, et même tout sème, était le produit d'opérations
interprétatives qui l'actualisent. »
Nous souhaitons, de notre côté, avoir montré à quel point le psycho
logue intéressé par la compréhension du langage, et, au-delà, par l'orga
nisation des représentations sémantiques (dans la tête d'un sujet humain,
dirions-nous), devrait tirer profit de la lecture de cet ouvrage.
J.-F. Le Ny.
Thomas (R.), Missoum (G.) et Rivolier (J.). — La psychologie du
sport de haut niveau, Paris, puf, 1987, 300 p.
Consacré au sportif de haut niveau, cet ouvrage inaugure, aux puf,
une collection intitulée : « Pratiques corporelles ». Les auteurs, soucieux
de rompre avec les approches personnaliste et situationniste, se reven
diquent d'une approche interactionniste.
La première partie, centrée sur la personnalité, envisage successiv
ement les capacités physiques, la vigilance-attention, Pémotion-affec-
tivité-anxiété, la personnalité profonde, les styles cognitifs, la prise de
risque. On admettra que ce découpage en attributs hétérogènes (fonc
tions, capacités, conduites, variables) est peu propice à valoriser une
approche interactionniste et, de fait, celle-ci fait défaut à l'exception,
toutefois, d'un développement très judicieux sur les conduites de déci
sion. On regrettera également un discours superficiel sur l'affectivité,
procédant par juxtaposition et transposition de notions dont la portée
(simplement) descriptive pour les conduites du sportif de haut niveau
reste à établir.
La seconde partie, que l'on doit à R. Thomas, un des meilleurs spé
cialistes de ce thème, est consacrée à l'environnement. Elle envisage
de façon convaincante le rôle de la culture, de la classe sociale, de la
famille, de l'école, des médias dans l'affiliation de l'individu à la pratique
sportive et dans l'accès au plus haut niveau.
La troisième partie, intitulée bien curieusement — pour un dévelop
pement qui se veut défendre « en continu » une thèse interactionniste — :
« L'Interaction » est consacrée, en fait, à un développement (intéressant)
sur la motivation et le stress. Quant à la quatrième partie, elle présente
l'évaluation du sportif essentiellement à partir de la batterie de tests de 604 Analyses bibliographiques
I'insep qui, outre son caractère très particulier, ne paraît pas satisfaire
aux exigences couramment admises dans ce domaine, notamment en
matière d'échantillonnage des tests, ainsi qu'en matière de qualités
métrologiques de certains instruments.
La cinquième partie, centrée sur la préparation psychologique, a le
mérite de présenter un éventail de méthodes et de techniques dont cer
taines étaient peu connues en France. L'impression dominante dégagée
par cet ouvrage est l'absence d'unité. On serait tenté de voir, là, l'effet
insidieux de la référence au concept d'interaction dont le caractère
polysémique est susceptible de favoriser des proximités de surface
mais, on l'a vu, la démarche interactionniste y est parfois absente. En
fait nous pensons que les auteurs, vraisemblablement liés par les attentes
d'un public hétérogène (entraîneurs, sportifs, psychologues), ont
recherché un bien difficile compromis entre une approche théorique et
une présentation d'outils psychologiques. Il eût sans doute mieux valu
y consacrer deux ouvrages distincts.
A. Vom Hofe.
PSYCHOPHYSIOLOGIE, NEUROPSYGHOLOGIE
ET NEUROBIOLOGIE
Bradshaw (J.). — Basic experiments in neuropsychology , Amsterdam,
New York, Oxford, Elsevier, 1986, 206 p.
Voici une présentation de situations expérimentales pour la plupart
classiquement utilisées dans les études portant sur la spécialisation
hémisphérique à travers la mise en évidence des différences latérales.
A chaque chapitre, une brève introduction présente une problématique
précise replacée dans le cadre des théories actuelles du domaine consi
déré, les expérimentations proposées sont décrites dans tous leurs détails
(matériel, batteries, enregistrement des données, sélection des sujets),
les questions auxquelles les protocoles doivent apporter des éléments
de réponse sont bien formulées, les méthodes statistiques à utiliser sont
indiquées, une réflexion critique sur les plans d'expérience est suggérée,
enfin une courte bibliographie est fournie. Cet ouvrage intéressera donc
l'étudiant en psychologie ainsi que le jeune chercheur désireux de se
familiariser rapidement avec les outils méthodologiques disponibles,
non seulement pour l'étude des différences latérales, mais plus générale
ment pour celle des « fonctions mentales dans leurs rapports avec les
structures cérébrales » (définition donnée à la Neuropsychologie par
Hécaen, 1983), et de monter très vite une expérimentation pertinente.
En effet, si les thématiques envisagées ici ont souvent pris naissance à
l'occasion d'observations cliniques de cas pathologiques ou d'études
menées chez l'enfant, les expériences décrites requièrent un appareillage
relativement simple et s'adressent en tout premier lieu à des groupes

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