Psychologie zoologique et biologique - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 261-299

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 261-299
39 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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2° Psychologie zoologique et biologique
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 261-299.
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2° Psychologie zoologique et biologique. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 261-299.
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2° Psychologie zoologique et biologique
a) Etudes générales et Méthodologie
ETIENNE RABAUD. — L'Instinct. — Annales de la Soc. roy.
zoolog. de Belgique, 53, 1923, p. 94-126.
Ce travail reproduit deux conférences faites par l'auteur à l'Ins
titut des Hautes Etudes de Belgique, en janvier 1923.
Rabaud envisage l'instinct en se fondant sur les résultats de ses
observations concrètes de divers comportements, celui de la chenille
de Myelois, celui d'une araignée, VArgiope, et surtout celui de divers
Sphégiens.
Or chacun de ces comportements apparaît comme constitué par
une série de réflexes dont chacun est autonome et indépendant, et
résulte, non des actes antérieurs, mais des stimulations externes ;
si l'ordre de celles-ci change, l'ordre des réflexes change également.
Un premier excitant (par exemple une vibration de la toile de
PArgiope), agit pour placer l'animal (attiré au centre de la toile),
en présence d'un second excitant (le contact de la proie), qui déter
mine à son tour un acte réflexe (enveloppement de la proie), lequel,
supprimant les vibrations, entraîne la provocation d'un autre ré
flexe (de morsure).
A la succession des conditions s'ajoute ou se substitue aussi fr
équemment une modification physiologique de l'organisme, ce qui
entraîne des modes différents de réponse aux excitants extérieurs.
L'un quelconque des réflexes, ou même la série entière, n'aboutit
pas forcément à un résultat utile ; il est souvent, sinon nuisible, du
moins inutile.
La question de l'instinct envisagée à ce point de vue scientifique
des mécanismes du comportement, perd tout son mystère ; inutile
de parler de prescience ou d'intuition.
En se penchant tout près des phénomènes, on ne voit plus rien
d'étonnant. Mais l'analyse commence ; elle est loin d'être achevée.
H. P.
H.-N. WIELMAN. — The unique in Human Behavior {La caracté
ristique du comportement humain). — Ps. Rev., XXIX, 6, 1922,
p. 414-424,
Chez les animaux inférieurs, on trouve déjà les réflexes intégrés
dans une série de petites « unités de comportement » : marcher, grimp
er, mâcher, etc. Celles-ci à leur tour s'intègrent en groupes plus
larges, qui sont les instincts, dont la fonction est d'assurer à l'animal
la nourriture, la protection contre le danger ou les intempéries, ou
de permettre l'élevage des jeunes. Chez l'homme, nous trouvons les
instincts eux-mêmes, intégrés dans des systèmes étendus, les intérêts.
Ce sont ceux qui caractérisent le comportement humain. Ils diffèrent
des instincts par leur complexité. 262 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'intérêt n'est pas le résultat des conditions artificielles dans les
quelles se développe l'homme. C'est au contraire lui qui est la cause
de la civilisation, bien loin qu'il en soit le produit. C'est la civilisa
tion qui est le produit du comportement humain.
Quelle est donc la différence essentielle entre l'instinct et l'inté
rêt ? Le comportement instinctif est l'adaptation de l'organisme à
une situation spécifique (particulière), tandis que le comportement
intéressé est l'adaptation à des situations de plus en plus générales
et variées : il est par essence progressif : à la limite, il est l'adap
tation à la totalité du monde. Par exemple, l'homme, comme l'ani
mal, recherche sa nourriture : mais il ne la cherche pas seulement
pour aujourd'hui, mais aussi pour demain ; il veut qu'elle soit abon
dante, variée, bien présentée ; il veut des magasins pour l'abriter,
une société agréable, pour faire le repas en commun, etc. Au terme
de ce progrès, le repas est même mis en relation avec la conception
générale du monde, il devient une cérémonie religieuse. — • L'animal
nourrit et défend ses petits : Mais l'homme fait plus : il le pare, il le
berce de chants, il en fait le centre de toute une série d'activités
littéraires, sociales, religieuses.
Le jeu, chez l'homme est profondément différent du jeu chez
l'animal : ce dernier, c'est l'exercice d'une forme d'activité qui
n'est pas encore parvenue à maturité. Le petit chien joue à être un
grand chien. Mais le petit enfant joue à être non seulement un
homme, mais un chien, un cheval, une voiture, un train, etc. La
caractéristique du jeu humain est la tendance à élargir le champ
de l'expérience.
Chez l'homme, d'ailleurs, instinct et intérêt coexistent. La lutte
décrite par Freud entre l'inconscient et le contrôle est en réalité la
lutte entre l'instinct et l'intérêt. La « culture », résultat de l'int
égration des nombreuses réactions diverses à l'origine et antagonistes,
donne à l'homme, dans la majorité des cas, la réponse adéquate à la
situation avec le minimum de difficultés. Mais il y a toujours des
cas exceptionnels, où la réaction n'est pas prévue, ou bien où elle
n'est pas appropriée. C'est ce résidu qu'on nomme l'inconscient (au
sens freudien).
En résumé, le comportement des animaux inférieurs est déter
miné par l'anticipation de certaines situations spécifiques ; le com
portement humain par l'anticipation d'un très grand nombre d&
situations possibles, et à la limite, de cet ensemble de situations
qu'on appelle le monde. La philosophie est une tentative réfléchie
pour définir l'ensemble de ces situations. La religion est la réponse,
de caractère personnel, que fait l'homme à cet ensemble des choses
inconnues. La science limite volontairement son effort à certaines
relations faciles à saisir, pour s'en rendre plus complètement maître.
L'art est la représentation symbolique de possibilités d'expérience
encore inexplorées. L'amour est la réponse personnelle à la perspec
tive de toutes les expériences possibles qu'on peut réaliser par le
commerce avec la personne aimée. Ce sont là les traits caractéris
tiques du comportement humain.
G. P. ■
PSYCHOLOGIE COMPAREE 263
HANS VON HEUTIG. — Reactions of animals to changes in phys
ical environnement. I. Animal and Earthquake [Réactions des
animaux à des changements dans le milieu physique. I. L'animal
et les tremblements de lerre). — J. of. comp. Ps., III, 1, 1923, p. 61-71.
L'auteur a dépouillé un très grand nombre de relations de trem
blements de terre et réuni une documentation très riche, mais né
cessairement un peu confuse, sur les effets des séismes sur toute
sorte d'animaux, mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, insectes, etc.
Il conclut qu'il ne s'agit pas seulement d'effets mécaniques, mais
que les changements dans le comportement doivent se rattacher à
des actions bio-physiques inconnues. Dans de nombreux exemples
ces précèdent et annoncent les phénomènes géolo
giques apparents.
P. G.
F. BIERENS DE HAAN. — Sur les représentations des animaux.
— Ar. de Ps., XVIII, (71), 1922, p. 255-258.
L'auteur discute la conception de Volkelt (Ueber die Vorstellungen
der Tiere, Leipzig, 1914), qui attribue aux animaux des perceptions
d'ensemble sans différenciation, analogues aux perceptions « syn-
crétiques » dans les premiers stades du développement mental de
l'enfant d'après Claparède.
Ainsi une araignée se précipite sur une mouche dans sa toile, mais
fuit quand une mouche se trouve dans son nid, parce qu'elle réa
girait de façon différente à l'ensemble, mouche — dans —la — • toile,
ou à cet autre, monche — dans — le — nid, et ne réagirait pas à la
mouche comme telle.
Mais, dit l'auteur, si je vois un animal dangereux dans une cage
et si, un jour, je le vois avec la porte de la cage ouverte, le fait que
je m'enfuirai ne prouvera pas que je ne réagis qu'à un ensemble
perceptif ; les conditions sont changées, mais je perçois toujours
l'animal comme tel, l'araignée peut faire de même vis-à-vis de la
mouche.
Les observations de Buytendijk à propos des recherches de De
Jong sur le chien manipulant le levier d'une boîte et ne le faisant
plus — du moins au début — quand la boîte est renversée, ne lui
paraissent pas plus probantes en faveur de la conception de Volkelt.
H. P.
A. GHAPPELLIER. — Régime alimentaire des corbeaux freux
et « moyens de défense » des Insectes. — Bull, de la Soc. entomol.,
de Fr., 1923, 4, p. 73-75.
Ayant examiné le contenu stomacal de jeunes corbeaux encore
nourris par leurs parents, l'auteur a trouvé des nécrophores, des ca
rabes, des hannetons, des hémiptères en quantité, tous animaux qui
paraissent « protégés » par leurs sécrétions, leur mauvais goût.
C'est donc que « les oiseaux consomment normalement des insectes
dont l'odeur nous répugne, ou que leurs sécrétions rendent nuisibles
à l'homme, et nous pouvons conclure, avec Judd, qu'il ne faut pas
généraliser de l'homme aux autres animaux, en disant qu'un insecte 264 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
qui nous donnerait la nausée ou irriterait notre langue, doit produire*
le même effet sur une corneille. »
C'est, en effet, d'une prudence élémentaire, mais trop souvent
méconnue.
H. P.
b) Tropismes. Mécanismes nerveux. Fonctions sensorielles
H. EHRARD. — Kritik von J. Lœb's Tropismenlehre auf Grundr
fremder und eigener Versuche (Critique de la théorie des tropismes
de J. Loeb, fondée sur des recherches étrangères et personnelles). • —
Zool. Jahrbücher. Allg. Zool. und Physiol. der Tiere, 39, 1, 1922,
p. 1.
L'auteur affirme que les réactions des animaux sont dirigées par-
une finalité intrinsèque et qu'il n'existe que des différences quanti
tatives entre les réactions mécaniques, instinctives et volontaires.
La plupart des tropismes seraient des instincts fixés par l'hérédité,,
ou acquis dans la vie individuelle de l'animal ; s'ils paraissent quel
quefois nuisibles, c'est que les conditions de vie sont artificielles.
Dans ses recherches sur les Planaires, il trouve que ces animaux,,
placés entre deux écrans noirs, se dirigent, en nombre égal, vers l'un
ou l'autre écran, et non entre les deux ; lorsque les yeux d'un côté
sont enlevés, l'animal continue à réagir normalement à la lumière,
à l'opposé de ce qu'implique la théorie de Loeb ; seul le galvanotro-
pûwne est bien une réaction forcée, mais il ne s'agit pas d'un excitant
naturel.
H. P.
S.-O. MAST. — Reactions to Light in the Larvae of the Ascidians
Amaroucium constellatum and Amaroucium pellucidum with:
special reference to photic Orientation (Réactions à la lumière chez
les larves d'Ascidies,..., spécialement au point de vue de V orientation
vis-à-vis de la lumière). — J. of. exp, Z, 34,2, 1921, p. 149-187.
Les larves des Ascidies étudiées sont semblables à des têtards,,
mais possèdent un œil unique, localisé latéralement à la partie pos
térieure du corps, près la base de la queue, et formé d'une cupule
pigmentée surmontée d'une lentille, et de terminaisons nerveuses
optiques.
En sortant des colonies, les larves sont fortement photo tropiques
positives, pour un court moment, et deviennent photonégatives ;
elles nagent, grâce à des mouvements de la queue, en tournant rap
idement et constamment autour de leur axe longitudinal ; elles ont
des périodes alternatives d'activité et de repos.
Quand la lumière diminue brusquement, les individus au repos,-
positifs ou négatifs, deviennent actifs, les individus déjà en mouve
ment réagissent en changeant leur direction, les positifs tournent à
l'opposé du côté de l'œil, les négatifs vers le côté de l'œil ; ces derniers-
tournent à l'opposé pour un accroissement de luminosité, les autrea
n'y réagissant pas. PSYCHOLOGIE COMPAREE 265
La réaction se fait assez vite pour que, en passant la main le plus
vite possible devant le microscope, la queue d'individus fixés tourne
d'un côté ou de l'autre à chaque mouvement de la main.
La réaction dépend de la vitesse du changement de luminosité t
qui doit être suffisamment brusque.
Par des mouvements de la lumière ou du têtard lui-même, entraî
nant des changements dans l'éclairement des terminaisons optiques,,
on obtient les mêmes réactions que par le changement dans l'écla
irement général du champ.
L'orientation de ces têtards résulte d'une série de réactions de
choc par variation d'éclairement oculaire, à la suite des rotations du.
corps autour de l'axe longitudinal ; les réactions cessent quand,
l'orientation obtenue, la rétine est constamment dans le même éclai-
rement ; et ensuite la marche continue en direction droite tant qu'une
cause n'intervient pas pour la faire varier. L'orientation ne dépend
pas de réceptions par des organes symétriques, comme l'implique la
théorie de Gandolle-Verworn, admise par Loeb.
H. P.
S.-O. MAST. — Photic orientation in Insects with special reference
to the Drone- Ply, Eristalis tenax and the Robber fly, Erax rufi-
barbis [Orientation vis-à-vis de la lumière chez les Insectes, en part
iculier le faux bourdon et la mouche voleuse). — J. of. exp. Z, 38,..
1, 1933, p. 109-205.
Importante étude dans laquelle l'auteur, qui avait déjà publié
une note préliminaire (Cf. An. Ps., XXIII, p. 280), discute, en invo
quant ses expériences personnelles, et les nombreuses recherches
des auteurs, la théorie qui fonde sur des variations asymétriques de
tonus les processus d'orientation des animaux vis-à-vis de la lu
mière, théorie qui remonte à De Candolle (1832) pour les plantes, à
Verworn (1894) pour les protozoaires, et fut étendue aux animaux
par Bohn et Loeb (quand celui-ci en 1906, abandonna sa concept
ion de 1888, celle de Sachs, sur l'influence de la direction des rayons
pénétrant dans les tissus).
Les deux mouches étudiées, photopositives, se tournent vers la lu
mière immédiatement si on les éclaire latéralement ; si deux sources,
les éclairent, elles se tournent vers un point situé entre les sources.
En enlevant une patte antérieure d'un côté, l'orientation se fait
aussi bien, en enlevant deux pattes, elle se fait encore après quelque
hésitation. Ceci indique que l'orientation ne dépend pas néces
sairement de l'action égale ou équilibrée sur les appendices loco
moteurs des deux côtés.
Quand la mouche est orientée vis-à-vis de la lumière venant de
deux sources inégales sur une ligne horizontale, on constate que les
deux yeux ne reçoivent pas une égale quantité de lumière, ce qui
est aussi contraire à la théorie (mais, sur ce point, il n'y a pas une
démonstration concluante, faute de données quantitatives précises).
Si l'on couvre un œil quelconque, avec section des pattes d'un
seul côté, l'orientation vis-à-vis de la lumière se fait aussi bien
côté que de l'autre ; lorsque l'on a couvert l'œil du côté opposé aux
pattes enlevées, on constate, par éclairement de parties différentes 266 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de l'œil fonctionnant, que les différentes régions oculaires entraînent
des réactions propres : l'éclairement de la surface postérolatérale
entraîne des mouvements en arrière des pattes du côté normal,
l'éclairement latéral, des mouvements latéraux, l'éclairement de la
région antérieure des en avant, enfin de
laTégion an ter o- médiane, des en avant et vers la ligne
médiane.
On peut, chez Erax, susciter, sans mouvement, une inclination du
corps du côté de la lumière, inclination d'origine tonique, qui per
sistera longtemps, alors même que la lumière sera supprimée (ce
qui est invoqué contre la théorie de Garrey sur le tonus d'origine
lumineuse). Ces phénomènes n'expliquent pas l'orientation, qui se
produit par un mécanisme actif, tout différent.
Avec un 'œil couvert, à éclairage diffus, les mouches tournent
en cercle du côté de l'œil normal, le cercle étant plus étroit quand la
lumière est plus intense. Mais l'Eristale (non l'Erax), après une
déviation en cercle finit par s'orienter correctement vis-à-vis d'un
flux lumineux, avec un seul œil. Il n'y a donc pas nécessité
éclairage égal des deux côtés.
L'orientation résulte d'une série de réflexes coordonnés, condui
sant l'animal à se tourner vers la région où la surface réceptrice
d'un œil reçoit la plus grande stimulation ; lorsque les deux yeux
reçoivent des stimulations égales, tendant chacune à susciter des
réflexes d'orientation opposés, les effets s'annulent; ce n'est pas
parce que les membres de chaque côté entrent en lutte les uns avec
les autres, mais parce qu'ils ne reçoivent plus les stimulations (mé
canisme nerveux central coordinateur).
Mast envisage encore l'action des stimulations intermittentes
(d'après les travaux de Dolley), avec des considérations ingénieuses
mais, à mon avis, tout à fait erronées, et la validité, qu'il juge limi
tée, de la loi de Bunsen-Roscoe (qui n'a rien d'essentiel à voir dans
ce débat, comme l'auteur le note justement).
Il conclut, à l'encontre de la théorie tonique de l'orientation, que
celle-ci dépend d'une série de réflexes coordonnés.
Si on laisse de côté les exagérations des théories trop simplistes
du phototropisme, il faut d'ailleurs noter qu'entre les modifications
de tonus et les mouvements il n'y a pas de différence essentielle, les
variations toniques résultant aussi, chez les animaux, de réflexes
coordonnés.
Le fait intéressant, mis en évidence par Mast, est celui de l'action
réflexogène spécifique des différentes surfaces de chaque œil, suffi
sant à assurer une orientation correcte. Cela est à rapprocher des
phénomènes généraux de fonctionnement unilatéral d'organes des
sens symétriques chez les vertébrés, le labyrinthe par exemple,
après perturbation passagère due à un déséquilibre des coordinations
iondées sur des impulsions réflexogènes symétriques.
H. P. ■
PSYCHOLOGIE COMPAREE 267
W.-H. COLE. — Circus movements of Limulus and the tropism
theory [Mouvements de manège de L. et la théorie du tropisme). —
J. of gen. Ph., 5, 4, 1923, p. 417-426, et Pr. of N. Ac. of Se, 9, 1,
1923, p. 30-32.
La Limule est positivement phototropique et exécute des mouve
ments de manège vers le côté normal si l'on a enlevé un œil latéral,
à condition de couvrir ou d'enlever aussi l'œil médian.
Le phototropisme est d'ailleurs facilement modifié ou aboli
(action du froid, de la faim, du stéréotropisme, de la photokinésie
même et de multiples stimuli inconnus). Quoi qu'il en soit de ce
point, la partie intéressante de l'étude de Cole a consisté à enregistrer
sur du verre, en suivant la trace de l'animal, les chemins parcourus,
et à noter ainsi le rayon du cercle de rotation dans le mouvement de
manège. Or le rayon est d'autant plus court, et par conséquent le
mouvement de manège plus accentué, que l'intensité
d'éclairement est plus grande.
Ainsi l'angle de rotation par centimètre a des valeurs de 4°78,
5°23, 6°73 pour des éclatements respectifs de 900, 2.000 et 8.000 bm.
Si, d'après ces chiffres de l'auteur, nous ramenons à 1 l'éclaire-
ment le plus faible et l'angle le plus petit de rotation correspondant,
nous trouvons, pour des éclairements de 1 ; 2, 2 ; et 8,8, des rota
tions de 1 ; 1, 1 ; et 1,4, la croissance ayant une allure moins rapide
encore que si l'on appliquait la relation logarithmique. Que la théorie
des tropismes de Loeb s'applique de façon satisfaisante, c'est
l'opinion de l'auteur, mais les faits peuvent très bien s'expliquer
indépendamment de cette théorie, les réactions révélant les lois
propres aux mécanismes récepteurs, et non les lois des processus
réactionnels comme tels, confusion toujours commise par l'école de
Loeb. Notons encore une influence excitatrice de la lumière (dont
on n'est pas très sûr qu'elle ne s'accompagne pas et ne s'explique
pas dès lors, en partie au moins, par une élévation de température
de l'animal éclairé, étant données les grandeurs du rayonnement atte
ignant l'animal) : la vitesse de locomotion croît avec Péclairement ;
l'espace parcouru en une minute est de 157Cm, avec 900 bm., de
167 avec 2.000 et de 178 avec 8.000. Si nous ramenons encore les
chiffres de l'auteur à une même échelle, pour des éclairements de 1 ;
2, 2 ; et 8,8, les vitesses sont de 1 ; 1,06 ; et 1,13.
Chez la Drosophile, Gole a constaté une influence analogue de
Péclairement sur la vitesse de locomotion (Note on the relation
between the photic stimulus and the rate of locomotion in Droso-
phila, Science, 1922, 55, p. 678).
H. P.
PIERRE P. GRASSE. — Sur le phototropisme de quelques C-iquets.
— B. B., 89, 1923, p. 898-900.
En plaçant les Criquets dans un faisceau de lumière parallèle, on
les voit, sur surface horizontale, se diriger vers la lumière, souvent
en ligne droite, mais souvent aussi avec des détours et des retours,
exception « au moins apparente, à une des lois fondamentales des
iropismes ». 268 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Des criquets réunis en grand nombre (une cinquantaine), ne
réagissent pas à la lumière comme les individus isolés : car le départ
de quelques-uns entraîne celui d'individus immobiles (qui, restés
seuls, ne réagissent souvent qu'après environ 30 minutes).
Quant un criquet, marchant vers la lumière, rencontre une surface
verticale, il grimpe et s'immobilise. L'auteur exprime le fait en di
sant que « le géotropisme négatif inhibe, au moins partiellement, le
phototropisme positif » ce qui lui paraît être d'une importance
« incontestable ».
H. P.
A.-R. MOORE. — Galvanotropism in the Earthworm {Le galvano-
tropisme chez le ver de terre). — • J. of gen. Ph., 5, 4, 1923, p. 453-
459.
Enrapplîquant deux électrodes de coton imbibé sur les deux faces des
segments médians du corps du lombric, on obtient une flexion, une
incurvation du côté de la cathode ; quand on place les électrodes
longitudinalement, la cathode étant à la tête, il y a contraction de
la musculature circulaire et extension de l'animal ; quand c'est l'anode,
il y a contraction de l'animal, par mise en jeu des muscles longitudi
naux. Les récepteurs cutanés étant éliminés par anesthésie au ma
gnésium, les faits sont les mêmes ; en revanche, si la corde nerveuse
est enlevée, ces réactions disparaissent. Il y aurait une action élective
du courant suivant la position des électrodes sur des groupes cellu
laires différents, en raison de leur disposition.
Mais en quoi peut-il s'agir d'un tropisme ? La contraction d'un
muscle électriquement excité est- elle un tropisme ?
H. P.
DAVID KATZ. — Kleine Beiträge zur angewandten Tierpsycho-
logie [Petite contribution à la psychologie animale appliquée). —
Z. für Ps., XCIII, 1923, p. 283-286.
Recettes pratiques pour tuer les mouches et moustiques, fondées
sur leur psychologie (?). L'auteur marque, comme notions à carac
tère général, que la mouche voit moins bien en mouvement, qu'au
repos ; que le phototactisme positif s'exerce surtout quand l'o
rganisme souffre.
I. M
C. HEYMANS et A. -R. MOORE. — Action des ions sur la lumines
cence et les pulsations de Pelagia noctiluca. — B. B., 89, 1923,.
p. 430-432.
Etude d'une méduse dont l'ombelle a des mouvements ryth
miques, et qui émet une luminescence exclusivement nocturne, lo
cale sous l'influence d'une excitation faible, générale par une exci
tation forte. A côté des études chimiques (montrant une influence-
nécessaire des ions Ca et K de l'eau de mer, et établissant la na
ture chimique de la réaction de luminescence liée à une sécrétion
glandulaire), on peut noter que le processus lumineux, soumis à PSYCHOLOGIE COMPAREE 269
une régulation nerveuse, est inhibé par l'exposition à une source
de lumière (comme Allman, Peters, Heinemann l'ont établi pour
•d'autres invertébrés luminescents), et proportionnellement à l'i
ntensité de celle-ci, la réaction lumineuse locale persiste, mais c'est
la luminescence générale qui est supprimée. L'inhibition arrête la
transmission nerveuse génératrice de la réaction.
H. P.
MARCO FEDELE. — Sulla organizzazione e le caratteristiche
funzionali dell' attivita nervosa dei Tunicati. I. Ricerche sul sis-
tema nervoso periîerico degli Ascidiacea. II. Attivita riflesse ed
effettori autonomi negli Ascidiacea. — Atti délia R. Ace. dei Lin-
cei, 32, 1923, p. 98-102 et 184-188.
Etude des dispositifs récepteurs : cellules sensorielles piriformes
de fonction tactile répandues partout ; et appareils différenciés s
itués dans la cavité et le siphon cloacal, analogues à l'organe décrit
chez les Salpes (Un nuovo organo di senso nei Salpidi, Monit. zool.
ital., 31, p. 10), comprenant une cupule sensitive richement innervée
avec des cellules de type tactile et un capuchon membraneux ten-
taculiforme ; ces appareils, à voies nerveuses définies et polarisées,
serviraient à la perception des pressions et excitations hydrostat
iques des courants.
Il n'y a pas de centres nerveux diffus, de réseaux amenant les
réflexes sans participation des ganglions ; en revanche la musculat
ure est un appareil effecteur autonome répondant de façon directe
aux stimulations.
L'étude des réflexes ganglionnaires, en particulier chez Ciona in-
testinalis permet de distinguer : un réflexe dépressif (fermeture des
deux orifices par contraction simultanée pour un contact léger ou
des vibrations du milieu) ; un réflexe protecteur (stimuli plus violents
ou répétés, une du corps accompagne la fermeture des
orifices) ; un réflexe expulsif (expulsion pharyngée avec
cloacale, pour des stimulations chimiques surtout) ; enfin un réflexe
égestif (expulsion cloacale pour une excitation de la cavité du
cloaque, avec fermeture du siphon ingestif).
H. P.
RUDOLF BRUN. — Vergleichende Untersuchungen über Insek
tengehirne mit besonderer Berücksichtigung der pilzhutförmigen
Körper (Corpora peduneulata Dujardini) (Recherches comparées
sur les cerveaux d1 Insectes, et en particulier sur les corps pédoncules).
Ar. Su de Neur., XIII, 1-2, 1923 (jubilé (Monakow), p. 144-172.
Les corps pédoncules sont des formations particulièrement déve
loppées dans le cerveau des Hyménoptères sociaux et auxquels on
attribue un rôle psychique important.
L'auteur, comparant deux espèces de fourmis, F. rufa et F. fusca,
trouve chez la première un développement plus considérable des
centres céphaliques et particulièrement des corps pédoncules, à
taille égale : La mesure des surfaces de section donne respectivement
9.360 et 5.864 pour l'ensemble, 2.780 et 1.634 pour les corps pédonc
ules (29,7 et 27,8 0/0). Or F. fusca est biologiquement moins évoluée

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