Recherches récentes sur la structure histologique de la cellule nerveuse - compte-rendu ; n°1 ; vol.2, pg 510-520

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L'année psychologique - Année 1895 - Volume 2 - Numéro 1 - Pages 510-520
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1895
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Wanda Sczawinska
II. Recherches récentes sur la structure histologique de la cellule
nerveuse
In: L'année psychologique. 1895 vol. 2. pp. 510-520.
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Sczawinska Wanda. II. Recherches récentes sur la structure histologique de la cellule nerveuse. In: L'année psychologique.
1895 vol. 2. pp. 510-520.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1895_num_2_1_1548ANALYSES 510
et le noyau comme l'organe directeur de la vie cellulaire : exagéra
tion dont on paraît revenir aujourd'hui. Ce qui montre l'importance
du noyau, c'est son volume dans les cellules jeunes et en voie d'a
ccroissement, c'est aussi ce fait que lorsque les phénomènes d'accroi
ssement ou de sécrétion sont plus actifs dans une région de la cellule,
le noyau se rapproche de cette région. De plus les expériences de
Klebs, Gruber, Nussbaum, Balbiani, Verworn ont montré que si l'on
divise une cellule ou un organisme unicellulaire en deux fragments
— opération qui porte le nom de mérotomie — celui des deux qui
contient le noyau peut d'ordinaire régénérer la cellule entière, et
continuer à vivre et à se diviser; l'autre, au contraire, est incapable
de vivre et de se reproduire. Enfin, les observations faites sur la
fécondation ont laissé croire que la tête du spermatozoïde qui
pénètre dans l'ovule femelle pour le féconder est formée essentiell
ement d'un noyau cellulaire, que le père se rattache aux produits un
iquement par le noyau, d'où les théories nouvelles de l'hérédité,
celle de Vries et de Weissmann, qui localisent dans le noyau Yidio-
plasma, c'est-à-dire la portion du plasma cellulaire qui transmet les
caractères héréditaires. Mais des recherches récentes ont semblé
montrer (d'après Delage) que le spermatozoïde contient sûrement
un centrosome et peut-être même du protoplasma, ce qui ruinerait
la théorie précédente. On admet plutôt aujourd'hui que la vie cellu
laire dépend d'un ensemble de relations mutuelles entre le noyau
et le protoplasma, et que ces deux parties ont une importance égale
dans les fonctions de la cellule et dans la transmission des caractères
héréditaires.
A. Bl.NET.
II. — RECHERCHES RECENTES SUR LA STRUCTURE HISTOLOGIQUE
DES CELLULES NERVEUSES
1. BENDA. Ueber die Bedeutung der durch basiche Anilinfarben
darstellbaren Nervenzellstructuren. Neurologisches Gentralblatt.,
1895, n° 17.
2. DOGIEL. — Die Struktur der Nervenzellen der Retina. Archiv f.
mikrosk. Anatomie, Bd. XLI, Ht. 3, 1895.
3. FLEMMING. — Ueber den Bau der Spinalganglienzellen bei
Saugethieren und Bemerkungen über den der centralen Zellen.
Archiv, f. miskr. Anatomie, Bd. XLYVI, Ht. 3, 1895.
4. LENHOSSEK, — Der feinere Bau der Nervensystems im Lichte
neusster Forchungen.
5. NISSL. — Ueber die sogenannten Granula [der Nervenzellen.
Neurologisches Centrait)., 1894, nos 19, 21, 22.
6. NISSL. —Ueber die Nomenklatur in der Nervenzellenanatomie
und ihre nächsten Ziele. Neurolog. Gentralb., 1895, nos 2, 3. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 514 HISTOLOGIE,
7. FLüECKE. — Zur Kenntniss der feineren Bau der Nervenzellen
bei Wirbellosen. Zeitschr. f. Wiss. Zool., Bd. LX, Ht 3, 1895.
8. RODHE. — Ganglienzelle, Axencylinder , Punktsubstanz und
Neuroglia. Arch. f. mikr. Anatomie, Bd. XLV, Ht. 5, 1895.
L'introduction de la méthode d'imprégnation de Golgi-Iiamon dans
les recherches sur le système nerveux a jeté dans l'oubli la struc
ture histologique des cellules nerveuses. Toute l'attention des nom
breux investigateurs a été portée vers un seul et unique point, le
mode de terminaisons des prolongements des cellules nerveuses
(neurones de Waldeyer) en vue de déterminer les rapports entre
ces cellules. Et pendant que les nouvelles méthodes cytologiques
découvraient tout un monde à l'intérieur des cellules des différents
tissus, dans le domaine de l'histologie des cellules nerveuses on était
encore à l'ancienne conception de Max Schultze, suivant laquelle
toute cellule nerveuse possède la même structure typique et est
composée de fibrilles entre lesquelles se trouve la substance inter-
flbrillaire. A cette conception de la structure lïbrillaire des cellules
nerveuses, confirmée par Ranvier, Kœlliker, Walter, Leydig et autres,
s'opposait celle de la structure granulaire défendue par Key et
Retzius.
Ce n'est que depuis quelques années que l'on est revenu à l'his
tologie de la cellule nerveuse. Les nombreux travaux de Nissl, Quer-
vain, Schaffer, Flemming, Kronthal, Dogiel traitant son anatomic,
ceux de Hodge, Vas, Lugaro , Mann touchant à sa physiologie,
marquent cette époque. Et l'année 1895 abonde particulièrement en
recherches histologiques sur les cellules nerveuses. Flemming
reprend ses anciennes observations sur les cellules des ganglions
spinaux des mammifères, Dogiel sur les cellules de la rétine, Nissl
essaie d'établir une classification des nerveuses basée sur
leur structure histologique, Lenhossek traite l'histologie des cellules
des ganglions rachidiens et des cornes antérieures de la moelle,
Pflücke donne la structure de la cellule nerveuse chez les inver
tébrés. Pour compléter la liste des travaux de l'année 1895, nous
devons citer le travail de Benda et un travail qui occupe une place à
part, celui de Rodhe. Dans ce travail, cet auteur fournit encore des
preuves à l'appui de l'idée singulière émise déjà ailleurs qu'une
partie du contenu des cellules nerveuses est constituée par les
filaments névrogliques, et que ces filaments se continuent avec la
partie fibrillaire des cellules elles-mêmes, constituant ce que l'auteur
appelle le « spongioplasma ». Ce spongioplasma sert de sorte de char
pente à la partie nerveuse proprement dite, ou « hyaloplasma » des
cellules nerveuses. Nous ne reviendrons plus à ce sujet.
L'impulsion aux nouvelles recherches histologiques du système
nerveux a été donnée par les travaux de Nissl. Nissl par l'applica
tion d'une nouvelle méthode dans l'étude du sytème nerveux, mé- ANALYSES 512
thode qui porte son [nom et qui consiste dans la fixation du tissu
nerveux par l'alcool. (95 p. 100) et la coloration avec les couleurs
basiques d'aniline, a démontré dans le cytoplasrna des cellules ner-
Fig. 102. — Cellule motrice (groupe stichochrome).
(Nissl 5. Granula.)
granulés." c. a. cjlindraxe (Dans les ; dessins c. f. corpuscule 102 à 105, fusiforme; la substance c. chromophile 6. cône do bifurcation; est indiquée f. en g. noir.) filaments
veuses l'existence d'un nouvel élément constitué par des grains et
des corpuscules de formes et de dimensions diverses. Il a démont
ré en outre que ces grains et corpuscules s'agencent de manières
variables dans les différentes cellules nerveuses, opposant ainsi ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 513 HISTOLOGIE,
l'hétérogénéité de structure des cellules nerveuses à l'ancienne
conception de l'unité de cette structure. Ce nouvel élément du cyto-
plasma nerveux ayant la propriété de se colorer sous l'influence
des matières colorantes, a [été appelé par Nissl le plasma chromo-
phile, pour le distinguer de l'autre partie du cytoplasma, partie sans
structure et non colorable. Nissl s'occupe spécialement du plasma
Fig. 103. — Cellule du ganglion spinal (groupe stichochrome).
(Nissl 5. Granula.)
chromophile des cellules nerveuses. Ce plasma , comme nous le
savons déjà, apparaît sous formes des grains et de corpuscules (Plas-
maschollen) , c'est-à-dire de particules plus considérables de la
substance chromophile.
Les grains apparaissent tantôt isolés, tantôt réunis en amas ou
prennent une disposition filamenteuse (fîg. 102). Les corpuscules re
vêtent des formes très diverses. Le plus souvent ils sont fusiformes ou
triangulaires, parfois ils occupent des espaces très grands formant une
sorte de calotte pour le noyau (Kernkappen) ou des cônes à l'endroit
de bifurcation du corps cellulaire (Verzweigungskegel) (fig. 102 et 104).
Les grains, les filaments granulaires, les corpuscules se présentent
ou séparément ou mêlés ensemble dans les mômes cellules. Ils sont
indépendants ou se réunissent pour former un réseau (fig. 105 et 106).
ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. II. 33 514 ANALYSES
Nissl a remarqué que certaines formes du plasma chromophile sont
liées à certains groupes de cellules nerveuses et dans son dernier
travail il a fait un essai de nomenclature et une classification des
cellules nerveuses, basée sur la structure de leur plasma chromop
hile. Il distingue quatre grands groupes de cellules nerveuses, le
Fig. 104.— Grande cel Fig. 105. — Cellule olfactive (groupe arkyochrome)-
lule de la corne d'Am- (N1SSL5. Granula.) mon (groupe sticho-
crome).
(Nissl 5. Granula.)
c. n. Calotte du noyau.
groupe des cellules arkyochr ornes à plasma chromophile formant
un réseau (fig. 105) ; le groupe des cellules stichochromes dans lesquelles
ce plasma forme des bâtonnets réguliers (fig. 104); le groupe des cel
lules arkyostichochromes dans lesquelles les bâtonnets des cellules pré
cédentes s'ajoutent au réseau (fig. 106); enfin le groupe des cellules
gryochromes dont le plasma chromophile présente de simples grains.
Les plus nombreuses sont les cellules stichochromes, et parmi celles-
ci, se dessinent quatre types äiffei'ents suivant l'agencement de leurs ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 515 HISTOLOGIE,
bâtonnets chromophiles : le type des cellulesmotrices (fig. 102), le type
des cellules de la corne d'Aramon (fig. 104), les cellules des ganglions
spinaux (flg. 103), enfin les cellules corticales. L'auteur connaît un
seul type des eellules arkyosticho-
chromes, c'est celui des cellules de
Purkinje (fig. 106) ; parmi les
gryochromes il n'a pu reconnaître
aucun type. Trois types différents
réalisent les cellules arkyochromes :
les cellules olfactives (fig. 105) et les
cellules répandues dans tout l'axe
cérébro-spinal ; parmi les dernières
il y a les cellules à réseau très
épais, que Nissl appelle ampharkyo-
chromes pour les distinguer des
autres appelées enarkyochromes.
Tous ces quatre groupes de cel
lules, vu le développement assez
marqué de leur corps cellulaire,
reçoivent le nom de cellules soma-
tocliromes. Car il y a des cellules,
comne celles de la couche granu
leuse du cervelet, celles de la subs
tance gélatineuse de Rolando, dans
lesquelles le corps cellulaire est
presque invisible. Les premières ,
Nissl les appelle cellules cytochro-
mes, les secondes karyochromes.
Ainsi « un type > de cellules ner
veuses d'après Nissl est un ensemble
de cellules dont l'uniformité de
structure correspond à la simili
tude de fonction, et Nissl a déjà
reconnu huit de ces types. Malheu
reusement un seul de ces types a Fig. 106. — Cellule de Purkinje
une fonction déterminée, c'est celui (groupe arkyostichoohrome).
des cellules motrices. (Nissl 5. Granula.)
Deux types de cellules de Nissl :
celles du type moteur et celles des ganglions spinaux ont été recon
nus par Lenhossek et Flemming. Ces deux auteurs ont particulièr
ement étudié la structure du protoplasma de ces deux catégories de
cellules. Flemming a constaté non seulement la différence dans la
disposition de leur plasma chromophile, mais encore une différence
dans celle d'un autre élément du cytoplasma nerveux dont Nissl ne
s'occupe pas du tout, et que Lenhossek ne veut pas reconnaître, les
fibrilles. Ces fibrilles, courtes, à parcours sinueux dans les cellules 516 ANALYSES
ganglionnaires, prennent une disposition linéaire et parallèle dans
les cellules des cornes antérieures de la moelle. Lenhossek pousse la
différence entre les deux catégories des cellules en question beaucouj.»
plus loin que ne le font les deux autres auteurs. Car tandis que pour
ceux-ci les cellules centrales et les cellules ganglionnaires se disti
nguent surtout par la disposition de leurs corpuscules chromophiles,
pour Lenhossek les éléments chromophiles des premières n'ont rien
de commun avec ceux des secondes. Les grands corpuscules des cel
lules centrales, dit-il, ne peuvent être comparés aux fines granula
tions des cellules ganglionnaires. Flemming a démontré que les obser
vations de Lenhossek tout en étant exactes sont loin d'être complètes :
car chez les lapins et les chiens les éléments chromophiles des cel
lules ganglionnaires sont assez grands pour mériter le nom de corpus
cules au même titre que les particules des cellules centrales.
Benda et Dogiel n'admettent pas les types cellulaires de Nissl. est d'accord avec Nissl que la structure des cellules ner
veuses change suivant la région qu'elles occupent, seulement il
n'admet pas le « type » cellulaire dans le sens de Nissl, type devant
être l'expression d'une différenciation fonctionnelle ; car même dans
un type aussi caractéristique que celui des cellules des cornes anté
rieures, Benda reconnaît la structure réticulaire; et les cellules des
cornes postérieures ont suivant lui la même structure que les cel
lules motrices.
Dogiel attaque la théorie de Nissl d'une toute autre manière.
Presque tous les auteurs cités jusqu'ici se servaient sinon exclusiv
ement au moins entre autres de la méthode de Nissl. Dogiel a observé
les cellules nerveuses de la rétine à l'état vivant au moment où elles
se colorent par le bleu de méthylène, et il a constaté que certaines
d'entre elles prennent plus de temps pour se colorer, les autres se
colorant plus facilement. C'est ainsi qu'il a eu sous les yeux à la fois
les cellules aux différents moments de leur coloration et il a
reconnu trois périodes dans l'acte de la coloration, chacune mettant
en évidence une autre partie constitutive du cytoplasma nerveux.
La première période est caractérisée par l'apparition dans le proto
plasma des grains fins qui d'abord n'ont aucune disposition régul
ière, et qui peu à peu laissent voir leur agencement linéaire, de
sorte que l'ensemble prend un aspect fibrillaire à fibrilles variqueuses.
Bientôt cet aspect disparaît, les grains fins se tassent en des grains
de dimension plus grande. Cette période, Dogiel la désigne par le
nom de période de grains (Granula-Periode).
La seconde période commence lorsque les grosses granulations
se réunissent pour former les corpuscules (Plasmaschollen) très
serrés autour du noyau, disposés plus librement au bord des cel
lules. A la même période apparaît le second élément du contenu
cellulaire, les fibrilles. Elles sont longues, nettement visibles au
bord des cellules où Ton voit comme elles passent d'un prolonge- ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE SIT HISTOLOGIE,
ment cellulaire dans un autre. Cette période est appelée par Dogiel
période des corpuscules et des fibrilles (Periode der Schollen und
Faden).
Enfin pendant la dernière période de la coloration la substance
fondamentale apparaît colorée d'une manière plus ou moins intense,
masquant toutes les autres parties constitutives du cytoplasma. Cette
apparition progressive de presque toutes les formes sous lesquelles
se montre le plasma chromophile, formes qui pour Nissl servaient
de caractères distinctifs pour établir les différents types cellulaires,
Dogiel l'a observée dans toutes les cellules de la rétine et du système
sympathique et il conclut que ce phénomène doit être général pour
tout le système nerveux. De là Dogiel émet l'opinion que toute clas
sification des cellules nerveuses fondée sur la structure du plasma
chromophile est encore prématurée.
De toutes ces recherches se dégage un point de valeur biologique
générale, c'est la constitution du cytoplasma des cellules nerveuses;
tous les auteurs cités, Lenhossek excepté, sont d'accord sur l'exi
stence de trois éléments dans les cellules nerveuses : la substance
chromophile, la substance fondamentale et les fibrilles. Le désaccord
commence à propos de la structure et du rapport entre ces éléments.
Tandis que d'après les uns la substance chromophile peut revêtir des
formes et des dimensions différentes, granules, grains, corpuscules
(Nissl, Lenhossek), suivant les autres toute particule de la substance
chromophile procède d'une plus ou moins grande accumulation de
fines granules dont l'agencement donne les formes variées (Dogiel),
et ces formes peuvent apparaître successivement dans les mêmes
cellules, comme conséquence peut-être de l'activité cellulaire, d'où
il résulte que les différents types des cellules nerveuses établis par
les premiers sont contestés par les seconds.
Il me semble que la disposition des particules chromophiles est
plutôt liée à la forme de la cellule qu'à sa fonction. Je dirai même
davantage, la disposition des particules chromophiles dépend du
nombre des prolongements des cellules ainsi que de la manière
dont ils naissent sur le corps cellulaire. Il suffit de jeter un coup
d'œil sur les dessins de Nissl pour s'en apercevoir (comparez fig. 102
et 103, 104, 105, 106). Il est vrai que certains groupes cellulaires remp
lissant probablement la même fonction ont invariablement la même
forme; ils auront évidemment la même structure de plasma chromop
hile. Cela n'empêche pas qu'une cellule d'un groupe différent
affectant la même forme ne puisse avoir la même structure, ou vice
versa, ce que j'ai eu l'occasion d'observer dans les cellules duraphé
de la moelle allongée des sélaciens. Ces cellules appartiennent au
type moteur de Nissl, mais comme elles offrent des formes très
variables, tantôt étoilées, tantôt bipolaires ou autres, la disposition
de leur plasma chromophile change en conséquence. Il ne manque
cependant pas de cellules dans lesquelles le plasma chromophile ne ANALYSES 518
prend aucune disposition particulière, leurs particules étant indi
fféremment dispersées dans le corps entier. La disposition des parti
cules chromophiles serait-elle liée avec un certain état de fonctio
nnement des cellules, comme le suppose Dogiel? dépendrait-elle de
la direction du courant nerveux? Il est difficile dans l'état actuel
de nos connaissances d'émettre une opinion à ce sujet.
Cependant les faits constatés par Dogiel pour les cellules de la
rétine que seuls les petits granules ont une individualité propre et
que les grains ne sont que l'accumulation des premiers et ainsi de
suite, ne peuvent pas être généralisés. Il n'est pas difficile d'observer
que la substance chromophile dans les cellules centrales prend des
formes et des dimensions différentes : il y a par conséquent des
granules, des grains et des corpuscules de cette substance pré
sentant des unités indépendantes sans être toujours des conglomérats
de granules. Ces trois éléments peuvent former des composés plus
ou moins complexes comme les grands corpuscules des cellules des
cornes antérieures, les calottes de noyau, les cônes des endroits de
bifurcation, etc. C'est peut-être la formation de ces derniers qui est
liée avec l'état de fonctionnement de la cellule. Les expériences
physiologiques (Lugaro, Vas) ne disent rien à ce sujet. Les expé
riences pathologiques démontrent au contraire que tout changement
pathologique dans les cellules nerveuses se trahit par le
dans l'agencement de leurs particules chromophiles (Nissl).
L'accord n'existe pas non plus, quant à la structure des fibrilles :
la plupart des auteurs qui les ont observées (Benda,Flemming) nient
leur continuité, ils supposent plutôt l'existence des courtes fibrilles,
à parcours sinueux ou linéaire suivant l'espèce de la cellule (Flem-
ming). Dogiel seul reste à défendre les longues fibrilles de Schultze
traversant le corps cellulaire pour se rendre dans ses prolongements.
Elles sont, d'après lui, très fines et ont un parcours très capricieux.
C'est peut-être ce dernier détail qui est la cause de divergence
entre les auteurs : Dogiel observait les cellules entières, les autres
auteurs les coupes des cellules.
Quant au rapport entre les corpuscules et les fibrilles, presque tous
les auteurs cités se sont exprimés pour l'indépendance de ces deux
éléments. Il n'en est pas de même Pflücke.
Pour cet auteur les filaments et les grains font un tout commun.
Tflücke a fait des recherches sur les cellules nerveuses des inverté
brés. Ici les corpuscules du plasma chromophile ne prennent pas
ces dispositions variées qui caractérisent les cellules des vertébrés.
Chez les invertébrés (crustacés, insectes) ils sont épars dans la
substance fondamentale et dans le corps cellulaire ; ils se réunissent
entre eux par des filaments, puis pour former un réseau visible, sur
tout autour du noyau. Pflücke a constaté en outre que ce réseau
entre en rapport avec le réseau nucléaire. Dans la couche périphé
rique des cellules ainsi que dans leurs prolongements les corpuscules

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