— Psychométrie et psychophysique - compte-rendu ; n°1 ; vol.1, pg 455-465

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L'année psychologique - Année 1894 - Volume 1 - Numéro 1 - Pages 455-465
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1894
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X. — Psychométrie et psychophysique
In: L'année psychologique. 1894 vol. 1. pp. 455-465.
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X. — Psychométrie et psychophysique. In: L'année psychologique. 1894 vol. 1. pp. 455-465.
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PSYCH0MÉTR1E ET PSYCHO-PHYSIQUE
SOMMAIRE
Temps de réaction et attention : Expériences de Bliss, de Cattell. — In
fluence de l'intensité du stimulus sur la réaction : Expériences de Bryan,
de Slattery. — Temps d'accommodation : Seashore. — Temps de recon
naissance : Titchener. — Temps de comparaison : Münsterberg. — Autres
questions relatives au temps de réaction : Dolley et Cattell, Witmer. —
La méthode des cas vrais et faux : Kämpfe.
C. BLISS. — Recherches sur les temps de réaction et l'attention.
(Annales du laboratoire de Yale (1893), p. 1-55.)
I. Dispositif. — Le signal et la réaction au signal s'enregistrent sur
un cylindre de Marey par un signal de Deprez et le courant d'une
bobine de Rhumkorff traverse ces deux instruments à chaque signal
et à chaque réaction. En même temps le signal de Deprez inscrit
100 vibrations de diapason à chaque seconde. Ces vibrations sont
développées assez largement pour pouvoir être divisées chacune en
10 parties. Grâce à une clef spéciale, un courant traverse la bobine au
moment du signal et de la réaction : il en résulte, entre le cylindre et
la pointe du Deprez, une étincelle qui fait mouche sur le noir de
fumée à l'endroit précis de la vibration en cours d'inscription : de
même pour la réaction. En divisant la vibration en 10 parties, on a
le 1 /1000e de seconde. — La clef qui ouvre et ferme les courants est
un manipulateur télégraphique qui peut :
1° Ouvrir ou fermer un circuit ;
2° Fermer simultanément deux circuits ;
3° Les fermer ensemble et en ouvrir ensuite un troisième ;
4° Fermer un circuit et en ouvrir en même temps un autre;
5° deux circuits en même temps qu'elle en ouvre un tro
isième ;
6° Ouvrir un circuit juste avant d'en fermer un autre;
1° un et le fermer l'instant d'après.
Le sujet est seul dans une chambre absolument isolée *, et réagit au
(1) Trop isolé. Les expériences mêmes de M. Bliss montrent que les causes
psychologiques de distraction l'emportent de beaucoup sur les
physiques ; de plus, il faut que les réactions soient naturelles. J. P. 456 L'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. 1894
son transmis par le téléphone. Un intervalle moyen et irrégulier1
d'environ 2 sec. 1/2, sépare le signal de l'avertissement. — Les calculs
ont été faits selon la loi de Holman : prendre une moyenne provisoire
en n'éliminant que les cas franchement douteux et calculer la varia
tion moyenne : après quoi l'on retranche de la série, pour la moyenne
définitive, tout ce qui est hors du quadruple de la variation provi
soire.
II. Causes de distraction. — 1° Influence de sensations de couleurs
différentes ou de simple lumière. — Les couleurs ne semblent pas modif
ier beaucoup les temps de réaction ; mais ils deviennent, dans l'obs
curité, plus courts et moins réguliers qu'à la lumière (153 cr et V M.
18 — au lieu de 160 a et V M. 14 à la lumière; cette différence de 4 t
peut même descendre jusqu'à 2 a). Si l'on passe brusquement de
l'obscurité à la lumière, et surtout si la lumière oscille, les temps
s'allongent et deviennent irréguliers.
2° Influence du son. — Le son continu n'influe pas beaucoup sur
les temps de réaction : (153 a et 12 V M. pendant le silence. — 152
et 18 V M. pendant le bruit d'un diapason à 250 vibrations) ; mais le
bruit irrégulier d'un métronome allonge les réactions et leurs varia
tions moyennes.
Les réactions sont plus courtes lorsque le signal arrive aux deux
oreilles à la fois.
III. Contrôle de la conscience. — Durant ces expériences, le sujet
devait s'observer et noter ses impressions au passage. Cette étude a
donné lieu à de curieux résultats.
Wundt prétend qu'un signal sonore assez fort pour s'imposer déter
mine des réactions musculaires, parce que nous négligeons alors le
côté sensoriel pour donner toute l'attention au côté moteur. — Or-
non seulement le signal sonore était intense, mais encore les réac
tions étaient souvent anticipées, ce qui indique (d'après Wundt) des
réactions nettement motrices. — Cependant le sujet était convaincu
qu'il donnait des réactions sensorielles ; il s'appliquait à les donner
telles, et n'éprouvait qu'une fatigue mentale, au lieu de la fatigue
musculaire qui accompagne toujours (d'après Wundt) les réactions
motrices.
Les réactions sensorielles impliquent aperception; c'est pourquoi
elles sont plus longues que les réactions motrices, qui sont de simples
réflexes cérébraux. Telle est la thèse de Wundt. Or il est arrivé que
certaines réactions, réflexes au point de devancer la volonté de réagir,
ne différaient cependant pas, numériquement, des autres de la même
(1) L'irrégularité de l'intervalle empêche le sujet de réagir automatique
ment. — Le meilleur intervalle pour obtenir toute l'attention est de 2"
d'après Lange. — 2",25 d'après Sitel — 2",5 d'après Wundt, Mehner et
Glass — 2"8 d'après Bertels. CATTELL 457
série. — Mais Wundt a raison de considérer comme une preuve du
réflexe le fait de réagir dès l'avertissement. Martius le conteste parce
■qu'il a vu des réactions sensorielles anticipées : cela prouve simple
ment que ces étaient aussi des réflexes.
IV. Attention. — Celle que le sujet donnait à ces expériences était
un mélange de plusieurs formes d'attention. On peut, en effet, distin
guer : 1° l'attention intellectuelle (une idée claire) ; 2° l'attention ner
veuse (contrôle de la force nerveuse) ; 3° l'attention sensorielle (cons
cience de l'état des diverses parties de notre corps) ; 4° l'attention
musculaire (contrôle de l'état des muscles) ; 5° l'attention préparat
oire (consistant en une tension modérée des nerfs, une préparation
des muscles, et un effort pour se mettre en mouvement : le sujet
passe rapidement de l'un à l'autre de ces trois états) ; 6° enfin l'a
ttention peut être latente : elle sommeille.
Aucune de ces attentions n'était la seule qu'employât le sujet : il y
avait un mélange de toutes, avec prédominance de l'une ou l'autre,
selon les cas. Si l'on distinguait deux consciences, on pourrait dire
que la principale était attentive au son, et la secondaire au mouve
ment.
V. Mouvements de réaction. — Leur plus ou moins de rapidité peut
modifier beaucoup la durée des réactions.
Dresslar a montré que le temps nécessaire pour ouvrir et fermer
300 fois un manipulateur avec l'index, varie selon les individus et
selon leur état mental et physique. Bryan établit que ce temps varie
chez les enfants, en raison de leur âge et de leur développement. Re
prenant ces recherches à l'aide d'une clef de fermeture spécialement
disposée, M. Bliss a constaté que le temps nécessaire à l'exécution des
mouvements identiques varie dans tout le cours de la série. Au bout
de 10 secondes de mouvements continus, la fatigue retarde peu à peu
le mouvement : les autres variations paraissent provenir de l'atten
tion. Pour contrôler ces dernières variations, M. Scripture demandait
au sujet de maintenir l'extrémité d'une plume de tambour à air, bien
en face d'un point fixe ; un second tambour relié au premier enre
gistre les variations d'attention traduites par des variations dans la
position de l'extrémité de la plume.
J. Philippe.
MAC-KEEN CATTELL. — Errors of Observation in Physics and Psy
chology [Erreurs d'observation en physique et en psychologie).
(Amer. J. of Psych., V, p. 285-293, avril 1893.)
Dans les études sur les relations entre le stimulus extérieur et la
sensation (psycho-physique), ce qu'on appelle la plus petite différence
perceptible a été considéré dans deux significations différentes l'année psychologique. 1894 458
pour les uns, il s'agit dans ces expériences d'une augmentation dans
l'intensité de la sensation. (Ainsi, un poids étant perçu, il faut, pour
que le sujet perçoive une augmentation, qu'on ajoute un second poids
égal au cinquième du premier; pour la plupart des auteurs, ce fait est
interprété dans le sens suivant : la sensation croît moins vite que l'ex
citation; elle croît comme le logarithme de l'excitation; pour qu'on
perçoive une sensation plus forte, il faut qu'on ajoute tel stimulus.)
Pour d'autres, la plus petite différence perceptible est tout simple
ment une erreur d'observation, ou une quantité proportionnelle à
l'erreur d'observation ; ce qu'on mesure en psycho-physique, ce ne
sont donc pas des sensations, mais des erreurs de perception. Ce
point de vue différent entraîne des conséquences curieuses : d'abord,
il n'y a plus de différence perceptible absolue, il n'y a plus de seuil de
conscience, comme l'admet la psycho-physique, qui soutient qu'avec
une certaine quantité de stimulus il y a sensation. En second lieu,
l'augmentation de grandeur des erreurs d'observation, à mesure que
l'intensité du stimulus augmente, est due à des facteurs nombreux,
dont le principal est la sommation des erreurs. Pour la première
interprétation, l'erreur d'observation croît en proportion directe du
stimulus : pour la seconde interprétation, elle croît comme la racine
carrée du stimulus. L'expérience n'a pas encore décidé quelle est la
vraie de ces deux interprétations. A. Binet.
CATTELL. — Aufmerksamkeit und Reaction (Attention et réaction).
(Phil. Stud., VIII, p. 402-406.)
L'auteur, qui a fait il y a quelques années au laboratoire de Wundt
un nombre immense de réactions, reprend la question des réactions
sensorielles et motrices.
Quelques mots d'historique sont ici nécessaires. On sait ce qu'est
une réaction simple ; elle consiste à faire un mouvement aussi rapide
ment que possible, dès qu'on perçoit un signal convenu d'avance,
par exemple un son. Un élève de Wundt, Ludwig Lange, a trouvé
en 1886 (Phil. Stud., IV, p. 479) que la réaction est plus longue quand
le sujet fixe son attention sur le signal que quand il fixe son atten
tion sur le mouvement à exécuter ; la différence de temps entre ces
deux réactions, dont la première est appelée réaction sensorielle et la
seconde réaction motrice, serait considérable, de 10 centièmes de environ ; ainsi, chez un sujet de L. Lange, la réaction sensor
ielle était de 0",22 et la réaction motrice de 0",12. Ces résultats, acceptés
par Wundt, ont donné lieu à un nombre considérable de discussions
et de recherches de contrôle de la part de Martius, Dwelshauvers,
Külpe, Titchener, Dessoir, Bliss, Baldwin, Bolton, van Biervliet,
Flournoy. Cattell est de ceux qui s'opposent le plus énergiquement à
la distinction de Lange.
Au lieu de décrire exactement avec beaucoup de détails ce que lui DOLLEY ET CATTELL 459
et ses deux sujets comprennent sous le nom de réactions sensorielles et
motrices et quel est l'état mental pendant ces deux genres de réac
tious, l'auteur ne donne que les définitions brèves que les réactions
motrices sont celles où le sujet porte son attention sur le mouvement
à exécuter et dans les réactions sensorielles il la porte sur la sensa
tion; mais pendant que le sujet porte son attention sur la sensation
par exemple, il ne doit pas oublier le mouvement à exécuter ; il y
a donc ici deux choses à réunir; certaines personnes le font plus
facilement, d'autres au contraire plus difficilement; enfin il faut
s'entendre sur ce que l'on appelle fixer son attention sur la sensa
tion en pensant tout de même au mouvement à exécuter ; il nous
semble que pour arriver à quelque résultat précis il ne suffit pas de
mesurer les temps à 1 millième près, mais il faut bien plutôt
rapporter les observations internes des sujets, et essayer d'analyser
par ce moyen la question tant discutée par différents auteurs. Cattell
l'a négligé, ainsi du reste que presque tous les auteurs qui se sont
occupés des réactions; il ne trouve pas de différence entre les réac
tions qu'il appelle motrices et sensorielles; de pareils résultats n'ont
pas beaucoup de valeur pour nous puisqu'on ne sait pas au juste à
quel état mental ils correspondent.
Victor Henri.
CHARLES S. DOLLEY et J.-M.-K. &YTTELL. — Les temps de réac
tion et la vitesse de l'influx moteur. (Psych. Rev., I, n° 2, mars i 894,
p. 159-168.)
Communication préliminaire d'un travail beaucoup plus étendu
qui sera imprimé dans les Mémoires de V Académie nationale des
sciences d' Albany. Les auteurs, dans des recherches très longues
dont le but était de mesurer au moyen de la psychométrie la vitesse
de l'influx nerveux dans les nerfs sensitifs et moteurs, ont employé
des excitants électriques et tactiles. Pour l'excitation électrique, un
électrode formé d'une surface de platine de 10 millimètres de dia
mètre était appliqué sur le point de la peau à exciter, tandis que
l'autre électrode était en rapport avec un seau d'eau salée dans lequel
le sujet plongeait le pied gauche. Avec un courant galvanique de
28 piles, on trouve que les deux pôles ne donnent point la même
sensation. Le pôle positif étant appliqué sur la lèvre supérieure, il y
a une sensation de picotement, une saveur forte et un éclair de
lumière ; le pôle négatif donne un léger choc, un éclair de lumière,
point d'impression gustative, mais la sensation extrêmement dou
loureuse d'une pointe qui s'enfonce ; le muscle se tétanise et une
ampoule se forme. Le courant du pôle négatif est donc plus intense,
et celui du pôle positif plus diffus, s'étendant davantage aux organes
du goût et de la vue. Le même courant ne donne pas les mêmes
sensations sur toutes les parties du corps ; quand l'électrode est 460 l'année psychologique. 1894
appliqué près d'un nerf, sensation perçante ; près d'un muscle, sen
sation massive, la sensation de choc produite par une batterie de
8 piles sur le bras est aussi intense que celle de 28 sur le poignet.
La pression des électrodes, l'humidité de la peau, la forme des élec
trodes ont aussi une influence. Les auteurs ont fait plus de
24,000 réactions et nous annoncent une masse considérable d'obser
vations sur cette question de la sensibilité électrique qui jusqu'ici n'a
pas encore été suffisamment étudiée dans son ensemble.
Disons maintenant un mot des temps de réaction pris pour con
naître la vitesse de l'influx nerveux.
Si le stimulus est appliqué en deux points du bras distants de
30 centimètres, l'excitation du point le plus éloigné donne une réac
tion plus longue. Si le stimulus est appliqué sur la jambe, la réponse
avec la main se fait plus lentement qu'avec le pied, 8 millimètres de
seconde en retard. Si le stimulus est appliqué au bras, la réponse
avec le pied est plus lente qu'avec la main, 37 millièmes de seconde
en retard. Ces différences ne tiennent pas à la longueur différente des
nerfs parcourus, mais à des conditions cérébrales différentes.
A. Binet.
HILL et WATANABE. — Réactions sonsorielles et motrices. (Amer.
J. of Psych., VI, n° 2, janvier 1894, p. 242-246.)
Encore une recherche sur la différence de ces deux genres de
réactions. M. Max Dessoir a prétendu {Arch, für Physiologie, 1892,
p. 311) que la différence de ces deux genres de réactions dépend de la
forme de l'instrument servant à réagir. L'auteur a essayé plusieurs
instruments pour réagir : l'un, celui de Wundt, demande qu'on lève
le doigt appuyé d'abord sur un bouton ; celui de Dessoir demande
qu'on fasse un mouvement de rapprochement entre le pouce et
l'index ; celui de Cattell demande un rapprochement des lèvres.
Malgré ces actions musculaires si différentes, on obtient constam
ment la différence des réactions motrices et sensorielles chez des
sujets capables de la donner. Mais tous les sujets ne sont pas habiles
à donner ces différences ; les uns n'y arrivent point, malgré un long
entraînement, tandis que d'autres y parviennent dès le début. Hill a
trouvé dans la plupart des cas les réactions sensorielles plus longues
que les motrices, d'une valeur allant de 78 à 155 j. A. Binet.
KÜLPE et KIRSCHMANN. — Ein neuer Apparat zur Contrôle zeitmes
sender Instrumente {Un nouvel appareil pour le contrôle des instru
ments qui mesurent le temps). (Philos. Stud. VIII, p. 14Ö-173.)
Les auteurs décrivent avec beaucoup de détails le nouveau marteau
de contrôle (Controlhammer), qui sert à vérifier le chronoscope de
Hipp ; il se compose d'un levier brisé à 145<> qui peut tourner autour
du sommet de l'angle ; l'une des extrémités de ce levier porte un K.EMPFE 461
bloc en fer ; sur l'autre peut être déplacé un contrepoids qui sert à
ralentir la vitesse avec laquelle tombe le marteau ; un électro-aimant
dont on peut varier la hauteur permet de maintenir le marteau à
une certaine hauteur et de ne le laisser tomber qu'à un moment
voulu ; le marteau en tombant rencontre deux paires de contacts
dont chacune est située à une hauteur différente ; le temps que le
marteau met pour parcourir l'espace compris entre ces deux paires
de contacts peut être mesuré avec le chronographe avec une grande
précision. Les auteurs décrivent longuement la constance de cet
appareil et le contrôle d'un chronoscope de Hipp. La durée maximum
pouvant être obtenue avec cet appareil est de 616 a.
Victor Henri.
KAMPFE (B.). — Beitrage zur experimentellen Prüfung der Methode
der richtigen und falschen Faelle (La vérification expérimentale de
la méthode des cas vrais et faux). (Phil. Stud., VIII, p. 511-591.)
Ce travail a été fait dans le but de vérifier la méthode des cas vrais
et faux pour les sensations auditives. L'appareil employé se compose
d'une tige rigide terminée par une boule et qui peut balancer autour
d'un axe horizontal ; dans le plan médian du pendule ainsi formé se
trouve une plaque en bois, de sorte qu'en écartant la tige d'angles
différents et la laissant tomber, on obtient des bruits dont la qualité
ne varie pas sensiblement, mais dont l'intensité varie. La première
question était de déterminer comment varie l'intensité du bruit avec
l'angle d'écart, ou bien, ce qui est la même chose, avec la hauteur de
chute du pendule. L'énergie acquise par le pendule au bas de sa
course est égale à la force vive L, qui est proportionnelle à la hau
teur h, moins le travail produit par la résistance de l'air et la résis
tance de l'axe (W et A) ; cette énergie est transformée en force vive
du pendule qui ressaute (R), en travail nécessaire pour la déformation
produite dans la planche (D) et en intensité du bruit (I) ; on a donc
l'équation suivante :
L — W — A = R + D + I, ou bien
L — (W -f A + D) — R = I ; or la somme W + A + D étant
faible et augmentant avec la hauteur dont tombe le pendule, on peut
supposer approximativement qu'elle est proportionnelle à h ; il reste
donc à montrer que R est proportionnel k h; or h est proportionnel
à sin2-— Ai où a est l'angle d'écart du pendule, et R est à
sin2— A , où A est l'angle jusqu' auquel le pendule ressaute ; il suffit
donc de montrer que le rapport ^— est constant; des expé-
sm* • « — A
riences faites il résulte que lorsque l'angle d'écart varie de 30° à 60°, 462 L'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. 1894
ce rapport varie de 0,218 à 0,211 ; il est donc presque constant ; par
conséquent, on peut admettre que l'intensité du son est proportionn
elle à la hauteur dont tombe le pendule. Le point qui nous paraît
contestable dans ce développement que nous avons transcrit avec
détails est le suivant : a-t-on bien- le droit de dire que l'énergie du
pendule au bas de sa course se transforme en R, D et en intensité du
bruit? Que signifie ici intensité du bruit d'une manière objective?
N'y a-t-il pas d'autres facteurs qui entrent en jeu, et enfin cette valeur
objective correspond-elle bien à ce que nous appelons intensité d'un
bruit lorsque nous le percevons? L'auteur pourrait, il nous semble,
examiner ces questions.
Trois sujets ont pris part aux expériences dont l'auteur a fait plus
de 100,000 ; on a procédé de trois manières différentes : 1° avant
chaque expérience on disait au sujet quelles étaient les intensités des
deux bruits qu'il devait comparer ; 2° on indiquait de même que pr
écédemment les intensités des deux bruits sans dire l'ordre dans lequel
ils se suivraient ; enfin 3° on ne disait absolument rien au sujet. Le
sujet ayant entendu les deux bruits devait indiquer si le deuxième
était plus fort, plus faible ou aussi intense que le premier bruit ;
ensuite on passait à la deuxième expérience sans se préoccuper de
l'observation interne du sujet ou d'autres points que le sujet aurait
pu remarquer sur lui-même.
L'auteur a employé pour les calculs les formules de Fechner et de
Müller ; la répartition des cas d'égalité a été faite par la méthode de
Merkel. Des trois méthodes employées, indiquées plus haut, c'est la
troisième où le sujet ne savait rien qui a donné les meilleurs résultats ;
les valeurs des perceptibilités de différence sont différentes pour les
trois observateurs; elles sont dans le rapport de 6,12 : 7,52 : 8,87.
Enfin la loi de Weber s'est trouvé vérifiée lorsque l'angle d'écart
varie entre 40 et 60°.
Victor Henri.
MÜNSTERBERG (H.), avec la collaboration de Bush. — Recherches de
psychométrie sur la loi psycho-physique. (Psych. Rev., 1, 1, 189i.)
Quel est le temps nécessaire pour comparer deux stimulus, pour
savoir s'ils sont égaux ou inégaux, et dans le cas d'inégalité quel est le plus grand ? Cette mesure du temps exprime le
degré de facilité avec lequel la comparaison est effectuée.
Les expériences ont été faites sur des longueurs linéaires, lignes
noires tracées horizontalement sur du papier blanc. Le temps de
comparaison augmente quand la différence relative des lignes aug
mente. Ainsi, s'il s'agit de comparer des lignes de 2mm,5, de 5 mill
imètres et de 7mm,5 (déterminer la plus grande, la plus petite), le
temps est de 512 a (rappelons que a = 0,001 seconde) pour indiquer
la ligne la plus petite. Si les lignes sont égales à 4, 5 et 6 millimètres spw-
SEASHORE 463
(les différences relatives sont dans ce cas plus petites, ■— par exemple
est plus petit que-g?), le temps de comparaison est plus long; le
temps pour trouver la plus petite ligne devient 572 a. Enfin, si les
lignes sont de 4mm,5, de 5 millimètres et de 5mm,5, le temps est encore
plus considérable ; pour trouver la plus petite ligne, il est de 792 a.
Tout ceci est conforme à la loi psycho-physique, mais voici où on
s'en écarte. D'après cette loi, il y aurait la même différence subjective
entre 100 et 200 grammes d'une part qu'entre 200 et 400 grammes
d'autre part. Or la psychométrie ne donne pas du tout ce résultat.
Prenons les lignes de 4mm,5, de 5 millimètres et de omm,5. Pour trou
ver la plus petite, nous avons vu que le temps est de 792 t. Prenons
maintenant d'autres lignes, dont la différence relative est la même, et
la différence absolue bien différente, soit les lignes de 27, 30, 33 mil
limètres; le temps nécessaire pour trouver la plus petite est de 682 s;
en d'autres termes, l'opération est beaucoup plus facile ; en d'autres
termes encore, la différence absolue des longueurs à mesurer, sans
avoir la même importance que la différence relative, influe sur la
durée de la comparaison. Ce sont là les résultats de 3 600 expériences
de comparaison prises sur quatre personnes.
Les nombres que nous avons indiqués expriment non seulement le
temps de vue et de comparaison des lignes, mais le temps nécessaire
pour manifester son opinion par un mouvement des doigts.
A. Binet.
E. SEASHORE. — Mesure du temps d'accommodation de l'œil.
(Annales du laboratoire de psychologie de Yale. lre année, p. 56-70.)
Le sujet, fermant l'œil gauche qui reste libre, fixe de l'œil droit un
O de 7 millimètres placé toujours à 20 centimètres de distance. Un
dispositif spécial fait entrer dans son champ visuel un O de 25 centi
mètres de hauteur que l'on peut placer à différentes distances. Au
moment où cette lettre entre dans le champ visuel, un courant élec
trique met en mouvement l'aiguille d'un chronomètre : sitôt la vision
nette, par suite de l'accommodation, le sujet ferme un courant qui
arrête l'aiguille. Le temps total exprime le temps nécessaire à la réac
tion, plus celui nécessaire à la transformation de l'accommodation
pour passer d'une vision nette à une autre. Il suffit de retrancher le
temps de réaction pour avoir le temps d'accommodation.
En faisant varier les distances et éliminant les causes d'erreur,
M. Seashore a constaté :
1° Que le temps nécessaire à l'accommodation augmente avec la
distance jusqu'au douzième mètre : à partir de là, il devient à peu
près uniforme ;
2° Qu'il faut plus de temps pour fixer un objet éloigné après s'être
accommodé à un objet rapproché, que pour faire l'inverse ;
3° Que le temps d'accommodation diminue avec l'exercice, même

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