Psychologie industrielle. Adaptation du métier à l'homme - compte-rendu ; n°1 ; vol.51, pg 424-444

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L'année psychologique - Année 1949 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 424-444
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1949
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1° Psychologie industrielle. Adaptation du métier à l'homme
In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 424-444.
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1° Psychologie industrielle. Adaptation du métier à l'homme. In: L'année psychologique. 1949 vol. 51. pp. 424-444.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1949_num_51_1_8538— Psychologie appliquée. VI.
90. — Les accidents du travail. Rôle du facteur humain :
(I) BONNARDEL (R.). — Recherches expérimentales sur la
prévention des accidents au moyen des méthodes psychotechniques.
— Année Psychol., 1939, 40, 84-93. —(2) BONNARDEL (R.). —
La psychometric et la prévention des accidents du travail. L'impor
tance du facteur «intelligence concrète ». — Trav. Hum., 1949, 12,
1-15. —(3) BROWN (C. W.),GHISELLI(E.E.).— Accident pro-
neness among streetcar motormen and motor-coach operators (La
prédisposition aux accidents des conducteurs de tramways et des chauf
feurs de cars). — J. appl. Psychol., 1948, 32, 20-23. — (4) CONB
(P. W.). — The limit of usefulness of accident rate as a measure of
accident proneneSS (Limitation de V utilité du taux d'accident comme
mesure de la prédisposition aux accidents). — J. appl. Psychol., 1940,
34, 154-159.— (5) DRAKE (C. A.). — Aecident-proneness : a hypot
hesis (La aux accidents : une hypothèse). Charact.
Person., 1940, 8, 335-341. — (6) FARMER (E.). — Critical notice
about : « Accidents and their prevention », by H. M. Vernon.
1937 and « Recherches expérimentales sur les causes psycholo
giques des accidents du travail », par J. M. Lahy et S. Paeaud-
Korngold, 1937 (Note critique au sujet des « Accidents et leur pré
vention », par Vernon, etc.). — Brit. J. Psychol., 1938, 28, 350.
— (7) FROLOV (S.). — La législation soviétique sur la protec
tion du travail. — Bull. Informat. France-URSS, 1949, 12. — (8)
GHISELLI (E. E.), BROWN (C. W.). — The prediction of acci
dents Of taxicab drivers (La prévision des accidents des chauffeurs
de taxi). — J. appl. Psychol., 1949, 33, 540-546. — - (9)
GREENWOOD (M.), WOODS (H. M.). — The incidence of
industrial accidents upon individuals with specific reference to
multiple (L incidence des accidents industriels sur les
individus, spécialement en ce qui concerne les accidents multiples).
— Industr. Fatigue Res. Bd. Rpt H., 1919.— (10) HOLMES
(J. A.). — Industrial accident proneness (La prédisposition aux
accidents dans l'industrie). — Person, psychol., 1949, 3, 369-376. —
(II) KERR (W. A.). — Accident pronene jf factory departments
(La prédisposition aux accidents dans les usines). — J. appl. Psyc
hol., 1950, 34. — (12) LAHY (J. M.), PACAUD-KORN-
GOLD (S.). — Les causes psychologiques des accidents du travail. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE 425
— Publication Trav. Hum., 1936. — (13) MARBE (K.). — «Prakt
ische Psychologie der Unfälle und Betriebschaden. » — München,
1926. — (14) GREENWOOD (N.), YULE (C. V.). — An inquiry
into the nature of frequency distributions representative of mult
iple happenings, with particular reference to the occurrence of
multiple attacks of desease or of repeated accidents. (Enquête
sur la nature des distributions de fréquence représentant des événe
ments multiples avec reference particulière à l'apparition de fré
quentes maladies et d'accidents répétés). — J. roy. Statist. Soc.
1920, 83, 255-279. — (15) MARTI-LAMICH (E.). — Contribu-
cion al estudio de las causas psicologicas de predisposicion a l'ac
cidente en las industrias metalurgica y de la madera (Contribution
à l'étude des causes psychologiques de la prédisposition aux accidents
dans les industries métallurgiques et du bois). — Rev. Psicol. gen.
api. 1947, 2, 459-478.— (16) MINTZ (A.), BLUM (M. L.). — A re-
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concept de prédisposition aux accidents.) — J. appl. Psychol.,
1949, 33, 195-211. — (17) NEWBOLD (E. M.). — A contribu
tion to the study of the human factor in the causation of acci
dents (Contribution à V étude du facteur humain à l'origine des
accidents). — ïndustr. Fatigue Res. Bd. Rpt, London, 1926, 34.
— (18) RAKITINE. — La qualité dans l'organisation de la pro
duction et l'organisation du travail. — Troud, 30 juin 1949. —
(19) STUMPF (N. F.). — A statistical study of visual functions
and industrial safety (Étude statistique des fonctions visuelles et
de la sécurité dans l'industrie). — J. appl. Psychol., 1945, 29,
467-470. — (20) TIFFIN (J.), PARKER (B. T.), HABERSAT
(R. W.). — Visual performance and accident frequency (Perfor
mance visuelle et fréquence des accidents). — J. appl. Psychol.,
1949, 33. — (21) TIFFIN (J.). — «Industrial Psychology ». — Prent
ice Hall, 1947. — (22) WHITLOCK(J.B.),CRANNELL(C.W.).
— An analysis of certain factors in serious accidents in a large
Steel plant (Analyse de certains facteurs dans les sérieux
dans une grosse aciérie). — J. appl. Psychol., 1949, 33, p. 494-
498. — (23) XXX. — Amélioration des conditions de travail en
U. R. S. S. — Troud, 26 févr. 1950. — (24) XXX. — La préven
tion des accidents et la protection de la santé des travailleurs en
U. R. S. S. (d'après MM. DZIKOWK, BATKIS et HUMMEL :
Miesiecznik Bezpieczenst wo i higiena pracy. — Rev. Hyg. Sécur.
Trav., Varsovie, oct. 1949). — Travail et Sécurité, 1950, n° 3.
Les études que l'on peut réunir sous cette rubrique se divisent
en deux groupes : les unes, posant comme admis le rôle déterminant
d'un facteur personnel, que l'on peut appeler la prédisposition aux
accidents, s'attachent à en déceler les bases psychologiques; les
autres essaient d'évaluer l'importance de ce facteur personnel rela- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 426
tivement à l'ensemble des facteurs qui interviennent pour provoquer
un accident.
Dans le premier groupe l'étude du Dr Bonnardel (2) est une revue
assez complète de la question. Il rappelle les travaux de J. M. Lahy
et de S. Pacaud-Korngold (12) qui ont mis en évidence le rôle joué
par les facteurs d'ordre émotif et affectif. Ces travaux confirment
l'hypothèse de Marbe (13) selon laquelle « la capacité à changer
brusquement de « constellation psychique », la souplesse de réadap
tation jouent un rôle important pour éviter un danger qui se présente ». Les expériences de Drake (5) aboutissent à des
résultats qui peuvent se rapprocher de ceux de Lahy et Pacaud-
Korngold : « La personne qui réagit plus vite qu'elle ne peut perce
voir est plus prédisposée aux accidents qu'une personne qui peut
percevoir rapidement qu'elle ne peut réagir. »
A côté d'un facteur d'ordre émotif et affectif sur l'existence duquel
les auteurs français, anglais, allemands s'accordent, l'étude du fac
teur « niveau intellectuel » conduit à des résultats assez contradic
toires : certains chercheurs (1) (10) obtiennent une liaison entre le
niveau mental et le pourcentage des accidents, d'autres en trouvent
peu ou pas (22) (8) (15) (12).
L'explication que donne Tiffin (21), cité par Bonnardel, de ces
contradictions est intéressante : « Au-dessus d'un certain niveau
intellectuel critique, il existerait une liaison très faible, même nulle
entre « intelligence » et « prédisposition aux accidents ». Au-dessous
de ce niveau minimum, la liaison serait au contraire assez étroite; »
Le Dr Bonnardel rejoint Tiffin dans cette explication, en ajoutant
cependant que l'insuffisance des tests d' intelligence peut être due
également au fait que les tests utilisés étaient du type abstrait-
logique-verbal. Il préconise plutôt l'utilisation de tests individuels
de performance plus propres à déceler chez l'homme peu familiarisé
avec le maniement des symboles, un facteur global d'intelligence.
Ces tests ont donné d'excellents résultats dans les lieux de travail
où se rencontrent le plus d'accidents : grands ateliers, usines, car
rières, chantiers, etc.
En ce qui concerne les insuffisances sensorielles qui peuvent
être à l'origine des accidents, les recherches de Stumpf (19) déve
loppées et confirmées par celles, extrêmement sérieuses, de Tiffin (20)
(21) mettent en évidence le rôle de l'acuité visuelle et des dévia
tions latérales et verticales dans la position au repos des axes op
tiques des deux yeux (convergence, divergence).
Un essai de détection de la « prédisposition aux accidents » au moyen
d'inventaire de personnalité (Bernreuter) (22) a donné des résultats
peu concluants; il en est de même pour les inventaires d'intérêt (8).
Dans le groupe des études consacrées à l'évaluation de l'impor
tance du facteur « prédisposition aux accidents », l'article de Mintz
et Blum (16) est fondamental. PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 427
Les auteurs de cet article se proposent un double but : tout d'abord
la critique de la méthode des pourcentages, souvent employée,
et à tort, pour mettre en évidence l'existence d'une « prédisposi
tion aux accidents ». Un exemple récent de ce mésusage nous est
donné dans l'article de Holmes (10) qui constate dans le groupe
étudié qu'un faible pourcentage d'individus est responsable d'un
fort pourcentage d'accidents et qui en déduit l'existence, chez les
individus accidentés, d'une prédisposition aux accidents. Mintz
et Blum contestent la légitimité d'un tel raisonnement. En effet,
même si on admet l'hypothèse que les individus d'un groupe donné
ont des chances égales d'avoir des accidents (c'est-à-dire si on nie
l'existence de la prédisposition aux accidents), on a une forte di
sproportion entre les pourcentages. Ceci est dû au fait que, très
souvent, le nombre total d'accidents enregistré pour une popula
tion donnée est inférieur au nombre d'individus qui composent
cette population. Par exemple, si on constate que, pour 100 indi
vidus, 50 accidents ont été enregistrés, il est évident que, au maxi
mum 50 % des individus seront responsables de 100 % des acci
dents, même si on admet la seule intervention du hasard dans leur
répartition. Dans ce cas, le faible pourcentage de la population
accidentée n'établit nullement sa prédisposition aux accidents.
Le second et principal but de l'article est la mise au point d'une
méthode qui permette d'apprécier quantitativement l'importance
■du facteur « prédisposition aux accidents ». Les bases de cette ont été posées par Greenwoods et Woods en 1919 (9)
(cité par Mintz et Blum) : devant une série de données : nombre
d'accidents enregistrés dans une population, on émet l'hypothèse
■que ces accidents sont répartis uniquement par le fait du hasard
(c'est-à-dire que les individus de cette population ne se différen
cient pas les uns des autres par une plus ou moins grande prédis
position aux accidents). Cette répartition théorique donne, mathé
matiquement, une distribution de Poisson (facile à établir puisque,
dans une telle disposition, la moyenne est égale à la variance).
Il reste à comparer la distribution observée et cette distribution
théorique pour savoir si le hasard joue seul, ou si l'on doit admettre
l'intervention d'un facteur personnel : « la prédisposition aux
-accidents ».
Ces recherches, poursuivies par Newbold (17), cité par Mintz
et Blum, mettent en évidence l'existence d'une prédisposition
aux accidents chez certains individus. Mintz et Blum reprennent
les données de ces travaux et utilisent une méthode déjà employée
par Cobb (4) (estimation de la corrélation maxima que l'on peut
obtenir entre le nombre d'accidents par personne et les résultats
aux tests. TLe r utilise .,. , par Cobb /--ii : » / v intergroupe i-- s , apparente au r
y v totale
de Charlier). Si on obtient une courbe de Poisson dans un groupe 428 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
donné où la prédisposition aux accidents est la même pour tous
les individus, on obtiendra, pour une population où existent deux
ou trois degrés de prédisposition aux accidents, une courbe qui
sera une combinaison de deux ou trois distributions de Poisson.
Quand on obtient une telle courbe composite (pour l'identification
de ces courbes composites cf. Greenwood et Yule, 14), il est logique
de penser que les différences entre le nombre d'accidents qui arrivent
aux individus sont dues pour une part au fait que la prédisposi
tion aux accidents de ces individus n'est pas la même, et pour l'autre
part, à l'intervention du hasard. Dans ce cas, le facteur hasard
est à l'origine de la variabilité à l'intérieur des distributions de
Poisson, tandis que les différents degrés de prédisposition aux
accidents provoquent le décalage des moyennes de ces distributions.
Mintz et Blum évaluent la fraction de variance qui est due à cha
cun de ces facteurs. Celle-ci varie, pour les différences entre prédis
position aux accidents, de 20 à 80 %, pourcentage relativement
faible puisque 60 à 80 % de la variance restent attribuables au
hasard. Ce hasard peut se présenter sous bien des formes : indis
position passagère d'un conducteur, ou événement extérieur à lui.
De plus, « même quand la responsabilité de quelqu'un est nett
ement prouvée dans un accident, cet accident aurait pu ne pas se
produire si les circonstances avaient été différentes ». Il semble
donc bien que la prédisposition de l'individu aux accidents, dans la
mesure où elle existe, soit de peu d'importance dans la survenue
des accidents, comparativement au rôle joué par le hasard.
D'autres auteurs arrivent à des conclusions analogues : Brown
et Ghiselli (3) trouvent bien une corrélation de 40 entre le nombre
d'accidents d'une même catégorie pour les mois pairs et impairs,
mais une corrélation très faible entre accidents de différentes
catégories, d'où il ne semble pas prouvé que la prédisposition aux
accidents existe en tant que trait général de l'individu. Dans un
article récent, Kerr (11) trouve également exagérée l'importance
qu'on attribue au facteur personnel dans les accidents du travail
qui surviennent dans les usines et il oriente ses recherches vers
l'étude du <f climat psychologique total » dans lequel le a travailleur
type » du groupe travaille. Il met principalement l'accent sur le
fait que l'apparition des accidents est bien souvent liée à l'indiff
érence du travailleur à l'égard de son « environnement » : les sec
tions industrielles où surviennent le plus d'accidents sont, entre
autres, celles où les perspectives d'avancement sont les plus faibles
et celles où les ouvriers manifestent le moins d'initiative. D'où il
conclut que, pour réduire le nombre des accidents dans l'industrie,
il est probable qu'un changement fondamental du « cadre psycho
logique » dans lequel travaille l'ouvrier est nécessaire : il faudrait
créer un environnement qui encourage émotionnellement le tra
vailleur à être alerte, à faire des suggestions, à aider ses camarades PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 429
à mieux travailler; instituer des récompenses économiques mais
aussi des honneurs, des privilèges pour les bons ouvriers, et leur
donner accès aux comités et aux conseils. « II est nécessaire d'éle
ver le niveau de la vigilance, non seulement à l'égard des possibil
ités d'accident mais envers toute chose. »
Quelques études d'auteurs soviétiques illustrent ce qu'on peut
obtenir en créant des conditions de travail favorables. En U. R. S. S.,
le pourcentage des accidents est trois fois moins élevé qu'en 1930
et même quatre fois moins élevé dans les branches les plus touchées,
comme la métallurgie lourde, etc. (23). Ce qui caractérise l'orga
nisation soviétique, en plus du soin tout particulier apporté à la
protection de la santé des travailleurs (« les dispensaires ont le
droit de transférer les ouvriers de l'équipe de nuit à l'équipe de
jour, ils peuvent améliorer les conditions hygiéniques de leur tra
vail, et même changer le genre de ce dernier et, ce qui importe le
plus, améliorer leurs conditions de logement ») (24), c'est le rôle
très important joué par les travailleurs eux-mêmes dans l'organi
sation et la sécurité de leur travail (7) (18) : ce sont les syndicats
qui en LJ. R. S. S. contrôlent l'application de la législation du
travail; de plus, selon la dureté du travail, la journée de- travail
est plus ou moins réduite (ramenée à six heures et même à quatre
heures dans certains cas), les jours de congé annuel sont augmentés :
un chauffeur a droit à un supplément de trente-six jours de congé
annuel (7). Il est évident que ces conditions, jointes au fait que
n'importe quel ouvrier a toujours la possibilité de se qualifier
davantage dans son métier ou dans un autre métier de son choix,
constituent un « cadre psychologique » éminemment favorable au
travailleur et a, entre autres conséquences heureuses, celle de dimi
nuer le nombre des accidents du travail.
M. P.
91. — Les notations professionnelles :
FERGUSON (L. W.). — The value of acquaintance ratings
in criterion research (La valeur du degré de connaissance dans
la recherche des critères de notation). — Person. Psychol., 1949,
2, 93-102. — ROTHE (H. F.). — The relation of merit ratings
to lenght Of service (La relation entre les appréciations et V an
cienneté de service). — Person. Psychol., 1949, 2, 237-242. —
WHERRY (R. J.), FRYER (D. H.).— Buddy ratings : popul
arity contest or leadership criteria (Notation par les camarades :
indice de popularité ou d aptitude au commandement?). — Person.
Psychol., 1949, 2, 147-159. — FLANAGAN (J. C). — Critical
requirements : a new approach to employee evaluation (Les exi
gences critiques : une nouvelle méthode de notation) . — Person.
Psychol., 1949, 2, 419-425. — LAWSHE (C. H.) et al. — The
paired comparison technique for rating performance of indus- 430 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
trial employees (La comparaison par paires pour la notation des
employes). — J. appl. PsychoL, 1949, 33, 69-77.
Les deux premiers auteurs abordent le problème des notations
professionnelles sur le plan des conditions extérieures à la technique
même de la notation et cherchent à préciser l'influence de ces
conditions.
Ferguson s'efforce d'évaluer l'importance de la manière plus ou
moins approfondie dont le noteur connaît celui qu'il note et le
travail qu'il accomplit. La recherche montre que les notations
sont d'autant plus fidèles et d'autant meilleures que le noteur
connaît mieux l'employé. Par ailleurs les employés les mieux con
nus tendent à être aussi les mieux notés mais l'expérience montre
que plus cette liaison est faible meilleure est la validité des nota
tions.
Rothe montre que la corrélation entre les notes données par le
chef et l'ancienneté des employés varie beaucoup d'une situation
à l'autre. Parfois négative elle peut aussi être fortement positive.
Il propose ensuite, pour expliquer la variabilité de cette liaison,
quelques hypothèses qui mériteraient d'être vérifiées.
Les deux articles suivants apportent des contributions à la méthod
ologie proprement dite et introduisent des techniques encore peu
répandues.
Wherry et Fryer ont recueilli à différentes époques, au cours
d'une formation de quatre mois, sur deux groupes de 82 et 52
élèves-officiers, des notations de types divers : notations par les
camarades ou les instructeurs, tests, niveau culturel. L'analyse
factorielle ayant permis d'extraire trois facteurs principaux :
niveau scolaire, aptitude au commandement et niveau tactique,
on constate que les jugements des candidats les uns sur les autres
fournissent dès le premier mois une appréciation de l'aptitude au
commandement aussi bonne que celle qui sera donnée au quatrième
mois par les officiers instructeurs, alors que les appréciations des
instructeurs, recueillies au cours des premier et quatrième mois
sont très faiblement liées. Le succès final au cours de formation
est prédit aussi bien au moyen des notations par les camarades
dans le premier mois que par le niveau scolaire antérieur. Le test
ne fournit une bonne estimation que du succès scolaire. Les auteurs
en concluent que cette technique de notation par les camarades,
qui par nature fait appel à un nombre de juges généralement bien
plus élevé que celui des supérieurs, pourrait être utilisée beaucoup fréquemment avec des chances de succès.
Flanagan propose un système qu'il a déjà mis en pratique et
qui consiste à relever les exigences critiques de chaque tâche,
c'est-à-dire les exigences qui conditionnent la réussite ou l'échec
dans une part importante du travail. Écartant celles qui sont
liées à la formation, aux connaissances, aux attitudes, aux PSYCHOLOGIE APPLIQUEE 431
tudes, il s'attache à rechercher celles qu'on peut retrouver à travers
l'observation du comportement du travailleur. Certaines conditions
doivent être réalisées : l'observateur doit être compétent sur le
plan du travail étudié, et en connaître les buts. L'observation doit
se faire sur le travail réel; les situations choisies doivent pouvoir
être fidèlement rapportées, et former une description synthétique
de la tâche. Après avoir insisté sur les incidents possibles comme
représentant des situations particulièrement difïérenciatrices, l'au
teur donne quelques indications de procédure.
Il n'est pas douteux que cette tendance à se rapprocher du
comportement objectif, dont il y a d'autres exemples, comme la
méthode de notation en traits de comportement proposée par
Knauft en 1948, conduise à des résultats intéressants. On verrait
volontiers ici agir en collaboration le chef, technicien qui connaît
le travail et ses particularités, et le 'psychotechnicien capable de
le guider sur le plan méthodologique.
Sur une méthode maintenant classique, Lawshe conduit une
étude de fidélité à l'occasion de son application à deux groupes
d'ouvriers imprimeurs. La fidélité, estimée par différentes voies
s'avère satisfaisante. L'auteur en profite pour constater que le
temps nécessaire à la préparation du matériel, à la notation pro
prement dite par les contremaîtres, et au dépouillement, n'est pas
prohibitif, comme certains l'ont prétendu.
P. R.
92. — L'évaluation des tâches :
RUSH (C. H. Jr), BELLOWS (R. M.). — Job evaluation for a
small business (L'évaluation des tâches dans une petite entreprise).
— Person. Psychol., 1949, 2, 301-310. — HAY (E. N.). — The
attitude of the American Federation of Labor on job evaluation
(L de l'A.F.L. envers l'évaluation des tâches). — Personn
el J., 1947, 26, 163-169. — COHEN (L.). — Managment and
job evaluation (Direction et évaluation des tâches). — Personnel
J., 1948, 27, 55-61. — LAWSHE (C. H. Jr), FARBRO (P. C). —
Studies in job evaluation. 8 : The reliability of an abbreviated
job evaluation System (Études d'évaluation des tâches. 8 : La
fidélité d'un système abrégé). — J. appl. Psychol., 1949, 33, 158-
166. — SATTER (G. A.). — Method of paired comparisons and
a specification scoring key in the evaluation of jobs (Méthode des
comparaisons par paires et liste d'éléments spécifiques dans l'éva
luation des tâches). — J. appl. Psychol., 1949, 33, 212-221. — ^
La Classification professionnelle. — Rapport au Conseil paritaire
général, Bruxelles, Ministère du Travail, 1948, 109 p. — LORENZ
(F. R.). — Einheitslohn oder gerechte Lohndifferenzierung (Salaire
unitaire ou juste différenciation des salaires?). — Chemische Indust
rie, 1950, 2, 241-243. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 432
L'intérêt du premier article, qui n'apporte aucun élément nou
veau sur le plan technique, est essentiellement de montrer les
avantages que l'on peut tirer de la mise en œuvre d'une procédure
d'évaluation des tâches, et de l'analyse qui la précède nécessaire
ment, sur le plan des relations humaines.
L'article de Hay met en évidence les principales critiques que
les patrons américains peuvent s'attendre à voir formuler par les
représentants des syndicats (A. F. L.). A vrai dire il s'agit plutôt
de réserves et l'on sait que ces représentants collaborent très géné
ralement aux travaux d'évaluation. Le large développement de
ces techniques ressort des statistiques de Cohen qui concernent
135 firmes de Pittsburgh, parmi lesquelles 36 (27 %) les utilisent.
Mais alors qu'elles sont inemployées dans les firmes n'ayant pas
plus de 25 employés, 52 % de celles qui ont au moins 200 employés
les utilisent. Les méthodes les plus employées sont les échelles de
points et les méthodes de classification. Enfin quelques indications
sont fournies quant aux résultats obtenus sur le plan des relations
industrielles.
Lawshe, qui, avec plusieurs autres, poursuit depuis plusieurs
années ses recherches, étudie dans ce huitième article la fidélité
d'une échelle abrégée. Il a montré précédemment que l'échelle de
la N. E. M. A., en 11 points, et des échelles de composition voisine,
peuvent être condensées, après analyse factorielle et par corrélation
multiple, en estimations de même valeur sur la base de 3 ou 4 fac
teurs seulement, par exemple : instruction générale, temps d'ap
prentissage, conditions de travail, dangers, les deux premiers contr
ibuant à eux seuls à environ 9-11 de la variance. Il trouve cette
fois, en faisant évaluer par un groupe de 5 juges 40 tâches réelles,
et non plus des descriptions de tâches comme précédemment, que
son système abrégé est au moins aussi fidèle (.98 pour 5 juges) que
le N. E. M. A. (.94 pour 5 juges). Il constate également
que l'accord entre deux représentants de la direction est plus grand
qu'entre deux représentants ouvriers. De l'un à l'autre des groupes,
l'accord peut être estimé par des corrélations qui varient de .66
à .86, et il est meilleur pour les facteurs principaux (qualification)
que pour ceux qui concernent les conditions de travail et les risques.
On peut regretter cependant que ces études ne portent que sur
différentes variantes d'un même procédé général. Satter, au con
traire, fournit une contribution originale au problème en proposant
une méthode basée sur l'utilisation d'éléments-types de travail,
dont on recherche la présence dans chaque tâche individuelle et
qu'on évalue en 3 ou 4 degrés, approximativement équidistants.
En pondérant chacun des 18 éléments retenus (dans une étude
portant sur une grande variété d'emplois de bureau) par rapport
à l'échelle réelle des salaires, on obtient une corrélation de .89 avec
ce critère. Les mêmes éléments, avec les mêmes poids, conduisent

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