Psychologie génétique et pédagogique - compte-rendu ; n°2 ; vol.79, pg 715-729

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L'année psychologique - Année 1979 - Volume 79 - Numéro 2 - Pages 715-729
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
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Psychologie génétique et pédagogique
In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°2. pp. 715-729.
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Psychologie génétique et pédagogique. In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°2. pp. 715-729.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1979_num_79_2_28294PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ET PSYCHOPÉDAGOGIE
Reese (H. W.), Lipsitt (L. P.) (Eds). — Advances in child develop
ment and behavior, t. 12. — New York, Academic Press, 1978, 317 p.
On trouve dans ce tome six revues de questions assez disparates.
H. V. Meredith présente une synthèse des études sur la taille des
enfants d'âge préscolaire. Regroupant plus de 200 recherches sur ce
thème, il envisage le rôle des origines ethniques, de l'habitat (urbain ou
rural), du niveau socio-économique, de l'état de santé (et en particulier
de la malnutrition), du sexe, de la taille à la naissance, de la grossesse
et du rang dans la fratrie.
D. Klahr et R. S. Siegler étudient les représentations du fonctionne
ment cognitif sur l'exemple du problème de l'équilibration d'une balance,
rappellent que les questions pertinentes sont les suivantes :
a) Quelles sont les différences de fonctionnement cognitif (de connais
sance de la situation) qui sont sous-jacentes aux différents niveaux de
performance ?
b) Quelles sont les stratégies qui en découlent à chaque niveau ?
c) Pour un niveau donné, quel est le niveau optimal de difficulté pour
une séquence d'apprentissage ?
d) Quelles doivent être les caractéristiques d'une séquence d'apprent
issage pour qu'elle soit efficace ?
e) Quand et pourquoi des sujets au même niveau cognitif réagissent-ils
différemment à une même séquence d'apprentissage ?
Une belle analyse, sur une tâche prise comme exemple, qui pourrait
servir d'exemple comme approche des problèmes cognitifs.
M. Bornstein présente l'état actuel des travaux sur la vision chromat
ique chez le nourrisson. Après un historique remontant à Darwin, il
considère différents phénomènes intervenant dans la vision colorée,
i.e. la brillance et la sensibilité aux différentes longueurs d'onde du
spectre. Il envisage ensuite les diverses études portant sur la différencia
tion entre couleurs, entre blanc et couleurs, les seuils différentiels entre
radiations, les catégorisations et la mémorisation. L'ensemble des tra
vaux, dont bon nombre ont été menés par Bornstein, montrent que la
perception des couleurs fonctionne très précocement chez le nourrisson
comme elle fonctionne chez l'adulte. Une somme en la matière, qui ne se
limite pas aux données obtenues chez le bébé.
Si E. H. Ross et S. M. Kerst envisagent les points de vue théoriques 716 Analyses bibliographiques
de Baldwin et Piaget en ce qui concerne la mémoire, c'est dans une double
intention : d'une part, confronter ces lignes théoriques qui, l'une et
l'autre, considèrent le développement des processus mnémoniques, et
n'envisagent ceux-ci qu'intégrés à l'ensemble des processus psycholo
giques et non en « spécialistes de la mémoire » ; d'autre part, situer les
recherches actuelles par rapport à ces deux théories. Les exposés des
théories de Baldwin et de Piaget sont donc centrés sur ce problème de la
mémoire, puis les auteurs étudient l'apport de ces théories à des
recherches actuelles sur la reconnaissance, l'imitation, la notion de
scheme, l'image mentale de la métamémoire. Une mise au point théo
rique originale, parfois difficile dans son abstraction même, et posant des
problèmes passionnants.
Sous un titre apparemment très classique, « Child Discipline and
the pursuit of Self », M. Gadlin, s'interrogeant sur l'éternelle critique des
méthodes éducatives, en vient à citer Kessen : « L'étude du développe
ment... est profondément ancrée dans la politique, l'économie et l'idéo
logie de notre époque. Il serait difficile de montrer que les changements
spectaculaires dans les attitudes vis-à-vis des enfants entre 1954, 1964
et 1976 ont beaucoup à voir avec les opinions et les travaux scientifiques
Bien plus, ces opinions et ces recherches ont souvent été des instruments
d'autres pouvoirs dans la vie américaine. » Et de conclure : les opinions
des experts servent à rationaliser certaines attitudes. Conclusion qui
repose sur une étude très documentée de l'évolution historique des
concepts éducatifs, en soi passionnante.
Enfin, W. J. Friedman envisage les concepts de temps chez l'enfant.
Il distingue le temps logique, le temps conventionnel et le temps vécu,
et détaille l'ensemble des travaux concernant ces trois rubriques. Si les
résultats expérimentaux rapportés sont très nombreux, fixent des
jalons dans le développement de ces trois types de temps, on peut
regretter que les mécanismes en jeu ne fassent pas l'objet d'analyses
détaillées. Il faut signaler par ailleurs que le problème du temps biolo
gique n'est pas abordé — ce qui est effectivement annoncé par le titre,
et ne doit pas induire en erreur.
Au total, ce tome des Advances constitue encore une fois un excellent
outil de travail, que l'on soit spécialiste d'un domaine ou qu'on y
cherche des informations sur un domaine moins connu.
M. -G. Pêcheux.
Elkind (D.), Weiner (I. B.). — Development of the child. — New
York, Wiley, 1978, 728 p.
Cet épais manuel présente un panorama des problèmes relatifs à la
croissance et au développement, de la conception jusqu'à l'adolescence.
Il est conçu, comme l'était déjà un ouvrage antérieur plus bref des mêmes
auteurs (Child development : A core approach, Wiley, 1972), pour être Psychologie de l'enfanl et psychopédagogie 717
lu de deux manières : revue, pour chaque période (première enfance,
années préscolaires, années scolaires ou « enfance moyenne », adoles
cence), des différents aspects du développement (croissance physique,
développement mental, évolution de la personnalité et de la vie sociale,
variations interindividuelles et intergroupes, anormalité) ; ou bien, à
l'inverse, examen pour chaque aspect des différentes étapes. Comme dans
la plupart des manuels de ce type (il y en a beaucoup aux Etats-Unis),
un premier chapitre général est consacré à des considérations historiques
et méthodologiques.
C'est un ouvrage très complet, où les problèmes sont abordés à la
lumière des différences, anormales ou normales (entre individus, groupes
ou cultures), aussi bien que sous l'angle des régularités, et avec le souci
d'intégrer les faits scientifiquement établis, les analyses théoriques, les
questions de méthode et les applications pratiques, toujours importantes
pour un public américain (sans doute encore assez naïf pour croire que
les psychologues du développement savent mieux que les autres élever
leurs enfants). Tous les thèmes à la mode sont abordés, semble-t-il, et
le sont de manière très documentée (plus de 2 000 références, dont une
demi-douzaine en français, réparties en une vingtaine de listes en fin
de chapitre, avec il est vrai pas mal de répétitions, parfois même à
l'intérieur d'une même liste).
La présentation est claire et attrayante, grâce à une cinquantaine
de tableaux, autant de figures ou graphiques, plus d'une centaine de
photographies, un résumé substantiel par chapitre, un glossaire très
divers d'environ 300 termes ou expressions, des index (concepts et
auteurs), et la biographie des auteurs jugés importants : Binet, Bowlby,
Erikson, Freud, Hall, Montessori, Piaget et Sullivan (les œuvres
d'Erikson et de Piaget sont les sources privilégiées du livre — Piaget y
est d'ailleurs le plus souvent cité, ensuite vient Elkind...).
Au total, c'est un manuel de grande qualité, certainement fort utile
et enrichissant pour qui a besoin d'un survol qui ne soit pas trop superf
iciel en psychologie du développement. Et tout le monde y apprendrait
sûrement quelque chose. Ne serait-ce que sur les dispositifs d'alarme
pour empêcher un enfant de faire pipi au lit (illustré), la tendance au
flirt chez les enfants de parents divorcés (photo très suggestive, qui
vaut le détour), les mauvaises notes à l'école d'Einstein (on donne son
portrait), ou la couleur des yeux de Piaget (ils sont bleus).
A. Danset.
Horowitz (F. D.). — Early Developmental Hazards : Predictors and
Precautions. — A.A.A.S. selected Symposium, Boulder (Colorado),
Westview Press, 1978, 114 p.
Ce court ouvrage est l'édition d'un symposium organisé par Horowitz,
sous l'égide de l'American Association for the Advancement of Science. 718 Analyses bibliographiques
Son intérêt indéniable ne se situe pas là où le lecteur pourrait
l'attendre. Contrairement à ce que laisse espérer son titre et à ce qu'af
firme le paragraphe de présentation, il ne représente nullement une revue
des recherches sur les problèmes périnataux, mais une suite de cinq
articles très différents.
Celui d'Horowitz, qui sert d'introduction, est un historique des
études sur l'enfant. Deux idées s'en dégagent : d'une part, que l'on est
parti d'une conception assez simpliste du jeune enfant et du nouveau-né,
conception qui s'est peu à peu raffinée, d'autre part, que l'on a aujour
d'hui besoin autant de recherches sur des variables très globales que
de recherches plus étroites et plus précises, les deux jouant un rôle
complémentaire.
L'article de Lipsitt qui suit intéressera le médecin plus que le psy
chologue, puisqu'il porte sur la définition d'un terrain propice au syn
drome de mort subite du nourrisson.
Le troisième article, rédigé par T. Engen, part d'une bonne question :
comment éviter que le jeune enfant ne s'empoisonne en mangeant des
plantes, ou en léchant la peinture des murs ? La réponse se trouve selon
lui dans une étude du goût et de l'odorat chez le nourrisson, étude hélas
très difficile à réaliser, et qui ne semble pas apporter de réponse convain
cante à la question posée.
P. H. Leiderman tente, lui, une critique de la thèse de Klaus et
Kennell sur l'existence chez la mère humaine d'une période critique
pour son attachement à son enfant, période au-delà de laquelle cet att
achement se fait dans de moins bonnes conditions. Cette thèse mérite
sans doute d'être mise à l'épreuve, mais la critique faite par Leiderman
n'est pas convaincante. Le plan d'observation porte sur deux groupes
de prématurés qui se différencient par la durée de la séparation mère-
enfant après la naissance, mais dans le groupe où le contact est le plus
précoce, il se fait au plus tôt 24 heures après la naissance, soit après la
fin de la période signalée par Klaus et Kennell ; le fait de ne pas trouver
dans ces conditions de différence durable entre les deux groupes serait
donc plutôt en faveur de l'idée de période sensible. Quant au groupe
contrôle, composé d'enfants nés à terme, l'auteur ne nous donne pas
la durée de la séparation postnatale.
Le dernier article, écrit par A. J. Sameroff, est extrêmement intéres
sant, et tout à fait provocateur. L'auteur commence par un historique
commenté des études sur l'intelligence et sur les troubles mentaux,
qui montrent qu'elles aboutissent à une impasse : à chaque fois que l'on
met en relation un comportement anormal avec une « cause » quelconque
(génétique, périnatale, psychosexuelle ou socio-économique), on constate
que beaucoup de gens qui sont dans les mêmes conditions n'ont pas le
même comportement. Les mêmes causes ne semblent pas toujours pro
duire les mêmes effets.
Pourquoi ? Parce que, répond Sameroff, nous sommes de très mau- Psychologie de l'enfant el psychopédagogie 719
vais théoriciens. On considère la plupart du temps un enfant non comme
un être vivant mais comme un objet mécanique gouverné par des lois
mécaniques. Bien sûr, tout le monde s'en défend, mais c'est ainsi.
La caractéristique fondamentale d'un être vivant est en effet d'être
en interaction permanente avec le milieu ; en particulier pour l'enfant
avec sa mère. Tout le monde le sait, mais on ne tient pas compte des
conséquences : on ne peut étudier « le sujet » sans référence au milieu
et à l'interaction avec le milieu, laquelle est susceptible de produire des
changements dans le milieu (chez la mère) et dans le sujet. Toute idée
de phénomène constant est donc à bannir.
Samerofî s'oppose vigoureusement à l'innéisme qu'il juge beaucoup
trop mécaniste, mais aussi à une certaine forme d'environnementalisme
statique qui est incapable de décrire l'influence de l'environnement
autrement qu'en termes sociologiques (statut socio-économique), alors
qu'il se manifeste pour l'enfant par des variables psychologiques qui
déterminent son rapport à son milieu. C'est, résumée brièvement, la
manière dont l'auteur présente son « modèle transactionnel ».
La conception méthodologique qu'il en tire est centrée sur l'analyse
de dépendances temporelles de comportements qu'il appelle « analyse du
chemin » (path analysis), chemin pris par l'influence des rapports
sujet-milieu dans le développement du sujet. Il livre rapidement les
résultats essentiels d'une étude longitudinale faite selon ce principe :
Samerofî constate une faible corrélation entre le développement mental
de l'enfant à 4 mois et à 30 mois, mais une forte corrélation entre un
tempérament difficile à 4 mois et un développement mental retardé à 30,
le chemin passant par les relations difficiles de l'enfant avec sa mère.
Les deux comportements observés corrèlent fortement avec celui de la
mère, observé alors que l'enfant a 12 mois : elle s'en occupe peu.
C'est donc aussi bien sur le plan théorique, méthodologique, que sur
celui des résultats observés, que cet article de Sameroff est passionnant.
R. Lécuyer.
Bower (T. G. R.). — The perceptual world of the child. — Londres,
Fontana Open Books, 1977, 93 p.
Le premier à être présenté dans L'Année psychologique d'une inté
ressante collection : « The developing child », dirigée par J. Bruner,
M. Cole et B. Loyd. Ce sont de petits ouvrages, écrits par des spécialistes
pour des non-spécialistes, et qui présentent de brillantes synthèses.
Sans entrer dans le détail des procédures d'étude, l'A. explore, à
propos de la perception du monde, un certain nombre de questions que se
posent tous ceux qui ont à s'occuper d'enfants : quels sont les effets de la
croissance des organes sensoriels, comment les objets et les êtres humains
sont-ils perçus, quelle quantité d'information peut être perçue, comment
les perceptions sont-elles intégrées dans la connaissance, etc. Il est exclu- 720 Analyses bibliographiques
sivement question du bébé, l'A. considérant que l'information fournie
par les sens reste relativement constante au cours du développement,
c'est l'interprétation que nous en faisons qui change.
Un ouvrage très clair et agréable à lire. Il n'entre pas dans des contro
verses théoriques et ne cite pas des nuées d'articles expérimentaux : ça
n'était ni l'intention de la collection ni l'intention de l'A. Et ce n'est
pas un moindre mérite que de mettre sur la voie des questions de fond.
M. -G. Pêcheux.
Garvey (G.). — Play. — Glasgow, William Collins Sons & Co.,
1977, 128 p.
Ce format de poche appartient à la collection « The developing
child », dirigée par Jerome Bruner, Michael Cole et Barbara Loyd.
L'objectif déclaré de ces derniers est de mettre à la portée de tous ceux
qui ont un rôle de responsabilité dans l'éducation des enfants, des
connaissances mises à jour, et clairement exposées.
En ce qui concerne le jeu, cet objectif paraît pleinement atteint.
L'auteur part de différentes définitions du jeu (par ailleurs bien connues),
et propose une caractérisation de l'activité de jeu en 5 points : il est
source de plaisir, n'a pas d'objectifs extérieurs à lui-même, il est spon
tané (et non contraint), il suppose une implication active du joueur,
mais il a certaines relations systématiques avec ce qui n'est pas jeu :
il n'est pas coupé du reste.
Fallait-il considérer le développement du sourire comme une partie
de l'étude du jeu ? C'est la position de l'auteur.
Les classifications en jeu moteur, jeu avec des objets, jeu avec le
langage sont plus habituelles, mais elles sont dépassées par l'auteur
qui montre comment, au cours de son développement, l'enfant intègre
chaque nouvelle compétence dans les formes de plus en plus complexes
de jeu. Le jeu « avec des matériels sociaux » fait l'objet d'une étude parti
culière, en tant que manifestation la plus complexe de l'intégration de
toutes les formes d'activités déjà acquises. Sous cette désignation, l'auteur
recouvre ce qu'on appelle habituellement « jeux de rôles ou de faire
semblant » mais l'explique par l'atteinte et l'exercice à la fois de normes
sociales, par définition collectives, et d'une meilleure prise en compte
de son identité par le sujet. Enfin, le jeu de règles et les jeux ritualisés.
Les références bibliographiques sont suivies de quelques « lectures
suggérées » : analyses commentées de sept livres de fond. On ne s'éton
nera pas d'y trouver Bruner et Piaget, mais on y trouve aussi, entre
autres, l'ouvrage de Roger Caillois consacré aux jeux de l'adulte.
Agréable à lire, clair, concis, et pourtant informatif, c'est un ouvrage
à conseiller, par exemple, aux étudiants intéressés par ce thème.
F. WlNNYKAMEN. Psychologie de l'enfanl et psychopédagogie 721
Abrahamsen (A.). — ■ Child language. An interdisciplinary guide to
theory and research. — Baltimore, University Park Press, 1977, 381 p.
Il s'agit d'une bibliographie commentée, portant sur plus de
1 500 références, classées par thèmes. Chacun de ces thèmes fait l'objet
d'une brève introduction, et chaque titre, celui d'un bref commentaire.
L'originalité de l'ouvrage est tout entière dans le regroupement. Il
était difficile d'éviter un trop grand schématisme. L'auteur y est par
venu, au prix parfois de la simplicité de la classification. Un même titre
peut se retrouver dans différentes rubriques, avec un système de renvoi.
Mais l'introduction à un thème peut également signaler que d'autres
publications, sous d'autres rubriques, concernent aussi ce thème, sans
ajouter toujours de suffisantes précisions. A cette (très relative) cri
tique près, on ne peut qu'admirer cette énorme compilation, qui couvre
la littérature jusqu'à 1976 inclus. Cinq parties principales s'intitulent,
dans l'ordre, sources générales d'information, développement de la syn
taxe, développement de la sémantique, au-delà de la grammaire, pho
nologie et orthographe. La subdivision en treize sections est inégal
ement répartie ; le développement de la syntaxe et de la sémantique en
comportent sept à elles deux. On peut regretter que l'auteur ignore sy
stématiquement la littérature non anglophone.
Deux index, l'un par auteurs, l'autre par sujets, rendent l'ouvrage
très maniable.
On peut gager que personne sans doute ne lira jamais ces 381 pages
d'un bout à l'autre. Mais les chercheurs et enseignants dont les travaux
sont centrés sur un des domaines concernés par le langage gagneront
à le consulter un temps précieux. A recommander à toutes les bibli
othèques spécialisées.
F. WlNNYKAMEN.
Zlotowicz (Michel). — Les cauchemars de l'enfant. — Paris, Presses
Universitaires de France, 1978, 350 p.
La littérature sur les rêves est très riche, mais il y a par contre peu
d'études sur les cauchemars, enfantins en particulier. La recherche
que nous présente M. Zlotowicz comble ainsi une lacune. Elle est d'au
tant plus intéressante qu'elle porte sur un très riche matériel d'obser
vation (trois enquêtes ayant permis de recueillir plus de 300 cauche
mars) et qu'elle s'attache très rigoureusement à un respect des faits
lors de leur interprétation — dans un domaine où, parfois, les nécess
ités de la doctrine supplantent le souci des données.
Après une description de la démarche méthodologique de l'enquête,
une étude de contenu des récits recueillis permet à l'auteur de définir
des unités d'analyse : ce sont les événements mêmes du cauchemar
décomposés en éléments génériques (ou constituants) : les actants et les
fonctions qu'ils remplissent. Les actants peuvent être regroupés en
trois types de personnages : les agresseurs, les victimes et les auxiliaires. Analyses bibliographiques 722
L'originalité de l'étude consiste à déterminer dans une deuxième partie
la signification des constituants par une étude des événements précé
dant et suivant l'entrée en scène de ces derniers. Cette méthode, qualifiée
de « morphologique », permet d'établir une « suite fondamentale » des
événements avec ses cycles, boucles et variantes.
C'est dans la troisième partie que l'interprétation est présentée.
Faute de disposer d'une théorie portant expressément sur l'interpréta
tion des cauchemars, l'auteur se propose d'organiser « des remarques
éparses » de Freud en une conception freudienne du cauchemar à partir
de sa doctrine du rêve et du symbolisme d'une part et de ses conceptions
de l'angoisse d'autre part. La conception freudienne est ensuite vigou
reusement critiquée et démonstration est faite qu'elle n'est pas satis
faisante pour rendre compte des données présentées auparavant. En
particulier, le symbolisme d'objets, tel qu'il est décrit dans Vlntroduc-
tion à la psychanalyse, semble inapplicable aux récits recueillis dont
l'auteur démontre qu'ils se fondent sur une symbolique de l'action. Il
interprète le cauchemar comme une expression de l'angoisse de des
truction et/ou de séparation et (plus rarement) de la culpabilité.
Nous laisserons pour finir la parole à René Zazzo qui, dans une pré
face chaleureuse, nous livre la dernière image qu'il garde de M. Zlotowicz
et écrit : « Ce qui me frappe dans son œuvre, c'est le sens du tragique
et en même temps l'effort perpétuellement tendu vers l'objectivité,
vers la lucidité ; comme s'il s'agissait pour lui d'accepter la peur en la
mettant à nu, en l'expliquant, en la débarrassant de ses travestissements,
et des fausses interprétations qui sont encore un camouflage. »
C. Gérard.
Horrocks (J. E.). — The psychology of adolescence. — Boston,
Houghton Mifflin Company, 1976, 574 p.
Il s'agit ici d'une quatrième édition (1951, 1962, 1969 pour les trois
premières) de La psychologie de V adolescence. Cette dernière édition
présente, d'après la préface, une complète révision et réécriture des
précédentes. Le point de vue adopté est, selon Horrocks, celui d'un
psychologue, orienté vers la recherche expérimentale, qui utilise les
apports de la biologie, de la sociologie et des sciences de l'éducation. Un
souci notable apparaît en outre : celui de préciser que l'étude du « phé
nomène adolescence » ne doit pas être limité aux modalités particulières
sous lesquelles il se manifeste aux Etats-Unis. Dans cette perspective,
une large place est faite à la littérature qui est consacrée dans d'autres
pays à la période de l'adolescence : Europe, Inde, Israël, Japon.
L'étude comprend six parties, dont les titres sont les suivants : I. « La
nature de l'adolescence ». II. « Développement affectif et cognitif »,
III-IV. « Bases, motivations et directions des conduites », V. « La
psychobiplogie de l'adolescence », VI. « L'adolescent et la société ». Psychologie de l'enfant et psychopédagogie 723
Chacune de ces parties se décompose en chapitres (de quatre à
six) qui présentent avec le point de vue de l'auteur les théories et les
recherches expérimentales relatives au domaine concerné. Chacun des
chapitres est suivi d'une bibliographie abondante et relativement
récente (jusqu'à 1973 inclus).
L'ouvrage peut être considéré comme une sorte d'encyclopédie de
l'adolescence, avec les défauts et les qualités que cela entraîne. Néan
moins, le recours constant aux résultats expérimentaux et l'abondance
des références bibbliographiques en font un outil précieux pour l'étudiant
« sérieux ». Le lecteur peut, après chaque chapitre, retourner aux sources
afin de préciser les informations apportées et valider les points de vue
présentés.
J. Bideaud.
Gründer (R. E.). — Adolescence. — New York, Wiley, 1978,
609 p.
Il s'agit d'une seconde édition d'Adolescence (la première date
de 1973) où Gründer affine certaines perspectives. Les remaniements
affectent principalement les points suivants : causes de l'opposition
aux cadres institutionnels, rôle du « sexisme » dans la socialisation,
aménagements des pratiques scolaires en vue d'une meilleure intégra
tion ultérieure dans la vie professionnelle.
Les chapitres 1 à 8 consacrés aux généralités : approches et défini
tions, développement physique, cognitif, moral, etc., n'apportent rien
de plus que les ouvrages du genre, et plutôt bien moins que l'étude
d'Horrocks (1976) (cf. ci-dessus). Par contre, les chapitres (9, 12 et 13)
qui traitent des caractéristiques typiquement américaines (Etats-Unis)
du « phénomène adolescence » sont des plus intéressants. Ils concernent :
les styles culturels de l'adolescence et les relations entre pairs, la dyna
mique de la high school américaine, la signification du travail et de la
vie professionnelle dans une société industrielle.
Il faut signaler qu'une présentation maladroite de la bibliographie
rend celle-ci difficile à consulter. Cela est particulièrement regrettable
dans la mesure où l'auteur destine son ouvrage non seulement aux
psychologues, sociologues, juristes, etc., mais surtout aux étudiants en
psychologie.
J. Bideaud.
Debesse (M.), Mialaret (G.). — Traité des sciences pédagogiques,
t. 7 : Fonction et formation des enseignants. — Paris, Presses Univers
itaires de France, 1978, 454 p.
Les problèmes posés par la formation des enseignants avaient été
abordés occasionnellement dans les précédents volumes du Traité. Ils
sont repris ici selon diverses perspectives et d'une manière approfondie.
Comme le titre l'indique, l'ouvrage est divisé en deux parties traitant

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