Psychologie générale. Traités - compte-rendu ; n°1 ; vol.58, pg 287-300

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L'année psychologique - Année 1958 - Volume 58 - Numéro 1 - Pages 287-300
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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F Bresson
P Fraisse
N. Heissler
J. Le Ny
Geneviève Oléron
Henri Piéron
G. Viaud
I. Psychologie générale. Traités
In: L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 287-300.
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Bresson F, Fraisse P, Heissler N., Le Ny J., Oléron Geneviève, Piéron Henri, Viaud G. I. Psychologie générale. Traités. In:
L'année psychologique. 1958 vol. 58, n°1. pp. 287-300.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1958_num_58_1_26690— LIVRES IL
I. — Psychologie générale. Traités
SMIRNOV (A. A.), LEONTIEV (A. N.), RUBINSTEIN (S. L.),
TEPLOV (B. M.). — (En russe) (Psychologie). — In-8° de 576 pages,
Moscou, Édit. scol. pédag. minist. Instruc. publ. R.S.F.S.R., 1956.
Il s'agit d'un manuel, publié sous l'égide du ministère de l'Instruction
publique de l'U.R.S.S., et destiné aux instituts pédagogiques.
C'est un ouvrage collectif, élaboré par un comité de rédaction qui
comprenait, outre les principaux auteurs cités, et selon les chapitres :
L. V. Blagonadejina, F. N. Gonobolin, K. M. Guriewitch, E. V. G-urianov,
N. I. Jinkin, E. I. Ignatiev, V. A. Krutetski, I. S. Leites, A. R. Luria,
N. A. Mentchinskaia, A. N. et E. N. Sokolov, D. B. Elkonin, avec un
certain nombre d'autres collaborateurs.
Le manuel se divise en 6 sections, recouvrant en tout 20 chapitres,
qui traitent à peu près toutes les questions classiques de la psychologie.
La première section est consacrée aux problèmes généraux : objet,
tâches et méthodes de la psychologie, d'abord ; un second chapitre
expose les grands traits de l'activité nerveuse supérieure, avec une place
importante accordée à la physiologie classique du système nerveux ;
l'importance du développement dans le psychisme et le rôle de la
conscience chez l'homme sont ensuite soulignés. La seconde section, de
beaucoup la plus étendue, est consacrée aux processus cognitifs : sensat
ions, perceptions, attention, mémoire, pensée, langage, imagination.
Les trois sections suivantes envisagent successivement l'affectivité et les
besoins, l'activité volontaire et les habitudes, enfin les propriétés psy
chiques de la personnalité (aptitudes, types d'activité nerveuse supér
ieure, caractère). Une dernière section fait un sort particulier au déve
loppement psychique de l'enfant, considéré notamment en fonction
de l'école.
Les auteurs se sont proposé, dans ce nouveau manuel, de tenir compte
des acquisitions récentes et des changements survenus dans la psychol
ogie soviétique durant ces dernières années ; c'est pourquoi notamment
une importance particulière est accordée aux lois de l'activité nerveuse
supérieure, considérées comme la base physiologique des processus psy
chiques ; de même on a donné une place plus grande aux données expéri
mentales (obtenues par des auteurs soviétiques), en mettant l'accent sur ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 288
les plus récentes ; l'importance donnée au développement psychologique
de l'enfant a également été accrue dans ce manuel. Quelques dessins et
graphiques illustrent le livre.
J. L. N.
CHAUCHARD (P.). — Précis de biologie humaine. Les bases orga
niques du comportement et de la pensée, in-8° de 403 pages, Paris,
P.U.F.
Dans ce petit ouvrage, très dense, P. Chauchard a réuni, pour les
étudiants en psychologie et en Sciences humaines, les bases physio
logiques et biologiques indispensables. Il comble ainsi une lacune très
regrettable de notre Enseignement supérieur, qui n'a pas d'enseignement
propédeutique scientifique approprié à la formation des étudiants en
psychologie. Nous le recommandons très volontiers à nos élèves, auxquels
il rendra de grands services, par sa clarté, sa simplicité et sa précision.
Il est inutile que nous en rendions compte en détail : le mieux est de le lire.
G. V.
SPENCE (K. W.). — Behavior theory and conditioning (Théorie
du comportement et conditionnement) . — In-8° de 262 pages, New
Haven, Yale Univ. Press, 1956.
Ce volume reproduit 7 leçons prononcées à l'Université de Yale dans
le cadre du cours annuel de la fondation Silliman ; c'était la première
fois qu'un psychologue était appelé à professer ce cours.
Il nous fait connaître, avec les limitations imposées par le temps
disponible, l'état le plus récent des conceptions de Spence, c'est-à-dire
dû représentant le plus typique, depuis la mort de Hull, du grand courant
de la psychologie américaine de l'apprentissage fécondée par le condi
tionnement.
Pour illustrer les vues générales de l'auteur sur sa propre orientation,
telles qu'il les exprime dans son exposé initial sur les différentes concep
tions historiques de la psychologie (on n'y trouve, pour le xxe siècle,
aucun auteur non américain), on ne peut mieux faire que citer l'apologue
de Galilée : ce dernier revient aujourd'hui sur la terre ; il y trouve tous
les produits du progrès contemporain, mais nul savant ni technicien pour
en assurer le fonctionnement ; pressé de résoudre les problèmes ainsi
posés, Galilée a devant lui deux voies : il pourrait, empiriquement, par
une méthode d'essais et erreurs, essayer de faire tant bien que mal
fonctionner les appareils et engins divers qu'on lui soumet ; mais sans
doute Galilée préférera-t-il se remettre tranquillement à faire rouler
des billes sur des plans inclinés. Ainsi de la psychologie ; trop souvent
l'empirisme l'emporte sur la recherche fondamentale, « et ceci en dépit
du fait que l'histoire des autres sciences a montré de façon répétée que
l'étendue et la justesse de n'importe quel programme d'application
repose sur le degré de développement d'un système de lois qui en consti
tue la base ». LIVRES 289
Partant de l'apprentissage sélectif (ou « par essais et erreurs »),
Spence montre comment sa complexité a conduit à mettre l'accent sur
des formes plus simples d'apprentissage : le conditionnement instru
mental, et, encore mieux, le conditionnement classique. Spence tire tou
tefois de son analyse la conclusion que, malgré leurs niveaux différents
de complexité, ces sortes ne comportent pas de diff
érence de nature.
C'était là le point de vue de Hull, et ce sont les concepts systématiques
de ce dernier qui vont servir de base au modèle théorique de Spence.
Néanmoins des différences notables existent entre les deux conceptions,
et elles sont ici présentées explicitement. Elles portent d'abord sur le
formalisme mathématique qui risque, estime Spence, de donner une idée
inexacte de l'état actuel de développement de la théorie psychologique ;
c'est ensuite la tendance, exagérée chez Hull, quoique nullement
condamnable en principe, à chercher une interprétation physiologique,
souvent hypothétique, à des faits ou des concepts psychologiques ;
Spence fait encore des réserves sur la théorie du renforcement (par réduc
tion du besoin) ; il estime qu'il n'y a aucun inconvénient pour le psy
chologue à se passer de toute hypothèse sur la nature exacte de ce qui
produit le renforcement ; cela ne l'empêche pas de définir opération-
nellement ce dernier (comme tout type d'événement dont l'apparition
avec ou après une réponse accroît la probabilité subséquente de cette
réponse). En dernier lieu, Spence juge nécessaire de se montrer plus
réservé que Hull dans l'élaboration d'interprétations théoriques lorsque
les bases expérimentales sont trop minces.
Tout un chapitre est consacré à l'étude détaillée des courbes d'apprent
issage. L'auteur, qui se montre réticent à l'égard des résultats obtenus
par mélange de données individuelles, utilise plutôt des moyennes
de sous-groupes d'individus donnant des performances comparables
(l'échantillon total est généralement divisé par tiers). Il passe ainsi en
revue successivement les résultats obtenus pour la fréquence de la
réponse, son amplitude (ou sa magnitude), sa vitesse d'évocation (et
éventuellement sa vitesse d'exécution), sa résistance à l'extinction, et
ceci séparément pour le conditionnement classique et le conditionnement
instrumental ; il faut noter d'ailleurs que pour le premier, les résultats
(souvent inédits) portent pour l'essentiel sur le réflexe palpébral chez
l'homme ; le conditionnement salivaire, avec les expériences et les
interprétations pavloviennes sont entièrement absents de l'ouvrage.
La principale conclusion est que, à côté de la courbe négativement accé
lérée classique, il faut faire une place à la en S (avec une partie
positivement accélérée malgré tout peu importante).
Le modèle théorique de Spence reprend, comme nous l'avons dit,
les principaux concepts de Hull : « habit strength » (H), « reaction (ou
« excitatory ») potential » (E), « oscillatory inhibition » (O), « drive» (D)
et « incentive » (K), etc., avec quelques divergences ou précisions.
C'est sans doute sur les questions de la motivation que l'apport de
A. l'SVCHUL. 58 1<J 290 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Spence est le plus sensible. Étudiant en détail le rôle du renforcement
dans l'apprentissage instrumental, notamment l'action des propriétés
quantitatives de l'agent renforçant (récompense), et du délai de renfor
cement, il développe une conception originale du rôle des réponses par
tielles anticipatrices du but : il s'agit, par exemple, pendant le parcours
d'un couloir par un rat, des réflexes conditionnés classiques (salivation,
mastication...), qui se développent avant l'obtention du renforcement
alimentaire ; Spence attribue à ces réponses une fonction motivante,
et il analyse un certain nombre d'expériences qui lui semblent aller dans
le sens de cette interprétation.
Un chapitre est ensuite consacré à la motivation générale (« drive »)
conçue comme ayant un effet multiplicatif sur la force de l'habitude ; la
conception de Hull est ici modifiée par le rôle attribué aux motivations
émotionnelles, notamment à l'anxiété, que nous retrouverons dans le
chapitre suivant, dans des études consacrées à certaines formes de com
portement humain. C'est en effet avec quelques applications de son
modèle à des formes d'apprentissage complexe (par exemple l'appren
tissage sélectif, impliquant plusieurs réponses mutuellement exclusives,
ou l'apprentissage verbal par couples) que Spence termine cet ouvrage,
illustrant ainsi son idée que le recours aux lois fondamentales doit per
mettre, en son temps, l'explication progressive des comportements
complexes.
Qu'en dirait Galilée ? Peut-être, que cette psychologie est bien peu
encore une science humaine ; mais qu'elle prend au moins le chemin
d'être une science exacte.
J. L. N.
Mathematical models of human behavior. Proceedings of a Symposium
(Modèles mathématiques du comportement humain. Actes d'un sym
posium). — In-8° de 103 pages, Stamford, Dunlap Associates,
1955.
Ce petit livre contient onze articles qui n'ont en commun que d'être
des tentatives pour développer sur des points particuliers des modèles
mathématiques, mais il ne contient aucune des discussions qui consti
tuent en général une part importante des actes de symposia. Six de ces
articles portent sur les processus de décision, deux sur les modèles
statistiques de l'apprentissage, un sur la prévention des accidents, un
sur les échelles. Il s'agit donc de points techniques bien précis qui n'inté
resseront sans doute que les chercheurs qui travaillent dans ces domaines.
L'article de Bush précise un point de son travail sur les modèles sta
tistiques de l'apprentissage : le cas de trois, ou plus, réponses. Les articles
de Flood, Marschak, Markowitz, Jarvik et W. Edward, ont trait dire
ctement au problème de la décision et de l'utilité. L'article de Marschak
insiste particulièrement sur la pression de l'aspect normatif des modèles
issus de la théorie des jeux, puisqu'ils déterminent des optimums et sur
la nécessité d'y introduire un composant aléatoire pour atteindre un LIVRES 291
modèle de comportement de choix qui soit non plus normatif mais des
criptif — différences qui apparaissent nettement dans le compte rendu
d'une expérience de choix effectuée par Flood.
F. B.
COHEN (J.), HANSEL (M.). — Risque et jeu. Probabilités subject
ives (trad, de J. P. Boss). — In-8° de 108 pages, Neuchâtel et Paris,
Delachaux & Niestlé, 1957.
Le titre prometteur de cet ouvrage, son allusion à des questions « à la
mode » créent un peu sans doute la déception du lecteur qui trouve fort
peu de choses à se mettre sous la dent dans ce petit livre. Les titres des
différents chapitres annoncent en effet des rubriques fondamentales
dans ce domaine : prédiction subjective, échantillonnage, le langage
de l'incertain, l'intensité des convictions, le prix d'un risque, l'estimation
des fréquences, les probabilités subjectives dans le jeu. Mais pour chacun
de ces cadres le contenu est minime : quelques expériences, dont l'exposé
des résultats n'est pas toujours clair, peut-être pour se trop garder des
« simplifications statistiques » auxquels l'auteur fait allusion dans sa
préface. En outre, la discussion des aspects fondamentaux, théoriques
et pratiques, fait totalement défaut. Était-il besoin de vouloir faire la
matière d'un livre de ces expériences dont l'essentiel était déjà publié
dans les revues ? De toute façon, on est surpris de voir l'absence systé
matique de références aux travaux poursuivis ailleurs dans ce domaine.
Les seules fournies sont très secondaires et il est étonnant
de lire dans la préface qu' « il n'existe, pour ainsi dire, aucune littérature
sur notre sujet ».
Cet ouvrage, dont la traduction ne s'imposait peut-être pas, a toutef
ois été fort bien traduit.
F. B.
WILLIAMS (J. D.). — La stratégie dans les actions humaines ;
les affaires, la guerre, les jeux (trad, par Mme Mesnage), préface de
G. Th. Guilbaud. — In-8° de 278 pages, Paris, Dunod, 1956.
Cet excellent petit livre sur un sujet à la mode, agréablement écrit et
présenté avec humour doit avoir beaucoup de succès. Il constitue une
intelligente vulgarisation de la théorie des jeux, c'est-à-dire que le lecteur
qui aura étudié ces pages et pratiqué les exercices aura sans doute envie
de pousser plus loin son étude et d'aborder des ouvrages mathématiques.
Tel qu'il est présenté, il n'implique aucune connaissance technique spé
ciale, les calculs sont élémentaires, mais il indique sur des cas simples les
directions et les principes de recherche, empruntant ses exemples aux
domaines les plus divers de l'application ; et les traducteurs ont joint
in fine des indications bibliographiques en langue française qui permett
ront de prolonger l'étude. Le but de l'auteur : produire « une sorte
d'A B C de la Théorie des Jeux que l'on puisse lire au coin de son feu »
a certainement été atteint, mais cet A B C va au plus loin qu'il lui est 292 ANALYSES BtëLiÔGRAPHlQUËS
permis dans les limites des connaissances mathématiques requiâeS.
Après une introduction qui indique le principe des solutions minima,
l'ouvrage aborde les jeux à deux stratégies, puis à trois et quatre ou
davantage. Un dernier chapitre traite des stratégies dominantes, des
solutions multiples, des jeux symétriques, de la programmation linéaire
et évoque la question des jeux à somme non nulle. Cet ouvrage bien fait
a été, ce qui ne gâte rien, fort bien traduit.
F. B.
GOSS A (P.). — La Cybernétique, « du cerveau humain aux cerveaux
artificiels ». — In-8° de 102 pages, Paris, Masson, 1957.
Cette « deuxième édition revue et corrigée » était-elle nécessaire ?
Ce petit livre semble en effet anachronique. La discussion de la cyber
nétique y porte sans cesse à faux car ses développements actuels ne
vont ni dans le sens de M. Coufïignal, ni dans celui des Tortues de G. Walt
er. Les problèmes techniques des modèles informationnels sont méconnus
et la discussion est close par un « recours à la conscience » que nulle
machine ne saurait imiter. Le livre est toutefois d'une lecture agréable,
et sympathique dans l'ensemble, bien que l'on déplore de trop nombreuses
inexactitudes dans les références.
F. B.
BRUNSWIK (E.). — Perception and the representative design of
psychological experiments (La perception et les schémas représentatifs
des expériences psychologiques). — In-8° de 154 pages, Berkeley et
Los Angeles, University of California Press, 1956.
Cet ouvrage que E. B. a achevé peu de temps avant sa mort prémat
urée est tout à la fois un résumé de son œuvre et le dernier état de sa
réflexion. Tout comme le titre l'indique, il y traite deux sujets étroit
ement unis à toutes les étapes du développement. Le premier est la
manière de concevoir l'expérimentation en psychologie. Jusqu'à présent,
remarque-t-il, on a surtout cherché à isoler une variable par un plan de
recherche systématique. Mais ce faisant, on a fait des expériences dont la
valeur prédictive était inconnue car les situations ne correspondaient pas
à celles de la vie réelle. Aussi propose-t-il de modifier complètement cette
conception et de réaliser des expériences sur une base représentative
c'est-à-dire dans des situations représentatives de la vie réelles. La rigueur
y perdra mais les résultats seront plus valides. La difficulté est évidem
ment de savoir quelles sont les situations représentatives et il faut mult
iplier les expériences. Le meilleur exemple de cette nouvelle orientation
est cette recherche où il a étudié la constance des grandeurs chez un
sujet en le suivant dans la vie courante. Le sujet devait, à la demande de
l'expérimentateur, estimer la taille d'objets sur lesquels il portait ses
yeux. Cette méthode originale est pleinement en harmonie avec les
conceptions théoriques de E. B. sur la perception. Notre perception des
objets dépend des repères que nous fournit le monde extérieur. Ces LIVRKS 293
indices sont en quelque sorte localisés. Notre perception agissant comme
une intégration statistique, ce sont les combinaisons les plus probables
qui sont retenues. Il se réalise ainsi un système stable de perceptions
avec parfois des compromis qui minimisent les erreurs. Aussi expliquera-
t-il par exemple la loi gestaltiste de la proximité. Les stimulations proches
tendent à se structurer parce que dans le milieu écologique où nous vivons
la proximité de stimulations identiques s'allie plus souvent à l'unité des
objets qu'à leur séparation.
Ces considérations théoriques sont sans cesse étayées par des expér
iences. Le livre est difficile à lire mais son originalité est grande et on
ne cessera de s'y référer car il ouvre des voies prometteuses qui sont en
harmonie avec les conceptions probabilistes du comportement.
P. F.
FRAISSE (P.). — Les structures rythmiques. — In-8° de 124 pages,
Bruxelles, Paris, Érasme.
Ce livre est consacré à l'étude psychologique de la perception des
structures rythmiques à l'aide de méthodes expérimentales. Il est l'a
pproche d'une théorie psychophysiologique du rythme que l'auteur
expose brièvement à propos de l'interprétation de la structure temporelle
des rythmes.
L'expérience rythmique est due non seulement à l'appréhension ou
perception des structures sonores mais dépend également d'effets moteurs
qui déterminent certaines réactions affectives. Cette prise de position
oriente l'auteur dans le choix de ses méthodes d'investigation. Nous ne
donnerons que quelques brèves indications sur les principaux problèmes
abordés dans ce livre.
Le groupement rythmique ou groupement subjectif d'éléments qui
se répètent régulièrement dans le temps paraît être une des manif
estations le plus élémentaires de l'expérience rythmique. Subjectif, il
« impose aux données physiques des contraintes ». Ainsi l'auteur examine
les limites temporelles des groupements rythmiques, leur nature et leur
organisation. Les deux caractères du rythme « structure et périodicité »
peuvent se distinguer par leurs effets propres mais ils se conditionnent l'un
l'autre sans qu'il soit possible de les isoler réellement dans les rythmes ».
Il apparaît bien que l'organisation temporelle est fondamentale
dans le rythme et l'auteur y consacre la plus grande partie de son
ouvrage. L'étude des mouvements rythmés et arythmés ainsi que celle
des structures rythmiques spontanées font apparaître l'existence de
deux catégories de temps. Temps longs de 40 à 100 es et temps courts
de 18 à 30 es. Ces deux temps tendent à être dans un rapport optimum
de 1.5. D'une part, le rythme organise en la différenciant la succession
régulière des mouvements mais selon des structures relativement simples.
D'autre part, l'activité arythmée essaye de briser cette succession régul
ière des mouvements, activité primitive, en y introduisant des irrégul
arités. 294 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La stabilité des structures rythmiques est examinée en tenant compte
du tempo. Elle est indépendante du mode de contrôle auditif ou visuel
du sujet et de l'effecteur qui reproduit les structures rythmiques.
Dans l'établissement ou la reproduction de modèles, toute la dyna
mique de l'organisation rythmique apparaît. Elle dépend du processus
« de distinction » qui tend à allonger les temps longs de telle sorte qu'une
différenciation plus grande apparaisse entre ceux-ci et les temps courts.
Elle dépend également du processus « d'assimilation » qui réduit les
catégories des intervalles à deux, courts et longs. Ainsi des structures
rythmiques équivoques tendent à être transformées par la répétition
en structures stables.
Dans cette stabilité des structures, « l'intervalle » qui est un temps
vide, une pause entre deux structures rythmiques, voit son rôle précisé.
Sa durée n'est pas indéterminée mais de l'ordre de 60 à 80 es, elle ne
peut excéder celle au delà de laquelle les éléments rythmiques successifs
ne sont plus liés entre eux. En effet « l'analyse du rythme n'est complète
que s'il est écrit comme une suite d'unités rythmiques dont la répétition
n'est pas une donnée surajoutée ».
L'auteur présente brièvement les relations qui existent entre l'accen
tuation et l'organisation temporelle des rythmes. Ces accents agissent
spécialement sur la motricité pour la déclencher ; le retour pério
dique de ceux-ci renforce les effets moteurs et la stabilité du rythme
induit. Ce livre se termine par une généralisation de l'application de ces
lois à l'étude du rythme en musique et en poésie.
La précision de la démarche scientifique de l'auteur nous rend acces
sible la connaissance de nombreux déterminants de l'expérience ryth
mique. Par sa théorie psychophysiologique, l'auteur tend à réduire l'oppo
sition souvent très marquée dans de nombreuses théories antérieures
entre le rôle de l'activité perceptive et celui de l'activité motrice dans
l'appréhension du rythme. G. O.
Nebraska Symposium on motivation (Symposium de Nebraska sur
la motivation), vol. IV, 1956. — In-8° de 311 pages, University of Press, Lincoln, 1956.
Comme tous les volumes qui rendent compte d'un Symposium, celui-ci*
n'a pour unité que son thème. Et encore ? Le problème de la motivation
est si vaste et si complexe qu'il est possible d'en parler à plusieurs sans
que s'instaure un dialogue.
Parmi les quatre rapports, celui de S. Koch occupe une place à part.
Il est théorique, de lecture difficile, mais il oblige à réfléchir. Il attaque
ses collègues qui étudient le rat mais qui pensent à l'homme comme si
l'on pouvait passer de l'un à l'autre. Il dénonce une conception instru-
mentaliste qui nous fait rechercher des fins extrinsèques à nos actes.
Pourquoi une activité n'aurait-elle pas comme la motivité sa fin en elle-
même ? Doit-on rechercher un principe explicatif commun à tous nos
motifs ? Autant de questions évidemment centrales. LIVRES 295
Beach F. A. expose ses conceptions sur les caractéristiques du besoin
sexuel mâle à partir de ses recherches sur le rat. Celles-ci l'amènent à
distinguer deux mécanismes, un mécanisme d'éveil sexuel ou seuil de
la copulation et un mécanisme d'intromission et d'éjaculation.
Marx M. a cherché à vérifier les théories de Brown et Färber selon
lesquelles toute frustration aurait un effet énergisant général. Les expé
riences sans être absolument concluantes permettent de penser qu'il en
est bien ainsi.
Enfin D. R. Miller et G. E. Swanson présentent une intéressante
étude des conflits chez l'homme. Dans ces cas il y a des modes de substi
tution des besoins qui dépendraient du système de valeurs d'un individu,
de son style expressif, c'est-à-dire de sa manière de manifester ses besoins
et enfin de ses mécanismes de défense.
Ces modalités dépendent évidemment beaucoup du milieu dans lequel
on a vécu et pour le prouver les auteurs ont fait des expériences sur les
enfants de deux classes sociales différentes en utilisant surtout la tech
nique des histoires à compléter. Sur les trois modalités envisagées, il y a1
des différences significatives. Les sentiments de culpabilité sont plus
forts chez ceux qui ont reçu une éducation où les sanctions étaient
morales que physiques ; chez les mêmes, les manifestations d'agressivité
sont moins directes, et ils ont plus de contrôles d'eux-mêmes, leurs méca
nismes de défense étant plus subtils.
Ce volume s'ajoutant aux trois précédents fait de la collection des
Symposia sur la motivation de l'Université de Nebraska une source
de documentation irremplaçable. P. F.
TEPLOV (B. M.), MAIZEL (N. I.), RAVITCH-CHTERBO (I. V.),
SCHWARZ (L. A.), LEITES (N. S.), NEBYLITSIN (V. D.),
ROJDESTVENSKAYA (V. I.), BORISSOVA (M. N.), KOS-
SOV (B. B.). — (En russe) (Particularités typologiques de V activité
nerveuse supérieure de Vhomme). — In-4° de 410 pages, Moscou, Édi
tions de l'Académie des Sciences pédagogiques, 1956.
Cet ouvrage constitue un recueil d'expériences sur les types généraux
(c'est-à-dire basés sur les différences entre les propriétés fondamentales
des processus nerveux) et les types spécifiquement humains (basés sur
les différences des systèmes de signalisation). Il débute par un long article
de Téplov, étayé par une bibliographie de 265 titres. L'auteur y dresse
l'historique des travaux et des discussions suscitées par les types nerveux.
Montrant l'évolution de la notion de type chez Pavlov lui-même,
tout au long de son œuvre scientifique, Téplov en conclut que, s'il est
erroné de prendre pour base des textes de 1927, il ne faut pas davantage
considérer la dernière opinion émise comme un héritage immuable.
Téplov met au premier plan de son étude la conception pavlovienne des
types, complexes de propriétés du système nerveux, et non la classifi
cation en quatre groupes de valeur inégale. L'essentiel est de pousser
l'étude de ces propriétés dans leurs diverses manifestations, au labo-

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