Psychopathologie - compte-rendu ; n°2 ; vol.57, pg 608-620

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L'année psychologique - Année 1957 - Volume 57 - Numéro 2 - Pages 608-620
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1957
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P. Chauchard
C. Engels
P. Jampolsky
N. Rausch de Traubenberg
L. Thomas
J.-P. Valabrega
Eliane Vurpillot
VI. Psychopathologie
In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 608-620.
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Chauchard P., Engels C., Jampolsky P., Rausch de Traubenberg N., Thomas L., Valabrega J.-P., Vurpillot Eliane. VI.
Psychopathologie. In: L'année psychologique. 1957 vol. 57, n°2. pp. 608-620.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1957_num_57_2_26651— Psychopathologie VI.
MASSERMAN (J.). — Principes de psychiatrie dynamique, trad.
par L. Thomas. — In-8° de 378 pages, Paris, Presses Universitaires
de France, 1956.
L'œuvre de Masserman, ses expériences animales — réunies dans
son premier ouvrage, Behavior and Neurosis (1943) — et ses conceptions
théoriques, sont déjà largement connues en France dans les milieux
psychiatriques et psychologiques. Il faut donc se féliciter de voir enfin
les Principes, parus en 1946, présentés en français (regrettons seul
ement que la traductrice paraisse assez peu initiée aux problèmes traités
et à leur vocabulaire français).
L'ouvrage a un but et une présentation essentiellement pédagogiques :
c'est une introduction aux études cliniques destinée aux étudiants
écartelés entre écoles et formations diverses. Il est largement illustré de
nombreux exemples concrets — expériences animales et cas cliniques ■ —
qui le rendent particulièrement agréable à lire et démonstratif. Mais
cette forme accessible ne fait qu'ajouter à l'originalité du contenu.
Rappelons que la « théorie byodynamique » est une tentative d'inté
gration des conceptions réflexologique, behavioriste et psychanalytique.
L'auteur possède cette appréciable particularité d'être rompu aux
techniques de l'expérimentation biologique et animale aussi bien qu'à
celles de la thérapeutique analytique. Ce rapprochement ne paraît
comporter que des avantages pour l'une et l'autre de ces perspectives,
la première gagnant à être interprétée dans les cadres d'une psychol
ogie « dynamique », la seconde gagnant à être traduite en termes plus
biologiques.
L'exposé de la théorie de Masserman est divisé en deux parties.
Dans la première (Théorie du comportement) après un historique des
conceptions de la psychiatrie « science du comportement », il décrit le
champ de la pensée psychiatrique actuelle, essentiellement psychanal
ytique et consacre notamment des chapitres à « la dynamique de l'adap
tation », et aux « dynamismes névrotiques » et « dynamismes psychot
iques ». Dans la seconde partie (Biodynamique du comportement
normal et anormal), après avoir soumis à la critique biodynamique les
théories réflexologique, behavioriste, psychanalytique et le psycho-
biologisme d'A. Meyer, il esquisse une théorie générale du
systématisée dans 4 principes fondamentaux (principes de motivation,
d'évaluation du milieu, de substitution, de conflit) et leurs corollaires. MVRKS 609
Les derniers chapitres, sur la thérapie et sur le langage, une série
d'appendices et un glossaire des termes psychiatriques viennent encore
ajouter à l'efficacité de cet ouvrage particulièrement riche.
P, J
La psychanalyse (Publication de la Société française de Psychan
alyse) : I. Sur la parole et le langage; II. Mélanges cliniques,
2 vol., in-8° de 291 et 324 pages, Paris, P. U. F., 1956.
L'année où l'on a célébré le centenaire de la naissance de Freud a
vu paraître les deux premiers recueils de travaux de la Société française
de Psychanalyse, groupe d'études et de recherches freudiennes fondé
en 1953. La présentation et la qualité des articles attirent l'attention
sur cette nouvelle revue, parmi les nombreux périodiques analytiques
internationaux.
Le premier volume, centré sur les fonctions du langage et de la
parole en psychanalyse, fait là plus large part aux études théoriques
poursuivies par le Dr J. Lacan. Les deux intentions fondamentales qui
dirigent cet auteur peuvent être définies : Retour aux textes freudiens
originaux revivifiés par le commentaire sans cesse repris et approfondi ;
Description et théorisation de l'expérience analytique en termes de lan
gage et de communication intersubjective.
On relève dans cette même livraison l'article du Pr D. Lagache
sur le Polyglottisme dans l'analyse. La différence des langues entre
analysé et analyste permet d'aborder une série de problèmes théoriques
et techniques jusqu'ici très peu étudiés.
En outre des contributions dues à E. Benveniste, J. Hyppolite,
M. Heidegger, constituant une innovation dans une revue de psychan
alyse, témoignent d'une intention d'élargir et d'approfondir les
conceptions analytiques en les confrontant avec la réflexion philo
sophique.
Le deuxième numéro groupe des recherches cliniques. En tête on
retrouve les signatures de D. Lagache et J. Lacan avec deux importantes
contributions. Dans une série de travaux et d'observations dus à des
analystes de la plus jeune génération : W. Granofï, S. Leclaire, Rosine
Lefort, F. Perrier, M. Schweich, sont étudiés divers problèmes : l'analyse
de la névrose obsessionnelle, de la phobie, de la schizophrénie chez l'en
fant et l'adulte. Tous ces travaux indiquent principalement des directions
de pensée ainsi qu'un puissant appel à l'esprit de recherche en psy
chanalyse.
Des traductions de textes de : M. Balint, M. Grotjahn, H. Kaiser
et Melanie Klein. Et à la fin — une étude critique de l'œuvre de E. Glover
par C. Laurin, un jeune psychanalyste de Montréal qui révèle de remar
quables qualités dans la pénétration du texte et la maîtrise de l'exposé.
J. P. V. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES G10
JUNG (G. G.). — L'énergétique psychique, préface et traduction de
Yves Le Lay. — In-8° de 254 pages, Genève, Librairie de l'Univers
ité Georg, 1956.
A première vue le concept d'énergie psychique paraît un fil bien
tenu pour relier cet ensemble d'essais (dont les plus anciens datent
de 1902). Mais, en fait, chez Jung ce concept a beaucoup plus que la valeur
dynamique générale revendiquée par toutes les psychologies d'aujour
d'hui : l'énergétique jungienne non seulement explique le fonctionnement
du psychisme, mais fonde, et par là légitime, ses contenus mêmes.
Ainsi par exemple la notion de Dieu : bien qu'elle soit « un principe spi
rituel par excellence, c'est un besoin collectif d'en faire en même temps
une intuition de la cause première créatrice d'où procède toute l'instinc-
tivité qui s'oppose au spirituel... Immense paradoxe qui, de toute évi
dence, correspond à une profonde vérité psychologique. Il n'est en effet
que la représentation de l'antagonisme en un seul et même être dont la
nature la plus intime est faite de la tension des contraires. Cet être, la
science l'appelle « énergie » ... Pour cette raison, l'intuition de Dieu, en
soi impossible et paradoxale, serait si satisfaisante pour le besoin
humain que nulle logique, si justifiée qu'elle pût paraître, ne saurait
tenir contre elle ». Et courageusement Jung lutte contre « la phobie des
superstitions de l'esprit moderne », destinée seulement « à voiler les
secrets de l'inconscient » ; et étudie cet inconscient dans ses manifes
tations universelles, métaphysiques, et jusque dans les phénomènes
parapsychologiques qu'il est plus facile d'ignorer que d'expliquer.
La première partie de l'ouvrage expose sa conception énergétiste
avec les principaux caractères de l'énergie : sa constance, sa conservation
et ses transformations. Le lecteur y trouvera un utile résumé de la
théorie jungienne de la libido. La seconde débute par quelques obser
vations de rêves de nombres avec leurs déterminations multiples. Nous y
retrouvons l'attitude générale de l'auteur et l'une de ses notions favorites,
celle de « penchant » : l'interprétation très poussée de ces rêves peut
paraître un jeu (le jeu d'ailleurs est déjà une création de l'inconscient) ;
mais « n'oublions jamais que nous avons à peine dépassé le temps où,
durant des siècles, l'esprit humain s'amusa à ce jeu. Il ne serait donc
guère surprenant que des penchants qui appartiennent à ce passé hi
storique retrouvent audience dans nos rêves ». Vient ensuite une étude
détaillée : « Psychologie et pathologie des phénomènes dites occultes »,
dans la tradition psychiatrique de la fin du siècle dernier où il fallait, avant
tout, faire la preuve de l'existence de l'inconscient. Les deux derniers
essais : « Ame et Mort » et « Fondements psychologiques de la croyance
aux esprits », sont peut-être les plus significatifs du volume. Pour l'auteur,
quel que soit le fondement objectif de ces croyances, leur vérité subjec
tive (la « vérité du sang ») est tellement contraignante qu'il est plus « sain »
psychologiquement d'être en accord avec elle. Et l'on sait que l'att
itude thérapeutique de Jung ne dément pas son attitude philosophique.
L. T. LIVRES 611
GROTJAHN (M. D.). — Beyond laughter (Au delà du rire). —
In-8° de 285 pages, New York, Mac Graw-Hill, 1957.
Si, sur la foi du titre, le lecteur s'attend à trouver ici une étude
psychologique du comique, sous ses différents aspects, il risque d'être
finalement déçu. L'auteur, cependant, ne le prend pas en traître ; dans
sa préface, il expose son but qui est « d'illustrer l'approche psychanalyt
ique de certains aspects de la vie humaine », et conseille lui-même de
lire son œuvre par bribes selon l'intérêt qu'on peut porter à tel ou tel
chapitre.
Ce livre en effet n'est pas construit comme une étude méthodique.
L'Introduction est un bref historique de l'interprétation du rire
par Freud. Remarquant certaines analogies entre les rêves et les plai
santeries, Freud explique ainsi la dynamique psychologique de celles-ci :
au départ se trouve une tendance agressive socialement inacceptable,
elle est refoulée dans l'inconscient, subit un déguisement adéquat et
reparaît dans la conscience sous forme de mot d'esprit. L'énergie uti
lisée au refoulement est ainsi libérée, la tendance agressive satisfaite
avec l'approbation du censeur, le plaisir qui s'ensuit se traduit par le
rire. Pour que le mécanisme se déroule sans accroc, il faut que le dégui
sement de l'agressivité soit suffisant pour éviter la culpabilité, sans cepen
dant supprimer l'hostilité, et il faut un public qui entre dans le jeu. Cette
transformation des tendances agressives et le complexe d'Œdipe et ses
séquelles sont l'essentiel de la dynamique psychanalytique développée
par l'auteur tout au long de son livre.
Il fait le portrait de différents personnages : le taquin, le farceur,
le spirituel, le cynique, l'humoriste. Puis il étudie le développement
du sens de l'humour chez l'enfant, chaque forme correspondant à un
stade psychanalytique.
Toute cette première partie du livre répond au titre et suit un plan.
La suite n'est plus guère qu'une interprétation psychanalytique
d'un certain nombre de genres théâtraux, de formes de littérature et
de quelques œuvres. Nous apprenons ainsi que la comédie n'est qu'une
situation d'Œdipe renversée dans laquelle le fils triomphe, que le clown
est l'image du père impuissant et le striptease une régression infantile
à la curiosité de l'enfant au sujet de la vie sexuelle des parents. Cette
même explication est proposée au roman policier, tandis que les histoires
de Far-West s'apparentent à l'Œdipe. Alice au Pays des merveilles,
Mickey Mouse et Le taureau Ferdinand sont aussi longuement démontés
et expliqués. Il est possible que les psychanalystes trouvent ces inter
prétations convaincantes.
Il n'en demeure pas moins que les premiers chapitres exposent de
façon claire et vivante une dynamique psychologique du rire, que les
relations posées par l'auteur entre créativité, libération par l'art et
psychanalyse sont intéressantes et que le livre est écrit dans un style
alerte, aisé et semé d'anecdotes souvent très drôles.
E. V. 612 ANALYSES BIBMOf; I! VPTIIQTT F.S
ROGERS (G. R.), DYMOND (Rosalind F.). — Psychotherapy and
Personality Change. Co-ordinated research studies in the client-cen
tered approach (La psychothérapie et les changements de la personnal
ité). — In-8° de 448 pages, Chicago, University of Chicago Press, 1954.
Ce volume ne rapporte qu'une partie des recherches d'un vaste
programme collectif poursuivi au « Counselling Center ■» de l'Université
de Chicago et visant essentiellement à obtenir des données objectives
sur le mode d'action et les effets d'une psychothérapie. Devant la dispro
portion entre l'importance croissante des techniques psychothérapiques
dans tous les domaines et l'inexistance pour ainsi dire totale d'une
évaluation scientifique de ces techniques, un tel programme, bien
qu'extrêmement difficile à réaliser, s'imposait de toute urgence. La
méthode thérapeutique employée est la psychothérapie non directive (que
C. R. Rogers a exposé dans son ouvrage « Client-Centered Therapy »)
et les recherches s'inspirent de deux principes méthodologiques féconds :
1) quant aux effets de la thérapie, les auteurs ont renoncé aux concepts
globaux de « succès » et d' « échec », pour leur substituer l'investigation
concrète d'une série de facteurs, dont l'évolution a pu être étudiée
avant, pendant et après la période de cure ; 2) n'ont été englobés dans
le programme d'ensemble que les projets se référant à des théories
psychologiques existantes : théorie de la personnalité telle qu'elle est
impliquée dans la thérapie non directive, théories de l'apprentissage
et de la perception (par la suite l'élargissement à d'autres corps de
théories est envisagé). Les recherches rapportées dans ce volume
concernent principalement les changements intervenus : les rapports
entre la conception du moi et celle du moi idéal — dans l'adaptation
personnelle vue par le malade, et révélée par le T. A. T. — dans la per
ception de soi — dans certaines attitudes envers autrui — dans le compor
tement ; d'autres sont consacrées aux limites de la thérapie, à l'action
du facteur temps, etc. Deux études de cas avec procès-verbaux des
séances, détail des examens psychologiques et d'interprétation des
résultats complètent heureusement les autres chapitres. Le dépouillement
des données, les traitements statistiques et l'élaboration des résultats
offrent le maximum de sécurité.
Le fait seul d'avoir entrepris un programme d'une telle envergure,
d'avoir affronté des difficultés théoriques et matérielles proprement
décourageantes, suscite l'admiration. Le problème du contrôle scienti
fique en ces matières, dit l'un des collaborateurs « est si complexe que
le chercheur d'habitude le néglige, et à juste titre, car dans l'état actuel
de nos connaissances il peut porter son effort ailleurs avec peut-être
plus de profit ». Or, l'intérêt de ces recherches est loin de se limiter au
mérite de les avoir entreprises. Nous ne pouvons, dans le cadre d'un bref
compte rendu, énumérer toutes les perspectives, tout l'apport théorique
et pratique qui font de l'ouvrage un manuel de recherche pour quiconque
étudie ces problèmes. Naturellement on peut faire certaines réserves
et regretter, par exemple, que les auteurs aient dû se contenter de livres 6l:j
cures parfois sommaires. Par ailleurs, comme dans toute recherche de
pionniers, pour les auteurs comme les lecteurs les questions se multi
plient à mesure qu'on avance et prennent le pas sur les réponses fournies.
Mais tel qu'il est, il constitue tout un corps de données cohérentes ;
répond à plusieurs questions capitales (par exemple à l'objection que le
temps en soi est un facteur de changement suffisant pour des sujets
disposés à se faire traiter) ; et dès maintenant rend insoutenable l'att
itude méthodologique d'auteurs qui déclarent que l'efficacité des psycho
thérapies n'a pas été démontrée jusqu'à présent.
L. T.
DORCUS (R. M.). — Hypnosis and its therapeutic applications
(L'hypnose et ses applications en thérapeutique). — In-8° de 332 pages,
New York, McGraw-Hill, 1956.
Cet important ouvrage a été constitué à partir de cours et de confé
rences proposés à l'attention des étudiants ayant terminé leur médecine
et désirant suivre des cours de spécialisation sur l'hypnose, à l'Université
de California de Los Angeles.
En tant que manuel et source essentielle de la bibliographie existante
sur ce sujet si discuté, il couvre les multiples aspects du problème d'une
manière fort systématique et claire et donne la satisfaction, un peu
élémentaire, de tout savoir sur le sujet.
En fait les douze chapitres qui forment ce livre et qui ont été écrits
par des auteurs différents permettent un survol non seulement théorique
mais clinique et expérimental de l'hypnose. Il ne semble pas y avoir
d'idée directrice centrale dans la conception de l'ouvrage et la position
théorique du rédacteur lui-même est plutôt éclectique. De cet ensemble
imposant deux chapitres en particulier intéressent les psychologues :
celui consacré au contrôle des réactions sensorielles et perceptives lors
de l'hypnose et celui sur l'influence que l'hypnose peut exercer sur l'a
pprentissage et la modification d'habitudes sensori-motrices. Nous trou
vons dans ces pages des présentations de situations expérimentales el,
des résumés sur les données obtenues, données qui ne sont pas du tout
constantes pour tout le champ sensoriel et perceptif. Les différents
blocages affectifs qui empêchent dans certains cas d'entreprendre des
apprentissages déterminés sont aisément décèles par l'hypnose qui peut
aussi modifier des manières d'être morbides à partir d'un condition
nement. Le chapitre qui porte sur le caractère de réalité des phénomènes
hypnotiques nous paraît important car il présente des discussions sur
les éléments de régression et d'anesthésie dans l'hypnose, éléments
visibles dans l'apparition de réflexes de la petite enfance et contrô
labiés par les tests. Le caractère général des résultats en particulier
dans les tests de Rorschach est régressif, mais l'on y décèle quelques
traces d'une organisation plus intégrée et plus mûre de caractère adulte.
Ce genre d'irrégularité de manifestations est également visible dans les
tests d'intelligence verbaux et peut être interprété comme un argument ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 614
en faveur de la conception de T. Sarbin sur l'hypnose, à savoir que celle-
ci n'est qu'un comportement psycho-social qui consiste à faire « comme
si », à jouer un rôle. Les six chapitres plus spécialement médicaux insis
tent sur la manière d'utiliser l'état hypnotique, dans des buts diagnos
tiques et thérapeutiques et précisent qu'il s'agit là plutôt d'une technique
à utiliser à l'intérieur d'une thérapeutique générale que d'une théra
peutique en soi.
N. R. T.
DE BOOR (W. VON). — Pharmakopsychologie und Psyehopatho-
logie (Pharmacopsychologie et psychopathologie ). — In-8° de 292 pages,
Berlin, Springer verlag, 1956.
La pharmacologie, modification des fonctions psychiques sous
l'influence de drogues agissant sur les centres nerveux supérieurs, est
une science en plein développement grâce à la découverte incessante
de nouveaux corps ou groupes de corps exerçant des actions de plus en
plus électives et dont il est de mieux en mieux possible de saisir le mode
d'efficacité grâce aux progrès considérables en neurophysiologie du
comportement et à l'utilisation des divers tests psychologiques. Cepen
dant la connaissance de drogues psychotropes est très ancienne et remonte
au plus loin de l'humanité. Cet ouvrage très complet qui fait le point de
la question en nous décrivant les divers types d'agents pharmaco-
psychologiques débute par quelques courts chapitres de généralité
d'ordre historique, méthodologique ou précisant diverses modalités
d'action. Chaque chapitre comporte sa propre bibliographie.
En ce qui concerne les diverses drogues, la classification suivante
est adoptée : substances dépressives, substances excitantes, substances
agissant sur le système autonome, autres substances, alcaloïdes non
étudiés précédemment, hormones psychotropes, agents chimiothéra-
peutiques, solvants organiques, métaux, métalloïdes ; calcium, magnés
ium, lithium, potassium, halogènes, gaz, autres substances psychot
ropes. Toute classification ne peut être qu'arbitraire et imparfaite ; si
à certains points de vue, il est légitime de grouper à part les poisons du
système autonome, ceci a l'inconvénient de rattacher nettement certains
excitants et dépresseurs centraux à l'efficacité mimétique ou lytique du
sympathique ou du parasympathique, ce qui n'est pas encore bien
certain, notamment en ce qui concerne les neuroleptiques, qui sont
plus des dépresseurs du tonus psychique agissant sur la formation réti-
culaire que des modificateurs du sympathique, ou le L. S. D. 25 que cette
classification éloigne de cet hallucinogène voisin qu'est la mescaline ;
de même on est ainsi conduit à séparer arbitrairement l'éphédrine des
amphétamines.
Dans la série des dépresseurs, les chapitres suivants sont envisagés :
anesthésiques généraux volatils et gazeux ; hypnotiques barbituriques ;
autres hypnotiques ; cure de sommeil ; valériane ; les différents aspects
de l'intoxication alcoolique sont passés en revue puis l'opium et ses LIVRES 615
dérivés, les analgésiques. Parmi les excitants c'est surtout le tableau
des amines psychotoniques, le groupe de la caféine, l'acide glutamique,
le camphre... Dans le chapitre consacré aux modificateurs du système
autonome, on trouve les sympatho et parasympathomimétiques exci
tants et les lytiques dépresseurs, ce qui s'accorde mal avec la conception
sympathique de l'éveil. L'acide lysergique est avec les alcaloïdes de
l'ergot et les vagolytiques se centrent sur l'atropine, la scopolamine.
Parmi les neuroleptiques seuls sont envisagés la chlorpromazine, la
réserpine et le frenquel, mais aucun tranquillisant. Après étude de
la nicotine le chapitre des autres substances s'occupe de la cocaïne,
du haschich et de la mescaline. La bibliographie française est assez
insuffisante.
P. C.
DELLAERT (R.), CARP (E. A. D. E.). —Nouvelles orientations de
la psychiatrie infantile (traduit du néerlandais par H. Luyckx). —
In-8° de 192 pages, Paris-Lyon, E. Vitte, 1956.
Les A. de ce petit livre, psychiatres l'un à l'Université de Louvain,
l'autre à celle de Leiden, le premier catholique, le second protestant,
se sont partagés les 7 chapitres qui s'intitulent : l'enfance comme objet
de la psychopathologie moderne (D.), l'enfant confronté avec le sens de
la vie (D.), psychologie génétique et analyse structurale (C), adaptation
et troubles de l'adaptation (G.), neurotisation de l'attitude devant la
vie et psychopathisation structurale (C.), essai d'interprétation des
données cliniques (D.), justification des principes fondamentaux et
directives générales de traitement (D. et G.).
Ils y essayent, à travers une description assez comprehensive des
connaissances actuelles, de démontrer que la psychiatrie infantile doit
élargir son angle de vision et reconnaître que la santé psychique est
liée à l'épanouissement de la personnalité sur le plan des valeurs morales
et transcendantes.
P. J.
The psychoanalytic Study Of the Child (Vétude psychanalytique de
Venjant), vol. X. — In-8° de 394 pages, New York, International
Universities Press, 1955.
Les 19 articles qui composent ce nouveau volume sont groupés
sous quatre rubriques : le développement du Moi, les problèmes géné
tiques, le développement psycho-sexuel et enfin les observations cl
iniques. A aucun moment ces articles ne sont étroitement techniques
au contraire, ils témoignent tous de soucis théoriques, d'applications
pratiques et aussi d'une intégration respective de la psychologie générale
et de la psychanalyse.
Une prise de position doctrinale de H. Hartmann introduit en quelque
sorte les exposés et porte sur l'évolution de la notion de sublimation.
Celle-ci devient une fonction du Moi et n'utilise point, comme on le 616 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
prétendait auparavant, les instincts sexuels et agressifs. Elle serait
plutôt le produit d'une « neutralisation » de l'énergie instinctuelle et
en tant que capacité créatrice, serait plus aisément développée par le
Moi en l'absence de conflits et de poussées libidinales. L'A. pense ainsi
avoir redonné toute son importance au concept, assez tardif, de Freud
sur la désinstinctualisation du Moi. E. Kriss reprend cette hypothèse
et essaye de la démontrer à l'aide de dessins et de peintures d'enfants
de moins de 6 ans. Les remarques de K. paraissent très intéressantes
et nouvelles, il se demande pourquoi dans tel domaine la neutralisation
de l'énergie est conservée et dans d'autres pas; il constate aussi des
régressions soudaines et explique les difficultés de neutraliser l'énergie
libidinale par les troubles de l'identification, c'est-à-dire par l'absence
de relations objectales avec la mère. Il montre que les enfants vivant en
institutions sont démunis dans une plus large mesure de cette capacité
à neutraliser les poussées instinctuelles. Prudent, quand même, il dit
manquer encore de longue et minutieuses observations.
Il ne paraît pas facile de découvrir, dans certains cas sa propre
identité, ainsi que P. Kramer nous le montre en reconstruisant ce
processus à partir d'une analyse d'un adulte.
Un trouble de la fonction synthétique du Moi serait responsable des
désorientations de latéralisation dans les strephosymbolies d'après
V. H. Rosen. Il y aurait incapacité à saisir en même temps les aspects
auditifs et visuels de chaque mot, les premiers étant liés à l'image matern
elle, les seconds à l'image paternelle. Le trouble n'a pu disparaître
qu'une fois la situation œdipienne liquidée. Les caractères psychoso
matiques, les données physiques dans les motivations de l'apprentissage
sont enfin minutieusement analysés par E. Liss pour clore ce premier
groupe de chapitres.
Le second groupe comporte quatre articles : le premier sur la métapsy-
chologie de la somatisation est, malgré ce titre, très circonspect et précis,
car il ne s'appuie que sur des analyses de malades avec des affections
dermatologiques. Un autre de ces exposés concerne les relations cons
cientes et inconscientes mère-enfant, vues à travers une analyse simul
tanée des deux intéressés, alors que l'importance de la symbiose mère-
enfant est soulignée par M. Mahler dans le développement et la forme
des psychoses infantiles. Il n'y a rien qui mette en valeur le rôle du père.
René A. Spitz introduit la troisième section de ce volume en cher
chant à préciser le rôle de la perception dans la théorie psychanalytique
et à retracer les étapes génétiques de la perception, toujours dans la
perspective de ses autres hypothèses sur le premier développement du
Moi. B. Mittelmann discute des quatre aspects de la motilité qui sont
particulièrement intéressants à étudier du point de vue psychologique
chez les enfants et chez les nourrissons. Ici l'A. se limite à en étudier
deux, le pattern affectivo-moteur et le pattern du rythme mais en présente
en même temps les déformations pathologiques. Ces patterns peuvent
en effet se manifester chez des enfants trop âgés et sont alors un signe

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