Psychologie Pédologique. Evolution Psychologique de l'Individu - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 397-427

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 397-427
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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3° Psychologie Pédologique. Evolution Psychologique de
l'Individu
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 397-427.
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3° Psychologie Pédologique. Evolution Psychologique de l'Individu. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 397-427.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5057PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 397
est en mesure de résoudre. On voit que ces travaux apportent à la
psychologie animale une contribution de premier ordre, par leurs
résultats et aussi par leur méthode : ce n'est rien moins qu'une échelle
de tests d'intelligence pour les singes qu'ils nous offrent.
G.-H. L.
3° Psychologie pédologique. Évolution psychologique
de l'individu l
427. — RYO KURODA. — Beiträge zur vergleichenden Kinderp
sychologie. I. Die Körperliche und geistige Entwicklung der weis-
sen Ratten vom ersten bei zum zwanzigsten Lebenstage (Contribut
ions à la psychologie comparée de Venfance. I. Le développement
physique et mental des rats blancs du 1er au 20e jour). — Acta Psy-
chologica Keijo, I, 3, 1931, p. 105-120.
L'enfance du rat fait l'objet de cette première étude de psychopéd
ologie comparée.
L'auteur a examiné, au point de vue de la motilité générale le temps
en secondes pendant lequel l'animal peut soutenir son corps dressé
sur ses 4 pattes, temps qui croît en moyenne, surtout les 12 premiers
jours, avec toutefois de grandes irrégularités ; au point de vue des
sensibilités cutanées, il a examiné les réactions tactiles (recherche du
contact nasal, en rapport avec la tétée) et thermiques
d'une chaleur convenable, quand il y a choix, avec une région froide) ;
pour les sensibilités statiques le temps nécessaire au redressement de
l'animal placé sur le dos décroît très rapidement les 12 premiers jours,
passant de 20 ou 30 secondes à moins d'1 seconde ; dès le 1er jour
les réactions positives ou négatives aux champs olfactifs se manif
estent, le pouvoir de différenciation qualitative ne se constate que
plus tard ; l'examen de l'action des saveurs s'est montré trop difficile ;
pour la vision, si les yeux s'ouvrent entre le 15e et le 17e jour, l'action
de la lumière vive se décèle un peu plus tôt, au 13e jour en général,
ce qui semble indiquer à ce moment un développement de la rétine
suffisant pour assurer une capacité fonctionnelle : les réactions audi
tives apparaissent très brusquement, 3 jours avant l'ouverture des
yeux (c'est-à-dire entre le 12e et le 15e jour), avec un parallélisme
très remarquable dans la plus ou moins grande précocité pour les
deux sens : les sons les plus hauts des sifflets de Galton sont entendus
un peu plus tardivement (un jour en général) que les plus bas (à une
différence d'environ 20 octaves). H. P.
428. - C. MURGHISON. - A handbook oî child psychology (Un
manuel de psychologie de V enfant). — 1 vol. in-8 de 711 pages,
Clark University Press., 1931. Prix : 5 dollars.
Sous la direction de C. Murchison, un groupe international de
spécialistes nous donne un manuel de psychologie de l'enfant d'infor
mation très moderne et dont bien des chapitres sont excellents.
Après un exposé de J. E. Anderson sur les méthodes propres à la
1. Voir aussi les n°3 204, 280, 515, 580, 598, 708, 818, 1060, 1067, 1215.
1225, 1226, 1230-1236, 1276, 1503, 1504, 1507, 1508, 398 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
psychologie enfantine, T. Wolley traite de la nutrition, du sommeil
et de l'élimination dans un article intéressant par la précision de ses
observations.
M. C. Jones étudie les émotions conditionnelles chez l'enfant, et
apporte des exemples personnels, (notamment de réflexes psycho
galvaniques conditionnels). La question apparaît comme complexe ;
même quand le dressage joue un rôle évident, H y a une part de l'él
ément inné : les stimulants secondaires possédant parfois déjà une
valeur émotionnelle latente et on ne peut pas dire que n'importe quoi
peut devenir une cause d'émotion.
K. Lewin, étudiant les forces du milieu dans la conduite et dans le
développement de l'enfant, construit une représentation systéma
tique du dynamisme psychique qu'il est intéressant d'opposer au
behaviorisme américain. Les conditions du milieu doivent être dé
crites par l'aspect qui intéresse l'enfant, par leur apparence subjec
tive momentanée, par leurs valences fonctionnelles positives ou négat
ives. Il étudie la grandeur de ces forces, leurs conflits, les tendances
à l'élévation du champ expérimental, au négativisme, à 1' « enkyste-
ment », l'apparition des valeurs induites ou dérivées d'un objet sur
un autre, la stratification du milieu extérieur, la limite mouvante du
moi et du non-moi.
S. Isaacs décrit la construction expérimentale d'un milieu idéal
pour le développement mental. C'est l'histoire d'une école qu'elle a
dirigée pendant trois ans et demi. L'éducation résulte du contact de
Tenfant avec les réalités ; le rôle du maître est de constituer en quelque
sorte autour de ses élèves un milieu clarifié. L'école possède jardin,
buanderie, bibliothèque, ateliers, etc.. c'est une sorte de raccourci
de l'univers. L'activité des enfants y est libre, les sanctions sont
essentiellement naturelles ; rarement on a poussé plus loin le principe
de non-intervention. Les maîtres sont des compagnons de travail,
leur influence s'exerce surtout par des suggestions. On éveille la cu
riosité des enfants et on évite de la satisfaire par des réponses ; on
suggère de faire l'expérience. On apprend en faisant ; l'effort n'est
demandé que dans des cas qui en l'ont apparaître le profit immédiat.
L'école semble avoir réussi, comme l'indique le succès ultérieur des
enfants dans les écoles ordinaires où ils ont achevé leur éducation.
La psychologie des jumeaux, bien étudiée par A. Gesell, montre
avec précision jusqu'où s'étend dans le développement le parallélisme
des caractères^ même dans les cas où on serait enclin à croire très
grand le rôle du milieu. De véritables expériences cruciales prouvent
que le rôle de la maturation est plus important que celui de l'éduca
tion, car le sujet non exercé obtient presque les mêmes résultats que
le sujet exeTcé.
Le travail de H. E, Jones sur les rapports du développement avec
l'ordre des naissances, celui de B. L. Wellmann sur les rapports de la
croissance et du développement physique avec le
mental montrent surtout la difficulté de tirer, des nombreuses études
entreprises sup ces problèmes par les méthodes statistiques, des
conclusions de quelque valeur.
Le chapitre consacré par Me Cartus au développement du langage
contient une mise au point des études quantitatives sur le vocabu- PSYCHOLOGIE- PBDOfcOGIQÜE 399
laire enfantin et une intéressante discussion de la classification de
Piaget et de ïa notion d'égocentrisme.
L'importante question du « learning » est traitée avec ampleur par
J. Peterson. Il rapporte une riche série d'expériences sur la marche
de l'apprentissage moteur, le rôle de l'exercice et de la maturation,
celui des méthodes libres et imposées, des phénomènes de transf
ert, etc. Il étudie aussi les formes supérieures, associatives ou ration
nelles d'apprentissage ; on admirera les méthodes variées et ingénieuses
par lesquelles il élimine les facteurs de récence et de fréquence, ou
met en évidence la formation de règles générales.
Les idées de J. Präget sont trop connues de nos lecteurs pour qu'il
soit nécessaire de résumer son intéressant chapitre sur les Philosophies
d'enfants, caractérisées par le réalisme, l'animisme et l'artificialisme,
dont le déclin progressif passe par des phases singulièrement sem
blables à certains moments historiques de la pensée philosophique.
Charlotte Bühler nous expose ses recherches sur le comportement
social de l'enfant ; elle précise l'âge des réactions spécifiques à la
voix et à la présence de l'homme ou au contact d'autres enfants, de
la participation aux jeux, des attitudes expansives et défensives,
de la rivalité et de la coopération ; de la croissance et du déclin des
groupements spontanés, des attitudes négatives de la puberté, des
amitiés individuelles de l'adolescence. Cette chronologie se complète
par l'étude des conditions de ce développement et par celle des diffé
rents types (l'indifférent, le protecteur, le meneur, le despote, l'enfant
sympathique aux enfants, l'enfant inapte aux rapports sociaux).
Il ne faut pas chercher dans l'article de V. Jones sur la morale en
fantine une analyse de la pensée morale qui peut être propre à l'en
fant ; il s'agit simplement de la mesure de la pensée et de la conduite
par rapport aux normes traditionnelles ; on y trouvera une curieuse
collection de tests de jugements moraux et de pratique morale et
des applications de la méthode des corrélations à l'étude des influences
éducatives. La grosse question serait toujours de savoir ce que le test
mesure, et l'on voudrait souvent être mieux renseigné sur la physio
nomie concrète des expériences dont on interprète les résultats nu
mériques.
F. Goodenough résume nos connaissances sur les dessins d'enfants,
avec des données statistiques et une bibliographie complète ; l'article
est illustré de dessins bien choisis. Celui de H. Marshall sur les jeux
de l'enfant est aussi dominé par ce souci d'information quantitative,
mais les problèmes psychologiques posés par le jeu en général pa
raissent ignorés. Même richesse d'information très appréciable dans
l'étude de L. W. Kimmin sur les rêves des enfants, même morcelle
ment des idées et des résultats.
Avec la psychanalyse de l'enfant d'Anna Freud, nous revenons à
la théorie et peut-être au « roman de la science ». L'exposé des
« grandes découvertes » de la psychanalyse n'est pas de nature à forcer
la conviction des sceptiques. Le contraste est grand entre ce chapitre
de théorie pure, où les faits n'apparaissent qu'à travers des inter
prétations arbitraires, et les chapitres d'observation objective qui
font le mérite de ce livre.
Terman résume excellemment son grand travail expérimental sur 400 ANALYSER BIBLIOGRAPHIQUES
les enfants supérieurement doués. Il établit l'existence de cette supé
riorité générale, sa corrélation statistique avec les qualités physiques
et les dons du caractère, sa stabilité au cours de la jeunesse, et justifie
l'idée d'écoles destinées à ces surnormaux. L'expérience se développe
largement aux Etats-Unis.
R. Pintner, dans un chapitre clair et précis, expose le problème des
faibles d'esprit, la définition des syndromes au moyen des tests, la
classification des principaux types, les notions de retard et d'arrêt, la
question de l'hérédité, les possibilités d'éducation ou d'élimination.
L.-S. Hollingworth étudie les dons spéciaux et les déficiences par
ticulières ; la discussion des exemples les plus favorables (musique,
dessin, mathématiques) de qualités particulières montre qu'elles sont
encore des résultats complexes et beaucoup moins indépendants
qu'on ne le croyait des aptitudes générales et de la personnalité.
H. Klüver résume les travaux de l'école de Jaenschsur l'éidétisme.
Partisan de la réalité des images éidétiques, il exprime des réserves
significatives sur les théories de Jaensch, sur les rapports génétiques
des diverses images, le rôle du tempérament physiologique et de la
race, etc.
L'étude de M. Head sur l'enfant primitif apporte, sur ce sujet si
peu connu, des renseignements tirés en partie des recherches person
nelles de l'auteur en Océanie. On est frappé de l'extrême variété des
faits recueillis dans diverses populations. Les tribus primitives, mi
lieux bien définis et d'ailleurs très variés, comparées entre elles et
avec les sociétés civilisées, nous permettront de faire des observations
de grande portée pour tous les problèmes de génétique psychologique.
P. G.
429. - ENZO BONAVENTURA. - Psicologia dell' Eta evol'utiva
(Psychologie de Vâge évolutif). — In-16 de 253 pages, Lanciano,
G. Garabba, 1931. Prix : 10 lires.
Ce volume a été écrit pour les écoles normales d'Orthophrénie,
comme Guide dans l'étude de la psychologie de l'enfance et de l'ado
lescence ; il comporte une introduction générale sur la psychologie
et ses méthodes avec des données précises sur les grands processus
mentaux.
Quelques chapitres traitent succinctement de la phase initiale de
la vie, où dominent les réflexes, du développement des fonctions
perceptives, du langage, de la pensée de relation, de la mémoire et de
l'imagination, enfin de l'activité pratique et de la vie affective.
La plus grande partie du livre, correspondant au but principal, est
consacrée aux méthodes de mesure de l'intelligence, échelles métriques,
examens analytiques, profil, et se complète de deux appendices sur
l'examen sensoriel et le calcul des corrélations, sous une forme tout à
fait élémentaire.
Utile petit manuel pour les éducateurs d'anormaux et même de
normaux. H. P.
430. - H. WALLON. — L'étude du caractère chez l'enfant. -
Revue de l'Enseignement secondaire des jeunes filles. Nlle Série,
IV, 1931, p. 211-214, 225-229 et 246-249.
Le caractère se situe à la fois sur le plan organique et sur le plan PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 401
social et ne peut être exclusivement défini en fonction de l'un ou de
l'autre seulement. « Essentiellement individuel, il n'existe que par
les réactions de l'individu vis-à-vis du milieu ». Peut-on préciser son
étude par des tests ? En réalité « le test risque d'être trop limitatif si
l'objet immédiat de la recherche est le sujet dans ce qu'il a de parti
culier, de personnel et d'intime ».
Les deux points de vue qui s'offrent sont le point de vue génétique
et celui du comportement.
En réalité les réactions des individus à des situations données four
nissent les matériaux pour la détermination du caractère qui se fonde
sur une analyse du comportement.
Les schémas de Giese, qui distingue le Je, le Ça, le Toi, comme
catégories générales des réactions de l'individu, peuvent utilement
s'appliquer à l'enfant, mais avec une adaptation convenable, dont
W. esquisse les grandes lignes. H. P.
431. - P. BLONSKY. - La pédologie des différents âges (Edition
revue et abrégée de « La Pédologie »), Moscou, 1930, 211 p., Prix :
1 r. 05, (en russe).
Premier volume d'un grand ouvrage sur la pédologie. L'auteur
expose les buts de cette science. Il indique les moyens de se servir des
mathématiques, mais met toutefois en garde contre l'abus des sta
tistiques là où elles ne pourraient conduire qu'à des erreurs. Il divise
l'enfance en 5 périodes : 1° période prénatale ; 2° celle qui suit imméd
iatement la naissance ; 3° de l'enfance sans dents ; 4° celle
des dents de lait et 5° celle où l'enfant possède toutes ses dents. En
analysant chaque période il décrit toutes sortes de réactions de l'en
fant dans chacune d'elles et les particularités de son développement
à tous les stades de sa vie et ajoute quelques tests permettant de
mesurer ce développement. D. M.
432. - CH. BAUDOUIN. - L'Ame enfantine et la Psychanalyse.
— In-16 de 277 pages. Paris et Neuchâtel, Delachaux et Niestlé,
1931. Prix : 25 francs.
Les problèmes de la psychanalyse enfantine concernent, nous dit
B., les mécanismes fondamentaux (jeu chez l'enfant du refoulement,
du transfert, de la sublimation, de l'introversion, etc.), les grands
complexes, les troubles typiques, enfin la méthodologie psychanalyt
ique appliquée à l'enfance.
Dans ce livre il n'est traité que de la deuxième catégorie, celle des
complexes, envisagés comme des systèmes intermédiaires entre les ins
tincts et la vie psychique supérieure, systèmes auxquels plusieurs
instincts participent toujours (ce qui ne permet plus de s'en tenir au
pansexualisme).
Les complexes se présentent en trois classes, passées en revue suc
cessivement : les « complexes de l'objet » formés par des tendances
visant à la possession d'un objet extérieur (complexe de Gain, comp
lexe d'Œdipe, complexe de destruction, « sadique-anal », complexe
spectaculaire, exhibitionniste); les « complexes du moi » qui s'affirme,
(complexe de mutilation, complexe d'infériorité féminine ou de
Diane, complexe de naissance) ; enfin les « complexes d'attitude »
l'année psychologique, xx xh. 26 402 Analyses bibliographiques
(du sevrage, et de la retraite). Des observations, dont beaucoup em
pruntées à la littérature, illustrent ces analyses de complexes et de
surcomplexes, par interaction des complexes (identification, surmoi).
Les conclusions comportent des directives aux éducateurs dont
certaines sont incontestablement judicieuses. La première est d'accor
der beaucoup d'importance à la prime enfance, généralement négligée,
la prépondérance affective du jeune âge se manifeste par la gravité
des chocs, antérieurs à 6 ans et même à 4 ans, chocs liés en particulier
au sevrage et à la séparation, aux rivalités avec les frères ou sœurs,
à la jalousie vis-à-vis du père ou de la mère, à une susceptibilité
extrême, enfin, et tout particulièrement aux préoccupations et révé
lations sexuelles (découverte de la différence des sexes, problème de
la naissance, onanisme, etc.).
Une autre directive consiste à se servir largement des mécanismes
de sublimation : dériver et orienter les tendances, au lieu de tenter
une simple répression.
Mais une directive est singulièrement discutable et dangereuse ;
elle a trait au subjectivisme qui vicie presque toujours la psychanal
yse • « Mieux connaître l'enfant, dit B., c'est à coup sûr savoir mieux
se comporter a son égard. Il n'en reste pas moins que pour pénétrer
vraiment le secret de cette psychologie infantile — que l'analyse
révèle si différente de la nôtre — des informations extérieures ne
suffisent pas. C'est le même mur, le même « refoulement » qui sépare
notre conscient de notre inconscient et qui sépare l'âme de l'adulte
de l'âme de l'enfant. L'inconscient de l'adulte, tel que le décrit Freud,
c'est surtout, avons-nous dit, la survivance de la conscience infantile.
Nous avons oublié (refoulé) l'enfant que nous étions, et c'est bien là
la fatalité qui pèse sur l'éducation : car, de la sorte, nous nous sommes
interdit de rien comprendre à l'enfant. Pour connaître l'enfant, il
faut le redécouvrir en nous, il faut briser ce mur intérieur, dont seule
une psychanalyse approfondie vient à bout. C'est pourquoi l'on a
recommandé aux éducateurs de se soumettre eux-mêmes à l'examen
psychanalytique au début de leur carrière ». Et, pour être logique,
note encore B., il faudrait le recommander aussi aux parents. Cela
promettrait de beaux jours aux psychanalystes professionnels !
Retrouver l'enfant en soi-même, après des séances favorables aux
suggestions freudiennes, c'est peut-être faciliter un accord sur la
psychologie enfantine par la généralisation des théories du maître
viennois, mais ce n'est pas favoriser le développement d'une science
pédologique qui ne peut donner de garanties que sur le terrain
objectif, qui est heureusement celui d'un grand nombre de chercheurs,
en lesquels, j'espère, les éducateurs mettront davantage leur confiance
qu'en des psychanalystes aux théories souvent séduisantes, mais
d'application peut-être redoutable. H. P.
433. — V. RASMUSSEN. — Diary of a Child's life (Journal d'une
vie d'enfant). Traduction anglaise de Margery Blanchard. — In-16
de 187 pages. Londres, Gyldendal, 1931, Prix : 6 sh.
Les études sur l'enfance de R., publiées en français sous forme
résumée, ont été fondées sur l'observation de sa fille aînée.
L'observation de sa seconde fille, née le 18 janvier 1913, est donnée PSYCHOLOGIE PÉDOLOGlyUE 408
sous la forme d'un journal, qui la suit de la naissance jusqu'à la fin
de sa 14e année.
Des photographies, des reproductions de dessins accompagnent
ces notes brèves, classées sous des titres indiquant le sujet principal
de l'observation, et qui apportent un utile document à la psychologie
de l'enfance. H. P.
434. - V. HAZLITT. - Modem trends in infant psychology [Ten
dances modernes de la psychologie de Venfant). — Br. J. of Ed. Ps.,
I, 1931, p. 119-129.
Les études de psychologie de l'enfant qui ont, dans ces deux der
nières années pris un développement considérable, se sont, de l'avis
de V. H. particulièrement portées sur les questions suivantes : a) les
réflexes : application de la théorie des réflexes conditionnels au
comportement de l'enfant ; b) les activités spontanées par opposition
avec les activités éduquées ; c) la vie émotive et les conflits émotifs ;
d) la pensée : structure et développement de la pensée enfantine ;
e) détermination de normes d'évolution au moyen de tests : /) mé
thodes à appliquer aux problèmes psychologiques de l'enfance.
L'auteur, dans sa conclusion, redoute l'envahissement croissant
des théories formelles et infructueuses et déclare ses préférences
pour les observateurs qui se contentent de collectionner les faits.
Des affirmations aussi absolues étayées sur une bibliographie aussi
incomplète ne sauraient à vrai dire entraîner la conviction du lecteur
dans un sens ni dans l'autre. H. A.
435. — JEAN PIAGET. — Retrospective and prospective analysis
in child psychology (Analyse rétrospective et dans la
psychologie de l'enfant). — Br. J. of Ed. Ps., I, 1931, p. 130-139.
P. a l'occasion de démontrer ici en réponse à la « réinterprétation »
proposée par N. Isaacs de sa théorie des « pourquoi » de l'enfant,
qu'il n'y a entre lui et I. qu'une différence de points de vue et non
une controverse irréductible.
Le point de vue prospectif et fonctionnel d'où I. s'attache à décrire
l'actuelle adaptation de l'enfant en termes d'expérience externe
ne saurait exclure en aucune manière le point de vue structural et
« rétrospectif » d'où P. analyse la progression de la pensée enfantine
et son mécanisme interne. L'étude rapide des solutions proposées
par les deux psychologues aux trois problèmes essentiels de la génér
alisation, de la nature des lois et des causes, de l'interprétation de
l'expérience chez l'enfant, amène l'auteur à constater que ses conclu
sions et celles de I. se complètent et s'accordent. Sous l'angle fonc
tionnel il s'agit de savoir comment se développe la connaissance de
l'enfant ; sous l'angle structural, de déterminer l'histoire des « in
struments intellectuels » employés par l'enfant. H. A.
436. - A. GALLI et L. NECGHI. — Ricerche sui fanciulli instabili
(Recherches sur les enfants instables). — Extrait des « Gontributi
del Laboratorio di Psicologia », Univ. del Sacro Cuore, V., In-8°
de 74 pages, Milan, 1931.
L'un des auteurs, qui avait pratiqué les examens neuropatholo- 404 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
giques, N., est décédé, avant cette publication assumée par le psy
chologue G. et qui comprend essentiellement une relation de cent
cas, dont la confrontation a permis de dégager quelques données
générales : Et tout d'abord, l'instabilité apparaît comme un symp
tôme assez indépendant qui peut être associé à des syndromes
variés, d'origines très différentes ; on le trouve chez des biopathiques
aussi bien que chez des cérébropathiques. Dans l'étiologie, l'alcoo
lisme, la folie, la tuberculose, les traumatismes céphaliques se ren
contrent. Et le rôle de l'hérédité neuropsychique se manifeste par
une association à des tares multiples.
Il y a prépondérance numérique considérable d'un type mixte
ajoutant aux anomalies de caractère le déficit intellectuel : les débiles
instables présentent pratiquement le problème pédagogique le plus
important dans les écoles, au point de vue de leur sélection et de
leur rééducation. Et, du fait du caractère protéiforme de la Sympto
matologie des instables, des études individuelles sont nécessaires.
H. P.
437. — M. SMITH. — Concerning the magnitude oî the Behavior
Sample for the Study of Behavior traits in Children [Grandeur des
échantillons de comportement dans l'étude du comportement des en
fants). - J. of appl. Ps., XV, 5, 1931, p. 481-485.
Pendant combien de temps faut-il observer l'enfant, pour obtenir
un échantillon suffisamment caractéristique de son comportement ?
L'A. a observé deux enfants, de 6-7 ans, pendant un temps total de
500 minutes, divisé en périodes de 5 minutes. Les notations brutes,
décrivant les faits et gestes de l'enfant, ont été classées en quarante-
deux catégories de comportement (dont le détail n'est pas indiqué).
Les résultats des périodes de 50 minutes ont donné un coefficient
de corrélation par rangs de 0,83 (moyenne de 45 intercorrélations)
pour l'un des enfants et 0,86 pour l'autre. D. W.
438. - M. E. DUNSCHEE. - A study oî factors affecting the
amount and kind of food eaten by nursery school children {Etude
des facteurs affectant la quantité et la qualité de nourriture prise par
les enfants d'une école maternelle). Child. Dev., 11,3,1931, p. 163-183.
Statistique faite par des étudiantes sur des enfants d'une nursery.
La quantité d'aliments est évaluée en calories ; au point de vue qual
itatif, les aliments sont répartis en cinq groupes et pour chacun on
note les attitudes de l'enfant, selon que la nourriture est acceptée
avec plaisir, avec indifférence, avec répugnance, refusée,
après encouragements, etc. On note aussi l'influence personnelle de
la personne qui préside au\ repas.
Malheureusement, de cet ensemble de statistiques qui a dû coûter
beaucoup de travail, il ne se dégage guère d'autres résultats que
ceux qui pouvaient à priori paraître très vraisemblables. P. G.
439. — M. SKALET. — The signiîiance of delayed reactions in
young children [La signification des réactions différées chez de jeunes
enfants). — Comp.'Ps., Mon., 1931, n" 34, p. 1-81.
On a surtout appliqué cette méthode à des animaux. Il s'agit au PSYCHOLOGIE PÉDOLOGIQUE 405
contraire ici d'expériences sur de jeunes enfants (soixante enfants
de 2 ans à 5 ans 1 /2) ; tous ont pris un grand intérêt à ces exercices
présentés comme des jeux. Le premier problème consiste à retrouver,
après un certain délai, c'est-à-dire après un certain nombre d'heures
ou de jours, un objet — un gâteau — qu'on a vu cacher sous l'une des
trois assiettes placées l'une à côté de l'autre sur un banc. — Le second
consiste à reconnaître, au milieu de six figures d'animaux en bois
découpé, celle qui a été présentée quelque temps auparavant pendant
cinq secondes. Même expérience, avec des figures géométriques
connues ; cercle, carré, triangle, losange, étoile. Enfin, dans une
autre variante, il s'agit de formes dépourvues de sens et de dénominat
ions courantes.
L'interprétation présente certaines difficultés. Plusieurs enfants
ont pris part à différentes expériences ; on a constaté chez eux une
influence des premières sur les suivantes ; il est assez malaisé d'élimi
ner ces persévérations. Pour en réduire l'importance, on est conduit
à augmenter l'intervalle entre les épreuves, par exemple à le prendre
au moins triple du délai inhérent à chacune d'elles.
Autre difficulté technique : les moyennes statistiques sont faussées
par le fait que certains objets ont servi aux expériences comportant
des délais courts, d'autres à celles où ils augmentent de durée, de
sorte que les proportions de solutions correctes ne sont pas compar
ables.
L'auteur donne, non seulement des statistiques (dont il y a peu de
chose à tirer), mais des descriptions souvent intéressantes d'expé
riences individuelles. Certaines semblant indiquer, même chez des
enfants assez jeunes, le rôle joué par la numération (dans celle
figures animales). Le nom n'est pas toujours exact : les enfants
trouvent facilement des ressemblances plus ou moins lointaines entre
les figures géométriques et des objets familiers. Cependant, la der
nière épreuve montre que ce procédé n'est nullement indispensable :
les confusions et les oublis y sont fréquents, moins cependant qu'on
ne l'aurait supposé. P. G.
440. — C. N. ALLEN. — Individual differences in delayed reaction
of infants {Différences individuelles dans la réaction différée chez
les enfants en bas-âge). — Ar. of Ps., XIX, n° 127, 1931, 40 p.
On a étudié la conservation du souvenir (retentiveness) chez 100
bébés, âgés d'un an exactement, en utilisant la méthode des réactions
différées, qui consistait dans ce cas à faire retrouver par l'enfant
un jouet placé par l'expérimentateur dans une de trois boîtes, 10, 20,
30, 45, 60, 75, 90, 120, 135, 150 ou 165 secondes auparavant. Le tra
itement statistique des résultats a révélé : 1° une grande variabilité
des sujets ; 2° des différences individuelles considérables ; 3° des diffé
rences de sexe négligeables et inconstantes. La supériorité générale
ment reconnue au sexe féminin dans les tests de mémoire ne se
trouve pas confirmée dans ces expériences portant sur de très jeunes
nfants et ne faisant pas appel au langage. A. B.-F.
441. — H. M. HALVERSON. — An experimental study of prehension
in infants by mean3 of systematic cinema records {Etude

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