Réactions. Latence. Mouvements d'expression. L'Activité et ses conditions physiologiques. Dextralité. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 706-725

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 706-725
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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2° Réactions. Latence. Mouvements d'expression. L'Activité et
ses conditions physiologiques. Dextralité.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 706-725.
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2° Réactions. Latence. Mouvements d'expression. L'Activité et ses conditions physiologiques. Dextralité. In: L'année
psychologique. 1932 vol. 33. pp. 706-725.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1932_num_33_1_5223706 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
elle porte sur l'objectif, sur les sensations organiques ou sur une
activité auxiliaire. P. G.
1216. — W. A. BOMF1ELD. — The influence of fatigue on tremor
(L'influence de la fatigue sur le tremblement). — J. of exp. Ps., XV,
193?, p. 104-107.
La fatigue est produite par le travail à l'ergographe ; le tremble
ment des doigts est enregistré après chaque épreuve. L'amplitude et
la fréquence augmentent avec la fatigue. P. G.
2° Réactions. Latence. Mouvements d'expression1. L'Activité
ET SES CONDITIONS PHYSIOLOGIQUES. DeXTRAUTÉ 1
1217. — B. SANPOR. — Schnelle Aufeinanderfolge einfacher und.
zusammengesetzter Reaktionen (Succession rapide des réactions).
— Ind. Psychot., IX, 1, 193°, p. 1-13.
L'A. étudie le rendement et le comportement des sujets dans diffé
rents types de réactions (simples, complexes, avec choix, etc.). Il
cherche surtout à élucider le problème des réactions à succession
rapide. Un dispositif spécial lui permet de transformer la réponse du
sujet à une première excitation en une excitation nouvelle suivant
immédiatement la précédente. Cette deuxième excitation immédiate
se montre influencée par le phénomène de délassement qui suit la
réalisation de la première réponse. La recherche tend à approfondir
l'étude des causes d'accidents d'automobiles, causes qui relèvent de
la multiplicité d'excitations, de leur rapide succession et de la capac
ité du sujet de se rendre maître de ses réactions. S. H.
1218. — H. MATT. — Reaktionen unter Aufmerksamkeitsbel
astung (Réactions et perturbation de V attention). — Ind. Psychot.,
IX, 4, 1932, p. 104-113.
Contribution à l'étude des temps de réaction. Tout facteur per
turbateur de l'attention exerce une influence sur le rendement du
sujet, apporte des modifications dans la durée des temps de réaction,
dans la dispersion des résultats et le nombre d'erreurs commises.
liée' à ces exciL'activité intellectuelle (conversation, calcul, etc.),
tations perturbatrices accentue encore ces déviations. S. H.
1219. — L. F. BECK. — A note of the relation of simple to serial
reactions (Note sur le rapport des temps de réaction simples et sériés).
— J. of genet. Ps., XL, 3, 1932, p. 499-501.
La moyenne des temps de réaction simples, mesurés au chroiio-
scope de Dunlap, sur 38 étudiants, a été de 174 a lorsqu'on donne au
sujet le signal « attention « (1), de 208 v pour les réactions sans aver
tissement (2). Pour les réponses sériées impliquant l'emploi successif
des quatre doigts de la main droite (3-) il y a eu 196 réactions en
2 minutes. Les coefficients de corrélation calculés ont été de rlJ2 =
0,65, rvt » 0,36, r2,3 « 0,33. A. B.-F.
1, Voir aussi les n°* 99, 476, 478, 479, 481, 482, 857, 864, 896, 1548. ÄJJACTIOiNS. LATKNCE. MOUVEMENTS U KXfUEaSlON /«>/
1220. — A. HABER. — Beachtung Aufmerksamkeit- Reaktion in
einem grösseren Sehfeld {Perception-attention-réaction dans un
champ visuel assez vaste). — Ind. Psychot., IX, 8, 1032, p. 229-245.
Pour se rapprocher des conditions industrielles qui obligent fr
équemment l'ouvrier à surveiller plusieurs machines et à agir conve
nablement quand se produisent certains événements, — ■ la casse
d'un fil, le déplacement d'une pièce, — • H. a étudié les variations des
réactions complexes en plaçant le sujet à l'intérieur d'une sorte de
box hexagonal dont les parois portaient des lampes régulièrement
disposées en colonnes et rangées.
Lorsque les lampes s'allument régulièrement les unes à la suite
des autres dans certaines colonnes et que le sujet doit réagir par un
mouvement simple à l'apparition d'une lampe s'allumant en dehors
des colonnes régulières, la tâche devient d'autant plus difficile que le
champ à surveiller devient plus grand par l'augmentation du nombre
de parois utilisées, le nombre de présentations nécessaires pour que
la lampe excitatrice (qui restait allumée pendant 0,72 sec.) fût remar
quée ayant varié linéairement de 1 ,36 (utilisation de la paroi d'avant
seulement) jusqu'à 4,64 pour l'utilisation de toutes les six parois
(moyennes de plusieurs sujets). L'accélération du rythme : réduction
de la durée d'allumage à 0,43 sec. la succession se faisant avec une
vitesse presque double, a fait augmenter le nombre de présentations
nécessaires, mais dans une proportion bien inférieure à l'augmentat
ion de la vitesse (1,55 à 5,44 présentations nécessaires suivant le
nombre de parois utilisées) et a fait, par contre, décroître les temps
de réaction qui ont passé de 0,75 sec. à 0,64 en moyenne.
La surveillance successive des diverses parois s'est montrée plus
avantageuse que leur surveillance simultanée. D'autres expériences
encore, — utilisation du miroir, réactions aux signes particuliers —
complètent utilement cette série de recherches. D.W.
1221. — M. SIMONEIT. — Zut chârakterologischen Auswertung
von Reaktionspriiïungen (L'évaluation caractérologique des réa-
tions). — A. f. ges. Ps., LXXXVIII, 1932, p. 357-384.
Sur un même groupe de personnes, on a étudié d'une part les
réactions à des excitations auditives et visuelles simples (appuyer
sur un levier au signal donné par exemple), et d'autre part, des réac
tions de choix plus complexes (réagir différemment suivant le
signal).
Les résultats obtenus ont permis de classer les sujets dans des
groupes caractérologiques différents. Pour établir ce classement, il
fallait tenir compte du rendement du sujet, du nombre et du carac
tère des erreurs commises, ainsi que de l'attitude du sujet pendant
son activité.
Le nombre des erreurs commises est fonction de l'attention et de
l'émotivité du sujet. Ainsi des réactions sans erreurs peuvent être
aussi bien données par des personnes peu intelligentes présentant
une affectivité pauvre que par des personnes d'un niveau mental
élevé, très émotives mais ayant une volonté fortement développée,
qui leur permet de bien concentrer leur attention. Une observation
de l'attitude du sujet pendant le travail est donc indispensable pour 708 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le diagnostic caractérologique, les résultats bruts des expériences ne
suffisent pas.
Le caractère des erreurs commises permet d'apprécier la coordina
tion sensitivo-rnotrice de l'individu ; ici on peut distinguer les types
suivants :
1) Sujets ayant une bonne coordination sensitivo-motriee, qui
feront peu d'erreurs de substitution ; 2) Sujets dont la coordination
est insuffisante, qui feront beaucoup d'erreurs de substitution ;
3) Sujets avec une inhibition de l'activité sensitivo-motrice, qui feront
beaucoup d'erreurs en général, et surtout des erreurs d'omission.
4) Sujets rapides — peu d'erreurs, parmi les erreurs une prédominance
de substitution et d'addition ; 5) Sujets lents qui feront surtout
les erreurs d'omission et de retard. B. N.
1222. — FRITZ GRUNEWALD. — Synchrone Registrierungen
von Durchgängen (Passagen) mit disjunktiver Einstellung bei
Schulkindern (Enregistrements de synchronisme dans des passages
avec une attitude disjunctive chez des écoliers). — ■ Inaugural Disser
tation. In-18 de 79 pages, Leipzig, 1932.
Dans ce travail, effectué sous la direction de Wirth, l'auteur a
repris chez 6 écoliers de 6 à 13 ans, les recherches de H. Rey : avec
pression sur une clef de Morse, le sujet doit indiquer le moment du
passage d'un index devant un repère (tableau de chiffres), et l'on
note les erreurs d'anticipation ou de retard ; mais, au lieu de réaliser
la réaction synchrone du passage avec un doigt convenu d'avance,
le sujet doit utiliser un doigt qui lui est désigné par un chiffre —
de 1 à 5 — indiqué tachistoscopiquement un temps variable avant
le passage repéré.
G. a utilisé un dispositif de 5 clefs de Morse disposées sous les
5 doigts ; il a commencé par faire réagir avec un seul doigt convenu,
puis a fait intervenir un choix entre 2, entre 3, entre les 5 doigts,
augmentant l'incertitude — disjunctive — du choix.
L'indication du doigt devant réagir, a été donnée entre 0,810 et
0,135 sec. avant le passage.
Les erreurs sont surtout d'anticipation quand le signal est donné
longtemps avant le passage, elles sont de retard, et de plus en plus
grandes, au fur et à mesure que diminue l'écart entre le signal et le
passage.
Les erreurs augmentent avec la complexité de la tâche à peu près
également chez les enfants et les adultes (multipliées par 1 ,3 à 1 ,5 au
total), et diminuent un peu avec l'âge. H. P.
1223. — G. DUMAS. — ■ Les Mimiques (Extrait du tome III du
Nouveau Traité). .— R. Ph., CXIV, 9-10, 1932, p. 161-218.
« La mimique tout entière est une conquête de l'homme sur son
propre corps, conquête facile ou difficile, suivant les muscles striés
ou lisses qu'il a fallu dresser, mais conquête évidemment et qui a été
nécessaire dès que la vie sociale a continué la vie physiologique ».
L'essentiel de la pensée de D. tient dans cette phrase. La mimique
c'est, comme le veut son sens étymologique, une imitation, imitation RÉACTIONS. LATENCE. MOUVEMENTS D'EXPRESSION 709
des expressions spontanées des émotions. Tout comme il y a des
expressions, il y a des mimiques : mimique du visage, de la voix, du
geste, des contractions des muscles striés, des sécrétions (larmes), de
l'attitude, de la démarche, de l'écriture (à l'exception de la mimique
vocale, qui doit être reprise ultérieurement, D. les examine toutes
tour à tour).
Tout comme l'expression des émotions, la mimique est un fait émi
nemment social. Il n'y a pas de muscles de l'expression. La fonction
des muscles est physiologique, en dehors de toute psychologie émot
ionnelle. Ce n'est qu'en attribuant à des réactions motrices visibles
un sens que l'homme a créé ce terme anthropocentrique d'expression.
Et la mimique c'est précisément la méconnaissance de la fonction
primitive des muscles et l'attribution à leurs contractions du sens
expressif social. La mimique dépasse l'individu : c'est un système
de signes qui préexiste à lui et lui survit et qui « s'impose à tous par
la nécessite de se faire comprendre ». Et puisque c'est un système de
signes, c'est un langage « analogue à tous les langages ». C'est ainsi
que les mimiques varient suivant les peuples, les groupes et les sous-
groupes sociaux. On pourrait, dit D., écrire une histoire et une psy
chologie comparée des mimiques ; la méthode serait celle même de
la linguistique. La mimique a sa syntaxe qui ne diffère de celle du
langage que par l'ordre et l'arrangement qui y sont plus psycholo
giques que logiques. Comme dans Je langage, l'apport individuel est
minime. « Cette imitation visuelle qui s'est faite au cours des temps
et dont l'origine se confond avec celle de l'humanité a depuis long
temps donné naissance à une langue collective où l'imitation des
émotions vraies par la mimique sans être interdite aux initiatives
individuelles ne peut plus ajouter grand'chose au capital des schemes
collectifs.» Et c'est bien la vue qui fournit ces schemes. A ce propos,
D. rapporte ses observations sur les aveugles où il lui a été donné de
constater une absence de certaines mimiques de transfert lorsque
celles-ci sont éloignées de leur racine sensorielle, et qui ont modifié
ses opinions d'autrefois. Et c'est précisément cette origine visuelle
des schemes mimiques qui confirme encore leur caractère social. Le
rapprochement s'impose avec ce que l'A. a dit sur le rôle de la vue
dans la transformation de certaines des réactions musculaires en
expressions des émotions.
Il existe des degrés de différenciation des mimiques : l'imitation
directe fondée sur la ressemblance des états affectifs réellement
éprouvés avec ceux qu'on désire peindre, l'imitation par transfert,
utilisant des réactions expressives à des impressions sensorielles
agréables, inutiles ou pénibles pour exprimer les morales
présentant quelque analogie affective avec les premières, et enfin
une mimique symbolique « plus riche, plus variée, pénétrée davant
age d'intelligence », traduisant des qualités abstraites.
Il nous est impossible de résumer ici toutes les analyses de divers
cas de ces trois modalités qui forment le fond de l'article. Mentionn
ons' simplement que le sourire et les larmes servent d'exemples des
mimiques simples, que les contractions des narines (dégoût moral
ou dédain) représentent la mimique de transfert, que les contractions
si riches et si variées des muscles de l'orbite sont étudiées comme cas 710 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de la mimique symbolique. Ces trois modalités peuvent d'ailleurs se
combiner ensemble.
Mais puisque la langue mimique ne reprend pas toutes les express
ions, leur sélection doit suivre une certaine règle. Pour qu'une
expression devienne mimique elle doit remplir deux conditions :
1° être visible mais discrète ; 2° être esthétique. Les arts plastiques
ont largement collaboré dans cette sélection. (« La mimique descend
très bas dans l'expression spontanée qu'elle stylise toujours plus ou
moins ».)
Du point de vue physiologique, il existe deux types d'action :
action directe sur les muscles striés (« II n'est pas de réaction de la
musculature striée que la mimique ne puisse reprendre ») ; action
indirecte sur les antagonistes lorsqu'il y a des expressions où entrent
éft jeu les muscles lisses ; ici la mimique est souvent « truquée » et il
est des réactions, telles la rougeur et la pâleur ou encore Phorripila-
tion, sur lesquelles l'imitation n'a point de prise. Quant aux centres
proprement mimiques, centres psychomoteurs analogues à ceux des
mouvements habituels, c'est l'écorce qui en est le siège. Ils sont mis
en jeu soit par des excitations volontaires, soit par des souvenirs et
des associations d'idées amenés automatiquement. Les schemes mi
miques sont des associations et des combinaisons musculaires enre
gistrées dans l'écorce par l'habitude et analogues à celles du langage
et des techniques motrices.
Quant à la question d'hérédité, elle doit être reprise par ailleurs.
L'A. formule cependant l'idée que tout n'est pas acquis par l'individu
et que les centres préexisteraient sous forme des dispositions loca
lisées pour les mimiques les plus simples et les plus communes.
Cet exposé des points de vue personnels est précédé de l'historique
de la question. On voit passés en revue en partant des « Passions de
l'Ame >■, les essais de Buffon, d'Engel, de Gratiolet, de Piderit, de
VVundt, de Hughes^ Leurs idées sont d'ailleurs reprises à propos des
questions particulières traitées au cours de l'article. C'est ainsi que
Piderit est invoqué dans le chapitre particulièrement intéressant sur
la physiognomonie, où D. ne se rallie qu'avec réserve à ceux qui
croient pouvoir la constituer. Car, tout comme dans la graphologie,
il y a lieu de distinguer entre ce qui est spontané et ce qui est voulu.
Comme la démarche voulue, il existe des écritures et même des phy
sionomies voulues. Les cas des grands interprétants en fournissent
d'éloquents exemples. A. R.-G.
1224. — G. DUMAS. — La mimique vocale. — An. Méd.-ps., XVI,
il, 2, 1932, p. 129-156.
Comme il y a une mimique des gestes, il y a une mimique de la
voix. Elle accompagne la parole pour lui donner plus d'accent, pour
en préciser ou en modifier le sens et quelquefois elle s'y substitue.
Elle peut même la précéder. Elle est la traduction de la vie affective
jusque dans les produits de l'activité intellectuelle, elle peut se borner
à marquer le mouvement, les alternatives et les phases de l'activité
intellectuelle.
Comme la mimique des gestes, la mimique vocale est tonique ou
atonique, mais son siège au lieu d'être réparti dans tout le corps est RÉACTIONS. LATENCE. MOUVEMENTS DEXPRES9ION 7tl
limité au domaine de la voix, c'est-à-dire tout d'abord aux organes
de la respiration. C'est leur plus grande ou leur moindre activité,
c'est la pression plus ou moins forte de l'air expiré qui frappe
différemment sur la glotte. L'amplitude des vibrations glottiques
augmente l'intensité de la voix. Mais en même temps les cordes vo
cales se tendent davantage et le son devient plus aigu. Il le devient
encore davantage si la tension réduit leur surface vibrante. Ces effets
sont ceux des émotions dites sthéniques comme la joie ou la colère.
Dans les émotions contraires la glotte se relâche, la voix devient plus
grave et moins vibrante.
Comme tout son musical la voix est timbrée, elle a des harmoniques.
Ces harmoniques peuvent être plus ou moins riches, elles peuvent
être aussi amplifiées et diversifiées par les résonateurs que forment les
cavités rhino-pharyngo-buccales où des parties mobiles, comme le voile
du palais et des parois musculaires peuvent à tout instant modifier
le son en modifiant leur forme, leurs dimensions et leurs rapports.
Si les harmoniques ne se produisent que dans les cavités supérieures,
on parle de voix de tête. Si elles se produisent aussi dans toute la
hauteur du larynx c'est la voix de poitrine. Entre ces deux extrêmes
il y a toute une série d'intermédiaires qui peuvent être utilisés tour à
tour pour ajouter au discours une sorte d'orchestration affective.
Aux variations d'intensité, hauteur, timbre, la mimique vocale
ajoute encore d'autres moyens, en particulier la durée des consonnes
ou voyelles, pour celles du début, le transfert de l'accent de la dernière
syllabe où il est habituellement en français sur une autre syllabe. Les
lois de ces transferts affectifs ont été particulièrement étudiées par
Grammont, Bally, Marouzeau. De même le chant de la phrase dont
le ton monte et s'abaisse alternativement. Toute modification de
cette alternance est grosse de signification affective. Il s'en produit
par exemple dans l'interrogation, dans l'exclamation.
Beaucoup de ces. modifications diverses peuvent s'expliquer par
des mécanismes phonétiques. Mais dans leur «nsemble elles sont
comme le langage dont elles sont une forme : elles ne sont pas créées
par l'individu, l'individu les reçoit du milieu où il vit. Elles sont
une création de la société. H. W.
1225. — G. DUMAS. — La mimique des aveugles. — B. Ac. Méd.,
CVII, 17, 1932, p. 607-610.
D. commence par préciser le sens des mots employés. Notre visage,
dit-il, reflète des expressions spontanées, il exprime ainsi la joie, la
peur, plus ou moins accentuée, la tristesse, etc. ; dans ces cas, les
phénomènes extérieurs qui touchent notre affectivité mettent en jeu
les muscles de la face. D'autre part, nous savons reproduire sur notre
visage les mêmes expressions en dehors de causes réelles, c'est-à-dire
que nous mimons un état affectif, nous mimons difficilement la peur,
nous mimons la joie, bien plus facilement. Mais comment arrivons- à cette mimique volontaire,? Imitons-nous notre propre expres
sion perçue par la kinesthésie, ou celle des autres, connue visuell
ement ?
Les recherches sur les aveugles permettent de résoudre cette alter
native. Ceux-ci ont bien des expressions spontanées normales, mais 712 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ils ne peuvent les mimer volontairement, comme l'ont nettement
montré 33 observations.
L'un de ces aveugles disait même qu'il ne savait pas comment il
exprimait sur son visage la joie, la tristesse et la colère. Les conduites
affectives sont connues (battre des mains dans la joie, serrer les
poings dans la colère), non les mimiques, parce que celles-ci sont
d'origine visuelle, avec caractère social : il y a un langage mimique
conventionnel, élaboré au cours de l'évolution de l'humanité
H. P.
1226. — A. LEY. — Note sur le phénomène de reprise en ergographie
bilatérale et simultanée. — Ar. de Ps., XXIII, 92, 1932, p. 344-348.
Patrizi, Claparède, et plus récemment Rimathé ont signalé déjà
le phénomène. L'A. vient d'en reprendre l'étude. L'animal (cobaye),
immobilisé et légèrement anesthésié, reçoit sur les deux pattes pos
térieures des chocs égaux d'induction. — Quand la courbe ergogra-
phique commence à baisser à droite, on interrompt les chocs à
gauche ; on observe alors une reprise nette de la patte droite. La
grenouille donne les mêmes résultats, et l'homme également. Rimathé
avait expliqué ce phénomène en disant qu'il y avait transfert dyna-
mogénique, le travail simultané étant préjudiciable au rendement
musculaire, « parce que l'attention indispensable à l'accomplissement
d'un acte volontaire maximum se trouve répartie plus ou moins in
également sur deux opérations différentes ; chaque membre ne donner
ait qu'une partie de sa force et la reprise ne serait alors autre chose
que le complément devant être ajouté pour redonner la valeur
moyenne du travail isolé ».
J'avais fait remarquer à l'époque (V. An. Ps., XXVI, p. 582),
combien fragile me semblait cette hypothèse, écartant arbitrairement
une intervention de la valeur qualitative de l'influx. Les expériences
de Ley montrent bien qu'une hypothèse physiologique doit rendre
compte du phénomène. — Sur la nature de cette hypothèse, l'A. se
tait avec beaucoup de prudence estimant, avec raison que des expé
riences complémentaires seraient indispensables pour nous éclairer
sur le mécanisme du transfert. M. F.
1227. — E. S. ROBINSON et J. R. ROBINSON. — Practice and
the work decrement {Exercice et décrément dans le travail). — Am.
J. of Ps., XLIV, 3, 1932, p. 546-551.
Les résultats de Glaze sur les variations de la rapidité au cours
d'un travail moteur monotone, sont ici entièrement confirmés. Le
décrément observé dans l'exécution aussi rapide que possible d'une
tâche simple (écrire ab, ab, etc., pendant 20 minutes) diminue sous
l'effet de l'exercice. Il ne semble pas qu'il soit possible d'expliquer le
phénomène par un autre fait, également patent, celui de l'augmentat
ion des dimensions données aux lettres au cours de l'exécution de la
tâche. A. B.-F.
1228. — G- H. ROUNDS, H. J. P. SCHUBERT et A. T. POFFEN-
BERGER. — Effects of practice upon the metabolic cost of mental
work {Effets de V exercice sur la dépense métabolique du travail RÉACTIONS. LATENCE. MOUVEMENTS D'EXPRESSION 713
mental). — J. of gen. Ps., VII, 1, 1932, p. 65-79. — H. J. P. SCHU
BERT. — Energy cost measurements on the curve of work (Mes
ures sur la dépense d'énergie au cours du travail). — Ar. of Ps.,
XXI, N° 139, 1932, 62 p.
Expériences avec un seul sujet, dont on mesure la dépense d'oxy
gène durant le repos (20 minutes par jour, pendant 30 jours), puis
durant 20 minutes d'un travail mental, l'addition de nombres de
3 chiffres. Moyenne des 5 premiers jours de repos : 226 ce /min., des
5 derniers jours : 197 ce /min. Durant le travail mental, l'augmentat
ion est de 61 ce, soit environ 30 %, sur la moyenne générale du
repos. La pratique a augmenté la vitesse de calcul de 47 %, sans
accroître la dépense d'oxygène par minute. Des mesures furent aussi
faites pendant la récupération.
Les résultats sont discutés provisoirement ; les questions soulevées
exigeraient plusieurs sujets. Les A. ne pensent pas que les mesures
de ce genre donnent la dépense relative à du travail purement
mental, même si on fait faire au sujet, pour la comparaison, les
mêmes gestes que dans le travail mais sans effort.
Sur l'A. comme seul sujet, on trouve que durant 22 minutes de
travail physique (140 kg.-m. par minute) la dépense d'oxygène est
constante. Les fréquences cardiaque et respiratoire augmentent
lentement. Le quotient respiratoire diminue après la période initiale.
Le cours de la récupération (excès d'oxygène comblant le déficit
initial, aussi bien qu'excès de fréquence cardiaque) peut s'exprimer
par la formule : A ect -f B edt, qui rend compte des 2 phases, rapide
(c <Z — 1 et indépendant du temps de travail) puis lente (d de Tordre
de — 0,1 et de valeur absolue en raison inverse du temps de travail),
en accord avec la théorie de Hill sur la diffusion de l'acide lactique.
C'est pratiquement pendant les 5 premières minutes de travail que
le sujet contracte sa dette d'oxygène, mais le temps mis à la récupérer
dans le repos est en raison directe du temps de travail. G. D.
1229. — R. M. PAGE. — Measuring human energy cost in industry
[De la mesure de la dépense d'énergie humaine dans l'industrie). —
Gent. Ps. Mon., XI, 5-6, 1932, p. 321-537.
L'auteur s'est proposé de faire de cette monographie, ne contenant
pas d'apport original, une sorte de guide pour le lecteur américain
non encore spécialisé dans les questions théoriques ou appliquées
touchant à la dépense d'énergie humaine dans l'exercice de certains
travaux. Une importante bibliographie comportant 649 références,
que l'auteur n'a pas voulue exhaustive (et qui notamment présente
de grosses lacunes en ce qui concerne la documentation en langue
française) accompagne l'ouvrage, qui constitue, en fait, un excellent
instrument de travail. A. B.-F.
1230. — D. B. DILL, H. T. EDWARDS et J. H. TALBOTT.—
Studies in muscular activity. Factors limiting the capacity for
work (Etudes sur Vactivité musculaire. Facteurs limitant la capacité
de travail). — J. of Ph., LXVII, 1, 1932, p. 49-62.
Etude de 3 facteurs pouvant limiter la capacité de travail : 1° la
température extérieure ; 2° l'approvisionnement en oxygène ; 714 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ß° l'approvisionnement en combustible (graisse et hydrates de car
bone).
Expériences entreprises sur deux chiens qui sont entraînés à courir
sur un tapis roulant incliné. Les observations portent sur la fréquence
cardiaque, la température rectale pendant et après l'exercice, la tem
pérature ambiante, l'acide lactique, le sucre, les propriétés morphol
ogiques du sang, le comportement de l'animal, son degré de fatigue.
Le facteur le plus important qui limite l'activité musculaire est la
température ambiante. Si l'alimentation, l'approvisionnement en eau
et en oxygène sont suffisants, la quantité de travail fourni dépend de
la ambiante et le chien à basse température (4 à 7°) est
pratiquement infatigable, sa température rectale n'augmente point,
l'acide lactique, le sucre de son sang sont inchangés. Tant que la
température rectale ne dépasse pas 40° G. la concentration du sang
en acide lactique n'augmente pas. Entre 40 et 43° G. cette concentra
tion augmente avec la température rectale. Il en est ainsi même si
le travail est modéré et cette accumulation ne provient pas d'un
manque d'oxygène. Les résultats des auteurs confirment ceux de
Rice et Steinhaus, à savoir que chez le chien, le travail fourni est
limité par une dissipation inadéquate de chaleur, cependant ils ne
peuvent admettre, comme ces derniers, que l'homme régularise plus
facilement sa température que le chien. Le chien, et c'est là la diffé
rence, produit de la chaleur à une vitesse plus grande que l'homme.
Des expériences faites sur un athlète courant sur un tapis roulant
horizontal, à la vitesse de 233 mètres par minute, température am
biante 22° G. ont montré qu'au bout de 80 minutes il était anéanti
avec une température rectale de 40°6. quantité de travail fourni
100 kgm. par minute, par kilo de poids du corps. Le chien dans les
mêmes conditions maintient sa température constante et fournit une
quantité de travail 50 % plus grande.
Le travail fourni par ces chiens est 3 fois plus grand que celui
fourni dans les expériences relatées par certains, pour montrer l'i
nfluence d'injection d'adrénaline ou d'extraits de surrénales, sur le
travail musculaire. C. V.
1231. — ARTHUR II. STEINHAUS, JOHN P. KIRMIZ et
KNUD LAURISTSEN. — Studies in the physiology of exercise.
The chimie effects of running and swimming on the hearts of
growing dogs as revealed by Roentgenography {Etudes sur la phy
siologie de V entraînement physique. Effets chroniques de la course et
de la natation sur Zes cœurs de chiens en voie de croissance, suivis au
moyen des rayons de Roentgen). — Am. J. of Ph., 1932, p. 487. —
ARTHUR H. STEINHAUS, ROBERT W. BOYLE et THOMAS
A. JENKINS. •— Studies in the physiology of exercise. The chronic
effects of running and swimming exercice in the heart of growing
dogs as determined electro cardiographically (Effets chroniques de
V entraînement à la course et à la, natation sur le cœur de chiens en
voie de croissance, suivis au moyen de la méthode électrocardiogra-
phique). — Am. J. of Ph., janvier 1932, p. 503. — ARTHUR A.
STEINHAUS, LORIS A. HOYT et HUGH A. RICE. — Studies
in the physiology of exercise. The effects of running and swimming

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