Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses, chimiques, etc. - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 404-418

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 404-418
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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Henri Piéron
P. G.
P. B.
D. W.
G. P.
M. L.
IV. Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses,
chimiques, etc.
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 404-418.
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Piéron Henri, G. P., B. P., W. D., P. G., L. M. IV. Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses, chimiques, etc. In:
L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 404-418.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1924_num_25_1_6192404 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tout à fait comparables. Leurs rythmes peuvent être identiques.
(W. fait remarquer qu'on ne doit considérer la notation musicale, et
particulièrement la division en mesures théoriquement égales, que
comme une indication grossière, qui ne correspond nullement d'une
façon exacte à la réalité). La mélodie poétique diffère de la mélodie
musicale, en ce qu'elle comporte des inflexions de la voix au lieu
d'un chant : cette différence vient, selon W., de ce que, dans la mél
odie musicale, la voix passe brusquement d'une note à une autre, en
sautant tous les intervalles intermédiaires, tandis que, dans la réc
itation d'une pièce de vers, la voix s'élève progressivement d'une note
à l'autre.
Dans les formes plus complexes des deux arts, il n'y a plus concor
dance entre les procédés : la symphonie n'a pas d'équivalent en poésie,
et de même, la poésie peut utiliser le mot en raison de sa valeur intel
lectuelle, en laissant de côté sa valeur sonore, encore que ce soit pré
cisément la tendance inverse qui la distingue de la prose.
G. P.
C WALSTON. — The philosophy of harmonism in its psychological
bearings and future experiments {La philosophie de Vharmonisme,
ses aspects psychologiques, et sa vérification expérimentale). — Br.
J. of Ps., XIV, 2, 1923, p. 199-205.
Il y a un principe d'harmonie manifeste, à la fois dans le monde
extérieur, dans le développement des organes et de leurs fonctions
et dans les relations qui s'établissent entre le monde extérieur et le
monde intérieur.
W. pense qu'il y a aussi harmonie entre le Vrai et le Beau, et au
point de vue psychologique, entre l'émotion qui accompagne la per
ception d'une belle démonstration logique et l'émotion esthétique.
Il essaie de démontrer cette harmonie ou plutôt cette identité des
deux émotions en rassemblant des instantanés de personnages en
proie à l'une ou à l'autre de ces deux émotions, et particulièrement
en étudiant, à ce point de vue, des photographies d'enfants.
On peut douter que ces recherches le conduisent à trouver une
démonstration irréfutable de ses thèses métaphysiques, mais peut-
être Pamèneront-elles à rassembler des documents intéressants sur
l'expression des émotions. G. P.
IV. — Psychophysiologie
Interactions. Influences diverses, chimiques, etc.
E. DE SOMER. — Recherches sur le rapport du système respiratoire
valvulaire avec les phénomènes psychiques et avec les contractions
musculaires de la mimique. — J. de Ph., XXII, 1, 1924, p. 60-69.
Le système respiratoire valvulaire comprend les muscles bron
chiques, laryngiens, pharyngiens, linguaux et nasaux, et enfin les
muscles des mâchoires et des lèvres, rétrécissant la lumière de l'une
ou l'autre section des voies respiratoires. PSYCHOPHYSIOLOGIE 405
Au cours des émotions excitantes, les mouvements respiratoires
fréquents s'accompagnent d'ouverture respiratoire buccale et d'ou
verture laryngienne. Dans les émotions déprimantes, à l'inverse, il y
a fermeture du larynx et de la bouche avec contraction labiale,
accompagnant une respiration lente et profonde.
Parfois le système valvulaire réagit directement et le phénomène
respiratoire est secondaire, à l'inverse des cas précédents. Le bâill
ement où la réaction respiratoire commande l'ouverture valvulaire
s'oppose à ce point de vue au soupir où c'est la réaction
qui est primitive.
Chez l'enfant qui pleure, il se produit une fermeture spasmodique
de l'appareil valvulaire.
L'auteur admet l'existence de manifestations psychiques laryn
gées.
H. P.
LUGA GALDO et ALFONSO PAPA. — Influenza dell' attention©
visiva e del laboro muscolare sulla grafica cérébrale e sul respiro
[Influence de l'attention visuelle et du travail musculaire sur le
graphique cérébral et sur la respiration). — II Cervello, III, 5, 1924,
p. 285-300.
Le sujet étudié dans ce travail est un ancien soldat présentant, à
la suite d'une blessure par grenade, une perte de substance osseuse,
à la région temporo -pariétale gauche du crâne. De nombreux gra
phiques du pouls cérébral ont été recueillis. En dehors d'une augment
ation très légère de la fréquence respiratoire, l'attention visuelle pro
longée se traduit par un léger ralentissement du pouls (par probable de la pression vasculaire), un renforcement des pul
sations cérébrales avec afflux de sang (d'où augmentation de pression
endocranienne) et une augmentation du dicrotisme ; tous ces phé
nomènes s'accentuant progressivement. Au bout de 5 à 10 minutes
d'effort, la fatigue intervient, elle se manifeste par des inspirations
plus profondes, par de l'irrégularité du pouls cérébral avec « trépida
tion » vasculaire diastolique (attribuée à une instabilité par épuise
ment du tonus vasculaire), se manifestant en un tremblement du
tracé du pouls dans la phase de relâchement, enfin une augmentation
volumétrique.
Dans le travail musculaire avec efforts dynamographiques répétés,
il y a accélération respiratoire, irrégularités, légère
de fréquence du pouls, et, au moment de l'effort, une augmentation
volumétrique passagère traduisant un phénomène hydraulique, une
augmentation de la pression du liquide céphalo-rachidien.
Il est regrettable que les auteurs n'aient pas pris simultanément
le pouls radial et le tracé pléthysmographique du bras, ni fait d'oscillo-
graphie parallèle, ce qui est la seule méthode permettant une inter
prétation correcte des résultats obtenus avec le pouls cérébral.
H. P. 406 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
DAVID BRUNSWICK. — The effects of emotional stimuli on the
gastro-intestinal tone- (Les effets des stimuli émotionnels sur le
tonus gastro-intestinal). J. of comp. Ps., IV, 1 et 3, 1924;, p. 19-79
et 225-287.
La vérification expérimentale de la théorie de James-Lange exi
gerait une reconnaissance précise des réactions organiques caracté
ristiques de chaque émotion et de leur relation temporelle avec les
phénomènes subjectifs. C'est un aspect de ce problême que B. étudie.
Cannon a pu observer chez le chat les mouvements de l'estomac et
de l'intestin dans les émotions par la méthode radioscoprque. D'autre
part Cannon et Washburn ont étudié chez l'homme les contractions
de l'estomac dans la faim par la du ballon explorateur.
B. essaye d'employer la même méthode à l'étude des émotions en
introduisant le ballon dans l'estomac, le duodénum et le rectum.
L'appareil se compose d'un ballon en caoutchouc mince, attaché à
un tube qui se termine par un bulbe métallique communiquant
avec l'intérieur du ballon par des trous : l'autre extrémité débouche
dans un appareil qui permet de gonfler ou de dégonfler le ballon et
d'enregistrer ses variations de volume dans les meilleures conditions
de sensibilité. En même temps un pneumographe enregistre la respi
ration thoracique et abdominale, tandis qu'un autre appareil permet
à volonté d'inscrire d'une façon continue la pression sanguine. Enfin
sur le même tambour s'inscrivent des signaux manœuvres par l'e
xpérimentateur pour déterminer le moment d'intervention des exci
tations susceptibles de jouer un rôle, et des signaux par lesquels le
sujet indique ses impressions subjectives.
Ces expériences exigent beaucoup de bonne volonté et de pa
tience. Le sujet commence par avaler le ballon dégonflé et le tube,
ce qui ne va pas sans provoquer chez certains des réflexes pénibles.
■ — L'introduction dans le duodénum est très difficile : elle demande
un temps d' « incubation » d'une demi-heure à une heure ; le résultat
doit être soumis au contrôle radioscopique ; il n'a été obtenu que
rarement ; les dispositions morales jouent un grand rôle, les préoc
cupations du sujet relatives à la marche de l'expérience tendent à
produire un spasme qui s'oppose au franchissement du pylore.
Une fois l'appareil mis en place, le ballon est gonflé, l'appareil ins-
cripteur est réglé et mis en marche ; c'est alors qu'on fait intervenir
une série d'incidents capables d'agir sur l'état moral du sujet. L'au
teur connaît l'insuffisance des émotions de laboratoire : après avoir
éliminé certaines épreuves, son choix s'est porté sur les suivantes :
lampe éteinte, puis rallumée, coup de pistolet (préparatifs, raté du
coup ; puis détonation inattendue), eau froide jetée à la figure du
sujet — sentir de la viande corrompue, de l'urine, des matières fé
cales, contact d'un rat (apprivoisé), d'un serpent (inoffensif) ; —
choc électrique préparé, avec divers incidents ; — injection sous-
cutanée d'adrénaline (en vue d'une autre expérience).
B. insiste sur les difficultés matérielles (fuites dans l'appareil) ; sur la
gêne produite chez les sujets par les appareils ; sur les critiques que
soulève leur introspection. Plus embarrassantes sont les causes
d'erreurs dans l'interprétation des tracés ; il faut distinguer des PSYCHOPHYSIOLOGIE 407
•effets dûs aux émotions les variations spontanées ou automatiques
du tonus, les résultats mécaniques des changements de la pression
abdominale. Le tube digestif subit le contre-coup des changements
respiratoires, la pression abdominale augmente dans l'inspiration ;
l'interprétation exige ^comparaison de tous les tracés simultanés.
Des expériences préliminaires ont permis d'étudier l'influence des
mouvements volontaires de la respiration, des jambes, du sphincter
de l'anus.
Il est impossible de suivre l'auteur dans son minutieux comment
aire des nombreux tracés largement reproduits dans son article et
-condensés dans des tables. De son aveu même, beaucoup de résultats
sont d'une interprétation embarrassante. Cependant il considère
comme prouvés par ses résultats positifs deux sortes d'effets, toniques
ou dépressifs des émotions sur l'appareil digestif, correspondant en
général aux émotions agréables ou pénibles. Pour expliquer les cas
négatifs il fait intervenir diverses hypothèses : imperfection de l'i
ntrospection chez les sujets, possibilité d'une localisation variable de
l'effet portant sur le rectum, rôle de l'attention, enfin et surtout il
présente une théorie de la compensation émotionnelle (les émotions
déprimantes tendant à susciter des réactions en sens opposé pour
combattre l'effet primitif : par exemple le sujet se défend contre la
peur).
En ce qui concerne la théorie de James, les expériences n'apportent
aucun fait décisif, elles ne permettent pas de se prononcer sur la
question de l'antériorité du fait périphérique par rapport à l'émotion
subjective : d'autre part, elles ne sont pas en faveur de l'idée des
réactions spécifiques de chaque émotion, du moins dans la mesure
où elles se traduiraient, pour l'appareil digestif, par un changement
global de pression survenu dans les organes.
P. G.
J.-A. LARSON. — The cardio-pneumo-psychogramm, in deception
(Le cardio-pneumo-psycho gramme dans le mensonge). — J. of exp.
Ps., VI, 6, 1923, p. 420-454.
L'intérêt du travail de Larson est qu'il a été fait à l'école de police
■de Berkeley sur des personnes véritablement soumises à une enquête
-criminelle. Son article, illustré par de nombreuses reproductions de
tracés, est l'étude d'une douzaine de cas particuliers réels. Mieux
que des expériences faites dans des situations factices, ces exemples
sont de nature à prouver la valeur de la méthode. L. ne pense pas
que l'on puisse, dès maintenant, vaincre les préventions des tribunaux
contre cette méthode, mais il admet qu'elle peut jouer un rôle auxil
iaire et conduire rapidement à des présomptions d'innocence ou de
culpabilité ; il cite des cas où elles ont été confirmées par les aveux
du coupable, souvent amenés par l'épreuve elle-même. Particulièr
ement intéressants sont les cas qui permettent de montrer comment le
récidiviste le plus roué se trahit au cours de l'épreuve, et
■d'autre part, l'émotion d'un prévenu sincère se distingue sur les tracés
•de l'embarras du coupable qui cherche à mentir.
P. G. 408 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
R.-D. GILLESPIE. — The relative influence of mental and,muscular
work on the pulse-rate and blood-pressure (Influence relative*dw
travail mental et musculaire sur le pouls et la pression artérielle)!.
— J. of Phys., LVIII, 1924, p. 425-432.
Le travail mental produit une élévation de la fréquence du pouls
et de la pression artérielle, indépendamment de tout facteur émot
ionnel et de tout mouvement des muscles. Si l'on associe le travail
mental et le travail musculaire, l'élévation du pouls et de la pression
artérielle est plus marquée qu'au cours du travail mental ou du travail
musculaire seuls. Chez les étudiantes, la fréquence du pouls est élevée
proportionnellement deux fois plus que la pression artérielle, tandis
que chez les étudiants la fréquence du pouls et la pression artérielle
sont élevées à peu près dans la même proportion.
P. B.
WILLIAM M. MARSTON. — Sex characteristics of systolic blood
pressure behavior (Caractéristiques du comportement de la pression
sanguine systolique chez les deux sexes). — J. of exp. Ps., VI, 6,
1923, p. 387-419.
M. considère les variations de la pression sanguine comme un
moyen de dépister le mensonge dans une déposition judiciaire. Mais
ceci suppose une étude complète des facteurs, autres que l'intention
de tromper, qui peuvent faire varier la pression et peuvent se pré
senter dans un interrogatoire. Les sujets sont étudiés dans cinq s
ituations : le repos, la lecture et les conversations portant sur des
choses intéressantes, mais sans rapport direct avec l'enquête, la nar
ration de^ faits se rapportant à des actes d'autrui ou à ceux du sujet,
enfin la discussion contradictoire de la déposition. Or, on est frappé
avant tout des différences entre les deux sexes.
En général, les variations de pression se montrent beaucoup plus
étendues chez les femmes que chez les hommes. Sans doute les varia
tions moyennes résultant des diverses situations étudiées, restent un
peu inférieure à la variation minima qui caractérise la fausse dispo
sition, et par conséquent le test garde sa valeur. Mais exceptionnelle
ment des variations beaucoup plus fortes se rencontrent dans ces s
ituations ; il est vrai que l'auteur admet que, dans les conditions réelles
d'une enquête judiciaire, les objets accidentels qui produisent ces
émotions perdraient beaucoup de leur intérêt, à côté de l'objet essent
iel de l'enquête.
A quoi se rapportent les différences d'allure et de grandeur des
variations de pression chez les deux sexes ? Chez la femme, prat
iquement, toute idée conserve un aspect émotionnel. Chez l'homme,
l'émotion est plus rare ; elle est aussi plus lente à s'établir et à se dis
siper, tandis qu'elle est très mobile chez la femme. Sur la nature de
ces émotions M. arrive à ce lésultaî: assez paradoxal que chez la
femme c'est la colère qui domine, chez l'homme la peur ou la timidité.
La question de l'impression produite par un sexe sur l'autre donne
lieu à des développements intéressants : l'homme se montre plus im
pressionnable, du moins avec des personnes inconnues, tandis que PSYCHOPHYSIOLOGIE 409
les réactions de la femme sont plus vives avec des personnes connues
de l'autre sexe.
P. G.
IDA H. HYDE. — Effects of music upon electro-cardiograms and
blood pressure (Effets de la musique sur V électro-cardiogramme et la
pression sanguine). — J. of exp. Ps., VII, 3, 1924, p. 213-224.
Le travail du cœur a été enregistré avec le galvanomètre à corde
d'Einthoven, la pression avec un sphygmomanomètre très sensible.
Les résultats sont assez variables. Les motifs lents, en mineur, de la
symphonie tragique de Tchaïkowski ont produit chez les amateurs
de musique une dépression de la fonction circulatoire. La chanson
du Toréador de Carmen, un chant national, agissent au contraire
d'une façon tonique. Chez des sujets indifférents à la musique ou
pour qui ces morceaux sont trop connus, on n'observe aucun de ces
effets. H. étudie aussi l'effet d'une danse de guerre indienne sur des
Indiens et sur des blancs, l'effet d'une berceuse chez un malade, etc.
Il semble admettre que des applications thérapeutiques et éducatives
pourraient être tirées de ces faits.
P. G.
ERNST STOERRING. — Pneumographische Untersuchung von Ge
fühls zuständen. [Etude des états affectifs à Vaide du pneumo-
graphe). — A. f. ges. Ps., XLV, 3-4, 1923, p. 298-350.
Expériences sur 5 sujets, — psychologues entraînés aux méthodes
expérimentales, — avec enregistrement de la respiration thoracique
et abdominale, à l'aide du pneumographe Lehmann, avant et après
l'excitant émotionnel.
Avec Georg Störring, l'auteur distingue parmi les états affectifs,
qu'ils soient agréables ou désagréables, d'une part ceux qui sont liés
exclusivement aux sensations gustatives (Empfindungslust, — un-
lust) et, d'autre part, ceux auxquels participe tout le contenu de la
conscience, les états d'âme, (Stimmungslust, — unlust). Il étudie en
troisième lieu, les émotions intenses de plaisir, de peine et de colère
(Affekte).
L'auteur estime qu'une analyse minutieuse des courbes (sept va
leurs différentes sont calculées pour chaque onde respiratoire)
révèle des différences objectives entre tous ces états affectifs.
D. W.
J. ROOS. — Sur la résistance et la différence de potentiel dans le cas
d'un réflexe psychogalvanique (5e Réunion des Physiologistes hol
landais). — Ar. néerl. de Ph., IX, 1, 1924, p. 140-141.
Dans ce travail fait en collaboration avec Einthoven, l'auteur a
réussi à différencier nettement, dans le réflexe psychogalvanique, ce
qui relève d'un abaissement de résistance et ce qui ressortit à une
variation dans la différence de potentiel, grâce à un dispositif spécial,
en soumettant à une force électromotrice de 10 volts un circuit .
.
'410 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
-comprenant une résistance de 100.000 ohms, le corps humain et le
galvanomètre à corde, compensé par comparaison avec la méthode
ordinaire.
La variation de résistance est environ 20 fois plus grande que la
variation de potentiel, mais il y a de notables différences individuelles,
certains sujets ayant une prédominance, beaucoup plus forte que
d'autres, de la première des réactions.
Il y a là une nouvelle et définitive confirmation de ce que j'avais
soutenu dès le début, il y a 15 ans, concernant la dualité et l'ind
épendance des deux réactions que l'on confondait entièrement et
que l'on confond encore souvent.
L'auteur a aussi démontré à nouveau — ce que j'avais fait dans le
même temps — que le réflexe psychogalvanique est indépendant des
réactions vasculaires;
H. P.
H. -M. WELLS. — A note on the psychological significance on the
psycho-galvanic reaction {Note sur la signification psychologique
de la réaction psycho- galvanique). — Br. J. of Ps., XIV, 3, 1924,
p. 300-308.
Au cours de recherches expérimentales sur le choix volontaire,
W. a étudié le réflexe psycho -galvanique, en le rapprochant des ren
seignements donnés par l'introspection des sujets.
Sa conclusion est que la réaction dépend, non pas d'un état
émotionnel, comme on l'a soutenu, mais d'un état tout à fait parti
culier d'activité mentale, correspondant à peu près à la « conscience
de l'action » décrite par Michotte. La chute de résistance est beau
coup moins forte lorsque le choix est aisé, facile ou automatique ;
elle augmente lorsque le sujet fait un effort pour opérer son choix.
La réaction se produit d'ailleurs, avant le moment du choix,
lorsque l'opérateur donne à son assistant le signal de mise en marche
du kymographe, et également lorsque le départ est donné au chro-
noscope. Le sujet décrit alors un état d'attente, de mise en garde,
d'activité mentale, état tout à fait spécial, dont l'opérateur peut
déceler l'existence par la simple observation du galvanomètre, et
qu'il retrouve ensuite dans le rapport qu'a rédigé le sujet sur ses
impressions.
Tout événement sortant de l'ordinaire et qui attire l'attention du
sujet, provoque la réaction ; elle apparaît aussitôt après la présen
tation du stimulus. Elle ne diffère pas sensiblement dans les diffé
rentes opérations mentales. Elle est accompagnée, d'une façon à peu
près constante, d'un effort conscient pour percevoir, d'une direction
d'attention (nettement différente de l'effort musculaire). Selon W.,
elle se produit avant que l'émotion, lorsqu'il y a émotion, ait pu
parvenir à la conscience, et celle-ci ne peut donc pas être considérée
comme son antécédent psychologique. Cet antécédent est de nature
'Co native.
G. P. PSYCHOPHYSIOLOGIE 411
PAUL UHLENBRUECK. — Plethysmographische "Untersuchungen
am Menschen. — I. Ueber die Wirkung der Sinnesnerven der Haut
auf den Tonus der Gefässe (Recherches pléthysmo graphiques chez
Vhomme. — I. De faction des nerfs sensitifs de la peau sur le tonus
des vaisseaux). — Z. für B., LXXX, 1924, p. 36-70.
On sait que des variations spontanées du calibre des vaisseaux
(dans les courbes pléthysmograpbiques) se produisent à la suite
■d'influences psychiques, de modifications respiratoires et d'excita
tions centripètes, de nature inconnue et sans participation de la
conscience. Ces variations s'observent aussi bien à l'état de veille
qu'à l'état de sommeil. Très faibles chez les personnes peu émotives,
elles sont très fortes au contraire, des jeunes filles facilement
émues, « angio neurotiques ». Ces variations spontanées dépendent
avant tout du diamètre du vaisseau et sont conditionnées par
la température extérieure. Les vaisseaux dilatés par la chaleur
présentent des variations plus accusées que ceux contractés par le
froid. Les variations de la respiration sont parallèles à celles du tonus
■des vaisseaux. Toutes les sensations cutanées : chatouillement, doul
eur, chaleur, froid, pression, fourmillement, ainsi que la sensation
secondaire de frissonnement, produisent une contraction des vais
seaux ; la durée et l'intensité de l'action vasculaire dépendent de la
•durée et de l'intensité de l'excitation. La localisation de l'excitation
à tel on tel endroit du corps ne modifie pas son action sur les vais
seaux. La réaction vasculaire suit la sensation et dure beaucoup plus
longtemps qu'elle. Très souvent des excitations répétées à des inter
valles suffisamment longs ont un effet identique ; si, au contraire,
les excitations sont suffisamment rapprochées, il y a sommation des
effets vasculaires. Des sensations qui ne parviennent pas à la cons
cience peuvent agir sur la respiration et le tonus des vaisseaux.
L'action vasculaire produite par les excitations cutanées est
beaucoup plus marquée pendant le sommeil qu'à l'état de veille, car
les réactions vasculaires provoquées par des phénomènes psychiques
conscients sont alors supprimées. Il en est de même dans l'hypnose,
au cours de laquelle les réflexes vasculaires sont plus marqués qu'à
l'état de veille. La suppression de la conscience augmente donc
toutes les réactions vasculaires.
P. B.
RUDOLF ALLERS ET RUDOLF LEIDLER. — Zur Kenntnis
einiger physiologischer Auswirkungen der Vestibulariserregung.
— I. Das Verhalten der Atemkurve und des Plethysmogramms bei
kalorischer Reizung. Versuche am Menschern (Sur quelques effets
physiologiques de V excitation vestibulaire. — I. La courbe respiratoire
et le pléthysmo gramme dans V excitation calorique. Expériences sur
Vhomme). — Pf. A., CGII, 1924, p. 278-298.
Pendant l'irrigation d'une oreille avec de l'eau froide, la respira
tion se modifie en général d'une façon nette, la durée de l'inspiration
•et de l'expiration étant tantôt allongée, tantôt raccourcie ; mais le
rapport de la durée de l'inspiration et de l'expiration est régulière- 412 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ment abaissé. Pendant la sensation de vertige consécutive à l'exci
tation calorifique, les modifications respiratoires ne sont pas sys
tématiques, et en générai le rapport précédent n'est pas modifié. Le
nystagmus optique ne modifie pas systématiquement la courbe
respiratoire comme le fait le nystagmus provoqué par l'excitation
vestibulaire. Dans ce dernier cas, l'inspiration est raccourcie et l'expi
ration est allongée ; cet allongement va même jusqu'à des pauses
respiratoires de plusieurs secondes. Cette réaction respiratoire est
indépendante de l'intensité du nystagmus et de la sensation de ver
tige. Le pléthysmogramme ne montre pas, au cours de ces expé
riences, de modifications constantes et régulières. P. B.
G.-A. TALBERT, F.-L. READY et F.-W. KUHLMAN. — Ple-
thysmographic and pneumographic observations made in hypnosis
(Observations pléthysmo graphiques et pneumo graphiques faites au
cours de Vhypnose). — Am. J. of Ph., LXVIII, 1924, p. 113.
Les auteurs enregistrent des tracés pléthysmographiques du bras
et des tracés respiratoires chez des sujets en état d'hypnose ; ils
constatent des variations constantes du volume du bras sans aucune
suggestion de l'hypnotiseur ; elles sont dues probablement à des
excitations extérieures. La suggestion de froid produit invariabl
ement une constriction du bras. La suggestion d'un état de bien-être
produit, au contraire, une augmentation du volume brachial. La
suggestion de chaleur ne produit pas d'effets constants, cependant
après suggestion de froid, elle produit, en général, une augmentation
de volume, et après suggestion d'un état de bien-être, elle produit de
la constriction ou rien du tout. Au début de l'hypnose on observe de
la constriction, puis rapidement une augmentation du volume bra
chial. En général, la suggestion du réveil produit une constriction,
suivie d'une augmentation graduelle de volume après ce réveil. Les
modifications respiratoires s'observent particulièrement quand on
suggère au sujet un travail mental ou physique sans qu'on puisse les
prévoir, même si les mêmes suggestions sont répétées à différents
intervalles pendant l'hypnose. P. B.
M. A. M. LEE et N. KLEITMAN. — Studies in the physiology of
sleep. II. Attempts to demonstrate functional changes in the ner
vous system during experimental insomnia (Etudes de physiologie
du sommeil. II. Essais pour mettre en évidence des changements
fonctionnels du système nerveux au cours de V insomnie expériment
ale). — Am. J. of Ph., LXVII, 1923, p. 141-152.
Le réflexe rotulien ne s'est pas montré modifié au cours de l'i
nsomnie ; il disparaît dans le sommeil. La pupille est un peu rétrécie
dans l'insomnie, mais le réflexe pupillaire ne change pas.
Il n'y a pas de modification dans le seuil de la sensibilité à l'excita
tion faradique, ni dans les réactions auditives et visuelles.
Un test intellectuel (des contraires) ne manifeste aucun change
ment.
Dans le test de désignation des couleurs, quand le [nombre des

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