Psychologie générale - compte-rendu ; n°4 ; vol.91, pg 612-629

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L'année psychologique - Année 1991 - Volume 91 - Numéro 4 - Pages 612-629
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1991
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Psychologie générale
In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°4. pp. 612-629.
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Psychologie générale. In: L'année psychologique. 1991 vol. 91, n°4. pp. 612-629.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1991_num_91_4_30514612 Analyses bibliographiques
Uni : 11 ; Etats-Unis : 6 ; Espagne : 5 ; Canada, 5 ; Isrëal : 2 ; Suède : 2 ;
et, avec un représentant chacun : Autriche, Belgique, Inde, Italie,
Pologne, Portugal, Suisse, Turquie. La France n'est pas représentée.
M. Reuchlin.
Baker W. J., Hyland M. E., Van Hezewijk R. et Terwee S. (Edit.) —
(1990) Recent trends in theoretical psychology, vol. 2, New York,
Berlin, Springer Verlag, 465 p.
Une International Society for theoretical psychology a été fondée
en 1985, sous l'égide du Center for advanced study in theoretical psycho
logy fonctionnant au sein de l'Université d'Alberta (Canada) depuis 1965.
Cette Société organise tous les deux ans une conférence internationale.
Le présent volume apporte un compte rendu de la troisième de ces
conférences qui s'est tenue à Arnhem (Pays-Bas) en 1989. L'ouvrage
contient 46 des 56 communications qui y furent présentées et discutées.
Ces textes ont été classés par les éditeurs sous quatre rubriques : 1 ) Phi
losophie et métathéorie de la psychologie : 17 textes concernant les
discussions fondamentales sur la nature de la théorisation psycho
logique, l'explication et la méthodologie ; 2) Psychologie théorique :
11 textes concernant les théories et discussions sur des questions fonda
mentales relatives à des domaines plus spécialisés de la psychologie ;
3) Analyses historiques de théories psychologiques : 13 textes concer
nant diverses tentatives pour localiser les origines historiques des théories
actuelles ou montrant l'influence de circonstances sur les
théories psychologiques ; 4) Progrès de théories portant sur des données
de fait (substantive theories) : 5 textes concernant des hypothèses,
des théories, de nouvelles façons de théoriser à propos de phénomènes
psychologiques.
M. Reuchlin.
PSYCHOLOGIE GÉNÉRALE
Rosensweig M. R. et Porter L. (Edit.) — (1991) Annual Review of
Psychology, vol. 42, Palo Alto (ca), 600 p.
Le mieux pour rendre compte de ce volume annuel est de traduire
les titres des différentes revues de questions présentées :
Estes W. K. : « Architectures cognitives du point de vue du psycho
logue expérimental ».
Zigler E. et Hodapp R. M. : « Le fonctionnement cognitif chez les
retardés mentaux ».
Porras J. I. et Silvers R. C. : « Développement et transformation de
l'organisation ». Psychologie générale 613
Hilgard, E. R., Leary D. E. et McGuire G. R. : « Histoire de la
psychologie, un point de vue et une évaluation critique ».
Widiger T. A. et Trull T. J. : « Diagnostic et évaluation clinique ».
Middlebrooks J. G. et Green D. M. : « Localisation du son par
l'homme ».
Plomin R. et Rende R. : « Génétique du comportement humain ».
O'Leary K. D. et Smith D. A. : « Interactions maritales ».
Newell K. M. : « Acquisition d'aptitudes motrices ».
Tetlock P. E., McGuire G. B. et Mitchell G. : « Perspectives psycho
logiques sur la dissuasion nucléaire ».
Krumhansl C. L. : « Psychologie de la musique : les structures tonales
en perception et en mémoire ».
Banks W. P. et Krajicek D. : « Perception ».
Light L. L. : « Mémoire et âge : quatre hypothèses dans la recherche
des résultats ».
Geen R. G. : « Motivation sociale ».
Coyne J. C. et Downey G. : « Rôle du social et processus d'adap
tation ».
O'Reilly III C. A. : « Organisation du comportement, où étions-nous,
où allons-nous ? ».
Buss D.M.:« Psychologie de la personnalité évolutive ».
Weinstein G. S. : « La salle de classe comme un contexte social
pour apprendre ».
Schneider D. J. : « La connaissance sociale ».
P. Fraisse.
Bonnet G., Ghiglione R. et Richard J. F. (Edit.) — (1989) Traité
de psychologie cognitive, vol. 1 : Perception, action, langage, Paris,
Bordas, 266 p.
L'objectif déclaré de ce Traité de psychologie cognitive est de faire le
point de la discipline. Le volume 1 porte le sous-titre Perception, action,
langage. Il aurait été intéressant de juger l'ensemble de l'entreprise
ou tout au moins le volume 1 en tenant compte de la suite, mais, mal
heureusement, rien n'est annoncé sur le contenu des autres volumes.
Les quatre chapitres du volume 1 (« La perception visuelle des formes »,
par C. Bonnet; « L'audition : système auditif, perception et organisation
perceptive élémentaires », par M.-C. Botte; « Programmation et contrôle
du mouvement », par J. Pailhous et M. Bonnard; et « La perception
du langage parlé », par J. Segui) semblent avoir été écrits ayant comme
cible non pas l'expert mais l'étudiant avancé ou le spécialiste qui ne
connaît que peu de domaines de manière approfondie.
Il est regrettable que l'ouvrage se présente sous le titre exigeant,
et peut-être un peu pompeux, de « Traité ». Certains textes en langue 614 Analyses bibliographiques
anglaise, qui ne prétendent qu'au titre de « Manuel » (handbook), sont
bien plus complets et spécialisés. On devine, d'après les restrictions sur les
matières abordées et la quantité d'indications trop sommaires, que les
auteurs du volume 1 ont lutté contre de sévères contraintes d'espace.
A un niveau plus fondamental, je crains que l'idée que cet ouvrage
donne de la psychologie cognitive ne soit un peu dépassée et trop
partielle. Le lecteur naïf de ce livre gardera probablement l'impression
que la discipline repose de manière homogène sur quelques principes
théoriques solides, à savoir que le traitement de l'information peut
être décrit comme une séquence d'opérations organisées en niveaux,
qu'il comprend des processus ascendants et descendants, que les trait
ements perceptifs et exécutifs (plus le langage) sont assurés essentiell
ement par des modules, et qu'il y a une zone franche où les sorties de ces
modules et les connaissances centrales interagissent. Or, ces idées sont
présentes dans la psychologie cognitive depuis au moins vingt ans, elles
ne sont pas nées avec « La modularité de l'esprit ». Par ailleurs, même
si ces idées sont — comme je le crois — de bonnes idées, en tout cas si on
n'en fait pas des postulats intangibles (elles sont tantôt des hypothèses
de travail, tantôt des hypothèses à tester), tout le monde sait qu'elles
ne sont plus les seules importantes et que nous sommes actuellement à
un tournant agité et critique de l'histoire de la psychologie cognitive.
Ne décrire que la conception classique du traitement de l'information
appauvrit de manière substantielle l'image de la cognitive
contemporaine. Peu d'attention est accordée dans le Traité aux modèles
dits computationnels de la perception, qui, sans nécessairement mettre
en question les principes mentionnés, ont été élaborés suivant d'autres
principes ou en utilisant d'autres approches (notamment en substituant
l'analyse de tâches à l'étude d' « effets »). De même, les modèles de
réseau connexionniste, soit de type localiste, soit basés sur des représen
tations distribuées, sont presque totalement ignorés. Bref, si l'on pense
aux approches théoriques actuelles, le Traité ne fait certainement pas
le point sur la discipline. Et si l'on pense aux domaines d'étude, on
arrive bien à la même conclusion. La carence la plus frappante concerne
l'étude du langage, où seule la perception des mots parlés a été contemp
lée. Et puisque ce volume 1 est censé s'occuper aussi bien de langage
que de perception, je suis inquiet sur la place que fera le restant de
l'ouvrage à la psychologie de la lecture et en particulier à la reconnais
sance des mots écrits.
Ayant fait quelques remarques critiques sur l'attribut « traité », je
regrette devoir dire aussi que ce Traité n'est que partiellement de
psychologie cognitive. Il présente un biais trop marqué en faveur de
la description des aspects physiques et neurologiques du stimulus et
de la modalité sensorielle, respectivement, ainsi que du niveau de
codage que C. Bonnet appelle neurosensoriel. Dans le chapitre sur la
perception visuelle, les aspects précognitifs, voire préperceptifs occupent Psychologie générale 615
un tiers du texte. Mais ce biais est surtout critiquable dans le chapitre
sur l'audition, où la physique, l'anatomie et la psychophysique se
taillent la part du lion. Faut-il, pour parler de la perception et de la
cognition visuelles, commencer par décrire la lumière et la rétine ?
Faut-il, pour parler de la perception auditive, du traitement de la
parole ou de la musique, et de la reconnaissance des bruits ou des voix,
commencer par décrire le son et l'organe de Corti ? Je pense pour ma
part qu'il est possible — et normal si vraiment notre discipline a atteint
le statut d'une science — de se placer dès le départ dans une pers
pective cognitive.
Ceci dit, le chapitre sur la perception visuelle contient des analyses
tout à fait intéressantes dans les sections consacrées aux « groupe
ments et configurations » et à la « perception des formes et des objets ».
Il est dommage, cependant, que les travaux de Marr ou inspirés par
son modèle, ainsi que la neuropsychologie de la perception visuelle et
l'implémentation sur machine de processus de traitement visuel, y
occupent si peu de place ou aucune.
Le chapitre sur la programmation et le contrôle du mouvement est
captivant. Tout en privilégiant, comme l'auteur le dit, les processus
ascendants, il fait apparaître très clairement l'importance des pro
cessus d'intégration. J'aurais aimé voir traitées dans la même optique, et
non seulement mentionnées en tant qu'illustration d'idées générales, des
activités motrices complexes comme l'articulation ou l'exécution musicale.
Enfin, le chapitre sur la perception du langage parlé fournit une
excellente introduction à cette question importante de la psychol
inguistique cognitive qu'est la reconnaissance des mots parlés. Mais
n'y avait-il vraiment pas moyen de satisfaire davantage nos appétits ?
J. Moraïs.
Fortin C. et Rousseau R. — (1989) Psychologie cognitive : une
approche de traitement de l'information, Sillery, Presses de l'Uni
versité du Québec, 434 p.
L'ouvrage comprend trois parties. Dans la première partie consacrée
aux processus perceptifs, les auteurs abordent successivement le pro
blème de l'enregistrement sensoriel, celui de l'attention (traitements
automatiques et contrôlés, parallèles et sériels, etc.) et celui de la
reconnaissance des formes. La deuxième partie, consacrée à la mémoire,
est la plus longue. Les auteurs présentent la notion de Mémoire à court
terme (ou Mémoire de travail), puis étudient le rôle de l'encodage de
l'information, de la récupération et des stratégies cognitives. La tro
isième partie traite du problème de la représentation des connaissances :
trois chapitres sont consacrés aux images mentales, aux concepts et
catégories puis à la mémoire sémantique. 616 Analyses bibliographiques
II faut souligner que cet ouvrage est plus spécialement centré sur
les problèmes de mémoire (de l'encodage à la représentation des connais
sances) : il doit être vivement recommandé à toute personne désirant
acquérir une formation dans ce domaine. Les concepts et les références
les plus récentes sont utilisés par les auteurs ; la présentation de cet
ouvrage est très claire et la lecture en est agréable.
A. Charles.
Howes M. B. — (1990) The psychology of human cognition. Mains
tream and Genevan traditions, New York, Pergamon Press, 357 p.
Ce volume est destiné à des étudiants ayant une certaine formation
de base en psychologie générale et expérimentale. Pour chacun des
domaines de la cognition, il offre une mise en perspective historique
puis passe en revue les différentes théories, au sens large du mot (sy
stèmes construits, modèles formels, notions hypothétiques), qui sont
utilisées dans les travaux des deux ou trois décennies écoulées et dans les
travaux récents. Le risque de présenter ainsi une sorte de catalogue a
sans doute été perçu par l'auteur qui s'est efforcée de l'éviter en propo
sant d'organiser l'ensemble en deux traditions qu'elle qualifie respect
ivement de « courant principal » (mainstream) et de « genevoise ». La
tradition genevoise a eu une inconstestable unité, qui tend très normale
ment à se diversifier en une pluralité de courants « néopiagétiens » (une
évolution qui n'est guère indiquée dans l'ouvrage). Mais le « courant
principal » charrie en fait les contributions les plus diverses. L'auteur
reconnaît une subdivision de ce courant en « apprentissage verbal » ou
« associationnisme » d'une part et en « traitement de l'information »
d'autre part. Elle suggère même l'existence de courants secondaires
« sous la surface » de celui qui entraîne les travaux utilisant un modèle
de traitement de l'information. Mais ces tentatives, assez discrètes, de
restructuration ne sont pas très convaincantes et l'effet « catalogue »
subsiste. Il reste que les catalogues peuvent être utiles. Le lecteur, s'il
utilise cet ouvrage comme une petite encyclopédie des idées et des
recherches sur la cognition (grâce notamment aux index), y trouvera
sous une forme claire les informations essentielles dont il peut avoir
besoin.
M. Reuchlïn.
Klahr D., Kotovsky K. (Edit.) — (1989) Complex information pro
cessing : The impact of Herbert Simon : 21st Carnegie- MellonSympo-
sium on cognition, Hillsdale (nj), Londres, Lawrence Erlbaum, 450 p.
Voici une quinzaine de contributions d'auteurs bien connus de la
psychologie cognitive des Etats-Unis. La plupart de ces contributions
constituent des développements des travaux récents de leurs auteurs, Psychologie générale 617
ou des réflexions sur l'état actuel du domaine, et n'introduisent pas
d'approches radicalement nouvelles. Ils constituent une excellente réac
tualisation des travaux réalisés ou des conceptualisations dans les
domaines étudiés.
Kosslyn présente les résultats de la simulation informatique d'un
modèle (calculatoire et non connexionniste) de la latéralisation de la
perception visuelle qui repose sur l'entraînement différentiel des sous-
systèmes par les feedback issus du fonctionnement, et sur l'inhibition
du fonctionnement de l'autre hémisphère dès qu'un traitement est
commencé dans l'un. Carpenter et Just analysent comment l'organi
sation des processus en jeu dans la compréhension permet de répondre
aux demandes calculatoires et mnémoniques de la tâche. Kotovsky
et Fallside examinent le rôle de la représentation dans le transfert entre
problèmes de domaines sémantiquement pauvres, tandis que Dunbar
et Klhar étendent aux enfants leur ingénieuse expérience sur la décou
verte d'une fonction du dispositif bigtrack.
D'autres articles concernent les constituants de la performance
experte aux échecs et au bridge (Charness) ou dans la rédaction de
textes écrits (Hayes), ou encore les processus en jeu dans les résultats
exceptionnels de certains individus comme le maître d'hôtel J. C. dans
des épreuves de mémoire à court terme (Erickson et Staszewski), ou
enfin les différents éléments des acquisitions (Glaser).
Quelques travaux constituent une remise en cause de certaines des
positions antérieures de leur auteur par l'introduction de développe
ments nouveaux. Ainsi Anderson présente une nouvelle extension de
sa théorie de l'apprentissage act, appelée pups, qui met l'accent sur
l'induction causale dans la compréhension d'un exemple et sur l'ana
logie dans l'extrapolation des connaissances. Larkin s'intéresse au rôle
des éléments disponibles dans le champ perceptif au cours de la résolu
tion de problème, qu'il s'agisse des symboles posés sur le papier dans
un problème d'algèbre ou de la disposition des pièces dans les états suc
cessifs de la tour de Hanoï. Greeno insiste sur la dépendance de la per
formance et des connaissances à l'égard de la situation, et met l'accent
plus sur les aspects sémantiques que sur les aspects ealculatoires de la
représentation.
On lira avec intérêt les réflexions plus centrées sur l'histoire et sur
l'épistémologie des sciences eognitives de Miller, Feigenbaum, Simon
et Newell.
C. George.
Norman D. A. — (1988) The psychology of everday things, New York,
Basic Books, 257 p.
Le titre de ce livre donne déjà une idée de l'originalité et de l'humour
de l'auteur : celui-ci remarque que les premières lettres font joliment 618 Analyses bibliographiques
« poet ». Ce poet, nous dit-il, est la résultante de « mes frustrations
répétées avec l'usage des objets quotidiens, et de ma connaissance
croissante des moyens d'appliquer la psychologie expérimentale et la
science cognitive. La combinaison de la pratique et de la
a rendu poet nécessaire au moins pour moi et pour mon propre sent
iment de confort. Ainsi est-il ici : en partie polémique, en partie science,
en partie sérieux, en partie amusant : poet » (p. vin). On ne saurait
mieux donner le ton de ce livre que son auteur a dû avoir autant de
plaisir à écrire que le lecteur en aura à le lire.
Le titre donne finalement très bien la thèse du livre : les objets de la
vie quotidienne (les robinets — ils ont une large place ! — , les réfrigé
rateurs, les montres, les ordinateurs, etc.) ont bien une psychologie,
en ce sens qu'ils suggèrent des sentiments, appellent certains comporte
ments et réagissent aux actions qu'on veut exercer sur eux. Norman
montre ici la richesse du concept d' « afîordance », réactualisé pour le
monde des objets.
Les titres des sept chapitres du livre donnent un aperçu de son
organisation : 1. « La psychopathologie des objets quotidiens » ; 2. « La
psychologie des actions quotidiennes » ; 3. « Les connaissances dans la
tête et dans le monde » ; 4. « Savoir quoi faire » ; 5. « Se tromper est
humain » ; 6. « Le défi de la conception » ; 7. « La conception centrée
sur l'utilisateur ». Chaque chapitre est émaillé d'exemples très concrets
et d'anecdotes très parlantes, encadrés par des réflexions qui en dégagent
la portée, et où on reconnaît la compétence du spécialiste de la psychol
ogie cognitive. Norman nous montre comment des connaissances
solides peuvent devenir d'utiles outils d'analyse, et comment une
réflexion sur des pratiques apparemment banales et sur leurs échecs
donne un relief nouveau aux connaissances acquises en laboratoire par
la méthode expérimentale. Des notes détaillées commentent les citations,
et des lectures sont suggérées pour approfondir certains thèmes évoqués.
Un bon index contribuera à faire de l'ouvrage un instrument de travail
commode. Ce livre est d'une grande clarté et, comme le remarque
Hofstadter, il constitue une « introduction plaisante et éclairante à son
champ — la science cognitive ». A ce titre, il intéressera les psychologues
de tous niveaux et il pourra constituer une excellente initiation à la psy
chologie cognitive — et ergonomique — , comme à l'ergonomie du
produit. Les enseignants de tous ces domaines y trouveront des idées
et des recommandations directement exploitables.
J. Leplat.
Singley M. K. et Anderson J. R. — (1989) The transfer of cognitive
skill, Cambridge (ma), Londres, Harward University Press, 300 p.
Entièrement consacré au transfert, voici un ouvrage important.
Celui-ci est analysé dans le cadre de la théorie de l'apprentissage act* générale 619 Psychologie
d'Anderson. L'idée dominante est que le transfert d'une habileté à une
autre dépend du nombre d' « éléments identiques » comme l'affirmait
Thordike, mais ceux-ci sont identifiés à des règles de production plutôt
qu'à des couples stimulus-réponse. Plusieurs types de transfert sont
envisagés, comme le transfert latéral et vertical en se référant à une
distinction de Gagné, et plusieurs conséquences, comme le transfert
positif, négatif ou nul. Ces thèmes sont illustrés par des études expéri
mentales concernant l'utilisation de logiciels de traitement de texte
ou les mathématiques. Les mécanismes sont simulés par des modèles
informatiques. Une question transparaît tout au long des chapitres,
celle du degré de généralité ou de spécificité du transfert.
Plusieurs modifications ou spécifications de la théorie act* sont
présentées. Ainsi la généralisation et la discrimination ne relèvent plus
d'un mécanisme spécifique d'acquisition. Par contre l'analogie structur
ale, qui repose sur des exemples connus, est promue au rang de méca
nisme fondamental. L'apprentissage des productions est réalisé en un
seul essai par tout ou rien. Le cœur de la théorie demeure le passage du
stade initial « déclaratif », où les connaissances déclaratives sur le
domaine sont interprétées par des méthodes dites « faibles » en ce sens
qu'elles ne tirent pas profit des particularités du domaine, à un stade
« procédural ». L'interprétation de la transition est assurée par le pro
cessus de « compilation » qui opère sur la trace du processus d'inter
prétation en condensant une suite de productions en une seule pro
duction ayant le même effet.
Le transfert vertical, c'est-à-dire le transfert des habiletés de niveau
inférieur vers des habiletés de niveau supérieur, est traité comme l'ac
quisition des prérequis de cette dernière, ce qui relève du processus
général d'acquisition. Le transfert latéral, par exemple d'un traitement
de texte vers un autre, serait plus dépendant de la similitude de leur
structure de but que du nombre d'éléments communs. Alors que la
possibilité d'un transfert négatif était exclue dans des écrits précédents,
elle est acceptée ici et rapportée au transfert positif de méthodes non
optimales. Le transfert dit analogique est un transfert intra-domaine
dans lequel le sujet d'une part applique des opérateurs par une mise
en correspondance entre formules et données, et d'autre part sélec
tionne des opérateurs.
Deux résultats importants doivent être soulignés. Tout d'abord la
théorie prédit une grande spécificité des connaissances procédurales
car différents usages d'une même base de déclaratives
engendrent des productions différentes. Les résultats expérimentaux
sont conformes à cette prédiction, par exemple en ce qui concerne le
calcul différentiel et le calcul intégral par des débutants (mais la phase
d'acquisition est très brève). Cependant le transfert positif s'avérant
plus important que prévu par l'hypothèse que celui-ci est fonction du
nombre de productions communes entre deux habiletés, on considère Analyses bibliographiques 620
que l'existence d'une base de connaissances commune constitue une
source additionnelle de transfert dans la phase initiale d'acquisition.
Les résultats sont favorables. Ceci permet avec d'autres considérations
d'assouplir certains aspects rigides des premières versions de la théorie.
C. George.
Roediger H. L. et Craik F. I. M. (Edit.) — (1989) Varieties of memory
and consciousness : Essays in honour of Endel Tulving, Hillsdale (nj),
Lawrence Erlbaum, 445 p.
En 1987 s'est tenu un congrès à l'occasion du 60e anniversaire
d'Endel Tulving. Vingt et un des meilleurs spécialistes de la mémoire
y étaient invités à présenter une contribution s'inscrivant, plus ou moins
directement, dans l'un des thèmes de recherche explorés par Tulving.
Ces contributions ont été regroupées, après révision, dans le présent
ouvrage.
Tulving est sans doute surtout connu des non-spécialistes pour avoir
distingué les mémoires épisodique et sémantique, et le chapitre 13, écrit
par Neely, fait le point sur cette question. Mais son apport n'est pas
limité, très loin de là, à cet aspect. Une autre contribution majeure a été
de montrer que le souvenir d'un événement n'est possible que si les
propriétés de la trace de cet événement sont suffisamment similaires à
l'information fournie par les indices de récupération, un phénomène
connu sous le nom de encoding specificity principle. Roediger, Weldon,
et Challis défendent l'idée selon laquelle ce principe peut être généralisé
et implémenté dans une approche procédurale (cf. la notion de transfer
appropriate processing) pour rendre compte des dissociations entre
mémoire explicite et implicite d'une façon plus économique que ne le
fait l'hypothèse de systèmes mnémoniques séparés. Les deux chapitres
suivants concernent les processus de codage. Craik analyse quelques
facteurs susceptibles de favoriser l'intégration d'un événement à son
contexte ; il souligne en particulier le rôle de l'attention et de la valeur
affective des événements. La contribution de Watkins, pour sa part,
traite des modes de contrôle, et développe plus spécifiquement les
déterminants non volontaires des processus de codage, quelque peu
négligés dans la période actuelle. Enfin, Ratclifî et McKoon terminent
cette première partie, consacrée aux interactions entre les processus de
codage et de récupération, en traitant de la phase de récupération dans
une étude comparative de plusieurs modèles.
Weiskrantz ouvre la seconde partie de l'ouvrage, orientée vers les
aspects neuropsychologiques, en arguant que le principal apport de la
neuropsychologie aux théories de la mémoire repose sur l'obtention de
dissociations doubles, qui requièrent des comparaisons entre plusieurs

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