Psychophysiologie, neuropsychologie et neurobiologie - compte-rendu ; n°4 ; vol.90, pg 596-600

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L'année psychologique - Année 1990 - Volume 90 - Numéro 4 - Pages 596-600
5 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1990
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Psychophysiologie, neuropsychologie et neurobiologie
In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°4. pp. 596-600.
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Psychophysiologie, neuropsychologie et neurobiologie. In: L'année psychologique. 1990 vol. 90, n°4. pp. 596-600.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1990_num_90_4_29434Analyses bibliographiques 596
de son visage est structuré selon le modèle théorique de Bruce et
Young (1986).
Et enfin, l'étude des associations entre les traits physionomiques et
les caractéristiques individuelles permet l'investigation de ces processus
inférentiels.
La section suivante traite des aspects développementaux du pro
cessus de reconnaissance des visages qui apparaît comme l'une des
capacités les plus précoces du répertoire cognitif du jeune enfant.
La huitième section s'inscrit dans la perspective des neurosciences
en considérant les données neuro-anatomiques et neuropsychologiques
de patients cérébro-lésés.
Enfin les trois dernières sections de l'ouvrage présentent les appli
cations pratiques des travaux sur la reconnaissance des visages. Tout
d'abord, le traitement des visages permet l'analyse d'altérations parti
culières de la mémoire des selon différents types de pathologies.
La deuxième application est la reconnaissance automatique à partir de
systèmes artificiels. Enfin, l'application aux problèmes judiciaires dont
les travaux ont permis d'identifier les facteurs pertinents pour la tâche
de récupération d'une information en mémoire à partir de visages
présentés.
Notons que le modèle théorique de Bruce et Young est très présent
dans les exposés de cet ouvrage. Ce modèle propose trois étapes dans le
processus de reconnaissance des visages. Les unités de reconnaissance
faciale, les informations sémantiques, les noms ; chacune de ces compos
antes étant reliée au système cognitif. Ce processus décrit est très
modulaire, pourtant une approche plus distribuée de modélisation
d'aspects du comportement à l'aide de réseaux de neurones, se déve
loppe dans quelques contributions. Cet ouvrage présente un aperçu
des recherches récentes mais aussi le bilan de travaux plus anciens ;
il s'agit d'un instrument fondamental pour les étudiants, praticiens et
chercheurs dans ce domaine.
M. IZAUTE.
Davies G. M., Ellis H. D. et Shepard J. W. (Edit.) — (1981) Perceiving and
remembering faces, Londres, Academic Press.
Ellis H. D., Jeeves M. A., Newcombe F. et Young A. (Edit.) — (1986)
Aspects of face processing, Dordrecht, Martinus Nijhoff.
PSYCHOPHYSIOLOGIE,
NEUROPSYCHOLOGIE ET NEUROBIOLOGIE
Restak R. — (1988) Le cerveau et l'enfant, Paris, Robert Laffont,
344 p.
Il s'agit à proprement parler d'un ouvrage de vulgarisation qui neuropsychologie et neurobiologie 597 Psychophysiologie,
présente les idées et les questions actuelles relatives au développement
neurologique et psychologique de l'enfant. La question se pose donc
de savoir si cette vulgarisation est de bonne qualité.
En positif, il faut souligner que l'ouvrage contient une somme d'i
nformations dans les domaines neurologique et psychologique, récentes
et très variées. De ce point de vue il apportera à tout lecteur une idée
générale sur le développement de l'enfant.
La difficulté majeure vient en fait de la construction de l'ouvrage.
A sa lecture on ne peut s'empêcher de constater de nombreuses répé
titions et les chapitres semblent plus juxtaposés que construits les uns
par rapport aux autres. Parfois même (ex. du chapitre 34) le contenu est
tellement varié que l'on ne comprend pas le thème du chapitre. En fait,
l'ouvrage donne parfois une impression de « coq-à-1'âne ». Tout le travail
de synthèse est laissé au lecteur. A ce dernier de passer du développe
ment du système nerveux au développement de l'esprit. L'absence de
colonne vertébrale entraîne, et ceci me paraît être le plus grave,
l'impossibilité souvent de comprendre de quel enfant on parle. S'agit-il
du nouveau-né, de l'enfant de 10 mois, de l'enfant de 20 mois ou plus ?
La dimension génétique et constructive n'apparaît que très rarement.
Au lecteur de déterminer l'âge de l'enfant lorsque l'auteur nous explique
que « des chercheurs (leur nom n'est pas toujours mentionné) ont décou
vert que le bébé (quel âge a-t-il ?) était capable de... (quelle était la
situation d'observation ou d'expérimentation ?). Si bien que, en conclus
ion, le livre nous explique que le développement de l'enfant doit se
comprendre comme une interaction « complexe » (évidemment !) entre
le génome et l'environnement. Il ne s'agit pas d'une nouveauté fonda
mentale mais il fallait, peut-être, une fois de plus, y consacrer un ouvrage.
En résumé, cet ouvrage est destiné au grand public. Les parents ou
futurs parents y trouveront des informations intéressantes. Pour l'étu
diant en psychologie, il ne peut être qu'un début à une connaissance
du développement.
R. Fontaine.
Price D. D. — (1988) Psychological and neural mechanisms of pain,
New York, Raven Press, 241 p.
Nos connaissances sur les mécanismes physiologiques et psycho
logiques de la douleur ont considérablement progressé au cours des
deux dernières décennies, et D. Price est de ceux qui ont contribué à
ces progrès. Son livre est à la fois orienté vers les travaux les plus récents
(les derniers articles cités dans la bibliographie datent de 1987), et très
marqué par ses théories personnelles. L'auteur se situe, selon ses propres
termes, « à l'interfaco entre la psychologie et la physiologie » et le contenu
du livre répond bien à ce programme. Les premiers chapitres sont
consacrés à la définition de la douleur, à son rôle, et au problème de sa Analyses bibliographiques 598
mesure, dont D. Price est un spécialiste. Puis sont traités, plus briève
ment, les aspects cognitifs et affectifs. La seconde partie expose les
aspects neurophysiologiques de la transmission et de la modulation des
influx afférents douloureux, en particulier les modulations inhibitrices
au niveau spinal et les inhibitions descendantes d'origine encéphalique
(l'étude des mécanismes spinaux occupe 50 pages.) Les aspects neuro
chimiques (rôle des différents neurotransmetteurs, des neuropeptides,
substances opioïdes) sont évoqués, mais peu développés. Le dernier
chapitre présente un bref rappel des principales théories générales sur les
mécanismes de la douleur.
Ouvrage général, ce livre comporte deux points forts : d'une part
une excellente introduction aux problèmes de l'évaluation de la douleur,
et d'autre part une bonne mise au point neurophysiologique. Le lecteur y
trouvera donc une synthèse récente, surtout dans le domaine des
mécanismes neurophysiologiques, périphériques et centraux, agrémentée
d'une bibliographie récente, bien qu'essentiellement centrée sur les
travaux américains (ceux de D. Price, en particulier, y occupent une
place importante).
Ce livre s'adresse autant aux psychologues qu'aux physiologistes
(les cent premières pages ne nécessitent aucune connaissance parti
culière en neurophysiologie) et aux cliniciens intéressés par une synthèse
actuelle sur le problème de la douleur. Pour les étudiants avancés, il
constitue également un bon ouvrage d'initiation, très didactique, et
donnant accès à une large bibliographie récente.
J.-G. Roy.
Rosenfleld I. — (1989) U invention de la mémoire ; le cerveau, nouvelles
donnes, trad. A. S. Cismaresco, Paris, Ed. Eshel, 240 p.
Le présent ouvrage a fait l'objet d'une importante campagne média
tique qui risque de rendre la lecture décevante pour ceux qui attendent
des thèses révolutionnaires sur la mémoire. En fait, s'appuyant sur
l'histoire des découvertes de la neurologie et sur des thèses modernes,
comme celles d'Edelman concernant la sélection des groupes de neu
rones, l'auteur montre ce qui fait la spécificité du cerveau par rapport
à l'ordinateur. En ce sens le livre est intéressant et agréable à lire. Il
serait vain, en revanche, d'y rechercher une synthèse des nombreux
apports de la neurobiologie de l'apprentissage et de la mémoire de ces
dernières années, qu'ils soient physiologiques (effets des hormones),
cellulaires (travaux sur l'aplysie) ou biochimiques (rôle des divers
médiateurs cérébraux). Essai donc sur un aspect limité de la mémoire,
le livre intéressera les spécialistes de ce domaine.
G. Ghapouthier. neuropsychologie et neurobiologie 599 Psychophysiologie,
Séron X. — (1990) Psychologie et cerveau, Symposium de l'Associa
tion de Psychologie scientifique de Langue française, Toulouse, Paris,
PUF, 319 p.
Il s'agit des actes du Symposium organisé en 1987 à Toulouse par
l'Association de Psychologie scientifique de Langue française. Les
comptes rendus de colloques ou de symposia sont en général décevants
tant la valeur des contributions y est hétéroclite. Tel n'est pas le cas du
présent ouvrage qui, du fait de la qualité des participants — parmi
lesquels M. Jeannerod, M. Le Moal, J. Paillard ou J. Sergent — est
d'un intérêt et d'une hauteur de vue tout à fait exceptionnels.
On ne résume pas un tel ouvrage qui traite de toutes les facettes
d'un sujet aussi vaste que les rapports de la psychologie et du cerveau.
Le propos porte sur de nombreux thèmes dont la discussion oscille
entre divers niveaux d'interprétation, depuis le comportement naturel
de l'animal jusqu'à des préparations biologiques ou biochimiques qui
sous-tendent le comportement ou à la simulation informatique. Il
s'ensuit, bien entendu, des points de vue épistémologiques très différents
selon que les auteurs privilégient le comportement (globalisme) ou le
cadre cellulaire et moléculaire (réductionnisme). Ainsi assiste-t-on,
au détour des pages, à l'affrontement du cognitivisme et de la biologie
moléculaire, à la description des aspects les plus élaborés de la neuro
psychologie et à la référence de nombreux auteurs, aux thèses de
L'homme neuronal de J.-P. Ghangeux, même si, comme le remarque
Xavier Séron, divers modèles récents tentent une approche inter
médiaire entre ces deux courants opposés. L'ouvrage se termine par
deux chapitres très intéressants qui touchent à la philosophie du pro
blème, l'un portant sur la représentation sociale de la causalité bio
logique (Deconchy), l'autre sur les relations entre monisme et dualisme
dans les rapports entre le mental et le physique (Jimenez).
Un ouvrage passionnant qui intéressera aussi bien les psychologues
et les neurobiologistes que les spécialistes de l'intelligence artificielle et
les philosophes.
G. Chapouthier.
Aran J.-M., Dancer A., Dolmazon J.-M., Pujol R. et Tran ba Huy P.
— (1988) Physiologie de la cochlée, Paris, inserm/sfa, Editions
Médicales Internationales, 176 p.
Physiologie de la cochlée est le premier volume de la série « L'Audit
ion » publiée sous les auspices de I'inserm et de la Société française
d'Acoustique (sfa). Il est écrit par des spécialistes français consacrant
eux-mêmes leurs travaux de recherche à cette partie périphérique du
système auditif. Aucun autre livre ne présente actuellement un tel
ensemble de connaissances récentes sur les récepteurs auditifs.
La cochlée est la partie de l'oreille interne qui contient les cellules 600 Analyses bibliographiques
réceptrices des stimuli sonores : excitées par les mouvements créés dans
les liquides qui les entourent et qui résultent des vibrations acoustiques
transmises par le milieu aérien, puis par les osselets de l'oreille moyenne,
les cellules ciliées de la cochlée répondent à ces mouvements par l'envoi
de messages nerveux dans les fibres du nerf auditif qui les transmettent
aux centres. Une bonne partie des performances du système auditif
dépend de mécanismes dont le siège est cochléaire, en particulier la
sensibilité à des niveaux de stimulation très faibles et la finesse de la
sélectivité des réponses pour des sons de différentes fréquences. La
compréhension de la complexité des mécanismes cochléaires sur lesquels
reposent ces capacités a énormément progressé ces dix dernières années :
l'existence, à l'intérieur de la cochlée, d'un mécanisme d'amplification
des vibrations qui lui sont transmises a été démontré en 1978. Le rôle
d'amplificateur actif a été ensuite attribué à un certain type de cellules
ciliées, les cellules ciliées externes, dont les propriétés contractiles
étaient simultanément découvertes. Les cellules ciliées internes sont,
quant à elles, les véritables transducteurs neurosensoriels commandant
le départ des messages afférents vers les centres. Actuellement, le rôle
du système afférent apportant les messages des centres aux deux types
de cellules ciliées fait l'objet d'investigations nombreuses.
Livre collectif de cinq auteurs principaux, Physiologie de la cochlée
fait le point de tous les aspects anatomiques, biomécaniques, bio
chimiques, électrophysiologiques du récepteur cochléaire ainsi que
des modélisations qui en ont été proposées. On y apprend dès l'avant-
propos que les connaissances basées sur les observations de von Békésy
ont été complètement bouleversées par les progrès techniques : ceux-ci
ont permis de mesurer les déplacements des structures cochléaires,
non plus sur des cochlées mortes stimulées à des niveaux très élevés,
mais sur des cochlées en parfait état physiologique en utilisant des sons
de niveau modéré. Les cinq chapitres mettent en place cette nouvelle
cochlée en présentant toutes les facettes connues de ce curieux mode de
réception sensorielle. La passion des découvertes vécues par les diffé
rents auteurs et la grande clarté des exposés en font un ouvrage très
agréable à étudier. Au-delà des connaissances fondamentales qu'il
apporte, cet ouvrage fait comprendre la grande fragilité du récepteur
cochléaire : les cellules ciliées externes sont exposées à toutes les agres
sions (sons intenses, drogues, anoxie...), et il importe de les en préserver
pour conserver à l'audition sa sensibilité et sa sélectivité.
Ce livre intéressera les chercheurs, enseignants et étudiants en
physiologie de l'audition ou des disciplines voisines (psycho-acoustique,
audiologie, audioprothèse), en neurosciences, psychologie et médecine.
Souhaitons que la parution de cette série de livres en français stimule
l'enseignement de l'Audition qui demeure actuellement largement
sous-développé dans notre pays.
M.-C. Botte.

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