Questions Générales - compte-rendu ; n°1 ; vol.32, pg 250-260

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L'année psychologique - Année 1931 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 250-260
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1931
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1° Questions Générales
In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 250-260.
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1° Questions Générales. In: L'année psychologique. 1931 vol. 32. pp. 250-260.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1931_num_32_1_5043Ü50 Analyses bibliographiques
tains phénomènes psychologiques données par Freud, il les considère
comme étant tendancieuses, superficielles et insuffisantes. La mé
thode de Freud aurait gagné et serait susceptible de rendre des ser
vices considérables pour l'étude de la psychologie humaine, à condi
tion d'être libérée de ces conceptions métaphysiques, et à condition
d'accepter à côté des facteurs du passé (Historisierung des mcaschli-
chen Seins) et des tendances sexuelles, l'existence et l'influence du
moment présent et des idéalistes, de l'esprit liumain.
B. N.
II. — Anatomo- Physiologie nerveuse. Neurologie
1° Questions/Générales x
77. — M. F. CANELLA. — Sistema nervoso e organismo (Le sys
tème nerveux et l'organisme). — Riv. di Ps., XXVII, 3, et 4, 1931, p.
200-215 et 242-266.
La vie végétative et la vie de relation ne sont que deux aspects
inséparables de la vie tout court. L'axe cérébro-spinal n'occupe pas
une situation privilégiée dans l'organisme ; il est aussi bien sujet à
l'influence des autres composants de qu'il subit l'influence
du milieu environnant. La distinction entre le système cérébro-spinal
qui « présiderait » à la vie de relation et le neuro- végétatif
est factice. L'A. refuse également au système endocrinien cette
suprématie qu'on a tendance à lui attribuer. Tout dans l'organisme
est intimement lié, et ne constitue, en réalité, qu'un système unique.
S. H.
78. — J. DEMOOR. — Ce que représente l'irritabilité de la matière
vivante. — Ann. et Bull, de la Soc. roy. des Se. méd. et nat. de
Bruxelles, 1931, p. 27-37. — Le réglage humoral. Extrait des
C. R. du Congrès nat. des Se. de Bruxelles. In-8° de 5 pages, Liège,
1931.
Posant le problème des relations entre excitation et réaction chez
les êtres vivants, pour lesquelles on invoque une propriété spécifique
qui serait 1'« irritabilité », D., s'appuyant sur une analyse du fon
ctionnement cardiaque, et sur les données relatives au « réglage
humoral », qui montrent, simultanées et confondues, les manifesta
tions continues, dites de nutrition, correspondant à la restauration
organique et au maintien de la vie, et les manifestations, discontinues
et temporaires, qui accompagnent l'apparition des réactions, conclut
qu'il faut rayer de la biologie une notion superflue : « Quand tout,
dit-il, incite à chercher dans les mêmes modalités du métabolisme
protoplasmique les causes de tous les phénomènes de la vie, pourquoi
envisagerions-nous une propriété spéciale, l'irritabilité, pour expliquer
les phénomènes réactionnels, quand nous ne jugeons pas utile de
faire appel à une propriété déterminée pour apprécier les processus
qui assurent la continuité de la matière organique ? ». H. P.
1. Voir aussi les n°» 16, 19, 20, 27. ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 251
79. — PAVLOV. — La physiologie et la pathologie de l'activité
nerveuse supérieure. — Enc, XXVI, 9, 1931, p. 682-688.
Fragment d'une conférence dans lequel P. compare les résultats
que donnent des expériences sur les réflexes conditionnels et certaines
manifestations psychopathologiques. En faisant se succéder immé
diatement deux excitants analogues, l'un positif, l'autre inhibiteur,
on obtient un choc, dont l'effet est de produire : chez les animaux
excitables un état d'extrême agitation avec perte du pouvoir fréna-
teur, qui répond à la neurasthénie ; et chez les animaux à la prédo
minance d'inhibition un état d'inhibition chronique qui rappelle
l'hystérie.
De même, il montre l'analogie des inhibitions partielles qui r
épondent aux différents degrés de l'hypnotisme avec les différentes
manifestations de la démence précoce. H. W.
80. — FR. ALLEN. — The unitary behavior o£ the nervous system
(Le comportement unitaire du système nerveux). — Canadian J. of
Research, IV, 1931, p. 92-109.
L'auteur rappelle ses recherches sur la fréquence critique de
fusion dans les stimulations intermittentes pour les divers sens, et
sur la relation de cette fréquence avec l'intensité de stimulation. Il
tire, des résultats sur la fréquence, la loi de relation logarithmique,
du type fechnérien, entre le stimulus et la réponse (ou une modalité
de la réponse).
Reprenant des relations entre stimulation et contraction muscul
aire, ou sécrétion glandulaire, ou effets électriques, thermiques, etc.,
et enfin entre le temps de pratique (stimulus) et le progrès d'apprent
issage (réponse), il retouve toujours une relation logarithmique,
d'où il conclut à l'unité générale du fonctionnement nerveux,
périphérique ou central et tenant à sa constitution propre.
Physicien, égaré dans la biologie, A. rapproche des séries de données
dont l'allure générale est analogue, mais si banale qu'elle peut conven
ir à d'innombrables formes de processus, aussi bien physiques que
biologiques, sans qu'on puisse prétendre à une exactitude de lois pré
cises (dont nous savons fort bien que sous la forme simple de la
relation logarithmique elles ne s'appliquent jamais de façon satis
faisante) , et encore moins à un substrat défini 1 H . P.
81. - A. BROWN LOUGKS. - Pavlow's theory of cortical irradia
tion in the light oî some recent experiments with conditioned reflexes
(La théorie de l'irradiation corticale de Pavlow à la lumière de
quelques expériences récentes sur les réflexes conditionnés). —
Ps. Bul. (Am. Ps. Ass.), XXVIII, 9, 1931, p. 679-680
Dans les conceptions de Pavlow, une place fondamentale est
donnée à ''irradiation des processus d'excitation et d'inhibition dans
le cortex, avec effet décroissant proportionnellement à l'éloignement,
cette conception exigeant une propagation fondée sur la simple
contiguïté anatomique. Or, des recherches effectuées par stimulation
d'un point du thorax chez le chien n'ont pas manifesté de décrois
sance d'effets avec la distance du point initial excité : des réponses
conditionnelles égales ont été obtenues sur de nouveaux points
excités quelconques. „ H. P. 252 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
82. — G. JUDSON HERRICK. — Localization of function in the
nervous system (Localisation fonctionnelle dans le système nerveux).
- Pr. of N. Ac. of Sc, XVI, 10, 1930, p. 643-650.
Corrélativement aux vues de Coghill sur les réflexes, et qui trouvent
ici un appui morphologique, H. dénie toute existence aux arcs ré
flexes de neurones admis par la tradition neurologique, pendant
toute la période de différenciation du système nerveux des amphi-
biens, la dissociation étant tardive.
Il existe d'abord un « neuropile » diffus avec interconnexions géné
rales, qui forme le susbstrat anatomique de l'unité de comportement
et de l'individualité durable. Et, dans le cerveau adulte, persisterait
ce « neuropile » homogène, et physiologiquement équipotentiel (avec
certaines prépondérances partant de voies allant à des champs sensor
iels plus ou moins spécifiques, et des lignes de décharge préférent
ielle provenant de certains champs moteurs).
Mais la différenciation est poussée beaucoup plus loin dans le ce
rveau humain, qui fait constraste notable à cet égard avec le cerveau
des amphibiens resté relativement embryonnaire : les centres spé
cialisés (centres de projection corticaux, noyaux thalamiques) et les
voies spécifiques indépendantes émergent du neuropile, dont les
caractères généraux persistent encore, avec leur indifférenciation
relative, dans les zones associatives du cortex, où se maintient l'unité
générale de l'individu.
La conception générale de l'auteur s'illustre d'une comparaison
avec un système continental de fils téléphoniques, comportant bien
des récepteurs et des transmetteurs fixes, mais avec beaucoup plus
de plasticité dans les connexions : « the apparatus connecting then
may be as labile and as dynamic as the ether of interstellar space ». Le
mécanisme des processus labiles reste encore très obscur, aux yeux de
H., qui oppose à la notion traditionnelle de la localisation (celle d'él
éments structuraux stables pour des fonctions connues) une notion
nouvelle, dynamique, de schemes, de « patterns » fonctionnels, plas
tiques, dans des champs « within which various recurring patterns
of performance, or schemata, are known to be fabricated, and within
which inhibition, modification, or conditioning of these
takes place ». H. P.
83. — R. S. CREED. — The physiological integration Of sensory
processes within the grey matter of the nervous system : A critical
review (L'intégration physiologique des processus sensoriels dans la
substance grise du système nerveux : une revue critique). — Brain,
LIV, 1,1931, p. 29-54.
Si l'on a pu penser autrefois que les voies sensorielles permettaient
une transmission de messages comme il en pourrait passer le long des
fils télégraphiques, il apparaît aujourd'hui que les synapses marquent
des points critiques d'intégration, au niveau desquels s'exercent des
interactions modificatrices, de niveau physiologique, infra-central.
Des exemples de ces interactions ne relevant pas de processus psy
chologiques sont cités par l'auteur surtout dans le domaine visuel,
où les processus de sommation temporelle lui paraissent pouvoir
siéger, au moins en partie, au niveau des premières synapses, les ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 253
processus de sommation spatiale apparaissant plus sûrement encore
comme relevant d'interactions nerveuses relativement périphér
iques, enfin les processus de contraste simultané comportant des
faits qui éliminent l'interprétation psychologique.
Dans les relations des deux rétines, la plupart des faits, en revanche,
impliquent bien un mécanisme central ; mais dans les sensibilités
cutanées, on trouve des renforcements et des inhibitions réciproques
relevant de l'intégration synaptique.
C. donne aux faits d'Allen une assez large place, et conclut par quel
ques phrases de Head, qui a clairement défini le rôle de l'organisation
sensorielle qui s'effectue au niveau physiologique avec d'innomb
rables intégrations préconscientes. H. P.
84. - CH. SHERRINGTON. - Quantitative management of
contraction for « lowest level » coordination {Elaboration quantitat
ive de la contraction pour la au niveau inférieur). —
Br, Med. J., 7 février 1931. Extrait, 5 pages.
Dans cette « Hughlings Jackson Lecture » l'éminent physiologiste
examine ce qui se passe dans le centre moteur direct où se condi
tionne définitivement la grandeur de la réponse musculaire. Chaque
cellule motrice médullaire gouverne un groupe de fibres musculaires,
d'environ 150, et constitue, avec les fibres qu'elle commande, une
« unité motrice ». Le nombre de ces unités chez le chat est d'environ
230 pour le soléaire, 500 pour le gastrocnémien, la force développée
par la contraction d'une de ces unités étant de 2,5 à 8 grammes.
Chaque unité fonctionne en tout ou rien, et la croissance de l'effort
musculaire comporte des échelons de la valeur impliquée par l'unité
motrice.
Les unités motrices sont, pour certains muscles, divisées elles-
mêmes en groupes correspondant à des branches nerveuses différentes
avec un certain chevauchement ; c'est ainsi que pour le tibial antique
qui comprend 360 unités motrices, la faradisation du nerf saphène
en met en jeu environ 110, celle du digital dorsal 125, et celle du
poplité 290, la contraction maximale étant donc très différente sui
vant la branche excitée.
Dans la réponse réflexe à des stimulations afférentes, on peut, à
côté de la liminaire affectant un groupe donné d'unités, déceler
des actions insuffisantes pour mettre en jeu certaines unités motrices
voisines, formant « frange subliminale >, et, quand la réaction maxi
male est obtenue, des accroissements de frange de nature supra-
maximale sont encore possibles.
L'excitation réflexogène comporte à la fois des accroissements
d'extension (le nombre des fibres afférentes entrant en jeu montant
avec l'intensité du stimulus) et des augmentations de fréquence,
les unes et les autres étendant l'excitation à des nombres plus grands
d'unités motrices, l'extension pouvant dépasser ce que révèle la
réponse motrice, tant d'ailleurs en ce qui concerne l'excitation pro
prement dite que l'inhibition.
Et S. montre, dans le mécanisme des réflexes, la signification de
ces données essentielles, H. P. ' ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 254
85. — E. DEVAUX. — La genèse des spécialisations cérébrales.
— Rev. gén. Se, XLIV, 5, 1931, p. 147-152.
L'A. se fonde sur une observation de Ch. Minot, qui crut voir,
en 1908, qu'à la naissance, il existait à la surface du cervelet des
sortes de cellules prénerveuses, qui plus tard émigrent dans des régions
plus ou moins éloignées pour s'y transformer. L'auteur étend cette
donnée restreinte à tout le cerveau (contre les affirmations très nettes
de Marinesco à cet égard) et bâtit là-dessus une série de conclusions
hasardeuses. Les cellules prénerveuses seraient l'agent principal de
tout perfectionnement cérébral . Après la naissance elles s'accumule
raient tant que durerait une certaine hypoactivité du cerveau. La
possibilité de l'éducation et du développement de l'intelligence
aurait là sa base fondamentale. Donc, protéger le nouveau-né contre
toute excitation nerveuse, c'est favoriser le développement du génie.
L'auteur sur ce dernier point se base sans doute sur une expérience
personnelle. M. F.
88. — JOHN T. MAG CURDY. — The general nature of association
processes within the central nervous system <La nature générale
des processus associatifs dans le système nerveux central). — Br.
J. of Ps., XXII, 1, 1931, p. 136-149.
La question que Mac Gurdy cherche à résoudre par voie de « spé
culation physiologique » est celle de savoir quel est le mécanisme
propre des processus associatifs dans le système nerveux central.
Ce sont certains résultats obtenus par Lashley qui semblent cons
tituer le point de départ pour ses considérations et qui lui fournissent
la matière pour imaginer des exemples « théoriques ». Le cas qu'il
envisage en particulier est celui d'une réaction complexe déterminée
par des stimulations sensorielles différentes, telle qu'elle se laisse
observer notamment dans l'apprentissage au moyen d'un labyrinthe.
En admettant que a, b et c signifient trois modalités de sensations,
et a, rp et y, trois réactions distinctes correspondant à ces excita
tions, on peut examiner une série de problèmes que pose l'intégration
ou association des réponses partielles. Or, comme l'ont montré les
recherches de Lashley, le comportement unifié (aß y) résultant des
stimulations a^ b et c se maintient d'une manière générale lors même
qu'on a éliminé l'action de a en supprimant la zone de projection
correspondante. Il reste, de toute façon, les possibilités d'un réapprent
issage rapide. Le schéma explicatif de ce mécanisme d'association
que l'auteur propose est le suivant : la stimulation a étant éliminée
de l'ensemble réactionnel (aßy) — ces trois réactions partielles étant,
d'autre part, liées sous forme de « Bahnung » — les stimulations ft et c
envoient dans les centres intéressés plus d'énergie qu'auparavant,
puisque l'inhibition qui s'exerce normalement entre ces centres a
disparu. Les réponses ß et y tendront, par conséquent, à devenir plus
intenses et une partie de leur énergie sera dérivée dans les voies de a.
L'auteur souligne, dans la suite, l'importance des faits d'expériences
qui mettent en lumière la fonction de remplacement ou de transfert
propre aux centres nerveux (vicarious functions) pour aboutir à la
conclusion générale qui n'est autre que celle de son livre sur Les
principes communs de la Psychologie et de la Physiologie : ce qui dirige ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 255
les impulsions dans les neurones appropriés et distribue l'énergie
nerveuse, ce sont des « patterns ». Or ces « organisations » doivent être
conçues comme un agent immatériel qui agit de la même manière
que la loi de la nature régissant le cours des phénomènes.
P. K.
87. — K. AGADJANIAN. — Analyse physiologique et clinique des
processus d'inhibition. — Enc, XXVI, 9, 1931, p. 689-700.
L'A. rappelle les différentes conceptions de l'inhibition. Il insiste
sur celle de Pavlov. Elle lui paraît établir qu'il n'y a pas de centres
spécifiquement inhibiteurs. Tout point de l'écorce cérébrale peut
être, tour à tour, en état d'excitation ou de dépression, suivant la
délimitation réciproque des zones d'excitation ou de dépression qui
répondent au conflit des irritations simultanées. C'est par ce méca
nisme, pense-t-il, que peuvent s'expliquer des phénomènes normaux
comme l'attention, ou pathologiques comme l'hallucination.
H. W.
88. — M. N. GHAPPEL. — Inhibition, facilitation, learning : summat
ion of stimuli (Inhibition, facilitation, apprentissage : sommatdes stimuli). - Ps. Rev., XXXVIII, 4, 1931, p. 317-331.
Jugeant insuffisantes toutes les explications qui ont été données
jusqu'à présent du phénomène d'inhibition, G. expose les grandes
lignes de sa propre théorie. Le point de départ de sa conception, c'est
qu'aucune réaction ne peut se produire sans qu'intervienne une exci
tation afférente provenant des deux sources tout au moins. Ce sont
notamment les recherches de Pike qui ont permis de mettre ce fait en
lumière. Or, puisque dans chaque réaction, les stimuli afférents et
efférents se somment, il y a lieu d'admettre qu'une sommation des
excitations s'effectue aussi au « bout antérieur » du mécanisme central.
Il faut poser, d'autre part, qu'un stimulus est capable de décharger
l'énergie dans un certain nombre de mécanismes efférents. Ces suppos
itions étant faites, on comprend tout d'abord que la facilitation de
la réponse non-conditionnée soit le premier effet observable du condi
tionnement. Quant à l'inhibition que l'auteur envisage sur l'exemple
d'une inhibition externe, elle se produit, dit-il, parce que les stimuli
ne se somment plus sur le même effecteur. Voilà la raison pourquoi
on obtient alors une réaction différente. De fait, l'inhibition ne diffère
pas essentiellement des autres réactions. Elle se produit tout simple
ment parce qu'il n'y a pas de 'sommation suffisante au niveau de
l'effecteur qui était en jeu dans des réactions précédentes. On conçoit
ainsi que les phénomènes de facilitation, d'inhibition et d'apprentis
sage se trouvent ramenés de la sorte à un même mécanisme.
Cette conception est d'accord, d'après G. avec la loi « du chan
gement minimum » et « du moindre travail » qui caractérise tous les
phénomènes de la nature. P. K.
89. — F. BREMER et G. HOMES. - Une théorie de la sommation
d'influx nerveux. - Ar. int. de Ph., XXXV, 1, 1931.
La sommation de deux influx à une synapse (neuro-musculaire
ou centrale) s'expliquerait par addition de deux modifications fonc- 256 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tionnelles, la réaction se déclenchant à partir du moment où la modif
ication fonctionnelle sommée dépasse une certaine valeur liminaire.
La disparition de la modification obtenue, est supposée obéir à la
loi exponentielle m = woe at
D'autre part, l'interprétation théorique faisant intervenir l'état de
restauration incomplète des terminaisons synaptiques dans la période
réfractaire relative, conduit à une équation de la modification appor
tée par le deuxième influx.
Avec ces deux lois, on peut arriver à la loi de totale,
qui, elle au moins, semble en accord avec les données expérimen-
t aies. M. F.
90. — Fr. BREMER et G. HOMES. - Une théorie de là sommation
d'influx nerveux. — Mémoires de l'Ac. roy. de Belgique (Cl. des
Sciences), t. XT, 1931, 31 pages.
Qu'il suffise de signaler cet intéressant mémoire d'ensemble où
sont condensés les résultats de recherches dont i1 a été rendu compte
* H. P. au fur et à mesure.
91. — Fr. BREMER. — Contribution à l'étude du phénomène de
l'inhibition centrale. - B. B., GVI, 6, 1931, p. 465-469.
Quand on provoque un réflexe du biceps crural par une double
excitation du sciatique (avec un intervalle optimum de 4 <j) on cons
tate que l'action préalable d'un premier stimulus exerce, sur la
double stimulation réflexogène ultérieure, un effet inhibiteur, entrant
en conflit avec l'effet favorisant d'addition latente, avec une résul
tante variable avec l'intervalle : Le pourcentage de réduction de la
secousse réflexe, négligeable au-dessus de 90 a, est fonction expo
nentielle inverse de la durée de l'intervalle jusqu'à une certaine valeur
(de 10 a) au-dessous de laquelle l'effet de sommation domine l'inhi
bition, pour l'emporterensuite (à partir de 5 <j). Ces faits ne s'accordent
pas avec l'interprétation d'une inhibition par interférence d'influx,
la durée d'action (environ un dixième de seconde) montrant que
l'inhibition centrale ne se dissipe que très lentement. D'autre part,
la brève latence de l'effet (constatable à partir de 5 a) n'est guère
compatible avec l'hypothèse de l'intervention d'une substance inhi-
bitrice formée ou libérée.
Il y a une telle analogie entre ces processus opposés d'inhibition
et d'excitation qu'on peut penser sà des mécanismes semblables,
comme serait, par exemple, une concentration d'ions de signe con
traire, d'anions dans un cas, de cations dans l'autre. H. P.
93. — D. AUGER. — Relation entre le courant d'action et la
cyclose protoplasmique chez Nitella. — B. B., GVIII, 38, 1931,
p. 1131-1132.
En excitant un entre-nœud de la Nitella pendant une fraction de
seconde avec un courant constant, on provoque, à partir de la ca
thode, l'apparition d'une onde de négativité, d'un courant d'action,
qui se déplace à la vitesse d'1 cm. par seconde, comme l'a signalé
Osterhout, -PHYSIOLOGIE NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 257 ANAT.
Or, en observant les courants protoplasmiques, A. a constaté
que, quand passait, l'onde négative, il se produisait une immobilisat
ion brusque du protoplasma, avec reprise progressive ultérieure.
Ce fait curieux peut servir de point de départ à des recherches sur
le processus de l'influx nerveux. . H. P.
93. — K. S. LASHLBY. — Cerebral control versus reflexology. A
reply to Professor Hunter (Contrôle cérébral et réflexologie. Ré
plique au professeur Hunter.) — J. of gen. Ps., V, 1, 1931. p. 3-19.
— W. S. HUNTER. — Lashley on « Cerebral control versus reîlexo-
logy ». — Ibid., 2, p. 230-234.
Les vives critiques de Hunter ont obligé Lashley à préciser sa
position actuelle. Il est loin de nier les aires de projection sensorielle
(qu'il étudie chez ïe rat depuis 10 ans) et d'affirmer l'équipotentialité
de toutes les parties du cortex pour toutes les fonctions. Il résume
ainsi sa conception d'une « action de masse » (applicable seulement
à certaines fonctions) : à l'intérieur d'une aire corticale fonctionnelle
donnée, toute partie peut remplacer le tout, avec une moindre eff
icience.
L. nie avoir jamais prétendu que les données sensorielles ne jouent
aucun rôle dans l'apprentissage du labyrinthe ; mais, selon lui, cet
apprentissage implique quelque chose de plus, dans le domaine
central, qu'une suite d'ajustements directement sensori-moteurs
(extéro- et proprioceptifs).
Il se défend d'avoir fondé sa théorie « presque exclusivement » sur
les expériences de labyrinthe. Au contraire, c'est son étude sur la
discrimination de clarté qui fut la plus significative pour une relation
entre masse corticale et efficience. Il en rappelle les résultats : aire
visuelle bien définie dans le cortex occipital ; aucune influence, sur
l'apprentissage ou l'habitude visuels, des lésions respectant cette aire
et les fibres de projection ; aucune influence d'une destruction préa
lable complète de l'aire visuelle sur l'apprentissage initial de la di
scrimination blanc-noir ; au contraire, une destruction après appren -
tissage diminue l'habitude et le réapprentissage nécessaire est pro
portionnel à l'étendue lésée, avec équipotentialité des diflérentes
parties. L. ajoute une donnée nouvelle : alors que la destruction
complète du cortex visuel laisse presque intacte la capacité de di
stinguer positions et clartés relatives, elle abolit la distinction des
formes.
L'apprentissage étant normal môme chez un rat privé de la moiti 3
occipitale des hémisphères, Hunter suppose un fonctionnement sub
cortical — néanmoins conditionné chez le rat normal, réplique L.,
par la masse corticale intacte quelle qu'en soit la localisation. (Dans
sa note, H. objectera que cette conclusion demande des expériences
plus rigoureuses, intéressant par exemple une région limitée du champ
visuel.)
Avec le labyrinthe, L. obtient une relation entre l'étendue lésée et
l'efficience à la fois dans l'apprentissage après opération et dans la
rétention d'habitudes antérieures. Il rappelle ses nombreuses expé
riences testant diverses destructions visuelles, somesthésiques ou
motrices : les destructions corticales produisent un trouble de 9 à
t'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. XXXII, 17 258 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
60 fois plus grand que celui qui résulte d'une élimination périphérique
correspondante. Des rats aveuglés étant entraînés au labyrinthe, une
destruction corticale diminue autant l'habitude que chez des rats
entraînés avec vision. Ces expériences (dont L. défend la rigueur)
excluent toute interprétation en termes de champ sensoriel : la
perte de l'habitude après lésion corticale est due en grande partie
au trouble de quelque fonction (Faction de masse) autre que la
réception sensorielle, et L. conclut que, pour certains types de com
portement, les aires de projection auraient, en plus de leurs fonctions
sensorielles ou motrices, une fonction non spécifique (peut-être de
facilitation) où elles seraient équipotentielles.
L. invoque aussi des expériences en cours sur la section des radia
tions optiques, les données sur les troubles humains (praxiques,
gnosiques et démentiels), etc. Il discute les expériences de Lindley
que lui oppose Hunter ; il montre que ses rats à lésion occipitale ont
un apprentissage 2 fois plus troublé que les aveugles-anosmiques de
Lindley.
Dans un chapitre théorique, L. soutient que le mécanisme intégra-
tif et la plasticité des centres impliquent plus qu'une conduction
d'influx à travers des synapses de résistance diflérente, à savoir
« un jeu réciproque d'activités spécifiques localisées, modifiées par
des effets de masse, moins spécifiques, de l'excitation ». Quant aux
« processus symboliques périphériques » de Hunter, ils ne sont pas
plus heuristiques que la théorie de L.
Hunter oppose à L. ses écrits de 1920. Depuis, l'équipotentialité
s'est restreinte. Cependant elle n'est vérifiée que pour des expé
riences très complexes (labyrinthe). Les données abondantes obtenues
par L. confirment seulement l'action intégrante du système nerveux,
et la conclusion de L. serait acceptable sans l'affirmation d'une équi-
potentialité. G. D.
94. - S. H. BARTLEY et J. F. PERKINS. - A consideration o£
Hunter's criticisms of Lashley [Quelques considérations sur les
critiques adressées par Hunter à Lashley). — Ps. Rev., XXXVIII, 1,
1931, p. 27-41.
Les auteurs défendent, contre les critiques de Hunter (./. of Gen.
Psych., 1930, 3, 455-465) la conception du fonctionnement cérébral
qui se dégage des recherches de Lashley et qu'ils considèrent comme
étant la seule compatible avec le caractère « unitaire » de la conduite.
En reprochant à Hunter d'avoir mal défini la théorie physiologique
courante fondée sur la notion de réflexe, ils cherchent à montrer en
premier lieu l'insuffisance de la conception réflexologique. L'hypo^
thèse d'une somme ou d'un enchaînement de réflexes devrait être
définitivement abandonnée, parce qu'elle n'est pas susceptible de
rendre compte des principales caractéristiques du comportement.
D'autre part, Hunter aurait mal interprété la notion d'équipotentiaL-
lité introduite par Lashley. On ne saurait y voir, comme le fait
Hunter, un « tout » qualitativement homogène. En se rapportant aux
écrits de Lashley, on trouve qu'il a employé ce terme pour désigner
« la capacité apparente de toute partie intacte d'une aire fonctionnelle
d'exécuter avec ou sans diminution de l'efficience les fonctions qui

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