Recherches expérimentales et comparées - compte-rendu ; n°1 ; vol.25, pg 248-270

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L'année psychologique - Année 1924 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 248-270
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1924
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P. B.
Henri Piéron
2° Recherches expérimentales et comparées
In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 248-270.
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B. P., Piéron Henri. 2° Recherches expérimentales et comparées. In: L'année psychologique. 1924 vol. 25. pp. 248-270.
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2° Recherches expérimentales et comparées
FERD. SCHEMINZKY. — Versuche über Elektrotaxis und Elektro-
narkose [Recherches sur V électrotaxie et V électronarcose). — Pl,
A. CCII, 1924, p. 200-216.
L'auteur étudie Pélectrotaxie et l'électronarcose chez les an
imaux aquatiques (poissons grenouilles). Comme l'action excitante
déterminée par les faibles densités de courant se transforme en une
action narcotisante si l'on augmente la force du courant, l'électro-
taxie ne peut donc être produite spontanément que si l'on augmente
la force du courant lentement. Cette condition s'exerce plus part
iculièrement chez les gros animaux, car chez eux la différence des
densités de est très faible entre les courants excitants et
narcotisants. La galvanotaxie est également produite par les cou
rants de Leduc, d'environ 10 à 50 périodes. Les courants sinuso
ïdaux déterminent chez divers animaux aquatiques une orientation
spécifique, l'animal oriente son axe longitudinal perpendiculair
ement aux lignes de force du courant ; cette orientation a été observée
par l'auteur en particulier chez les jeunes exemplaires de Salmo
lacustris, Phoxinus lœvis, Esox lucius, Carassius carassius, chez les
embryons de Rhodus amarus, chez les têtards, et chez un exemp
laire adulte de Rana esculenta. L'électrotaxie apparaît en général
entre le stade analgésique et le stade narcotique. La narcose ch
imique, galvanique, et la narcose par les courants de Leduc ou les
courants sinusoïdaux présentent entre elles beaucoup de ressem
blance. Avec les courants de Leduc, les densités de courant chez les
animaux aquatiques dépendent aussi de la fréquence et de la durée
du passage du courant. La densité du courant doit être d'autant
plus faible que l'animal est plus gros. Si l'on élève progessivement la
densité du courant, chez les gros animaux aussi les zones entre les
différentes phases de l'action du courant deviennent moins éten
dues, et deux phases peuvent coïncider ou se succéder immédia
tement.
P.. B.
M. MINKOWSKI. — Etude sur les connexions anatomiques des
circonvolutions rolandiques, pariétales et frontales. — Ar. su. de
Neur., 1923, XII, 1, p. 71-104, 2, p. 227-268 ; 1924, XIV, 2,
, p. 255-278, et XV, 1, p. 77-132.
Dans cet important travail histologique, l'auteur relate les cons
tatations qu'il a faites sur les dégénérescences consécutives aux
ablations partielles d'écorce chez des singes dont il avait donné,
en 1917, une excellente observation physiologique.
Le résultat général est la mise en évidence de fibres de projection
allant plus ou moins loin vers les centres infra-corticaux dans tous
les domaines de l'écorce, avec des différences notables dans la richesse,,
et le parcours de ces fibres, et dans le rapport des corticofuges et
des corticopètes. La région prérolandique, qui comprend surtout la ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 249
frontale ascendante, contient en majorité des fibres corticofuges —
formant en particulier le faisceau pyramidal — mais aussi de nomb
reuses fibres corticopètes, bien qu'elle soit dépourvue de la couche
granuleuse interne caractéristique des régions sensorielles ; ces fibres,
d'après l'auteur, seraient des voies de sensibilité profonde incons
ciente, ou sensibilité réflexe (Von Monakow) pour la régulation des
mouvements, dans cette zone essentiellement motrice, mais possé
dant des fonctions associatives liées à des voies de connexion avec
les autres régions du même hémisphère, ainsi qu'avec la région
symétrique et d'autres encore de l'hémisphère opposé.
La région post-rolandique (pariétale ascendante) reçoit surtout les
fibres corticopètes d'origine thalamique (où se trouvent les neu
rones d'étape des voies de la sensibilité), mais possède aussi un cer
tain nombre de fibres corticofuges, dont certaines vont accompagner
dans la moelle les fibres pyramidales d'origine prérolandique, dont
les autres s'arrêtent dans la région bulbaire, ce qui indiquerait un
certain rôle moteur, très minime toutefois.
La région pariétale (lobule pariétal et gyrus supramarginal) est
surtout riche en fibres d'association et paraît constituer un champ
commun avec la pariétale ascendante ; elle émet aussi quelques
fibres centrifuges courtes, mais reçoit de nombreuses fibres centri
pètes d'origine thalamique. Cette région, pour l'auteur, serait sur
tout consacrée à l'élaboration des excitations sensitives d'origine-
non cutanée, mais profonde.
L'existence, dans toute l'écorce, de fibres d'association reliant
chaque région aux autres régions de l'hémisphère, à celles de l'autre
hémisphère et à différents centres d'étape, avec des communications
dans les deux sens, conduit l'auteur à souligner les conséquences
complexes qui résultent d'une destruction localisée.
H. P.
KAZUTOKI TAKENAGA. — Beitrag zur Frage der Gehirndurch-
blutung (Contribution à Vêtude de la circulation cérébrale). — Pf.
A., CCIII, 1924, p. 72-79.
L'auteur cherche à déterminer si l'existence des pulsations dans
les artères cérébrales est nécessaire au fonctionnement du cerveau.
Par un dispositif expérimental approprié, il réalise à travers le cer
veau du chien une circulation à la pression sanguine normale,
constante, et à vitesse constante. L'observation des divers réflexes,
(pupillaire, cornéen, etc.) n'indique aucun déficit dans ce fonctio
nnement cérébral.
P. B.
ORTHELLO R. LANGWORTHY. — A physiological study of the
reactions of young decerebrate animals (Une étude physiologique
des réactions des jeunes animaux décérébrés. — Am. J. of Ph.,
LXIX, 1924, p. 254-264.
L'auteur, après avoir décérébré de jeunes lapins âgés de une
heure à 34 jours, constate que les plus présentent une activité 25Ö ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
trémulante, des mouvement de progression prolongés commençant
souvent spontanément lorsque Tanesthésie se dissipe et durant parf
ois plus d'une heure sans s'accompagner de rigidité. Cette dernière
s'observe, au contraire, chez les animaux plus âgés en même temps
que leur activité de progression est extrêmement diminuée. La rigi
dité apparaît à l'époque où l'animal commence à pouvoir se tenir
sur ses pattes. Les cobayes qui, à la naissance, courent presque aussi
bien que les adultes, présentent, après décérébration, des phéno
mènes de rigidité quelque soit leur âge, à l'âge même de moins d'un
jour, et on n'observe jamais chez eux de tendance aux mouvements
de progression prolongés. Si l'on sectionne la moelle transversal
ement dans la région thoracique chez les jeunes lapins décérébrés, la
flexion des pattes, postérieures est suivie bientôt de
rythmiques qui aboutissent finalement à l'extension forcée. Ce phé
nomène, noté par Graham Brown chez les adultes décérébrés, est
déjà net chez les jeunes. P. B.
FRED. T. ROGERS. — Physiological sinnlies oî the marsupial brain
(Etudes physiologiques sur le cerceau des marsupiaux). — Am. J.
of Ph., LXVIII, 1924, p. 137-140.
L'ablation de la plus grande partie de l'écorce cérébrale de l'opos
sum, les corps striés et la couche optique étant laissés intacts, est
suivie de l'agitation et des mouvements fonctionnels de progression
caractéristiques de la décérébration. Ces phénomènes ne sont pas
inhibés par la lumière, le bruit, ni par les excitations olfactives, ni
même par les excitations cutanées. Quand l'opération est faite asep-
tiquement, l'animal peut vivre deux semaines. Rapidement l'agita
tion incessante du début devient périodique, alternant avec des
périodes de repos, et parfois l'absorption d'aliment et d'eau pure
provoque l'apparition d'un temps d'arrêt. Les excitations cutanées
douloureuses sont suivies de réactions de défense. Un son aigu sou
dain produit un tressaillement brusque de tout le corps de l'animal
ou des mouvements des oreilles, mais il n'arrête pas les mouvements
de l'animal comme chez les animaux normaux. L'inhibition de l'ac
tivité musculaire générale de tout le corps au point de vue des exci
tations externes semble donc dépendre du fonctionnement de
l'écorce cérébrale ; au point de vue des excitations internes et
viscérales, elle doit, au contraire, des centres sous-corti
caux. Comme le cerveau de l'opossum semble appartenir à l'un des
types les plus primitifs, l'inhibitian donc être une des fonc
tions primitives de l'écorce cérébrale.
L'ablation de temporo-pariétale d'un seul hémisphère ne
produit que peu ou pas de troubles. L'animal présente des réponses
inhibitrices normales aux excitations externes, telles que le son et
la lumière. Une lésion unilatérale du cerveau moyen sans trauma
tisme de J'écorce occipitale, produit des mouvements musculaires
-continus et violents siégeant particulièrement au niveau de Ja tête,
du cou et de l'avant-bras du même côté. L'ablation de l'écorce médio-
-occipitale produit une cécité totale pour l'œil controlatéral, mais
.aucun trouble de .la vision ùu côtérde l'œil nomolatéral. ;P. B, ANAT0MG«BHYStOLOGEE NERVEUSE. NEUROLOGIE 251
K.S. LASHLEY. — Temporal variation in the function o! the
gyms precentralis in Primates [Variation dans le temps de la fonc
tion de la circonvolution précentrale chez les Primates). — Am.
J. of Ph., LXV, 1923, p. 585-602.
L'auteur procède, chez un Macacus rhesus, à quatre séries d'exci
tations électriques de l'écorce motrice, avec plusieurs jours d'inter
valle entre deux séries consécutives.
Au cours d'une série, il trouve des territoires délimités avec réac
tions à peu près constantes, des mouvements définis du bras, de la
jambe ou de la face, les limites des présentant toutefois
quelque variabilité.
Mais, d'une série à l'autre, les excitations d'un même point dans
un territoire, engendrent des mouvements très différents, les mêmes
mouvements peuvent être obtenus par des excitations de points
-différents, dans Paire brachiale par exemple. L'auteur admet que
dans une aire segmentaire, les différentes portions d'écorce sont
■équivalentes pour la production de toutes les catégories de mouve
ments, mais il se produirait des organisations physiologiques temp
oraires, en l'absence d'organisation anatomique liant des cellules
pyramidales données à des cellules spinales définies.
La théorie ne laisse pas de se heurter à de graves objections, et
l'on sait trop la difficulté de limiter l'excitation pour ne pas penser
^simplement à des différences temporaires d'excitabilité dans des
systèmes moteurs qui reçoivent chaque fois, mais dont
l'un ou l'autre prédomine.
H. P..
K.-S. LASHLEY. — Studies of cerebral functions in learning [Etude
des jonctions cérébrales dans V apprentissage). — Ps. Rev., XXXI,
5, 1924, p. 369-375.
La théorie classique de l'habitude, qui explique celle-ci par la
diminution de la résistance de la synapse au passage de l'influx ner
veux, paraît difficilement conciliable avec certains faits expériment
aux.
On munit un rat albinos d'un appareil approprié l'empêchant de
voir de l'œil gauche. On l'entraîne alors, dans la chambre de Yerkes,
à éviter la plus brillante de deux lumières. Quand l'entraînement
est achevé (pas d'erreur sur 30 essais), on enlève l'appareil de l'œil
gauche pour le mettre sur l'œil droit. Une fois que le rat est accou
tumé à ce nouvel état, on le teste à nouveau : il fournit des résultats
aussi bons, en utilisant cet œil qui ne servait pas pendant l'entra
înement primitif. Comment expliquer celait par la théorie classique ?
Chez un singe, on détruit par cautérisation le gyrus préœntral
droit ; l'animal est paralysé du bras et de la jambe gauches. On l'en
traîne à ouvrir, avec le bras droit, des boîtes à loquet. A aucun mo
ment, pendant cet entraînement, il ne manie les loquets avec sa
main gauche. Lorsqu'il est bien entraîné, on l'opère à nouveau,
•détruisant cette ;fois le gyrus précentral gauche. L'animal est main-
4<enant paralysé du eôté droit. Mais pendant ce temps, l'état du bras 252 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
gauche s'est amélioré et il apprend à s'en servir. On le met alors en
présence des boîtes, et il se montre aussi habile à les ouvrir, en
employant sa main gauche, qui cependant n'a pas été entraînée. II
y réussit du premier coup et sans hésitation. Là encore, il est imposs
ible de faire cadrer la théorie avec les faits.
G. P.
K.-S. LASHLEY. — Studies of cerebral function in learning. V. The
retention of motor habits after destruction of the so-called motor
areas in Primates (Etude de la fonction cérébrale dans l'apprentis
sage. V. Le maintien des habitudes motrices après destruction des
zones dites motrices chez les Primates). — Ar. of. N. and Ps., 12,
1924, p. 249-276. .
Plusieurs auteurs, Bechterew en particulier, ont trouvé que la
destruction de la zone dite motrice de l'écorce (dont l'excitation se
traduit par des mouvements) entraînait la disparition d'habitudes
motrices, de réflexes moteurs associatifs. En revanche, Starlinger
réussit à apprendre à un chien privé des voies pyramidales, à donner
la patte, et Rothmann à réaliser un apprentissage chez un macaque
dont la circonvolution précentrale était enlevée d'un côté, avec
section de l'autre côté de la voie pyramidale. Enfin, Lashley n'a
trouvé aucune modification de la capacité d'apprentissage du rat
privé de toute la région excitable de l'écorce, ce qui a été confirmé
par les recherches de Jellinek et Koppanyi (Lernfähigkeit gehirn-
verletzteter Ratten, Anzeiger d. Ak. der Wiss., Vienne, 1923, 17).
En outre, après acquisition d'un apprentissage au labyrinthe ou
dans une boîte à compartiments visuellement différenciés, l'ablation
des régions dites motrices du rat, n'a pas d'effet, d'où il apparaît
que cette région de l'écorce n'aurait pas même un rôle notable dans
la formation des réflexes conditionnels moteurs, à rencontre de la
conception de Von Monakow. Les recherches actuelles ont été faites
chez le singe (Cebus). Chez trois animaux, la région précentrale de
l'écorce fut détruite ; elle ne le fut à peu près complètement que
chez le troisième. En raison des troubles paralytiques consécutifs,
l'apprentissage préalable, visuélo-moteur, avait consisté en l'ouver
ture de trois types de boîtes contenant la nourriture, de manipulat
ion assez simple, et en un triage de petits cubes de banane au
milieu de cubes de bois. C'est deux mois après l'opération, quand la
motricité se rétablit, qu'on fit la vérification de la conservation des
habitudes acquises préalablement. Or, d'après le temps moyen dans
la réalisation des actes, la certitude de la conservation de l'habitude
est nettement apparue. L'auteur conclut donc que les zones « élec-
tro-stimulables » de l'écorce ne renferment pas les éléments centri
fuges des arcs réflexes conditionnels, ces éléments devant être extr
apyramidaux. Ce ne seraient donc pas des centres du mouvement
volontaire. Il pense qu'il y a là des centres de régulation des atti
tudes, de l'activité postunale à laquelle se rattacheraient les mou
vements dûs à l'excitation électrique corticale, mouvements sans
rapport avec les coordinations fines des habitudes motrices, ce qui
expliquerait les contractures de l'hémiplégie pyramidale. En outre, ANAT0M0-PHYSI0L0G1E NERVEUSE. NEUROLOGIE 253
ces centres exerceraient une influence favorable sur les terminaisons
motrices, une action de « facilitation » dont l'excitation affective
peut constituer un substitut (l'émotion rendant possibles certains
actes moteurs chez l'hémiplégique normalement impuissant à les
effectuer). C'est à l'absence de cette action facilitante que serait due
la paralysie d'origine corticale ou pyramidale.
Il y a là des données de fait dont l'importance n'est pas niable,
des interprétations intéressantes, probablement justes en partie.
Mais on ne peut toutefois accepter comme définitive l'opinion que la
voie pyramidale ne joue aucun rôle au point de vue de l'incitation
motrice.
Il est certain, en tout cas, que les conceptions simplistes d'autref
ois ne sont pas adéquates aux faits et que les fonctions dynamiques
des centres nerveux en interrelation réciproque sont extrêmement
complexes. H. P.
K.-S. LASHLEY. — The neural mechanism of voluntary movement
(Le mécanisme nerveux du mouvement volontaire). — Am. Ps.
Ass., dec. 1923. — Ps. Bul., 21, 2, 1924, p. 94-95.
Des singes sont dressés à ouvrir diverses boîtes au moyen de man
ipulations plus ou moins complexes. Puis on procède à l'extirpa
tion du cortex moteur des deux hémisphères préalablement déter
miné au moyen de stimulations faradiques.
Lorsque la paralysie consécutive à cette extirpation a rétrocédé,
on constate que les habitudes acquises sont pleinement conservées,
d'où il suivrait que, en dehors des voies pyramidales, il y a des voies
afférentes, provenant du cortex, intervenant dans les réflexes condi
tionnels (l'ablation de toute l'écorce entraînant en effet la dispari
tion des habitudes ainsi acquises).
On savait déjà que, sous l'influence d'une émotion, la paralysie
consécutive aux lésions de la zone motrice corticale, pouvait être
momentanément vaincue. La fonction du cortex moteur serait de
faciliter le fonctionnement des centres inférieurs (la facilitation
émotionn'elle jouant un rôle de substitut), en outre de la régulation
des réflexes d'attitude, de « posture ».
L'auteur trouve la mise en jeu d'une facilitation semblable pour
les mouvements de la langue chez l'homme — qu'il enregistre —
dans la parole intérieure ou extérieure.
Le mécanisme général d'action serait le suivant : grâce au substra
tum cortical prérolandique d'innervation tonique, l'excitabilité des
voies motrices serait accrue, en sorte que les impulsions command
ant les mouvements habituels, et descendant de l'écorce par des
voies tout autres que les voies pyramidales, seraient assez efficaces
pour commander l'exécution de ces mouvements. H. P.
J.-G. DUSSER DE BARENNE. — Experimental researches on
sensory localization in the cerebral cortex of the Monkey (Maca-
cus) (Recherches expérimentales sur la localisation sensitive dans le
cortex cérébral du Singe). — Pr. of. R. S., B. 96, 1924, p. 272-291.
L'auteur a repris'chez le singe ses expériences d'excitation locale 254 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
par la strychnine de l'écorce cérébrale, qu'il avait réalisées d'abord:
sur le ehat, et qui Ini avaient permis d'obtenir, en certains points-,.,
des: symptômes d'excitation sensorielle.
lies résultats se sont montrés tout à fait analogues : II se manif
este une hyperesthésie et une hyperalgésie cutanée à tous les st
imuli, une profonde à la pression après anesthésie de-
la peau,, beaucoup plus marquée du côté opposé à l'hémisphère
excité, mais appréciable aussi du; même' eôté.
Cette méthode a permis de délimiter — ce qu'on ne savait faire que
pour le cortex dit moteur — la sphère corticale sensitive du singev
des deux côtés de la scissure rolandique (circonvolutions précen-
trale, postcen tirade et pariétale inférieure,, avec limite frontale par le
sillon arqué, occipitale par la scissure die Sylvius et l'extrémité supé-
rieuiîe- d<u premier sillon temporal). Il: y a une zone de la face-, une*
zone du bras et une zone de la jambe, délimitables sur la sphère:
sensitive.
La région frontale de l'écorce ne révèle, par cette méthode, aucune
fonction sensitive.
H. P.
CLEMENTE ESTABLE. — Systèmes osmatiques et cause
logique possible de la pluralité d'énergies olfactives spécifiques. —
Travaux du Laboratoire de Recherches biologiques de l'Univers
ité de Madrid, 22, 1924, p. 329-358.
Dans ce travail effectué sous la direction de Ramon y Cajalet où.
l'histologie est, suivant la tradition du grand Maître madrilène,
envisagée dans ses rapports avec la physiologie et les théories d'à
fonctionnement, l'auteur a comparé le système nerveux olfactif dans-
son ensemble dans un type micro-osmatique (larve de Pamphibîen
Pleurodeles) et un type macro-osmatique (là souris). Il a constaté
d*une part que les cellules bipolaires terminales, éléments récepteurs-
périphériques, se montraient identiques sur toute la surface pitni-
taire, leur morphologie ne pouvant rendre compte des énergies spé
cifiques différentes que comportent des odeurs qualitativement
distinctes.
Mais le nerf olfactif comporte d'importantes différenciations qui
se marquent après le premier neurone d'étape. Il y a des fibres qui,,
de là se mettent en rapport direct, chez les batraciens, soit avec
l'écorce, soit avec le noyau médian du septum. Certains faisceaux
n'atteignent l'écorce qu'après la troisième synapse.
Pour Fauteur les énergies spécifiques différentes pourraient naître,
dans Te système entier de la voie réceptrice, de Pintervention propre
de certains neurones intercalaires, d'où la notion de plusieurs nerfs-
olfactifs spécifiques juxtaposés.
En outre, il attribue au système de Jacobson et au bulbe para-
olfactiT un rôle probable pour la perception des odeurs des aliments
et de Pair expiré.
Les faits" et les" conceptions théoriques sont d'ailleurs étroitement
mêlés dans l'exposé.
Dans aae autre étude sur ies « terminaisons nerveuses branchiales ANATOMO-BHYSiöLOGlE SERVEUSE. NEUROLOGIE 255
de la. larve du Pleurodeles Waltliïet certaines données sur l'innerva
tion gustative » (pi 369-384 du même volume), Fauteur insiste à
nouveau; sur ■l'impossibilité' de rendre compte de la variété des énerg
ies- spécifiques d'après les structures des appareils- récepteurs,
trouvant des terminaisons semblables dans les glomérules palatins,
branchiaux et linguaux, innervés par des fibres de fonctions aussi
diverses que celles du trijumeau, du glosso-pharyngienj et de l'inte
rmédiaire de Wrisberg.
K. P.
LEON ZBYSZEWSKI. — Le courant (Taetion de Féeorce céréBrale
sons l'influence du suffiate de strychnine appliqué d'après la mé
thode de Baglioni. — B. B., 91, 1924, p. 708-709.
L'auteur avait constaté que le sulfate de strychnine provoquait
des mouvements cloniques chez le chien, même pendant le plus pro
fond sommeil narcotique avec du véronal, du luminal,, du dor-
miol, etc. Or Baglioni, par application directe sur l'écorce,, soutient,
à rencontre de Sherrington, que crest par une excitation des éléments
sensitifs de l'écorce et non des éléments moteurs que sont engendrées
les secousses.
En employant la méthode d'application directe de Baglioni chez
le chien anesthésié au tétra-méthyl-ammonium, et en recherchant
les électro-neurogrammes (courants d'action) avec un galvanomètre
d'Einthoven, l'auteur a trouvé qu'il y avait constamment un courant
d'action dans la zone tactilo-motrice excitée, dont les oscillations
précèdent ou accompagnent les secou&ses des muscles dont le centre
a subi la strychninisation directe. Sur d'autres régions de l'écorce
(suprasylviennes, ectosyl viennes) la strychninisation ne donne pas
en général de réponse électrique.
L'auteur conclut à une excitation, par la strychnine, des éléments
moteurs de l'écorce, d'accord avec &herrington.
H. P.
V. PACHÜN et P. DBLMAS-MARSALET. — Effets produits par
l'excitation électrique des noyaux caudés chez le chien éveillé. —
B. B., 91, 1924, p. 558-560.
Après avoir, sous anesthésié, pratiqué chez des chiens deux tr
épanations, et introduit deux aiguilles métalliques émaillées, et dénur
dées seulement à leur extrémité, en sorte que cette extrémité se
trouve juste placée dans le noyau caudé, et avoir laissé l'animal se
remettre, au bout de 24 heures les auteurs excitaient électriquement
le noyau caudé par courant galvanique interrompu.
Voici ce qu'ils- ont alors constaté :
« L'animal qui sommeillait à terre est mis subitement en éveil dès
qu'on lancéolé courant ;son mas-que devient beaucoup plus expressif,
en particulier du côté opposé au noyau excité — ; les commissures
labiales sont le siège de mouvements Lents, non synchrones au
rythme de l'interrupteur ; puis, au bout d'un temps qui varie de
30 secondes à une minute, on voit l'animal ouvrir et fermer alter- 256 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
nativement la gueule d'un mouvement lent, absolument comparable
à un mouvement normal. Bientôt la langue se montre entre les
arcades dentaires, et, passant sur les lèvres et le museau, réalise un
net pourléchage, qui indique une évidente satisfaction ; et il semble
bien que l'on détermine chez l'animal un état affectif d'un caractère
agréable non douteux ». Il y a en outre accélération respiratoire, et,
quand l'excitation se prolonge, et que l'animal se lève, une ébauche
d'un mouvement de manège.
Les auteurs concluent au rôle du noyau caudé dans l'expression
des états affectifs ; on peut aller plus loin et songer à une participa
tion à la réalisation de l'état affectif lui-même, ces nouveaux faits
étant en accord avec les résultats des expériences déjà anciennes,
de Pagano.
H. P.
FRED. T. ROGERS. — Studies of the brain-stem. VI. An experi
mental study of the corpus striatum of the pigeon as related to
various instinctive types of behavior [Etudes sur le tronc cerebral.
VI. Etude expérimentale du corps strié du pigeon en rapport avec
différents types de comportement instinctif). — J. of. comp. N.,
35, p. 21-59.
L'ablation de l'écorce cérébrale seule, chez le pigeon, n'entraîne
aucun effet notable : les oiseaux se conduisent normalement, s'ac
couplent, élèvent leurs petits.
Quand on enlève, en outre, 1' « hyperstriatum », on note une forte
dépression ; l'animal recommence à s'alimenter, mais il ne s'accouple
plus, la nidification est abolie. Dans cette région striée se rencontrent
les associations nécessaires aux processus de connaissance qui com
mandent les réactions instinctives.
Les atteintes de l'épi, de l'ecto et du méso-striatum montrent que
le premier constitue un centre de coordination visuelleres deux autres
les centres primaires commandant aux activités musculaires régis
sant l'alimentation spontanée de l'animal.
Comme l'admettait Edinger, la partie basale du corps strié est
un chaînon essentiel des arcs réflexes que comporte l'instinct de
nutrition.
H. P.
FRED. T. ROGERS. — Studies of the brain stem. VIII. Diuresis
and anhydremia following destruction of the thalamus [Etude du
cerveau : diurèse et anhydrémie consécutives à le destruction du
thalamus). Am. J. of Ph., LXVIII, 1924, 499-506.
La destruction complète du thalamus chez les oiseaux provoque
une perte considérable du corps en eau, et une diurèse marquée. Une
perte aqueuse de 15 % du poids du corps par 24 heures est encore
^compatible avec la vie. Si la perte aqueuse dépasse 18%, l'oiseau
ne survit pas plus de 36 heures.
P. B.

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