Psychophysiologie pathologique. - compte-rendu ; n°1 ; vol.47, pg 523-533

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L'année psychologique - Année 1946 - Volume 47 - Numéro 1 - Pages 523-533
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1946
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3° Psychophysiologie pathologique.
In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 523-533.
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3° Psychophysiologie pathologique. In: L'année psychologique. 1946 vol. 47-48. pp. 523-533.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1946_num_47_1_8335PSYCHOPHYSIOLOGIB PATHOLOGIQUE
à l'aide de la méthode d'interprétation du test de Rorschach qu'elle
a proposée. Cette interprétation est basée beaucoup moins sur
l'analyse du psychogramme que sur l'étude détaillée du contenu
linguistique des réponses. La méthode de Mme Minkowska per
mettrait de mettre en évidence sur le plan psychopathologique le
mécanisme fondamental de l'épilepsie essentielle. « Tandis que chez
les schizophrènes tout se désagrège, tout se dissocie, se disperse,
chez les épileptiques tout se condense, se concentre, s'agglutine. »
Alors que dans la schizophrénie se trouve au premier plan la Spaltung
de Bleui er, dans l'épilepsie apparaît le facteur lien. Les conclusions
de Mme Minkowska ne concordent pas avec divers travaux sur le
test de Rorschach dans l'épilepsie. Elle cite dans son travail comme
seule contribution importante le travail de Stauder. En fait les
études de Harro wer Erickson, de Piotrowski et de nombreuses
autres ont amené à des conclusions beaucoup moins significatives.
La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître en particulier
que les réponses au Rorschach souvent considérées comme typi
quement épileptoïdes se rencontrent avec une grande fréquence
dans les protocoles de malades organiques sans crises convulsives,
et par exemple Harrower Erickson en conclut qu'il n'y a pas de
Rorschach caractéristique de l'épilepsie. La discordance de ces
conclusions nous impose une certaine réserve vis-à-yis du travail
•de Mme Minkowska, dont l'a méthode personnelle d'interprétation
présente certainement un réel intérêt.
P, P.
239. — THOMPSON (C. W.), MAGARET (A.). — Differential
test responses of normal and mental defectives (Etude compar
ative des réponses de normaux et d'arriérés à un test). — J. Abn.
Soc. Psychol., 1947, 42, 285-293.
Les auteurs, reprenant sur une plus large échelle l'étude de Ijay-
cock et Clark (J.educ. Psychol., 1942) comparent les réponses de 441
arriérés et 1.326 normaux de même âge mental à la révision 1937
de l'échelle Stanford-Binet, forme L. Trente questions se montrent
discriminatives : à 11 d'entre elles les arriérés sont supérieurs aux
normaux, à 18 ils sont inférieurs, à 1 les plus jeunes sont
et les plus vieux inférieurs. La supériorité des arriérés à certaines
questions ne paraît pas pouvoir se ramener aux effets de l'expé
rience passée (Doll, Laycock et Clark, etc.), non plus que leur
infériorité à une « rigidité » particulière (Kounin) mais à la diffé
rence de saturation des questions par le premier facteur général
isolé par Mjc Nemar (The revision of the Stanford-Binet Scale,
Boston, 1942).
P. J.
3° PSYCHOPHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE.
240. — ZIMMERMAN (F. T.), BURGEMEISTER (B. B.), PUT
NAM (T. J). — Effect of glutamic acid on mental functioning
in Children and in adolescents (L'effet de V acide glutamique sur
le fonctionnement mental des enfants et des adolescents). — Arch.
Neurol. Psychiat., 1946, 56, 489-506. ,
^p
524 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Ce travail nous paraît d'une importance exceptionnelle. Il
démontre la possibilité d'une amélioration de l'efficience mentale
grâce à une administration d'acides aminés appropriés jouant un
rôle essentiel dans le métabolisme cérébral.
En 1943, Price Waelsch et Putnam montraient que l'adminis
tration d'acide 1 glutamique avait une influence favorable sur la
fréquence des crises chez les sujets atteints de petit mal. Un an
plus tard Zimmerman et Ross démontraient que l'administration
du même acide aminé à des rats accroissait de façon significative
l'aptitude à l'apprentissage d'un labyrinthe.
Bien que des raisons pratiques aient contraint les auteurs à limiter
leur expérience à un petit nombre de sujets, les résultats obtenus
sont très suggestifs. 9 sujets ont été étudiés très complètement,
7 avaient une débilité mentale et des crises convulsives, 2 avaient
une débilité mentale sans crises convulsives.
L'acide glutamique fut administré quotidiennement par voie
buccale, à doses d'abord progressives, jusqu'à ce qu'on constatât
une augmentation de l'activité motrice. En pratique, une dose
moyenne de 12 grammes par jour fut suffisante. La durée d'admi
nistration fut de six mois.
Les tests employés pour le contrôle des résultats dépendirent
du niveau des sujets (l'âge mental initial variait de 16 mois à
17,5 années). Us furent appliqués avant la thérapeutique et six mois
plus tard. Les tests utilisés furent :
N° ( les sujets
Tests
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Stanford Binet X X X X X X
Kuhlmann Binet .... X X
Wechsler Bellevue. . . . X
Grace Arthur X X X X
Merrill-Palmer ..... X X X
Rorschach X X X X X X X
1
Les sujets 4 et 8 ne présentaient pas de crises convulsives. résultats montrent :
a) Une augmentation nette du quotient intellectuel au deuxième
test pour les échelles Stanford-Binet, Kuhlmann et Wechsler-
Beile vue.
b) Une aux échelles de tests de performance
nettement supérieure à 6 mois pour tous les sujets.
c) Une modification profonde de la structure de la personnalité
telle que le révèle le Rorschach. (Cette partie de l'étude est simple
ment esquissée; son exposé détaillé est réservé pour une étude
ultérieure.)
Les auteurs discutent l'interprétation de ces résultats.
— L'acide 1 glutamique a réduit considérablement le nombre PSYCHOPHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE 525
des crises chez les 7 sujets qui en présentaient. En fait une revue
de la littérature montre que la suppression des crises par une thé
rapeutique sédative n'a aucune influence sur les résultats aux tests.
— Ce fait est d'ailleurs confirmé par une expérience de contrôle
des auteurs. 9 autres sujets débiles épileptiques furent soumis à
une thérapeutique autre que l'acide 1 glutamique de façon à sup
primer les crises. 7 des 9 sujets manifestèrent une baisse du quotient
intellectuel, un seul une augmentation d'un point.
L'amélioration constatée ne paraît pas non plus devoir être
rapportée à l'effet de l'apprentissage, ou au hasard. Enfin, il est
particulièrement frappant de constater que le même résultat a été
obtenu chez les deux débiles non comitiàux.
Il est extrêmement probable que l'acide 1 glutamique joue un
rôle considérable dans le métabolisme cérébral. Son administration
par voie buccale a une action indiscutable sur l'efficience mentale.
Ce travail offre donc des perspectives encourageantes pour la théra
peutique des oligophrénies. Il offre également des perspectives
d'un grand intérêt sur les rapports entre le métabolisme protidique
cérébral et l'efficience intellectuelle.
P. P.
241. — BROZEK (J.), GUETZKOW (H.), MICKELSEN (0.),
KEYS (A.), — Motor performance of normal young men maint
ained on restricted intakes of vitamin B complex (Performances
motrices de jeunes hommes normaux maintenus à un régime de
restriction en vitamine B). — J. Appl. Psychol., 1946, 30, 359-
379.
Les expériences ont porté sur 8 hommes de 20 à 32 ans, émotion-
nellement et physiquement normaux.
Ils traversent une période de « standardisation » de 41 jours
pendant laquelle tous ont la même nourriture et le même entraî
nement; puis une période dé restriction partielle de 161 jours pen
dant laquelle on ne leur donne que le tiers ou les deux tiers de la
ration normale de vitamine B; puis une période de 23 jours de
« déficience aiguë »; enfin, une période de 10 jours de supplementat
ion en thiamine. Mais, pendant la période de restriction partielle,
4 sujets reçurent des suppléments de 1 mg de thiamine, 1 mg de
riboflavine et 10 mg de niacine par jour. On opposait donc à 4 sujets
« restreints » (R), 4 sujets « Supplementes » (S). Dans la période de
« déficience aiguë », deux hommes de chacun des deux groupes
précédents reçoivent également des suppléments, et on oppose
alors les déficients (D) aux supplémentés (S).
Des tests de force, de vitesse et de coordinations étaient donnés
aux sujets, et on compare les sujets « restreints » ou « déficients »
avec les sujets témoins.
Dans la période de restriction partielle, on ne constate de dété
rioration réelle dans aucune des mesures psychomotrices. Au cont
raire, des détériorations marquées se manifestent pendant la
période de déficience aiguë.
M. R. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
242. — SMITH (G. M.), SEITZ (C. P.). — Speech intelligibility
under various degrees of anoxia (L'intelligibilité du langage
parlé sous différents degrés d'anoxie). — J. Appl. Psychol., 1946,
30, 182-191. — SMITH (G. M.). — The effect of prolonged mild
anoxia on speech intelligibility (Effet d'une anoxie légère et pro-
longée sur l'intelligibilité du langage parlé). — J. Appl. Psychol.,
1946, 30, 255-264.
Douze étudiants de 18 à 21 ans servent de sujets. Ils sont enfermés
par groupes de trois dans une chambre étanche, en compagnie
de l'expérimentateur et l'on fait varier la teneur en oxygène de
^atmosphère de façon à reproduire les conditions rencontrées respec
tivement au niveau de la mer, à 13.600 pieds, 16.900 pieds et
20.000 pieds. Les conditions de température et d'humidité sont
normales. A chacune de ces quatre altitudes, les sujets entendent,
par l'intermédiaire d'écouteurs, des listes de mots préalablement
enregistrés sur disque avec toute la fidélité désirable. Ces mots
sont choisis de telle sorte qu'ils permettent de tester séparément
l'intelligibilité des voyelles et l'intelligibilité des consonnes. Les
sujets doivent pointer, sur une liste de mots qui leur est remise,
ceux des mots qu'ils entendent. Toutes les précautions sont prises*
pour que la proportion d'échecs dus à d'autres causes que l'anoxie
soit très faible et contrôlable.
L'intelligibilité, d'une façon générale, décroît avec l'altitude,
8 sujets sur 12 sont affectés nettement à 13.600 pieds. La chute
d'intelligibilité est d'autant plus rapide que l'intelligibilité était
plus faible au niveau de la mer.
L'un des auteurs a effectué d'autres expériences du même genre.
Il n'a utilisé que l'altitude 10.000 pieds (et, à titre de contrôle,
1.800 pieds), mais les sujets restaient huit heures dans la chambre
d'expériences. Les tests (identiques à ceux de la première expé
rience) leur étaient donnés après 45 minutes, 2 h. 45, 4 h. 45 et
6 h. 45. L'altitude provoque une très légère chute d'intelligibilité
après 45 minutes, une chute plus marquée après 2 h. 45 et 4 h. 45.
Mais l'altitude ne se fait plus guère sentir 6 h. 45.
somnolence
mières expériences, il conclut qu'à
vaise intelligibilité n'est pas à craindre en général, même au cours
de vols prolongés.
M. R.
243. — SACHS (E). — Anormal delay of visual perception (Retard
anormal de la perception visuelle). — Arch. NeuroL Psychiat.,
1946, 56, 198-206.
Pour déceler chez des malades de minimes déficits au-dessous
de la conscience, l'auteur s'est proposé d'appliquer à la clinique
un phénomène mis en évidence par l'astronome Pulfrich en 1922.
Cet « effet Pulfrich » peut à l'état normal être réalisé de la façon
suivante. Un pendule, constitué par un petit objet sombre suspendu
à un fil, est animé devant un plan vertical faisant fond clair d'oscil
lations parallèlement à ce plan. Si un verre fumé est placé devant PSYCHOPHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE 527
un œil du sujet observant les déplacements, soudainement le pendule
ne lui paraît plus osciller dans le plan parallèle à celui du fond,,
mais décrire un cercle horizontal en se rapprochant et en s'éloignant
par un mouvement à deux dimensions.
Si l'on admet que les impulsions optiques partant de la rétine
soumise à moindre éclairement sont transmises plus lentement, la
sensation venant de l'œil avec vision diminuée serait enregistrée
dans la conscience un tantinet plus tard que celle venant de l'œil
laissé nu. Et, dans les conditions de l'expérience, cette différence de
temps est transposée en une différence spatiale avec effet stéréo ►
S'il est établi que cet effet, chez le sujet normal, résulte d'un retard
synaptique dans la conduction, le même effet mis en évidence avec
une réduction moindre de luminosité qu'à l'état normal — ce qui
amplifie un déficit visuel méconnu — ferait apparaître un retard
synaptique, à moins qu'on ait à soupçonner que la conduction est
retardée par une altération des fibres nerveuses mêmes ayant à
assurer cette conduction.
A. T.
244. — BENDER (M. B.), TEUBER (H. L.).. — Phemona of
fluctuation, extinction and completion in visual perception (Les
phénomènes de fluctuation, d'extinction et de completion dans la
perception visueUe). — Arch. Neurol. Psychiatr., 1946, 55, 627-
658. — Ring SCOtoma and tubular fields (Scotomes annulaires et
rétrécissements concentriques du champ visuel). — Ibid., 1946, 56,.
300-326. — Spatial organization of visual perception following
injury to the Drain (L'organisation spatiale de la visuelle
dans les lésions cérébrales). — Ibid., 1947, 58, 721-739 et 1948,.
59, 39-62.
Cette série d'intéressants travaux concerne l'étude expérimentale
de certains troubles de la perception visuelle et leur interprétation.
Elle a été réalisée chez des sujets présentant des lésions cérébrales
traumatiques pariéto-occipitales.
Les auteurs considèrent que les conceptions de la psychologie de
la forme permettent une interprétation satisfaisante des faits obser
vés. Ils ont soumis leurs sujets à un grand nombre d'épreuves,
comprenant, outre les techniques classiques d'examen ophtalmolog
ique, un examen psychiatrique, le Wechsler-Bellevue et le Rors-
chach, une série de qu'ils classent de la manière sui
vante :
1. Examen des fonctions visuelles résiduelles :
— Discrimination des formes.
— Perception des couleurs.
— Persistance des perceptions visuelles.
— Epreuves tachystoscopiques.
— Fusion à un flicker visuel.
— Aptitude stroboscopique.
— Vitesse subjective d'un stimulus se déplaçant à une vitesse
uniforme.
2. Perception visuelle des relations spatiales :
— Localisation d'objets dans l'espace. ANALYSES BIBLIÖGBAPHIQUES 528
— Bissection de lignes.
— Perception monoculaire et binoculaire de la profondeur
(épreuves de fusion binoculaire, stéréoscoçiques).
— Epreuves de perceptions des dimensions et des formes à des
distances différentes.
3. Fonctions intellectuelles corrélatives à l'orientation générale
■ dans l'espace :
— Construction de cartes.
— Découverte d'un chemin.
— Dessin et copies de dessins.
— Tests de classification.
— Etude du schéma corporel.
Les sujets étudiés en détail sont au nombre de cinq, leur obser
vation étant rapportée comme particulièrement démonstrative sur
plusieurs points. Les conclusions des auteurs sont les suivantes :
a) Dans trois cas présentant des scotomes divers, on constate
l'existence de phénomènes de fluctuation, d'extinction et de complet
ion. Ces trois paraissent liés entre eux; en effet l'extinc
tion pourrait être une forme extrême de la fluctuation et la complepeut être comprise comme la simple absence d'extinction. Ces
phénomènes sont purement dynamiques et peuvent être considéra
blement réduits en utilisant des méthodes tachystoscopiques. Ils
ne doivent pas être conçus comme des fonctions à substrat anato-
mique, mais comme des principes généraux de fonctionnement de
Ja zone visuelle, celle-ci agissant dans sa totalité.
b) Les méthodes utilisées permettent de constater la réalité des
scotomes annulaires et du rétrécissement concentrique du champ
visuel. Ces troubles peuvent d'ailleurs évoluer l'un vers l'autre chez
le même malade, fait dont les auteurs rapportent un cas très détaillé.
Ces modifications paraissent être produites par une fluctuation cons
tante du seuil perceptif s'accompagnant de phénomènes concom-
mitants d'extinction. Malgré leur variabilité, ils auraient une base
« organique » ainsi que l'avait suggéré Goldstein.
c) Deux cas sont étudiés très complètement au sujet de l'orga
nisation spatiale parmi douze cas présentant des troubles analogues.
Ces sujets présentaient généralement une hémianopsie relative en
quadrant. Les troubles constatés dans le champ hémianopsique
■consistaient en une inaptitude à localiser dans l'espace tout objet
mobile ou immobile, s'accompagnant de téléopsie, ces troubles étant
observés tant en vision binoculaire qu'en vision monoculaire. Ces
troubles n'avaient pas le caractère de « tout ou rien » mais étaient
variables suivant les conditions expérimentales et en particulier
pouvaient être supprimés dans les épreuves tachystoscopiques. Les
résultats obtenus permettent de conclure que les troubles de l'o
rganisation spatiale ne peuvent s'expliquer par un déficit en une
aptitude cognitive mais par des modifications systématiques de
fonction du quadrant « affaibli ». Les auteurs soulignent qu aucune
des théories de la perception spatiale habituellement admises ne
peut rendre compte de ce que le sujet se comporte comme si les
coordonnées subjectives de son espace visuel avaient subi une alté
ration permanente. Les auteurs pensent que la description d'un r^
PSYCHOPHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE 529
tel trouble ne peut être exprimée que dans les termes de la psychol
ogie gestaltiste, même si celle-ci ne l'explique pas.
245. — GRESSOT (M.). — Etudes sur les images éldétlques.
— Arch. Suisses Neurol. Psychiatr., 1947, 59, 71-134.
L'auteur fait d'abord l'historique de la question, depuis Goethe,
Wundt, Müller, Urbantschitsch, etc. Selon Fischer et Hirschberg,
les I. E. « sont des images mnésiques visuelles, qui surviennent spon
tanément ou volontairement, souvent après examen d'un objet;
qui, dans les cas prononcés, reproduisent de l'objet une image fidèle;
et que l'individu voit littéralement, sans cependant croire à la réalité
d'un objet de perception ».
L'I. E. serait un intermédiaire entre l'image consécutive I. C.
et l'image mentale. On sait que les I. E. ont été systématiquement
étudiées à Marburg, chez E. R. Jaensch, qui les a provoquées expé
rimentalement chez certains sujets, en leur faisant contempler des
figures d'objets correspondant à leurs intérêts. Selon les résultats
de Jaensch, il faut distinguer les I.E. voisines des I.C. (surtout chez
les « désintégrés ») et les I. E. voisines des images mentales (surtout
chez les « intégrés »). Il y aurait 80 % de sujets éidétiques. Mais
tout ceci est peu sûr : Urbantschitsch n'en a trouvé que 37 % au-des
sous de 10 ans et quelques-uns au-dessus de 10 ans; en France, très
peu de cas positifs, selon Cijamaussel, Quercy.
Les recherches de Gressot ont été faites selon les procédés expé
rimentaux de Jaensch : présentation de figures sur un écran gris
(correspondant à 50° de blanc et 310° de noir sur le disque à sec
teurs). Il a étudié une famille et des recrues militaires. Sur les
50 membres de la famille, 16 (8 jeunes et 8 adultes) étaient éidétiques.
Sur les 150 recrues examinées, 4 seulement étaient éidétiques (donc,
transmission héréditaire probable). L'auteur remarque que les I. E.
du premier groupe de Jaensch sont hypothétiques : ce sont sans
doute des I. C; puis il donne un certain nombre de critères des
I. E. vraies par rapport aux I. C. (absence de localisation rétinienne,
apparition successive de détails ignorés, etc.) et par rapport aux
images mentales (conflit entre les I. E. et les images mentales d'un
L'même objet, absence de formes transitives entre I. E. et I. M., etc.). j, , )
L'auteur ajoute j que l les I. I EE. spontanées é sont très è diffé différentes par
leur durée des I. E. expérimentales (malgré l'opinion classique) :
image
d'origine centrale, sans substrat périphérique. Elle se rapproche des
hallucinoses vraies. C'est une forme d'hallucinose accessible à l'e
xpérimentation et reproductible à volonté. D'où son intérêt.
G. V.
246. — CHAPMAN (W. P.), FINESINGER (J.E.), JONES (CM.),
COBB (S.). — Measurements of pain sensitivity in patients with
psychoneuroses (Mesures de la sensibilité douloureuse chez des
malades atteints de psychoneuroses). — Arch. Neurol. Psychiat.,
1947, 57, 321-331.
l'année psychologique, xlvii-xlviii 3'* AWA1Y6ES
auteurs ont cherché à aborder dans une perspective psycho
physiologique le problème si obscur des douleurs si fréquentes dans
les psychonévroses et plus particulièrement dans l'hystérie, la névrose
d'angoisse et dans les états hypochondria ques. Le problème précis
qu'ils ont cherché à résoudre est le suivant : la fréquence de ces
manifestations douloureuses est -elle due à un abaissement du seuil
de perception de la douleur ou à une modification de la réactivité?
Les sujets utilisés dans cette étude comprenaient, d'une part,
50 psychonévrotiques (22 névroses d'angoisse,. 18 hystériques,
10 dépressions réactionnelles) et, d'autre part, 56 sujets normaux
constituant le groupe de contrôle. La technique utilisée fut celle
décrite par Wolff- Hardy utilisant un stimulus thermique appliqué
sur le fron,t. Les auteurs étudièrent le seuil de la sensation doulou
reuse mesuré par le stimulus minimum donnant une impression
vive de piqûre et le seuil de la réaction à la douleur, mesuré par
le stimulus minimum provoquant une contraction des muscles de
l'angle externe de l'œil.
Les sujets normaux et les psychonévrotiques se comportèrent
de façon identique en ce qui concerne la perception de la douleur.
Par contre, il existait une différence largement significative entre
les deux groupes en ce qui concernait la réaction motrice à la douleur,
les psychonévroses ayant des seuils de réaction. beaucoup plus bas
et des réactions beaucoup plus diffuses. La répétition des épreuves
pendant plusieurs jours montra la constance de ces résultats.
Les auteurs concluent avec une grande prudence que leur expé
rience démontre seulement que dans leg psychonévroses le fon
ctionnement des voies afférentes de la sensibilité douloureuse est
normal. Sur la base d'études antérieures, ils signalent que l'hyper-
réactivité constatée dans les psychonévroses paraît associée stati
stiquement chez ces sujets avec l'impression de « nervosité », dont
se plaignent certains de ces sujets.
Il est curieux de constater que cette étude ne fait au fond que
reprendre la vieille conception de la constitution émotive de Dupré à
laquelle elle apporte une certaine confirmation expérimentale et
qui date maintenant de vingt-neuf ans. Elle n'apporte d'ailleurs
aucune explication au problème de la nature des douleurs dans les
psychonévroses.
P. P.
247. — GOTTLIEB (J. S.), ASHBY (M. C), KNOTT (J. R.).
— Primary behavior disorders and psychopathic personality /Le«
désordres primaires du comportement et la personnalité psychopa-
thique). — Arch. Neurol. Psychiatr., 1946, 56,181-400.
Cet article fait suite à deux autres publiés en 1944 et 1945 par
les mêmes auteurs dont les conclusions insistaient sur la corrélation
entre les perturbations électroencéphalograjphiques et les antécé
dents pathologiques familiaux ou personnels des sujets examinés.
L*étnde actuelle porte stir 200 cas et ce nombre élevé permet aux
auteurs des considérations plus larges que précédemment; ils con
servent la division clinique de leurs malades en deux groupes :
ceux qui ont des troubles du comportement et ceux qui ont une PSYCHOPHYSIOIOGIE PATBOLOGfO.UE 53Î
personnalité psychopathique, mais ces groupes sont parfois réunis
dans certaines évaluations statistiques.
Les tracés anormaux sont au nombre de 56 à 58 %; parmi eux/
une activité paroxystique est trouvée dans 14 %des cas de désordres
primaires du comportement contre 2 % dans ceux de personnalités
psychopathiques, et, parmi les premiers, les antécédents comprenant
des convulsions (supposées non épileptiques), des maladies graves-
ou des traumatismes obstétricaux sont prédominants. Les tracés,
anormaux sont aussi plus nombreux chez les malades qui ont de»
antécédents familiaux pathologiques (épilepsie ou personnalité mail
adaptée) et, tout spécialement, lorsque la mère est en cause.
Les perturbations sont d'autant plus importantes, en ce qui con
cerne les maladies graves, que celles-ci ont été contractées à un
stade plus précoce de la vie du sujet.
Ces investigations très détaillées mettent l'accent sur l'importaace
de l'hérédité dans l'étiologie des perturbations électroencéphalo-
graphiques, reflet des perturbations mentales, mais aussi sur le rôle
des antécédents liés à la première enfance et la nécessité de les.,
rechercher en clinique.
G. Ver.
248. — SIMONDS (D. J.), DIETHELM (O.). — Eteetroeneephali*
Studies of psychopathic personalities (Etudes Mectroencéphalogra-
phiques des personnalités psychopathiques). — Arch. Neurol. Psy-
chiatr., 1946, 55, 619-626.
Les auteurs considèrent la personnalité psychopathique comme
un « désordre psychopathologique à part » et rappellent tes diffé
rentes classifications possibles. A propos de 69 malades répondant
à cette catégorie, ils trouvent les résultats électroencéphalograpkique».
suivants :
1° Pour les personnalités du type psychonévrotique, des tracés-
normaux.
2° Pour les du type cyclothymique (7 malades.
ayant surtout des sautes d'humeur), des tracés normaux.
3° Pour les personnalités ayant une « éthique déficiente » et des.
difficultés sociales (délinquance), tous faisant preuve d'agressivité,,
des tracés anormaux ayant des rythmes de 5 à 7 c/s.
4° Pour des désorganisées et manquant de maturité,
qu'ils soient agressifs ou passifs, des tracés très peu semblables i
les uns normaux, les autres lents ou rapides. Ce dernier groupe
comprend 31 malades.
5° Pour les personnalités mal adaptées mais présentant une iateK
ligence moyenne ou bonne (8 malades), agressifs ou passifs, 5 cas.
de tracés ralentis à 5 à 7 c/s et les deux autres anormaux.
Il est significatif que les deux groupes perturbés où les auteurs
ne font pas la distinction entre agressifs et passifs soient les seuls
qui ne présentent pas uniformément des tracés de 5 à 7 c /s; l'un
de ces groupes comporte près de la moitié des sujets examinés. Cette
distinction s'était en effet révélée féconde aveè les études de Hill
et Watterson qui trouvaient un rythme de la même fréquence
(exactement 4 à 7 c/s>qui correspond, dans la terminologie britan*-

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