Psychologie sociale - compte-rendu ; n°2 ; vol.82, pg 580-585

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L'année psychologique - Année 1982 - Volume 82 - Numéro 2 - Pages 580-585
6 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Psychologie sociale
In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 580-585.
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Psychologie sociale. In: L'année psychologique. 1982 vol. 82, n°2. pp. 580-585.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1982_num_82_2_28444PSYCHOLOGIE SOCIALE
Gergen (K. J.) et Gergen (M. M.). — Social psychology, New
York, Harcourt Brace Jovanovich, 1981, 570 p.
Il nous semble utile de tenir les psychologues français — étudiants,
enseignants, praticiens et chercheurs — au courant de l'importante
production des enseignants-chercheurs anglo-saxons (et spécialement
américains), par le nombre et la qualité, en matière de manuels de
psychologie sociale. Le présent ouvrage est représentatif des qualités
de la plupart des manuels récemment parus : clarté de la présentation
par la mise en pages, rigueur de l'expression, qualité pédagogique des
illustrations, tableaux et graphiques ; priorité donnée à la recherche
expérimentale au laboratoire et sur le terrain, non exclusive cependant
d'autres approches rigoureuses ; souci de souligner les implications des
recherches fondamentales pour la recherche appliquée aux problèmes
actuels de la vie quotidienne et de la société. Ce manuel a, de plus,
une qualité que n'ont pas toujours les autres : les auteurs suivent, dans
l'ensemble de l'ouvrage comme dans chaque chapitre, le fil conducteur
des théories actuelles de la psychologie sociale, illustrant, en chaque
occasion, le double point de vue des behavioristes d'une part, des
cognitivistes d'autre part.
La psychologie sociale contemporaine est présentée en 13 chapitres :
théorie et recherche en psychologie sociale ; la perception sociale ;
l'attraction interpersonnelle ; préjugés et discrimination ; les change
ments d'attitude ; pensée et action morales ; l'action prosociale ; l'agres
sion ; pouvoir, autorité et contrôle ; l'influence sociale ; échange et
stratégie ; l'interaction dans les groupes ; l'environnement physique
et social. Chaque chapitre est l'occasion d'une revue de question rapide,
mais toujours dynamique dans laquelle sont citées, et souvent décrites,
les recherches classiques, mais aussi les plus récentes, et par exemple
celles qui ont été publiées en 1980, quand elles ouvrent une perspective
nouvelle dans l'étude du problème. Non seulement ce manuel « colle »
à l'actualité de la recherche, mais encore il donne, de la psychologie
sociale, l'image d'une « discipline en mouvement » qui enrichit sa
problématique et ses conclusions en intégrant constamment des info
rmations nouvelles à l'activité de pensée et de recherche. La notion de
manuel s'en trouve rafraîchie : il ne s'agit pas d'une description à plat Psychologie sociale 581
de ce qu'on entend généralement par psychologie sociale, mais d'une
initiation vivante au mode de pensée et d'activité des chercheurs qui
font la psychologie sociale. Les qualités de ce manuel n'enlèvent cepen
dant rien à l'intérêt propre d'autres manuels qui ont été publiés au
cours des dernières années : D. J. Schneider, Social psychology, Reading
(Mass.), Addison Wesley, 1976 ; L. S. Wrightsman et K. Deaux, Social
psychology in the 80's, 3e éd., Monterey (Calif.), Brooks et Cole, 1981.
G. de Montmollin.
Gilmour (R.) et Duck (S.) (Edit.). — The development of social
psychology, Londres, Academic Press, 1980, 355 p.
Cet ouvrage propose une réflexion collective sur l'histoire et les
perspectives d'avenir d'une discipline encore jeune. Dans une première
section, Brickman et Harré font part des raisons qui les incitent à faire
preuve d'optimisme ou de pessimisme compte tenu de l'état actuel de
la psychologie sociale. Mais on lira surtout avec intérêt l'article de
McGuire qui propose une réflexion sur le statut et les conditions de
production des théories en psychologie sociale. En conclusion de cette
section, Argyle plaide, quant à lui, pour une psychologie sociale appli
quée, en prise directe sur la vie quotidienne ; il souligne spécialement
et à juste titre le rôle que doivent jouer les psychologues sociaux dans
le développement des nouveaux modes de communication. La deuxième
section est consacrée à une analyse du passé de la psychologie sociale.
De toutes les contributions, on retiendra plus spécialement celle de
Innés : il se demande si le choix des objets d'étude est soumis à des
phénomènes de mode ou, au contraire, le fruit de réponses rationnelles
aux questions posées par le milieu. On pourra également lire avec
intérêt l'article de Backman qui cherche à expliquer pourquoi des
domaines de recherche qui semblaient pleins de promesses ont été
soudain abandonnés.
De loin la plus décevante, la dernière section est consacrée aux
perspectives d'avenir de la psychologie sociale. Conseils de faire preuve
de plus d'audace intellectuelle, incitations à pratiquer une psychologie
sociale appliquée, les auteurs ont manqué ici d'imagination ; mais il est
vrai que la prospective est un art difficile. La lecture de ce livre est en
tout cas stimulante et on ne saurait trop la conseiller. Elle est propre,
en effet, à alimenter un débat dont on sent bien qu'il devra s'ouvrir un
jour en France si l'on veut éviter que la psychologie sociale ne devienne
une discipline fourre-tout.
V. Rogard. 582 Analyses bibliographiques
Feldman (P.) et Orford (J.) (édit.). — Psychological problems :
The social context, New York, Wiley, 1980, 405 p.
Fruit de la collaboration dé plusieurs auteurs, ce livre a pour premier
objectif de montrer l'importance des facteurs sociaux dans l'émergence
des difficultés psychologiques ; le second.de mettre en évidence comment
la psychologie sociale peut contribuer à l'explication de ces difficultés.
Ces deux points sont traités dans les deux parties de l'ouvrage, success
ivement. Dans la première partie, centrée sur les théories et recherches
récentes, les auteurs ont cherché à mettre en relation, variables sociales
et difficultés psychologiques. L'accent est mis sur la famille, la sociali
sation de l'enfant et les relations interpersonnelles, ce qui n'est pas très
nouveau. Les chapitres suivants sont consacrés aux approches théo
riques : perception sociale, compétence sociale, stress. La seconde partie
est plus orientée vers les techniques et pratiques qui visent à modifier le
comportement des individus ou à changer l'environnement dans lequel
ils vivent (problèmes de la criminalité, des handicaps, des troubles
mentaux). Plusieurs auteurs insistent sur l'importance de l'environn
ement social et/ou thérapeutique et plus particulièrement sur l'idée qu'il
lui faut garder une taille humaine : « small is beautiful ». L'accent est éga
lement mis sur le rôle joué par la communauté, tant au niveau des soins
que de la prévention. « Construire la santé mentale », c'est réduire les
sources de stress et développer les méthodes d'estimation de l'impact
de l'environnement social. On peut regretter que l'unité de l'ouvrage ne
soit pas plus apparente, que chacune des parties ne soit pas nettement
consacrée à chacun des objectifs annoncés et qu'il soit difficile au lecteur
de percevoir comment chaque chapitre, écrit par un auteur différent,
contribue à la progression des idées.
S. Ledoux.
Limbos (E.). — Les problèmes humains dans les groupes, Paris,
Editions esf, 1980, 114 p.
Comme les autres ouvrages de cette collection, qui prétend à la
formation permanente en sciences humaines, celui-ci se compose de deux
parties distinctes. La première qui se veut théorique comporte une série
d'exposés sur les différents types de problèmes qui peuvent survenir
dans un groupe (conflits, frustrations, etc.). Ces exposés ne sont, hélas,
que trop souvent la juxtaposition d'idées passe-partout et d'affirmations
parfois péremptoires. La deuxième partie présente des exercices qui
peuvent être aisément réalisés au sein de groupes de formation par
exemple. Tel quel, l'ouvrage s'apparente un peu à un livre de recettes ;
il ne pourra satisfaire que ceux qui souhaitent enrichir sans trop d'efforts
leur palette de travaux pratiques.
V. Rogard. Psychologie sociale 583
Tap (P.) (Edit.). — Identités collectives et changements sociaux, Toul
ouse, Privat, 1980, 456 p. — Identité individuelle et personnalisation,
Toulouse, Privat, 1980, 412 p.
Deux volumes ont été nécessaires pour publier les quelque 160 contri
butions au colloque international « Production et affirmation de l'iden
tité » qui s'est déroulé à Toulouse en septembre 1979.
Pour aborder le thème de l'identité, la pluridisciplinarité s'imposait :
des enseignants, des chercheurs, des praticiens d'une trentaine de spé
cialités différentes ont débattu pendant ces journées de rencontre ;
toutefois, on remarque que les plus nombreux sont les psychologues et
les psycho-sociologues. La classification des communications exposées
dans ces deux volumes est thématique : on retrouve dans chaque rubrique
une pluralité des disciplines et une très grande diversité dans les appro
ches : enquêtes sociologiques ou ethnographiques, analyses littéraires,
études de cas, recherches expérimentales et réflexions épistémologiques
se succèdent sans organisation apparente.
Les thèmes sont eux-mêmes fluctuants. Le premier est consacré aux
identités ethno-culturelles et nationales. Toutefois le problème des ethniques est abordé dans d'autres chapitres du même ouvrage
et aussi dans les chapitres du second tome consacré à l'identité indivi
duelle. On peut en dire autant pour les autres thèmes : Identités régio
nales ; Milieu rural et milieu urbain ; Acculturation, idéologie et conflits
sociaux ; Identités au travail et rôles professionnels ; Identité, langage
et création ; Formation, évolution et involution de l'identité ; Déter
minants génétiques et socio-cognitifs de l'identité ; Identité, corps et
sexualité ; Identité, éducation et formation.
La règle du genre veut que toutes les contributions soient publiées
et l'on conçoit que les organisateurs de telles manifestations ne veuillent
pas s'arroger le droit de juger de la qualité des communications, aussi ne
s'étonnera-t-on pas de la valeur très inégale des différents articles :
l'excellent, par les éclaircissements qu'il apporte et les réflexions qu'il
suscite, côtoie le déconcertant, suspecté d'être un canular. On peut donc
regretter que les maîtres d'oeuvre de cette publication, à défaut de
sélection, n'aient pas trouvé le moyen de permettre au lecteur de choisir
dans la masse des articles ceux qui lui seront utiles en fonction de ses
préoccupations et le laissent en quelque sorte aller à la pêche.
D. Lassarre.
Giles (H.), Robinson (W. P.) et Smith (P. M.) (Edit.). — Language.
Social psychological perspectives, Oxford, Pergamon Press, 1980,
442 p.
L'ouvrage présente — en offset, moyen rapide et économique, mais
qui rend la lecture assez fatigante — un choix, très copieux, des commun
ications et rapports qui ont été présentés à la Ire Conférence inter- 584 Analyses bibliographiques
nationale consacrée à la psychologie sociale du langage et qui s'est tenue
à Bristol, en juillet 1979. Conférence « internationale » en un sens un
peu limité puisqu'on y trouve des Nord- Américains, les plus nombreux,
des Anglais, des Canadiens, quelques Allemands de l'Ouest, deux Suisses,
un Norvégien, un Israélien et un Australien. Par contre, le titre de la
conférence correspond bien à son contenu, puisqu'il ne s'agit ni de li
nguistique, ni de psycholinguistique, ni de sociolinguistique, mais de
montrer comment « les processus sociopsychologiques [peuvent per
mettre de] comprendre la complexité et la dynamique du comportement
langagier ». Cependant, tous les orateurs ne sont pas psychologues
sociaux, ni même psychologues et il est important de constater que pour
traiter ce type de problèmes, il est nécessaire de transcender les limites
étroites des disciplines particulières ; la liste des appartenances est, de
ce point de vue, tout à fait symptomatique : départements de Psychol
ogie, certes, mais aussi départements de Linguistique, de Sociologie, de
Recherches sur les Communications, de Psychologie appliquée, d'Anthrop
ologie, de Psychiatrie, de Sciences pédagogiques, des Théories sociales
et des Institutions. Toutes les communications ne partent pas du même
point, ni ne se situent au même niveau ; elles présentent un certain
équilibre entre recherches théoriques, méthodologiques et empiriques ;
parmi ces dernières, on trouve aussi bien des recherches expérimentales
au laboratoire que des études naturalistes.
L'ensemble, assez impressionnant par sa diversité et sa richesse, ne
se laisse pas appréhender en une « synthèse » facile ; il témoigne de la
fécondité de ce domaine interdisciplinaire de recherches, de l'intérêt
qu'il suscite dans les différentes disciplines concernées et de la complexité
des problèmes à poser. Un grand effort de présentation a été accompli
par les directeurs de la publication pour faire de cet ouvrage, en dépit
de son volume et de sa diversité, un ouvrage de référence : chaque article
comporte un long résumé, une liste de mots clefs et des références ; un
index des auteurs et un index matière sont donnés à la fin de l'ouvrage.
Les articles sont groupés par « Symposium », chaque Symposium com
porte une présentation introductive : 1. L'acquisition du langage regroupe
cinq communications qui sont centrées sur les notions d'aptitude à
communiquer, de fonction sociale du langage et d'interaction parents-
enfants ; 2. Conversation et interaction personnelle (4 articles) ; 3. Rôles
liés au sexe et langage (7 communications) ; 4. Ethnicité et langage
(7 communications) ; 5. Attitudes et langage : les 6 communications sont
centrées sur la signification sociale qui est donnée aux styles verbaux
liés aux appartenances (ethnies, classes sociales, régions) et qui se diff
érencient par la prononciation, le choix lexical ou syntaxique ; 6. Personn
alité, émotion et psychopathologie (7 communications) ; 7. Aspects
temporels du parler : les six communications traitent de la conversation
à deux, de la répartition des temps de parole et des regards, ainsi que des
pauses ; 8. Bilinguisme, multilinguisme et changement de code (5 commu- Psychologie sociale 585
nications). Un dernier symposium, Langage et loi, fait seulement l'objet
d'une présentation thématique, avec résumé des communications. Enfin,
l'ouvrage présente les rapports plus longs et plus synthétiques des cinq
personnalités invitées : W. Wolfam, S. Ervin-Tripp, M. Argyle, R. M. Farr
et W. E. Lambert. Dans un épilogue, Robinson, Giles et Smith discutent
des rapports entre expérimentation au laboratoire et observation en
milieu naturel, ainsi que de la nécessité, pour faire progresser le savoir
sur le comportement langagier, de travailler sur des théories, à
« des propositions explicatives... en liaison avec les processus médiateurs
de l'organisation cognitive ».
G. de Montmollin.

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