Psychologie sociale - compte-rendu ; n°2 ; vol.97, pg 366-369

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L'année psychologique - Année 1997 - Volume 97 - Numéro 2 - Pages 366-369
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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Psychologie sociale
In: L'année psychologique. 1997 vol. 97, n°2. pp. 366-369.
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Psychologie sociale. In: L'année psychologique. 1997 vol. 97, n°2. pp. 366-369.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1997_num_97_2_28962366 Analyses bibliographiques
cependant parfois difficile d'identifier dans la masse des données présent
ées, les forces et les faiblesses de ces interprétations.
L'ouvrage est donc d'une grande richesse et il constitue une source
d'informations considérable. On peut cependant regretter l'absence de cha
pitre récapitulatif qui aurait permis d'obtenir un tableau d'ensemble des
différentes interprétations théoriques en présence. Par ailleurs, l'ouvrage
accorde peu de place aux études qui ont examiné l'influence des variables
liées au sujet âgé lui-même (santé, niveau d'activité et d'éducation, etc.),
et ce dans une perspective multifactorielle du vieillissement cognitif.
M. Van der Linden.
PSYCHOLOGIE SOCIALE
Moscovici S. (Édit.) — (1994) Psychologie des relations à autrui, Paris,
Nathan, 304 p.
A cet ouvrage, dirigé par Serge Moscovici, ont contribué douze autres
éminents psychologues sociaux européens, pour la plupart anglais ou fran
çais. Il répond à divers objectifs, exposés dans l'introduction par Moscov
ici. Il vise en premier lieu à remplacer V Introduction à la psychologie
sociale, publiée en 1973 également sous la direction de Moscovici et jugée
par lui comme novatrice en son temps mais ne rendant évidemment pas
compte des centrations actuelles de la sous-discipline, notamment de sa
centration sur les relations interpersonnelles considérées comme le substrat
de la vie quotidienne. Aussi en prenant comme axe les relations à autrui,
l'ouvrage sera-t-il susceptible de rapprocher psychologie individuelle et
psychologie sociale. Il doit en outre être accessible aux étudiants en
sciences humaines débutants ; et, plutôt que prétendre à un inventaire des
faits, il doit les amener à réfléchir sur des idées et les familiariser avec les
différences dans les styles de pensée et les traditions de recherche selon les
pays.
L'ouvrage est divisé en trois parties d'inégale longueur. La première,
intitulée « La personne et autrui », comporte deux chapitres, l'un et l'autre
centrés sur le soi tel qu'il trouve une expression relationnelle dans les let
tres du nom propre (Nuttin Jr.) d'une part, dans le corps (Jodelet) d'autre
part. La deuxième partie est intitulée « Les processus élémentaires de la
relation à autrui » et comprend quatre chapitres : le premier — qui porte
sur le jeu entre égoïsme et altruisme — et le dernier - sur les processus d'in
fluence — ont pour auteur Moscovici ; les deux autres traitent respectiv
ement des compétences sociales (Argyle) et de la réputation sociale (Emler).
La troisième partie, « Des altruismes aux solidarités », constitue, avec six
chapitres, la moitié de l'ouvrage. Elle est présentée comme « consacrée aux Psychologie sociale 367
rapports à un autrui collectif». De fait, quatre chapitres portent sans
conteste sur les relations entre groupes ou sur les relations de l'individu au
groupe : ils ont pour thèmes les croyances et la norme d'internalité (Beau-
vois et Dubois), la catégorisation sociale (Pendry, Macrae et Hewstone), les
constantes de la mentalité prélogique (Moscovici), les dynamiques sociales
des régulations cognitives (Doise). Le très intéressant chapitre sur les poss
ibilités de modifier les attitudes et les comportements sociaux (Joule)
aurait peut-être mieux trouvé sa place dans la deuxième partie, consacrée
aux processus psychiques ; quant au dernier chapitre (Lloyd), il porte sur
les différences entre sexes et leurs déterminants et non, contrairement à ce
que le cadrage thématique de l'ouvrage laisse attendre, sur les relations
intersexes ou les rapports de sexe.
Chacun des chapitres porte fortement le sceau de son auteur, si bien
que l'ensemble représente, à travers cette diversité de points de vue, une
mine de réflexion fort enrichissante, qui permet de ne pas se laisser arrêter
par quelques négligences ou maladresses (dans certaines des traductions,
dans l'emploi parfois peu compréhensible d'indices statistiques...). On peut
néanmoins se demander si cette Psychologie des relations à autrui est sus
ceptible de répondre à tous ses objectifs pédagogiques. Faute de renvois
suffisamment nombreux d'un chapitre à l'autre — et cela même quand
leurs thèmes se recouvrent en partie (par ex. chap. 5, 6 et 11 ; chap. 7
et 9) -, faute d'une mise en perspective commune et d'une explicitation
claire des notions utilisées et des théories invoquées, bref, faute d'une mise
à disposition des outils nécessaires pour une réelle compréhension, on voit
mal comment des étudiants débutants pourraient tirer de cet ouvrage tout
le bénéfice qu'on serait en droit d'en attendre.
M.-C. Hurtig.
Blanchet A. et Trognon A. — (1994) La psychologie des groupes, Paris,
Nathan, 128 p.
Il est heureux de voir sortir, en français, un petit ouvrage (128 p.) qui
présente une vue panoramique, facile à lire, sur La psychologie des groupes.
Ceci d'autant plus que les recherches récentes, spécifiquement centrées sur
les groupes, ne sont pas foison, comme le laissent percevoir les références
bibliographiques. Et quand on en trouve, elles sont plutôt d'ordre expé-
rientiel qu'expérimental. Cette situation ressort aussi en filigrane de la dis
position même des chapitres qui mènent le lecteur vers l'application : la
conduite et l'animation des groupes. Cela pourrait bien signifier que le
groupe a perdu son aura des années 60 et peut-être même son statut d'ob
jet de recherche.
Certes, et le livre le montre bien, le groupe reste le terreau des grandes
notions de la psychologie sociale : l'intergroupe, l'influence, la communicat
ion sont des classiques qui trouvent tout à fait leur place dans un texte
d'introduction. Le groupe est même reconnu et considéré par la psycholo- 368 Analyses bibliographiques
gie de l'enfant comme un support important du développement. Mais le
groupe lui-même, entité, système ou dynamique ne ressort pas. A
l'image du groupe restreint, il reste défini indépendamment d'une action,
d'une insertion ou d'un objectif social. Et il laisse la première place à l'i
ndividu dans le groupe, et principalement à un individu qui pense et qui
parle. Ainsi le livre traite-t-il plus des notions clés de la psychologie sociale
que du groupe pour lui-même.
Cependant on peut penser que la sortie de cet ouvrage tombe à point
pour rappeler aux non-spécialistes l'existence d'un corpus de connaissances
déjà établies dans le domaine. Car si les recherches en psychologie des
groupes marquent le pas, l'intérêt pour les groupes ne s'épuise pas. On le
retrouve seulement ailleurs, comme chez les ergonomes et les informati
ciens qui découvrent la complexité des échanges de travail entre spécial
istes issus de disciplines différentes, ou encore chez les conseillers en orga
nisation qui réinventent la structuration du travail en équipe. On ne fera
donc pas supporter le déficit de recherches aux auteurs qui voulaient seu
lement dresser « l'état actuel de la question » et offrir aux lecteurs une syn
thèse bien organisée.
Le chapitre 1 esquisse une histoire des idées à partir de quelques noms
illustres : Fourier, Le Bon, Freud, Moreno, Mayo, Lewin. Dans le 2e cha
pitre, on trouve la question de la socialisation de l'individu et de sa cons
truction en fonction du milieu social. La formation de la personnalité, le
développement cognitif et social sont considérés en liaison avec l'intégra
tion dans les groupes : groupes d'appartenance, de référence, phénomènes
intra- et inter-groupes. Dans le chapitre 3, l'émergence des sentiments, la
relation affective, les racines infantiles du lien, les états émotionnels sont
évoqués dans le sens du rapport de l'individu au groupe.
Puis on passe à l'importante notion d'influence (chap. 4), traitée
d'abord par la résistance au changement, comme si ce phénomène était le
plus fort. Bien sûr, l'influence majoritaire, source de normalisation, de
conformisme, de soumission, et son complémentaire l'influence minoritaire,
qui conteste l'autorité établie, ne sont pas oubliées. Avec le chapitre 5, on
arrive à une notion incontournable : la communication. A partir du
schéma classique de la transmission d'un message, le lecteur est conduit
aux développements actuels des travaux sur les systèmes de communicat
ion où l'étude du langage en situation introduit à rechercher les significa
tions, intentions et inferences émises lors des échanges. Puis on revient aux
travaux plus anciens concernant l'interaction, les réseaux et les flux de
communication.
Sous le titre « La prise de décision » (chap. 6), les auteurs rassemblent
différents problèmes traités habituellement de façon séparée : l'efficacité
du groupe par rapport à celle de l'individu, la productivité du groupe en
fonction du style de tâche, de la taille et de la cohésion du groupe, les
choix et options adoptés selon les incertitudes, les conflits, le climat du
groupe, et le phénomène de polarisation des opinions et des jugements en Psychologie clinique et pathologique 369
groupe. Enfin le dernier chapitre, centré sur la conduite des groupes, fait
une large part aux caractéristiques du leader et aux questions d'animation
de groupe telle l'intervention, la directivité, la position « meta ». Il se te
rmine par une typologie des phases de la vie d'un groupe.
Pour les auteurs, Alain Blanchet et Alain Trognon, les groupes sont à
la fois les creusets du développement des individus et les cellules sociales
qui structurent la société. Ils véhiculent des pensées et des idéologies, ce
qui donne au langage une place privilégiée pour étudier les interactions
qu'ils suscitent. Le livre propose donc une synthèse résumée, bien structur
ée, des divers thèmes de recherche qui se rapportent aux groupes. Confo
rmément à son objectif annoncé, il constitue une introduction d'accès aisé
et fournit des points de repère pour tout étudiant qui souhaite commencer
à se documenter sur ce domaine.
C. Lemoine.
PSYCHOLOGIE CLINIQUE ET PATHOLOGIQUE
Van Rillaer J. — (1995) Les thérapies comportementales, Paris, Moris-
set, 62 p.
Traiter de la place et de la nature de psychothérapies analytiques, puis
comportementales en si peu de pages était une gageure que l'auteur a pu
tenir sans rien sacrifier de la rigueur et de la clarté de son exposé. En pas
sant, il montre que les thérapies comportementales ont aujourd'hui intégré
l'aspect cognitif sans pour autant sacrifier l'aspect affectif des conduites.
Dès l'abord on apprend que, dans le monde anglo-saxon et une grande
partie de l'Europe (sauf la France), ce sont les thérapies comportementales
qui, depuis 1970, suscitent le plus d'études publiées et attirent le plus de
patients.
Ceci n'est qu'une introduction à l'ouvrage : les chapitres suivants trai
tent de manière concise mais complète, de l'analyse et de l'explication du
comportement en présentant un modèle qui fait intervenir les stimuli anté
cédents, les cognitions, les affects, les actions, et leurs interactions ainsi
que les stimuli conséquents. Tout ceci aboutit à une définition des compor
tements à problèmes.
Face à ceux-ci se situent les stratégies des thérapies comportementales
dont le souci de scientificité s'accompagne toujours, chez le thérapeute, d'un
style actif, neutre et transparent. Ses interventions doivent, pour être effi
cace, recueillir la coopération du patient, avec lequel est passé un véritable
contrat dont la finalité est la modification souhaitée du comportement.
Celle-ci commence par une analyse des problèmes et de leurs liens avec
le comportement actuel dans toutes ses facettes (les « variables de l'équa
tion comportementale »). Cette analyse conduira à de nouveaux modes

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