Psychologie sociale - compte-rendu ; n°2 ; vol.88, pg 306-315

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L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 2 - Pages 306-315
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
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Psychologie sociale
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°2. pp. 306-315.
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Psychologie sociale. In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°2. pp. 306-315.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1988_num_88_2_29275Analyses bibliographiques 306
chap. I, Denny, chap. 3) et sur la définition d'une psychologie cognitive
comparée (Rilling & Neiworth, chap. 2) incluant des travaux sur les
différentes espèces animales et sur l'homme. Cette perspective compar
ative devrait réduire, selon Roitblat, le fossé qui sépare la Psychologie
animale de la Psychologie humaine.
Une seconde partie est centrée sur la mise en évidence, à partir de
diverses données expérimentales, de certains processus mnésiques
particuliers : par exemple Wasserman (chap. 4), reprend les concepts
de prospection et retrospection suggérés par Konorski à propos de la
mémoire à court terme, et analyse les conditions qui favorisent l'un ou
l'autre de ces processus, tandis que Honig et Dodd (chap. 5) montrent
que les animaux sont capables d'anticiper des événements futurs et de
développer des intentions de réponses spécifiques vis-à-vis de ceux-ci.
Wright, Urcuioli et Sands insistent quant à eux (chap. 6) sur l'importance
des phénomènes d'interférence proactive dont ils suggèrent qu'elle
entraîne une sous-estimation des capacités mnésiques des animaux
par rapport à l'homme.
Une dernière partie est consacrée aux modèles et aux théories
actuelles de la mémoire animale. Kendrick et Rilling (chap. 7), s'inspi-
rant d'expériences sur la mémoire à court terme chez le Pigeon et des
modèles théoriques de la humaine, proposent une conception
axée sur les concepts de représentations actives et inactives, opposant
mémoire de travail à mémoire de stockage, plutôt que sur la
statique de mémoires à court ou à long terme. De même, Grant (chap. 8)
s'appuyant sur les conduites d'alternation différée chez le Rat, présente
un modèle de mémoire dans lequel les souvenirs, multidimensionnels,
peuvent être activés ou désactivés, récupérés ou maintenus par répé
tition, indexés, mis à jour et discriminés. Pour conclure, Medin et
Dewey (chap. 9), tentent une revue, non des théories passées ou pré
sentes, sur la mémoire, mais des principes sur lesquels celles-ci étaient
ou sont fondées. De la validité empirique de ces principes dépendront,
selon ces auteurs, les orientations futures des recherches dans un
domaine, toujours en plein développement, ce livre en témoigne.
M. Launay.
PSYCHOLOGIE SOCIALE
Larsen (K. S.) (Edit.). — Dialectics and ideology in psychology,
Norwood (nj), Ablex, coll. « Publications for the advancement of
theory and history in Psychology », 1986, 290 p.
Les termes « idéologie » et « dialectique » sont ici entendus aux sens
que le marxisme a consacrés (sans que cependant tous les auteurs s'en Psychologie sociale 307
réclament strictement). Il s'agit pour le présentateur d'un effort parti
culier d'élucidation des concepts et du développement des pratiques de
la psychologie sociale et expérimentale, les reliant à leur contexte social
qui en éclairera la genèse et en fera comprendre le rôle.
Pour plusieurs des auteurs, en outre, l'accent est placé sur la volonté
d'élaborer une psychologie « alternative », aidant à émanciper les
conduites humaines et les traitant selon leur caractère structural et
interactif. Sur ce point, certaines des contributions se satisfaisant de
l'invocation de prestigieuses références, philosophiques ou mystiques,
n'entraînent guère l'adhésion du lecteur européen, blasé ou sceptique
en la matière.
Cependant la tonalité d'ensemble de l'ouvrage est fournie par des
contributions dont la documentation précise et la démarche argumentée
nourrissent l'intérêt des thèmes traités. Tel est en particulier le cas
des textes de la première partie : « Développement historique et
idéologie. »
E. Apfelbaum propose des « prolégomènes pour une histoire de la
psychologie sociale ». Elle en situe le point de départ vers les débuts
du xxe siècle, lorsque les bouleversements sociaux de l'époque, liés
notamment aux effets de l'industrialisation et aux mouvements massifs
de population, rendent inadéquate la prise en charge traditionnelle des
relations interpersonnelles par la religion, l'éthique, la législation ou
l'économie politique. Pourquoi allait-il appartenir à la psychologie
d'inclure ce nouveau domaine dans son giron scientifique ? Comment
interpréter la dépolitisation qui en résulta ? Les réponses nuancées
envisagées à ces questions s'éclairent en particulier de l'analyse d'une
série d'interviews de pionniers de la psychologie sociale, que l'auteur a
conduites entre 1977 et 1981.
F. Samelson s'appuie sur la présentation par Allport de la Science
morale d'Auguste Comte pour discuter du statut et du rôle de diverses
histoires de la psychologie, souvent génératrices de « mythes d'origine ».
C'est en quelque sorte a contrario que I. Lubek pose le problème de
la définition du domaine de la psychologie sociale. Dans son analyse
d'un demi-siècle de recherches sur le lien entre frustration et agression,
il montre qu'elles se sont exclusivement situées sur un plan intrapsy-
chique, sans que l'on se soit interrogé sur les facteurs sociaux et inter
personnels susceptibles d'intervenir dans les conduites d'agression.
L'étude se conclut par une analyse des conditions affectant la continuité
et les transformations d'un paradigme expérimental et comporte une
importante bibliographie.
Les contributions de W. F. Apao (sur l'histoire de la notion d'inten-
tionalité), de J. F. Rychiak (sur la téléologie non explicitée, inhérente
à la technologie du conditionnement comportemental), de J. M. Brough-
ton (sur l'histoire des idéologies et de la psychologie du « Self ») pour
suivent toutes l'objectif commun de mettre en question le modèle 308 Analyses bibliographiques
mécaniste et réifiant de l'homme et elles s'emploient à en faire appar
aître les sources dans des enjeux sociaux.
La seconde partie (« Positivisme, Dialectique et approches alte
rnatives ») s'efforce de dégager des voies nouvelles : abandon de l'empi
risme et du positivisme par une psychologie qui deviendrait consciente
et critique de sa propre démarche (L. Rappoport) ; dévoilement des
enjeux politiques et sociaux impliqués dans la théorie et la technologie
psychologiques (M. W. Roffe) ; dépassement des contradictions qui
polarisent les points de vue entre écoles antagonistes, behavioristes et
humanistes (K. S. Larsen) ; « libération » des paradigmes expérimentaux,
étroitement imités des sciences naturelles, dans le champ de la psychol
ogie sociale (S. Heshka).
E. Jones présente les débats autour de l'histoire des sciences et de
la sociologie de la connaissance, menés notamment entre K. Mannheim,
l'école de Francfort et K. Popper, et il propose leur application à l'étude
des idéologies dans la psychologie.
Enfin H. L. Minton indique l'intérêt d'un développement concomi
tant d'une « psychologie sociale émancipatrice » et d'un approfondisse
ment de la connaissance de la psychologie des groupes minoritaires
(ou plus exactement minorés, par opposition à dominante), c'est-à-dire :
noirs, femmes, homosexuels.
Cet ouvrage illustre fort bien l'éventail des travaux des psychologues
« radicaux » américains.
G. Netchine-Grynberg.
Sorrentino (R. M.) et Higgins (E. T.) (Edit.). — Handbook of moti
vation and cognition ; Foundation of social behavior, New York,
John Wiley, 1986, 610 p.
Un des reproches les plus couramment adressés à la Psychologie
cognitive est son impasse quasi totale sur les phénomènes affectifs et
motivationnels. Pour Sorrentino et Higgins ce reproche est particulièr
ement justifié dans le domaine des comportements sociaux. En effet, les
conceptions de Lewin, où facteurs sociaux et facteurs cognitifs étaient
considérés simultanément n'inspirent plus guère de recherches, et la
plupart des travaux actuels ont une orientation diamétralement opposée
à celle du new-look des années 60 : les biais dans la perception où les
erreurs de jugement ne sont plus attribués à l'affectivité, mais à des
« fautes de calcul ».
Les initiateurs de cet ouvrage pensent que le dépassement de cette
orientation est déjà amorcé. Pour eux, cognition et motivation sont
inséparables, agissent en synergie : ce sont deux facettes d'un même
objet et la centration sur l'une n'est qu'une question de point de vue.
Tous les contributeurs n'adoptent pas explicitement cette probléma- Psychologie sociale 309
tique, mais la plupart d'entre eux se proposent d'analyser les interactions
entre motivation et cognition.
Les 17 chapitres du livre sont tous des chapitres originaux. Ils ont
été regroupés en trois grandes parties dont voici quelques-uns des
principaux thèmes :
1) Le soi. — On se demande quelles sont les étapes du processus
d'auto-évaluation en distinguant les références factuelles, variables
selon les contextes, et les références stables, témoignant de la structure
de la personnalité. On se demande également quelles sont les conditions
de l'auto-évaluation, notamment celles relatives à l'insatisfaction de
soi. Le rôle de l'image de soi dans la motivation est envisagé sous deux
aspects : sa contribution à la régulation de l'action et l'émergence
d' « images de soi possibles » devenant des buts.
2) Les affects. — Ceux-ci jouent un rôle central dans les relations
entre cognition et motivation dans la mesure où ils permettent de juger
de la signification d'objets plus ou moins connus et recherchés. On
montre comment les processus cognitifs (de catégorisation notamment)
varient avec la valeur affective du stimulus, qu'il s'agisse de perception
d'autrui, d'attitude sociopolitique ou de prise de décision en groupe.
Les effets des attitudes sur les conduites sont expliqués par leur rôle
dans le déclenchement et l'interruption de l'action, dans la sélectivité
de la perception, dans le rappel. Wiener présente une théorie de l'émo
tion donnant un rôle central aux processus d'attribution.
3) Les buts. — Les résultats de l'activité ont-ils une valeur informat
ive ou une valeur affective ? Alors qu'un courant très fort de la psychol
ogie vise à réduire la valeur affective à la valeur informative plusieurs
contributeurs montrent qu'il est heuristique de donner une importance
équivalente à ces deux conséquences de l'action. On trouve aussi dans
cette troisième partie l'exposé d'une théorie générale de la motivation
donnant une place importante à l'estime de soi et destinée à intégrer
plusieurs théories locales (Raynor et McFarlin) et la présentation d'une
dimension de la personnalité qui caractérise les sujets selon leur attitude
vis-à-vis de l'incertitude quant aux résultats de l'activité mentale
(Sorrentino et Short).
Cet ouvrage constitue une source de références très riche (environ
1 200 auteurs cités).
M. Huteau.
Buss (A. H.). — Social behavior and personality, Hillsdale (nj),
Londres, Lawrence Erlbaum, 1986, 214 p.
Historiquement confrontée à ce que Nuttin (1980) appelle une
« mosaïque chaotique », la psychologie a découpé le réel en un certain
nombre de dimensions sociales et individuelles. Ces domaines de recher- 310 Analyses bibliographiques
ehe se sont par la suite développés de façon quasi indépendante. Ainsi
les études du comportement social se préoccupent peu des traits de
personnalité de leurs sujets, comme les recherches sur les de tendent à négliger les contextes et processus sociaux déte
rminant les conduites sociales. Rompre avec cette histoire constitue l'un
des aspects originaux de cette synthèse. Parmi l'ensemble des conduites
sociales, celle-ci se limite aux comportements interpersonnels et à la
personnalité, conçue comme une structure évolutive de traits. Son
objet essentiel est constitué par les importants dans les
relations de face à face dans la vie quotidienne, impliquant fortement les
traits de personnalité des individus en présence. Avec la présentation
de la méthode de mesure et du contenu des traits considérés, le lecteur
pourra encore mieux suivre les analyses et recherches présentées, en
consultant un appendice comportant 21 échelles de mesure de traits se
référant aux comportements interpersonnels. Cette synthèse, ou plutôt
cette somme, ne propose aucunement une théorie générale du compor
tement interpersonnel, mais repose sur un choix affirmé de théories
spécifiques à portée limitée refusant délibérément l'expansionnisme
théorique et l'extrapolation. Elle propose, pour chacun des aspects pris
en compte, une formulation théorique originale, ou une reformulation
intégrative des théories existantes. Celles-ci sont présentées en notes
abondantes à l'issue de chacun des chapitres, s'appuyant sur des cita
tions. Le choix théorique repose cependant sur un modèle actif et
interactif de la personnalité : celle-ci est modifiée par l'environnement,
social tout particulièrement, mais peut en partie le choisir, moduler
son impact, influencer le comportement d'autrui.
A. Ripon.
Graumann (C. F.) et Moscovici (S.) (Edit.). — Changing conceptions
of leadership, Berlin, Springer Verlag, 1986, 262 p.
Voici un ouvrage qui rassemble 14 contributions à un symposium
organisé dans le cadre des activités du groupe d'étude sur « Les change
ments historiques de la psychologie sociale », sous la responsabilité de
C. F. Graumann et S. Moscovici. L'orientation du livre (et du séminaire)
était moins de dégager les courants actuels de la recherche sur le leader
ship que de montrer comment les problèmes posés et leur orientation
pratique ont été, et sont encore, déterminés par le contexte historique
et social, et de souligner l'existence de thèmes qui disparaissent de
l'horizon scientifique, puis reviennent à la surface. L'interdisciplinarité
était la règle du symposium ; elle se traduit dans le livre par une multip
licité d'approches, qui convergent toutes vers le leadership mais avec
des préoccupations variées, historiques, biologiques, sociologiques et
psychologiques. Cela force le psychologue à prendre en compte le fait Psychologie sociale 311
que le leadership n'est pas seulement un objet d'étude pour lui, et le
psychologue des organisations à reconnaître que l'efficacité organisa-
tionnelle du leader n'est pas forcément le problème central. Pourtant
le chapitre de F. Fiedler reste dans la tradition de la quête des conditions
nécessaires pour que le leader soit efficace, tout en réouvrant, d'une
manière originale, le problème des qualités intellectuelles du leader. Il
faut signaler également les deux chapitres portant sur les femmes-
leaders, qui soulignent les obstacles rencontrés mais qui analysent égal
ement la manière dont les représentations sociales et les valeurs acceptées
déterminent à la fois le comportement des femmes leaders et la manière
dont le public et la société se conduisent à leur égard.
Cet ouvrage qui ne prétend pas couvrir l'ensemble des problèmes
posés par le leadership a le mérite de forcer son lecteur à aborder un
problème central avec des points de vue tout différents. La qualité des
différents auteurs fait que le livre qui en résulte, malgré le caractère
« mosaïque » qu'adopte forcément les actes d'un symposium, force à
réfléchir et à sortir des sentiers battus.
G. Levy-Leboyer.
Ashmore (R. D.) et Del Boca (F. K.) (Edit.). — The social psychology
of female-male relations : a critical analysis of central concepts, Orlando,
San Diego, Academic Press, 1986 352 p.
Si depuis plus de dix ans, on assiste à une véritable inflation de
publications — essentiellement anglo-saxonnes — consacrées au thème
général de la Féminité et de la Masculinité, la recherche dans ce domaine
reste dispersée, empirique et se marque par un faible niveau de théori-
sation.
L'objectif de l'ouvrage collectif, The social psychology of female-male
relations : a critical analysis of central concepts, publié sous la direction
de R. D. Ashmore et F. K. Del Boca est de répondre à cette carence.
Cet ouvrage se signale par une tentative, réussie, d'organisation et
d'intégration de zones de recherche, jusqu'alors isolées, dans un nouveau
champ d'étude : la psychologie sociale des relations Homme-Femme.
Cette psychologie étudie, à des niveaux différents, le fonctionnement
social et cognitif de l'homme et de la femme en inter-relation. Située
dans le cadre théorique général de la Psychologie sociale cognitive, elle
traite des structures et processus cognitifs en matière de genre au niveau
individuel ainsi que des comportements sociaux en situation inter
relationnelle.
Respectant ces deux types d'approche, l'ouvrage est organisé en
deux parties. La première partie, sous le titre de « Genre et Individu »,
comporte trois chapitres, très différents mais complémentaires, consacrés
à l'Identité de genre, aux stéréotypes et aux attitudes à l'égard du 312 Analyses bibliographiques
genre. La deuxième partie, intitulée « Genre et relations interpersonn
elles », concerne le niveau inter- relationnel. Elle traite des comporte
ments des hommes et des femmes dans le cadre de trois types de relations
interpersonnelles : les relations interpersonnelles privées, les
de rôles, les groupes à tâche.
L'ensemble de l'ouvrage, et chacun des différents chapitres qui le
constituent, sont construits sur un mode dynamique : présentation
critique de la recherche dans le domaine, proposition d'un cadre concept
uel, interrogation sur les pratiques sociales — en matière d'éducation
notamment, guide pour des recherches ultérieures. Son intérêt est donc
de présenter, à la fois, un recensement, une mise en ordre et une mise
en question débouchant sur des propositions pour des travaux futurs.
Pour les auteurs, la psychologie sociale des relations Hommes-
Femmes est un nouveau champ d'étude qui, bien que spécifique, doit
permettre de mieux étudier d'autres formes de relations intergroupes.
Cet ouvrage, efficace, s'adresse aux chercheurs impliqués dans le domaine
mais il peut, donc, également intéresser tous ceux qui s'interrogent sur
les fonctionnements idéologiques, les pratiques discriminatives et les
alternatives pour un changement social.
A. Durand.
Patzer (G. L.). — The physical attractiveness phenomena ; Perspectives
in social psychology, New York, Londres, Plenum Press, 1985, 308 p.
L'ouvrage débute par une phrase de Santanaya Beauty as we feel it is
something indescribable : what it is or what it means can never be said.
Malgré ce pessimisme et maints obstacles mis en avant par de nombreux
chercheurs, l'auteur analyse ce qui est le fondement et l'origine de toute
interaction ou relation interpersonnelle. D'une manière générale, Patzer
constate que l'attraction physique est un phénomène omniprésent dont
les influences sont largement méconnues, et qui a une incidence primord
iale non seulement sur l'ensemble des comportements sociaux, mais
également sur la formation de la personnalité. L'attraction physique
intervient dans la plupart des phénomènes psychologiques et, à ce
titre, la connaissance de son fonctionnement et sa prise en compte est
indispensable non seulement pour le chercheur mais également pour
tout praticien en Sciences humaines.
La majeure partie de l'ouvrage est consacrée à l'analyse d'un nombre
considérable de recherches effectuées sur l'attraction physique. Les
données sont organisées selon plusieurs dimensions, l'auteur faisant le
point des connaissances dans chacun de ces domaines : 1) Les réactions
à l'attraction physique d'autrui, les attributions et attentes et leurs
incidences en pédagogie, en criminologie, et sur les comportements
d'aide et les relations interpersonnelles (aussi bien de travail qu'amicales
et amoureuses) ; 2) Les conséquences de l'attraction physique sur les Psychologie sociale 313
relations interpersonnelles, la relation entre attraction physique du
sujet et traits de personnalité, et son rôle dans la socialisation de l'ind
ividu ; 3) Les composantes et déterminants de l'attraction physique ;
et 4) Le rôle de l'attraction physique dans la communication persuasive.
Après avoir montré l'universalité du rôle de
à travers des comparaisons interculturelles, l'auteur consacre son dernier
chapitre à une synthèse et à l'intégration des nombreuses recherches
passées en revue. L'introduction du terme de papologie, proposé pour
désigner l'étude des phénomènes d'attraction physique et dont le recours
lui semble se justifier par le fait qu'il s'agit d'un domaine étendu qui
est passé d'un stade d'accumulation de données disparates à une concept
ualisation et à des développements théoriques originaux, est cependant
difficile à comprendre. De même le modèle théorique esquissé dans ce
dernier chapitre ne résout pas les problèmes soulevés. Certes de nom
breux facteurs interviennent dans les effets de l'attraction physique,
mais en tenant compte entre autres de facteurs tels que la transmission
cttlturelle de génération en génération de canons de beauté spécifiques,
ou des changements dans le temps et de leur dépendance biologique,
psychologique et sociologique, l'auteur propose davantage une descrip
tion systématique du fonctionnement que des hypothèses permettant
la mise à l'épreuve de son modèle.
G. Moser.
Michaud (Y.). — La violence, Paris, puf, coll. « Que sais-je ? »,
n° 2251, 1986, 128 p.
Trois parties constituent cet ouvrage. La première est consacrée
aux différentes tentatives de définition de la violence, la deuxième partie
brosse un tableau de ses diverses manifestations, et la dernière
en analyse les causes et explications sous l'angle anthropologique,
sociologique et philosophique.
Selon l'auteur la violence est une transgression de l'ordre social.
Elle ne peut donc se définir que par rapport à une norme sociale néces
sairement fluctuante, ce qui exclut une définition universelle. La
violence est le produit d'une société et ne se définit que par rapport à
celle-ci. Il n'y a, selon l'auteur, ni de discours ni de savoir universel
sur la violence.
Cette relativité est un obstacle à la quantification de la violence
(guerre, violence politique entre autres) à travers l'histoire. Néanmoins
l'auteur constate que le monde contemporain, bien que se caractérisant
par une sophistication et une diversification des armes ainsi que par le
recours aux mass média, ne semble pas plus violent, et que si les guerres
sont moins fréquentes, elles sont plus meurtrières. La raréfaction des
actes de violence ouverte qu'on y constate est expliquée par une régu
lation sociale accrue de tout désordre. 314 Analyses bibliographiques
Dans la dernière partie de l'ouvrage l'auteur semble expliquer la
violence en référence aux conduites agressives de l'individu. Invoquer
l'agression c'est réduire les faits de violence à la motivation du sujet
dans un contexte interactionnel sans tenir compte de la dimension
institutionnelle qui, à notre avis, est essentielle pour la compréhension
de la violence.
G. Moser.
Actes du Colloque national, organisé à l'Université de Toulouse - Le
Mirail, 23-25 janvier 1985, Centre de promotion de la recherche
scientifique, Collectif régional de Travail social de Communauté,
Changements sociaux et actions communautaires, Toulouse, Service
des publications utm, Série A, t. 34, 1986, 214 p.
La majorité des travaux consacrés aux domaines, aux fonctions,
aux méthodes de l'action sociale (B. Lory, N. Questiaux, E. Alfanderi)
distinguent à travers l'histoire et dans l'organisation de celle-ci trois
approches : l'approche individuelle et ponctuelle (souvent liée aux
traditions de l'assistance), l'approche catégorielle ou de groupe,
l'approche globale dont le travail social à visées communautaires est
une des « composantes ». L'ouvrage Changements sociaux et actions
communautaires est un apport résolu et argumenté à la définition de
cette dernière approche (qui, d'ailleurs, ne saurait méconnaître ou
exclure les deux autres).
Comme le soulignent en introduction de cet ouvrage, A. Baubion-
Broye et V. Hajjar : dans les situations de travail social ce sont toujours
des rapports complexes et problématiques entre des individus (sujets)
et des institutions qu'il convient d'analyser pour agir. Les processus de
transformation de ces rapports sont des « objets possibles » de recherche
— et sans doute essentiels — pour les sciences humaines et sociales.
Ce sont, à l'évidence, de tels processus qui sont mis en œuvre dans les
épreuves réelles que les hommes ont à affronter lorsqu'ils cherchent à
intervenir dans des rapports sociaux marqués par l'inégalité : pour la
réduire. Ce qui est l'un des objectifs majeurs de l'action sociale. La
question que pose cet ouvrage est celle de savoir comment les individus
et les groupes — « clients » de l'action sociale — dans et malgré des
conditions d'existence dégradées, peuvent se replacer à l'initiative de la
construction de solidarités originales, retrouver des prises sur leur propre
devenir et sur les évolutions de leurs milieux. C'est la question du rôle
de la participation, de la coopération de ces individus et de ces groupes
dans l'élaboration d'actes de changements personnels et collectifs.
L'éventail des contributions (une vingtaine) reflète la diversité des
spécialités et des intérêts de leurs auteurs (économistes, psychologues
sociaux, sociologues, responsables d'organisations d'action sociale, élus
locaux, travailleurs sociaux, formateurs...). Ces contributions sont

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