Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses, physiques, chimiques, etc - compte-rendu ; n°1 ; vol.24, pg 388-396

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L'année psychologique - Année 1923 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 388-396
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1923
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IV. Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses,
physiques, chimiques, etc
In: L'année psychologique. 1923 vol. 24. pp. 388-396.
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IV. Psychophysiologie. Interactions. Influences diverses, physiques, chimiques, etc. In: L'année psychologique. 1923 vol. 24.
pp. 388-396.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1923_num_24_1_4541388 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Au fur et à mesure de l'évolution de la pensée humaine, il y a eu
une tendance universelle à éliminer ce mot concret pour le remplac
er par un mot à forme constante, servant pour tous les cas, par
adjonction de petits mots (articles, prépositions, etc.). Il y a deux
espèces de mots : le nom et le verbe.
Or, le nom s'est libéré de toutes les désinences casuelles ; mais le
verbe n'a jamais pu se débarrasser de la conjugaison.
Mme h. P.
A. MEILLBT. — Le genre féminin dans les langues indo-euro
péennes. — J. de Ps., XX, 10, 1923 ; (Soc. de Psych., 14 juin),
p. 943-945.
Le genre féminin est une catégorie grammaticale qui tient une
grande place dans les langues indo-européennes modernes, sans
cependant répondre, le plus souvent à un sens quelconque.
Il est probable que, dans la langue préhistorique de laquelle elles
découlent, le genre féminin avait une valeur réellement discriminat
ive. Mais cette valeur n'existait déjà plus en latin. Le féminin
apparaît comme une subdivision du genre animé. Pour les êtres
vivants, il désigne les femelles et cette notion s'est étendue à tout ce
qui est animé. C'est, en général, ce qui est actif qui est féminin,
en opposition avec ce qui est inactif, qui est masculin ou neutre ;
par exemple la terre (féminin), le ciel (masculin).
Mme h. P.
B. BOURDON. — La pensée sans images. — J. de Ps., XX, 3, 1923,
p. 185-205.
La pensée sans images, d'après l'auteur, comprend, d'une part,
des phénomènes spécifiques : reconnaissance, sentiment du connu,
sentiment du nouveau, sentiments de relations ; d'autre part,
des non spécifiques, tels que ceux qui constituent le
sens, les attitudes mentales.
Il croit cependant que toute pensée un peu nette s'accompagne
de représentations, d'images.
S'il s'agit de pensée abstraite, il y a, en général, conversation
mentale, qui n'est autre chose qu'un système de représentations,
d'images.
Mme H. P.
IV. — Psyohophysiologie
Interactions. Influences diverses, physiques, chimiques, etc.
VAN DE BELT (J.-J.). — Quelques actes réactionnels et les phé
nomènes physiologiques qui les accompagnent. — Arch, néer-
de Phy., VIII, 1923, 3, p. 340-371.
L'auteur, dans cette série de recherches, part de ce point de vue
que, dans la réalité psychique, les processus de réactions ont la
signification de mouvements biologiques utiles, de réponses à des PSYCHOPHYSIOLOGIE 389
excitations qui ont une certaine importance vitale pour le sujet,
alors que dans les méthodes habituelles de psychotechnie, ni l'exci
tant, ni le mode de réaction n'ont de signification biologique, mais
sont seulement conventionnels. Par un dispositif expérimental ingé
nieux, que nous ne pouvons décrire ici en détail, l'auteur arrive à
noter, non seulement le temps de réaction, mais encore l'espace
parcouru par le membre qui réagit, d'où il tire facilement la vitesse
de réaction proprement dite. Il étudie, comme réactions, des mou
vements de flexion ou d'extension de l'avant- bras et du bras, tantôt
ayant une valeur purement conventionnelle, tantôt au contraire
provoqués par une excitation assez fortement désagréable (chocs
d'induction), pour déterminer un véritable réflexe de défense.
Dans ces conditions, il constate :
1° Que le mouvement de flexion est relativement plus rapide,
mais aussi moins ample que lennouvement d'extension.
2° Que le le plus rapide, est aussi celui qui exige
la durée de réaction la plus courte.
3° Qu'un mouvement utile a une vitesse plus grande et une durée
de réaction plus petite qu'un mouvement conventionnel du même
organe moteur.
Ayant enregistré le pouls et la respiration de ses sujets, au cours
de toutes les expériences, Van De Belt arrive aux constatations sui
vantes, sur les variations de ces deux facteurs physiologiques, en
fonction des phases différentes de l'expérience : La courbe normale
du pouls de chaque sujet présente une descente marquée après
chaque excitation. Cette descente est fonction de l'intensité de
l'excitation.
La « Lösung » (relâchement de tension) après l'exécution d'un
mouvement (surtout quand il s'agit de réflexe de défense) se tra
duit par une accélération des deux phénomènes, pulsatile et respi
ratoire.
Dans la période suivant le mouvement, il se produit une diminu-
... .1 (Durée de l'inspiration) . ,, , . , , ., tion du rapport = ^=- — ; — vv E Durée — r. l'expiration — —. — T. — - indépendamment F du fait 3
que l'excitation est tombée sur une période d'inspiration ou d'expi
ration.
Quand l'excitation tombe sur une période d'inspiration, elle
provoque un raccourcissement de durée, et une augmentation d'amp
litude. En tombant sur l'expiration, elle provoque un raccourcis
sement de durée, l'expiration pouvant même être brusquement sus
pendue, pour faire place à une nouvelle.
M. F.
M.I. BOAS. — De l'emploi de la méthode expressive dans les r
echerches psychologiques. — Arch. Né er. de Phy., VIII, 1923, 1,
p. 85-105.
Dans une courte introduction, M. Boas essaye de démontrer,
d'un point de vue tout objectif, qu'il ne nous est permis que de
constater des changements organiques accompagnés de variations
de l'état psychique, sans que nous soyons autorisés à les relier
les uns aux autres par un lien de causalité. Le problème que 390 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'auteur se pose, se résume donc à comparer les changements orga
niques aux éléments psychiques correspondants, à noter comment
l'organisme réagit à un ^excitant, et, d'après cette réaction, me
surer les expressions.
Prenant ensuite comme exemple d'expression, les variations de
la circulation périphérique, M. Boas passe rapidement en revue les
facteurs pouvant influencer cette circulation, et aussi par consé
quent le volume périphérique d'un organe quelconque (variations
des caractères du pouls, de sa vitesse, de la pression artérielle, de la
quantité de sang aux extrémités, à l'étude desquelles l'auteur ajoute
celle des facteurs externes ou internes les produisant). Il en arrive
ainsi à ramener le problème qu'il étudie à trois points principaux :
Evoquer des états psychiques.
Mesurer l'expression.
Isoler de cette expression les facteurs internes physiologiques ou
psychiques, préexistant à l'excitation du moment, et représentés
par le jeu des tendances.
Les indications, malheureusement un peu générales, et que l'on
aimerait voir davantage étayées de faits expérimentaux, que l'au
teur donne pour parvenir à ce résultat, sont les suivantes :
N'user que d'un nombre d'excitations le plus petit possible.
Etudier les variations d'expression, en utilisant les mêmes excita
tions.
Analyser les correspondant à l'impression après avoir
écarté ou mis en état de contrôle les facteurs concomitants pouvant
influencer l'expression.
En déduire, en tenant compte des variations d'expression, les
variations de réactions de l'organisme et en isoler l'élément psy
chique. M. F.
MILDRED E. DAY. — The influence of mental activities on vas-
cular processes {L'influence de l'activité mentale sur les processus
vasculaires). — J. of comp. Ps., III, 5, 1923, p. 353-377.
Dans l'introduction, l'auteur fait l'historique de la question et
résume les travaux (de langue anglaise !) en montrant la complexité
du problème.
Il rapporte ensuite des expériences personnelles sur deux groupes
de sujets : six personnes adultes et quatorze écoliers des sexes ;
des mesures quotidiennes de pression systolique et diastolique et
du nombre des pulsations sont prises pendant neuf jours, par séries
de dix, à intervalles de trois minutes ; les six derniers jours, le sujet
accomplit, dans l'intervalle de la cinquième à la septième mesure,
un travail, soit physique, soit mental. Comme tests d'activité ment
ale, on a choisijSoit le calcul mental, soit l'épreuve de la lettre omise
(Dunlap), soit la lecture. Des graphiques et des tables de résultats
individuels complètent le travail. L'auteur a trouvé une augment
ation du nombre des battements du cœur au début du travail,
plus prononcée pour l'exercice physique que pour l'effort intel
lectuel ; mais les fluctuations de la pression ne sont pas en relation
régulière avec le travail, ni avec la fréquence du cœur.
P. G. PSYCHOPHYSIOLOGIE 391
J.-G. LOWS ON. — The effects of deprivation of oxygen upon ment
al processes {Les efjets de la privation d'oxygène sur les processus
mentaux). — Br. J. of Ps., XIII, 1922, p. 416-434.
L. s'est enfermé avec ses sujets (officiers ou médecins militaires),
dans une chambre spéciale où on remplaçait graduellement une
partie de l'air par de l'azote, la pression restant égale à la pression
atmosphérique. Des analyses permettaient de connaître la composit
ion de l'air respiré, où la proportion d'oxygène est descendue jus
qu'à 10 0/0, c'est-à-dire à la moitié de la normale ; des appareils
spéciaux absorbaient l'acide carbonique expiré. On mesurait chez
les sujets : la vitesse du mouvement (par le tapping), l'exactitude
du mouvement (piquer le centre d'une sorte de cible avec une ai
guille), la vitesse de discrimination et de réaction (ranger des cartes
à jouer dans un ordre déterminé), la formation d'associations (entre
des nombres et des figures géométriques), la perception des analo
gies (une série de 3 mots étant donnée, choisir, parmi quatre autres
mots donnés, celui qui est au 3 e de la première série comme le deu
xième est au premier) le jugement sur des pensées où les mots
avaient été mis en désordre (par exemple : « Fait des erreurs cha
cun t Vrai ou faux ?)., enfin la reconnaissance de l'opposition ou de
l'analogie entre deux mots. Les sujets avaient été préalablement
entraînés à ces épreuves.
La vitesse du mouvement est la qualité la moins altérée par la
privation d'oxygène ; l'exactitude du mouvement diminue quand
la pression de l'oxygène descend à près de 50 0/0 de la normale, et
la baisse se produit assez brusquement ; pour la discrimination, les
résultats sont moins nets • la vitesse de formation des associations
tend également à baisser quand la pression d'oxygène diminue de
50 0/0. Pour les trois autres tests, il est difficile de donner une con
clusion.
A côté de ces modifications de l'état mental qu'on peut mettre
en évidence par l'expérimentation, il y en a d'autres, qui pour n'être
pas formulables en chiffres, n'en sont pas moins intéressantes.
Le premier des effets de la privation d'oxygène est une légère
excitation, comparable à celle que donne une petite dose d'alcool.
A l'exception de A, tous les sujets étaient plus bavards dans la
chambre qu'en temps normal.
Ensuite, on observe un changement de l'humeur ; une certaine
irritabilité se manifeste chez plusieurs sujets.
Il semble enfin que l'exercice de la pensée ne soit pas aussi aisé.
Avec une diminution allant jusqu'à 11,1, tous les sujets ont plus de
peine à lire, aucun n'a la même maîtrise de ses actes que dans l'état
normal. L'expérimentateur met une demi-heure pour faire faire
l'épreuve qui demande normalement un quart d'heure, sa parole se
ralentit.
Tous les sujets notent une certaine difficulté à lire, quand la dimi
nution approche de 50 0/0 (de la normale). On comprend bien chaque
phrase prise à part, mais il est plus difficile de saisir l'ensemble. Ces
observations concordent avec celles de Bagby [Psycho pathology
under low oxygen tension, U. S. A., Air Medical Service,, 1920j I„
39-43). Ce dernier notait une certaine difficultéja conduire de front 392 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
plusieurs tâches par une division de l'attention, rendant malaisée.
la concentration. Il y a donc, en résumé, une diminution du pouvoir
d'intégration.
G. P.
D. DI MACGO. — Modificazioni del tempo di reazione discriminativa,.
di accommoda zione, sotto l'influenza dell' alcool [Modifications-
des temps de réaction discriminative et d'accommodation sous V in
fluence de Valcool). — Ar. di Fis., 20, 1922, p. 245-270.
Chez les grands buveurs, le temps de réaction discriminative-
aux lettres de l'alphabet est d'environ 30 0/0 supérieur à la normale.
Sous l'influence de l'alcool (0,5 à 2CC par kg), ils ne manifestent pas
de variation bien nette ; il y a un raccourcissement peu marqué
des temps, suivi d'une brève période de ralentissement ; mais les
phénomènes sont plus accentués chez les abstinents ; le temps est'
nettement raccourci pendant une heure, allongé ensuite. Pour la-
vitesse d'accommodation les faits se montrent différents ; elle est
normale chez les alcooliques, et, sous l'influence de l'alcool, il y a un
ralentissement suivi d'accélération, tandis que, chez les abstinents,
l'action de l'alcool donne, inversement, une accélération d'abord,
puis un ralentissement, ce qui marquerait une différence d'excitabil
ité du muscle ciliaire.
H. P.
H. HOLLINGWORTH. — The influence o£ Alcohol [V influence de-
Valcool). — J. of Abn. Ps., XVIII, 3, 1923, p. 204-237.
L'auteur étudie, dans des conditions rigoureusement déterminées,,
l'action de quantités d'alcool préalablement mesurées, sur six indi
vidus qui se sont engagés par contrat à ne boire aucune espèce d'al
cool pendant toute la durée des expériences, en dehors de celle qui
leur était expérimentalement fournie. Cette action est étudiée au<
moyen d'un certain nombre de tests : 1° Stabilité de la main ; 2° Adapt
ation sensori-motrice ; 3° Rapidité du tapping ; 4° Contrôle du,
mécanisme verbal ; 5° Calcul mental ; 6° Relations logiques ; 7° Ra
pidité à apprendre ; 8° Rapidité du pouls ; 9° Mémoire des couples,
associés.
Les sujets, requis d'être présents au laboratoire, tous les jours, de
9 à 16 heures, étaient soumis à six épreuves le matin, et six l'après-
midi. A titre de contrôle les tests ont également été expérimentés :
1° matin et après-midi, certains jours où les sujets n'avaient absorbé
aucune espèce d'alcool ; 2° matin et après-midi, certains jours où
les sujets avaient absorbé en même quantité une boisson de contrôle-
dépourvue d'alcool.
Les courbes des résultats ont été déduites pour chacun des sujets
et chacun des tests. Il ressort les conclusions générales suivantes :
Dans tous les tests mentaux et moteurs, l'effet de l'alcool est de
diminuer les résultats : la main est moins stable, la coordinations
moins exacte et moins rapide, le tapping est plus lent, les enumer
ations de couleurs, de contraires, les additions, sont ralenties et la<
rapidité à apprendre a décru. Le pouls est nettement accéléré. PSYCHOPHYSIOLOGIE 39$
Tous ces effets varient directement avec la dose. Dans les proces
sus d'association, l'effet des plus petites doses employées dans l'ex
périence avait disparu à la fin de la journée d'expérience, 3 ou
4 heures après l'absorption du liquide. Dans le cas des processus
moteurs (tapping, stabilité, coordination) et, pour la rapidité du>
pouls, le recouvrement est plus lent et même, dans le cas des plus
petites doses d'alcool, il y a encore généralement diminution des
rendements des tests, ou changement de rapidité au terme de la.
journée d'expérience.
M. L.
DAVID JUNE CARVER. — The immediate psychological effects-
of tobacco smoking (Les effets psychologiques immédiats du tabac).
J. of comp. Ps., II, 4, 1922, p. 279-302.
ROBERT LEE BATAS. — The effects of cigar and cigarette smo
king on certain psychological and physiological functions (Les effets
du cigare et de la cigarette sur certaines fonctions psychologiques et'
physiologiques). — J. of comp. Ps., II, 5 et 6, 1922, p. 371-423 et
431-505, III, 1923, 1, p. 37-49.
Ces travaux sur les effets immédiats du tabac ont été poursuivis
en 1919-20 à l'Université J. Hopkins, sous la direction de Dunlap.
Dans les premières recherches,huit types de tests ont été employés :
Classement par reconnaissance tactile d'un jeu de cartes percées-
d'une ouverture diversement orientée, additions, multiplications,
manœuvre d'une machine à additionner, réactions d'associations
verbales, lancement d'une flèche sur une cible, épreuve de précision
dans le maintien d'une position de la main, enfin épreuves de billard
sur trois coups déterminés.
Deux méthodes ont été suivies : alternance des jours où le sujet
fume avant l'épreuve et de ceux où il s'abstient de fumer, — ou
division de l'heure d'expérience en deux parties séparées par un
intervalle où le sujet tantôt fume, tantôt se repose sans fumer.
Ces recherches préliminaires montrent une tendance • — ■ assez
faible, il est vrai, — à une diminution de précision dans les réac
tions qui exigent une adaptation délicate. Pas de changement sen
sible dans la vitesse, ni dans la précision des réactions devenues-
mécaniques..
Dans le deuxième travail, l'épreuve du lancement de la flèche est
reprise avec plus de soin, et continuée pendant plus d'un mois sur
six personnes, avec diverses combinaisons des heures et des jours-
où les sujets fument ; des détails sont donnés sur leur condition phy
sique ou morale pendant cette période, et les résultats sont exprimés
dans de nombreux tableaux numériques et dans des graphiques,
individuels.
Les moyennes calculées en attribuant un coefficient décroissant
à chacun des cercles concentriques de la cible, ne donnent aucune
différence appréciable entre les deux sortes d'épreuves. Par contre,,
on trouve qu'après avoir fumé, les sujets ont une légère tendance à
moins éparpiller leurs coups : la distribution est plus régulière. De
même les fluctuations sont moins grandes au cours de l'heure d'exer- 394 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
cice : dans un cas comme dans l'autre, il y a d'abord progrès, puis
chute et enfin relèvement de la courbe : mais l'effet du tabac serait
de diminuer ou de retarder la chute.
D'autres expériences portent sur la pression sanguine et le rythme
du cœur. Le sujet restant assis, des lectures de pression et de fr
équence sont faites toutes les trois minutes pendant 1 h. 30. Après
une demi-heure, le sujet fume un cigare ou trois cigarettes : il est
soumis de plus à une épreuve d'associations verbales libres de trois
minutes dans la première et dans la seconde moitié de l'expérience.
L'auteur ne croit pas pouvoir éliminer certaines variations acci
dentelles, de cause inconnue et du même ordre de grandeur que celles
qu'on peut attribuer au tabac. Il ne peut pas non plus faire la part
de ce qui serait dû aux produits même du tabac, ou à l'acte physique
et mental de fumer. Ces réserves faites, il dégage des résultats, avec
de grandes différences individuelles, un accroissement de pression
et une accélération du cœur.
Dans les tests d'association, le sujet répond à un mot inducteur
par une série, continuée librement pendant trois minutes, des pre
miers mots qui lui viennent à l'esprit. L'enregistrement des réactions
est automatique. Après fumer, le nombre total des mots est plus
grand (pour 5 sujets sur 6), de même pour le nombre relatif des
substantifs : ce qui est en désaccord avec l'idée généralement admise
que le tabac exerce une inhibition sur le cours des idées. La distr
ibution en quartiles de temps est plus uniforme, la diminution du
nombre des mots du premier au dernier quartile est moins sensible.
De même l'espacement des mots dans le temps est plus régulier.
Ces résultats confirment donc ceux de l'épreuve du lancement de la
flèche.
P. G.
SAMUEL W. FERNBERGER. — Observations on taking Peyote
(Observations sur V absorption de Peyote), — Am. J. of Ps.,
XXXIV, 2, 1923, p. 267-270.
Le Peyote (Anhalonium Lewinii) est une plante mexicaine dont
les Indiens se servent dans certaines cérémonies religieuses ; ses
effets ont été décrits par W. Mitchell, et par Prentiss et Morgan.
L'auteur en a absorbé une forte dose (39 grammes). Au bout
d'une heure, il remarque que les images visuelles consécutives, posi
tives et négatives,sont plus intenses et plus durables qu'à l'ordinaire.
Plus tard, ayant bandé ses yeux, il voit apparaître au centre du
champ visuel une faible lumière blanche, puis des couleurs inter
mittentes en mouvement continuel. Ayant enlevé le bandeau, il
trouve qu'il ne peut fixer longtemps un objet, et que les couleurs
dans la périphérie du champ visuel sont plus vives et plus saturées
que d'habitude. Les hallucinations colorées reparaissent dès qu'on
couvre les yeux : on notera qu'il ne s'agit pas d'éléments de nature
imaginative ; l'auteur se classe d'ailleurs très nettement dans les
non-visuels.
Vers la quatrième heure se présente une nouvelle série de faits.
La parole semble ralentie ; les sensations kinesthésiques produites par
tous les mouvements, semblent, non pas plus intenses, mais excep- PSYCHOPHYSIOLOGIE 395
tionnellement distinctes ; il en est de même des sensations auditives.
La distance apparente de tous les objets vus est très augmentée
{quoique l'appréciation quantitative de la distance réelle reste cor
recte). L'attention semble à la fois très mobile et très distincte,
« supernormale » : c'est ce qui expliquerait l'impression de dilatation
du temps et de l'espace. Ces phénomènes se prolongèrent pendant
plusieurs heures.
P. G.
A. ROUHIER. — La plante qui fait les yeux émerveillés. — Paris
Médical, 13, 48, 1923, Supl., p. i-rii.
Le Peyotl est le nom d'un petit cactus mexicain [Echinocactus Wil-
liamsii), déifié par les Indiens, et dont la consommation est interdite
aux Etats-Unis, à côté de l'alcool, de l'opium, ou de la cocaïne.
Cette plante contiendrait, en effet, une substance toxique, d'ac
tion irritative sur le cerveau et spécialement sur les centres optiques ;
sous son influence, au cours d'une légère ébriété, on voit, en fermant
les yeux ou dans l'obscurité, des phosphènes qui se transforment
bientôt en visions lumineuses, se succédant avec une extraordinaire
variété, sans que la lucidité cesse d'être entière ; la marche des
visions peut être commandée par un rythme auditif. « Un tambou-
rinnement régulier, des accords de piano, synchronisent à leur
rythme, dit l'auteur, la marche des visions qu'ils entraînent et pro
voquent. La vibration d'une note, celle d'une cloche, font jaillir des
arabesques de couleur et remplissent l'espace visuel subjectif d'un
fourmillement eurythmique d'ondes brillantes, lumineuses, dive
rsement colorées, d'une pluie fulgurante, d'un jaillissement d'étoiles ».
Sans doute, l'étude pharmacologique et psychophysiologique de
la substance toxique du peyotl est-elle de nature à fournir des
données intéressantes.
H. P.
ADOLFO M. SIERRA. — Las Pruebas farmacodinamicas en psiquia-
tria. — Semana medica, Buenos-Aires, 1923, 1.
L'auteur, en utilisant la réaction à l'adrénaline de Maranon, a
constaté que le choc émotif engendré se montrait très inconstant
chez les malades présentant le tableau clinique de l'hyperthyroï-
disme, ce qui n'est pas en faveur de la conception de la thyroïde
comme « organe de l'émotion » (L. Lévi et Rotschild).
A côté de l'hyperthyroïdisme et de la sensibilisation sympat
hique pour l'adrénaline, tout au moins, il devrait intervenir un
troisième facteur déterminant, d'après Sierra, mais ce facteur est
-encore inconnu.
H. P.
"WALTER B. CANNON. — - New Evidence for sympathetic control
of some internal secretions [Nouvelle démonstration du contrôle
sympathique de quelque, sécrétions internes). — Am. J. of I., II,
1922, p. 15-30.
Dans cette adresse au Congrès de Québec de l'Association psy- 396 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chiatrique américaine, le physiologiste de Harvard a rappelé quelques
uns de ses récents travaux, et a conclu au sujet de l'extension des
données acquises à la psychophysiologie et à la psychopathologie
humaines.
Il a rappelé l'existence de signes de décharge sympathique dans
l'excitation émotionnelle, et déclaré « très probable » la participation
des surrénales, du foie et de la thyroïde dans le complexus émot
ionnel.
Pour les surrénales et la thyroïde, nous n'avons pas d'épreuve
permettant de mettre directement en évidence un excès possible
d'activité ; toutefois l'hyperglycémie émotionnelle paraît à Gan
non en être un témoignage indirect, mais très probant. Il compte
obtenir d'ici quelques années des tests satisfaisants.
L'examen des effets de l'épreuve de l'adrénaline due à Marafion,
le conduit à faire, des effets physiologiques de l'émotion, une réac-
tion non spécifique commune à la peur ou à la colère, les différences
d'émotions tenant aux voies réactionnelles instinctives, aux diff
érents « nervous patterns » mis en jeu.
H. P.
LEONARD WILLIAMS. — The constituents of the unconscious
(Les constituants de V inconscient). — Br. J. of Med. Ps., II, 4,
1922, p. 259-272.
Sous ce titre, l'auteur, s'appuyant sur des exemples généraux,
indique les raisons qui le poussent à subordonner la pensée consciente
au développement et à l'équilibre inconscients des glandes à sécré
tions internes. Des considérations, peut-être un peu théoriques, le
conduisent à définir le rôle spécifique des glandes surrénales, thy
roïdes, pituitaires et sexuelles de l'individu qui naît sur un certain
« modèle » endocrinien, modèle susceptible d'ailleurs d'être modifié
ultérieurement par le climat, par le régime nutritif (importance des,
vitamines) et par l'éducation (rôle actif de la suggestion).
M. L.
CALVIN P. STONE. — Experimental Studies of two important
factors underlying masculine sexual behavior : the nervous system
and the internal secretion of the testis (Etudes expérimentales
relatives aux deux importants facteurs conditionnant le comportement
sexuel masculin : le système nerveux et la sécrétion interne du testi
cule). — J. of exp. Ps., VI, 2, p. 85-106.
Revue générale — assez incomplète — sur la question du rôle
respectif du système nerveux et de la sécrétion testiculaire dans
le mécanisme des réactions sexuelles des mammifères mâles. Les
réflexes coordonnés spinaux (lombo-sacrés), différent du « scratch
reflex », en ce qu'ils sont sous la dépendance de la sécrétion interne,
exerçant une action régulatrice par un mécanisme inconnu sur les-
centres nerveux (castration et transplantation ou injections d'ex
traits testiculaires).
H. P.

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