Psychologie génétique et pédagogique - compte-rendu ; n°1 ; vol.51, pg 409-423

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1949 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 409-423
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
Lecture(s) : 30
Nombre de pages : 16
Voir plus Voir moins

V. Psychologie génétique et pédagogique
In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 409-423.
Citer ce document / Cite this document :
V. Psychologie génétique et pédagogique. In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 409-423.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1949_num_51_1_8536— Psychologie génétique et pédagogique. V.
81. — Recherches sur le premier âge :
BRUNET (0.), LÉZINE (I.). — Une contribution du groupe des
jeunes parents psychologues. — Enfance, 1949, 4, 355-363. —
BAYLEY (N.). — Consistency and variability in the growth of
intelligence from birth to eighteen years (Constance et variabilité
dans la croissance de l'intelligence de F enfance à 18 ans). —
J. Genet. Psychol., 1949, 75, 165-196. — LEARNED (J.), LOCK-
WOOD (A.), AMES (L. B.).— The three and a half year old
(Venfant de 3 ans lß). — J. genet. Psychol., 1949, 75, 21-31.
— HILDRETH (G.). — The development and training of hand
dominance (Développement et dressage de la dominance manuelle) .
— J. Genet. Psychol., 1949, 75, 197-227. — AMES (L. B.).
— Bilaterality (Bilatér alité). — J. genet. Psychol., 1949, 75, 45-51.
— AMES (L. B.). — Development of interpersonal smiling
responses in the preschool years (he développement du sourire
social dans les années préscolaires). — Ibid., 74, 273-291. —
EDMISTON (W.), BAIRD (F.). — The adjustement of orpha
nage children (L'adaptation dans les orphelinats). — J. educ.
Psychol., 1949, 40, 482-489. — FEINBERG (H.) — Achieve
ment of a group of children in foster homes as revealed by the
Stanford achievement test (Réussite des enfants adoptés au test
de Stanford). — J. genet. Psychol., 1949, 75, 293-297. —
WINDSOR (R. S.). — An experimental study of easel pain
ting as a projective technique with nursery school children (Étude
expérimentale de peinture au chevalet comme technique projective
chez les enfants d'âge préscolaire) . — J. genet. Psychol., 1949, 75,
73-83. — SYNOLDS (D. L.), PRONTO (N. H.). — An explora-
tory study of color discrimination of children (Exploration de la
discrimination des couleurs chez les enfants). — J. genet. Psychol.,
1949, 74, 17-21. — ROSS (S.), ROSS (J. G.). — Social facilita
tion of feeding behaviour in dogs ( Facilitation sociale dans le com
portement alimentaire des chiens). — J. genet. Psychol., 1949,
74, 97-108. — JAMES (W. T.).— Dominant and submissive beha
viour in the puppies as indicated by food intake (Comportement
dominateur et soumis des chiots, indiqué par l'absorption des al
iments). — J. genet. Psychol., 1949, 75, 33-43. — SMITH (M. E.). ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 410
— Measurement of vocabularies of young bilingual children in
both Of the languages used (Mesures du vocabulaire de jeunes
enfants bilingues dans les deux langues utilisées). — J. genet.
Psychol., 1949, 74, 305-310.
La psychologie de la première enfance, fidèle au point de vue géné
tique, s'oriente de plus en plus vers les recherches expérimentales
appuyées sur des repères de développement précis. Odette Brunet
et Irène Lézine se servent de fiches mensuelles établies par des parents-
psychologues, pour vérifier les résultats du testing à l'aide d'une
échelle de développement psycho-moteur et pour orienter les obser
vations sur les divers aspects de la prise de conscience de soi.
Suivant les enfants de la naissance à la cinquième année elles se
proposent également d'étudier les fluctuations du Q. D. en cherchant
à dissocier l'influence du milieu de celle de l'hérédité, à l'aide
d'expériences de contrôle établies sur une population de tout jeunes
jumeaux.
Ce problème des variations du Q. D. a déjà été longuement étudié,
surtout en ce qui concerne la valeur prédictive des tests du premier
âge. On se souvient que Gesell s'était montré très optimiste sur ce
point (cf. Biographies of Child Development, 1939) fort controversé
par la suite. Le travail de Nancy Bayley rappelle les principales
causes de fluctuations du Q. D. qui sont énormes dans les deux pre
mières années de la vie. Il n'existe évidemment pas d'épreuves
homogènes pour tous les âges et les tests s'adressent bien à diffé
rentes fonctions aux différentes étapes de la croissance, il ne s'agit
donc pas d'évolution continue mais de chevauchements de fonctions
dont les ramifications forment un réseau de plus en plus complexe.
On retrouve également les critiques généralement faites à la notion
de Q. I. avec les erreurs dues aux procédés de standardisation et
les illusions nées soit de l'absence d'épreuves adéquates aux niveaux
supérieurs soit de l'effet de la pratique. Bayley signale les expériences
faites pour dépister les épreuves, qui, au premier âge, offrent une
plus grande valeur de prédiction, elle indique l'existence des périodes
de moindre variabilité (celle de 12 mois par exemple) où le compor
tement des tout petits tend à s'homogénéiser dans des patterns
constants, elle parle de l'extrême « labilité » du comportement des
tout petits et montre qu'il faut attendre deux ans pour espérer des
corrélations significatives avec le rendement ultérieur (50 °/0). Bayley
prévoit un dépistage des facteurs constants du des
nourrissons d'un âge donné, en distinguant les périodes de très grosses
différences individuelles des phases plus homogènes. Cette recherche
statistiquement solide et très documentée met justement en garde
contre toutes les exagérations dans les calculs de niveau et pronostics
au premier âge. Bien loin de les mettre en cause elle facilite au con
traire l'observation et l'analyse des caractéristiques qui apparaissent
au même âge chez tous les enfants. PSYCHOLOGIE GENETIQUE 411
11 est plus juste de dire du reste, avec Ilg, Learned, etc., que ces
caractéristiques n'apparaissent pas toujours au même âge chez tous
les enfants mais obéissent à un certain rythme de succession qui,
lui, est invariable. Regroupant des observations faites sur 210 sujets
de 42 mois, les collaboratrices de Gesell pensent pouvoir décrire un
nouveau palier de 3 ans 1 /2, période d'instabilité entre l'équilibre
relatif et conformiste de 3 ans et la phase de grande turbulence
de 4 ans. Elles indiquent les techniques pédagogiques à utiliser pour
cet âge, mais reconnaissent elles-mêmes que les observations sont
faites sur des enfants d'intelligence supérieure, appartenant à des
milieux très aisés, ce qui ajoute encore au caractère un peu artificiel
des distinctions proposées.
Les travaux d'Hildreth et d'Ames sont analysés dans une autre
rubrique 1;nous ne les citons ici que parce que la dominance manuelle
y est étudiée comme un processus de croissance, à partir des atti
tudes du nouveau-né jusqu'aux tests classiques et observations des
activités de jeux et de dessin; certains âges de transition sont indi
qués, deux ans étant considéré comme l'âge type de l'ambilatéra-
lité.
Un excellent exemple d'observations contrôlées à périodes fixes
de 18 mois à 4 ans est proposé par L. Bates Ames. Retraçant les étapes
de l'évolution du sourire à partir d'observations sur groupes de 25 cas,
l'auteur nous rappelle qu'à 18 mois le tout petit est très centré sur
lui-même et s'amuse surtout de ses propres dépenses d'énergie
motrice, à 21 mois son sourire répond davantage à celui de l'adulte,
mais sans accompagnement verbal, à 2 ans, l'approche devient à
la fois verbale et sociale, à 30 mois, nous entrons dans une phase de
sociabilité envers les autres enfants, à 3 ans 1/2, les sourires s'adressent
surtout aux autres enfants, à 4 ans l'adulte est relégué et les rapports
entre enfants priment. L'observation sur le sourire et le rire du tout
petit, née des travaux déjà anciens de Washburn et de Jersild,
fournit un bon repère de l'émotivité au premier âge et pourrait s'in
sérer heureusement dans des recherches sur les frustrations affec
tives nées par exemple dans les conditions d'hospitalisation. Les
difficultés d'adaptation qui en résultent sont signalées par W. Edmis-
ton et F. Baird qui prouvent que le placement familial relève toujours
le niveau de l'enfant hospitalisé, en raison du climat affectif favo
rable au meilleur développement. Quelques procédés expérimentaux
peuvent être signalés pour faciliter le repérage des maladaptations
affectives du tout petit. R. S. Windsor distingue différents types de
barbouillages et préférences chez 149 sujets de 3 ans 1/2 à 4 ans 1/2
suivant qu'on a affaire à l'enfant instable, agressif, émotif ou sociable;
ce travail n'a de valeur que s'il tient compte des particularités de
la vision au premier âge et D. L. Synolds et N. H. Pronto attirent
1. N" P3. latéralité. 412 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
justement l'attention sur les difficultés des tout petits dans les choix
de couleurs et assortiments de nuances.
On sera peut-être renseigné sur les frustrations du premier âge
en repensant les expériences faites par S. Ross, J. G. Ross et W. T.
James sur le comportement alimentaire des jeunes chiens, avec ou
sans stimulation de groupe.,. Un parallèle est suggéré avec le com
portement des enfants à table, qui, si contrôlé qu'il soit par les rites
sociaux, laisse transparaître bien des conflits émotionnels. La situa
tion alimentaire engendre des rivalités et des tensions émotionnelles
qu'on pourrait aplanir en modifiant très simplement les circonstances
ambiantes.
Il convient également de citer comme facteur de perturbation
souvent passé inaperçu les difficultés qui apparaissent chez des petits
trop tôt astreints à des efforts de bilinguisme. M. E. Smith montre
bien que seul l'enfant d'intelligence très supérieure peut acquérir
un vocabulaire étendu dans deux langues et éviter les blocages
fréquents dans les trois premières années de la vie chez les enfants
perturbés par un surcroît de stimulation verbale.
I. L.
82. — BUCKS (B. S.), ROE (A.). — Studies of identical twins rea
red apart (Études de jumeaux identiques élevés séparément) . —
Psychol. Monogr., 1949, 63, 5, 62 p.
La regrettée Barbara Bucks a subi en 1943, à l'âge de 40 ans,
une mort tragique, que rappelle Terman dans une introduction à
ce travail, mis au point par Anne Roe; elle avait réussi, dans sa
chasse aux couples de jumeaux monozygotes séparés à la naissance
ou peu après, à atteindre quatre nouveaux cas qu'elle avait pu
étudier directement, d'intérêt d'ailleurs inégal. Ce furent les suivants :
1° Clara et Doris, nées en 1902 dans une famille de 14 enfants
avec un père alcoolique. Placées un orphelinat, elles furent
rapidement adoptées dans deux familles, vivant l'une dans une
grande ville, l'autre dans une petite des U. S. A. Elles ne se revirent
qu'à l'âge de 30 ans. Elles furent examinées en 1941. C'étaient des
ouvrières à tendances hystériques. Doris s'est mariée à 23 ans, a
subi une ovariotomie à 29 ans; elle avait eu des conditions de vie
peu favorables dans sa famille adoptive. Clara, mariée à 17 ans,
a subi sa ménopause à 38 ans. Le Q. I. trouvé a été de 70 chez Clara,
de 61 chez Doris, qui, peu après, dut être internée pour folie maniaque
dépressive. L'étude de la personnalité a montré une identité de
12 traits émotionnels ou de réactivité sociale, et une très grande
similitude au Rorschach (avec manifestation d'irritabilité émotionn
elle).
2° Earl et Frank (de naissance illégitime, en 1904) furent adoptés
dans deux familles voisines, et se connurent comme cousins d'après
ce qu'on leur avait dit. Une des familles s'éloigna de la résidence PSYCHOLOGIE GÉlVÉTIOUE 413
commune, ce qui les sépara. Chacun d'eux était élevé seul dans
une famille sans enfants, avec moins de confort et de sécurité pour
Earl. Les Q. I. trouvés ont été de 96 et 83 quand ils furent examinés
en 1941. Ils étaient mariés l'un et l'autre. A l'inventaire de person
nalité de Strong, les patterns étaient à peu près superposables. Dans
l'évolution des traits, les valeurs étaient identiques pour les trois
quarts d'entre eux. Des différences se marquaient dans la sociabil
ité et la « trusfulness ».
3° Gertrude et Helen étaient les deux survivantes d'un triplet
d'immigrants finnois qui naquit en 1889; à l'âge d'un an, la seconde
fut adoptée par une famille menant dans une ferme du Nord-Ouest
des U. S. A. une vie très analogue à celle des parents chez qui la
première était restée. L'une et l'autre se marièrent et eurent des
enfants. Elles ne furent examinées qu'à l'âge de 52 ans, peu avant
la mort de l'une d'elles, atteinte d'hydropisie. Les Q. I. étaient de
66 et 51.
4° Enfin James et Keith furent examinés à l'âge de 7 ans, avec
des Q. I. de 73 et 96; l'un d'eux était atteint de tuberculose. C'étaient
les enfants illégitimes de Lithuaniens immigrés, séparés à la nais
sance.
IL P.
83. — Latéralité :
AMES (L. B.). — Bilaterality ( Bilatémlité) . — J. genet. Psy-
chol., 1949, 75, 45-50. — HILDRETH (G.). — The development
and training of hand dominance (Développement et entraînement
de la dominance manuelle) . — I : Characteristics of handedness
(Les caractéristiques de la dominance manuelle). — Ibid., 197-
220. — II : Developmental tendencies in handedness (Lignes gé
nérales du développement de la dominance manuelle). — Ibid.,
221-254. — III : Origins of handedness and lateral dominance
(Les origines de la dominance manuelle et de la laté
rale en général). — Ibid., 225-275.
L. B. Ames présente une étude sur 7 enfants qui ont été suivis
durant les dix premières années de leur vie, observés dans des situa
tions expérimentales précises de manipulation d'objets. Ces stades
génétiques de la bilatéralité ont été confirmés par l'observation
supplémentaire de quelques cas pour chaque âge. L'essentiel se
dégageant de ces recherches est la variabilité qui existe d'âge en
âge, dans l'utilisation d'une et des deux mains. L'activité, au pre
mier âge, est bilatérale par indifférenciation fonctionnelle. Au cours
de l'évolution, elle redeviendra bilatérale mais avec un haut degré
de différenciation fonctionnelle apportant la possibilité d'une coor
dination motrice complexe très fine, une main dominant nettement
l'autre. Entre ces stades extrêmes existent de nombreuses périodes
d'alternance d'uni- et de bilatéralité dans les réponses manuelles. ■
414 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le fait qu'elles sont observées chez tous les sujets étudiés laisse
supposer qu'elles sont en rapport avec une maturation spécifique
obéissant aux lois internes du développement.
L'étude de G. Hildreth est une revue exhaustive sur la latéralité,
qui envisage tous les aspects de la question à travers toute la litt
érature. Les trois articles, analysés ici, doivent être suivis d'au moins
un autre qui traitera des difficultés d'adaptation pour lesquelles la
latéralisation a été mise en cause. L'auteur fait parfois une analyse
critique des auteurs qu'elle cite, et apporte sur certains points une
contribution expérimentale personnelle.
I. Caractéristiques de la dominance manuelle. — De la naissance
à la maturité, la latéralisation fonctionnelle s'accentue. Une bonne
latéralisation favorise l'habileté manuelle. La dominance latérale
n'est pas une notion absolue, c'est un degré de différenciation entre
un côté et l'autre, qui doit être évalué par des tests. D'après les
courbes de fréquence, on note que la sénestralité n'est jamais aussi
fortement dominante que la dextralité. Mais il faut noter que les
variations dépendent des tests utilisés : plus ils sont compliqués
et faisant appel à des finesses motrices, plus seront variés les types
et les classifications de latéralité. On note en outre que les résultats
aux tests apparaissent souvent différents des résultats de l'obser
vation quand le sujet n'est pas conscient d'être observé.
Les changements qui s'opèrent de la naissance à la maturité vont
dans le sens d'une spécialisation manuelle et d'un conformisme
social. La dominance latérale est une caractéristique acquise. Elle
suppose un long apprentissage faisant intervenir des facteurs phys
iologiques, neurologiques et moteurs. Les différences individuelles
sont grandes. Les gauchers et les sujets mal latéralisés paraissent
inférieurs dans les activités motrices. Le type d'entraînement que
l'enfant reçoit peut engendrer des conflits affectifs. La sénestralité
n'est peut-être d'ailleurs qu'un symptôme de la mauvaise adaptation
individuelle plutôt qu'une cause essentielle du trouble de la per
sonnalité.
II. Tendances du développement de la latéralité. — Le dévelop
pement de la latéralisation est graduel et de plus en plus stable.
L'auteur calcule un indice de dominance. Nombre fixe d'observation
de comportements courants, utilisant une seule main. On note le
nombre d'activités avec prévalence Droite, le nombre avec préva-
D -^— C
lence Gauche, et on calcule ainsi l'indice : — — — — . Les indices posi-
D -f- G
tifs indiqueront la prévalence relative de la dextralité. Les indices
négatifs, celle de la sénestralité. L'indice zéro sera l'ambidextrie.
La répartition des fréquences varie selon le niveau d'âge des sujets
étudiés. Si l'on trace la courbe des indices de dominance droite de
la naissance à 18 ans, on obtient une hyperbole qui atteint son
plateau (indice 95 environ) vers 8-9 ans. PSYCHOLOGIE GÉNÉTIQUE 415
Les auteurs ne sont pas toujours d'accord sur le pourcentage
de gauchers et d'ambidextres dans la population normale. En réa
lité tout dépend des activités retenues, de l'importance sociale des
fonctions étudiées. En effet plus de 50 % de la population de gau
chers serait rééduquée pour les fonctions les plus socialisées. Le
fait qu'on trouve davantage de gauchers chez les arriérés tiendrait
peut-être justement à ce qu'ils sont moins susceptibles d'entraîne
ment social, et d'ailleurs en reçoivent moins.
III. Origines de la préférence manuelle et de la dominance laté
rale. — Les théories les plus contradictoires sont en présence au
sujet de la dominance cérébrale : hérédité mendélienne, différencia
tion cérébrale primitive, entraînant la latéralisation motrice. Au
contraire, différenciation dans l'activité manuelle, entraînant une
différenciation cérébrale. Ou bien encore interaction, développement
simultané d'une relative supériorité fonctionnelle. En tout cas, il
semble que la dominance corticale complète n'ait pas été prouvée.
Un hémisphère ne peut être considéré comme dominant pour toutes
les fonctions, et la totalité du cortex est impliquée dans toute acti
vité d'apprentissage.
La question de l'hérédité est controversée. Il est évident quey
quel que soit le rôle du bagage héréditaire, les influences du milieu
et de l'apprentissage sont immenses pour le conditionnement de
la petite enfance. L'auteur abonde dans le sens des théories insistant
sur le rôle déterminant de l'apprentissage, jusqu'à penser que la
latéralisation est un facteur social, qu'il n'y a pas de latéralité
innée. La persistance de la sénestralité, malgré tout rencontrée,
serait due, soit à une déficience physiologique; soit à un retard
mental; soit à l'entraînement direct ou indirect; soit encore à une
résistance affective.
Quant à la dominance oculaire gauche, elle est plus fréquente
que la dominance manuelle gauche, les auteurs la notent avec une
fréquence variant de 20 à 30 %. Et la dominance croisée œil-main
est notée avec une fréquence variant de 20 à 40 %. La dominance
oculaire gauche ne paraît pas affecter les performances motrices.
Par contre la dominance croisée œil-main a été notée comme cause
de difficulté pour certains apprentissages, ainsi que l'absence d'éta
blissement d'une dominance stable. Ces difficultés feront l'objet
d'articles suivants.
N. G.
84. — Troubles et rééducation de la lecture :
YEDINACK (J. G.). — A study of the linguistic functionning
of children with articulation and reading disabilities (Étude des
fonctions linguistiques des enfants ayant des difficultés d' articula
tion et de lecture). — J. genet. Psycho!., 1949, 74, 23-59. —
WHEELER (L.), WHEELER (V.). — The relationship bet- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 416
ween reading ability and intelligence among university freshmen
(Relation entre l'aptitude à la lecture et l'intelligence chez les jeunes
étudiants). — J. educ. Psychol., 1949, 4, 230-238. — WEBER
(C). — Reading inadequacy as habit (L'inaptitude à la lecture
considérée comme habitude). — J. educ. Psychol., 1949, 7, 427-
433. — WITTY (P.) et BRINK (W.). — Remedial reading prac
tices in the secundary School (Réentraînement à la lecture dans
V enseignement secondaire) . — J. educ. Psychol., 1949, 4, 193-
205. — FREEBURNE (C. M.). — The influence of training in
perceptual span and perceptual speed upon reading ability (U in
fluence de V entraînement à V étendue perceptive et à la vitesse per
ceptive, sur l'aptitude à la lecture). — J. educ. Psychol., 1949,
6, 321-352. — GLOCK (M. D.). — The effect upon eye-move
ments and reading rate at the college level, of three methods of
training. — J. educ. Psychol., 1949, 2, 93-106.
L'étude de Yedinach montre que les enfants du deuxième degré
ayant des difficultés fonctionnelles d'articulation sont, de façon
significative, inférieurs aux normaux dans les tests de lecture
orale et silencieuse. On note par ailleurs que les enfants ayant
des difficultés de lecture ont souvent des défauts d'articulation.
L'existence d'une forte relation entre ces deux handicaps peut
signifier deux choses : ou bien qu'ils résultent d'une cause commune,
ou bien que la difficulté d'articulation a un effet nuisible sur le
développement de l'aptitude normale à la lecture. L'auteur ne
conclut pas. Mais il note en outre que les enfants, ayant des troubles
d'articulation et des troubles de la lecture, ont une légère ten
dance à être inférieurs dans le développement de leur vocabulaire
par rapport aux normaux. Là, encore, il peut exister une cause
concomitante, ou bien une influence défavorable.
La seule conclusion de Yedinach est qu'il y aura intérêt, pour
l'éducation, à un entraînement au langage oral, parole vocabulaire,
avant de commencer l'apprentissage du langage écrit. Les enfants
qui maîtrisent bien leur articulation, leur vocabulaire, non seul
ement seront mieux capables d'apprendre à lire, mais seront d'une
manière générale mieux adaptés.
L. et V. Wheeler ont calculé la corrélation entre les scores obte
nus à la lecture et le score obtenu à l'American Council of Educat
ion Test chez 1.680 étudiants. Ils ont trouvé une corrélation de
.71 entre le score global de l'A. C. E. et le score de lecture. En
distinguant à l'intérieur de l'A. C. E. le score linguistique et le
score obtenu sur des épreuves numériques, on obtient respectiv
ement une corrélation de .70 et de .36. D'une manière générale,
le score de l'A. C. E. semble donc très influencé par l'efficience à
la lecture.
Witty et Brink, passant en revue les méthodes d'enseignement
existantes au niveau de l'enseignement secondaire, concluent en PSYCHOLOGIE GENETIQUE 417
insistant sur la nécessité d'améliorer le matériel utilisé pour sus
citer un accroissement de l'intérêt pour la lecture dans de nom
breux domaines.
Weber apporte sur l'inaptitude à la lecture considérée non au
début de l'apprentissage, mais chez les sujets approchant de l'e
nseignement secondaire, le point de vue suivant : cette inaptitude
est extrêmement fréquente et subsiste parfois jusque dans l'e
nseignement supérieur. Elle n'est pas due à quelque déficit essentiel
du point de vue sensoriel, neurologique ou moteur. Mais simple
ment à une mauvaise disposition prévalente dans la forme et le
temps de l'activité en jeu, à un déficit fonctionnel s'enracinant
avec l'habitude. L'aptitude à la lecture suppose un long dévelop
pement génétique, qui, quand il atteint un niveau de fonctionne
ment automatique efficient, devient l'habitude de la lecture. Mais
l'aptitude peut être fixée en habitude avant d'avoir atteint son
maximum de développement possible. Et l'insidieux pouvoir de
l'habitude peut maintenir l'individu à un trop bas niveau d'eff
icience.
Ce facteur habitude peut jouer seul. Mais l'auteur ne conteste
pas qu'il peut y avoir des inaptitudes spéciales également, et il
renvoie à l'ouvrage de Burkard qui a dressé une liste de 214 apti
tudes trouvées par les spécialistes de la question analysant les
processus de lecture. Même après un choix judicieux, il semble
en subsister 89 de valables.
Pour Weber, le programme correctif à utiliser pour améliorer
l'efficience des sujets, ayant seulement une habitude défavorable,
doit insister sur la vitesse de lecture. Tout gain de vitesse entraî
nera une amélioration du score du point de vue compréhension.
La lenteur de la lecture chez l'adulte semble donc être la marque
précoce de l'habitude et l'amélioration du temps entraînera une
amélioration générale de la lecture.
Freeburne a étudié apportée par l'entraînement
perceptif général, sous l'aspect étendue et sous l'aspect vitesse,
à l'activité lexique, chez des sujets appartenant au dernier quart
d'une distribution des scores de lecture. Ces résultats ne sont pas
très significatifs, les corrélations sont faibles entre le gain aux tests
perceptifs et aux tests de lecture. Par contre, il existe une forte
corrélation entre les gains ou scores vitesse et étendue.
Glock a étudié l'entraînement relatif apporté par trois méthodes
destinées à améliorer la lecture et les mouvements oculaires mesur
és à l'ophtalmoscope. Il n'a pas trouvé de différences significa
tives. Mais, d'une manière générale, la méthode de rééducation
consistant à employer spécifiquement l'entraînement des mouve
ments oculaires semble plus efficiente.
De toutes les études sur la rééducation de la lecture, il ressort
que l'efficience de la méthode varie grandement selon les profes-
l 'année psychologique, li 27

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.