Psychologie zoologique et biologie. - compte-rendu ; n°1 ; vol.19, pg 312-344

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L'année psychologique - Année 1912 - Volume 19 - Numéro 1 - Pages 312-344
33 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1912
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Henri Piéron
H. Laugier
René Sand
G. L. Duprat
1° Psychologie zoologique et biologie.
In: L'année psychologique. 1912 vol. 19. pp. 312-344.
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Piéron Henri, Laugier H., Sand René, Duprat G. L. 1° Psychologie zoologique et biologie. In: L'année psychologique. 1912 vol.
19. pp. 312-344.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1912_num_19_1_7305312 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ches profondes de la région frontale du cerveau, altérations pro
portionnées au besoin de sommeil. Les altérations des autres
régions du cerveau sont rares et inconstantes. Les autres centres
nerveux n'ont pas subi de modifications.
La réparation de ces lésions est rapide et l'animal redevient
normal après un repos à peine plus long que celui du sommeil
quotidien.
Des expériences de contrôle démontrent que le besoin impérieux
de sommeil n'est pas dû à une autonarcose carbonique pas plus
qu'à une modification physique des humeurs de l'organisme.
En même temps que le besoin impérieux de sommeil, il se déve
loppe dans le sang, dans le liquide céphalo-rachidien et dans le
cerveau une propriété toxique, transmissible par injection le
quatrième ventricule à d'autres animaux normaux chez lesquels
elle provoque le besoin impérieux de sommeil et les lésions cellu
laires du lobe frontal caractéristiques de l'insomnie.
Cette propriété hypnotoxique est détruite par chauffage à 65°;
elle ne dialyse pas et ne traverse pas les ultrafiltres de collodion;
elle disparaît par oxydation prolongée et se retrouve dans la partie
du sérum insoluble dans l'alcool et soluble dans l'eau distillée,
toutes propriétés communes aux diastases et à un grand nombre
de toxines.
Le besoin impérieux de sommeil est donc le résultat, non d'un
épuisement, mais bien d'une fatigue cérébrale, suivant la féconde
distinction établie par Verworn. La destruction normale de ce pro
duit de déchet, de cette toxine, doit sans doute s'effectuer par un
mécanisme d'oxydation pendant le sommeil. Elle se fait moins
rapidement que sa formation au cours de la veille. R. S.
III. — Psychologie comparée.
1° Psychologie zoologique et Biologie.
S. 0. MAST. — Light and the behavior of organisms. {La lumière
et le comportement des Organismes). — In-8, 1911, 410 p. — Discus
sion of certain questions raised by Parker in review of « Light
and the behavior of organisms ». — J. of An. B., II, 3, p. 209-217.
On trouvera dans cet ouvrage une utile mise au point de l'action
de la lumière sur les organismes inférieurs, au de vue de
l'orientation, des réactions diverses à l'intensité lumineuse, et de
l'influence des différences de longueur d'onde de la lumière, c'est-
à-dire des couleurs.
Après un exposé historique, où se trouvent indiquées 15 concept
ions différentes des tropismes auxquelles il faudrait en ajouter
deux nouvelles d'après la remarque de l'auteur faite au cours de sa
réponse à Parker, vient l'exposé expérimental de recherches dont
l'auteur a réalisé un très grand nombre avec patience et talent, et PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 313
dont les conclusions fortifient les théories générales du Jennings, à
l'encontre des conceptions de Lœb.
Notons au passage que M. Mast déclare que les animaux, qui ne
sont jamais orientés par la direction des rayons lumineux, ne sont
sensibles qu'à des variations d'intensité de la lumière ; ils ne possè
dent qu'une sensibilité différentielle, ce qui contredit la conception
des tropismes de Lœb.
Au point de vue de la distribution de la sensibilité dans les
diverses régions du spectre, il y a, à l'encontre de ce qu'affirmait
Lœb, une différence notable entre les végétaux et les animaux.
Parker ayant critiqué les conceptions théoriques de Mast, celui-
ci répondit à ces critiques; dans cette réponse on peut noter cette
idée, assez importante pour la différenciation des points de vue
opposés de Lœb et de Jennings, que c'est sans preuve aucune que
les partisans des tropismes admettent que les facteurs dirigeant les
animaux sont ceux qui produisent les mouvements.
Par exemple, un poisson aveugle dans un aquarium, enfermé
dans un compartiment n'ayant qu'une étroite ouverture, nage,
tâtonne, se heurte aux parois et, rencontrant l'orifice, réussit à
sortir. Au lieu de dire que c'est l'orifice qui faisait mouvoir
l'animal et a fini par le diriger, la conception « des essais et des
erreurs » admet des mouvements quelconques dont l'origine est
interne, et à un moment donné une influence sensorielle directrice.
H. P.
Mme VICTOR HENRI, VICTOR HENRI, L. LARGUIER DES BANCELS
et WURMSER. — Études de photochimie biologique. — Paris,
Masson, 1912 (Extraits des Comptes rendus des séances de la Société
de Biologie, t. LXXII et t. LXXIII, 1912).
Dans la série des notes formant ce recueil, nous en relevons une
série ayant trait à des questions psycho-physiologiques.
Tout d'abord, Mme et M. Victor Henri ont étudié l'excitation des
organismes par les rayons ultra-violets (LXXII, pp. 992, et 1083,
LXXIII, p. 326. Voir aussi G. R., 154, 2b).
Ils ont constaté que toute une série de petits animaux (Daphnies,
Ostracodes, Cyclops, Planaires) réagissaient très nettement quand
on les irradiait par des rayons ultra-violets.
Sur les Cyclops, qui se prêtent particulièrement bien à l'expé
rience, on constate qu'il existe un seuil très net dans la durée d'ir
radiation nécessaire pour provoquer une réaction; cette est
d'autant moins grande que les écrans employés laissent passer une
plus grande proportion de rayons ultra-violets, c'est-à-dire laissent
passer des rayons de longueurs d'onde plus éloignées, le maximum
étant donné par le quartz.
Pour une diminution de l'intensité des rayons ultra-violets, la
durée d'irradiation augmente, et, pour une intensité assez faible,
devient infinie, en ce sens que l'on n'atteint plus de réaction. Mais, 314 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
au cours de cette augmentation de la durée correspondant au seuil,
on note que l'énergie de rayonnement passe par un minimum,
comme le montrent les valeurs suivantes :
Durées O",17 0",50 1" 5"
Énergies 17 12 ,5 11 25
D'autre part une excitation ultra-violette de durée inférieure au
seuil provoque des effets qui augmentent encore pendant un certain
temps après la cessation de l'irradiation, puis s'effacent progressiv
ement : en effet il y a un intervalle optimum entre des irradiations
discontinues telles que le seuil de la réaction est obtenu avec une
durée moindre que par l'irradiation continue (addition renforcée) ;
au delà de cette valeur des intervalles, la durée correspondant
au seuil est plus grande qu'avec les irradiations continues, et s'ac
croît jusqu'à devenir infinie, c'est-à-dire que pour des intervalles
assez grands on n'obtient plus de réaction.
L'influence de la température s'est montrée nulle sur l'excitation
par les rayons ultra-violets, ce qui semble indiquer que la durée
correspondant au seuil est occupée surtout par une réaction photo
chimique, les réactions de cet ordre ayant comme caractère d'être
à peu près indépendantes de la température.
Une fatigue apparaît nettement après une irradiation assez pro
longée (60 secondes) ; la réparation est rapide (seuil dix fois moindre
avec 55 secondes de repos).
L'animal est très vite fatigué par une irradiation assez courte,
aussi bien lorsqu'il a été préparé par prolongée que
par anesthésie préalable des nerfs périphériques, mais non par centrale ; cela semble bien indiquer la nature toute
périphérique des phénomènes de fatigue et de réparation.
MM. Victor Henri et Larguier des Bancels ont dégagé les lois de
ces excitations par les rayons ultra-violets en les comparant aux
autres sensorielles (LXXII, p. 1075, LXIII, p. 55). L-'&üur»
des variations de l'énergie requise pour atteindre le seuil est très
analogue pour la vision, l'excitation du Cyclops, l'excitabilité des
nerfs, et enfin pour les réactions photochimiques, les plus voisines
de l'excitabilité ultra-violette.
Les auteurs constatent que, d'après l'indépendance vis-à-vis de la
température, les temps de réaction des Cyclops irradiés par les
rayons ultra-violets doivent comporter une durée d'excitation
sensorielle très grande par rapport à la durée totale, par contraste
avec les temps de réaction obtenus chez l'homme (tact, ouïe, vue),
où la durée des processus proprement sensoriels est petite par rap
port à la durée totale. Ils voient une opposition entre ces deux
types de réaction, opposition qui serait très diminuée si on envisa
geait les temps de réaction sensorielle chez l'homme avec des exci
tants faibles *.
1. Voir l'analyse de la page 384. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 315
Enfin le fait que les vitesses de réaction des Cyclops suivent par
rapport aux intensités une loi logarithmique, dans la région moyenne
du moins, incite les auteurs à admettre une interprétation physio
logique de la loi de Weber-Fechner, applicable ainsi non seul
ement aux seuils différentiels de sensation, mais aux latences des
réactions, point discuté dans la note analysée plus loin.
H. P.
J. S. SZYMANSKI. Versuche das Verhältnis zwischen modal vers
chiedenen Reizen in Zahlen auszudrücken. (Recherches pour exprimer
numériquement la valeur relative d'excitations qualitativement diffé
rentes.) Pf. A. cxliii. 1912, 25-69.
L'auteur distingue les excitations vectorielles qui modifient la
direction du mouvement de l'animal, et les excitations scalaires,
qui modifient seulement la vitesse de ce mouvement. — II se pro
pose ensuite d'exprimer dans un système d'unités commun l'inten
sité de deux excitations de nature différente ; pour le faire, il fait
tomber sur l'animal étudié les deux excitations, de façon à ce que
leurs directions forment entre elles un angle droit ; si l'on admet
alors que l'animal se déplace suivant la résultante des deux comp
osantes, il est facile, connaissant la direction des deux compos
antes, et la direction du mouvement résultant, d'exprimer numér
iquement la valeur relative des deux excitations; il suffit de
résoudre un triangle rectangle. — L'auteur avait antérieurement
appliqué cette méthode à des Daphnies, des mantes religieuses, des
fourmis. Chez les Daphnies la valeur relative des divers excitants
est la suivante : phototropisme 100; mécanotropisme 55:thermo-
tropisme 17. Chez les fourmis, le rapport de la force qui les astreint
à se diriger vers leur nid, à la force qui les oblige à suivre les
« chemins de fourmis » est de 4 à 1 ; —
Szymanski applique ensuite cette méthode à des vers (Tenebrio
molitor) des poissons (Phoxinus laevis), des rats, des enfants. —
Chez Tenebrio molitor, lorsque l'excitation lumineuse prend des
intensités de 1; 2,5; 4, la réaction phototropique négative, prend
des valeurs qui croissent comme 1 ; 1,5; 3,2. — Chez Phoxinus lœvis
l'auteur a mesuré la valeur relative d'une excitation actuelle (lumi
neuse, photropisme) et d'une excitation vectorielle fournie par un
souvenir ancien (souvenir de la direction dans laquelle se trouve
le point où l'on fournit au poisson sa nourriture quotidienne de vers,
Tubifex); la valeur relative de ces deux excitations varie à mesure
que le nombre des expériences se répète, c'est-à-dire à mesure que
la mémoire s'affermit ; le premier jour ce rapport est de 1 à 0 ; le 17e,
del à 1; le 20e de là 27; le 27e de 0 àl.
En expérimentant sur des enfants, et en les soumettant à l'action
de deux excitations vectorielles différentes, l'auteur a toujours
observé que les enfants se déplaçaient suivant la résultante des deux
forces ; aussi pense-t-il que la loi de la composition géométrique 316 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
des forces s'applique aussi bien aux domaines de la Biologie et de
la Psychologie qu'à celui de la mécanique.
Comme application il s'essaie à expliquer par des compositions
de forces le trajet qu'ont suivi dans leurs voyages les grands explo
rateurs : Christophe Colomb sa navigation opiniâtre vers
l'ouest malgré les vents contraires ; Amundsen, dans son voyage
le Pôle, et Sven Hedin dans sa traversée de l'Himalaya; mais il faut
bien avouer que ces explications apparaissent comme quelque peu
verbales...
Remarquons enfin, que, pour le cas d'excitations qualitativement
différentes, la validité de la loi d'addition géométrique n'est à aucun
degré démontrée dans les expériences ci-dessus mentionnées ; toutes
ces expériences sont faites en postulant cette validité, et c'est seul
ement en admettant ce postulat qu'on peut appliquer la méthode de
l'auteur; c'est dire que la légitimité des conclusions que l'auteur
tire de ses expériences, dépend de la légitimité de ce postulat.
Henri Laugier.
S. METALNIKOW. — Contributions à l'étude de la digestion intra
cellulaire chez les Protozoaires. — Archives de Zoologie expéri
mentale, XLIX, 4, février 1912, p. 373-490.
Dans son étude très complète des phénomènes digestifs des
Protozoaires, M. Metalnikow s'est demandé s'il ne serait pas possible
d'établir chez ces organismes des réflexes conditionnels suivant la
méthode employée par l'école de Pawlow chez les Vertébrés supé
rieurs.
Comme agent excitateur (analogue à l'excitant salivaire) capable
de provoquer une réaction bien déterminée, il choisit le carmin,
repoussé avec leurs cils par les Infusoires qui en ont été longtemps
nourris.
Comme excitateur secondaire, capable de susciter par association
la même réaction, il prit l'alcool.
Les Infusoires laissés plusieurs jours dans une emulsion de
carmin additionnée d'un peu d'alcool cessèrent de manger le
carmin, tout en continuant à absorber d'autres substances, comme
de la sépia ou de la levure de bière, en dehors de l'action de
l'alcool. Mais, si l'on ajoute de l'alcool en leur donnant de la levure,
celle-ci n'est plus absorbée ou ne l'est que très peu : 7 Infusoires sur
20 ne formèrent dans ce cas aucune vacuole digestive. Et les expé
riences de contrôle montrèrent que l'alcool à lui seul, loin de
s'opposer à la formation des vacuoles, la stimulait au contraire et
favorisait l'absorption alimentaire.
Les Infusoires nourris longtemps de carmin additionné d'alcool
réagirent donc en présence de l'alcool, comme ils réagirent
en présence du carmin, dit l'auteur, par une sorte de réflexe condi
tionnel.
Dans une seconde série d'expériences, au lieu d'une substance PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQUE 317
chimique comme l'alcool, l'excitant secondaire employé fut la
lumière rouge.
Les Infusoires, qui cessèrent de manger du carmin à la lumière
rouge, formèrent ensuite, à la lumière rouge, deux fois moins
environ de vacuoles digestives que les Infusoires de contrôle qui
n'avaient pas été soumis préalablement à l'action de la lumière
rouge en présence de carmin. Mais l'expérience n'a pas toujours
réussi. Il y a là en tout cas de fort suggestives indications.
H. P.
P. DËSROCHE. — Action des diverses radiations lumineuses sur
le mouvement des Zoospores de Chlamydomonas. — C. R.,
CLIII, 1911. — Réactions des Chlamydomonas aux agents phy
siques. Thèse de Se. nat., Paris, 1912.
En dispersant un spectre pur de lumière solaire, l'auteur a cons
taté une excitation motrice des diverses radiations sur les zoospores,
avec trois minima d'action, l'un correspondant à une influence
nulle, s'étendant à peu près entre les raies F et G (entre X = 486 et
X=434) et les deux autres pour X — 575 etX=6l5.
Le maximum d'action, dans le rouge, correspond à une bande
intense d'absorption du spectre de la chlorophylle du Chlamy
domonas (X=606), tandis que la deuxième bande intense (X=480
correspond à la région d'action minima, une bande plus faible
(X = 570) avoisinant un autre minimum, et le troisième minimum
correspondant sans doute à une bande d'absorption plus faible
encore, que possèdent de nombreuses chlorophylles (X = 615). Ainsi
l'énergie absorbée aurait une action sur la motricité, soit excitatrice,
soit inhibitrice. L'action paralysante générale de la lumière bleue
s'expliquerait en partie par une action anesthésique.
H. P.
E. H. HARPER. — Magnetic control of geotropism in Paramoecium
(Contrôle par Vaimant du géotropisme chez la Paramécie). — J. of
an. B., II, 3, 1912, p. 181-189.
L'auteur avait constaté que des Paramécies (Paramœcium cauda-
tum) qui avaient ingéré de fines particules de fer manifestaient un
accroissement de leur géotropisme négatif. Comme ce phénomène
était corrélatif de l'accumulation des particules à la partie posté
rieure du corps, on pouvait se demander si ce fait ne résultait pas
du redressement passif des Paramécies.
Pour contrôler cette assertion, l'auteur a examiné l'influence de
l'électro-aimant : en diminuant l'action de la pesanteur sur les
particules métalliques, l'attraction de l'aimant provoque une des
cente des Paramécies, après leur ascension. Selon lui, cela confirme
l'orientation géotropique passive, qui n'empêcherait pas d'ailleurs
la pesanteur de provoquer des réactions comme stimulus. 318 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
En somme les résultats, qui pourraient être interprétés aussi bien
dans un sens que dans l'autre, né prouvent rien. H. P.
S. T. HOLMES. — Phototaxis in the Sea Urchin Arbacia punctulata
(Le phototactisme de Poursin, Arbacia punctulata). — J. of An. B.,
II, 2, 1912, p. 126-136.
Arbacia punctulata réagit négativement à la lumière de grande
intensité, mais positivement à la lumière faible, ce qui est un phé
nomène assez général.
Pour aller vers une région obscure, cet oursin peut se diriger à
l'encontre du rayon lumineux, c'est-à-dire vers la lumière.
Il réagit aux obscurations, comme l'avait déjà noté Uexkull, en
dressant ses épines du côté de la région obscure; cette réaction
disparaît par répétition de l'excitant et reparaît après une courte
période de repos ; elle dépend des nerfs radiaux. C'est là un phé
nomène extrêmement général.
Une stimulation locale par la lumière provoque un mouvement
des épines vers la région excitée, mais cette réaction ne dépend pas
des nerfs radiaux.
Les mouvements phototactiques, comme ceux qui sont provoqués
par des stimulations mécaniques, dépendent de l'activité coor
donnée des divers organes locomoteurs. H. P.
ROMUALD MINKIEWICZ. — Une expérience sur la nature du chro-
motropisme chez les Némertes. — C. R., GLY, 1912, p. 229.
L'auteur a constaté que dans un tube d'eau de un à quatre com
partiments, deux éclairés, un obscur et un coloré, des Lineus se
plaçaient dans le compartiment rouge de préférence aux autres,
obscurs ou éclairés, et dans le compartiment obscur de préférence
aux compartiments vert, bleu ou violet. Il en conclut que l'action
du rouge répond à une influence spécifique, qu'il y a « érythrotro-
pisme », quel que soit le mécanisme de celui-ci. Mais, à vrai dire,
l'auteur n'a pas écarté une objection qui n'est peut-être pas valable,
mais qui devra être expérimentalement réfutée, c'est qu'il existe
pour les Lineus un optimum lumineux très faible, et dont se rap
proche le plus l'éclairage sous plaques rouges. H. P.
W. V. BUDDENBROOK. — Ueber die Funktion des Statozysten im
Sandegrabender Meerestiere, Arenicola und Synapta. (Sur la fonc
tion des Statocystes chez les animaux marins fouisseurs de sable, Are
nicola et Synapta). — Biologisches Centralblatt, XXXII, 9, 1912,
p. 564-585.
On a pu démontrer, chez les crustacés et chez quelques mollus
ques, le rôle des statocystes pour la perception de la pesanteur; chez
les annélides on avait échoué à mettre en évidence la fonction de
ces organes. PSYCHOLOGIE ZOOLOGIQÜE 319
L'auteur, en étudiant deux annélides sédentaires, dont l'une pos
sède et l'autre ne possède pas un organe statocystique, Arenicola
grubei et A. claparedei, a constaté des différences très nettes de com
portement ; placée sur le sable en une position quelconque, la pre
mière dirige immédiatement sa tête vers le bas et fouit le sol, la
seconde atteint directement le sable avec sa tête quand elle est sur
la région ventrale, mais tâtonne et explore longtemps en toute autre
position. En outre, dans un tube rempli de sable et horizontal, la
première, lorsqu'on roule le tube, dirige toujours sa tête, dépassant
un peu, vers le bas, et non la seconde.
Il y avait là des indications intéressantes. Il manquait l'expérience
cruciale, que l'auteur a réalisée ; à vrai dire il est impossible
d'extraire les deux statocystes, profondément placés, d'A. grubei,
mais on peut sectionner les nerfs qui s'y rendent. L'expérience fut
faite sur cinq individus; l'un mourut, deux gardèrent et deux per
dirent, la réaction immédiate de la tête vers le bas, que l'auteur
appelle « réflexe vertical », et à l'examen microscopique, seuls les
deux derniers montrèrent la double section de leurs nerfs statocys-
tiques.
Le réflexe vertical serait donc bien sous la dépendance des stato
cystes, « mouvement de fuite » qui serait inhibé lorsque la résistance
du sable creusé atteindrait une certaine limite.
Chez une holothurie, la Synapte, possédant dix statocystes, et chez
qui les sections sont impossibles parce qu'elles provoquent l'auto-
tomie, la fragmentation du corps, le réflexe vertical serait inhibé par
la sensation que l'animal est entièrement enfoui sous le sable, d'où
un creusement bien moins profond.
Il y aurait là tout au des facteurs d'un comportement com
plexe et quiestévidemmentinfluencé par bien d'autres. En terminant,
l'auteur déclare qu'étant donnée la lenteur des mouvements de ces
animaux, il est peu probable que les statocystes puissent fournir
des données dynamiques, et il s'étonne que chez tous les animaux
fouisseurs il n'y ait pas de statocystes, si ces organes sont nécessaires
à un tel mode de vie ; il se satisfait en déclarant que les statocystes
servent d'auxiliaire à un mouvement de fuite spécial et n'ont pas
d'autre fonction.
De fait on s'étonnerait que les annélides sédentaires aient plus
besoin de percevoir la pesanteur que les annélides errantes, alors
qu'on admet l'inverse chez les crustacés et les vertébrés. Maintenant
il ne faut pas oublier que les organes affinent et précisent une sens
ibilité plus qu'ils ne la créent, et qu'il doit exister des moyens sen
soriels de percevoir la pesanteur en l'absence des statocystes.
H. P.
ROBERT M. YERKES. — The intelligence of Earthworms (Vintelli-
gence des vers de terre). — i. of. an B. II, 5, 1912, p. 332-352.
Darwin avait accordé de l'intelligence aux vers de terre, ce que ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 320
Elise Hanel critiqua et discrédita. L'excellent expérimentateur
qu'est M. Yerkes vient de s'appliquer à établir au sujet de ces
animaux quelques faits, en ce qui concerne la capacité d'acquérir
des habitudes.
Suivant la méthode usuelle, l'animal s'engageant dans une
direction — qu'il devait apprendre à éviter — recevait des stimuli
électriques ou chimiques, la direction opposée et symétrique
s'ouvrant à lui sans risque.
Or, au bout de 10 à 100 expériences il se manifesta des associa
tions très nettes permettant au ver (un individu d'Allobophora
fœtida) d'apprendre à éviter la direction défendue, associations
d'ailleurs instables et perturbées facilement par des variations de
l'état physiologique de l'animal.
Conformément à une loi très générale, l'acquisition de l'habitude
est plus économique quand les intervalles entre les expériences
sont plus grands, les séries de 5 essais par jour étant plus favo
rables que celles de 10, 15 ou 20 essais.
L'animal arrive à traverser plus vite l'appareil, il reconnaît le tube
de sortie et apprend à éviter les électrodes. Le « cerveau » du ver,
si l'on donne ce nom aux ganglions des cinq anneaux antérieurs,
n'est pas nécessaire pour la réalisation des parcours correctement
appris ; mais lorsque ces ganglions, après leur ablation, régénèrent,
on note plus d'initiative chez le Lombric, moins d'automatisme.
Toutes ces observations n'ayant été faites que sur un individu on
n'a, naturellement, aucune indication sur la variabilité individuelle.
H. P.
EMILE YUNG. — De l'insensibilité à la lumière et de la cécité de
l'escargot. — Ar. de Ps., XI, 44, 1911, p. 305-330.
Cet important mémoire, qui relate de nombreuses expériences,
aboutit à une conclusion grave, en montrant que l'organe oculaire
de l'escargot des vignes ne donne pas à cet animal de sensibilité à
la lumière. Il faudra donc se défier plus encore des considérations
anatomiques qui attribuent à un animal telle ou telle
parce qu'il possède les organes habituellement affectés à la récep
tion des sensations de cet ordre.
La distribution des escargots des vignes [Helix pomatia) dans les
compartiments éclairés ou obscurs d'une même caisse est entièr
ement livrée au hasard.
Il n'y a aucune réaction quand l'escargot passe de l'ombre ou de
l'obscurité à la vive lumière; une vive lumière, même concentrée
sur l'œil, reste sans effet. Les obstacles, lumineux ou obscurs, ne
sont aperçus que s'ils touchent l'animal, ou, à quelque distance,
que s'ils émettent une odeur, provoquent une agitation de l'air,
ou possèdent une température différente de celle du milieu.
L'amputation des yeux chez l'escargot reste sans effet, les animaux
privés de leur organe oculaire étant indifférenciables des autres.

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