Psychophysiologie - compte-rendu ; n°2 ; vol.74, pg 635-644

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L'année psychologique - Année 1974 - Volume 74 - Numéro 2 - Pages 635-644
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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Psychophysiologie
In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 635-644.
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Psychophysiologie. In: L'année psychologique. 1974 vol. 74, n°2. pp. 635-644.
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1974, 74, 637-686
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Psychophysiologie
Schwartz (M.). — Physiological Psychology. — New York, Appleton-
Century-Crofts, 1973, 484 p.
La collection, déjà assez fournie, de manuels de psychophysiologie
édités en langue anglaise, comprend un nouvel échantillon. (Cette
accumulation rend plus criante encore la faiblesse de l'édition franco
phone en ce domaine.)
Ce livre est destiné aux étudiants en début d'études de psychologie.
L'une des difficultés rencontrées par les auteurs des manuels de ce
niveau est liée à la détermination de la quantité minimale de connais
sance de base qu'il convient d'apporter. Si cette partie est trop import
ante certains peuvent penser qu'elle est inutile ou même qu'elle risque
de représenter un obstacle propre à dissuader l'étudiant en psychologie
de s'intéresser davantage à la psychophysiologie. Pour résoudre cette
difficulté, M. Schwartz indique dans la préface qu'il s'est donné comme
objectif d'apporter les seuls éléments de physiologie nécessaires à la
bonne compréhension d'un comportement. L'auteur a donc rassemblé
en un seul chapitre d'introduction (27 pages) des éléments d'anatomie,
de neurophysiologie, d'endocrinologie en y joignant quelques notions
de terminologie et de techniques expérimentales. Cette condensation
paraît trop importante d'autant plus qu'il ne peut s'agir d'un rappel
de notions déjà acquises. Cette contraction est d'autant plus accentuée
qu'il existe un déséquilibre entre la partie théorique et celle qui est
consacrée aux techniques expérimentales, trop excessivement détaillées
comme cela est le cas par exemple pour l'enregistrement électro-encé-
phalographique (sans compter deux pages perdues pour décrire une
méthode désuète de cumulation de potentiels évoqués). Il en résulte,
en particulier pour la physiologie de la synapse des lacunes qui pourr
aient, à la limite, être admises si cette absence n'entraînait pas une
gêne pour la bonne compréhension du contenu d'un des chapitres
suivants.
Les mêmes propos ou presque pourraient être tenus en ce qui concerne
le début du deuxième chapitre intitulé « Génétique et comportement ».
Le futur psychologue trouvera ensuite une présentation rapide et 638 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
sommaire, mais intéressante, de diverses questions qui ont trait aux
relations entre variations génétiques et perturbation du compor
tement ou des capacités intellectuelles. La présence de ce chapitre et
du suivant, réservé à l'étude du développement des comportements,
représente une heureuse caractéristique de ce manuel, en montrant que
la psychophysiologie ne doit pas être réduite à sa seule dimension
neurophysiologique. La nécessité de cette approche selon plusieurs
axes trouve son illustration dans le chapitre terminal qui, sous le titre
« Désordres fonctionnels » est essentiellement consacré à une revue des
faits et hypothèses concernant la schizophrénie.
Dans les neuf autres chapitres, on retrouve les grands thèmes
usuels : physiologie sensorielle, perception et attention, sommeil et
éveil, comportements fondamentaux, apprentissage et mémorisation.
La présentation, mise en pages et iconographie, est agréable. Le texte
des exposés est clair et équilibré tandis que les légendes des nombreuses
figures sont bien détaillées. Il est possible de relever quelques oublis :
la théorie d'Arnold et de Lindsley n'apparaît pas dans le chapitre « Emot
ion » alors que celles de James, de Lange et de Cannon, de Bard font
l'objet de paragraphes bien distincts ; dans le chapitre « Mémoire »
les travaux de Ungar auraient pu être mentionnés avec les réserves
éventuelles qu'ils inspirent à l'auteur. Il est aussi curieux de noter une
absence totale de notions de psychopharmacologie.
Ces oublis apparaissent aussi dans la bibliographie. Plus justement,
il convient de souligner la difficulté du choix des références bibliogra
phiques pour ce type de manuel. Il semble que l'auteur aurait dû
séparer les quelques références de revues ou d'articles généraux cou
vrant une partie suffisamment large du chapitre et d'accès aisé pour
l'étudiant. Dans ces conditions, l'appendice bibliographique gagne en
utilité en incitant davantage les étudiants à consulter des sources
d'informations supplémentaires.
Ce manuel doit être considéré comme étant un ouvrage élémentaire
pour étudiant de premier et deuxième cycle. Ce serait une erreur de le
considérer autrement.
J. Féger.
Piltz (A.) et Van Bever (R.). — Time without clocks. How Nature
tells Time. — New York, Grosset & Dunlap, 1970, 128 p.
On ne peut pas dire que Piltz et Van Bever aient écrit un livre de
psychologie, mais il serait bon qu'il soit lu par tout psychologue qui
désire étudier les aspects cycliques du comportement, notamment s'il
s'agit de périodicités circadiennes ou saisonnières. Il s'agit en effet d'un
ouvrage de culture générale, ou tout au moins de très bonne vulgari
sation, concernant les rythmes biologiques.
Une brève introduction montre la généralité du caractère périodique
des fonctions biologiques, puis un second chapitre tout aussi bref PSYCHOPHYSIOLOGIE 639
rappelle que l'environnement physique présente, lui aussi, une vaste
gamme de rythmicités, depuis l'échelle atomique jusqu'à celle des
galaxies. Les auteurs développent ensuite le thème de l'adaptation
de la périodicité des fonctions biologiques à celle des caractères physiques
du milieu (marées, variations de la température et de l'éclairement, etc.).
Ils citent les facteurs internes qui règlent cette périodicité physiologique :
il s'agit par exemple de l'ADN chez certains unicellulaires, de glandes
endocrines céphaliques chez divers insectes, etc. Néanmoins ces facteurs
internes sont à leur tour sous la dépendance de rythmes physiques
externes ; les auteurs en donnent pour exemple le déterminisme photo
périodique de la floraison de certaines plantes : on apprend à ce propos
que l'obscurité et l'éclairement n'agissent pas dans tous les cas comme
les valeurs extrêmes d'un même continuum de stimulation, mais parfois
comme deux facteurs indépendants exerçant chacun leur action propre.
On pose alors le problème de la nature endogène ou exogène des
rythmes biologiques, d'emblée circonscrit au cas des rythmes circadiens
et saisonniers que les auteurs mettent à part des autres en raison de
la part évidente que paraissent prendre les variations du milieu dans
leur déterminisme. On cite à ce sujet divers exemples concernant le
maintien d'activités rythmiques « en libre cours » chez des animaux
tenus dans des conditions d'environnement constantes (variations de
la coloration et de la locomotion chez le Crabe Uca), ou concernant
le déterminisme temporel d'un acte donné à partir d'un événement
synchronisateur (heure de sortie hors de la pupe chez l'imago de certains
insectes). Les rythmes physiques ont-ils surtout pour effet de déclencher
et d'entretenir les rythmes physiologiques, ou bien leur impriment-ils
en outre leur périodicité propre ? Les auteurs manifestent leur sympat
hie pour ce second point de vue, qui est celui de Brown, dont ils citent
les expériences sur la sensibilité géomagnétique de certains mollusques
et ses variations journalières, sans dire que ces observations ne sont
guère jugées convaincantes par la majorité des chercheurs.
La fin de l'ouvrage fait état de recherches récentes concernant
l'influence possible de facteurs physiques tels que : la rotation de la
Terre, les variations de la pesanteur, etc. On cite à ce propos des expé
riences qui se sont déroulées au pôle Sud, ou en état d'apesanteur lors
de vols interplanétaires, ou simplement des observations concernant
les troubles constatés chez les membres d'équipages d'avions traversant
plusieurs fuseaux horaires. Ceci nous ramène pour finir à un cadre
quotidien et à des considérations pratiques, telles que, notamment,
les conditions de travail nocturne et la détérioration des performances
psychologiques qui semble y être liée.
Au total, un livre intéressant, bâti suivant une progression très
pédagogique, citant des exemples curieux et péchant parfois par un
excès de partialité.
M. Blancheteau. 640 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Loeb (J.). — Forced movements, troplsms and animal conduct. —
New York, Dover Publications, 1973, 209 p. (lre éd., 1918).
Après avoir suscité autrefois des passions, la « question des tropismes »
avait subi la désaffection des chercheurs, surtout depuis les travaux
de Viaud qui avaient paru la régler définitivement. Or il se pourrait
que l'étude de ces réactions d'orientation connaisse bientôt un regain
d'intérêt en raison du récent développement des recherches psychophys
iologiques sur les agents neurochimiques. On a besoin, en effet, de
conduites très simples susceptibles de manifester l'effet de ces facteurs,
et les tropismes pourraient bien offrir la technique permettant cette
mise en évidence. C'est pourquoi la réédition de cet ancien classique
qu'est le livre de Loeb sur les tropismes ne doit pas surprendre ; elle
est au contraire la bienvenue. Ce texte donnera aux physiologistes, en
effet, une idée des expériences sur lesquelles sont fondées les descrip
tions et la théorie des conduites d'orientation dans un champ de répar
tition d'énergie physique ou de diffusion chimique ; ce côté métho
dologique de l'œuvre de Loeb reste valable. Les interprétations,
évidemment, ont vieilli, et des schémas neuromusculaires modernes
doivent y être substitués.
Sur ce point, néanmoins, le psychologue curieux de l'histoire de
sa discipline découvrira à quel point on a calomnié Loeb, ou combien
on l'a mal compris, en l'accusant principalement d'un réductionnisme
outrancier. En fait, loin de ramener tous les comportements à des
combinaisons de tropismes, Loeb souligne à propos du phototropisme,
par exemple, combien les réactions d'un animal placé dans l'obscurité
et s'orientant par rapport à deux lumières diffèrent de celles d'une
personne perdue dans la nuit et se dirigeant vers l'une de deux maisons
éclairées. Il en tire d'ailleurs un argument contre les interprétations
anthropomorphiques : loin de réduire l'homme à l'animal, il demande
au contraire à ce qu'on n'assimile pas l'animal à l'homme.
De même, Loeb essaie de rendre compte des réactions d'orientation
par des mécanismes physiologiques très divers suivant les cas : soit
activation directe de la contractilité musculaire, soit excitation médiat
isée par la stimulation oculaire (il ne dit pas comment, tant qu'il n'en
sait rien), soit excitation polarisée de certains neurones effecteurs
(galvanotropisme des Crustacés), etc. Mais ce qui lui importe davantage,
c'est de souligner que l'orientation résulte mécaniquement d'une égali
sation bilatérale des excitations, et qu'alors le déplacement est canalisé,
obligé, asservi pourrait-on dire : Loeb raisonne en cybernéticien qui
s'ignore, bien plus qu'en biochimiste.
Enfin le livre mérite qu'on en lise au moins la préface, de 25 pages
avec bibliographie, écrite par Jerry Hirsch, qui retrace la vie et la
carrière de Loeb, qui montre ce que fut son influence sur ses contemp
orains, et quels jugements ceux-ci portèrent sur lui. Jerry Hirsch est
au courant des travaux de langue française, et à cette occasion il rend PSYCHOPHYSIOLOGIE 641
hommage a ces grands disparus que furent Piéron et Yiaud, précisant
notamment au sujet de ce dernier ce que fut sa contribution unique à
l'étude des tropismes.
M. Blancheteau.
Garterette (E. G.), Friedman (M. P.) (Eds.). — Handbook of
Perception, vol. Ill, Biology of perceptual systems. — New York,
Academic Press, 1973, 521 p.
Ce premier volume paru du Traité de perception ne me semble pas
répondre à l'ambition de son titre. Il faut avouer qu'il ne peut que souffrir
de la comparaison avec le Traité de Physiologie sensorielle dont il est
rendu compte par ailleurs. En fait de Traité, on se trouve en présence
d'une collection de courts chapitres introductifs sans aucune coordi
nation entre eux. Les bibliographies sont brèves et doute en raison
des délais de publication ne mentionnent guère d'ouvrages récents.
Il va hélas de soi que sauf trop rares exceptions, elles tendent à se limiter
aux publications américaines.
Les premiers chapitres résument les données concernant la transduc-
tion de l'énergie et les propriétés des récepteurs sensoriels (Roberts),
la transmission de l'information entre neurones (Stevens) et son inté
gration dans le système nerveux (Horridge). Suivent des considérations
sur l'évolution phylogéné tique des systèmes sensoriels (Kruger et
Stein) dont on retrouve des échos au cours d'autres chapitres. On regrette
que les trois chapitres sur l'embryologie expérimentale (Trevarthen),
l'éthologie (Schleidt) et le contrôle génétique (Thomas) qui constituent
les apports les plus originaux de l'ouvrage ne soient pas plus développés.
Les connaissances contemporaines en matière de physiologie des
sensations sont présentées par des spécialistes de chaque domaine :
les récepteurs chimiques du goût et de l'odorat (Wenzel), les mécano- (Burgess), les récepteurs de température (Hensel), la vision
(Abramov et Gordon), l'audition (Masterton, Diamond et Webster).
La perception tactile d'une texture fait l'objet d'un court chapitre où
Taylor et al. constatant le faible nombre de recherches consacrées à ce
domaine proposent un cadre conceptuel qui devrait suggérer de nouvelles
recherches. Howard consacre deux chapitres aux sens spatiaux de loca
lisation et à l'orientation dans l'espace et Sutherland un trop bref
chapitre à la reconnaissance des objets.
Sans faire un procès d'intention aux « éditeurs », on peut se demander
quelles sont les raisons qui ont fait regrouper au cours de ce volume
ces présentations succinctes où la perspective historique est de ce fait
complètement éliminée alors que sont annoncés d'autres volumes
concernant la vision, l'audition et les autres sens. Car si, comme l'indique
la préface, la physiologie sensorielle a pu négliger de s'intéresser à de
nombreuses propriétés de la perception dont devraient rendre compte
les théories physiologiques, il est non moins vrai que la plupart des ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 642
théories de la perception tendent à ignorer les bases physiologiques
de celle-ci. Et leur présentation en un volume séparé ne peut que contri
buer à perpétuer cette absence d'intégration des niveaux d'interpré
tation des phénomènes perceptifs.
C. Bonnet.
Jameson (D.), Hurvich (L. M.), Eds. — Handbook of Sensory
Physiology, vol. VII-4 : Visual Psychophysics. — Berlin, Springer-
Verlag, 1972, 812 p.
Les données présentées au cours des 28 chapitres de ce volume
concernent principalement les domaines qui ont été introduits à des
niveaux photochimiques ou physiologiques dans les volumes précédents
du Traité de Physiologie sensorielle. A de rares exceptions ces chapitres
ne font pas double emploi avec d'autres ouvrages actuellement dispo
nibles. Et si le domaine couvert peut sembler restreint, c'est d'une part,
en raison du degré d'approfondissement des sujets traités, et d'autre
part, et surtout, dans la mesure où leur choix a été orienté par le déve
loppement des connaissances de la photochimie du récepteur visuel, de
la physiologie de la rétine et du système central. Cependant, que près de
la moitié des chapitres soient consacrés à la vision des couleurs me semble
plus refléter les préférences personnelles des éditeurs qu'une évaluation
objective des intérêts qui apparaissent dans les recherches psychophys
iques contemporaines. Il est vrai qu'avant de faire sur certains points
un constat d'éventuelle carence, il faut attendre la publication du volume
consacré à la Perception.
Il serait trop long de détailler ici tous les chapitres traités par des
spécialistes de chacun des sujets, mais disons que, outre la vision des
couleurs, sont abordés la détection d'une lumière et les seuils absolus,
les phénomènes de brillance, les réponses visuelles aux variations spa
tiales et temporelles de la stimulation, les problèmes des mouvements
oculaires et de la direction visuelle perçue, quelques problèmes de la
mesure en psychophysique, les relations entre mesures électriques et
psychophysiques et la psychophysique visuelle chez les animaux. Si
chacun des chapitres peut satisfaire les spécialistes du domaine, les
auteurs auraient gagné dans bien des cas à conclure leurs chapitres dont
beaucoup se terminent abruptement. Malgré quelques défauts mineurs,
ce volume vient à temps compléter les ouvrages de synthèse disponibles
sur des sujets où beaucoup reste encore à connaître.
G. Bonnet.
Jung (R.) Ed. — Handbook of Sensory Physiology, vol. VII-3 : Cent
ral Visual Information, A. — Berlin, Springer- Verlag, 1973, 775 p.
Jung (R.) Ed. — Handbook of Sensory vol. VII-3 : Cent
ral Visual B. — Berlin, Springer- Verlag, 1973, 738 p.
Tenter une synthèse des connaissances de physiologie sensorielle PSYCHOPHYSIOLOGIE 643
sur le traitement central de l'information visuelle est l'objectif que
s'est assigné 1' « éditeur » de ces deux tomes. Si les différents chapitres
ont des auteurs différents, tous excellemment choisis, le résultat n'est
nullement une juxtaposition de revues, mais une présentation articulée,
coordonnée des différents domaines par des spécialistes qui ont en
commun de prendre en considération les données neurophysiologiques
et perceptives pour éclairer les unes par les autres lorsque cela est
possible. La richesse de ce traité tient moins à la masse des résultats
qui sont présentés et qui par définition sont destinés à dater rapidement
qu'à la synthèse des approches expérimentalo-inductive et hypothético-
déductive dont la valeur stimulante ne manquera pas de se faire sentir.
Le tome A est centré sur les fonctions d'intégration de la vision et
leurs mécanismes corticaux. Il comporte aussi la présentation de données
comparatives. Il s'ouvre sur un très long chapitre de Jung qui se propose
de démontrer l'importance, voire la nécessité, qu'il y a à combiner les
approches neurophysiologiques, psychophysiologiques et psychophys
iques dans l'étude de la vision. Il développe particulièrement les impli
cations perceptives de l'hypothèse de deux systèmes afférents de « bril
lance » et d' « obscurité » selon un modèle déjà évoqué par Hering. Un
tel point de vue se trouve d'ailleurs renforcé par la considération des
mécanismes centraux de la vision des couleurs (De Valois). Le chapitre
de Jung présente une synthèse brillante dont la plupart des points sont
développés dans d'autres chapitres. Stone et Freeman poursuivent
dans cette voie en tentant de dégager les relations entre données psycho
physiques et neurophysiologiques dans la discrimination des formes.
Bishop montre comment les cellules qui répondent à des attributs
caractéristiques de la stimulation lorsque le stimulus est localisé à une
distance précise de l'œil peuvent servir de base à la stéréopsie et à la
perception de la profondeur. La stabilité du monde visuel est attribuée
par McKay à des processus d'évaluation de l'information, tandis que
VEfferenzkopie pourrait par soustraction servir à la stabilisation des
réflexes d'orientation. Grüsser et Grüsser-Gornhels présentent un pano
rama très élaboré des recherches portant sur les mécanismes nerveux
de la détection et de la perception du mouvement visuel où sont déve
loppées de nombreuses relations quantitatives observées chez les
Anuriens. Dans le cadre d'une théorie des systèmes, Van de Grind et al.
rendent compte des recherches tant psychophysiques que neurophys
iologiques sur la fusion par des modèles de fonction de filtres temporels.
Levick estime que le rôle des décharges maintenues serait au niveau
des seuils de supprimer l'effet du niveau moyen d'illumination et de
signaler des effets inhibiteurs. Les effets de la privation sensorielle
aux niveaux histologique et neuronique n'apparaissent pas corrélés
à Ghow qui rappelle les récupérations consécutives à bien des égards
paradoxales.
Quand aux données comparatives, elles concernent les principes

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