Psychologie sociale et religieuse. - compte-rendu ; n°1 ; vol.43, pg 508-515

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L'année psychologique - Année 1942 - Volume 43 - Numéro 1 - Pages 508-515
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1942
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c) Psychologie sociale et religieuse.
In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 508-515.
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c) Psychologie sociale et religieuse. In: L'année psychologique. 1942 vol. 43-44. pp. 508-515.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1942_num_43_1_7927508 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
514. — M. RUMPF. — Arnold Gehlen's Anthropologie und die
Volkskunde ( L 'anthropologie et la science des peuples d'A. Gehlen).
— Z. f. Ps., 1942, 153, p. 102-111.
L'auteur fait ressortir, dans le livre de Gehlen, certains principes
qu'il juge féconds pour notre science ; l'importance attribuée à la
théorie du langage, dans laquelle il voit le fondement même de la
psychologie, le primat de l'action sur la pensée abstraite, la réhabili
tation du peuple « non cultivé », victime de l'erreur intellectualiste
de la psychologie classique. Mais il fait des réserves sur d'autres
points : notamment il reproche à Gehlen de n'avoir pas marqué les
étapes par lesquelles l'homme passe de la condition animale à la
condition proprement humaine, et d'avoir trop vu, dans cette 'condi
tion, une adaptation purement technique au milieu physique,
méconnaissant ainsi l'adaptation au milieu humain, qui comporte
un aspect affectif essentiel. P. G.
515. — H. V. VALLOIS. — Les races humaines. — In-16 de
128 pages (Que sais-je ?). Paris, Presses Universitaires, 1944.
Dans cette excellente mise au point, V. rappelle que les races
sont « des groupements naturels d'hommes présentant un ensemble
de caractères héréditaires communs, quelles que soient par ailleurs
leurs langues, leurs mœurs ou leur nationalité », les caractères « phy
siques » comprenant en réalité, non seulement les données anato-
miques, mais aussi physiologiques, pathologiques et psychologiques
même (dépendant du fonctionnement cérébral).
La classification adoptée conduit à examiner 27 races, succinct
ement étudiées, un groupe de races primitives (vedda en Asie, et austra
lienne), un groupe de races noires (éthiopienne, mélano-africaine,
négrille et Khoisan en Afrique, mélano-indoue en Asie, négrito et
mélanésienne en Océanie), un groupe de races blanches (nordique,
méditerranéenne, dinarique, alpine et est-européenne dans le conti
nent européo-africain, aïnou, anatolienne, touranienne, sud-orientale
et indo-afghane en Asie), enfin un groupe de races jaunes comprenant
les Eskimos et les Amérindiens dits souvent de race rouge, les Poly
nésiens, les Indonésiens, les Sibériens et les Mongols divisés en trois,
du Nord, du Centre et du Sud.
Le dernier chapitre est consacré au problème général de l'évolu
tion des races dont certaines s'étendent alors que d'autres régressent
ou s'éteignent. H. P.
c) Psychologie sociale et religieuse
516. — K. DUNLAP. — The method and problems of social psycho
logy (La méthode et les problèmes de la psychologie sociale). —
Ps. Rev., XLVII, 6, 1940, p. 471-485.
D. considère comme périmées les écoles de la psychologie des
foules et celles de l'instinct (Me Dougall). Il regarde comme des
pseudo-psychologies les systèmes « religieux » de psychothérapie :
celui de la « science chrétienne » et celui de Freud. Toute religion,
dit-il, a une psychologie sociale, implicite ou explicite ; le système
de Freud, par exemple, est implicite dans la religion juive. ETHNIQUE ET SOCIALE 509 PSYCHOLOGIE
La psychologie sociale s'occupe de problèmes qui concernent le
groupe comme un tout, plutôt que l'individu dans le groupe. Sa
méthode est la méthode historique et comparative. Elle doit être
capable de prévision et de prédiction. Elle a droit à l'indépendance.
D. paraît ignorer Auguste Comte, Durkheim et Lévy-Bruhl.
G. P.
517. — ET. RABAUD. — Foule et Société. Étude biologique. —
Sciences (Revue de l'A. F. A. S.), 70e an., n° 42, 1943, p. 201-211 .
Les agrégats, collections d'individus, se ressemblent, mais, d'après
le mode de formation, on doit distinguer les colonies qui, en réalité,
sont des individus uniques (Polypes par exemple), les foules, où la
réunion se fait sous l'influence d'un facteur commun, attirant de
façon indépendante les individus en un même lieu, enfin les sociétés
dans lesquelles les individus sont unis par un lien qui leur laisse une
certaine indépendance. Ce lien paraît être une interattraction, qui
se manifeste nettement dans les rassemblements vespéraux de divers
Hyménoptères, les mêmes individus venant se retrouve rchaque soir.
Dans bien des cas le facteur d'attraction est un simple stimulus
olfactif, chez les Halictes en particulier.
Que le rassemblement se limite à des individus de même sexe,
ce qui élimine l'interattraction sexuelle, n'empêche pas le caractère
social du groupement ainsi réalisé, la tendance antisociale impliquant
la dispersion des individus.
Dès lors, selon R., la vie en commun n'apporte rien d'essentiel et
ne répond à aucune nécessité vitale ; le comportement d'une guêpe
sociale ne diffère pas, en lui-même, de celui d'une guêpe solitaire,
avec persistance de l'individualisme, dans des modalités communes
parce que parallèles. Et ceci vaudrait pour les Sociétés les plus
compliquées, selon R. H. P.
518. — K. F. WALKER. — Sociology and psychology in the predic
tion of behaviour (Sociologie et psychologie dans la prédiction
du comportement). — Ps. Rev., XLVIII, 5, 1941, p. 443-449.
L'importance de la sociologie pour le psychologue vient de
l'identité du matériel dont les deux sciences s'occupent et qui est le
comportement humain. Chacune de ces sciences étudie le même
matériel de différents points de vue et chacune rencontre des diffi
cultés techniques à isoler ses variables. Mais cependant le savant qui
veut prédire ou expliquer doit dépasser les limites de sa spécialité.
Le psychologue doit connaître la structure sociale pour atteindre ce
but. Mais cependant les lois psychologiques sont indépendantes des
faits et des lois de la sociologie.
Le développement de la psychologie sociale permet un pas en
avant dans l'étude du comportement. Mais il n'entraîne pas l'effa-
. cernent de la distinction entre les deux sciences. G. P.
519. — D. E. SCATES. — Deriving an economic index for areas in
cities (Dérivation d'un indice économique en vue de pouvoir caracté
riser les divers quartiers d'une ville). — J. of Ed. Res., XXXIV,
3, 1940, p. 161-172.
Plusieurs recherches pédagogiques ou sociologiques réclament la 510 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
connaissance de l'état économique d'une région ; le revenu par indi
vidu ou par famille, qui en aurait fourni probablement l'expression
la plus satisfaisante, étant en général difficilement connu, l'auteur
emploie trois méthodes différentes, ayant trait à l'utilisation des
renseignements relatifs aux rentes payées et à la valeur des pavillons
habités par le propriétaire. Les trois méthodes se sont montrées
pratiquement équivalentes. D. W.
520. — S. ROSLOW, W. H. WULFECK et CORBY. — Consumer
and opinion research ; experimental studies on the form of the
question (Recherche sur le consommateur et V opinion : études
expérimentales sur la forme de la question). — J. of appl. Ps.,
XXIV, 3, 1940, p. 334-346.
Dans les questionnaires interrogeant sur les opinions du public
la forme de la question influe sur les réponses ; dans les interrogations
à réponses libres la mémoire et la familiarité jouent. Plusieurs séries
de recherches insistent sur ces faits. D. W.
521. — M. SHOENFELD. — An experimental study of some pro
blems relating to Stereotypes (Une étude expérimentale de quelques
problèmes en relation avec les stéréotypes). — Ar. of Ps., n° 270,
1942, 57 pages.
Partant des quatre aspects des stéréotypes sociaux distingués par
Edwards, uniformité, direction, intensité, qualité, l'A. a essayé de
préciser leurs relations.
Dans une première expérience sur les jugements concernant les
nationalités, les sujets ayant à indiquer sur une liste de jugements
ceux qui caractérisent divers types nationaux, les résultats montrent
qu'il n'y a pas de relation entre le degré d'uniformité des
et leur direction, ni entre leur uniformité et leur intensité. Mais
il y aurait une relation complexe entre l'uniformité et la familiarité
avec le type considéré. Dans une seconde expérience, les sujets avaient
à appliquer des traits de caractère à des listes de prénoms.
Les résultats ont fait apparaître d'étonnantes stéréotypies, ce
qui montre que les jugements sociaux stéréotypés n'ont pas forc
ément une base de vérité. P. F.
522. — JEAN STŒTZEL. — Théorie des opinions. — In-8° de
455 pages. — L'étude expérimentale des — de
151 Paris, Presses Universitaires, 1943. Prix : 100 et
60 francs.
Ayant pris un contact direct avec les recherches américaines, très
développées, de psychologie collective, l'auteur a apporté, dans ces
thèses, une importante contribution personnelle à un des problèmes
les plus intéressants au point de vue social, celui de l'opinion.
Une première partie de l'ouvrage principal tente de définir l'opiune'
nion, initialement définie comme « formule nuancée qui, sur
question déterminée reçoit l'adhésion sans réserve du sujet », pour
en venir, après discussion des méthodes permettant des évaluations,
et élaboration de la notion d' « attitude » à envisager les opinions
comme des manifestations consistant dans l'acceptation ou l'émission
de certaines formules susceptibles d'évaluation. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 511
La deuxième partie, très intéressante, concerne la distribution
des opinions.
Les courbes de fréquences montrent deux types, l'un qui se rap
proche de la distribution normale conforme aux lois de probabilité,
l'autre qui en diffère profondément et peut être défini comme le
type en J (avec maximum de fréquence pour une opinion extrême
et non pour une opinion moyenne). Ces deux types sont interprétés
psychosociologiquement, l'un comme indiquant une opinion personn
elle, privée, l'autre comme reflétant une opinion publique, dans
laquelle jouent des facteurs de conformité.
Et, à ce propos, S. analyse les rapports de ces deux types d'opi
nion et en tire des conclusions pratiques au point de vue de la psychol
ogie de la propagande.
Dans une troisième partie, sur « le règne des opinions », est exa
minée la question des « tempéraments d'opinion », dont l'un se caract
érise par 1' « atypicité », l'originalité, l'esprit de contradiction,
tout à l'opposé des moutons de Panurge. Dans cette typologie des
opinions l'analyse factorielle peut apporter de la lumière sur les
mécanismes psychologiques profonds des attitudes.
Une discussion de l'opposition, classique aux États-Unis, du
conservateur et du radical, conduit à attribuer à cette opposition
des causes psychosociales, et à leur enlever une signification comme
type de personnalité.
Une quatrième partie sur la personne et ses opinions, relève d'une
psychologie plus banale, et la dernière partie déborde sur le domaine
philosophique et moral.
L'essai personnel d'application expérimentale que l'auteur a
tenté en 1938-1939, à son retour d'Amérique, est particulièrement
louable et intéressant, si incomplet soit-il. Il a exigé, en l'absence de
moyens matériels appropriés, un très grand effort et un énorme travail.
Malheureusement les circonstances n'ont pas permis à l'auteur de
préciser la nature des deux enquêtes qu'il a utilisées, et où dans l'une
d'elles il s'agissait d'apprécier en les classant des personnalités
politiques. L'exposé se réduit à des données purement abstraites
sur trois questions envisagées dans la théorie des opinions, la distr
ibution, le trait d'atypicalité, et les types psychosociaux. On doit
souhaiter que l'auteur puisse reprendre et développer ces recherches
personnelles auxquelles il s'est si bien préparé, et qui ne manqueront
pas de se montrer fécondes. H. P.
523. — R. M. W. TRAVERS. — A study in judging the opinions of
groups (Une étude sur le jugement des opinions de groupes). —
Ar. of Ps., n° 266, 1941, 73 pages.
Des étudiants ayant poursuivi ensemble leurs études sont invités
à faire connaître leur opinion sur un certain nombre de problèmes
sociaux assez précis (Êtes-vous pour la journée de 35 heures par
exemple), en indiquant le pourcentage de leurs camarades qui par
tagent cette opinion.
Les résultats ont montré que les erreurs faites dans ces juge
ments sur l'opinion du groupe étaient considérables et pouvaient
atteindre 100 %. 512 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La moyenne des jugements d'un groupe de sujets est plus près
de la réalité qu'un simple jugement, mais il est vrai que la moyenne
des jugements tend à se rapprocher des 50 %.
Les individus tendent à surestimer le pourcentage du groupe
qui est de leur opinion. Il y a une corrélation entre les erreurs faites
dans les jugements de chaque individu, ce qui indique qu'il y a des
individus mieux doués que d'autres pour ce travail.
Cette aptitude, semblable chez les hommes et chez les femmes, a
peu de corrélation avec les épreuves d'intelligence, mais en a par
contre avec les inventaires de personnalité. Les individus les mieux
adaptés à la vie sociale ont aussi les jugements les plus précis.
L'A. s'étend longuement sur l'importance de ses conclusions dans
le choix des personnes qui doivent être les chefs de groupes sociaux.
P. F.
524. — L. W. KAY. — The relation of personal frames of reference
to social judgments (La des cadres personnels de référence
et des jugements sociaux). — Ar. of Ps., n° 283, 1943, 53 pages.
L'auteur étudie l'influence des normes sociales et des systèmes
de valeurs personnels sur les attitudes des différents individus à
l'égard des métiers. L'expérience a porté sur 106 étudiants qui
devaient classer 12 professions selon 5 de leurs caractéristiques essent
ielles (conscience, utilité, intelligence, idéalisme, stabilité de carac
tère). Il s'agissait de montrer en quoi les normes sociales ainsi établies
subissaient l'influence de facteurs personnels, tels que la préférence
individuelle pour telle ou telle occupation, et l'expérience que chacun
pouvait avoir faite d'un métier ou de ses représentants. Les conclu
sions semblent prouver que ces deux facteurs, le premier surtout,
n'ont que peu d'influence sur nos jugements à l'égard des professions,
et que les normes sociales de la communauté déterminent ceux-ci
beaucoup plus essentiellement. P. F.
525. — S. P. ADINARAYANIAH. — A research in colour prejudice
( U ne recherche sur le préjugé contre les peuples de couleur). — Br.
J. of Ps., XXXI, 3, 1941, p. 217-229.
L'A., un Hindou, a fait une recherche parmi des Londoniens et
des étudiants français sur le préjugé tenace contre les races colorées.
Le test employé était celui de Bogardus, sur les distances sociales,
adapté au présent problème. Il a manifesté clairement le préjugé qui
est moins fort contre les Hindous que contre les Chinois, les Nègres
et les Peaux-Rouges. Les étudiants français ont à peu près les mêmes
préjugés que les Londoniens.
Ces préjugés ont une corrélation de + 0,516 avec les opinions
politiques, les sujets étant classés d'après le test de Vetter sur une
échelle allant du radicalisme au conservatisme.
Mais ces mêmes préjugés n'ont aucune corrélation avec l'intro-
version-extraversion mesurée par les tests de Freyd.
Le petit nombre de sujets et leur choix peu systématique (les
questionnaires ont été largement répandus et on à retenu toutes les
réponses envoyées) rendent cette étude peu significative.
P. F. ■
PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 513
526. — A. B. UDOW. — The « interviewer-effect » in public opinion
and market research surveys (L'influence de V interviewer dans
les études sur V opinion publique et les recherches commerciales). —
Ar. of Ps., n° 277, 1942, 36 pages.
On admet d'une manière générale que l'opinion de l'interviewer
a une influence sur les réponses qu'il collecte. Dans cette recherche
les vrais sujets étaient les interviewers qui au nombre de vingt-huit
ignoraient tout du but de l'expérience. Celle-ci avait tous les caractères
d'une recherche commerciale portant sur les pâtes dentifrices mais
on s'arrangeait pour faire d'abord répondre les interviewers aux
questions. Les interviewers d'autre part devaient collecter deux fois
trente réponses, la première fois en ignorant la marque qui était
censée organiser la recherche, la deuxième en la connaissant.
Les résultats ont montré qu'il n'y avait pas de différence signifi
cative en corrélation avec les opinions des interviewers, ni en Gorré-
lation avec la connaissance de la marque qui était censée patronner
la recherche.
Ce résultat contredirait donc l'opinion généralement admise, mais
on ne saurait malgré tout en tirer une conclusion générale. Là où
l'affectivité joue un plus grand rôle, l'influence doit être aussi plus
grande. P. F.
527. — H. H. HYMAN. — The psychology of status (La psychologie
de la position sociale). — Ar. of Ps., n° 269, 1942, 94 pages.
Entre la sociale définie par des critères objectifs et L'est
imation personnelle qu'en a le sujet, les études antérieures ont montré
des différences. L'A. a entrepris une étude systématique de cette
vue subjective que nous avons de notre position sociale. Il a d'abord
utilisé la méthode d'interviews puis il a établi une échelle d'estimat
ion où le sujet doit se placer.
Ses intéressants résultats montrent que l'impression dominante
est faite d'une multiplicité de jugements différents suivant la
variété des points de vue (économique, culturel, social, intellec
tuel, etc.) et des groupes par rapport auxquels se fait la référence.
Il n'y a pas de rapports précis entre la position sociale et les
opinions politiques. Cependant les sujets qui sont le moins satisfaits
de leur position au point de vue économique sont nettement plus
à gauche. P. F.
528. — R. CHIN. — An analysis of conformity behavior (Une analyse
de la conformité du comportement). — Ar. of Ps., n° 289, 1943,
46 pages.
La de la conduite due à l'action d'une pression sociale
est étudiée dans ce travail sous deux aspects. L'un est la conformité
à la prohibition qui amène à éliminer certaines conduites possibles,
l'autre la conformité à la prescription qui nous fait préférer une
conduite à une autre.
Dans une recherche faite sur l'heure d'arrivée au premier cours
du matin de 88 étudiants le premier aspect se traduit par une asy
métrie de la distribution des heures d'arrivée, le deuxième par un
raccourcissement de la courbe.
l'année psychologique, xliij-xliv 33 514 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les résultats montrent, aussi bien pour l'ensemble du groupe que
pour la moyenne des heures d'arrivée de chaque individu, l'existence
de cette conformité à la prohibition et à la prescription.
Les individus les plus irréguliers à assister aux cours sont aussi
ceux qui sont les plus iiréguliers dans leurs heures d'arrivée.
Pour un cours commençant à 9 heures du matin le groupe d'indi
vidus estimait qu'ils devaient arriver à 9 h. 02, qu'à partir de 9 h. 06 ils
étaient en retard et qu'à partir de 9 h. 18 il n'était plus possible de
se présenter.
Une augmentation de la pression sociale, par exemple un jour
d'examen, augmente l'asymétrie de la courbe. P. F.
529. — A. C. TUCKER. — Some correlates of certain attitudes of the
Unemployed (Quelques facteurs de certaines des chô
meurs). — Ar. of Ps., n° 245, 1940, 72 pages.
L'auteur a recherché quelle influence l'état de chômeur pouvait
avoir sur les attitudes sociales et politiques. Son étude a été faite
à New- York en 1933-1934. Elle a porté sur 400 hommes et 400 femmes
sans emploi, interrogés par l'intermédiaire de l'Office sur le choix
des carrières qui fonctionnait alors à New- York au service des chô
meurs. Le matériel était composé de 41 jugements que l'Office pro
posait à ses clients et qui portaient sur les patrons, l'industrie, la rel
igion, le Gouvernement, les révolutions sociales. Les chômeurs devaient
indiquer s'ils approuvaient ou désapprouvaient ces jugements.
Le but de l'auteur était de découvrir les rapports entre la varia
bilité des opinions exprimées et certains facteurs individuels tels que
l'âge, l'intelligenpe, la durée du chômage, l'importance du salaire
gagné, l'éducation et le sexe. Les résultats montrent qu'aucun facteur
commun n'était susceptible de rendre compte de la variabilité dans
les réponses. Mais ils mettent en valeur quelques rapports intéres
sants, dont l'auteur souligne la portée sociale. Ainsi ils semblent
établir que la durée du chômage n'a pratiquement pas d'influence
sur l'appréciation de l'ordre social (plus de la moitié des sujets
déclarent leur forme de Gouvernement préférable à toute autre) ;
que les plus intelligents et les plus cultivés sont les plus favorables
aux transtormations sociales ; que les plus vieux ont les opinions les
plus conservatrices ; enfin que les femmes sont en général plus
conventionnelles dans leurs jugements que les hommes. Il semble
donc bien que les facteurs individuels, âge, intelligence, etc., ont
plus d'influence sur l'attitude que l'état de chômage. L'auteur attache
une certaine importance à cette constatation en. la replaçant dans
le contexte de la grave crise économique de 1929-1933. P. F.
530. — R. WEST. — A psychological theory of law and international
law (Une théorie psychologique de la loi et de la loi internatio
nale). — Br. J. of Ps., XXXI, 1942, p. 93-102.
La loi qui est un contrôle externe de notre conduite est rendue
nécessaire par le fait qu'en dépit de nos instincts sociaux, notre
agressivité fausse notre jugement et nous fait toujours apprécier à
notre avantage notre conduite et celle des autres. PSYCHOLOGIE ETHNIQUE ET SOCIALE 515
Mais la loi pour nous obliger vraiment doit correspondre aux
instincts sociaux de la majorité des membres de la société.
L'A. essaie d'étendre ces considérations au domaine international.
Il distingue la promesse du contrat. La promesse entre deux individus
ne prend une valeur que dans la mesure où elle se rapproche du
contrat, c'est-à-dire dans la mesure où un tiers veille à la parole
donnée. Dans le domaine international, nous n'en sommes qu'au
stade des promesses car il n'y a pas d'autorité au-dessus des États
et la loi internationale n'est pas une véritable loi au sens psychologique.
Mais peut-on étendre un raisonnement basé sur la psychologie
individuelle aux relations entre des États ? P. F.
d) Esthétique. Éthique. Logique et Linguistique comparées
531. — H. J. EYSENCK. — The empirical determination of an
aesthetic formula (La détermination empirique d'une formule
esthétique). — Ps. Rev., XLVIII, 1, 1941, p. 83-92.
Deux séries de 32 polygones, empruntés aux tables de Birkhoff,
sont soumises à un groupe de 14 observateurs, 7 hommes et 7 femmes,
artistes, étudiants, professeurs, sténographes et psychologues. Les
sujets sont invités à ranger dans chaque série les figures par ordre
de préférence.
L'analyse des résultats permet de mettre en évidence deux fac
teurs : un facteur général et un autre facteur bipolaire. Le premier
a pu être identifié avec le facteur T, que B. avait découvert dans les
précédentes recherches, où le matériel employé consistait en une série
de gravures représentant des portraits, des masques de démons,
des courbes mathématiques, des statues, des dessins, des vases.
Le facteur bipolaire partage les sujets en deux groupes, dont l'un
préfère les figures simples, l'autre les figures complexes. Un facteur
bipolaire du même genre avait été trouvé précédemment dans des
jugements sur la poésie.
Pour l'interprétation du facteur général, E. renvoie à un travail
précédent. G. P.
532. — J. MAINWARING. — An examination of the value of
empirical approach to aesthetics (Examen de la valeur des
méthodes expérimentales en esthétique ). — Br. J. of Ps., XXXII,
2, 1941, p. 114-130.
Article critique ayant pour but de préciser la valeur et les limites
de l'esthétique expérimentale. L'A. analyse d'abord les différentes
hypothèses sur lesquelles sont basées les expériences et il montre que
les critères adoptés sont loin d'avoir une valeur universelle ou un
rapport direct avec la qualité esthétique d'une œuvre d'art. Que ce
soit le plaisir procuré, l'analyse formelle de l'œuvre, l'induction du
simple au complexe, aucune de ces méthodes ne permet de définir
la beauté.
L'A. étudie et classe ensuite les différents types d'expériences pos
sibles dans ce domaine et montre que l'esthétique expérimentale est
surtout féconde dans l'étude du développement du sentiment esthé
tique et dans l'établissement de normes de ce en partant

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