Psychologie générale. Traités - compte-rendu ; n°2 ; vol.57, pg 555-573

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L'année psychologique - Année 1957 - Volume 57 - Numéro 2 - Pages 555-573
19 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1957
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C. Andrieux
F. Bacher
F Bresson
G. Durandin
S. Ehrlich
J.-M. Faverge
César Florès
A.-M. Guerdet
P. Jampolsky
R. Lambert
Geneviève Oléron
Pierre Oléron
F. Orsini
Henri Piéron
N. Rausch de Traubenberg
E. Valin
I. Psychologie générale. Traités
In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 555-573.
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Andrieux C., Bacher F., Bresson F, Durandin G., Ehrlich S., Faverge J.-M., Florès César, Guerdet A.-M., Jampolsky P., Lambert
R., Oléron Geneviève, Oléron Pierre, Orsini F., Piéron Henri, Rausch de Traubenberg N., Valin E. I. Psychologie générale.
Traités. In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 555-573.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1957_num_57_2_26646— LIVRES II.
I. — Psychologie générale. Traités
REUCHLIN (M.). — Histoire de la psychologie. — In-8° de 125 pages,
« Que sais-je ? », Paris, Presses Universitaires de France, 1957.
Il n'existait pas en France d'histoire de la psychologie avant ce
petit livre qui vient donc à point combler une lacune. A juste titre
l'auteur s'est limité à l'histoire de la psychologie scientifique, soit en
gros à un siècle de développement — en indiquant toutefois les pionniers
comme Bouguer, Weber, Fehner et Helmholtz qui font la transition avec
Wundt. Écrire cette histoire c'est aussi retracer l'enfance d'une science
qui s'est extrêmement diversifiée : l'auteur a pris le parti de choisir
la spécificité des problèmes et des méthodes correspondantes pour
conduire son exposé, plutôt qu'un exposé qui grouperait les faits géogra-
phiquement ou par école. Ces derniers points de vue étaient peut-être
justifiés au xixe siècle, mais ils se sont de moins en moins trouvé corres
pondre à la réalité des faits, au fur et à mesure de l'affermissement des
techniques expérimentales en psychologie. Les six chapitres de ce
petit livre nous exposent ainsi le développement de la psychologie expé
rimentale, animale, différentielle, pathologique et clinique, psychologie
de l'enfant et psychologie sociale. Ce point de vue a le grand avantage
de laisser de côté des ramifications éphémères qui n'appartiennent
que formellement à l'histoire de la psychologie et de rattacher nos
problèmes actuels à leurs origines. Ce n'est pas le moindre mérite de
M. Reuchlin que de s'attacher plus à l'évolution des problèmes et des
techniques qu'aux faits anecdotiques ■ — en limitant son champ d'étude
il l'a approfondi et est parvenu à donner un texte aussi exhaustif que
la taille de l'ouvrage pouvait le permettre. En évitant l'écueil d'écrire
un abrégé des ouvrages de références tels que ceux de Boring, M. Reuchlin
a écrit un livre excellent et utile.
F. B.
BETH (W. E.), MAYS (W.), P1AGET (J.). — Épistémoiogie géné
tique et recherche psychologique. — ln-8° de 135 pages, Paris,
Presses Universitaires do France, 1957. — APOSTEL (L), MAN
DELBROT (B.), PIAGET (J.). — Logique et équilibre. — In-8° de
173 pages, Paris, Presses Universitaires de France, 1957.
Ces deux ouvrages rapportent les premiers résultats des travaux du
Centre international d'Épistémologie génétique créé à Genève par
J. Piaget. Ce centre a pour objet, ainsi que le rappelle celui-ci dans 556 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'introduction du premier tome, de confronter les spécialistes de diverses
branches et des psychologues sur les problèmes de cette discipline. Ces
deux ouvrages sont le début d'une série de publications à venir, dont
l'objet et, pour certains, les titres, sont déjà annoncés. Ils lui servent
d'introduction et permettent d'une part, de situer les domaines et les
types de problèmes à partir desquels se définit l'épistémologie génétique
et d'autre part, d'apporter une contribution à certains de ces problèmes.
Il s'agit, pour ce dernier point, d'une partie des travaux qui ont été
réalisés au cours de la première année de fonctionnement du centre
dont on peut ainsi apprécier l'activité et la fécondité.
L'épistémologie génétique, comme le savent ceux qui ont lu les
trois tomes que Piaget lui a consacré antérieurement, a pour objet
d'étudier la genèse et l'élaboration des connaissances scientifiques en
remontant jusqu'aux mécanismes formateurs que révèle l'étude de
l'enfant dans le développement de ses activités cognitives (sans que
soit exclu un effort pour remonter encore au delà, c'est-à-dire jusqu'aux
mécanismes nerveux sous-jacents). Piaget rappelle cette définition
dans le chapitre « Programme et méthodes de l'épistémologie génétique »
par lequel débute le premier tome et il trace le programme d'ensemble
des problèmes qu'elle est susceptible de soulever. Ceux-ci sont répartis
en fonction des diverses disciplines intéressées (logique, mathématiques,
physique, biologie et psychologie). On est naturellement tenté d'accorder
une particulière importance aux problèmes relatifs à la logique, puisque
c'est à eux que sera consacré la plus grande part des discussions su
ivantes et qu'ils comportent, pour cette raison sans doute, les dévelop
pements les plus approfondis.
Le problème des relations entre la logique et la psychologie est pré
senté sous la forme : à quels mécanismes correspondent les structures
logiques dans les activités du sujet, ce qui pose d'ailleurs la question
des relations entre les deux formes d'épistémologie : génétique et normat
ive. La solution vers laquelle s'oriente Piaget est de lier la logique à
l'action (plus exactement aux coordinations de l'action), ce qui lui
permet d'en définir la position originale par rapport à l'expérience
concrète de l'individu et par rapport aux activités, telles que le langage,
qui procèdent de la société. Ainsi se trouvent écartées les conceptions
aprioristes, empiristes et sociologico-linguistiques.
Ce thème est développé et enrichi dans le tome II (chapitre « Logique
et équilibre »). Les structures logiques sont présentées comme les formes
d'équilibre où tendent les coordinations du sujet. L'équilibre est conçu
d'une manière active, c'est pourquoi il est possible de l'utiliser comme
principe d'explication : il est le résultat du jeu de processus d'équil
ibration qui se succèdent et s'enchaînent. Le chapitre tout entier est un
bel exemple d'une étude d'épistémologie génétique : aux définitions
présentées sous la forme la plus générale s'associent les résultats anté
rieurs sur le développement de la logique chez l'enfant. Une des idées
directrices de l'exposé est celle de la hiérarchie des formes d'équilibre, i.ivrtF.s 557
aboutissant à définir la forme optimale, qui présente l'extension max
imum en ce qui concerne le champ et les possibilités de rétablissement
les plus simples et les mieux compensés en cas de rupture de l'équilibre
initial, Piaget défend sa conception en la justifiant dans le détail, consi
dérant d'abord les notions de conservation (un thème que connaissent
bien les lecteurs de ses travaux de psychologie) puis, d'une manière
plus générale, les structures opératoires (dont les principes de conser
vation sont les invariants). Il utilise les notions de la psychologie du
développement, en distinguant les divers niveaux d'activité (perceptive,
sensori-motrice, intellectuelle) que celle-ci a conduit à analyser et l'es
sentiel de son argumentation consiste à montrer que chacun constitue
également une forme d'équilibration. Pour expliquer le passage d'une
forme à l'autre, il introduit les notions de la théorie des jeux, en parti
culier celle du rendement d'une stratégie, pour montrer que les dernières
formes d'équilibration correspondent bien à un optimum. (C'est sur
cette partie que la critique pourrait sans doute s'exercer avec le plus
de fondement, en particulier en ce qui concerne la légitimité d'introduire
ces notions à un niveau qui ne peut impliquer de stratégies conscientes.)
Les autres contributions sont l'œuvre d'auteurs qui appartiennent
à des disciplines distinctes de la psychologie, logique, essentiellement,
et mathématiques. Dans le premier tome, Mays a consacré un chapitre
à discuter les idées de Carnap (dont l'empirisme logique présente des
rapports qu'il convient de préciser avec la doctrine par ailleurs défendue
par Piaget). C'est une étude à l'égard de laquelle les psychologues se
sentiront évidemment moins à l'aise, d'autant que l'auteur qui connaît
parfaitement son sujet suppose de la part de son lecteur un niveau
d'information qu'il n'a pas nécessairement. Mays termine cependant
son article, dans l'esprit de confrontation interdisciplines qui est celui
du centre, en indiquant les problèmes qui, posés par Carnap ou ses
adversaires, peuvent faire l'objet d'une expérimentation psychologique
Ce tome I se termine par une courte note de Beth sur les « tableaux
sémantiques » qui permettent de vérifier des propositions formelles
au moyen d'exemples qui se substituent aux variables formalisées.
Le tome II, en dehors de l'étude de Piaget dont on vient de parler,
contient d'abord un chapitre dû à Mandelbrot qui discute sur « les défi
nitions abstraites des degrés d'équilibre ». Il s'agit de dégager, parmi
diverses définitions possibles de l'équilibre, celle qui est suffisamment
générale pour s'appliquer aussi bien à la thermodynamique qu'à la
psychologie. Un chapitre terminal est dû à Apostel (équilibre, logique
et théorie des graphs). Il se présente comme une tentative pour établir
une liaison entre la logique et l'équilibre en utilisant cette fois une voie
deductive et non plus inductive. L'auteur a pensé trouver dans la théorie
des graphs un intermédiaire pour réaliser cette liaison et c'est autour
d'elle que le chapitre est construit.
Ces deux chapitres et surtout le dernier sont sans doute abstraits
et, avouons-le, difficiles pour les psychologues. Mais il faut reconnaître ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 558
que l'ensemble des deux ouvrages révèle les perspectives extrêmement
suggestives et stimulantes qu'ouvrent les travaux du Centre d'Épis-
témologie génétique et dont ont été frappés ceux qui ont eu l'honneur
de participer au premier symposium où ces travaux ont été présentés
et discutés. Ils font singulièrement honneur à celui qui a réalisé cette
entreprise, malgré des difficultés qu'il serait vain de dissimuler et ils
nous préparent à attendre avec le plus actif intérêt les ouvrages à paraître.
P. O.
En Russe (Recherches sur la psychologie de la perception). — In- 8°
de 431 pages, Moscou, Leningrad, Éditions de l'Académie des
Sciences de l'U. R. S. S., 1948.
Les différents travaux qui composent cet ouvrage ont en commun :
— Une ligne directrice, la théorie de Lénine sur le reflet autrement
dit le rôle dominant de l'objet dans le processus perceptif.
— Une méthode de travail qui combine l'étude psychophysiolo
gique à l'étude psychologique tout en exigeant de cette dernière un effort
qui permette de découvrir les lois des sensations et des perceptions en
tant que reflets de leurs objets.
L'introduction de S. L. Rubinstein est non seulement une présen
tation des problèmes généraux mais aussi et surtout une synthèse des
différentes recherches exposées dans les chapitres du livre. Chacun de
ces chapitres a été écrit par un auteur différent. Les deux premiers
sont consacrés à l'interaction des organes des sens et aux relations
de ceux-ci avec les différentes formes de sensibilité — sensibilité de
signalisation et sensiblité de reconnaissance de l'objet. La constance
de la perception fait l'objet de trois exposés, respectivement centrés
sur la forme, la grandeur et la couleur et dont le but général est de définir
des positions de principe et de découvrir le caractère de dépendance qui
lie la constance à l'objet. Le problème de la structure est évoqué en deux
articles et il est défini à partir d'une position résolument critique vis-à-
vis de la psychologie de la forme. Les illusions optiques, les liens des
structures et du contenu dans un cas d'agnosie et la perception temporelle
comparée chez les hommes et les animaux sont autant de chapitres
très spécialisés. Les derniers cinq articles qui terminent cet ouvrage
font un groupement plus spécialement consacré à des questions psycho
physiologiques, vision des couleurs et ses modifications sous l'influence
de divers excitants et audition.
Même s'il n'est pas très récent, le panorama présenté est fort riche.
N. R. T.
LINSCHOTEN (j.). — Strukturanalyse der binokularen Tiefe
nwahrnehmung (Analyse structurale de la perception binoculaire de la
profondeur). — Thèse de doctorat d'Utrecht, Groningen, 1956,
573 p. et 226 fig.
Dans ce grand ouvrage où sont envisagées de nombreuses ques
tions théoriques et exposées des données expérimentales diverses, LIVRES 559
l'auteur a développé des conceptions personnelles inspirées de la psy
chologie de la forme et des effets de champ pour rendre compte des
perceptions de profondeur liées aux déparations binoculaires.
Le premier chapitre est consacré à la théorie de Johannes Müller sur
l'identité des rétines et à la critique de la de la vision binoculaire
du relief fondée sur les postulats fondamentaux de Müller, montrant
que les explications structurales statiques sont inconciliables avec de
nombreuses données expérimentales. Les deux chapitres suivants sont
destinés à établir que les points correspondants ne sont pas nécessai
rement vus comme un point unique ; la vision peut être simple ou double
(en particulier sur un méridien vertical correspondant).
Et il développe son hypothèse dynamique qu'il existe, dans le champ
binoculaire, une force attractive s'exerçant entre les points dont l'image
se forme dans l'œil gauche et ceux dont l'image se forme dans l'œil
droit, attraction se traduisant, avec des points disparates par un dépla
cement de ces points dont l'amplitude donnerait celle de la profondeur
perçue : un déplacement homonyme (quand un point de l'œil gauche se
déplace vers la gauche, un point de l'oeil droit vers la droite) entraîne
une localisation en avant du de fixation, un déplacement hétéro-
nyme en arrière.
Les chapitres IV et V précisent la conception pour rendre compte des
données expérimentales, en se fondant sur l'augmentation de la force
attractive avec le rapprochement des images de points disparates, et
l'intervention d'une force restrictive antagoniste, qui limite, quand les
deux forces s'équilibrent, le champ de l'attraction, variable avec la
position plus ou moins périphérique.
Les chapitres suivants entendent réfuter les théories explicatives
fondées sur les données de la musculature oculaire (la convergence serait
expliquée par l'attraction et n'expliquerait rien par elle-même, et éliminer
les modèles neurophysiologiques faisant intervenir un isomorphisme
qui serait sans valeur psychologique ; enfin diverses questions connexes,
telles que celle de la dominance oculaire sont examinées finalement.
La donnée essentielle qui est l'objet de recherches expérimentales
de l'auteur est le phénomène de Danum : une verticale unique étant
vue par l'œil gauche et deux verticales voisines vues par l'œil droit, la
fusion de la verticale droite se fait aussi bien avec l'une ou l'autre des
verticales gauches. Or, que la fusion se fasse celle qui est plus à
droite ou plus à gauche, c'est, des deux lignes perçues celle qui est à
gauche qui paraît située en avant, alors que dans un cas elle est la ligne
de fusion, et dans l'autre la ligne isolée. Il n'y a dans ce cas aucune
déparation en jeu. Et c'est l'attraction qui est invoquée par l'auteur.
On doit d'ailleurs noter que cet effet perceptif n'est pas constant et
que certaines personnes ne l'éprouvent pas. Il est bien certain que les
processus perceptifs ne correspondent pas mécaniquement à des struc
tures précises et que toute perception est en réalité une interprétation
soumise à des facteurs multiples et complexes. .r,f,0 ANALYSES BIBMOO R APH [Q(J ES
Les notions d'attraction et de force restrictive constituent un langage
qui peut s'adapter à un certain nombre de données, mais qui ne peut
certes être considéré comme ayant une valeur explicative véritable.
H. P.
THORPE (L. P.), SCHMULLER (A. M.). — Les théories contem
poraines de l'apprentissage, trad, par J. M. Lemaine. — In-8° do
451 pages, Paris, Presses Universitaires de France, 1956.
L'édition anglaise de ce livre a déjà été longuement analysée dans le
fascicule 2 de l'Année psychologique de 1955. Rappelons seulement
qu'il s'agit d'un ouvrage dont l'objet est d'exposer à un public d'étudiants
el; de pédagogues, les grandes théories contemporaines de l'apprentissage
— Thorndike, Guthrie, Hull, Skinner, Lewin, Wheeler, Tolman el,
d'autres — et leurs incidences sur les méthodes et la pratique pédagog
iques. La traduction claire et rigoureuse de J. M. Lemaine permettra
aux lecteurs français de s'initier à la question sans avoir à se reporter
presque exclusivement aux ouvrages édités en langue anglaise, comme
c'était le cas jusqu'à présent.
C. F.
MCCLELLAND (D. C). — Studies in motivation (Études sur la
motivation). — In-8° de 552 pages, New York, Appleton-Century-
crofts, Inc., 1955.
Cet ouvrage, original par sa conception et la richesse de son contenu,
peut intéresser tout psychologue. Dans la préface l'auteur en explique le
but. Il se situe délibérément à contre courant des habitudes contractées
jusqu'à ce jour dans l'étude de la motivation (hiérarchie des besoins,
influence de la motivation sur tel ou tel aspect de la conduite). Ces habi
tudes reposent le plus souvent sur des postulats et des interprétations
théoriques contestables.
Toute conception unitaire de la motivation est rejetée. Le livre pré
sente une sélection de cinquante études sur la motivation (sur des « faits
de motivation ») très hétérogènes les unes par rapport aux autres. Ces
études rédigées par des spécialistes différents ont paru pour la plupart
dans des publications antérieures ; McClelland les a groupées autour de
quatre thèmes qui déterminent quatre parties de son livre : la motivation
et ses aspects psycho-dynamiques (conscients et inconscients), ses ori
gines biologiques, ses origines sociologiques, ses effets sur la conduite.
L'ensemble est lu avec curiosité ; il représente un matériel de travail très
polyvalent. On peut toutefois regretter qu'une tentative aussi originale
soit marquée par deux graves faiblesses. L'ouvrage a du mal à trouver sa
place entre un livre de morceaux choisis pour étudiants et une étude
érudite ; la pauvreté des références bibliographiques est très regrettable.
En fait, l'auteur n'a pas choisi et ceci explique le deuxième défaut de
l'ouvrage : l'absence de réflexion personnelle. On eût souhaité trouver un
dernier chapitre qui, sans exposer une gigantesque synthèse, aurait r. iv it ks ;>GI
dégagé les questions essentielles, mises en cause dans les cinquante
études. L'ouvrage, pour échapper au conformisme des études monistes
classiques, risque par son aspect purement mosaïque, de se heurter à un
autre écueil : celui de la facilité.
F O.
MASLOW (A.), MCCLELLAND (D. C), OLDS (S.), PEAK (H.),
ROTTER (J. B.), YOUNG (P. T.). — Nebraska symposium on
motivation (Symposium Nebraska sur la, motivation). — - In-8° de
274 pages, Lincoln, University of Nebraska Press, 1955.
Ce troisième symposium sur la motivation manifeste l'importance et
la difficulté des questions relatives à la motivation. Comme dans les
précédents symposia, les problèmes fondamentaux sont ceux de la défi
nition de la motivation et de son interprétation. On retrouve le même
effort d'élargissement des vues traditionnelles avec McClelland, Maslow,
Peak et Rotter. Un point de vue nouveau, plus restrictif, est présenté
par Olds qui expose d'autre part des techniques d'expérimentation fort,
ingénieuses. Sur cet ensemble, se détache la thèse classique de Young.
L'intérêt du symposium est de maintenir au premier plan les théories
nouvelles sur le problème considéré. Malgré un certain flou et des
aspects contestables, il est clair qu'il faut compter désormais avec elles
dans l'étude de la motivation.
F. O.
MILLER (G. A.). — Langage et communication, trad, par C. Tho
mas. — In-8° de 404 pages, Paris, P. U. F., 1956.
Cet excellent ouvrage nous offre une vue d'ensemble très claire des
apports de la théorie de l'information à la psychologie du langage. Conçu
sous la forme d'un manuel ce livre est cependant très spécialisé, aussi
bien dans sa perspective générale qui est celle du behaviorisme le plus
strict, que dans sa définition du langage en terme de communication vu
sous l'angle de la théorie de l'information.
On peut distinguer deux parties dans cet ouvrage. La première
concerne l'étude des composantes physiques du message verbal ainsi que
les conditions optima de sa transmission correcte de l'émetteur au récep
teur. La deuxième partie traite les aspects sociaux du problème du lan
gage, les questions d'apprentissage, la pensée, les habitudes verbales...
Chacun de ces points est illustré par de nombreuses expériences.
Disons tout de suite que la deuxième partie est moins convaincante
que la première et cette différence nous semble marquer assez clairement
les limites de la théorie de l'information appliquée au langage. Tant que
l'on envisage seulement la structure physique des signaux verbaux ou
le réseau parcouru, la théorie de l'information nous offre un excellent
outil d'analyse statistique, cohérent et simple. Cependant elle semble
inapte à passer du plan physique des stimuli au plan psychologique, voire
physiologique, des fonctions et des processus dont on sait la complexité. 562 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II peut être avantageux à un certain stade de la recherche, d'ignorer
un problème comme celui de la signification par exemple, mais il est
difficile de concevoir une théorie exhaustive du langage qui n'accorderait
pas à la signification son importance incontestable dans les commun
ications verbales.
S. E.
BLACK (J. W.), MOORE (W. E.). — Speech : code, meaning, and
communication (Langage : code, signification et communication) . —
In-8° de 430 pages, McGraw-Hill, New York, 1955.
Ce livre est un manuel, clair et assez bien fait, qui couvre tout le
domaine du langage. Il expose à la fois les problèmes d'acoustique et de
phonétique, de sémantique. Il est conçu pour donner à la fois les éléments
théoriques et les données pratiques nécessaires pour améliorer l'utilisa
tion du langage : diction et composition du discours jusqu'aux questions
d'art oratoire. Conçu pour un enseignement destiné à des débutants il
est accompagné d'exercices et de textes et d'une bibliographie qui permet
de compléter l'étude. Il ne faut naturellement pas y chercher d'aspects
théoriques ou des faits nouveaux qu'il n'a pas l'intention d'apporter.
F. B.
GRAY (W. S.), RODGERS (B.). — Maturity in reading (La matur
ité dans la lecture). — In-8° de 273 pages, Chicago, The Univers
ity of Chicago Press, 1956.
« Qui lit quoi, pourquoi et comment » ? se demandent les auteurs de
cet ouvrage. Suit une étude psycho-sociologique centrée sur la notion de
maturité du lecteur. Maturité doit être comprise ici non pas comme un
aspect du développement psychobiologique individuel, plus ou moins
achevé mais plutôt comme une conséquence liée à la richesse des échanges
d'un individu, avec son entourage et la vie.
Une échelle de maturité avec 18 critères et 5 échelons chacun permet
de classer les différents individus « interviewés » en fonction de leur
niveau social, économique et intellectuel. L'enquête a porté sur
1 900 sujets d'un centre commercial de 160 000 habitants, sur un groupe
d'individus d'origine sociale et de niveau intellectuel très divers et enfin,
sur un groupe de personnes sélectionnées pour leur haut niveau d'eff
icience dans la lecture.
La conclusion qui se dégage le plus nettement de ce travail c'est que
la maturité de la lecture est étroitement liée à la maturité générale telle
qu'elle a été définie ci-dessus.
S. E.
HALL (C. S.), LINDZEY (G.). — Theories of Personality (Les
théories de la personnalité). — In-8° de 572 pages, New York, John
Wiley & Sons, 1957.
Il n'existe, à notre connaissance, dans la littérature psychologique,
aucun livre qui réponde à l'usage auquel ce livre est destiné. C. Hall T.ivitKS 563
et G. Lindzey nous apportent un résumé et un examen sérieux et
compréhensif des principales théories de la personnalité en cours dans
la psychologie contemporaine. Tout au moins devons-nous ajouter, la d'outre atlantique, car en ce qui concerne la psychologie
européenne, elle y est représentée par les psychologues allemands émigrés
aux États-Unis avant la guerre, mais, en dehors de ces représentants,
la place qui lui est accordée est réduite : seuls deux psychologues vivants
en Europe figurent dans ce livre, Jung et Eysenck, les caractérologues
notamment n'y sont pas inclus.
Cette réserve faite, le choix des 12 théories de la personnalité, abor
dées dans l'ouvrage nous paraît pertinent et l'examen de leur contenu
extrêmement fidèle. A chaque théorie correspond un chapitre subdivisé
en parties d'importance variable : une présentation de l'auteur (ou des
auteurs) de la théorie, de ses sources, de ses rapports avec des théories
voisines, suivies de l'analyse des structures, du système dynamique et
du développement de la personnalité particulier à la théorie — à ce
sujet nous avons observé que Hall et Lindzey utilisent le concept « struc
ture » dans un sens restrictif, par exemple ils appellent chez Freud
« structures », les trois instances, alors qu'ils examinent les mécanismes
du moi sous le paragraphe développement de la personnalité. Chaque
chapitre se termine par un exposé des principaux thèmes de recherches
menées ou inspirées par l'auteur de la théorie, ce qui nous permet une
revue rapide des recherches dans le domaine de la personnalité jus
qu'en 1955, et enfin par une évaluation du statut et des critiques susci
tées de la théorie examinée.
Quoique l'ouvrage n'a pas un caractère historiques et que chaque
théorie soit étudiée en elle-même, la succession des théories est pré
sentée dans un ordre chronologique et selon une certaine logique de déve
loppement de la psychologie dans son ensemble : d'abord les théories
ayant leur point de départ dans la psychanalyse ; puis celles, autour des
années 1935, influencées par l'École de la Gestalt; enfin les théories les
plus modernes, fondées sur la recherche empirique (analyses factorielles)
et sur des théories psychologiques expérimentales (théories de l'apprent
issage). Cette revue ainsi ordonnée nous fait d'une part prendre
conscience d'un développement progressif de la connaissance de la
personnalité et d'autre part nous permet des confrontations et des
rapprochements utiles pour juger des manques et des aspects positifs
de chaque théorie.
Tous les chapitres de ce livre nous paraissent d'une égale valeur,
témoignant d'un même jugement impartial : l'apport et l'influence de
la psychanalyse, non seulement celle de Freud, comme on pouvait s'y
attendre, mais aussi celle de Jung, y sont reconnus. Les préférences
personnelles des auteurs sont orientées vers les théories de la sociali
sation et de l'apprentissage, représentées par Dollard et Miller, Mowrer,
Sears, dont les concepts sont réellement explicites, traduisibles en faits
expérimentaux, faisant place prépondérante aux processus d'acquisi-

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