Psychologie génétique et pédagogie - compte-rendu ; n°2 ; vol.74, pg 658-665

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 2 - Pages 658-665
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
Lecture(s) : 15
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins

Psychologie génétique et pédagogie
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 658-665.
Citer ce document / Cite this document :
Psychologie génétique et pédagogie. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 658-665.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1974_num_74_2_28069Psychologie génétique et psychopédagogie
Mac Grew (W. C). — An Ethological Study of children's behavior.
— New York, The child psychology series Academic Press, 1972,
257 p.
Si une étude éthologique se réfère bien aux comportements spontanés
en milieu naturel, on peut se demander si la crèche (où toutes les obser
vations de Mac Grew ont été faites) est bien le milieu naturel des enfants,
et, en tout cas, s'il est le seul. En fait, l'ouvrage traite du comportement
spontané d'enfants de 4 ans environ dans une salle de jeu. Dans ce
cadre (plus étroit que ne l'annonce le titre) il présente un intérêt
considérable.
Les deux chapitres introductifs portent, d'une part, sur les recherches
antérieures, dans les domaines de la psychologie génétique, des études
sur l'agressivité, de la psychologie sociale et clinique, de l'anthropologie,
de la psychologie animale (les primates) et de l'éthologie humaine,
normale et pathologique. D'un aussi vaste tour d'horizon il ressort que
les nombreux auteurs évoqués soulignent le plus souvent le besoin
d'études scientifiques en milieu naturel, mais en présentent peu. La
référence à Darwin comme précurseur de l'éthologie humaine ne sur
prendra pas. D'autre part, l'introduction présente une définition du
problème de recherche, et des catégories de comportement qui seront
prises en compte. A cet égard, il faut noter la rigueur dans le découpage
des gestes par segments corporels et types de mouvements et la grande
précision dans la définition des catégories de comportements et des
éléments de contexte. On peut penser qu'il y a là une base méthodolo
gique à laquelle devront se référer désormais les chercheurs intéressés
par ce genre d'études.
Outre cet intérêt méthodologique, l'ouvrage présente un certain
nombre de résultats concernant les différences entre filles et garçons,
les comportements à l'égard des objets, les interactions entre enfants,
et entre enfants et adultes, les relations de dominance, etc. Sont étudiés
particulièrement la première prise de contact avec la crèche, le retour
des « anciens » après une longue interruption ; l'introduction dans le
groupe et le développement de la socialisation ; l'effet des variations
de la densité (surface par enfant) sur les comportements ; l'étude des
périodicités qui rythment certains (périodicités quoti
diennes, hebdomadaires, mensuelles ou annuelles). Pour chacun de
ces points, une présentation générale des recherches chez les primates,
et la comparaison avec les études humaines, est proposée. PSYCHOLOGIE GÉNÉTIQUE ET PSYCHOPÉDAGOGIE 659
La richesse même et la précision du matériel recueilli et des dis
cussions qui en sont proposées, en interdisent un résumé exhaustif.
L'ouvrage de Mac Grew paraît être d'importance majeure dans un
domaine où un fort courant de la psychologie actuelle paraît se déve
lopper. C'est sans nul doute un ouvrage de référence ; c'est, d'une
certaine manière, un modèle : l'observation comme méthode, l'éthologie
comme domaine de recherche scientifique, sont ici, probablement, d'une
aussi grande précision que possible. Les limites de l'ouvrage (peu de
sujets, non-représentativité de l'échantillon, limitations dans la notion
de « milieu naturel », etc.) ne sont-elles pas celles mêmes de ce type
d'études ?
F. WlNNYKAMEN.
Pépin (L.). — La psychologie des adolescents. — Toulouse, Privat,
1973, 221 p.
Cet ouvrage s'efforce de présenter succinctement ce que l'on connaît
actuellement de la psychologie des adolescents.
Après avoir brièvement évoqué leur récence, l'auteur rappelle, dans
une première partie, les différents types d'approche de l'adolescent :
génétique, différentielle et clinique. Il décrit, ensuite, son évolution
tant physique que psychique : son affectivité et sa sexualité ; son intel
ligence et son imagination. Il passe également en revue les troubles et
les déviations possibles de cette évolution et conclut sur la nature de
l'instabilité de l'adolescent et sur ses possibilités d'ouverture aux valeurs
morales et sociales.
Dans une seconde partie, l'auteur précise le statut de l'adolescent
et ses cadres sociaux. Il passe alors en revue les différents milieux où
il vit : la famille, l'école, les micro-milieux qu'il se crée avec d'autres
adolescents, le monde professionnel et celui des loisirs. Il présente,
enfin, les diverses formes de déviations et d'inadaptations sociales que
peut montrer l'adolescent : névroses, suicide, délinquance et toxicomanie.
En conclusion, l'auteur rappelle les points importants mis à jour
dans l'ouvrage et propose quelques solutions aux problèmes posés par
l'insertion des adolescents dans la société.
P.-G. Coslin.
Farnham-Diggory (S.). — Information Processing in Children. —
New York, London, Academic Press, 1972, 201 p.
Le rapport de ce VIIe Symposium dans le domaine de la cognition,
organisé par l'Université Carnegie-Mellon en 1972, est réparti en cinq
parties. La 2e partie est consacrée aux mécanismes de base relatifs
au développement de la perception, des systèmes d'équivalence et des
stratégies de mémorisation. La 3e partie traite des relations entre
les processus du développement cognitif et le traitement de l'informa- 660 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tion. La 4e partie aborde le problème de la simulation par ordinateur,
et, dans la 5e partie sont rassemblés les commentaires et les réponses
relatifs à certaines des contributions du symposium. Les contributions
ne se sont pourtant pas limitées aux seuls problèmes liés au dévelo
ppement du traitement de l'information, la synthèse de H. A. Simon,
qui constitue la première partie essaie d'intégrer les divers exposés
dans un cadre couramment adopté pour le traitement de l'information
étudié chez l'adulte humain. L'auteur se pose constamment la question
de savoir dans quelle mesure le cadre conceptuel construit sur les don
nées recueillies chez l'adulte est adéquat pour « décrire » le traitement
de l'information chez l'enfant. Selon H. A. Simon, on doit distinguer,
d'une part, le système sensoriel et le système central. Ce dernier, dont
on s'occupe le plus, comporte : la mémoire à court terme, à capacité
limitée ; les mécanismes d'attention ; la à long terme à
potentiellement illimitée ; la spécialisation hémisphérique du système
nerveux central de la mémoire à long terme pour le stockage des info
rmations relatives à différentes modalités sensorielles ; le contrôle du
comportement (extériorisé et non extériorisé) qui se fait par des straté
gies ou programmes stockés, ceux-ci étant susceptibles d'apprentissage.
Simon rappelle qu'en ce qui concerne le système sensoriel, malgré
la tendance actuelle d'expliquer la plupart des illusions sensorielles
par des processus centraux, la maturation physiologique joue un
rôle important, comme le montre R. H. Pollack dans la 2e partie, dans
la perception. Chaque appareil sensoriel a un rôle spécifique
la sélection et la transmission des informations, et, par conséquent,
leur perturbation peut avoir d'importantes conséquences sur le déve
loppement des processus centraux. La question qu'on doit se poser à
propos de la mémoire à court terme est de savoir s'il y a une augment
ation avec l'âge de la capacité physiologique de la mémoire à court
terme ou bien plutôt une augmentation de l'aptitude à faire appel à un
répertoire grandissant de chunks familiers de telle sorte qu'un même
nombre de chunks représente une somme croissante d'informations.
Par ailleurs, certaines recherches semblent indiquer qu'on doit consi
dérer chez l'enfant une éventuelle existence de différentes mémoires à
court terme pour des modalités sensorielles différentes. Actuellement
on ne considère plus la mémoire à long terme comme un système de
stockage des informations pures, mais comme un système où sont
stockés également les programmes, les stratégies, les règles. Une repré
sentation homogène du contenu de la mémoire à long terme peut en outre
être concevable à l'aide de la notion de description lists : toutes les
informations stockées ont la même forme d'organisation, quelle que soit
la modalité sensorielle par laquelle l'information est collectée. Concer
nant les connexions entre les modalités de collecte et de stockage de
l'information, l'auteur regrette que peu de travaux se penchent sur le
problème du développement de la capacité à relier les informations GÉNÉTIQUE ET PSYCHOPÉDAGOGIE 661 PSYCHOLOGIE
et les programmes appris selon des modalités sensorielles différentes,
donc stockés dans des parties différentes du cortex.
Quant à l'attention, elle est conçue en termes d'un ensemble de pro
cessus qui filtrent une petite partie des informations que contient l'env
ironnement externe et interne (il y a donc une étroite liaison entre
l'attention et la mémoire à court terme). Certains auteurs postulent
une capacité d'attention par unité de temps qui ne peut être accrue ou
diminuée. Cette somme fixe d'attention peut être seulement redistri
buée : avec l'âge croissant, l'enfant devient de plus en plus capable de
contrôler l'affectation de cette somme d'attention par l'adoption déli
bérée, mais non nécessairement consciente, des stratégies ou programmes
de sélection des informations. Enfin, il semble qu'une large part des
changements qui prennent place dans les processus intellectuels de
l'enfant durant son développement peuvent être décrits en termes de dans les stratégies ou programmes qu'ils possèdent.
A. N'Guyen Xuan.
Wyatt (G. L.). — La relation mère-enfant et l'acquisition du lan
gage. — Bruxelles, Dessart, 1973, 303 p.
L'ouvrage de Gertrud Wyatt, psychologue clinicienne et psychan
alyste formée d'abord à Vienne, puis aux Etats-Unis, présentement
responsable d'un important service de traitement pour enfants souf
frant de troubles de langage, constitue une contribution importante à
l'étude du problème de l'acquisition du langage. Il présente le grand
mérite de situer — ce qui a tendance a être négligé par nombre des
spécialistes appartenant aux différentes disciplines intéressées au pro
blème — le développement du langage dans le contexte général du
développement de la personnalité, sans l'isoler. Il présente encore le
mérite de rapprocher les points de vue théorique et pratique en mettant
en parallèle des observations rapportées dans le détail, des comment
aires présentés sous une forme accessible à tous les lecteurs et des
conceptions et modèles issus de la recherche fondamentale.
Il met l'accent sur un aspect de la communication peu étudié jus
qu'à présent : le rôle de la relation mère-enfant dans l'apprentissage
du langage, et notamment sur les processus d'interaction générateurs
de « feed-backs connectifs » qui se déroulent normalement entre la mère
(ou son substitut) et l'enfant dans un climat affectif chaleureux. Deux
études de cas illustrent de manière convaincante la thèse de l'auteur.
Des techniques de diagnostic et de thérapie menées dans le cadre sco
laire sont présentées, ce qui accroît considérablement l'audience de
l'ouvrage, lequel s'adresse non seulement aux psychologues mais aussi
aux médecins, éducateurs et aux parents.
J. Beaudichon. 662 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Jensen (A. R.). — Genetics and Education. — London, Methuen
& Go. Ltd, 1972, 379 p.
L'article publié par l'auteur dans la revue Harvard Educational
Review, et intitulé « De combien pouvons-nous augmenter le Q.I. et
la réussite scolaire ?» a immédiatement suscité de violentes protesta
tions et de nombreuses controverses. En réunissant dans un même
volume l'article ci-dessus et cinq autres de ses publications, l'auteur
donne comme raison principale la plus grande diffusion de ses écrits
et la commodité qui lui est offerte de répondre en une seule fois,
dans la préface, aux critiques qui lui sont adressées. De fait, cette
préface n'occupe pas moins de 67 pages. L'auteur donne par ailleurs
une liste de plus de 100 publications dans lesquelles son article a été
discuté.
Dans la publication incriminée, Jensen développe la thèse selon
laquelle l'hérédité détermine l'intelligence. Ses résultats expérimentaux
tendant à accréditer cette thèse sont nombreux, et, nous semble-t-il,
peu contestés. Mais Jensen est allé plus loin que la plupart des auteurs
ayant publié des données expérimentales sur lesquelles il bâtit sa
thèse : 1) En déclarant que « ce n'est pas une hypothèse déraisonnable
que des facteurs génétiques soient fortement impliqués dans la différence
moyenne du Q.I. entre Noirs et Blancs » (p. 163) ; 2) En concluant, sans
introduire les nuances que nécessite l'état actuel des connaissances
sur le problème, que les différences entre classes sociales pour l'intell
igence sont tout à fait explicables par des différences génétiques.
Concernant sa première affirmation, Jensen cite, entre autres preuves,
les travaux montrant des différences entre Noirs et Blancs lorsque le
statut socio-économique est tenu constant. Pour démontrer son affi
rmation concernant les différences entre classes sociales par le génotype,
l'auteur bâtit une théorie de l'intelligence selon laquelle l'intelligence
générale (définie opérationnellement par le facteur g déduction de
relations et de corrélats) mesurée par le Q.I. est une combinaison de
deux niveaux d'aptitudes : niveau I ou « aptitude associative », niveau II
ou « aptitude cognitive ». Ces aptitudes sont mesurées par l'auteur à
l'aide des tests d'apprentissage, depuis des apprentissages purement
associatifs (niveau I) jusqu'aux apprentissages de concepts et résolution
de problèmes (niveau II). Les résultats montrent que les enfants de
classes sociales défavorisées ne sont pas inférieurs à ceux de la classe
moyenne pour le niveau I, mais ces enfants sont inférieurs pour le
niveau II de l'intelligence. L'auteur conclut que : 1) II n'est pas possible
d'élever de beaucoup le niveau du Q.I. par des méthodes d'éducation :
les programmes d'éducation compensatoire qui ont, jusqu'à ce jour,
pour la plupart, enregistré très peu de résultats positifs devraient plutôt
mettre l'accent sur l'entraînement aux aptitudes spécifiques qui ne sont
pas trop fortement liées à g, à partir d'un certain âge ; 2) Dans les
programmes d'éducation compensatoire, il faut chercher à adapter PSYCHOLOGIE GÉNÉTIQUE ET PSYCHOPÉDAGOGIE 663
la méthode d'enseignement au type d'intelligence (niveau I ou niveau II)
le plus développé chez l'enfant. En admettant que le statut socio-
économique soit un indice adéquat pour caractériser les différences et
les équivalences du milieu, ce que l'auteur n'a pas pu montrer et qui
constitue, nous semble-t-il, des preuves nécessaires à ses affirmations,
c'est : 1) Que la quantité ft2 pour le Q.I. soit aussi importante chez les
Noirs que chez les Blancs et que la quantité h2 inter-raciale soit aussi
importante que la quantité h2 intra-raciale calculée pour les Blancs ;
2) Que les tests d'apprentissages servant à mesurer les niveaux I et II
de l'intelligence selon la théorie de l'auteur montrent une héritabilité
importante.
L'article suivant, intitulé « Une théorie du retard mental familial
primaire et secondaire », est consacré à un exposé plus détaillé du modèle
des distributions des génotypes pour les niveaux I et II de l'intelligence.
L'auteur pense que génotypiquement ces deux types d'intelligence
sont indépendants bien que phénotypiquement ils soient liés. Le terme
« retard mental familial » est communément utilisé pour désigner les
individus ayant un Q.I. entre 50 et 70 et ne présentant pas de signes
cliniques d'anormalité : ces individus appartiennent presque tous à
un milieu socio-économique défavorisé. Or, dans le cadre de la théorie
de l'intelligence de Jensen, on doit distinguer le retard mental primaire
correspondant à un déficit génétique de l'intelligence de niveau I et le
retard mental secondaire correspondant à un déficit génétique de l'i
ntelligence de niveau II. Les tests utilisés pour mesurer le Q.I. comportant
un mélange d'items faisant appel à l'un et l'autre de ces deux niveaux,
les individus qu'on caractérise par « le retard mental familial » et qui
appartiennent à un milieu socio-économique défavorisé sont en fait
normaux pour le niveau I de l'intelligence, il faudrait donc développer
une méthode d'enseignement adapté à ce type d'intelligence.
Les 3e, 4e et 6e articles sont des études de caractère plus technique
où l'auteur propose : 1) Une nouvelle formule d'estimation de h? à partir
des données sur les jumeaux ; 2) Une synthèse de quatre importantes
études sur les jumeaux identiques élevés séparément qui tend à montrer
que les groupes de étudiés peuvent être considérés comme des
échantillons d'une même population, que les effets du milieu sont faibles
et se distribuent bien normalement ; 3) Une note montrant pourquoi
il ne faut pas, comme l'ont fait plusieurs auteurs, élever au carré les
corrélations entre personnes apparentées lorsqu'on veut déterminer la
proportion de variance attribuable aux effets de l'hérédité et du
milieu.
Le 5e article est une discussion sur les problèmes éthiques de la
recherche et des applications de la recherche. L'auteur y défend la
thèse selon laquelle l'augmentation des connaissances permet une plus
grande liberté de choix.
A. Nguyen Xuan. 664 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Brozer (J.), Sibinga (M. S.) (Eds). — Origins of psychometry :
Johan Jacob de Jaager on Reaction time and mental processes
(1865). — Nieuwkoop, Bde Graaf, 1970, 77 + 52 p.
La collection « Dutch Classics in History of Science » (classiques
nééerlandais de l'histoire des sciences) nous propose une traduction
de la thèse de De Jaager, élève de Donders, soutenue en 1865, et qui
porte sur la mesure des temps de réaction et la rapidité des processus
mentaux.
Dans une première partie, l'auteur résume les travaux antérieurs
conduits par Helmholtz, Hirsch et Schelske sur la vitesse de conduction
des nerfs et la mesure de temps de réaction, reproduit les résultats
et commentaires les plus intéressants. Dans la seconde partie de sa
thèse, il rend compte de travaux originaux concernant la comparaison
de temps de réaction simples et de temps de réaction de choix pour
divers types de stimulus : chocs électriques, couleurs, sons.
Le fac-similé de la thèse de De Jaager et sa traduction sont précédés
d'une introduction : on y trouvera des données biographiques sur l'auteur
et le directeur de la thèse, des résumés de cette thèse et d'un article de
Donders portant sur le même sujet et publié postérieurement.
Cet ouvrage ne présente guère qu'un intérêt historique, ce qui n'est
pas négligeable, et rend accessible un document original.
M. Kaufman.
De Vogué (A.). — L'orientation. — Paris, A. Colin, 1973, 332 p.
L'orientation est un thème d'actualité qui suscite de nombreuses
publications. L'une des dernières en date est due à A. de Vogué, jour
naliste de la presse féminine, particulièrement intéressée par les pro
blèmes de l'éducation, de l'enfance et du planning familial. Après avoir
présenté brièvement l'évolution des objectifs et des méthodes de l'orien
tation, l'auteur s'attache à l'étude des différents cheminements scolaires
tels qu'ils se présentent actuellement. Il semble ressortir de cette
deuxième partie que l'orientation est moins un processus dynamique,
visant à harmoniser les capacités individuelles et les besoins de l'écono
mie, qu'une série de sélections successives aux différents paliers scolaires.
Les informations apportées sur les filières possibles et les modalités
d'orientation à chaque carrefour peuvent néanmoins aider parents et
adolescents à mieux s'y retrouver dans le dédale des différentes options.
J. HORNEMANN.
Delay (J.). et coll. — Orientation et premier cycle. — Paris, Armand
Colin, coll. « Bourrelier », Cahiers de Pédagogie 61, 1973, 320 p.
Voici une présentation très claire à l'usage des éducateurs, des psy
chologues et des parents de l'organisation et du fonctionnement des
établissements du premier cycle. Une importante partie est consacrée PSYCHOLOGIE GÉNÉTIQUE ET PSYCHOPÉDAGOGIE 665
aux rôles des différents enseignements qui y sont dispensés. Un spécial
iste de chacun d'eux expose l'originalité de leur apport propre dans une
perspective tout à fait actuelle. Les différents handicaps et leurs inc
idences sur l'orientation y sont également évoqués de façon très vivante.
Sous les éclairages les plus variés les problèmes d'orientation des élèves
sont partout présents. Le lecteur devrait en garder une notion claire
et fine après la lecture de cet ouvrage.
J.-C. Foutrier.
Boudon (R.). — L'inégalité des chances. La mobilité sociale dans
les sociétés industrielles. — Paris, Armand Colin, 1973, 237 p.
Doit-on s'attendre, dans les années à venir, à une augmentation,
à une diminution, ou à une stabilisation de l'inégalité des chances
devant l'enseignement et de l'inégalité des chances sociales ? R. B.
répond à ces questions classiques, qui sont aussi des questions d'actual
ité, en présentant un modèle formalisé du processus d'affectation sociale
et de son évolution.
Le modèle est élaboré à partir de données d'enquêtes sociologiques
et de statistiques de la comptabilité scolaire concernant essentiellement
les pays d'Europe occidentale et les Etats-Unis. Il s'applique unique
ment aux sociétés capitalistes développées, rendant compte à la fois
de leurs caractères communs et de leurs différences.
Dans un premier temps sont étudiés les mécanismes générateurs des
inégalités scolaires. Il est montré que l'origine de ces inégalités est à
rechercher principalement hors du système scolaire, dans la stratifi
cation sociale elle-même. Dans un second temps sont élucidés les effets
du niveau scolaire atteint sur la position et la mobilité sociales. Les
sociétés considérées peuvent être qualifiées de méritocratiques puisque
la position sociale est liée fortement au niveau scolaire. Mais, compte
tenu de l'écart entre la distribution des niveaux scolaires et celle des
niveaux sociaux, le niveau scolaire n'est que faiblement associé à la
mobilité. Pour la même raison les progrès, au demeurant assez lents,
de la démocratisation de l'enseignement n'ont pas d'incidence sensible
sur l'évolution des taux de mobilité.
La perspective de l'ouvrage est délibérément macro-sociologique
et des questions comme celles des déterminants psychologiques et psy
chosociologiques de la mobilité, ou de l'influence de la mobilité sur les
comportements individuels ne sont pas abordées.
M. Huteau.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.