Psychologie sociale et religieuse - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 532-540

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 532-540
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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c) Psychologie sociale et religieuse
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 532-540.
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c) Psychologie sociale et religieuse. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 532-540.
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sans qu'on ait le droit de prévoir s'ils seront assez forts pour demeUref
une race pure, unie, ou s'ils se laisseront assimiler par les blancs.
J. M.
c) Psychologie sociale et religieuse 1 ■
760. - FLORA MAY FEARING et FRANKLIN FEARING. -.
The Present Status of Instruction in Social Psychology {Le Statut
actuel de la Psychologie sociale). — S. and S., XXXIII, 859, 1931,
p. 804-808.
Cet article est le résultat de l'étude comparée des programmes des
différentes écoles des Etats-Unis, à propos du cours de psychologie
sociale.
Malgré le développement rapide de cette science et la mise à jour
des applications nouvelles, ce cours reste d'une incohérence remar
quable. Il oscille entre les cours de psychologie et de sociologie aux
quels il se trouve étroitement lié. Des tableaux statistiques et une
longue liste documentaire nous montrent l'état actuel de la question
où un même cours est présenté très différemment suivant les écoles.
L. B.
761. — FR. SIMIAND. — Le Salaire, l'évolution sociale et la monn
aie. — 3 Vol. in-8° de 586, 620 et 152 pages, avec tableaux et di
agrammes. Paris, Alcan, 1932. Prix : 200 francs.
On est vraiment saisi de respect et d'admiration devant le monu
mental ouvrage édifié par S., qui fait grand honneur à l'école socio
logique française.
Masse énorme de documents recueillis, critiqués, classés, vigoureux
effort de pensée dominant, organisant, élaborant cette matière, qui
prend forme et vie, enfin admirable présentation, claire, lucide,
précise, avec des tables analytiques complètes, des illustrations par
diagrammes, un résumé net, présenté sous formes de plus en plus
condensées.
Entre les théoriciens aventureux qui n'emploient les faits que
comme arguments de plaidoirie, et les statisticiens myopes qui se
satisfont d'alignements de chiffres, S. donne une grande leçon de
méthode expérimentale, leçon qu'il ne laisse pas au lecteur le soin de
dégager de sa réalisation, mais qu'il expose, en philosophe, avec'
maîtrise.
Méthode cela peut surprendre, quand il s'agit de
questions économiques et sociales. Mais S. se charge de montrer
comment une élaboration de documents objectifs, alors même qu'on
ne possède pas le moyen de faire varier à son gré les facteurs en jeu,
peut fournir une voie de pénétration vraiment assimilable à la mé
thode expérimentale.
Qu'on nous permette de citer largement l'exposé condensé donné
par S. dans son avant-propos ; car il serait impossible de mieux
exprimer sa pensée ; il a fait lui-même le travail de présentation,
besogne ingrate, à laquelle les auteurs généralement répugnent, et
qu'ils font mal.
1. Voir aussi les n0" 6, 472. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 533
« Les conditions d'étude ici, assurément, diffèrent de celles dont
dispose la recherche dans les sciences de la valeur. Il s'agit donc
non pas de transporter ici tels quels les procédés de ces sciences,
mais de dégager de ces procédés Vobjectif qui est visé par leur emploi
en ces sciences, et de tendre ici à atteindre cet objectif, ou du moins
à en approcher le plus possible, par des procédés appropriés aux condi
tions de V étude économique.
« Partir des notions désirables et nous accommoder au mieux des
notions accessibles en fait ; reconnaître au juste ce que nous pouvons
et ce que nous ne pouvons pas saisir ; ne pas employer les données
au delà de ce qu'elles signifient, mais les utiliser exactement pour ce
qu'elles valent :
« Voilà, en quelques mots, les pratiques que nous avons essayé de
dégager et de suivre pour nous approcher le plus possible (et nous
permettre d'apprécier jusqu'à quel point) d'une constatation propre
ment scientifique ».
L'économiste ne peut réaliser une expérience de laboratoire. « Mais
si, comme nous le soutiendrons, l'essentiel de l'expérience est d'être
une disposition des faits d'où l'esprit de l'homme puisse tirer une
relation, il n'est pas indispensable que cette disposition résulte d'opé
rations matérielles et à la discrétion du savant ; elle peut se présenter
dans la réalité même, elle peut être obtenue par des opérations de
nature intellectuelle. »
En effet, on a considéré comme expérimentale la psychologie
pathologique où l'expérience est réalisée naturellement ; et un calcul
de corrélations (bien que S. n'en ait pas fait usage dans cet ouvrage)
représente l'équivalent d'une expérimentation.
Les précautions à prendre sont différentes de celles de l'expér
imentation de laboratoire, elles clairement énoncées : « Comment
ici saisir le phénomène se produisant (et non pas déjà produit), tel
qu'il se comporte et tout entier ; comment ici dégager les relations
possibles entre le fait étudié et tels et tels autres, trier entre les
dépendances, séparer les actions, traiter ce que l'on atteint ou retient
et ce que Von n'atteint pas ou ne retient pas, se garder du cas fortuit,
faire la reconnaissance et la part de toutes dépendances possibles ;
comment fixer le sens de la dépendance et la portée de l'explication :
Voilà ce que notre effort méthodologique majeur a recherché et tenté
de formuler, pour nous approcher d'une expérimentation proprement
dite. »
Sans entrer dans le détail de l'exposé méthodologique, qui tient
une grande place dans le premier volume, avec exposé des prin
cipes classiques et des regulae nouvelles, citons, dans ces dernières,
ce que S. appelle « phénoménoscopie effective, suivie et complète »
qui implique les recommandatations suivantes (T. I, p. 79) : « s'atta
cher à saisir des variations, des changements (et non des différences
d'état, et non des diversités), en donnant aux constatations conjointes
en succession la préférence sur les constatations en coexistence ; se
bien assurer qu'on atteint la variation telle qu'elle se comporte au
juste, en recherchant, lorsque le mouvement est complexe ou irré
gulier, des constatations non seulement successives, mais encore conti
nues (ou du moins d'une continuité relative appropriée) ; se bion ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 534
préoccuper de suivre ainsi le phénomène visé, depuis son début jus
qu'à son terme, déterminé de façon objective, et non pas arbitraire ou
conceptuelle ».
Le précepte suivant de 1' intégralité indépendante se formule
ainsi :
« L'étude expérimentale, en notre domaine, doit, avant tout, s'atta
cher à saisir un ensemble de faits indépendants, ou du moins aussi i
ndépendants que possible, ou du moins encore, dont les dépendances
aient été reconnues et aient pu être atteintes ou limitées, et, en même
temps s'astreindre à embrasser, d'abord, une totalité objectivement
constituée, une intégralité objectivement définie et existante par rapport
à V objet de l'étude. »
Ces préceptes, et bien d'autres encore, ne sont pas seulement
dégagés, énoncés, mais ils sont appliqués dans cette belle étude,
dont les résultats peuvent s'exprimer sous des formes particulières
d'allure assez paradoxale, en donnant à la découverte des mines
d'or, à la guerre de Sécession et à l'alcoolisme une influence pré
pondérante dans l'évolution du salaire en France, depuis la fin du
xviii6 siècle, qui constitue l'objet délimité du travail.
Les conclusions générales, qui comportent des données sur des
phénomènes sociaux en relation avec le salaire, comme le mouvement
général des prix avec ses oscillations cycliques, paraissent bien
d'ailleurs dépasser le cadre de l'étude et sont susceptibles d'extension.
Et les psychologues trouvent dans l'analyse approfondie des résul
tats cette intervention qu'on ne peut négliger de l'influence mentale
des processus sociaux et des réactions que provoque leur connais
sance. La monnaie est imprégnée de représentations.
La formulation abrégée et condensée au maximum de la théorie
expérimentale de l'auteur, représente cette théorie comme consistant
« à reconnaître comme le facteur de détermination et de variation
des faits majeurs de salaire (et de beaucoup d'autres encore) la psy
chologie sociale d'un « homo œconomicus » réel, produit de l'évolution,
successivement et différemment conditionné par les représentations
monétaires des biens et revenus, elles-mêmes successivement et diff
éremment réalisées ;
« A reconnaître comme étant la clé de commande de ces réalisa
tions ce qu'on pourrait appeler en bref un monétarisme social à
fluctuation imitatrice ;
« A trouver que les résultats des changements économiques
reconnus sont explicativement liés à ces antécédents par une
régularité qui paraît être généralisable et possiblement conditionnée en
raison. »
Les données de haute portée auxquelles aboutit ce magnifique
effort, montrent que l'auteur n'est pas resté enseveli sous la masse
de ses documents.
Si la théorie, comme dans toute science, doit être considérée
comme provisoire, la synthèse qu'elle apporte donne un solide appui
pour formuler des hypothèses nouvelles, chercher des vérifications,
et accroître le domaine des acquisitions de la science humaine,
psycho-sociale. H. P. ETHNIQUE ET SOCIALE 535 PSYCHOLOGIE
762. - A. RODIET et G. HEUYER. - La folie au XX* siècle.
Etude médico-sociale. — In-8° de 359 pages. Paris, Masson, 1931.
Prix : 40 francs.
Le problème qu'ont envisagé les auteurs est celui de l'évolution,
à Paris, de l'aliénation mentale, depuis la guerre, afin de déterminer
si le bouleversement social de la grande guerre a eu sur cette évolu
tion une influence.
Les recherches ont porté sur l'Infirmerie spéciale de la Préfecture de
Police, où sont groupés, avant internement, les déséquilibrés arrêtés
par les soins des commissaires de police de quartier, soit dans la rue,
soit à leur domicile.
Le nombre des entrées à l'Infirmerie spéciale a été le suivant, de
1913 à 1924 :
Année 1913 1014 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 1923 1924
Nombre... 2255 2189 2114 1901 1704 1634 1752 1935 1890 1885 2071 2056
La guerre a entraîné une diminution des entrées, portant sur les
hommes, non sur les femmes, parce que la mobilisation a entraîné
l'hospitalisation militaire d'un grand nombre de déséquilibrés. Après
la guerre le nombre relatif d'étrangers augmente, ce qui tient à
l'afflux, à Paris, d'un grand nombre d'individus de tous pays. Et il y
a aussi, plus de simulations.
Mais ce qui concerne Paris et l'infirmerie spéciale du Dépôt n'est
qu'un élément d'une étude qui, pour avoir valeur générale, devrait
être singulièrement étendue. En réalité, le livre vaut surtout comme
recueil d'observations cliniques (près d'une centaine) groupées sous
les rubriques des classifications anciennes qui n'apparaîtraient pas
comme devant être essentiellement modifiées.
Les conclusions générales, d'ailleurs prudentes, représentent une
impression des auteurs, beaucoup plus qu'une résultante logique des
faits observés : « II ne serait pas plus légitime, disent R. et H.,
d'affirmer que la guerre a déterminé des psychoses d'un nouveau
genre, qu'il ne serait vrai de penser que son influence a été nulle
sur l'éclosion des troubles mentaux. » H. P.
763. — H. VORWAHL. — Zur Psychologie der politischen Jugend
(La psychologie de la jeunesse politique). — Z. für päd. Ps., XXXII,
12,1931, p. 558-561.
La jeunesse allemande est fortement imprégnée de tendances
politiques et plus de la moitié des élèves des grandes classes font
partie de groupements politiques, notamment du parti de Hitler.
L'atmosphère de la classe est chargée de passions politiques qui
ne s'arrêtent pas devant la haine, la dénonciation des maîtres sus
pects et la lutte ouverte entre les partis différents. D. W.
764. — T. WOODY. — Neue Menschen ? {De nouveaux hommes ?). —
Viertel] f. Jug., 1, 1931, p. 11-24.
Le pédagogue américain rapporte ici ses impressions de Russie ;
il se demande, en présence des changements rapides et profonds sur
venus dans la mentalité russe sous l'influence d'un dressage systéma- 536 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tique et énergique, s'il s'agit vraiment d'hommes nouveaux ; il ana
lyse les douze éléments de cette mentalité : croyance à la dictature
du prolétariat ; esprit de lutte et de propagande ; sentiment de classe
survivant aux classes elles-mêmes ; sentiment de la valeur du travail ;
culte de la science ; altruisme ; passion de la politique ; croyance au
collectivisme ; internationalisme ; religion de la santé physique ;
égalité absolue des deux sexes. P. G.
765. — J. HIRSCH. — Magische und magizistische Bindungen des
erwachsenen Kulturmenschen (Les entraves magiques et semi-
magiques chez l'homme adulte civilisé). — Z. für ang. Ps., XXXIX,
6, 1931, p. 450-490.
Dans l'explication de la mentalité primitive, on a tendance à trop
insister sur la pensée prélogique et pas assez sur l'attitude rationnelle
qui se traduit par les adaptations techniques souvent très parfaites
chez les primitifs.
Les incantations et formules magiques ne dispensent pas les primit
ifs du lac Tanganika de construire leurs hauts-fourneaux suivant
des règles précises et rationnelles. Faut-il supposer alors, qu'ils
attachent de l'importance à l'un de ces deux éléments ou à leur i
nteraction ?
Mais chez l'homme moderne, on trouve les mêmes attitudes con
tradictoires. L'automobiliste qui suspendra une amulette dans sa
voiture, même s'il croit réellement à sa mascotte (ce qui est plus fr
équent qu'on ne le pense) ne se dispense pas de s'assurer, avant le
départ, du bon fonctionnement de son moteur.
Des croyances magiques de cet ordre sont encore fréquentes,
bien que refoulées parce que considérées comme un signe d'arrié
ration.
On pourrait supposer, dès lors, que l'attitude contradictoire des
primitifs se rapproche un peu de la nôtre à cet égard. L'A. signale
que, chez les primitifs aussi, des différences individuelles existent
dans cet attachement aux croyances magiques : ainsi, malgré la
croyance répandue sur le danger que comporte la prise d'un portrait
ou d'une photographie, bien des primitifs se sont laissés photograp
hier.
De nombreuses pratiques qui sont maintenues à l'heure actuelle
ouvertement parce que ramenées à des raisons d'hygiène (par
exemple, le dégoût devant les restes de la nourriture d'autrui) r
emontent en réalité à des tabous et sont considérées par l'A. comme
des croyances semi-magiques. D. W.
766. - W. N. KELLOGG et B. M. EAGLESON. - The growth of
social perception in different racial groups (Le développement de la
perception sociale dans différentes races). — J. of ed. Ps., XXII, 5,
1931, p. 367-375.
Le degré de « perception sociale » chez les enfants nègres a été
déterminé, comme l'avait fait Gates pour les blancs, par l'interpréta
tion de six physionomies de la série des émotions de Ruckmick.
Bien que les photographies représentassent une femme blanche, les
résultats obtenus pour les nègres, d'année en année, sont tout à fait PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 537
comparables à ceux des enfants blancs. Les filles ont été presque
constamment supérieures aux garçons. A. B.-F.
767. — J. P. GUILFORD. — Racial preferences of a thousand
american university students (Préférences d'un millier d'étudiants
américains vis-à-vis des races). — J. of Soc. Ps., II, 2, 1931, p. 179-
203.
Entreprise dans le but de déterminer la valeur des « combinaisons
par paire », comme méthode d'appréciation des attitudes interrac
iales, méthode utilisée par Thurstone dans ce sens, — cette recherche
permit d'approfondir davantage la question, grâce au nombre im
portant des sujets : 1.100 étudiants des diverses universités, et à la
constance de leurs réponses.
Une liste de 21 nationalités groupées entre elles 2 à 2 est présentée
à chaque sujet qui indique, dans chaque paire, celle qu'il admettrait
le plus volontiers dans son pays. Les résultats obtenus indiquent
une relation très étroite entre les opinions exprimées par les étu
diants des différentes régions sur les races proposées ; d'autre part,
on note un rapport inverse entre la variabilité des réponses et le degré
de sympathie accordé à ces races.
Le facteur déterminant des préférences indiquées par chaque sujet
paraît être la nationalité de ses ascendants, tandis que l'entourage
est sans influence. Il existe une corrélation positive entre les sympat
hies ainsi exprimées et les contingents d'immigration de 1929 et 1930.
J. M.
768. — F. REGNAULT. — Les superstitions médicales aux en
virons de Paris. — î^at., n° 2.856, 1er mai 1931, p. 406-409.
Dans une série de villages d'Eure-et-Loir, on attache des rubans
aux statues de la Vierge ou des Saints, ou bien on les pique d'épingles :
la manœuvre a pour but de lier la maladie à la statue ou de la fixer
en la piquant. La même superstition s'applique aux menhirs, aux
pierres levées. Quelquefois, il s'agit là d'intuition homéopathique :
saint Roch, qui montre un bubon pesteux à la racine de la cuisse, est le
patron des pestiférés, sainte Agathe, à qui furent arrachés les seins,
en guérit les maux. D'autres fois, une homonymie ou une assonance
suffit pour faire attribuer à un saint le pouvoir de guérir une maladie :
saint Loup est invoqué pour la rage, saint Ouen pour les maux
d'ouïe, saint Aignan pour la teigne, saint Cloud, pour les furoncles,
saint Etanche, pour les hémorragies, Acaire, pour adoucir les
gens acariâtres. Toutes ces pratiques de transfert répondent à la
croyance que la maladie est un être réel, existant par lui-même. On
peut donc s'en délivrer en l'enchaînant, en l'empêchant de revenir à la
charge. Ainsi, un paysan qui a mal aux dents, transfère ce mal à un
saule en enlevant quelques fibres de bois qu'il enfonce dans sa gencive
et qu'il remet ensuite en place en les recouvrant de l'écorce. Le
goutteux, prend des rognures d'ongles de ses pieds et des poils de ses
jambes, les fourre au fond d'un trou qu'il a percé dans le tronc d'un
chêne, bouche ce trou avec une cheville de même bois et recouvre
avec de la bouse de vache.
Ces pratiques semblent être à l'origine du cataplasme, des ven- 538 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
touses : ces remèdes enlèvent le mal du corps, s'en emparent. Chez
quelques populations, elles ont conduit à des opérations de transfert
sur un être vivant, animal ou même homme, qui devient le bouc
émissaire. En Beauce, elles tendent à se spiritualiser : dans certains
cas, il suffit de prononcer le nom de la maladie et de lier ce nom,
substitut de la chose, au saint. Le saint retiendra la maladie.
I. M.
769. — TH, HELLER. — IJeber dissoziale Artung Jugendlichen
(Sur l'attitude asociale des adolescents). — Viertelj. f. Jug., I, 4,
p. 234-247.
La transformation psychique de la puberté se traduit souvent
par une adaptation défectueuse des jeunes gens à la vie sociale et à
ses exigences, qui joue un rôle important dans l'étiologie de certaines
formes de délinquence. H. en rapporte avec détail trois exemples.
Quel que soit le rôle des prédispositions individuelles anormales, il
lui semble que les circonstances défavorables de l'atmosphère morale
ont joué un rôle décisif dans ces crises, qui ont évolué ensuite d'une
façon satisfaisante sous l'influence d'un changement de milieu.
P. G.
770. — R. GROS. — Vierte Sondertagung für internationale Erzie
hungsfragen in Genf (Le quatrième congrès pour les questions d'édu
cation internationale à Genève). — Viertelj. f. Jug., I, 4, p. 259-262.
Rendant compte du congrès de Genève. G. résume avec sympathie
les communications faites sur la question de l'éducation de l'esprit
international, notamment celles des professeurs Piaget et Bovet, et
conclut que l'effort à réaliser est bien plus grand pour les peuples
chargés d'un lourd passé de traditions nationalistes. P. G.
771. - H. v. HENTING. - Zur Psychologie der Gefangenen (Con
tribution à la Psychologie des Prisonniers) . — R. HERBERTZ. —
Seelenleben der Strafgefangenen ( Vie psychique des prisonniers
pénaux). — Schweizerische Zeitschrift für Strafrecht, XLIV, 1930,
p. 452-474 et p. 36-48.
Dans la revue suisse consacrée au droit pénal, le point de vue psy
chologique a inspiré quelques études. La première envisage le pro
blème général des effets de la claustration qui s'oppose à la satisfac
tion des principales tendances, à la liberté et au mouvement, à la vie
en communauté, et à la satisfaction sexuelle, et souligne le danger
pour le retour à la vie en société de la constitution d'un univers ima-
ginatif. La seconde se base sur des questions posées à nombre de
prisonniers, et met en évidence le développement de l'égocentrisme
(surtout chez les condamnés à vie), avec inadaptation au monde
extérieur. Dans les trois formes de comportement des prisonniers,
on trouve la résignation, la déception et enfin l'évasion dans un
monde purement imaginaire. HP.
772. — R. PEARL. — Some notes on the census of religious bodies,
1926 (Quelques notes sur le recensement des groupes religieux en 1926).
— J. of Soc. Ps.; II, 4, 1931, p. 417-432.
Des statistiques fournies par le Bureau de recensement, il résulte PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 539
que la fréquentation religieuse se serait accrue au cours des dix
années précédentes (1916-1926). Cette augmentation, proportionnelle
ment supérieure à celle du nombre des habitants, n'est pas homogène
sur tout le territoire, elle est plus intense dans les états les moins
cultivés où les sectes ont un dogme étroit, rigide ; elle est beaucoup
plus faible, même nulle et dans certain cas, il y a régression, dans les
régions lettrées où le culte est de forme libérale.
D'autre part, une enquête sur la fréquentation des caisses d'épargne,
cinémas, l'achat de cartes à jouer, de cigarettes, de postes de radio,
d'automobiles, montre que ces moyens de divertissement se déve
loppent avec plus de force que la participation aux différents cultes :
J. M.
773. — A. GALLI. — Saggio-sull analisi psicologica dell'atto di fede
in S. Agostino (Essai sur Vanalyse psychologique de V Acte de Foi
chez saint Augustin). — Riv. di Filosofia Neoscolastica, XXIII,
Sept. 1931. Extrait, 40 pages.
L'auteur, qui souligne la valeur des écrits de saint Augustin pour
la psychologie religieuse — qui les a déjà largement utilisés —
s'efforce de montrer que dans la diversité de ses nuances, saint Au
gustin, s'il présente l'âme « dans sa lutte tragique pour la conquête
de la foi », fournit en réalité les mêmes éléments que la froide analyse
de saint Thomas d'Aquin a dégagés, avec jeu réciproque et connexe
de la volonté, de l'intelligence et du sentiment. H. P.
774. — K. BETH. — Psychopathologie und Religionspsychologie. —
A. f. ges. Ps., LXXX, 1-2, 1931, p. 89-119.
Les modifications dans les manifestations du sentiment religieux
constituent un signe fréquent de la pathologie mentale. Dans cette
conférence, faite au congrès des Psychologues et des Psychopatho-
logues à Vienne, le 10 juin 1930, l'auteur fait remarquer la difficulté
d'une limitation précise des manifestations normales et patholo
giques du sentiment religieux, la psychologie de ce sentiment n'étant
pas encore suffisamment étudiée. Une collaboration étroite entre les
psychologues et les psychiatres dans l'étude des cas morbides d'une
part et des personnes bien portantes, présentant le sentiment rel
igieux bien développé, de l'autre, serait indispensable pour combler
cette lacune.
L'auteur consacre une grande partie de son article à la description
du sentiment religieux normal. Il considère la personnalité humaine,
constituée par un moi spirituel et un moi charnel, le moi spirituel
étant à la base du sentiment religieux. L'auteur met en garde, contre
l'exagération de considérer comme pathologique toute expression
intense du sentiment religieux. L'extase, les visions, les voix enten
dues, peuvent ne pas être pathologiques, si ces manifestations cons
tituent une partie intégrale de la personnalité. La pathologie com
mence, là où il y a un conflit entre les deux Moi de la personnalité,
et là où le sentiment religieux constitue un noyau étranger à la per
sonnalité. Un examen psychologique attentif s'impose donc dans
chaque cas particulier. B. N. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 540
775. — KEITH SWARD. — Temperament and religious experience
(Le temperament et l 'expérience religieuse). — J. of Soc. Ps., II, 3,
1931, p. 374-397.
Comparant des étudiants de séminaires catholiques à 2.000 univers
itaires et hommes d'affaires, S. trouve chez les premiers une ten
dance très nette à l'introversion et au sentiment d'infériorité. Cette
étude faite au moyen des échelles Heidbreder, indique une influence
de l'âge au point de vue du complexe d'infériorité, les séminaristes,
les plus jeunes, étant les plus sujets à cette attitude ; mais l'intr
oversion ne paraît pas avoir de rapport avec l'âge.
Un examen détaillé des réponses semble bien indiquer des ten
dances individuelles et non une forme de comportement stéréotypé
en vogue dans les écoles confessionnelles. Ces résultats confirment
ceux obtenus précédemment par James et Leuba, dans leurs études
des saints et personnalités religieuses. J. M.
d) Esthétique, Ethique, Logique et Linguistique comparées 1.
776. - C. SCHUWER. - Sur la signification de l'art primitif. - J.
de Ps., XVIII, 1931, p. 120-162.
On trouvera, dans cette étude, un abondant recueil de faits et
d'argumentations à l'appui de la thèse que, chez les primitifs, les
divers arts ont un rôle magique ou religieux, et plus généralement
utilitaire. Mais il n'en résulte nullement, croyons-nous, que l'art
n'ait eu chez les primitifs que cette destination et que, même à le
supposer né de la magie, il ne soit jamais parvenu chez eux à s'en
détacher pour satisfaire à des tendances proprement esthétiques,
sans doute multiples et confuses, mais désintéressées. Cette nouvelle
thèse repose sur une certaine conception de la mentalité primitive
qui, à son tour, ne se justifie que par le rôle attribué à l'art, c'est-à-
dire par un cercle vicieux. La sociologie et l'ethnographie ont, selon
nous, à se garder de deux écueils : l'un de croire à l'homogénéité de la
mentalité de tous les primitifs pour l'opposer en bloc à celle des
civilisés considérée également comme homogène ; l'autre de prendre
non seulement comme hypothèse de travail, mais comme principe
indiscutable, le postulat constamment démenti par les faits que les
mêmes effets résultent toujours des mêmes causes. G. -H. L.
777. - ANTON SPRINGER. - Kunstgeschichte. VI. Die ausser-
europäische Kunst (Histoire de l'art. VI. L'art, extraeuropéen). —
Vol. in-4° de IX-732 p., avec 812 fig. et 16 pi. en couleurs, Alfred
Kroner, Leipzig, 1929. Prix : 40 Mark broché.
On a fini par s'apercevoir qu'il était arbitraire de limiter le domaine
de l'art à l'Europe et à l'antiquité classique, que les manifestations
artistiques de tous les temps et tous les pays y avaient droit de cité,
et qu'une histoire générale de l'art ne pouvait se désintéresser des
arts préhistoriques et exotiques. C'est à ces derniers qu'est consacré
le présent ouvrage. L'ampleur et la variété de son contenu rendent
tout résumé impossible. Nous devons nous borner à en énumérer
1. Voir aussi les nos 55, 453, 1638.

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