Psychologie physiologique. Aebly, Griesbach, Muller, Nunberg, Offner, Starch, Sidis, Weber - compte-rendu ; n°1 ; vol.17, pg 389-397

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L'année psychologique - Année 1910 - Volume 17 - Numéro 1 - Pages 389-397
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1910
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I. Psychologie physiologique. Aebly, Griesbach, Muller,
Nunberg, Offner, Starch, Sidis, Weber
In: L'année psychologique. 1910 vol. 17. pp. 389-397.
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I. Psychologie physiologique. Aebly, Griesbach, Muller, Nunberg, Offner, Starch, Sidis, Weber. In: L'année psychologique. 1910
vol. 17. pp. 389-397.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1910_num_17_1_7284ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
I. — Psychologie physiologique.
J. AEBLY. — Zur Analyse der physikalischen Vorbedingungen der
psychogalvanischen Reflexes mit exosomatischer Stromquelle
(Contribution à l 'analyse des conditions physiques du réflexe psycho
galvanique dans le cas d'une source de courant exosomatique). —
Thèse de de Zurich; 1910.
Les recherches de J. Aebly forment la suite et le développement
de celles de Müller (voir ci-dessous). Exécutées, comme ces der
nières, sous la direction de Zangger, elles représentent certainement
l'étude la plus exacte que nous possédions sur les facteurs phy
siques du phénomène psychogalvanique. Nous nous bornerons ici
— sans nous arrêter aux méthodes de l'auteur qui intéressent avant
tout le physiologiste — à en signaler les résultats essentiels. I. La
résistance du corps humain (mesurée par le procédé de Kohlrausch)
demeure la même que l'organisme soit ou non traversé par un cou
rant. IL La résistance du corps vis à-vis du courant alternatif ne
subit aucune modification sous l'influence des émotions, que l'orga
nisme soit ou non traversé par un courant continu. III. Le phéno
mène décrit par les auteurs sous le nom de « courbe de repos »
tient exclusivement à l'apparition de forces électromotrices de pola
risation. La polarisation provoquée dans le corps par le passage
d'un courant continu est susceptible de varier sous l'influence des
émotions. IV. La « courbe de repos » des auteurs traduit non seu
lement la polarisation du corps, mais encore et surtout la pola
risation des électrodes. J. L. des B.
H. GRIESBACH. — Hirnlokalisation und Ermüdung (Localisation
cérébrale et fatigue). — Pflüger's Archiv, CXXXI, 1-70; 1910.
La méthode esthésiométrique de Griesbach est bien connue. Elle
repose sur l'emploi du compas de Weber et elle consiste, comme
on sait, dans la détermination du seuil de discrimination tactile,
c'est-à-dire de l'écartement qu'il faut donner aux pointes de l'in
strument pour que le sujet perçoive un contact double. La valeur du
seuil s'élève, d'après le médecin allemand, sous l'influence de la 390 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fatigue. — Certains auteurs, Schuyten, Abelson,Griesbach lui-même,
ont remarqué de plus que cette élévation est généralement inégale
sur les régions symétriques du corps. C'est ainsi qu'à la suite d'un
travail intellectuel prolongé le seuil accuse une élévation très nette
du côté droit, tandis qu'il conserve à peu de choses près sa gran
deur normale du côté gauche. Le fait est intéressant. Dans le but
de le contrôler et d'en préciser la portée, Griesbach a entrepris des
recherches étendues dont la description fait l'objet du présent
mémoire. Les expériences ont porté sur quelques centaines de sol
dats. En voici les résultats principaux.
I. L'exécution d'un travail physique fatigant entraîne l'élévation
du seuil de discrimination tactile. L'augmentation, faible du côté
droit, est très marquée du côté gauche. L'auteur a observé, dans la
région jugale, des différences dépassant 10 millimètres. Il a trouvé,
par exemple, dans une compagnie d'infanterie, que le seuil s'éle
vait, en moyenne (46 hommes), au bout de trois heures de marches
et d'exercices, de 7,5 millimètres à 17,6 à gauche, et de 8,4 à 10,6
à droite. Il a trouvé, de même, dans un escadron de cavalerie, 7,3
millimètres et 13,2 à gauche, 7,4 et 10,5 à droite. Griesbach ne
donne malheureusement aucun détail sur sa technique, et la signi
fication des chiffres qu'il publie demeure un peu incertaine. On peut
se demander notamment si toutes les précautions ont été prises
pour soustraire à l'influence de la suggestion des individus entraînés
à l'obéissance passive dans une caserne allemande.
Les phénomènes sont semblables chez les gauchers et chez les
droitiers. Dans un cas comme dans l'autre, c'est du côté gauche
que l'on obtient les plus forts accroissements du seuil. L'auteur
n'hésite pas à rapporter cette particularité à la fatigue prédomi
nante de l'hémisphère droit et, conséquemment, à localiser dans
cette partie du cerveau les « centres » du mouvement. Une telle
conclusion paraîtra à beaucoup bien aventureuse. Il se peut que la
diminution de sensibilité constatée par Griesbach tienne à des causes
d'ordre périphérique. S'il en était ainsi, il n'y aurait plus lieu de
s'étonner que les gauchers et les droitiers, soumis aux mêmes
exercices, se comportent les uns et les autres de la même façon.
II. Nous avons rappelé que, d'après Griesbach, l'élévation du seuil
provoquée par le travail intellectuel est particulièrement accentuée
du côté droit. Il était intéressant de rechercher si les gauchers diff
èrent à cet égard du sujet normal. L'examen d'une quarantaine de
soldats affectés de gaucherie a montré que, chez ceux-ci, c'est du
côté gauche que l'affaiblissement de la sensibilité est le plus mar
qué. Le travail consistait soit en calcul, soit en exercices de rédac
tion. Voici un exemple des résultats obtenus. Avant le travail, le
seuil mesurait, en moyenne, 7,2 millimètres à gauche et 6,7 à
droite. Après le travail — calcul pendant une demi-heure, il mesure
11,2 millimètres à gauche et 8,5 à droite. L'auteur suppose ici
encore que l'élévation du seuil traduit la fatigue de l'hémisphère
correspondant. Le cerveau droit commanderait les opérations intel- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 391
Iectuelles chez le gaucher; chez le droitier, ce rôle appartiendrait
au cerveau gauche.
Le mémoire de Griesbach contient un certain nombre de docu
ments et de données anthropométriques que l'auteur a recueillies
chez les soldats gauchers dont il a été question.
J. L. DES B.
H. MULLE». — Experimentelle Beiträge zur physikalischen
Erklärung der Entstehung des psychogalvanischen Phsenomens
(Contribution expérimentale à la théorie physique du phénomène
psychogalvanique). — Thèse de Zurich; f909.
On sait que, sous l'influence de certaines excitations et, notam
ment, de celles dont le caractère affectif est bien marqué, le corps
devient le siège de modifications que le galvanomètre permet de
saisir. Les expérimentateurs disposent de deux méthodes princi
pales pour manifester cet effet, désigné communément sous le nom
de réflexe psychogalvanique. La première consiste à introduire le
corps du sujet dans un circuit muni d'un galvanomètre et parcouru
par un courant de faible intensité. Imaginée par Féré (1888), elle a
été reprise récemment par E. K. Müller, de Zurich, Veraguth, Jung,
Binswanger et d'autres. La seconde, due à Tarchanoff (1890), est plus
simple. On se borne à relier le sujet au galvanomètre et on mesure
les courants qui se développent dans le système. Quel que soit le
dispositif adopté, il suffit de déterminer chez le sujet une réaction
émotionnelle pour provoquer une déviation galvanométrique plus
ou moins considérable.
Les conditions psychologiques du réflexe galvanique ont été
établies avec le plus grand soin. En revanche, la théorie physique
du phénomène demeura obscure. II. Müller s'est efforcé de l'éluci
der; et, si l'auteur n'a pas entièrement résolu la question qu'il
s'était posée, il a du moins recueilli ou confirmé tout un ensemble
de faits qui méritent d'être retenus.
H. Müller a^ recouru dans ses expériences à un procédé du pre
mier type. Le courant, fourni par une pile sèche sous la tension
de i volt, pénétrait dans l'organisme par l'intermédiaire d'élec
trodes liquides. Celles-ci étaient constituées par des vases, remplis
d'eau salée, de concentration faible (0,5 p. 100) et portée à la tem
pérature du corps, dans laquelle le sujet plongeait les mains
jusqu'au poignet. L'emploi d'un liquide a l'avantage d'éliminer les
effets résultant d'un contact variable entre la main et une électrode
solide, de l'humidité plus ou moins forte de la peau, etc. L'auteur a
constaté de plus que, dans ces conditions, la présence de graisse à
la surface de l'épiderme est sans influence notable sur la valeur des
résultats.
Les phénomènes que l'on observe au moyen du galvanomètre sont
d'ordre tout différent suivant que le sujet est laissé à lui-même
pendant l'expérience ou qu'il est soumis à une excitation. Dans le 3 92 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
premier cas, on voit l'intensité du courant baisser depuis le moment
où le sujet a été introduit dans le circuit, pour atteindre, au bout
de dix à quinze minutes, une grandeur constante. On obtient ce que
Veraguth a appelé la « courbe de repos » (Ruhekurve). La « courbe
d'excitation » (Heizkurve), ou réflexe psychogalvanique proprement
dit, est caractérisée, au contraire, par une augmentation de l'inten
sité du courant, augmentation assez brusque, mais qui ne se manif
este qu'après un temps perdu de quelques secondes. Il importe
d'ajouter que les courbes, tant d'excitation que de repos, ont pour
condition indispensable l'application des électrodes sur la paume
de la main ou sur la plante du pied. Cette particularité avait été
signalée par Veraguth. H. Müller a vérifié dans les circonstances les
plus variées le fait annoncé par son devancier. Lorsque les élec
trodes sont placées sur une région du corps autre que la main ou
le pied — peau ou muqueuse — la courbe de repos est remplacée
par une courbe à allure ascendante. Quant à la courbe d'excitation,
elle fait purement et simplement défaut. L'exemple suivant servira
à illustrer cette différence. Les déviations du galvanomètre, expr
imées en millimètres, ont été notées de minute en minute. L'appareil
était disposé de telle sorte que, à une résistance connue de
10 000 ohms, intercalée dans le circuit à la place du corps, corres
pondît une déviation de 100 millimètres.
I. Les deux mains du sujet sont plongées dans les vases.
460. 450. 440. 430. 425...
II. Le sujet plonge les coudes dans les vases.
300. 305. 310. 310. 320. 330. 335...
III. Les deux mains du sujet sont plongées dans les vases. Lorsque la
valeur de la courbe de repos est devenue constante, on soumet le sujet
à une excitation (piqûre).
370. 350. 340. 335. (excit.) 360. 340...
IV. Le sujet plonge les coudes dans les vases. Même expérience.
300. 305. 315. (excit.) 315. 318. 320...
Ainsi, premier fait, l'apparition des courbes caractéristiques est
liée au passage du courant à travers la main ou le pied. Il s'agit
maintenant de déterminer le siège du phénomène et les facteurs
dont il dépend. Pour plus de clarté, nous examinerons séparément
la courbe de repos et la courbe d'excitation.
Le courant qui pénètre dans le corps rencontre toute une série
de tissus superposés. Il est certain d'abord que la résistance qu'il
trouve ne tient pas seulement à la présence de la peau. Diverses
observations prises chez des sujets dont la peau des mains avait
plus ou moins complètement disparu à la suite d'accidents, comme
des expériences dans lesquelles le courant était introduit au
moyen d'aiguilles enfoncées sous le derme, montrent que la rési
stance opposée par les tissus sous-cutanés représente une part
importante de la résistance totale. En revanche, la modification
progressive que traduit la courbe de repos n'apparaît que si la peau ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 393
elle-même est intéressée. Lorsque le courant est amené par l'inte
rmédiaire des aiguilles, on n'observe que la courbe ascendante dont
nous avons parlé un peu plus haut. Le phénomène est, on le voit,
nettement localisé. Reste à en découvrir la cause. On pourrait sup
poser qu'il est dû à une variation dans la résistance propre des
téguments. II. Müller repousse cette hypothèse et il admet que la
courbe de repos n'est autre chose qu'une courbe de polarisation. Le
passage du courant fourni par la pile provoquerait le développe
ment d'un de polarisation qui, se superposant au premier,
entraînerait la diminution d'intensité, rapide au début, puis faible
et enfin nulle, que les expérimentateurs ont observée. Si l'effet
n'est sensible qu'au niveau de la paume des mains ou de la plante
des pieds, c'est probablement que dans ces régions seules la peau
est assez épaisse pour donner lieu à une polarisation de degré con
venable.
Considérons à présent la courbe d'excitation. Des expériences
exactement parallèles à celles que nous venons de décrire attestent
qu'elle a, comme la précédente, son siège dans la peau. Nous ne
les reprendrons pas et nous chercherons tout de suite à dégager
les causes de la brusque augmentation d'intensité que le galva
nomètre décèle. Certains auteurs, et notamment ceux qui avaient
obtenu le phénomène sans recourir à un courant de pile, ont
invoqué, pour l'expliquer, l'apparition de forces électromotrices
prenant naissance dans le corps du sujet au moment où il subit
une excitation. Pour les uns, la production d'électricité serait
liée à l'activité des glandes sudoripares (Tarchanoff), pour les
autres à celle des muscles qui commandent la contraction des vais
seaux sanguins. De telles théories, que les auteurs plus récents
ont adoptées dans une certaine mesure, eussent mérité d'être dis
cutées de très près. On ne voit pas nettement, aussi bien, com
ment des courants d'action, développés dans des organes symét
riques et propres, par conséquent, à se neutraliser mutuellement,
seraient en état d'exercer un effet marqué sur le galvanomètre.
L'intervention des forces électromotrices d'origine somatique est
en réalité loin d'être certaine. Il se peut que les courants observés
par Tarchanoff et ceux qui l'ont suivi soient formés au niveau des
électrodes en contact avec le corps. H. Müller, en tous cas, a vu
disparaître la courbe d'excitation (comme la courbe de repos)
lorsque, supprimant toute source étrangère d'électricité, il reliait
directement les mains du sujet au galvanomètre par l'intermédiaire
de ses électrodes liquides. Ce résultat est fort important. Il démontr
erait, s'il venait à être vérifié, que le réflexe psychogalvanique a
pour condition la présence d'un courant exogène et qu'il traduit
une modification de ce courant lui-même. Acceptons les données
recueillies par l'auteur. On pourrait supposer que l'accroissement
d'intensité caractéristique de la courbe d'excitation résulte d'une
diminution dans la résistance des tissus cutanés et que cette dimi
nution, à son tour, tient à l'afflux des liquides bons conducteurs 394 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sécrétés par les glandes sudoripares. Veraguth a avancé en faveur
de cette hypothèse — qui lui appartient, — des arguments dont la
valeur n'est pas contestable. Il a établi, en particulier, que l'appl
ication préalable sur la main de formol et surtout d'atropine,
c'est-à-dire de substances propres à paralyser l'activité des sudo
ripares, entraînait la disparition presque totale du réflexe galva
nique. H. Müller critique, à la vérité, l'interprétation donnée par
son devancier. Mais, s'il montre bien qu'elle n'est pas la seule qu'on
puisse défendre, il n'en présente aucune qui soit tout à fait satis
faisante. La question reste ouverte. L'étude du passage d'un cou
rant dans les membranes organiques fournira, il faut l'espérer,
quelques-uns des éléments dont on aurait besoin pour la résoudre
définitivement. J. Larguier des Bancels.
H. NUNBERG. — Ueber körperliche Begleiterscheinungen asso
ziativer Vorgänge (Sur les phénomènes corporels qui accompagnent
les processus d'association). — Journal f. Psychol. u. Neurol., XVI,
102-199; 1910.
L'auteur s'est proposé de déterminer la nature et la signification
des phénomènes d'ordre physiologique qui interviennent au cours
des épreuves d'association et qui accompagnent, notamment, les
réactions commandées par un « complexus affectif ». On sait ce
qu'il faut entendre par complexus. Jung, qui a introduit ce terme
dans le vocabulaire des psychologues, l'a expliqué ici même
(V Année, XV, p. 160 et suiv.). Le mot désigne un système de repré
sentations, cohérent, durable, à l'origine duquel on trouve une
émotion forte et dont l'évocation entraîne le retour d'une émotion
semblable. La présence des complexus se marque, dans les expé
riences, à divers traits. Jung et ses collaborateurs admettent de
plus que ces traits et, en particulier, la lenteur de l'association,
suffisent à déceler le complexus, alors même que celui-ci n'est pas
saisi par la conscience du sujet. Cette hypothèse mériterait à vrai
dire d'être contrôlée. Quoi qu'il en soit, Nunberg distingue, de ce
point de vue, les « associations complexes », c'est-à-dire les asso
ciations qui accusent une particularité caractéristique de nature ou
de vitesse, et les « indifférentes » et il étudie les modifi
cations physiologiques correspondant à chacun des deux groupes.
Les résultats qu'il a obtenus peuvent être résumés comme suit :
I. Les mouvements du bras, — enregistrés à l'aide de l'appareil de
Sommer, — sont plus forts lorsque l'association est complexe que
lorqu'elles est indifférente. — IL L'amplitude de la respiration, —
mesurée avec le pneuinographe de Marey, — est plus faible dans
le premier cas que dans le second. L'inhibition semble plus particu
lièrement liée aux complexus inconscients. — III. Les complexus
conscients provoquent, en général, un réflexe galvanique plus puis
sant que les complexus inconscients. La comparaison de la courbe
psychogalvanique et de la courbe respiratoire montre que, à la BIBLIOGRAPHIQUES 395 ANALYSES
portion ascendante de la courbe psychogalvanique correspond une
diminution de l'amplitude respiratoire, tandis que la portion descen
dante est accompagnée d'une augmentation de l'amplitude. L'ampli
tude minimale coïncide avec le sommet de la courbe psychogalva
nique. Ces derniers résultats sont en accord avec ceux que Jung et
Ricksher avaient obtenus dans un travail antérieur (Journal of abnor
mal Psychology , II). J. L. des B.
M. OFFNER. — Die geistige Ermüdung (La fatigue intellectuelle). —
Un vol. in-8°, vi-88 pages, Reuther et Reichard, Berlin; 1910.
La monographie d'Offner présente un tableau très complet et très
fidèle des recherches expérimentales dont le problème de la fatigue
intellectuelle a été l'objet. L'auteur traite, dans une suite de cha
pitres clairement écrits, des symptômes de la fatigue, des méthodes
propres à mesurer les effets du travail, enfin, des résultats que
l'application de ces méthodes a apportés jusqu'ici. Le livre est
destiné avant tout aux professionnels de l'enseignement. Il rendra
certainement des services. On ne saurait trop répéter aux péda
gogues qu'il existe une question de la fatigue. Mais il importerait
de leur rappeler en même temps que cette question est complexe,
mal connue, et que les résultats obtenus par les expérimentateurs ne
sauraient conduire immédiatement à des règles pratiques. Arrivés
au terme de leur étude sur la fatigue intellectuelle, Binet et Henri
avouaient que « les recherches sur les effets du travail intellectuel
ne sont pas encore assez avancées pour qu'on puisse en tirer une
conclusion pratique qui soit directement applicable aux écoles ». Ces
lignes ont été écrites en 1898. Elles expriment aujourd'hui, comme
il y a douze ans, l'exacte véi'ité. Il est piquant de constater, à ce
propos, que, pour fonder le conseil qu'il donne au chapitre final,
Offner ne recourt pas aux travaux analyse dans le corps de
son ouvrage. L'auteur estime qu'il ne faut pas craindre de fatiguer
parfois les élèves. L'enfant que l'on oblige à poursuivre son travail
alors que les signes de lassitude apparaissent déjà, apprendrait à
se dominer et à tirer parti de ses secrètes ressources d'énergie. C'est
là une de ces vues a priori que l'on a tant reprochées à l'ancienne
pédagogie. Il n'est pas douteux que le sujet fatigué ne fournisse un
travail de qualité médiocre. Cet inconvénient est-il compensé par
les avantages qu'Offner attribue à sa méthode? Nous n'en savons
rien. L'expérience est seule capable de faire la lumière sur ce
point et, en attendant qu'elle ait prononcé, le maître fera bien de
n'accepter que sous les plus expresses réserves la conclusion de
l'écrivain munichois. J. L. des B.
DANIEL STARCH. — Mental Processus and Concomitant Galvano- s
metric Changes (Processus mentaux et changements galvaniques
concomitants) . — Psychological Review, janvier 1910, p. 19-36.
Encore une étude sur le réflexe psycho-galvanique. Constata- 396 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tions : les processus qui produisent le plus d'effet sur le mouvement
de l'aiguille du galvanomètre sont les émotions fortes, les change
ments respiratoires, et les efforts musculaires violents.
BORIS SIDIS. — The Nature and Causation of Galvanic Pheno
menon (La nature et les causes des phénomènes galvaniques). — The
Psychological Review, mars 1910, p. 98-146.
L'auteur établit d'abord par ses expériences que le réflexe galva
nique ne serait pas dû à un changement de résistance du corps,
mais à une force électromotrice née dans l'organisme lui-même, et
produite sous l'influence d'un processus psycho-physiologique; il
établit ensuite que ce processus psycho-physiologique ne serait
autre chose que la contraction musculaire, et quelle que soit la
cause qui le produit.
, E. WEBER. — Der Einfluss psychischer Vorgänge auf den Körper
(V influence des processus psychologiques sur le corps). — Un vol.
in-8°, viii-426 pages, Springer, Berlin; 1910.
Ouvrage de synthèse, dans lequel l'auteur a coordonné les
recherches si nombreuses — et dont plusieurs lui appartiennent
en propre, — que l'étude de la psychologie physiologique a provo
quées depuis vingt ou trente ans. Le sommaire des chapitres don
nera une idée de ce livre très riche et très sérieux. I) Introduction.
Les manifestations externes de l'activité psychologique. La signifi
cation de ces manifestations a été exagérée. II) Les méthodes
d'enregistrement. III) La distribution de la masse sanguine chez
l'homme et ses variations dans les différents états psychologiques.
IV) La distribution sanguine chez l'animal dans diverses conditions
et, notamment, lorsque celui-ci est soumis aune excitation corticale
artificielle. V) L'influence des représentations de mouvement sur la
distribution du sang chez l'homme. VI) Les facteurs de la distribu
tion sanguine. Participation des divers domaines vasculaires. VII)
L'autonomie de la circulation cérébrale. VIII) Les variations de la
masse du sang dans le cerveau de l'homme. IX) L'inversion des
rapports normaux de la distribution sanguine dans les états de
fatigue physiologique et pathologique. X) Conclusions générales. La
signification psychologique des variations de la distribution san
guine. — Weber s'est attaché tout particulièrement, comme on voit,
à l'examen des phénomènes d'ordre circulatoire. Le petit tableau
ci-joint renferme les conclusions de fait que l'auteur a recueillies
à cet égard.
Les interprétations de l'auteur sont généralement ingénieuses.
Voici, à titre d'exemple, quelle serait la finalité des modifications
vasculaires liées au travail intellectuel. L'afflux de sang dans le cer
veau favorise l'activité de cet organe. Le déplacement massif qui
entraîne le sang dans les parties internes du corps provoque une ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 397
Variations de la masse sanguine dans divers organes.
PORTIONS EXTERNES ORGANES CERVEAU Dû La TÈTE MEMBRES VISCÉRAUX (^oreille)
Représentation de
mouvement. . . . Augrn. Dimin. Dimin. Augm.
Augm. Travail intellect. . . Augm. Dimin. Angm. Peur
Augrn . Augm. Dimin. Augm. Plaisir
Peine. ....... Dimin. Dimin. Augm. Dimin.
Augm. Sommeil Augm.
anesthésie relative des surfaces sensorielles et protège l'esprit
contre les causes de distraction qui viennent perpétuellement
l'assaillir du dehors. J. L. des B.
II. — Sensations et mouvements.
F. KIESOW. — Beobachtungen über die Reaktionszeiten momentaner ''
Schalleindrücke (Observations sur les temps de réaction à des impress
ions acoustiques de courte durée). — Archiv für die gesamte Psychol
ogie, t. XVI, pp. 352, 375.
Dans un mémoire sur les sensations de pression publié en 1904,
l'auteur avait dû distinguer les types sensoriel, moteur et mixte de
« réaction naturelle », suivant la manière dont ses sujets fixaient
spontanément leur attention. Ici, les trois personnes qui se prê
tèrent à l'expérience appartenaient chacune à l'un de ces types: de
plus F. Kiesow mesura les changements subis par ses réactions
lorsque sa volonté modifiait leur forme.
Les sons étaient produits par un frappeur de Müller ou de Wundt,
les temps notés à l'aide du chronoscope de Hipp. — Les temps des
réactions naturelles furent pris pour deux sons, dont le plus faible
était toutefois nettement au-dessus du seuil. Les 200 valeurs déter
minées dans chaque cas, après une assez longue série d'exercices
préparatoires, ont donné les moyennes suivantes :
TYPE SENSORIEL TYPE MOTEUR TYPE MIXTE
Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne Moyenne des dos des en er. écarts. écarts. écarts.
Bruit fort... 148,705 14,246 117,100 12,312 130,275 13,529
122,390 faible. 150,668 19,541 12,591 136,84 15,04:1

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