Psychologie pathologique - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 322-358

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L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 322-358
37 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1920
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5° Psychologie pathologique
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 322-358.
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5° Psychologie pathologique. In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 322-358.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1920_num_22_1_4445ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 322
sociales, la vie sexuelle (régulière, irrégulière, prostituée), l'âge au
délit, l'âge au début de la prostitution, la durée de celle-ci, la valeur
des condamnations, etc. . ' .
C'est un très beau travail, qu'il est bien désirable de voir imiter,
et dont il faut vivement féliciter les auteurs. "
H, P.
C0RT ROSENOW. — Is lack of intelligence the chief cause of
deliquency? (Le défaut d'intelligence est-il la cause principale de la
délinquance*!) — Ps. Rev., XXVIII, 2, 1920, p. 147-157.
Goring (The English Convict) avait, sur la base des statistiques
traitées au point de vue des corrélations, déclaré que, chez les
criminels anglais, le défaut d'intelligence était le facteur constitu
tionnel le.plus important dans l'étiologie du crime : il trouvait entre
la criminalité et la déficience mentale une corrélation de + 0,66,
supérieure à toute autre corrélation particulière.,
Rosenow critique cette conclusion, et montre que l'interprétation
des statistiques n'a .pas été correcte, sans même tenir compte de la
définition de l'intelligence et de la délinquance. Il est probable au
contraire que le défaut d'intelligence, d'après les résultats de Goring,
joue un moindre rôle que les autres facteurs combinés et peut-être
moins que les autres facteurs pris isolément. Critique, toute de
théorie statistique.
H. P.
5° Psychologie pathologique.
Psychiatrie. — 2 vol. in-8°, 425 et 458 p., 1921, Paris, Maloine.
Dans le traité de pathologie médicale et de thérapeutique appliquée
de Sergent, Ribadeau-Dumas et Babonneix ^t qui fait grand
honneur aux directeurs et à l'éditeur, deux volumes sont consacrés
à la psychiatrie, et sont l'œuvre collective de psychiatres éprouvés,
depuis les vétérans jusqu'aux jeunes.
Les différents chapitres sont naturellement inégaux; il n'en est
point^de mauvais et il en est d'excellents. Si l'ensemble n'a pas
l'unité d'un traité systématique élaboré par un cerveau unique, il y reflet'
gagne, en donnant, dans la diversité des points de vue, le du
mouvement des idées dans l'élaboration de la science. Aussi, pour
les besoins du psychologue, cette psychiatrie est-elle un instrument "
cojnmode. -
premier, on trouve une esquisse de séméiologie Dans le tome
psychiatrique générale, œuvre posthume de Ritti, dans laquelle les
notions psychologiques paraissent souvent un peu désuètes, puis
deux chapitres du regretté Juquelier, qui promettait d'occuper une
place eminente dans la médecine mentale française, sjir la manie
aiguë, la psychasthénie et les obsessions. Ensuite sont examinées
a mélancolie, les folies périodiques (Durand). Dans l'étude de la PSYCHOLOGIE COMPARÉE 323
confusion mentale et de la psychologie des délires, notre collabo
rateur Mignard fait preuve de ses qualités de fine analyse. Sérieux et
Capgras donnent un exposé magistral des délires systématisés
chroniques, Logre consacre à l'état mental des hystériques une
importante étude, où l'on retrouve les reflets de l'enseignement de
son feu maître Dupré, examinant les rapports avec l'émotion, et les
conceptions freudiennes etc., Brissot étudie l'état mental des
épilepliques, enfin Raymond Mallet met au point d'.excellente façon
la question, qu'il connaît bien, de la psychiatrie de guerre.
Le deuxième tome comprend un chapitre sur les aliénés crimi
nels par Henri Colin qui a consacré à leur étude une si longue
activité et son élève Demay, un autre sur les intoxications endogènes
par Legrain; un troisième chapitre est consacré à une étude très
systématique de Barbé sur la dégénérescence. Puis vient l'étude de
la démence précoce par Deny, présentée avec beaucoup d'objectiv
ité, celle de la démence organique et de la démence sénile par
Truelle, dont on remarque l'information large et l'esprit clair;
Brissot reprend, dans un chapitre sur l'état mental des aphasiques,
le sujet de sa thèse qui avait été remarquée, et traite des rapports
controversés de l'aphasie et de la démence.
La paralysie générale est étudiée par Pact et et Bonhomme de
façon exhaustive. Enfin, un chapitre est consacré à l'internement
des aliénés (Charon) et le dernier à l'expertise psychiatrique
(Vallon).
L'ouvrage^ que des tables alphabétiques rendent facile à manier,
est de ceux qu'on aimera avoir sous la main.
H. P.
W.-H.-R. RIVERS. — Instinct and the Unconscious {Uinstinct et
V inconscient). — In-8 de 252 p., 1920, Cambridge University Pressé
2e éd. revue, 1921.
La guerre met particulièrement en jeu l'instinct de conservation,
plus essentiel encore que l'instinct de reproduction, et plus simple
aussi à discerner dans la causalité des psychonévroses. Celles-ci
apparaissent comme l'expression d'une solution défectueuse du
conflit qui oppose des^éléments fondamentaux et incompatibles de
l'activité mentale. Au delà d'une certaine limite, certaines tendances
instinctives, entraînant cette partie d'expérience qur leur est associée
passent dans l'inconscient. L'objet de ce travail est avant tout
d'étudier les rapports qui existent entre l'instinct et l'inconscient,
corps* en même d'expérience temps que peut la passer fonction dans biologique l'inconscient. par laquelle un certain
Mais l'auteur tient à préciser le sens des termes qu'il emploie :
« L'inconscient » ne comprend que les éléments psychiques qui,
échappant aux processus ordinaires de la mémoire ou de l'associa
tion des idées, n'apparaissent dans le champ de conscience que dans
l'hypnose,' la des conditions particulières telles que le sommeil,
méthode « par associations libres » et certains états pathologiques. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 324
Nombre d'observateurs ont coutume d'appeler « répression » le
processus par lequel une partie de l'expérience passe dans l'incon
scient. L'auteur réserve le terme « répression » au mécanisme
volontaii'e qui chasse les éléments indésirables hors de la conscience
claire. C'est un cas particulier du processus général qu'il qualifie
« suppression ». Quelles sont la nature et la signification biologique
de ce processus?
Tout d'abord, la « suppression » n'est qu'une forme de l'oubli.
C'est un "des grands mérites de Freud que d'avoir marqué la valeur
de cette fonction protectrice, active, et non intentionnelle. He plus,
la « suppression » s'exerce sur l'état émotionnel présent, et permet
de lui échapper, sans souci des inconvénients à venir.
La physiologie du système nerveux offre de beaux exemples de
« suppression », témoin les deux ordres de sensibilité, protopathique
et épicritique, décrits par Head, et qu'il faut considérer comme
deux stades différents de l'évolution, la sensibilité épicritique, la
dernière venue, plus précise et plus fine, inhibant ou tempérant
les réactions vives et diffuses dues à la protopathique.
De la même manière, l'écorce cérébrale contrôle et inhibe les réac
tions aux excitations parvenues jusqu'aux noyaux gris centraux.
Le contrôle ou l'inhibition caractérisent donc l'essentiel de l'acti
vité nerveuse supérieure, et la « suppression » n'exprime que l'un
des modes par lesquels, à chaque moment, s'exerce ce processus.
Il ^semble donc que l'on puisse considérer les faits d'expérience
comme étant soumis à des lois analogues à celles qui régissent les
deux ordres de sensibilité. Nous voyons en effet les éléments de la
sensibilité protopathique, ou bien se fusionner avec les de
la épicritique, ou être « supprimés ». De même
l'expérience peut fondre en elle les éléments nouveaux et perdre
ainsi son aspect primitif; ou bien certains de ses éléments se
montrent incompatibles avec les nouveaux apports, et ce sontceux'
là seuls qui subissent la « suppression » et constituent L'inconscient.
Grâce aux travaux de Shand et Me Dougall qui ont montré les
rapports étroits qui unissent l'affectivité et l'instinct — chaque
émotion pouvant être considérée comme l'aspect affectif d'une
réaction instinctive — on doit penser que toute expérience sup
primée consiste soit en un état affectif, intolérable pour les éléments
prévalents de la conscience, soit en l'élément intellectuel qui peut
être associé au premier. C'est là le contenu de l'inconscient.
L'auteur passe à la définition de l'instinct et, sans discussion, se
rallie à l'opinion de ceux qui groupent sous ce terme les tendances
innées. Il lui paraît beaucoup plus important de classer les instincts
en deux ordres, empruntant même les termes employés par Héad
pour les deux modes de la sensibilité :
D'une part les instincts protopathiques, caractérisés par leurs
réactions diffuses, violentes, immédiates, toute énergie déployée —
obéissant au principe du tout ou rien tel un sujet livré sans contrôle
aux réactions de sa moelle ou de ses noyaux gris centraux; •
D'autre part les instincts épicritiques, caractérisés par leurs réac- .
COMPAREE , 32S
-tions moins extensives; plus modérées, nuancées — n'obéissant
pas au principe du « tout ou rien », mais comportant les gradations
et les finesses de la sensibilité épicritique, ou de l'activité générale
contrôlée par le cortex.
Parmi les instincts dits de conservation s'impose maintenant
l'étude de ceux dont l'objet est de protéger l'individu du danger.
On peut y distinguer cinq principaux types de réactions :
1° La fuite, liée à la tendance fondamentale à éviter ce qui est
nuisible;' -
2° l'agression, nécessitant un autre être animé, et des moyens
d'attaque et de défense;
3° l'activité ordonnée, réaction normale dé l'homme sain;
4° l'immobilité, si souvent associée à des modifications pigmen-
tairea;
5° le collapsus, ordinairement accompagné de tremblements ou>
de mouvements inutiles ou nuisibles.
L'activité ordonnée chez l'homme, l'immobilité chez les animaux
inférieurs, sont des réactions apparemment dépourvues d^ ton
affectif. C'est que là, a joué le phénomène de « suppression » écar
tant du champ de conscience les éléments incompatibles avec la
sauvegarde du sujet.
De même certaines formes de réactions instinctives, par exemple,
la fuite et l'immobilité, sont contradictoires. Il faut donc qu'existe
chez les animaux une fonction de « suppression » qui en cas de
nécessité, assure à la -réaction en cours la plénitude de son effet.
Il est des cas où un élément psychique, ou plus souvent un
groupe d'éléments, ayant subi la « suppression », continue cepen
dant à déployer une activité propre, pouvant, à l'occasion se manif
ester sous formé de « conscience alternée » (fugues, double
personnalité, etc.). C'est ce que l'auteur définit par le terme
« dissociation ».
Jusqu'à présent, on n'a eu en vue que les rapports de l'instinct et
de l'inconscient en fonction de l'ipdividu isolé. Qu'advient-il lorsque
le danger menace un groupe? C'est alors qu'intervient la « sugges
tion » forme grégaire de l'instinct. Mais l'ajustement des réactions
de chacun aux réactions du groupe ne permet plus que s'exerce la
loi du « tout ou rien »; bien au contraire, une gradation, des nuan'ces
se manifestent; c'est là un mode épicritique de l'instinot.
Partant de ces bases si longuement exposées, l'auteur tente
d'expliquer les phénomènes d'hypnotisme :
II y distingue 4 éléments ou aspects principaux : la suggestion avec
suggestibilité accrue, un affinement de la sensibilité, un état de
suppression, un étal de dissociation. L'accroissement de la suggest
ibilité et de la sensibilité seraient caractéristiques de l'instinct
grégaire, et d'autre part le jeu simultané de la suggestion et de la
suppression permet seul cette réaction d'immobilité étudiée plus
haut. L'hypnotisme animal ne comporterait que suppression et
dissociation. Pour l'homme s'y viendraient surajouter les éléments
issus de besoins grégaires. La vie normale représente un état ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 326,
d'équilibre, un compromis entré, l'activité nuancée et les tendances
instinctives qu'elle contrôle. L'hypnotisme serait pour nous le
moyen de dominer temporairement l'intelligence sous le processus
instinctif de la suggestion.
Le sommeil doit être envisagé comme une manifestation quoti
dienne du processus instinctif de « suppression » destinée à per
mettre le repos aux éléments les plus nobles du corps et de l'esprit.
C'est un phénomène du même ordre que la réaction de défense dite
réaction d'immobilité. Les faits de « dissociation » que l'on peut-
observer manifestent l'activité des centres inférieurs momenta
nément sans contrôle. Le réveil, qui est si souvent le fait d'une
discrimination parmi les bruits ou les mouvements produits dans
le milieu extérieur, marque bien la place qu'y prend l'élément
« suggestion » ; on pourrait donc le rapporter aux instincts grégaires
et si on classe les processus instinctifs en protopathiques et épicri-
tiques, on voit que le sommeil, avec ses gradations et ses nuances,
prend nettement place dans la seconde catégorie, le principe du
« tout ou rien » ne s'appliquant guère qu'au cauchemar.
L'auteur tente enfin d'établir une théorie biologique des psycho
névroses. La santé mentale résulte, nous l'avons vu, de l'équilibre
qui s'établit entre les tendances instinctives et les forces qui les
contrôlent. Les psychonévroses expriment la rupture de cet équi
libre. Cette rupture peut être due :
Soit à l'accroissement de l'intensité des tendances soumises à la
« suppression » (puberté, peur, danger en guerre);
Soit à l'affaiblissement du pouvoir de contrôle (shock, fatigue,
maladie, surmenage).
On peut y distinguer un certain nombre de cas-types :
1° « Suppression » couronnée de succès.
Les moyens en peuvent être conscients ou non, leur qualité est
souvent difficile à déterminer.
2° Névrose d'angoisse ou de répression.
La volonté devient plus ou moins rapidement impuissante à
dominer l'assaut renouvelé des tendances instinctives (peur, horreur,
honte). L'auteur rappelle le caractère épi critique de la« répression»,
la « suppression » étant d'ordre protopathique. La qualité intellec
tuelle du processus, la tendance à la rationalisation sont à I3. base
du sentiment si profond de malaise et de dépression psychique.
La thérapeutique peut également faire appel à la rationalisation et
à l'effort volontaire. La névrose d'angoisse peut être considérée
comme une tentative malheureuse vers la solution d'un conflit qui
ne saurait être résolu que par des moyens relevant dé l'instinct et
non de la volonté. r
3° Hystérie ou névrosé de substitution. ••■'-.
Dans ce cas, au lieu de lutter, l'organisme substitue une nouvelle
forme de réaction fnstinctive à celle qui était primitivement solli
citée. Le problème est ainsi éludé. Dans les circonstances de guerre,
le conflit danger-devoir est résolu par la production d'un état qui
rend le sujet inapte à toute participation ultérieure aux opérations. PSYCHOLOGIE COMPAREE 327
En général les symptômes ne surviennent pas d'emblée; ils n« sont
donc pas gênants; une période de méditation les précède ordinai
rement. Mais il en est d'immédiats. Comment les expliquer?
Les paralysies, les anesthésies hystériques ne seraient que des
manifestations partielles de la réaction d'immobilité, si nécessaire
au succès des instincts grégaires. Il faut noter de plus combien
l'entraînement auquel sont soumis les soldats développe grandement
la suggestibilité. Or, on sait qu'un des caractères principaux de
l'hystérie, c'est l'aptitude à l'imitation; et l'imitation n'est qu'un
mode particulier du processus général de « suggestion ». La névrose
de répression atteint surtout l'officier, cultivé dans le sens d'initia
tive et d'indépendance. La névrose de substitution 'frappe surtout le
soldat, entraîné à l'obéissance et à la suggestibilité. La paralysie
d'un ou de plusieurs membres, survenant pendant le combat, ne
représente qu'un insuccès dans une tentative pour satisfaire l'instinct
d'immobilité, dont l'objet est avant tout de simuler la mort.
L'A. essaie d'interpréter le mutisme hystérique. La fuite comporte
le cri, avertissement pour les autres membres du groupe. Le cri est
donc une manifestation d'instinct grégaire. L'immobilité du groupe
impose à chacun l'obligation de ne point pousser le cri qui comprom
ettrait la sécurité de tous. Le mutisme hystérique de guerre serait
donc lié avant tout au côté collectif de la réaction d'immobilité; ^a
persistance évite ensuite d'affronter à nouveau le danger.
On a dit de l'hystérie qu'elle était un état de dissociation. Une
paralysie, une anesthésie ne réalisent pas la conception de l'auteur,
c'est-à-dire un état de conscience alternée. L'hystérie exprime
donc le jeu de deux processus, suppression et suggestion. Elle
diffère de l'hypnotisme en ce qu'elle ne comporte pas de conscience
indépendante, et, bien plus que lui, se rapproche de la réaction ■
instinctive d'immobilité. Elle représente surtout la substitution
imparfaite d'une réaction instinctive primitive aux autres modes de
réaction au danger. C'est donc plutôt une névrose de
qu'une névrose de « conversion » au sens de Freud.
Cette, explication vaut-elle également pour l'hystérie au temps de
paix? S'agit-iltoujours d'une réaction au danger ou satisfait-elle à
quelque autre instinct? L auteur pense que si les femmes y sont
plus exposées, c'est que la vie du temps de paix comporte pour elles de dangers que pour l'homme (enfantement). Mais il croit
surtout que selon l'instinct en jeu on devra distinguer deux variétés
d'hystérie. Par exemple, les hystériques de guerre présentent
plutôt des états de stupeur, des attitudes cataleptiques, en rapport
avec la réaction d'immobilité. Les communes réalisent
plutôt des manifestations convulsives en rapport avec l'instinct
sexuel. Et les symptômes combinés — crises convulsives, anesthésies
— seraient le fait des interréactions entre ces deux instincts.
En somme les tendances instinctives manifestées dans les psycho
névroses peuvent être de deux sortes :
Ou bien elles tendent à assurer la jouissance individuelle et la
nécessité de conserver l'espèce, ce sont presque exclusivement les ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 328
psyefconévrosesdu temps de paix ou bien elles tendent à protéger
contre un danger, ce sont les psycho névroses de guerre.
Aux problèmes que pose la vie, d'autres solutions pathologiques
peuvent être données, tels les états de dissociation (fugues, etc.),
les phobies, les obsessions, les tentatives de rationalisation
(Christian Science, etc.), l'hypochondrie où le patient se préoccupe
des symptômes et non de ce qui les détermine, l'alcoolisme qui
libère pour un instant, atténuant l'anxiété et la dépression, les
états paranoïaques qui sont des tentatives de rationalisation, les dits démentiels précoces, où l'esprit échappe au conflit par
le moyen des rêves à l'état de veille, les « psychoses de désin
tégration » du type manie où se trouvent suspendues les fonctio'ns
-de contrôle et, d'inhibition, libérant ainsi les tendances inférieures,
violentes, confuses et contradictoires.
En reprenant l'idée deHfackson sur la << dévolution » il est permis
de considérer les psychonévroses comme des faits de régres
sion psychique, l'hystérie revenant à l'instinct d'immobilité et au
côté d'imitation caractéristique de grégaire, la névrose
d'angoisse comportant cette irritabilité, ce manque de contrôle qu
signale-les réactions infantiles, les rêves à l'état de veille et la D. P.'
marquant une régression vers l$s fantaisies imaginatives de l'enfance
La « suppression » montrerait elle-même une tendance à utiliser
les processus normaux de t'enfance.
Mais à côté de ces modes imparfaits, pathologiques, il est une
autre façon, admirable celle-là, de résoudre le conflit. Ce serait en
effet grâce au mécanisme de la « sublimation » qxie seraient
suscitées, hors de l'inconscient, les créations magnifiques de la
science, de la littérature et de l'art1.
Dr Albert Brousseau.
ERICH STERN. — Die krankhaften Erscheinungen des Seelen
lebens. Allgemeine Psychopathologie {Les phénomènes morbides
de la vie mentale. générale). — N° 764, Collec
tion « Aus Natur und Geisteswelt », Leipzig, 1921, Teubner, 116 p.
L'auteur montre, tout d'abord, la place qu'occupe la psychopat
hologie par rapport à la psychologie et à la médecine et insiste
sur la difficulté qu'il y a à faire une démarcation précise entre le
normal et le pathologique. Il insiste tout particulièrement sur cette
idée que la .psychopathologie, qui, en première ligne, poursuit des
buts plutôt théoriques est une spécialisation, une science auxiliaire
de la psychiatrie qui vise au pratique (reconnaissance, préservation,
traitement des maladies mentales).
1. Signalons que les vues de Rivers exposées dans un « Symposium »
ont été longuement discutées par Myers, Jung, Gr. Wallas, J. Drever et
2e W. édition Me. Dougall de son (€f. livre, Br. Rivers J. of. a Ps-r-X, ajouté 2 I, appendices, nov. 1919, sur p, 1-42). la psychologie Dans la
t)e la guerre et l'instinct d'acquisition, • ' PSYCHOLOGIE COMPAREE 329
Quelles sont les méthodes de la psychopathologie? Règle générale,
ce sont les mêmes que celles qu'utilise la psychologie normale :
l'observation et l'expérimentation, cette dernière étant appelée,
toutefois, à jouer un rôle moindre. Et à. celles-ci s'ajoutent, en
dehors des méthodes anatomo-psychologiques (examen du cerveau)
les procédés objectifs (recherches statistiques sur l'hérédité, l'étio-
logie des troubles mentaux, par exemple), subjectifs (interrogat
oire, observations) et là méthode psychographique.
Il apparaît logique que pour traiter de ce qui est « anormalité »,
ou « anomalie » on parte du normal, d'où certaines considérations
de E. Stern sur quelques notions fondamentales de psychologie,
sur l'idée de disposition et de norme, sur l'hérédité des troubles
psychiques et les facteurs « endogènes », sur les causes extérieures
de maladies, etc.
Le plan de^l'ouvrage — qui esl de lecture facile, même pour le
profane — peut être présenté comme suit :
i° Troubles de la perception : micropsie et macropsie, le « déjà yu »
et le «jamais vu.», illusions et hallucinations expliquées d'après la
théorie de Störring, agnosies diverses, etc. ;
2° Troubles de la vie affective : paralysie du sentiment, manies,
passions, hystérie, le freudisme, sautes d'humeur, l'euphorie des
tuberculeux...;
3° Troubles de la vie représentative : ceux de la .mémoire, con
traintes, délires, folies, la fuite des idées de Liepmann... ;
4° de l'intelligence : démence, débilité, imbécillité,
idiotie... -
5° Troubles de la volonté et de l'action : exhibitionnisme, klepto
manie, pyromanie, faiblesses et inhibitions, « négativisme », bizar
reries...; suggestibilité ;
6° Troubles du moi : dédoublement de la personnalité.
L'auteur termine son étude par les méthodes de traitement des
maladies mentales : suggestion et hypnose, psychanalyse.
J. F.
ELIDA EVANS. — The problem of the Nervous Child. — N. Y. —
Dodd Mead and C°, 1920, p. vm -f 299.
Dans l'introduction le Dr C. B. Jung dit : « de plus en* plus le
neurologiste d'aujourd'hui constate que l'origine de la nervosité de
leurs patients est rarement de date récente mais que ses traces se
découvrent presque dans les premières impressions et dévelop
pements de l'enfance. Là gît -la source de plusieurs maladies
nerveuses ultérieures ». Partant de là l'auteur montre l'importance
de l'attitude mentale des parents pour le développement psychique
de l'enfant. Il conseille de suivre une discipline de force et de
contrainte dans l'élevage des enfants. « La discipline seule est
capable de déterminer un entraînement naturel vers l'intérêt et
l'habitude. Nous demandons de l'ordre et de l'attention à l'enfant
afin .que la haute discipline habituelle l'amène aux opérations de ■
.
.
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 330
s -
l'intérêt ». Les différents, chapitres traitent du développement de la
répression, de l'esprit symbolique, de la réaction de défense, du
complexe parental, des émotions refoulées, etc. '
G. V.
— Psychology of the Normal and Subnormal. — H.-H. GODDARD.
N. Y. — Dodd, Mead, 191?, pp. xxiv -f 341.
Le premier chapitre traite de l'unité de l'esprit. Les suivants
abondamment illustrés donnent une très bonne vucd'ensemble du
système nerveux et de la structure des xjrganes des sens. Dans le
chapitre sur l'émotivité G. montre surtout l'importance des idées de
Mossp et de celles plus récentes de Gannon. La théorie de James-
Lange est vraie aussi loin qu'elle va, mais ne représente qu'une
partie car elle se confine au système nerveux central et ne tient pas
compte de la part énorme du sympathique.
L'intelligence « conçue comme* un processus mental abstrait est,
pour lui, la somme totale de toutes les formes de conscience (the
summation, of consciousness) qu'il est possible de mettre au jour
dans une occasion particulière ». Il termine par une exposition
systématique de la psychologie du débile et traite de la détermi
nation du niveau mental, de l'application pédagogique et du trait
ement moral.
G. V.
LETA S. HOLLINGWORTH. — The Psychology of subnormal
Children. — N. Y. The Macmillan Company, 1920.
Traité complet de psychologie des subnorthaux avec courte biblio
graphie. Les subnormaux sont « ceux qui dévient de la norme
dans le sens de l'infériorité ». Ils peuvent l'être pourtant sous des
formes très différentes suivant que le contrôle émotionnel, le sens
moral, une fonction spéciale comme le jeu, le calcul, la musique, etc.
sont en déficience. 11 y a à ce point de vue une infinie variété dans
les types. Dans ce livre ne sont envisagés que les subnormaux de
l'intelligence générale. Suivent les chapitres bien documentés sur
l'étiologie et les rapports sociaux (criminalité, mendicité, prosti
tution, etc.), de la subnormalité. Et une* revue assez complète de
l'évolution des idées concernant. la conception de la débilité mentale.
A l'heure actuelle 4 manières de l'envisager se font jour. Le critère
socio-économique qui s'exprime surtout dans le « mental deficiency
act » of 1913 et qui a le tort d'être trop tributaire des contingences
du milieu extérieur. Le critère pédagogique, il y a vingt ans, était
le seul employé. Mais il est insuffisant par le fait qu'il néglige tout le
côté sensoriel, moteur, psychopathique. Le critère médical, qui est
basé sur l'analogie de la débilité mentale et des maladies physiques
est orienté dans le7 sens des recherches somatiques. Il donne
surtout des notions sur les variétés cliniques telles que le
crétinisme, le mongolisme, l'hypothyroïdisme, etc. Enfin le critère
psychologique, dont la fortune est grandissante, et qui est surtout

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