Reconnaissance interlangues et intermodalités avec indicateurs de transformation - article ; n°1 ; vol.79, pg 65-85

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1979 - Volume 79 - Numéro 1 - Pages 65-85
Des recherches antérieures ont montré que le changement de langue ou de modalité (par exemple passage du français à l'anglais ou des mots aux dessins) entre la présentation (enregistrement) et le test de reconnaissance (récupération) d'items à reconnaître entraînait une nette diminution de leur reconnaissance. L'interprétation est que la représentation perceptive activée lors de l'enregistrement est inutilisable pour la récupération des items ainsi transformés. L'idée de la présente expérience est de provoquer, au moment de l'enregistrement, à l'aide d'indicateurs appropriés, la représentation perceptive de l'item transformé qui sera testée en reconnaissance. On présente par exemple le mot cheval avec un A (pour anglais) et le mot testé correspondant est horse. La présence des indicateurs de transformation améliore très nettement la reconnaissance, effaçant pratiquement la différence entre les situations où l'item a subi une transformation et celles où il est testé sous sa forme initiale.
Previous research has shown that a change of language (e.g. from English to French) or a change of modality (e.g. from words to drawings) that is introduced between the presentation of the items (storage) and recognition of the items (retrieval) results in decrease in item recognition. One interpretation of this phenomenon proposes that the perceptual representation activated during storing can not be utilized when the transformed items must be retrieved. The intent of the present research was to induce a perceptual representation of the transformed item at the time of storage with the aid of appropriate indicators and then to test the items for recognition. For example, the word cheval was presented with an « A » for « Anglais » (English) : the corresponding tested word was horse. The presence of transformation indicators improved the recognition of items noticeably. The difference between items subjected to a transformation and those tested in their initial form was erased.
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
Lecture(s) : 29
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins

Raymond Champagnol
Reconnaissance interlangues et intermodalités avec indicateurs
de transformation
In: L'année psychologique. 1979 vol. 79, n°1. pp. 65-85.
Résumé
Des recherches antérieures ont montré que le changement de langue ou de modalité (par exemple passage du français à
l'anglais ou des mots aux dessins) entre la présentation (enregistrement) et le test de reconnaissance (récupération) d'items à
reconnaître entraînait une nette diminution de leur reconnaissance. L'interprétation est que la représentation perceptive activée
lors de l'enregistrement est inutilisable pour la récupération des items ainsi transformés. L'idée de la présente expérience est de
provoquer, au moment de l'enregistrement, à l'aide d'indicateurs appropriés, la représentation perceptive de l'item transformé qui
sera testée en reconnaissance. On présente par exemple le mot cheval avec un A (pour anglais) et le mot testé correspondant
est horse. La présence des indicateurs de transformation améliore très nettement la reconnaissance, effaçant pratiquement la
différence entre les situations où l'item a subi une transformation et celles où il est testé sous sa forme initiale.
Abstract
Previous research has shown that a change of language (e.g. from English to French) or a change of modality (e.g. from words to
drawings) that is introduced between the presentation of the items (storage) and recognition of the items (retrieval) results in
decrease in item recognition. One interpretation of this phenomenon proposes that the perceptual representation activated during
storing can not be utilized when the transformed items must be retrieved. The intent of the present research was to induce a
perceptual representation of the item at the time of storage with the aid of appropriate indicators and then to test the
items for recognition. For example, the word cheval was presented with an « A » for « Anglais » (English) : the corresponding
tested word was horse. The presence of transformation indicators improved the recognition of items noticeably. The difference
between items subjected to a transformation and those tested in their initial form was erased.
Citer ce document / Cite this document :
Champagnol Raymond. Reconnaissance interlangues et intermodalités avec indicateurs de transformation. In: L'année
psychologique. 1979 vol. 79, n°1. pp. 65-85.
doi : 10.3406/psy.1979.1352
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1979_num_79_1_1352L'Année Psychologique, 1979, 79, 65-85
Université de Poitiers
Département de psychologie1,
RECONNAISSANCE INTERLANGUES
ET INTERMODALITÉS
AVEC INDICATEURS DE TRANSFORMATION
par Raymond Champagnol2
SUMMARY
Previous research has shown that a change of language (e.g. from
English to French) or a change of modality (e.g. from words to drawings)
that is introduced between the presentation of the items (storage) and
recognition of the items (retrieval) results in decrease in item recognition.
One interpretation of this phenomenon proposes that the perceptual repre
sentation activated during storing can not be utilized when the transformed
items must be retrieved. The intent of the present research was to induce a
perceptual representation of the transformed item at the time of storage with
the aid of appropriate indicators and then to test the items for recognition.
For example, the word cheval was presented with an m A » for « Anglais »
(English) : the corresponding tested word was horse. The presence of
transformation indicators improved the recognition of items noticeably. The
difference between items subjected to a transformation and those tested in
their initial form was erased.
Il existe manifestement deux cas de reconnaissance. L'un
est celui où un sujet se trouvant une première fois en présence
d'un stimulus en conserve une quelconque représentation en
mémoire. Une activation ou restauration ultérieure de cette
représentation pourra entraîner la reconnaissance d'un stimulus
actuel. Dans ce cas, la reconnaissance consiste à discriminer
1. 95, avenue du Recteur-Pineau, 86022 Poitiers.
2. Anna-Maria Coutinho-Bienvenu et Sylvette Giraud ont travaillé
à la préparation et à la réalisation de cette expérience. Pierrette Arnaud
a participé à son élaboration.
ap — 3 66 R. Champagnol
cette représentation d'autres représentations attachables à
d'autres stimulus présents ou passés.
L'autre cas est celui où un sujet ayant été n fois en présence
d'un stimulus SI, et pour qui cette n-ième apparition a été
spécifiée d'une quelconque façon, retrouve ce stimulus une
(n + l)-ième fois avec charge d'indiquer si cette nouvelle
apparition de SI est bien la (n + l)-ième. La tâche de reconnais
sance consiste à discriminer la (n -f- l)-ième apparition de SI
de la n-ième, et cette n-ième des (n — autres. C'est le
cas de la plupart des expériences de reconnaissance, c'est éga
lement celui qui est concerné ici.
Il est assez généralement admis que les choses peuvent se
passer de la façon suivante : la n-ième apparition de SI, spécif
iée en tant que telle, entraîne le « marquage »3 d'une repré
sentation R attachée au stimulus SI. L'activation par la
(n -f- l)-ième présentation de SI de cette représentation marquée
conduit à son tour à la reconnaissance par le sujet qu'il s'agit
bien de la (n -)- l)-ième apparition de SI.
Un stimulus significatif admet (au moins) deux représentat
ions, dont on peut dire que l'une est d'ordre perceptif et l'autre
d'ordre sémantique. Dans les habituelles expériences de reconnais
sance avec des mots, ces deux représentations peuvent être
utilisées conjointement par les sujets du fait que l'item à
reconnaître est présenté et testé sous une même forme et avec
la même signification (cas A, fig. .1). Pourtant, depuis quelques
années, certains chercheurs se sont efforcés de neutraliser l'une
ou l'autre de ces représentations avec des procédés divers. Par
exemple, pour la neutralisation de la représentation perceptive,
on utilise des sujets bilingues en présentant un terme dans une
langue et en le testant en reconnaissance dans l'autre langue.
On peut aussi se servir de dessins d'objets et des mots corre
spondants. Pour la neutralisation de la représentation sémantique,
on utilise généralement des homonymes dans des contextes
sémantiques différents en présentation et en reconnaissance.
Dans les deux éventualités, neutralisation de la représentation
3. Les modèles présentés dans l'ouvrage édité par Norman (1970)
donnent des idées plus ou moins précises sur ce que peut être ce marquage :
augmentation d'une certaine valeur de familiarité (Kintsch), accroissement
de la force de traces mnémoniques (Wickelgren), associations avec les
contextes de situation (Norman et Rumelhart) sans que ces façons de
voir s'excluent. Reconnaissance inlerlangu.es cl inlennodalilés 67
perceptive et neutralisation de la représentation sémantique,
la reconnaissance reste possible. Mais alors que la neutralisa
tion de la représentation perceptive entraîne une nette dimi
nution de la reconnaissance (Champagnol, 1973, 1974, 1976),
la neutralisation de la représentation sémantique produit des
résultats plus ambigus : selon les auteurs, la commutation sémant
ique des homonymes entrave la reconnaissance (Light et Carter-
Sobell, 1970 ; Winograd et Conn, 1971 ; Kollasch et Kausler, 1972 ;
Elias et Perfetti, 1973 ; Davies et Cubbage, 1976), ou reste
sans effet (Perfetti et Goodman, 1970 ; Champagnol, 1978 a).
Par ailleurs, de nombreuses données expérimentales à propos
des fausses reconnaissances : Underwood (1965), Anisfeld et
Knapp (1968), Perfetti et Goodman (1970), Elias et Perfetti (1973),
Mueller et Lineberry (1976), Mueller et Marier (1977)... mettent
en évidence des relations d'ordre associatif, sémantique, phonét
ique... entre les items faussement reconnus et les items à
reconnaître. Autrement dit, par le moyen de ces relations,
la représentation de stimulus non présentés se trouve évoquée et
intervient dans la reconnaissance. Notre propos est de montrer
que ce mécanisme, déterminant habituel des fausses reconnais
sances, peut aussi conduire à des reconnaissances correctes,
notamment dans les situations avec transformations perceptives
mentionnées plus haut. La figure 1 propose des schémas très
simplifiés (dans la réalité toutes les combinaisons des différents
cas sont possibles) de déterminants directs et indirects des dif
férentes sortes de réponses observables dans la reconnaissance.
Ainsi, les résultats constatés dans les expériences avec la
transformation sémantique ou perceptive des items à reconnaître
peuvent s'expliquer de deux façons (non exclusives) : par l'inva
riance perceptive (homonymes) ou sémantique (mots corre
spondants de deux langues, mots et dessins), ou par les diverses
relations que le stimulus originel et le stimulus tranformé ont
entre eux. La ligne B6 présente la reconnaissance sur la base
sémantique d'homonymes après changement de sens. La
ligne C6 présente la même éventualité dans le cas d'une trans
formation perceptive : le stimulus SI évoque sa représentation
sémantique RI SI. A celle-ci est associée une
perceptive Rp Slt résultant d'une transformation du type, par
exemple, cheval-Ziorse. L'évocation de cette représentation per
mettra la reconnaissance de l'item transformé Slt. La représen
tation perceptive jhorsej est évoquée par la 68 R. Champagnol
(n -f l)-ième apparition (test) apparition (présentation)
Enregistrement Récupération
Stimulus Représentation Représentation Représentation Reconnu
évoquée par associée à évoquée
le stimulus la précédente
( Rp SI !Rp S v[RP S1 SI (BR) |Rs SI >JRs SI 'HRs SI
-> Rp SI SI (BR)
-> Rs SI SI
Rp SI — - > Rp SI B SI SI (BR)
0 (R)
S' SI S' 1 I (FR) (FR) (BR)
Slt (BR)
SI (BR)
SI 0 (R)
S' S' SI 1 1 (FR) (BR) (FR)
Rp Slt Slt (BR)
Fig. 1. — Représentation schématique de différents processus supposés
S' 1 d'autres items dans la reconnaissance. SI désigne les items critiques ;
non présentés en une n-ième éventualité, mais pouvant apparaître comme
distracteurs ; Slt une transformation perceptive ou sémantique de SI ;
Rs une représentation sémantique ; Rp une représentation perceptive ;
BR une reconnaissance correcte ; FR une fausse reconnaissance ; R une
non-reconnaissance. Explications dans le texte.
sémantique « cheval » et permet la reconnaissance subséquente
du mot testé horse. L'expérience ci-dessous a pour objet d'argu
menter la plausibilité de ce cas.
Elle repose sur les trois considérations suivantes : 1) les mots
correspondants des deux langues de sujets bilingues, ou les
dessins et les mots qui les désignent étant fortement associés,
il doit être possible de provoquer, lors de la présentation (enre
gistrement), à l'aide d'indicateurs appropriés, la forme perceptive
de l'item transformé qui sera testé en reconnaissance (récupé
ration) ; 2) dans le cas de cette transformation ne mettant en jeu Reconnaissance inlerlangu.es el intermodalités 69
que les propriétés perceptives des items, l'invariant sémantique
entre le stimulus originel et le stimulus transformé est général
ement insuffisant pour assurer une aussi bonne reconnaissance que
celle observée dans les conditions de contrôle où le stimulus
testé est le même que le stimulus présenté ; 3) la représentation
perceptive paraît généralement plus efficace que la représen
tation sémantique pour la reconnaissance (du moins à court
terme, cf. Champagnol, 1976 ; 1978 a). Notre hypothèse est
alors que l'indication de la transformation perceptive va amél
iorer notablement la reconnaissance. On peut même s'attendre
à ce que, dans les meilleurs des cas, la récupération soit complète :
il n'y aura plus aucune différence entre les situations interlangues
(français-anglais ou anglais-français) ou intermodalités (dessins-
mots ou mots-dessins) et les situations intralangues et
intramodalités.
EXPÉRIENCE
MATÉRIEL
Du lexique du manuel d'anglais (Richard et Hall, 1965) utilisé dans
les établissements scolaires où l'expérience a eu lieu, on a tiré 80 mots
anglais et leurs correspondants français. On a choisi des mots désignant
des choses aisément dessinables, et celles-ci ont été dessinées au trait
noir. Mots et dessins constituent des items. Dans cet ensemble de 80 items
on en a tiré 20 au hasard pour servir d'items critiques (à reconnaître) ;
les 60 autres servent de distracteurs.
A raison de 1 item par page, on a constitué deux sortes de carnets :
des carnets pour la présentation des items à reconnaître (20 pages), des
carnets pour le test de reconnaissance (80 pages). Dans ceux-ci, les
distracteurs sont répartis de façon aléatoire ; les items critiques sont
répartis de façon à égaliser leurs distances moyennes, mais avec des
variations de ± deux places, pour éviter un effet systématique de
position. Ils sont en outre répartis dans la liste test en fonction de
leur position dans la liste de présentation (les items du début au
début, etc.).
Par ailleurs, chaque item est suivi d'un petit carré Q imprimé.
Sur les listes de présentation, pour certains items, ce petit carré contient
une lettre soit : [Ä] (anglais), [F] (français), |d] (dessin). Nous les
appelons indicateurs de transformation. Pour les listes de test, le carré ne •


70 R. Champagnol
Reconnaissance Présentation
critiques items distracteurs
Ang. 1
8 items A [Ä] 8 A 24 A +
4 A [X| 2 2 D 6 6 D F, + F,
8 items A Q - D 12 D 4 2 2 6 -f A; , 6 F, A, F,
Ang. 2
8 items A |f| 8 F 24 F +
4 A |f| - 2 2 A 6 6 A D, + D,
8 items A □ • 4 2 2 A 12 6 A 6 D, F, + F, D,
Ang. 3
8 items A |d| 8 D 24 D +
4 A [d] - 2 2 F 6 6 F A, + A,
8 items A □ 4 2 2 F 12 D 6 F , 6 A, D, A,
Les listes Fr. 1, Fr. 2, Fr. 3 sont construites selon le même principe,
avec interversion des indicateurs F et A : exemple
Fr. 1
8 items F [F] 8 F + 24 F
4 F [Fj 2 A, 2 D + 6 A, 6 D
8 items F □ — • 4 F, 2 A, 2 D + 12 F, 6 A, 6 D
Les listes Dess. 1, Dess. 2, Dess. 3, également bâties sur le même
principe, sont les suivantes :
Dess. 1
8 items D |d| • 8 D 24 D +
4 D |d| 2 A, 2F 6 u 6 F +
8 items D □ 4 D, 2 A, 2 F 12 D 6 F 6 A, + >
Dess. 2
8 items D |Â| .-«• 8 A 24 A +
4 D |Â) — - 2 F, 2 D 6 : 6 D F,
+ 8 items D □ ■ 4 A, 2 F, 2 D 12 A 6 D 6 F,
Dess. 3
8 items D |f| — -- 8 F + 24 F
4 D |f] - 2 D, 2 A + 6 D, 6 A
8 items D □ — - • 4 F, 2 D, 2 A + 12 F, 6 D, 6 A Reconnaissance inierlangues et intermodalités 71
contient rien. Il sert aux sujets à marquer leur réponse soit : -(- reconnais
sance — item ancien, — non-reconnaissance = item nouveau.
On constitue ainsi 9 listes de présentation et 9 listes de test. Elles sont
semblables quant au positionnement des items, avec des décalages volon
taires de 1 ou 2 items de façon à éviter la simultanéité des mêmes
réponses à travers les sujets ; elles sont différentes quant à la nature des
items. Appelons A un item mot anglais, F un item mot français, D un
item dessin. Pour 3 listes Ang. 1, Ang. 2, Ang. 3 tous les items de présen
tation sont en anglais ; pour 3 listes Fr. 1, Fr. 2, Fr. 3 ils sont en français ;
pour 3 autres, Dess. 1, Dess. 2, Dess. 3 ils sont constitués de dessins. La
composition des listes de présentation et de reconnaissance est présentée
ci-contre.
On constate ainsi que chaque liste contient 2x2 cas : sans indication
avec items non transformés et items transformés, avec indication avec
items transformés conformément à l'indication (indicateurs véridiques)
et avec items non conformément à l'indication (indicateurs
non véridiques).
PROCEDURE
A chaque liste Ang. 1, Ang. 2, Ang. 3, Fr. 1, ... correspond un groupe
de sujets, soit au total 9 groupes. La passation de l'expérience est collec
tive. Les 9 sortes de couples de carnets (présentation, test) sont distr
ibuées de façon à être en nombre sensiblement égal (selon les conditions
de divisibilité) dans chacun des groupes naturels (classes) retenus pour
l'expérience, et de façon à ce que deux mêmes listes ne voisinent pas.
Après les explications habituelles aux épreuves de reconnaissance,
on indique aux sujets qu'ils auront à prêter attention d'une part au
stimulus (mot, dessin) présenté, d'autre part à l'indicateur qui, éventuel
lement, se trouve dans le petit carré. On leur mentionne la signification
de cet indicateur (A, mot anglais, F mot français, D dessin) en leur expl
iquant qu'il indique sous quelle forme sera représenté le stimulus au
moment de la reconnaissance.
L'expérience comporte deux phases : présentation des 20 items cri
tiques, test de Celui-ci suit la phase de présentation sans
autre délai que le temps nécessaire pour prendre les nouveaux carnets
et pour le rappel des consignes : marquer + pour les items reconnus
comme déjà présentés sous quelque forme que ce soit (mot anglais, mot
français ou dessin), — pour les autres. L'égalisation des temps pour
l'examen des items et pour la reconnaissance a été obtenue à l'aide d'un
magnétophone délivrant un signal aigu suivi à 5 s par un signal grave,
lui-même suivi à 2,5 s par le aigu, et ainsi de suite. Le aigu
marque le début de l'examen de l'item, le signal grave indique d'avoir à
tourner la page (présentation) ou de marquer la réponse et de tourner la 72 B. Champagnol
page (test). La durée de chaque signal est de 0,2 s. Un petit carnet
d'entraînement de 10 items (autres que les items expérimentaux) donné
immédiatement avant que ne commence l'expérience permet d'obtenir
de cette façon une synchronisation tout à fait satisfaisante.
SUJETS
Les sujets, au nombre de 270, sont des élèves de deux établissements
secondaires de Poitiers4 apprenant l'anglais en première langue. On a
retenu 3 niveaux : 5e, 3e et lre, soit 90 sujets par niveau, à raison de
10 sujets pour chacune des 9 conditions (Ang. 1, Ang. 2, Ang. 3,Fr. 1, ...).
VARIABLES
Convenons de 4 symboles : 1) i désigne l'indicateur de transformation.
Il peut prendre les valeurs i (présence), i (absence) ; 2) H indique la
conformité de l'indicateur à l'item présenté. Il peut prendre les valeurs H, (par exemple horse [a| ) ou H, non-conformité (par exemple
cheval |a] ) ; 3) h indique pour l'item la conformité entre la présentation
et le test. Il peut prendre la valeur h, (exemple horse □
— horse) et la valeur h, non-conformité (exemple horse Q — cheval) ;
4) O marque la conformité de l'item présent lors du test de reconnais
sance avec l'indicateur de transformation. O l'item est bien celui annoncé
(indicateur véridique, exemple horse \F\ — cheval), O l'item n'est pas
celui annoncé (non véridique, exemple horse [fj --- horse). Dans le
cas où l'indicateur est absent (i) les symboles H et O deviennent fictifs.
Ils seront marqués (H) et (O) dans les cas où il est utile de les utiliser.
Il y a ainsi 4 variables principales : la variable génétique avec
3 valeurs, la variable modalités avec 3 valeurs si l'on considère séparé
ment anglais, français et dessin ou 2 valeurs si l'on la modalité
verbale (anglais et français) et la modalité imagée ou iconique (dessins),
la variable indice avec deux fois deux valeurs, soit présence-absence
d'une part, véridique-non véridique d'autre part.
RÉSULTATS
Pour chaque item à reconnaître, on a relevé le nombre de
reconnaissances correctes (choix -}-) dont il a été l'objet, c'est-à-
4. Je remercie bien vivement M. le Proviseur du lycée Camille-Guérin,
les professeurs d'anglais et les élèves de cet établissement pour la par
ticipation qu'ils ont prise à cette recherche. Reconnaissance inlerlangues et inlermodalités 73
dire le nombre de sujets le reconnaissant comme item ancien.
On a comptabilisé ces choix corrects selon les différents cas
(langues, modalités, indicateurs de transformation et leurs
combinaisons en présentation et en reconnaissance)5. Les ana
lyses de variance globales et partielles portent sur ces données.
Les résultats sont présentés ci-dessous d'abord sans tenir
compte des indicateurs de transformation, puis en étudiant
les effets de ceux-ci. On progressera, dans chaque cas, des
résultats les plus globaux aux plus détaillés.
A) Sans tenir compte des indicateurs de transformation
On a deux sortes de résultats : ceux obtenus dans les situations
homogènes symbolisables par DD (dessin en présentation,
dessin en récupération), AA (mot anglais, mot anglais),
FF (français, français) ; ceux obtenus dans les situations hété
rogènes, soit entre modalités (DA, AD, DF, FD), soit entre
langues (AF, FA).
Situations homogènes. — Les dessins sont toujours mieux
reconnus que les mots correspondants (p < .0005). Les mots
anglais le sont mieux que les mots français (p < .025) et le
sont moins bien que les dessins (p < .005).
Le nombre de reconnaissances croît légèrement avec l'âge
(p < .05 pour DD et AA et .10 pour FF). L'interaction n'est
pas significative.
Situations hétérogènes. — Dans ce cas, l'item change de
modalité ou de langue au moment de la récupération (test de
reconnaissance). Les 6 situations sont AF, FA, AD, FD, DA, DF.
Les principaux résultats sont les suivants :
II apparaît, en premier lieu, que les situations hétérogènes
entraînent globalement moins de reconnaissances correctes que
les situations homogènes (p < .0005). Dans les deux cas le
nombre de reconnaissances croît avec l'âge (p < .0005).
L'interaction, légèrement significative (p < .05), est due au fait
que les élèves de 5e réussissent relativement mal les situations
intermodalités comportant des mots anglais, en présentation
ou en récupération.
5. Il n'a pas été tenu compte des fausses reconnaissances pour lesquelles
cette procédure est inapplicable (calculées pour l'ensemble des sujets et
distracteurs, elles varient de 2 à 10 %, les sujets de 5e ayant tendance à
en produire plus que ceux des autres niveaux).

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.