Psychologie sociale et religieuse - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 513-530

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 513-530
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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c) Psychologie sociale et religieuse
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 513-530.
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c) Psychologie sociale et religieuse. In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 513-530.
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funéraires et dans le culte des morts, qui est au centre de la vie
familiale en Chine. G.-H. L.
735. — E. M. LOEB et G. TOFFELMIER. — Kin marriage and
exogamy (Mariages consanguins et exogamies). — J. of gen. Ps.,
XX, 1939, p. 181-228.
On trouvera ici, devant servir de point de départ à l'étude de
l'organisation sociale de certaines tribus mélanésiennes, une impor
tante documentation relative à l'inceste avec effort fait pour chercher
la base psychologique commune à diverses manifestations de ce type
et essai d'analyse des sanctions à mesure que l'organisation sociale
évolue dans le cas où divers groupes patriarcaux, par exemple, se
rallient en un clan sous un même totem. I. L.
736. — B. W. AGINSKY. — Psychopathie trends in culture (Ten
dances psychopathiques dans les civilisations). — Char, and Pers.,
VII, 1939, p. 331-343.
Prenons pour exemple les caractéristiques culturelles de la peu
plade primitive des Indiens Porno, et notons-en les tendances
anxieuses, dionysiaques ou appoliniennes ; la notion de normalité
dépend, dans le groupe, de l'adhésion à la conduite traditionnelle ;
est anormal ce qui implique non-participation. On voit donc comment
certaines civilisations dites primitives ont pu se stabiliser dans un
état de mégalomanie et de paranoïa permanentes. I. L.
737. — A. IRVING HALLOWELL. — Sin, Sex and Sickness in
Saulteaux belief (Péché, sexe et maladie dans la croyance des
Saulteaux).—Br. J. of Med. Ps., XVIII, 2, 1939, p. 191-197.
L'A. qui a étudié les mœurs des Saulteaux, peuplade indienne
du Lac Winnipeg, rapporte une quinzaine d'observations où il appar
aît que la transgression des interdictions sexuelles entraîne une
tension psychique pathogène. La confession se révèle dans tous ces
cas comme la seule thérapeutique qui soit efficace. R. Z.
c) Psychologie sociale et religieuse
738. — GARDNER MURPHY. — The research task of social
psychology (La tâche de la recherche en psychologie sociale). —
J. of soc. Ps., X, 1, 1939, p. 107-120.
L'A. définit la tâche qui s'impose aux sociopsychologues et
insiste sur l'importance et l'urgence de l'œuvre à accomplir en
Amérique.
Il faut, dit-il, qu'un grand effort soit fourni par des psychologues
entraînés à l'étude des problèmes sociaux — mais cet entraînement
est généralement insuffisant. Des modifications de l'ordre social sont
imminentes, que la psychologie doit être à même de prévoir pour les
4iriger. Des conflits d'intérêts naîtront, l'action déchaînée provoquera
une réaction violente qu'il faut dominer, diriger par une éducation
convenable du peuple, etc.
Il propose l'étude immédiate de 3 problèmes : 1° les tendances
actives fondamentales de l'homme, et l'analyse systématique des
l'année psychologique, xl 33 514 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
différences individuelles ; 2° le degré de plasticité de l'être humain r
la définition de types d'après les. capacités d'adaptation à différents
systèmes sociaux ; 3° la structure des valeurs et attitudes dans
l'organisme individuel.
Il indique les étapes franchies par divers auteurs, l'aide qu'ils
ont apportée dans la résolution du problème, et ce qui reste à faire,
J. M.
739. — KARL MARBE. — Neue Untersuchungen zur Psychologie,.
Statistik und Biologie (Nouvelles recherches sur la Psychologie, la
Statistique et la Biologie). — In-8° de 98 pages. Leipzig, Becker
& Erler, Akademische Verlagsgesellschaft, 1940.
M. montre que les données statistiques peuvent indiquer des faits
apparents dont la signification se trouve dans certains facteurs
psychologiques responsables.
Par exemple le nombre de naissances se répartit suivant les jours
de la semaine d'une manière systématique, comme le montrent des
relevés de villes et de pays différents à différentes époques : il y a
un minimum le mardi, un maximum le dimanche et le jeudi.
De même il y a des inégalités suivant les jours des mois, avec un
minimum absolu le 31 décembre, un maximum absolu le 1er janvier.
Il y a là une interprétation purement psychologique : des préfé
rences se manifestent influençant le moment choisi pour les décla
rations de naissances.
Plus biologique, mais psychologique encore est l'interprétation
donnée par M. du fait qu'on observe une proportion un peu plus forte
de naissances mâles dans les années de guerre. Dans ces époques, où
il y a moins de cohabitation, les avortements sont moins nombreux ;
or dans les naissances abortives il y a une plus forte proportion de
mâles, qui se trouvent ainsi exclus.
Moins d'avortements favorise donc la proportion des garçons
dans le total des naissances d'enfants. H. P.
740. — L. S. PENROSE. — Intelligence and birth rate (Intelligence
et natalité). — Occ. Ps., XIII, 2, p. 110-125.
La population d'un pays peut s'altérer de deux façons : il peut y
avoir accroissement ou diminution, 1° du nombre total ; 2° d'une
section de la population par rapport à une autre. L'auteur étudie les:
conséquences, pour le niveau d'intelligence de la communauté, de
chacune de ces deux altérations. Un taux général des naissances
décroissant s'accompagne d'une plus grande proportion de premiers
nés et d'un âge maternel plus prolongé ; or le nombre des malformat
ions et des idiots est plus élevé chez les premiers nés que chez les.
enfants suivants (jusqu'au 5e rang), et d'autre part l'âge de la mère a
un effet direct sur les anomalies fœtales, surtout dans le cas du
mongolisme où il est considéré comme le facteur déterminant.
En ce qui concerne les effets de la deuxième altération, la seule
méthode possible est, soit d'estimer directement par des tests l'intell
igence des parents et des grands-parents d'une part et leur fécondité-
de l'autre, soit d'estimer indirectement l'intelligence des différents
groupes professionnels et de voir quelle relation il y a entre le niveau PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 515
mental de chaque groupe et sa fécondité. L'auteur ne partage pas
entièrement sur ce point les vues pessimistes de R. B. Cattell (qui
conclut que la relation inverse et constante entre l'intelligence et la
fécondité conduit rapidement — du moins pour l'Angleterre — à une
détérioration grave du niveau mental de la communauté (cf. Année
Psychologique, 1937, n° 569), car il y a une grande diminution du
taux des naissances chez les parents atteignant le niveau de l'im
bécillité ; et pour les Q. I. inférieurs à 80 la fécondité est le quart de
la fécondité normale ; mais à l'exception des classes extrêmes, il
est cependant vrai que le taux des naissances diminue régulièrement
à mesure qu'on s'élève des métiers non spécialisés (manœuvres) aux
professions supérieures, en passant par les degrés intermédiaires.
Sutherland et Thomson trouvent de même, chez les écoliers, une
relation négative entre le nombre des frères et sœurs et les Tésultats
dans des tests d'intelligence ; Norman et Griffith vont jusqu'à
trouver une corrélation négative significative. Cependant la situation
n'est pas aussi désespérée que R. B. Cattell et les auteurs ci-dessus le
font croire, car 1° les causes de la stérilité relative des classes intell
igentes sont sociales et psychologiques, donc ne sont pas sans remède ;
2° il ne faut pas négliger l'influence améliorante du milieu ; 3° les
conclusions de Cattell, qui place la plus grande fécondité à un
Q. I. inférieur à 80, sont contredites par les résultats de l'auteur, qui
estime qu'elle se place plutôt non loin de 90. En somme, au lieu de
conclure qu'il y a un lien inverse nécessaire et fatal entre la fécondité
et l'intelligence il serait plus juste de dire que le niveau d'intelligence
de la communauté tend à se déplacer vers le point où la fécondité est
la plus grande, ce déplacement ne signifiant pas nécessairement un
abaissement. C. N.
741. — A. FRANCHINI. — Considerazioni statistiehe e medieo-
legali SUl SUicidio a Genova (Considérations statistiques et médico-
légales sur le suicide à Gènes). — Riv. sp. di Fr., LXIII, 1, 1939,
p. 125-159.
L'auteur a relevé, d'après les archives municipales, les suicides
enregistrés pendant 4 années (1934-1937) à Gènes, soit 647, dont
290 tentatives n'ayant pas abouti à la mort. Il donne la répartition
des moyens utilisés dans les deux sexes, et suivant les âges, ainsi que
le pourcentage de réussite pour chacun d'eux, l'indication des
substances toxiques — très variées — choisies, la courbe mensuelle,
dont les irrégularités ne paraissent pas significatives, etc.
Dans 189 cas, soit 27 %, il y avait des indications nettes d'un état
psychopathique (allant souvent jusqu'à l'aliénation mentale).
La cause du suicide ou de la tentative a été connue dans 606 cas ;
elle est indiquée, avec la répartition par âge. On trouve, 100 cas,
des chagrins d'amour, dans 112 des raisons économiques, la misère,
dans 86 des souffrances ou maladies, dans 43 des préoccupations
financières, des pertes de jeu, dans 37 de graves soucis familiaux,
dans 11 des raisons d'honneur, 19 de futiles prétextes, dans 19 le
dégoût de la vie, et dans 169 enfin, des causes purement patholo
giques, souvent délirantes.
Jusqu'à 30 ans les suicides manques sont plus nombreux que les 516 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
suicides réussis. Ensuite c'est l'inverse, après urce égalité de nombre
entre 30 et 40 ans. Le nombre maximum, au total, est atteint de 22 à
30 ans, et ne cesse de décroître ensuite.
L'auteur pense que l'examen des faits conduit à donner beaucoup
plus d'importance au facteur biologique qu'au facteur social dans la
genèse du suicide. H. P.
742. — J. W. DUNLAP et ABRAHAM KROLL. — Observations
On the methodology in attitudes scales (Observations sur la métho
dologie des échelles d'attitudes). — J. of soc. Ps., X, 4, 1939,
p. 475-488.
Les échelles d'attitudes sont constituées généralement par des
groupes de propositions se rapportant à un même sujet et exprimant
soit l'adhésion, à des degrés divers, soit l'opposition. Le candidat
souligne l'expression qui est le mieux en accord avec ses propres
sentiments ; ou, suivant une consigne légèrement différente, il
indique, par ordre de préférence, les propositions qui lui conviennent.
Ces propositions lui sont présentées en séries ordonnées du plus haut
degré d'approbation au rejet le plus formel, ou en désordre, comme
rassemblées au hasard.
Des échantillons de ces différentes méthodes furent soumis à des
groupes d'étudiants américains (d'origine italienne ou nègre) à
propos de leur opinion au sujet de la guerre.
L'analyse des résultats indique que le mode de présentation,
ordonnée ou au hasard, est sans influence sur l'expression d'attitude
des individus : moyenne, écart étalon et coefficients de corrélation
mesurant le degré de fidélité ne sont aucunement affectés par l'emploi
de l'une ou l'autre méthode — qui peuvent être préférées pour des
raisons pratiques telles qu'une plus grande facilité de correction,
dans le cas de série ordonnée.
La technique du choix des trois propositions préférées est de
moindre valeur à ces différents égards : stabilité des résultats, diff
érenciation des réponses.
Les deux échelles utilisées au cours de cette étude : échelle
d'attitude vis-à-vis de la guerre, de Peterson-Thurstone, et généralisée, de Kelley-Remmers, n'eurent entre elles
qu'une faible corrélation, r — 0,28 ; la dernière s'est montrée légèr
ement plus fidèle dans le cas d'étudiants de « high-school ».
J. M.
743. — E. NELSON. — Attitudes. I. Their nature and development
(Attitudes. I. Leur nature et leur développement) . — J. of gen. Ps.,
XXI, 1939, p. 367-399. — II. Social attitudes (II. Attitudes
sociales). — J. of gen. Ps., XXI, 1939, p. 401-416. — HI. Their
measurement (III. Leurs mesures). — J. of gen. Ps., XXI, 1939,
p. 417-436.
Après avoir examiné une trentaine de thèses dont celles de
Symonds, Katz, Allport, l'A. s'arrête à la définition suivante : on
entend par attitude une disposition ressentie, née de l'intégration
de l'expérience et des tendances innées, disposition qui modifie les
réponses aux stimuli psychologiques et qui se distingue des réflexes, PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 517
des tendances innées et des opinions. Il montre ensuite à la lumière
de ces diverses théories comment se forment et se développent les
attitudes sous l'influence d'acquisitions intellectuelles nouvelles de
toute sorte, en consacrant une rubrique spéciale au rôle psychologique
de la propagande.
Les attitudes sociales sont ensuite groupées en catégories concer
nant l'idéal personnel, les croyances politiques et les réactions
religieuses et raciales.
Quelques règles sont proposées pour établir des échelles de
mesures cohérentes, en citant les travaux les plus célèbres d'Allport
et Caldwell. Suivent enfin 183 références bibliographiques.
I. L.
744. — L. W. FERGUSON. — Primary social attitudes (Attitudes
sociales primaires). — J. of Ps., VIII, 1939, p. 217-223.
L'A. groupe les questionnaires élaborés par Chave, Katz, Peterson,
Rosander, Thiele, Thurstone, Carlson, etc., pour l'étude des attitudes
sociales et les applique à 185 étudiants ; on peut isoler ainsi deux
facteurs généraux indépendants, l'un caractéristique d'une attitude
particulière envers la réalité de Dieu, les problèmes de l'évolution, et
la question du contrôle des naissances, l'autre montrant un lien entre
les attitudes envers la criminalité,- la peine de mort, et la guerre, — la
mise en relief de ces parentés facilitera une construction de question
naire permettant une mesure directe et adéquate des facteurs
sous-jacents. I. L.
745. — H. W. WRIGHT. — The psychology of social culture (Psychol
ogie de la culture sociale). — Am. J. of Ps., LU, 2, 1939, p. 210-
226.
Il ne suffit pas de dire que les institutions culturelles sont les
traductions de certaines attitudes, résultats d'efforts d'adaptation à
certaines conditions de vie en commun ; l'analyse psychologique doit
prendre ces manifestations culturelles à leur origine pour étudier
l'action réciproque de l'individu et de la société ; car les réalisations
dans le domaine de la connaissance, de l'art et de la pratique s'or
ganisent pour répondre à un besoin organique ou économique en
suivant de très près le rythme des impulsions humaines dans le cadre
que leur créent les activités biologiques et sociales du langage, les
expressions émotionnelles et plastiques et l'enchaînement même des
réponses neuro-musculaires. I. L.
746. — C. R. PACE. — A situations' test to measure social-political-
economic attitudes (Un test de situations pour mesurer les attitudes
socio-politico-économiques ). — J. of soc. Ps., X, 3, 1939, p. 331-344.
L'insuffisance des tests d'attitude habituellement employés fait
l'objet d'une première partie critique de ce travail.
La suite est consacrée à la description d'une nouvelle méthode
proposée par l'A. : « Situation-response Survey. »
Les candidats sont priés d'indiquer ce qu'ils feraient dans telle
situation — présentée de manière concrète et détaillée. Leur choix
peut aller de la coopération active à l'opposition — éventuellement, 518 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'abstention est admise. Chaque situation a un caractère spécifique
et aucune d'elles ne paraît par elle-même révélatrice d'une attitude
générale. De cette manière, indirecte, l'A. espère obtenir un indice
valable de l'attitude de chaque sujet.
Présentée à un groupe important d'étudiants dont la plupart
étaient connus comme membres actifs de groupements socialistes,
communistes ou de partis conservateurs, cette liste a donné des
résultats intéressants : sur 37 articles prévus, plus de 30 ont pu être
admis définitivement comme ayant une réelle valeur statistique, tant
au point de vue de la validité que de la fidélité. J. M.
747. — L. D. WHISLER et H. H. ÏIEMMERS. — Liberalism,
optimism and group morale : a study of student attitudes (Libéra
lisme, optimisme et de groupe : étude des chez des
étudiants). — J. of Soc. Ps., IX, 4, 1938, p. 451-467.
Les tests suivants furent employés : échelle d'attitudes sociales
de Harper, échelle d'Optimisme-Pessimisme de Chant et Myers,
échelle de Whistler et Remmers pour mesurer la morale d'un groupe,
plus un questionnaire d'opinions sur les tendances sociales aux
U. S. A. Il s'agissait de comparer les premiers Américains avec ceux
d'aujourd'hui et de demain. Les sujets étaient 150 étudiants et
149 étudiantes. Les premiers Américains obtinrent un score à peine ,
inférieur à celui des Américains d'aujourd'hui, les Américains
d'avant-guerre un score nettement plus bas, et les dans
30 ans un score bien plus élevé. La vie est considérée comme
« assez satisfaisante » par l'étudiant moyen. Les étudiants sont d'avis
qu'ils sont plus heureux que leurs parents. Il y a une relation posi
tive entre le libéralisme et l'intelligence (0,32). C. N.
748. — EVELYN RASKIN et STUART W. COOK. — A further
investigation on the measurement of attitude toward fascism
(Autre recherche sur la mesure de Vattitude envers le fascisme). —
J. of Soc. Ps., IX, 2, 1938, p. 201-205.
d' « Application Opinions sur de la crise l'échelle » (afin de d'éviter Stagner des appelée réponses du émotionnelles nom déguisé ou
stéréotypées) mais en réalité destinée à mesurer les attitudes envers
le Fascisme. Elle comprend 35 propositions choisies parmi les auteurs
représentatifs sur la question et typiques de la doctrine. Afin de
tester sa validité elle fut appliquée à des groupes idéologiquement
opposés au Fascisme, "tels que communistes et socialistes, et aussi à
d'autres groupes politiques : Républicains, Démocrates, Parti
ouvrier-paysan. Une comparaison des moyennes montre que les
valeurs les plus négatives se rencontrent dans les groupes les plus
opposés à l'idéologie fasciste, la valeur positive la plus élevée chez les
Républicains; Les extrémistes anti- Fascistes sont également ceux
qui ont la plus grande consistance dans leur attitude (a = 4,3 et 5,5) ;
les autres groupes ont au contraire une grande dispersion (c = 9,1
à 10,7). Une comparaison de différents groupes professionnels montre
qu'aucun ne se montre nettement pro ou anti-Fasciste. Cependant
les étudiants en sociologie sont plus nettement anti-Fascistes que 1 33 PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 519
infirmières, les étudiants en théologie et en instruction générale.
L'existence de réponses émotionnelles et stéréotypées à l'étiquette
■« Fascisme » est mise en évidence par la discordance entre des résul
tats (fascistes) élevés dans le test et la réponse à la 19e proposition :
■« Le fascisme est la forme de gouvernement la plus capable de
résoudre nos problèmes nationaux » : des 33 sujets obtenant un score
général de +15 à +31, seulement deux souscrivaient à cette
proposition. Il y a donc des individus qui approuvent les idées
fondamentales du fascisme mais rejettent sa définition verbale.
Cette constatation est en accord avec les conclusions de Allport,
Hartmann et Menefee, qui trouvèrent de nombreux individus
réagissant à des noms de partis d'une manière qui n'était pas consis
tante avec leur attitude politique vraie mesurée par leur approbation
pour l'idéologie de ces partis. Ce fait est très important pour la
compréhension à la fois de la nature des attitudes politiques et des
techniques destinées à les mesurer. C. N.
749. — G. W. HARTMANN. — The differential validity of items in a
Liberalism- Conservatism test (La différence de validité entre les
questions d'un test destiné à mesurer le degré de libéralisme ou de
conservatisme). — J. of Soc. Ps., IX, 1, 1938, p. 67-78.
Liste de 106 propositions telles que « Les gens étaient plus heureux
il y a 100 ans que maintenant », ou « On devrait accorder la liberté
de parole à tous excepté à ceux qui ne sont pas de cet avis » à propos
desquelles les sujets doivent répondre par un A s'ils les approuvent,
et par un D s'ils les désapprouvent. Elles sont graduées de manière
à offrir une échelle d'opinions continue, depuis l'extrême réaction qui
s'oppose à tout changement sauf à ce qui est un retour aux conditions
d'autrefois, jusqu'à l'extrême « radicalisme », en comprenant toutes
tes nuances intermédiaires. Il ressort qu'il y a un grand nombre de
propositions qui sont approuvées à la fois par les conservateurs et
par les radicaux. C'est cette unanimité qui les invalide pour le but
proposé : elles échouent à discriminer les deux tendances oppos
ées, — tout comme le ferait une proposition admise par tout le
monde telle que « Le cannibalisme est condamnable », ou « Shakes
peare est le plus grand auteur dramatique du temps d'Elizabeth ».
Ce sont les différences d'attitude qu'il s'agit de faire ressortir dans les
différents groupes, et non les ressemblances.
Il est possible de constituer un critère du pouvoir discriminateur
de chaque proposition. Une proposition quelconque reçoit l'appro
bation d'une fraction seulement de chacun des deux groupes extrêmes
d'opinions (libéral ou conservateur). Elle exprime d'autant mieux
l'attitude d'un groupe extrême que la différence est plus grande
entre ces deux fractions. Autrement dit, sa validité est fonction de la
différence entre les deux fractions. H.,, cherchant un index de cette
validité, utilise une procédure un peu compliquée, déjà indiquée par
Long et Sandiford.
Chaque fraction peut être représentée par l'abscisse correspondant
à l'ordonnée qui limite à gauche une portion d'aire de courbe normale
égale à cette fraction. H. mesure cette abscisse en unités d'écart-type,
•en prenant pour origine un point situé à 2,59 a de la moyenne. 520 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'index de validité est exprimé par la différence entre les deux
abscisses ainsi calculées.
L'index de chaque proposition évalue ainsi son pouvoir discri-
minateur des attitudes libérales ou conservatrices, et H. classe les
106 propositions au moyen de cet index de validité. C. N.
750. — SAMUEL P. HAYES. — Homogeneity in voters' attitudes ;
in relation to their political affiliation, sex, and occupation (Homog
énéité dans les attitudes des électeurs ; sa relation avec l'affiliation
politique, le sexe et la profession). — J. of Soc. Ps., IX, 2, 1938,
p. 141-167.
En 1932, 8.419 électeurs appartenant à 37 États des U. S. A.
répondirent à un questionnaire d'attitudes politiques comprenant
24 propositions. Les sujets devaient répondre par l'acceptation, le
rejet, ou le doute. Les 24 propositions portaient sur les impôts, le
budget, l'armement, la protection douanière, la prohibition, les
dettes de guerre, l'aide à l'agriculture, l'ingérence du gouvernement
dans l'industrie, le chômage, la Cour Internationale de Justice, la
reconnaissance des Soviets. Les Républicains (partisans de Hoover)
montrèrent plus d'unanimité que les Démocrates (partisans de
Roosevelt) sur certaines questions telles que l'inflation, la protection
douanière, l'annulation des dettes de guerre, et les Démocrates plus
d'unanimité sur d'autres questions. Il n'y eut pas de différences
significatives au sujet de la Cour Internationale de Justice et de
la Russie ; sur ces deux points, ainsi que sur la réduction des
armements et une répartition plus juste des impôts, les Socialistes
furent clairement le parti le plus unanime.
Dans chaque parti, la plupart des cas, l'unanimité était moins
grande pour le rejet d'une question que pour l'acceptation. Dans
chaque partiales hommes furent nettement plus unanimes que les
femmes ; il n'y eut pas de différences professionnelles significatives.
Dans chaque parti l'électeur moyen n'acceptait pas tout le pr
ogramme de son candidat ; cela est surtout marquant pour le candidat
socialiste, en faveur de qui de nombreux électeurs firent surtout un
vote de protestation. Les différences d'unanimité selon les partis
pouvaient fournir à un candidat habile des indications sur les points
sur lesquels il doit insister pour réussir dans sa campagne électorale.
C. N.
751. — SAMUEL P. HAYES. — The inter-relations of political
attitudes : H. Consistency in voters' attitudes (Les inter-relations
d'attitudes politiques : II. Cohérence dans V altitude des votants). —
J. of Soc. Ps., X, 3, 1939, p. 359-378. — III. General factors in
political attitudes (Facteurs généraux des attitudes politiques). —
Ibid., p. 379-398. — Political attitudes and party regularity
(Attitudes politiques et fidélité au parti). — Ibid., 4, p. 503-552.
D'une vaste enquête sur l'attitude de 8.419 votants, participant
aux élections présidentielles de 1932, H. essaye de dégager, par le
traitement statistique des réponses individuelles à un questionnaire,,
l'influence de divers facteurs sur la forme du- vote.
Le questionnaire contenait 24 propositions constituées par 2 juge- PSY.CHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 521
ments contradictoires portés sur 12 sujets correspondant aux points
essentiels des programmes électoraux.
Une première analyse portant sur la concordance du choix des
diverses propositions indiqua une supériorité des hommes sur les
femmes, des socialistes sur les membres d'autres partis, et des
travailleurs des niveaux professionnels les plus élevés sur leurs
camarades, relativement à la cohérence des réponses. Mais une
grande variabilité est observée, suivant les sujets considérés, et
suivant la manière de les défendre adoptée par les candidats : aux
formules vagues, générales, correspondent des choix assez inconsis
tants, et inversement.
La nature des réponses au questionnaire indiqua une tendance
au libéralisme — conservatisme, et un peu moins nettement une
attitude d'internationalisme et de national socialisme, — les libéraux
votèrent, en général, pour le parti démocrate, les conservateurs pour
le parti républicain.
Chez les partisans du groupe démocrate on constate une accepta
tion facile des suggestions ; les Républicains sont les plus indépen
dants ; les Socialistes occupent, à cet égard, une position intermédiaire.
Entre l'attitude adoptée en 1928 par ces votants, et plus tard
en 1932, on trouve une corrélation de 0,57 (coefficient de contin
gence) ; 17 % d'entre eux changèrent leur affiliation de parti entre
temps. J. M.
752. — DON CAHALAN et N. C. MEIER. — The validity of mail-
ballot polls (La validité des questionnaires d'opinion par voie
postale). — Ps. Rec, III, 1, 1939, p. 3-11.
On considère aujourd'hui les directs préférables à
ceux par voie postale, et la présente recherche est entreprise dans le
but de rechercher les raisons de ce changement d'opinion, et d'ident
ifier les causes d'erreurs pouvant altérer les résultats des question
naires indirects. Jusqu'en 1936 les prédictions de la revue Literary
Digest, quant aux tendances politiques du public, particulièrement
en ce qui concerne l'élection présidentielle, — prédictions basées sur
des questionnaires, ou « votes de paille », par voie postale — furent
singulièrement vérifiées. Mais en 1936, lors de la deuxième ré-élection
du président Roosevelt, ce vote de paille aboutit à une erreur reten
tissante : il faisait prévoir un succès républicain et c'est le contraire
qui eut lieu. Afin d'élucider les causes de cette erreur l'Institut Gallup
envoya à 2.929 personnes, représentant une section transversale de
toute la population des États-Unis, un questionnaire portant sur les
points suivants : avez-vous reçu un bulletin de vote du Literary
Digest ? L'avez-vous renvoyé ? Avez-vous changé d'avis entre ce
moment et l'élection ? Pourquoi ne l'avez-vous pas renvoyé ? Pour
quel candidat avez-vous voté en fait ? Le sujet devait en outre
renseigner sur son niveau social, en barrant des catégories indiquées
d'avance : indigent, pauvre, aisé, très aisé, téléphone, auto, blanc,
nègre, etc. 848 personnes répondirent. De plus, une enquête similaire,
mais plus détaillée, fut conduite par téléphone dans une ville d'Iowa,
dans un but de comparaison. Les résultats furent les suivants :
Les partisans du candidat républicain avaient considéré le vote dfr

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