Psychopathologie infantile - compte-rendu ; n°2 ; vol.60, pg 560-568

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L'année psychologique - Année 1960 - Volume 60 - Numéro 2 - Pages 560-568
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1960
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Psychopathologie infantile
In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°2. pp. 560-568.
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Psychopathologie infantile. In: L'année psychologique. 1960 vol. 60, n°2. pp. 560-568.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1960_num_60_2_6937500 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
phère psychothérapique (l'étude des malades sorties montre la nécessité
d'un soutien régulier et prolongé), l'exploitation
des possibilités de réadaptation valables, sont des éléments favorables.
Cependant il faut reconnaître la multiplicité des facteurs dont dépend
la structure caractérielle des malades, comme la complexité des pro
blèmes que pose chacune.
J. G.
Psychopathologie infantile.
Heber (R.). — A manual on terminology and classification in mental
retardation (Manuel de terminologie et de dans le
domaine du retard mental). — Monogr. Suppl. Amer. J. ment.
Defic, 1959, 64, 2, 111 p.
Ce manuel est le cinquième édité par Y American Association on
Mental Deficiency (les précédents ont paru en 1921, 1933, 1941 et 1957) ;
il représente donc le dernier état d'une œuvre collective. Il comporte
cinq sections :
Section I : Elle propose et discute une définition de la débilité
mentale. Cette définition, pour utile et intéressante qu'elle soit, repose
sur une ambiguïté qui plane sur tout cet ouvrage, par ailleurs fort
important : cette réalité désignée retard mental est définie en termes
d'infériorité (appréciée en écarts-types) par rapport aux sujets de même
âge chronologique. Il y a là bien plus qu'une incertitude de terminol
ogie : c'est une incertitude théorique qui obscurcit certaines des di
scussions et des définitions offertes au lecteur.
Section II : Classification médicale des différents types de retard
mental. Complète, bien structurée, étayée de définitions claires, elle
apparaît très utile.
Section III : Classification des comportements. Elle reste beaucoup
plus sommaire et moins satisfaisante, du fait du petit nombre d'in
struments d'observation et de mesure disponibles. Si les niveaux d'intel
ligence sont précisés sans peine, en termes de Q.I. basé sur l'écart-type,
l'adaptation affective et sociale, le développement sensoriel et moteur
sont classés en catégories qui peuvent paraître difficilement utilisables
dans le travail quotidien.
Section IV : Elle propose un modèle de code pour reporter tous
ces renseignements sur fiche perforée, aux fins d'élaboration méca
nographique.
Section V : C'est un glossaire de plus de 400 termes d'usage courant
dans le domaine de la débilité mentale.
Malgré quelques imperfections, il s'agit d'un travail qui peut apporter
une aide appréciable aux spécialistes.
R. P, PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 56t
Symposium on research design and methodology in mental retar
dation (Symposium sur la planification et la méthodologie de la
recherche sur le retard mental). — Amer. J. ment. Défie, 1959, 64,
227-432.
Vingt communications ont été présentées à ce symposium, tenu au
printemps 1959. Elles émanaient de spécialistes de disciplines assez
différentes, parfois fort éloignées de la défectologie. Un très grand nombre
de problèmes ont été évoqués, relatifs :
— à la politique de recherche dans les universités et organismes gou
vernementaux des U.S.A. ;
— aux attitudes du chercheur ;
— au planning de son travail ;
— ■ aux méthodes de recueil et de traitement statistique des données ;
— à l'étiologie des déficiences mentales ;
— aux problèmes biologiques connexes ;
— à l'analyse psychologique de ces déficiences.
La variété des contributeurs, et parfois leur ignorance avouée
de la débilité mentale, rend la synthèse difficile. Malgré le titre, il ne se
dégage pas de ce symposium un inventaire net des problèmes, ni des
indications précises sur les méthodes à adopter pour les traiter. En
l'absence d'un corps suffisamment solide de faits et de théories, la plu
part des orateurs se sont cantonnés dans des généralités sur la recherche
en psychologie.
Cependant ce symposium — le premier du genre — mérite d'être
cité ; car son insuffisance même souligne un fait sur lequel plusieurs des
orateurs ont insisté : l'immaturité scientifique du problème de la défi
cience mentale en général. Il apparaît plus urgent que jamais de définir
les problèmes que peut se poser la recherche sur la débilité mentale ;
et ensuite seulement de se demander s'il y a lieu de définir une méthodol
ogie spéciale pour le traitement de ces problèmes.
R. P.
Barnett (G. D.), Ellis (N. R.), Pryer (M. W.). — Stimulus pre-
training and the delayed reaction in defectives (Réapprentissage
du stimulus et réaction différée chez les débiles mentaux). — Amer.
J. ment. Defic, 1959, 64, 104-11.
80 débiles mentaux en institution, partagés en deux groupes d'âge
mental (de 5 ; 7 à 6 ; 10 et de 7 à 9), subissent une épreuve de réaction
différée (trouver une pastille cachée sous l'un de deux objets légèrement
différents, après que ces objets aient été cachés 10 secondes, ou
30 secondes, ou 1 minute, ou 5 minutes. On fait 6 essais pour chaque
durée du délai). Préalablement à l'épreuve on donne un préapprentissage :
exercice de discrimination des deux objets pour la moitié des sujets, de et de nomination (sous deux noms arbitraires)
pour l'autre moitié. 562 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
On constate que l'exercice préalable de nomination améliore sens
iblement la performance (nombre de réactions différées correctes),
aussi bien chez les plus débiles que chez les moins débiles. Les A.
discutent les résultats en termes de réaction différée ; mais il semble
qu'ils présentent également un intérêt dans le cadre de l'étude de la
valeur instrumentale du langage, particulièrement chez les débiles
mentaux.
R. P.
Jordan (T. B.), de Charms (R.). — The achievement motive in
normal and mentally retarded children (La motivation de réussite
chez les enfants normaux et chez les retardés mentaux). — Amer.
J. ment. Defic, 1959, 64, 457-66.
Les A. reprennent la méthode de McClelland, consistant à créer
une situation du type T. A. T. (histoires à raconter à partir de dessins
de personnages) ; les verbalisations du sujet sont cotées en ce qui concerne
les « motivations de succès » qui y apparaissent.
3 groupes de sujets de 15 à 16 ans sont utilisés :
— Groupe I : élèves de classes spéciales pour débiles mentaux ;
—II : débiles mentaux restés dans des classes normales ;
— Groupe III : adolescents normaux.
Les débiles apparaissent comme présentant une « motivation de
succès » nettement inférieure à celle des normaux ; mais ils manifestent
moins de crainte de l'échec. Les différences ne peuvent être imputées à
une différence dans le taux de verbalisation, approximativement le
même pour les trois groupes.
Les A. soulignent dans leur discussion les différences de traitement
éducatif, spécialement le milieu familial, entre débiles et normaux :
on demande certainement moins aux premiers.
R. P.
Haggerty (A. D.). — The effects of long-term hospitalisation or
institutionalization upon the language development of children
(Les effets d'une hospitalisation ou d'un séjour en institution de
longue durée sur le développement du langage des enfants). —
J. genet. Psychol, 1959, 94, 205-209.
L'étude porte sur une population de 100 enfants (moyenne d'âges
de 12 ; 7) ayant antérieurement passé un temps assez long dans un
établissement de soins (durée moyenne du séjour de 3 ; 5 ans). Les
échantillons de langage étudiés sont obtenus à l'aide d'une épreuve de
complément de phrases et du Thematic perception Test. Les enfants sont
de plus examinés à l'aide du subtest de vocabulaire du W.I.S.C. (Échelle
d'intelligence de Wechsler pour enfants) et à l'aide du Rorschach.
L'analyse du langage suivant la répartition des différents éléments
(noms, pronoms, verbes, adjectifs) montre que celle-ci ne correspond pas
aux normes établies pour les âges considérés mais tend à se rapprocher
de celle qui s'observe chez des sujets schizophrènes (d'après R. Ellsworth, PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 563
The regression of schizophrenic language, J. consult. Psychol., 1952,
15, 387-391).
De même l'analyse des réponses au test de vocabulaire fait appar
aître des ressemblances avec les réponses des schizophrènes.
L'A. discute l'hypothèse suivant laquelle l'atteinte du langage,
en tant qu'elle est une entrave à la communication sociale, pourrait
être une cause directe de l'évolution de la schizophrénie et pas seulement
un de ses symptômes.
M. V.
Fourme NT (G.). — Discordance entre tests d'intelligence verbaux
et non verbaux chez l'enfant inadapté. — Rev. Neuro-psychiat. inf.,
1959, 9-10, 430-436.
Le désaccord entre les résultats à des tests verbaux et non verbaux
évaluant tous l'intelligence pose des problèmes. L'auteur étudie ce
désaccord chez 100 enfants d'âge scolaire (68 garçons, 32 filles) dont le
Q.I. laisse paraître soit une différence d'au moins 20 points entre échelle
verbale et échelle de performance (W.I. S. C. -étalonnage américain)
ou entre test verbal (Ter man-Stanford) et non verbal (Grace Arthur I),
soit une différence d'au moins deux ou trois ans entre l'A. M. obtenu
à un test verbal et celui obtenu à des tests non verbaux (Kohs-Porteus,
Matrix, Dame de Fay).
I. Pour 48 sujets, le test verbal est supérieur au test de performance.
Il s'agit surtout de filles (78 % des filles) sans doute plus conformistes au
point de vue scolaire et ayant un facteur verbal plus développé. On trouve
dans le groupe : a) des enfants d'intelligence médiocre ayant eu une scola
rité régulière et de milieu socio-économique assez bon ; b) des sujets han
dicapés par les épreuves de performance mettant en jeu la structuration
spatiale ; c) des enfants présentant des troubles graves de la personnalité.
II. Chez les 52 sujets ayant des résultats de performance meilleurs
que les verbaux on rencontre : a) des sujets ayant ou ayant eu des trou
bles de langage, des dyslexiques, dysorthographiques, des hypoacou-
siques ; b) des enfants ayant eu une scolarité irrégulière dont on peut
rapprocher les cas de refus scolaire ; c) enfin des gros caractériels ayant
des problèmes affectifs importants et pour lesquels il est difficile de faire
la part des différents éléments en jeu (instabilité du milieu familial,
retard scolaire, placements variés, etc.). L'auteur conclut en faisant
ressortir l'utilité de l'examen des enfants à l'aide de tests différents et
la nécessité d'une recherche d'explication clinique à toute discordance
entre ces tests.
J. G.
Maillard (M.), Lafargue (O.), Malvy (L.). — Le dépistage de la
dyslexie (Avant-propos de R. Zazzo). — B.I.N.O.P., 1959, 15,
291-322.
Gomme le souligne R. Zazzo dans son avant-propos, la dyslexie est
un problème à l'ordre du jour, et de nombreux travaux ont déjà permis 564 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de « décrire, de définir, d'analyser les déficits spécifiques des enfants qui
présentent une difficulté anormale dans l'apprentissage de la lecture ».
Mais le travail présenté par l'équipe de Toulouse est intéressant sur
tout parce qu'il propose une technique de dépistage applicable à une
assez large population d'écoliers.
L'épreuve utilisée est le W.I.S.G. ou Échelle de Wechsler qui comprend
des tests verbaux et non verbaux, faisant plus ou moins appel à des
connaissances acquises. « Ce qui frappe d'abord chez les dyslexiques,
c'est le déséquilibre entre les possibilités intellectuelles et les acquisi
tions. » Les A. ont fait, pour chaque sous-test du Wechsler, une compar
aison des résultats obtenus par des dyslexiques et des normaux (il est
cependant regrettable que le nombre des sujets de chaque groupe soit
trop faible pour qu'on puisse accorder aux conclusions une valeur
rigoureuse) .
En fonction des différences constatées, une grille a été construite,
qui permet de porter un diagnostic de dyslexie. Les sous-tests les plus
intéressants à cet égard sont, d'une part, le Vocabulaire et l'Assemblage
d'objets dans lesquels les dyslexiques se montrent nettement supérieurs
aux normaux (à Q.I. égal) et, d'autre part, les tests de connaissances et
d'arithmétiqne dans lesquels ils sont inférieurs.
Les auteurs exposent, en outre, un certain nombre de remarques et
observations faites au moyen d'épreuves de lecture, d'écriture et d'ortho
graphe pouvant servir à confirmer le diagnostic de dyslexie.
Bien qu'ils se défendent de vouloir tirer des conclusions générales
d'une étude trop limitée quant au nombre de sujets, ils proposent
l'hypothèse explicative suivante : « En dehors des troubles spatio-
temporels qui sont, de façon reconnue, à la base des échecs de la plupart
des dyslexiques... il y a chez eux une difficulté à synthétiser, alors que
leurs possibilités d'analyse semblent davantage correspondre à leur
niveau intellectuel. »
Nous conclurons en rappelant la mise en garde de R. Zazzo contre
les dangers que pourrait présenter un emploi abusif du terme de dyslexie
pour qualifier n'importe quelle difficulté de lecture, et contre cet autre
danger qui consiste à croire que toute dyslexie relève de la pathologie
cérébrale.
S. L.
Moor (L.), Jeulin (M.). — Intérêt du test des labyrinthes de Porteus
pour l'examen des enfants dyslexiques et dysorthographiques. —
Rev. Neuro-psychiat. inf., 1959, 9-10, 443-448.
Chez les D.L. et D.O., on note l'existence soit d'un retard de langage,
soit d'un trouble de la structuration spatiale ce qui est un handicap
pour la plupart des tests d'intelligence. Les auteurs utilisent le Porteus
pour tenter de préciser l'évaluation de leur niveau. Ils ont examiné
un groupe de 25 D.L. et D.O. de 6 ; 3 à 12 ; 6 et un groupe contrôle de
41 enfants « tout venant », mais non D.L. ni D.O., de consultation.
Tous ont passé: PATHOLOGIQUE 565 PSYCHOLOGIE
1° un test verbal — Binet-Simon, Terman ou W.I.S.G. verbal ;
2° un test non verbal — Kohs ou W.I.S.G. -performance ;
3° le Porteus.
Les auteurs ont alors calculé la moyenne aux trois types de tests
ainsi que les intercorrélations. Dans le groupe contrôle, les résultats
sont homogènes, les intercorrélations significatives. Chez les D.L.-D.O.,
les résultats sont beaucoup plus dispersés. Ainsi si l'on considère la
comparaison Porteus-tests verbaux, la corrélation du groupe contrôle
est de. 53, celle des D.L.-D.O. de .24 ; pour le groupe contrôle le Porteus
est supérieur aux tests verbaux dans 27 % des cas contre 80 % des cas
pour les D.L.-D.O. Quand on compare Porteus-tests non verbaux^
on trouve chez les D.L.-D.O. une corrélation faible (.21, contre .52 dans
le groupe contrôle). Chez les D.L.-D.O. la corrélation est très médiocre
entre le Porteus et les différents autres tests pratiqués (contrairement à
ce qui se passe dans le groupe contrôle), tandis que la corrélation est
normale entre tests verbaux et non verbaux. Puisque les résultats du
Porteus sont différents de ceux obtenus aux autres tests (phénomène
qui ne se retrouve pas dans le groupe contrôle), on voit donc l'intérêt
de le faire passer aux D.L. et D.O., mais sans éliminer pour autant les
autres tests. Le Porteus permettra de mieux apprécier leur niveau intel
lectuel, en les distinguant des débiles, par exemple, et d'entreprendre des
rééducations fructueuses.
J. G.
Stott (D. H.). — Infantile illness and subsequent mental and emotio
nal development (Maladie infantile et développement mental et
émotionnel ultérieurs). — J. genet. Psychol., 1959, 94, 233-251.
Partant de la constatation que, parmi les enfants retardés, nombreux
sont ceux qui ont subi des maladies infantiles, l'A. s'interroge sur la
nature du lien existant entre les deux phénomènes.
Il compare la population complète des enfants de Boston qui, âgés
de 0 à 2 ans, ont séjourné au moins deux semaines à l'Hôpital des Enfants
malades au cours des années 1946 et 1947, à une population de contrôle
appariée par l'âge et le sexe. Les enfants sont âgés de 7 à 11 ans au
moment de l'expérience. L'enquête porte sur le statut social de la famille,
sur la réussite scolaire et sur l'adaptation sociale (Bristol Social Adjust
ment Guides).
Le groupe expérimental comporte une plus grande proportion
de retardés scolaires que le groupe de contrôle (27,5 % contre 11,3 %).
Par ailleurs, la proportion des retardés scolaires est plus forte parmi les
enfants qui ont subi plusieurs maladies que parmi ceux qui n'en ont
subi qu'une (différence significative).
On constate également une différence significative en ce qui concerne
l'adaptation sociale et notamment une défaillance de la motivation
chez les enfants du groupe expérimental. L'A. propose l'hypothèse que 566 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
c'est cette atteinte de la motivation qui constitue le lien entre la maladie
et le retard ultérieur dans les différents domaines.
M. V.
Launay (G.), Trélat (J.), Blanc (C), Narbouton (R.). — Étude
des corrélations électro-encêphalographiques dans les troubles du
comportement chez l'enfant. — Rev. Neuro-psychiat. inf., 1959, 7-8,
292-308.
Cette étude réalisée dans le service du Dr Launay fait l'objet de la
thèse de Mlle Narbouton. Les auteurs ont été frappés par la fréquence
d'E.E.G. perturbés chez les enfants vus pour troubles du caractère ou
du comportement. Le Dr Blanc propose une classification des tracés
d'après les aspects les plus souvent rencontrés : Type I : altérations
occipitales bilatérales à l'hyperpnée (H.P.N.) ; II :
généralisées à l'H.P.N. avec pointes lentes sur les régions frontales ;
Type III : foyers de pointes occipitales au repos ou à l'H.P.N. ; Type IV :
surcharge lente au repos ; Type V : rythme à ample, pointu, mono
rythmique, hypersynchrone au repos, associé ou non à des pointes
occipitales à l'H.P.N. ; Type VI : activation par la stroboscopie ;
Type VII : altérations paroxystiques généralisées au repos ou à l'H.P.N.
Les auteurs ont retenu 90 observations et groupé à titre comparatif
des enfants ayant des troubles du comportement mais un E.E.G.
normal. Pour cela ils ont effectué une sélection clinique pour limiter
le sujet au cadre des troubles du sans cause organique
évidente. Les enfants ont de 4 à 15 ans et un Q.I. supérieur à 80. L'allure
clinique des troubles observés est assez différente selon les divers
groupes. Il s'agit avant tout de conduites motrices chez les enfants qui
ont un E.E.G. type VI, VII, I (violence, impulsivité). Pour le groupe
de type II et le groupe des E.E.G. normaux, l'instabilité masque souvent
une structure névrotique. On note la prédominance des manifestations
réactionnelles dans les groupes I et IV, les éléments constitutionnels
ou organiques étant plutôt évoqués pour les groupes VI et VII (épilep-
toïdie et instabilité psychomotrice). Lorsqu'on trouve des altérations
paroxystiques, il s'agit d'enfants agités, agressifs, instables, ayant des
troubles du sommeil, avec notion de comitialité familiale (gr. VII
et II).
Les auteurs indiquent encore des notions relatives à l'évolution des
cas. Le groupe V est le plus stable. Ce seraient les groupes IV et I qui
évolueraient le plus favorablement surtout sur le plan clinique. En
concluant, les auteurs insistent d'abord sur la prudence nécessaire pour
l'étude de ce problème. Puis ils isolent le groupe V pour y soulever
la notion d'organicité cérébrale avec variété des troubles observés.
Ensuite, aux groupes VI et VII dont se rapproche le groupe I, ils oppo
sent les groupes II et IV où il y a moins d'antécédents pathologiques
mais plus de composantes caractérielles et de perturbations affectives PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE 5G7
que de composantes motrices. Du point de vue étiopathogénique, les
groupes V, VI et VII évoquent plus particulièrement l'organicité possible
des troubles. j q
Michaux (L.), Moor (L.). — Données de l'examen psychologique
dans les instabilités psychomotrices de l'enfant. Affectivité, efficience,
fatigabilité, attention. — Ann. méd. psychol., 1959, 2, 255-60.
Préciser les caractéristiques psychologiques des enfants instables
pour pouvoir adopter à leur égard une attitude pédagogique appropriée,
tel est le but des A. dans ce travail.
Ils ont examiné 27 enfants instables, en ajoutant à l'examen clinique
les tests de Rorschach, d'Ozeretzki ou de Guilmain, et le test de Dénom
brement de Points de Rey.
Les résultats des instables à cette dernière épreuve, étudiés en fonc
tion de l'efficience, la fatigabilité et l'attention, sont particulièrement
parlants : leur rendement est toujours inférieur à celui des normaux ;
l'apprentissage au cours d'une deuxième épreuve, observé chez les enfants
normaux, n'existe pas chez eux ; de plus, leur courbe de rendement et
d'erreurs est très irrégulière, variant d'une minute à l'autre, et témoi
gnant des oscillations perpétuelles de leur attention.
Il existe donc chez les instables possédant un quotient intellectuel
normal une efficience réelle inférieure à celle des enfants normaux malgré
leur hyperactivité apparente. ç g
Knobel (M.), Wolman (M. B.), Mason (E.). — Hyperkinesis and
organicity in children (Hypercinésie et organicité chez les enfants).
— Arch. gen. Psychiat., 1959, 1, 310-321.
Les A. veulent cerner de plus près les symptômes du acting out
et examinent à ce propos 40 enfants de 7 à 15 ans d'intelligence normale.
Ils présument au départ que les centres médico-psychologiques ont par
trop tendance à attribuer aux troubles de l'enfant une origine psychogène
et qu'ils ne cherchent pas avec suffisamment de persévérance les signes,
aussi discrets soient-ils, d'organicité. Les résultats aux tests sont pré
sentés ici en même temps que ceux des examens neurologiques et des
entretiens sociaux. L'ensemble de ces permet manifestement de
distinguer les enfants dont les troubles du comportement se rapportent
à une hyperactivité organique, hyperactivité facilement traitée disent
les A. Une importante bibliographie renforce l'intérêt de cet article.
N. R. T.
Rodriguez (A.), Rodriguez (M.), Eisenberg (L.). — The outcome
of school phobia : a follow-up study (Évolution des enfants souffrant
de phobie scolaire : étude longitudinale). — Amer. J. Psychiat.,
1959, 116, 540-4.
Il s'agit d'une étude clinique de 41 enfants souffrant de phobie
scolaire, âgés de 5 à 13 ans, et dont la distribution des Q.I. va de 85
à 130. L'observation des A. porte sur une durée de 3 ans.
a, psychol, 6() 37 568 ANA1.YSKS UIBMOGKAPHIQI.'KS
Ce travail confirme l'hypothèse que la phobie scolaire est une des
formes de l'anxiété de séparation, le problème réel résidant dans le fait
de quitter le foyer et non pas dans celui d'aller à l'école.
La phobie scolaire ne constitue certes pas une entité nosologique
en soi, mais un symptôme complexe, dont la signification va de la simple
manifestation réactionnelle aux troubles névrotiques ou même psycho
tiques les plus graves. L'efficacité de la thérapeutique varie en propor
tion inverse de l'âge de l'enfant et de la gravité du caractère psycho
pathologique. La condition de réussite de cette thérapeutique est
qu'elle soit centrée sur un retour de l'enfant à l'école dans des délais
aussi brefs que possible.
G. E.
Agras (S.). — Relationship of school phobia to childhood depression
(Relation entre la phobie scolaire et la dépression chez l'enfant). —
Amer. J. Psychiat., 1959, 116, 533-6.
Les caractéristiques psychopathologiques des familles de 7 enfants
souffrant de phobie scolaire ont été étudiées, et ceci en fonction des
symptômes présentés par les enfants.
L'A. décrit ainsi une constellation familiale particulière, la constel
lation dépressive, qu'il considère comme typique des familles de ces
enfants. La phobie scolaire ne serait qu'un mode de présentation parti
culier des troubles dépressifs de l'enfance, et il est probable que le type
de constellation familiale qui est à leur origine existe également lorsque
d'autres manifestations dépressives apparaissent chez l'enfant.
CE.
Psychothérapie et psychanalyse.
Morf (A.). — Les critères de validité en psychanalyse. — Rev. suisse
Psychol, 1959, 18, 311-314. — Matalon (B.). — Les critères de
validité en psychanalyse. — Ibid., 324-327.
Pour évaluer la validité de la psychanalyse en tant que psychologie,
il importe de ne pas confondre validité thérapeutique et validité théo
rique. En tant que théorie explicative, la psychanalyse ne peut être
déclarée valide, parce qu'elle donne des explications plausibles ou
intéressantes, que si ces explications sont également nécessaires ; or<
on ne sait pas si les images suscitées chez le patient au cours des séances
analytiques ont peur origine le passé ou le conflit actuel, sont objectives
ou fictives, produites spontanément ou par un processus de rationali
sation. L'accord entre l'analyste et l'analysé n'est pas une meilleure
garantie de validité de l'explication (on peut imaginer des explications
fausses qui aient une valeur thérapeutique), non plus que l'accord
entre les analystes ou l'efficacité thérapeutique, Enfin^ la description
des phénomènes peut sembler être surtout l'effet de l'interaction entre
l'observation et la théorie, Une cure d'esprit expérimental, qui ne serait

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