Psychologie sociale - compte-rendu ; n°4 ; vol.88, pg 615-626

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L'année psychologique - Année 1988 - Volume 88 - Numéro 4 - Pages 615-626
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
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Psychologie sociale
In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 615-626.
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Psychologie sociale. In: L'année psychologique. 1988 vol. 88, n°4. pp. 615-626.
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600 références citées) sur les processus biologiques de transformation
de l'organisme à partir du début de l'âge adulte, et de leurs effets sur
les capacités fonctionnelles physiologiques. Il est à noter que l'évolution
avec l'âge de systèmes tels que l'olfaction, la gustation, l'équilibration,
la proprioception est traitée, même si les connaissances actuelles dans
ce domaine sont encore très lacunaires.
Enfin l'ouvrage se termine par quelques pages consacrées aux connais
sances encore controversées et discutées, ce qui permet de tracer quelques
orientations de recherches futures. A la fin de chaque chapitre, l'auteur
développe quelques conséquences des transformations organiques avec
l'âge sur des processus cognitifs, mais surtout sur l'image de soi et des
représentations qu'on se fait de ses propres capacités à maîtriser l'e
nvironnement, et à s'y adapter.
Ce qui étonne cependant dans ce livre, c'est que la variabilité inter
individuelle n'est pratiquement pas traitée ni même abordée ; or, s'il
est admis que la plupart des processus biologiques du vieillissement
sont programmés dès la conception, de nombreuses études montrent
des vitesses différentes d'évolution de ces processus, d'un individu à
l'autre ; leurs causes sont en partie liées à l'environnement, comme le
confirment les résultats des recherches sur la morbidité et la mortalité
différentielles.
A. Laville.
PSYCHOLOGIE SOCIALE
Berkowitz (L.) (Edit.). — Advances in experimental social psychology,
vol. 19, Orlando, New York, Academic Press, 1986, 368 p.
Sept chapitres sont présentés et font le point sur les orientations
nouvelles qu'ont pris la réflexion théorique et/ou la recherche empi
rique sur un certain nombre de problèmes majeurs de la psychologie
sociale ; R. S. Baron, La théorie de la distraction comme conflit (d'at
tention) ; progrès et problèmes. — D. Frey, Recherches récentes sur
les tendances sélectives dans la recherche d'informations (selective
exposure). — A. Nadler et J. D. Fisher, La réaction du récepteur à
l'aide qui lui est donnée ; développement et validation empirique
d'une théorie sur le rôle de la menace à l'estime de soi et du contrôle
perçu. — R. E. Petty et J. T. Cacioppo, Le modèle théorique de la
persuasion en termes de probabilité d'élaboration (de la contre-argu
mentation). — D. P. Philipps, Les expériences naturelles sur la liaison
entre violence dans les mass media et agressions mortelles ; forces et
faiblesses d'une approche nouvelle. — I. D. Steiner, Paradigmes (de
recherche) et groupes. — D. A. Wilder, Implications de la catégorisation
sociale pour la genèse et la réduction des biais intergroupes. La plupart
de ces chapitres relèvent de la psychologie sociale fondamentale, mais 616 Analyses bibliographiques
certains font plus de place aux problèmes de société, ceux que l'on a
la mauvaise habitude de qualifier d' « appliqués » ; il nous semble que
cette tendance est relativement nouvelle pour cette collection. Signalons
le chapitre tout à fait désabusé de Steiner sur l'avenir du groupe comme
thème de recherche en psychologie sociale.
G. de Montmollin.
Brenner (M.), Brown (J.) et Canter (D.) (Edit.). — The research
interview : Uses and approaches, Londres, Academic Press, 1985,
276 p.
Des voies de recherche nouvelles sont proposées dans cet ouvrage
sur le développement des applications et des techniques d'entretien.
Les onze articles rassemblés ici permettent de voir que les procédures
d'entretien peuvent être utilisées dans de nombreuses stratégies de
recherche. L'entretien n'est plus seulement une méthode complément
aire mais tend de plus en plus à jouer un rôle complet.
L'ouvrage comporte trois types de chapitres qui reflètent le degré
de structuration introduit dans la procédure d'entretien.
Dans les trois premiers chapitres, M. Brenner, W. Dijkstra, L. Van
der Venn et J. Van der Zouwen ainsi que T. D. Wilson traitent de
procédures structurées. M. Brenner propose un ensemble de règles
permettant de maîtriser les effets d'interaction interviewer-interviewé et
d'obtenir des réponses rentrant dans des catégories prévues. W. Dijkstra
et al. présentent une étude expérimentale sur les effets du style de l'inte
rviewer sur les propos tenus par le sujet. L'analyse des fréquences des
catégories de réponses ainsi que celle des séquences « questions-réponses »
montrent que le nombre d'informations adéquates obtenues est le
même dans le style socio-émotionnel et dans le style formel. T. D. Wilson,
enfin, à partir de l'exemple d'une recherche-action menée auprès de
travailleurs sociaux, insiste sur la nécessité d'avoir un plan d'entretien
très structuré et souligne l'importance de l'entraînement des interviewers
et de la coopération des sujets dans ce genre d'enquête.
Les quatre chapitres suivants de D. Ganter, J. Brown et L. Groat,
B. Mostyn, M. Brenner, et S. K. Tagg, décrivent des procédures plus
ouvertes. D. Canter et al. présentent la « Multiple Sorting Procedure »
utilisée pour mettre à jour les schemes conceptuels des sujets. Pour
traiter les données ainsi obtenues, les auteurs ont recours à des méthodes
d'analyse multidimensionnelle tirées des programmes d'analyse statis
tique de Guttman-Lingoes. B. Mostyn traite de l'analyse de contenu
descriptive et M. Brenner de l'entretien intensif. Le chapitre de
S. K. Tagg consacré aux récits de vie présente des techniques et straté
gies pour mener le récit de vie ainsi que des d'analyse,
en particulier des matrices de transformation permettant d'étudier
la dimension temporelle. L'auteur indique que la reconstruction des Psychologie sociale ,617
et**' ""*" événements est moins source de biais qu'objet d'étude elle-même,
que la reconstitution d'une expérience personnelle peut être faite non
seulement dans l'entretien lui-même mais aussi au cours de l'analyse.
Les trois derniers chapitres, par L. Bainbridge, J. Brown et D. Canter(
ainsi que J. Potter et M. Mulkay, traitent des caractéristiques de quelques
innovations concernant l'information et les schemes d'interprétation.
L. Bainbridge, pour étudier les processus cognitifs de travailleurs en
milieu industriel, insiste sur la nécessité de trouver des situations
d'entretien où les données présentent une forte validité. Ceci permett
rait d'identifier des séquences d'actions et d'inférer les processus cognit
ifs sous-jacents dont certains ne sont pas nécessairement accessibles
à la conscience ou ne sont pas verbalisés. J. Brown et al., quant à eux*
proposent un modèle pour tester la consistance interne des données
d'entretien et leur validité externe. Dans ce modèle, les données d'entre
tien sont traitées comme une preuve présentée dans une cour de justice
et donc sujette à vérifications. Pour illustrer ce modèle, les auteurs pré
sentent trois études dont l'une sur les déplacements des gens dans un
immeuble en feu et les autres sur les personnes impliquées une
opération immobilière. Enfin, J. Potter et al, à partir d'une étude sur
les pratiques des interprétations des scientifiques, suggèrent de traiter
les contradictions qui apparaissent, non comme un problème méthodol
ogique mais comme le but même de l'analyse. Selon eux, ce qui est
important c'est de découvrir la variabilité des arguments et des réper
toires d'interprétation utilisés par les sujets dans chaque situation
d'entretien.
Cet ouvrage aborde les grandes questions de la méthodologie de
l'entretien, notamment la nécessité de définir un cadre d'interprétation,
le problème de la fiabilité et de la validité des données, les techniques
de traitement de données. Les articles présentés ici rendent compte
de la diversité et de la richesse des voies de recherche récentes concernant
les procédures d'entretien.
H. Chauchat.
Blanchet (A.), Ghiglione (R.), Massonnat (J.) et Trognon (A.). — Les
techniques d'enquête en sciences sociales. Observer, interviewer, ques
tionner, Paris, Dunod, 1987, 197 p.
A. Trognon introduit ce volume en indiquant qu'il ne s'agit pas d'un
catalogue de méthodes de collecte de données mais d'une analyse des
processus de production de données en sciences sociales. Il définit la pro
blématique de l'ouvrage en insistant sur la situation d'interaction, la
nécessité d'une théorie de V interaction et l'évaluation de la pertinence
d'un processus par rapport à la relation entre situation d'interaction
et objectifs de la recherche. Cet ouvrage aborde les problèmes méthodol
ogiques fondamentaux.
Le chapitre sur l'observation est réalisé par J. Massonnat. L'auteur
AP — 21 618 Analyses bibliographiques
étudie le « fonctionnement cognitif de l'observateur dans la sélection,
le codage et l'attribution des significations » en s'appuyant sur les
résultats de recherches fondamentales en linguistique et en psychologie
— notamment sur la mémoire et sur la perception. Il souligne le fait que
toute observation résulte à la fois d'une opération d'objectivation et de
subjectivation, c'est-à-dire de la construction d'un filtre qui est la
condition même de toute conceptualisation et de toute théorisation.
L'auteur tente de formaliser les opérations et les types de problèmes de
l'observation et il fait un inventaire des techniques et des pratiques en
faisant de nombreuses références à l'éthologie. Les aspects techniques
de ne sont qu'évoqués. Etant donné l'objectif de l'ouvrage,
on s'attendrait à ce que l'analyse de certains points soit plus poussée,
notamment le lien d'inférence entre catégories, variables et observables
ou encore les phénomènes d'interaction. Enfin notons que la définition
de l'observation qui est donnée ici et qui inclut observation directe,
analyse de contenu des archives, textes... et participante
peut surprendre, eu égard à la diversité des processus d'interaction
propres à chacune de ces méthodes.
Dans le chapitre : « Interviewer », A. Blanchet fait une analyse de
l'entretien à partir d'un « schéma global de la problématique discursive »
et d'une conception interactive des trois niveaux de communication :
interaction verbale, contrat de communication, situation globale définie
par les contractants. L'auteur propose ensuite une catégorisation nou
velle des types d'interventions à partir de la distinction de deux critères :
acte de langage et instance discursive. Puis il fait une analyse des inter
actions verbales et présente certains résultats de ses études expériment
ales sur l'influence des interventions sur le discours de l'interviewé.
Au terme de ce chapitre, il conclut sur l'idée que l'utilisation de l'entre
tien nécessite de définir à l'avance un maximum de paramètres de la
communication (interlocutoires, contractuels, situationnels), ces para
mètres permettant de substituer aux interventions improvisées une
programmation stratégique des interventions élaborée en fonction des
hypothèses.
Cet auteur ouvre là un champ d'exploration nouveau dans la
recherche sur la méthodologie de l'entretien. Toutefois, on peut craindre
que derrière cet idéal de contrôle des interventions, ne réapparaisse
l'idée qu'il existe des conditions de production de discours susceptibles
de recueillir les « vraies » données. Ce qui pourrait expliquer que l'auteur
indique la situation de proximité sociale comme étant la condition
optimale pour le bon fonctionnement de l'entretien, proposition que
faisait déjà Merton sous les termes de situation d'homophilie.
Pour l'étude du questionnaire, R. Ghiglione s'appuie comme A. Blan
chet pour l'entretien, sur l'idée de contrat de communication. L'auteur
fait référence aux théoriciens de la communication et aux philosophes.
Son analyse porte principalement sur le fait qu'un questionnaire impose Psychologie sociale 619
souvent un cadre de référence, un éventail de possibles qui élimine
d'autres possibles, le questionnaire devenant alors une validation d'une
préconstruction du réel partielle et partiale. Le questionnaire, dit-il,
produit dans ce cas des données qui conduisent à une illusion de savoir.
L'auteur lie la valeur prédictive souvent limitée des sondages précis
ément au caractère préconstruit du questionnaire. Pour répertorier les
« mondes possibles », il propose une « méthode alternative » : entretiens
brefs d'une quinzaine de minutes. La présentée ici, qui ne
diffère de la méthode classique que par la durée des entretiens, serait
justifiée par le fait que ce sont pendant les premières minutes d'un
entretien que le sujet produit les éléments les plus prégnants de ses
représentations. Enfin, on trouve dans ce chapitre une typologie des
questionnaires en fonction des objectifs poursuivis : estimer, décrire,
vérifier des hypothèses.
Cet ouvrage apporte une manière nouvelle de traiter de problèmes
méthodologiques essentiels et qui se posent de façon cruciale à tout
chercheur soucieux de la validité des données d'enquête. Notons la
présence d'une importante bibliographie.
H. Ghauchat.
Moser (G.). — L'agression, Paris, puf, coll. « Que sais-je ? », n° 2349,
1987, 125 p.
C'est une entreprise utile, mais difficile, que de présenter d'une façon
tout à la fois condensée et cohérente, précise et claire, la matière part
iculièrement riche et complexe qui est celle du thème de 1' « agression ».
Il faut donc savoir gré à Gabriel Moser de l'avoir tentée... et réussie.
Sa démarche conduit fort logiquement le lecteur d'un bref exposé des
essais de définition et des modes d'étude de l'agression vers des considé
rations finales sur la maîtrise et la prévention de cette conduite, en
passant par une analyse plus détaillée des nombreux facteurs suscep
tibles d'entrer en jeu dans le processus interactionnel et des divers
modèles théoriques qui ont été élaborés pour essayer d' « expliquer »
l'agression.
La multiplicité des méthodes d'investigation mises en œuvre est tout
simplement à l'image de la grande diversité des agressions quant à leur
forme et quant à leur fonction, surtout si l'on prend en considération
tous les aspects du contexte social dans lequel vient s'inscrire le processus
interactionnel. Aussi faut-il tenir compte très largement, dans l'analyse
des déterminants de l'agression, non seulement de la personnalité de
l'agresseur et des caractéristiques « objectives » de la situation, mais aussi
de toute l'interprétation cognitive dont les caractéristiques sociales et
physiques de cette situation font l'objet. Dans le cas d'une action col
lective, l'anonymat et l'abandon de la responsabilité personnelle faci
litent les conduites agressives.
Etant donné le nombre et la diversité des facteurs susceptibles 620 Analyses bibliographiques
d'entrer en jeu, il ne saurait surprendre que les modèles explicatifs qui
correspondent à des conceptions monocausales (modèles pulsionnels de
l'agression ; relation étroite et linéaire entre frustration et agression)
rendent difficilement compte d'une réalité aussi complexe, et qu'une
notion centrale de ces modèles, à savoir la possibilité de maîtriser l'inter
action agressive grâce à la « catharsis » (en particulier, par l'exposition
à des scènes de violence), soit pour le moins fortement controversée.
En réalité, l'apprentissage social, l'observation et l'imitation de modèles
(largement fournis par les mass media), de même que des processus
intermédiaires se fondant sur une certaine structure cognitive, jouent
un rôle tout à fait essentiel dans la genèse des agressions. D'où l'intérêt
de faire acquérir — par l'apprentissage — des comportements non
agressifs (« prosociaux ») et des stratégies cognitives appropriées, et de
faire prendre conscience de la désapprobation sociale sincère (si elle
existe !) des conduites agressives.
P. Karli.
Olweus (D.), Block (J.) et Radke-Yarrow (M.) (Edit.). — Develop
ment of antisocial and prosocial behavior : Research, theories and
issues, Orlando, New York, Academic Press, 1986, 432 p.
Zahn-Waxler (C), Cummings (E. M.) et Iannotti (R.) (Edit.). —
Altruism and aggression : Biological and social origins, Cambridge,
Cambridge University Press, 1986, 337 p.
Ces deux livres, sortis la même année, le premier dans la série
« Developmental Psychology » chez Academic Press, le second dans les
« Cambridge studies in social and emotional development », présentent
les rapports de deux colloques qui ont eu lieu la même année (1982 !),
avec le même but — mais, à quelques exceptions près, pas les mêmes
participants : faire le point sur l'état des connaissances les plus récentes
concernant les facteurs de l'altruisme et de l'agression dans une pers
pective développementale et en tirer une stratégie de recherche pour
l'avenir. Dans l'un comme dans l'autre, aucun des rapports — semble-
t-il volontairement — ne part d'une revue des travaux antérieurs ; il
en résulte une curieuse impression d'inculture puisqu'on ne fait référence
à aucun des « grands » auteurs de psychologie fondamentale qui ont
traité de ces problèmes, et d'autant plus forte que les rapporteurs se
présentent comme des spécialistes, traitent d'un ouvrage à l'autre des
mêmes thèmes dans les mêmes perspectives et ne se citent pas les uns les
autres. Un exemple, sans doute, de l'étroitesse des réseaux qui about
issent à de tels colloques. Comme c'est trop souvent le cas de ce genre
d'ouvrages, on a affaire à une suite de rapports qui n'ont entre eux que
le lien très lâche du thème général du colloque : on ne rend compte
d'aucune discussion, d'aucune intervention visant à rapprocher les
points de vue, à souligner les contradictions et à critiquer. Dans ces Psychologie sociale 621
conditions, le lecteur reste sceptique sur l'atteinte du but et regrette
l'absence d'un vrai travail editorial qui aurait pu pallier cette faiblesse ;
on ne trouve que dans le second ouvrage un chapitre de conclusion qui
ébauche des rapprochements, mais c'est surtout pour faire état des
recherches menées par le groupe des organisateurs.
Les deux ouvrages reflètent bien ce qui semble caractériser les ten
dances contemporaines des deux domaines concernés : l'importance
accordée aux idées de la sociobiologie ; une certaine volonté de lier
altruisme et agression ; un élargissement de l'éventail des méthodes
vers l'éthologie humaine et l'observation naturaliste. Ce qui ne va pas
sans risques : analogies et généralisations hâtives ; classes de comporte
ments définies de façon large ou étroite selon les besoins ; arbitraire ou
superficialité de la relation altruisme/aggression ; négligence des facteurs
de situation-stimulus...
Les chapitres du premier ouvrage peuvent être groupés autour de
5 thèmes : 1. « Contribution de la sociobiologie à l'étude du dévelop
pement anti- et pro-social » (R. A. Hinde : Implications de la théorie
de l'évolution et des données comparatives pour l'étude du comporte
ment humain pro-social et agressif. — S. A. Mednick et al. : Revue des
études sur les facteurs génétiques du comportement criminel. —
D. Olweus : Agression et hormones (testosterone et adrénaline). —
2. « Formes précoces de développement » (H. L. Rheingold et
G. N. Emery : Comment les très jeunes enfants prennent soin des
autres. — E. Waters et al. : L'attachement enfant-parent et les origines
du comportement pro et anti-social. — J. Stevenson-Hinde et al. : Le à la maison et le comportement amical ou hostile à
l'école maternelle). — 3. « Le contrôle des impulsions » (L. Pulkkinen :
Le rôle du contrôle des impulsions dans le développement du comporte
ment anti- et pro-social. — ■ J. Block et P. F. Gjerde : Distinguer entre
comportement anti-social et sous-contrôle). — 4. « Socialisation :
famille, groupe de pairs et société » (M. Radke- Yarrow et C. Zahn-
Waxler : Le rôle des facteurs familiaux dans le développement du pro-social. — G. R. Patterson : La contribution des
frères et sœurs à l'entraînement au combat ; une analyse microsociale. —
E. E. Maccoby : Les groupements sociaux dans l'enfance ; leur relation
au comportement pro- et anti-social des garçons et des filles. —
L. D. Eron et L. R. Huesmann : Le rôle de la télévision dans le déve
loppement du comportement pro- et anti-social). — 5. « Continuités
avec l'âge adulte » (R. B. Cairns et B. D. Cairns : Une conception inter-
actionniste du développement du comportement social ; quatre pro
blèmes avec l'agression chez l'adolescent. — J. McCord : Instigation et
isolement ; comment les familles affectent l'agression anti-sociale. —
D. P. Farrington : Les marchepieds vers une carrière criminelle d'adulte.
— ■ L. N. Robins : Conséquences des désordres de la conduite chez les
filles). 622 Analyses bibliographiques
Le second ouvrage comporte onze chapitres regroupés de façon
lâche en deux parties : 1. « Contributions de la biologie, de la socio-
biologie et de l'éthologie à l'étude de l'altruisme et de l'agression »
(J. Panksepp : La psychobiologie des comportements pro-sociaux ;
détresse de séparation, jeu et altruisme. — R. B. Cairns : Perspective
évolutionniste et développementale sur les formes d'agression. — J. You-
niss : Le développement de la réciprocité par l'intermédiaire de l'amitié.
— • F. F. Strayer et J. M. Noël : Les fonctions pro- et anti-sociales de
l'agression à l'école maternelle ; une étude éthologique du conflit tria-
dique chez les jeunes enfants). — ■ 2. « Développement, socialisation et
médiateurs de l'altruisme et de l'agression chez l'enfant » (E. Staub :
Une conception des déterminants et du développement de l'altruisme
et de l'agression : les motivations, le moi, le milieu. — E. M. Cummings
et al. : Organisation précoce de l'altruisme et de l'agression ; formes de
développement et différences individuelles. — S. Feshback et N. D. Fesh-
back : Agression, altruisme et personnalité. — J. E. Grusec et T. Dix :
Socialisation du comportement pro-social ; théorie et réalité. —
J. B. Reid : Formes d'interaction dans les familles d'enfants martyrs
et normaux. — R. F. Marcus : L'observation naturaliste de la coopé
ration, de l'aide et du partage ; leur liaison avec l'empathie et les affects.
— K. A. Dodge : Variables de traitement des informations sociales dans
le développement de l'altruisme et de l'agression chez les enfants).
G. de Montmollin.
Oison (J. M.), Herman (C. P.) et Zanna (M. P.) (Edit.). — Relative
deprivation and social comparison, The Ontario Symposium, avril 1983,
vol. 4, Hillsdale (nj), Lawrence Erlbaum, 1986, 259 p.
Zanna (M. P.), Oison (J. M.) et Herman (C. P.) (Edit.). — Social
influence, The Ontario Symposium, mai 1984, vol. 5, Hillsdale (nj),
Lawrence Erlbaum, 1987, 304 p.
Depuis 1978, à intervalles réguliers, des colloques thématiques ont
réuni des chercheurs nord-américains de pointe, travaillant dans un même
domaine de la psychologie sociale fondamentale : 1' « Ontario Sympo
sium sur la personnalité et la psychologie sociale » est devenu une sorte
d'institution et les rapports qui y sont présentés sont publiés dans la
collection du même nom. L'ouvrage de 1986 est le compte rendu du
IVe colloque qui s'est tenu en 1983 sur la privation relative et la compar
aison sociale et celui de 1987, le compte rendu du Ve qui a eu lieu
en 1984 sur l'influence sociale. La politique des organisateurs-éditeurs
est constante : faire le point des connaissances et des développements
récents dans le domaine considéré, en faisant appel à des auteurs qui
ont contribué à renouveler les concepts ou les données disponibles.
En dépit du but proclamé qui est de « dégager des centres d'intérêt
communs et d'intégrer les résultats des recherches », les chapitres sont Psychologie sociale 623
autant de points de vue individuels qui se suivent sans se répondre, selon
un processus d'accumulation qui semble bien être, malheureusement,
le lot des symposiums et de leur publication. Le lecteur soucieux de se
tenir au courant des recherches récentes sur des thèmes majeurs de la
psychologie sociale y trouvera cependant de quoi se satisfaire.
Les concepts de privation relative d'une part, et de comparaison
sociale d'autre part, ont, depuis le début des années 50, inspiré de
nombreuses recherches ; mais c'est l'originalité de l'ouvrage de poser que
les deux concepts sont en étroite relation, comme le montre le chapitre
de J. M. Oison et J. D. Hazlewood qui fait office d'introduction. Viennent
ensuite quatre chapitres théoriques, plus centrés sur la privation rela
tive — « Privation relative et explication : modèles et concepts »
(F. Crosby, P. Muehrer et G. Loewenstein) ; « Une théorie de la privation
relative en termes de cognitions de référence » (R. Folger) ; « Le ressen
timent devant la privation : Le mérite perçu et l'absence d'espoir comme
médiateurs de l'effet des qualifications » (J. M. Oison) ; « Les détermi
nants du bien-être subjectif » (M. Ross, A. Eyman et N. Kishchuk) ;
puis, trois chapitres plus centrés sur les processus de comparaison
sociale — « Les processus de comparaison dans la privation relative :
Une analyse en termes de développement au long de la vie » (J. Suis) ;
« La perception des catégories sociales et ses implications pour le pro
cessus de comparaison sociale » (M. L. Atkinson) ; « Fabriquer et ignorer
la réalité sociale : l'estimation autofavorisante du consensus » (G. R. Goe-
thals) ; les derniers chapitres traitent d'exemples d'application des deux
concepts à des situations naturelles et à des problèmes de société —
« Réponses à la discrimination perçue et privation relative » (K. L. Dion) ;
« Secret des salaires, comparaison sociale et privation relative dans les
organisations » (A. de Carufel) ; « Privation relative et protestation
sociale : La cause personnelle-collective » (L. Dubé et S. Guimond) ;
« La tolérance de l'injustice » (J. Martin).
Le titre du chapitre que A. E. Eagly a écrit en conclusion et com
mentaire final du second ouvrage, « Les recherches sur l'influence
sociale : Des approches nouvelles pour des problèmes de toujours »,
résume bien ce qui caractérise l'ensemble des rapports, qui s'inscrivent
à la fois dans la continuité et dans le renouvellement d'un chapitre
classique de la psychologie sociale. Onze chapitres, groupés de façon
assez lâche en deux parties, l'une sur la persuasion, l'autre sur la confor
mité, composent l'ouvrage : 1. « Un modèle heuristique de la persuasion »
(S. Chaiken) ; 2. « A l'affût des processus rudimentaires d'influence
sociale : une approche psychophysiologique » (J. T. Cacioppo et
R. E. Petty) ; 3. « Les processus cognitifs dans la formation, le change
ment et l'expression des attitudes » (S. J. Sherman) ; 4. « Une approche
fonctionnelle des attitudes et de la persuasion » (M. Snyder et K. G. De-
bono) ; 5. « La théorie de l'autoperception, maintenant » (R. H. Fazio) ;
6. « Effets des actions collectives sur les attitudes des individus membres

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