Représentation dynamique et processus d'orientation temporelle - article ; n°3 ; vol.95, pg 441-457

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L'année psychologique - Année 1995 - Volume 95 - Numéro 3 - Pages 441-457
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1995
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M.-F. Valax
Françoise Sarocchi
Représentation dynamique et processus d'orientation temporelle
In: L'année psychologique. 1995 vol. 95, n°3. pp. 441-457.
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Valax M.-F., Sarocchi Françoise. Représentation dynamique et processus d'orientation temporelle. In: L'année psychologique.
1995 vol. 95, n°3. pp. 441-457.
doi : 10.3406/psy.1995.28840
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1995_num_95_3_28840L'Année psychologique, 1995, 95, 441-457
Laboratoire Travail et Cognition
URA CNRS 1840
Université Toulouse- Le- Mirait1
REPRESENTATION DYNAMIQUE
ET PROCESSUS D'ORIENTATION TEMPORELLE
par Marie-Françoise VALAX et Françoise SAROCCHI2
SUMMARY : Dynamic representation and temporal orientation process.
The temporal orientation process was investigated. Subjects (N — 978)
were asked about the last, present or next day of the month and month of the
year. Then, subjects reported « how » they found their answers. Data collection
occurred over two months fin the beginning, the middle or the end of the
month) .
Firstly, we note that performances (response-time, error rate and place of
errors on the time axis) differ between the two scales. Secondly, performances
and temporal characteristics of the answer justifications change with the
moment of data collection. Thirdly, this effect is differenciated as a function of
the given scale.
Results, discussed in relation to standard findings about the week (for a
review, see Friedman, 1990), are interpreted in terms of temporal frames.
Temporal orientation may depend on several temporal frames constructed by
humans from conventional and experienced time.
Key words : temporal orientation, conventional time, temporal frame,
dynamic representation.
Gérer son temps suppose une habileté à déterminer le
moment présent et le moment relatif à d'autres événements,
nommée en psychologie du temps : orientation temporelle. Dans
1 . 5, allées Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex.
2. Nous remercions Nadia Bourecrouche et Nathalie Hollevoët pour leur
contribution à ce travail. 442 Marie- Françoise Valax et Françoise Sarocchi
la littérature, très peu d'auteurs ont étudié ce processus et les
travaux portent essentiellement sur l'orientation dans l'unité de
temps conventionnel que constitue la semaine. Ils sont réalisés à
partir de questions, telles que « quel jour sommes-nous
aujourd'hui ? », « quel jour étions-nous hier ? », « quel jour
serons-nous demain? », posées différents jours de la semaine,
parfois à différents moments de la journée.
La synthèse de l'ensemble des résultats effectuée par Frie
dman (1990) révèle l'importance de l'interaction de deux struc
tures : l'une fixe, un cadre temporel défini par des repères (év
énements qui constitueraient une rupture dans le continuum
temporel subjectif (Koriat, Fischhoff et Razel, 1976), l'autre
évolutive, le changement continuel des informations en
mémoire.
L'existence d'une structure fixe fondée sur des repères est
mise en évidence par la variation de la performance au cours de
la semaine. Temps de réponse et erreurs suivent une courbe en
« U inversé » : les valeurs les plus faibles se situent autour du
week-end, alors que les plus importantes se en milieu de
semaine. Par ailleurs, les indices de performance obtenus le
lundi étant plus proches de ceux obtenus le week-end aux Etats-
Unis (jours de repos samedi et dimanche, Shanon, 1979) qu'en
Israël (jour de uniquement le samedi, Koriat et Fischhof,
1974; Koriat et al., 1976), il semble que c'est le changement
d'activité et non les extrémités de l'unité conventionnelle objec
tive semaine qui détermine les repères.
L'existence d'une structure évolutive est mise en évidence
par la variation des temps de réponse en fonction de l'orienta
tion de la question : tout au long de la semaine, il est plus facile
d'identifier aujourd'hui qu'hier ou demain (Shanon, 1979).
Ainsi, on peut penser que l'évolution du contenu de la mémoire
est essentielle pour s'orienter dans le temps.
L'interaction entre ces structures fixe et évolutive apparaît à
travers les résultats suivants : l'identification d'hier diminue du
début à la fin de la semaine, alors que l'identification de demain
augmente; de plus, le matin, il est plus facile d'identifier hier
que demain, alors que, le soir, il est plus facile
demain qu'hier (Shanon, 1979). En d'autres termes, à l'intérieur
d'une unité de temps subjective, délimitée par des repères, la
pensée sur le passé diminue au fur et à mesure que la pensée sur
le futur augmente. Les repères week-end ou nuit nous permet- Représentation dynamique et orientation temporelle 443
tent d'identifier le jour courant parce que nous avons une idée
de l'endroit où nous sommes dans la semaine ou la journée
(Friedman, 1990).
Ainsi, l'orientation temporelle ne consisterait pas à consulter
un calendrier interne, mais à confronter les changements conti
nuels des informations en mémoire (Shanon, 1979) avec une
structure de connaissance qui fixe le contenu des différents jours
de la semaine (Friedman, 1990).
Notre étude vise à tester ce modèle sur une unité du temps
conventionnel plus large que la semaine : le mois. D'un point de
vue méthodologique, le mois évite le problème de la disconti
nuité du recueil. Sur la semaine, le processus d'orientation temp
orelle est étudié, en particulier, à travers la manipulation du
moment de recueil dans la journée (matin, midi et soir). Pour
éviter l'action de facteurs liés à l'activité, diurne ou nocturne ou
encore variable (cf. travail posté), le choix des sujets se porte sur
des étudiants. Mais cette population n'est disponible (approxi
mativement) qu'entre 7 heures et 23 heures. Ainsi, un tiers de
l'intervalle de temps n'est pas considéré. Sur le mois, cet incon
vénient est supprimé, dans la mesure où des données peuvent
être recueillies de façon homogène sur l'ensemble de l'intervalle.
D'un point de vue théorique, cette échelle doit permettre de spé
cifier la part de l'activité du sujet et de conventions culturelles
(calendrier) sur la construction de cadres temporels. Sur le mois,
la discontinuité de l'activité n'étant pas située aux extrémités,
comme c'est le cas dans la semaine, on peut penser que les début
et fin de mois n'auront pas un statut totalement comparable à
celui des week-ends.
PROCÉDURE
La tâche était proche de celle de Shanon (1979). Elle consistait à
répondre à deux des questions suivantes, portant soit sur l'échelle jour du
mois (date), soit sur l'échelle mois de l'année :
— jour du mois : quelle était la date d'hier ?, quelle est la date d'au
jourd'hui ?, quelle sera la date de demain ?
— mois de l'année : quel était le mois dernier ?, quel est le mois actuel ?,
quel sera le mois prochain ?
Ces questions étaient posées les jours pairs des mois de février et mars.
Chaque sujet répondait à une paire de questions tests l'une concernant
le jour du mois, l'autre le mois de l'année. Le couplage des questions tests Marie- Françoise Valax et Françoise Sarocchi 444
était réalisé grâce à un contrebalanceraient complet des trois questions jour
du mois et des trois questions mois de l'année, ce qui représentait neuf
paires différentes. Chacune de ces deux questions était précédée d'une
question neutre, respectivement : « Pouvez-vous citer le nom d'un pays
dont la première lettre est un A ? », « citer le nom d'un ani
mal dont la première lettre est un C ? » Après la série de quatre questions
(2 questions tests, 2 questions neutres), le sujet devait dire comment il
avait fait pour répondre à chacune des questions tests. Les données étaient
recueillies par deux expérimentateurs. Chaque jour de recueil, chaque
expérimentateur avait deux sujets à interroger par paire de questions
(9 paires X 2 sujets X 2 expérimentateurs = 36 sujets). La latence de la
réponse était mesurée à l'aide d'un chronomètre, déclenché à la fin de la
question et arrêté au début de la réponse.
Pour neutraliser les facteurs de sexe, d'âge, d'activité professionnelle,
les 978 sujets adultes (entre 20 et 60 ans) qui ont participé à l'expérience
étaient pris au hasard dans des lieux publics (squares, sorties de manifestat
ions culturelles et sociales, campus de l'université, etc.). Chaque jour de
recueil 36 sujets ont été interrogés, à l'exception toutefois des 8 février,
2 mars, 4 mars (chacun, 18 sujets) et 6 mars (24 sujets).
Ce protocole nous a permis de travailler sur un corpus de
1 956 réponses et autant de justifications correspondantes.
RÉSULTATS
L'analyse des résultats comporte quatre points. Nous étudie
rons les variations des indices de performance (latence de la
réponse, taux d'erreur et nature de l'erreur) en fonction : a) de
l'échelle de temps relative à la question (jour du mois et mois de
l'année), b) des caractéristiques temporelles des justificatifs des
réponses, c) de l'orientation temporelle de la question, d) du
moment du recueil.
1. EFFETS DE L'ÉCHELLE DE TEMPS
La latence de réponse moyenne associée à l'échelle de temps
mois de l'année est inférieure à celle à jour du (F(l,1955) = 83,58; p< 0,0001).
Le taux d'erreurs est lui aussi inférieur pour l'échelle mois de
l'année (x2 = 197,45; p< 0,0001). Sur la totalité des sujets ayant
commis des erreurs : 82,2 % ont commis une erreur seulement Représentation dynamique et orientation temporelle 445
2.5 t
■■ 30
Jour du mois Mois de l'année
Echelle de temps
— JK — Latence de la réponse — ♦—Taux d'erreurs
Fig. 1 — Latence moyenne de la réponse
et taux d'erreurs en fonction de l'échelle de temps
Mean response latency and error rate as a function of the time scale
sur le jour du mois, 7,5 % uniquement sur le mois de l'année et
10,3 % sur les deux échelles.
La nature de l'erreur peut se traduire par l'écart à la réponse
attendue. Par exemple : si à la question « quelle était la date
d'hier ? », un sujet répond « 15 février », alors qu'hier était le
12 février, l'écart à la réponse attendue est égal à + 3 ; si, à la
question « quel mois sommes-nous? », un sujet répond « jan
vier », en février, l'écart à la réponse attendue est égal à — 1.
On peut ainsi définir des erreurs négatives (réponses qui manif
estent une orientation vers le passé) et des erreurs positives
(réponses qui manifestent une orientation vers le futur). Cet
écart à la réponse attendue est peu important pour les deux
échelles de temps : pour le jour du mois, 91 % de l'effectif se
situe dans l'intervalle [ — 2, 2] ; pour le mois de l'année, 98 % de
l'effectif se situe dans ce même intervalle. Les erreurs négatives
(passé) sont les plus importantes, tant pour le jour du mois
(58,62 %) que pour le mois de l'année (57,41 %). Remarquons
que si, pour 64,4% des sujets, la nature de l'erreur est identique Marie- Françoise Valax et Françoise Sarocchi 446
sur les deux échelles (erreurs négatives sur les deux échelles :
43% ; erreurs positives sur les deux échelles : 21,4%), celle-ci
diverge pour les 35,7 % restants (négative sur jour du mois et
positive sur mois de l'année : 21,4 % ; positive sur jour du mois
et négative sur mois de : 14,3 %).
2. EFFET DES CARACTÉRISTIQUES TEMPORELLES
DES JUSTIFICATIFS DES RÉPONSES
Pour justifier les réponses aux questions tests, les sujets ont
fait référence à des événements (ou dates) que nous avons clas
sés en fonction de leur caractéristique temporelle (passés, pré
sents, futurs) définie par rapport à la date où la série de ques
tions était posée et à l'échelle considérée. Ainsi :
— pour l'échelle jour du mois : les événements passés font réfé
rence aux jours précédant la série de questions; les événe
ments présents, au jour courant ; les événements futurs, aux
jours suivants;
— pour l'échelle mois de l'année : les passés font
référence aux précédents; les événements présents, au
mois courant; les événements futurs, aux mois suivants.
Les événements qui ne peuvent être situés dans le temps ne
sont pas considérés dans cette analyse, même s'ils représentent
une part non négligeable de l'effectif (12,88 %).
Par ailleurs, pour les événements passés et futurs, nous
avons défini leur distance au présent, c'est-à-dire la différence
entre le jour ou le mois courant et le jour ou le mois auquel le
sujet fait référence. Par exemple si le recueil a lieu le 6 mars :
— si à la question « quel jour sommes-nous ? » un sujet répond
« nous sommes le 6, parce que je sais qu'hier c'était le 5,
j'avais un rendez- vous chez le médecin », alors la distance au
présent sur l'échelle jour du mois est égale à — 1 ;
— si, à la question « quel mois sommes-nous ? », un sujet
répond « c'est le mois de mars parce que le mois prochain je
serai en vacances », alors, la distance au présent sur l'échelle
mois de l'année est égale à + 1.
Dans ce paragraphe, nous analyserons la fréquence de ces
événements et leur relation avec les indices de performance. dynamique et orientation temporelle 447 Représentation
2.1. Fréquence des événements justificatifs des réponses
Quelle que soit l'échelle de temps considérée, les événements
présents sont les plus fréquents, suivis des événements passés et
futurs (pour le jour du mois, présent : 47,97 % ; passé : 31 % ;
futur : 21,03 % — pour le mois de l'année, présent : 63,82 % ;
passé : 21,91 % ; futur : 14,27 %). Les événements présents sont
plus fréquents sur l'échelle mois de l'année que sur l'échelle jour
du mois.
La distance au présent des événements passés et futurs (au
jour de recueil) est relativement faible pour les deux échelles. Pour
le jour du mois les distances entre le jour courant et le jour cité se
situent dans l'intervalle [ — 15, 9], les distances égales à 1 repré
sentent 58,06 % des cas. Pour le mois de l'année, les distances
entre le mois courant et le mois cité sont beaucoup plus faibles
[ — 2, 5], les distances égales à 1 représentent 86,82 % des cas.
Les différences observées entre les deux échelles se justifient
relativement aux réponses possibles dans les deux cas (30 jours
du mois et 12 mois de l'année).
2.2. Evénements justificatifs des réponses et performance
Jour du mois Mois de l'année
2,4 T- -r 40 2 -r 1- 15
2,2 ■- --30 1,8 ■•
1,6 - .
™ 1,8 ■■ ra 1,4 - .
1,6 1,2 0
Passés Présents Futurs Passés Présents Futurs
Evénements justificatifs des réponses Evénements justificatifs des réponses
— %£ — Latence de la réponse - -Taux d'erreurs
Fig. 2. — Latence moyenne de la réponse
et taux d'erreurs en relation avec les événements justificatifs des réponses,
pour les échelles jour du mois et mois de l'année
Mean response latency and error rate related to temporal characteristics
of evoked events, for the day-of-lhe-month and month-of-the-year scales Marie- Françoise Valax et Françoise Sarocchi 448
Latence de la réponse. — Les variations de la latence de la
réponse diffèrent selon l'échelle de temps considérée :
— jour du mois (F(2,812) = 7,81 ; p< 0,0004) : la latence
moyenne associée aux événements présents est la plus faible,
viennent ensuite les latences associées aux événements pas
sés et futurs ;
— mois de l'année (F(2,889) = 10,95 ; p< 0,0001) : la latence
moyenne associée aux événements futurs est la plus faible,
suivie des latences associées aux événements présents et
passés.
La distance au présent des événements passés et futurs fait
varier différemment la latence de la réponse sur les deux échelles :
— jour du mois (F(l,402) = 23,39; p< 0,0001) : pour les dis
tances égales à un jour, la latence moyenne de la réponse est
égale à 1,18 s ±0,08; pour les distances supérieures à un
jour, la latence moyenne de la réponse est égale à
2,49 s ±0,13;
— mois de l'année (F(l,310) = 0,01 ; NS) : il n'y a pas de diffé
rence entre les distances égales (1,65 s ± 0,06) ou supérieures
(1,67 s ± 0,17) à un mois.
Taux d'erreurs. — Le taux d'erreurs aux questions tests
dépend très fortement des caractéristiques temporelles des évé
nements justificatifs des réponses, tant pour l'échelle jour du
mois (x2(3) = 50,72 ; p< 0,0001) que pour l'échelle mois de l'an
née = 31,84 ; p< 0,0001). Le taux d'erreurs le plus faible
(fig. 2) est très nettement associé aux événements présents, aussi
bien pour le jour du mois que pour le mois de l'année. Si le taux
d'erreurs est globalement plus faible pour le mois de l'année,
c'est sur les événements présents que l'écart entre jour du mois
et mois de l'année est le plus faible. Remarquons que pour
l'échelle mois de l'année, relativement aux autres événements,
les événements futurs sont associés à la latence de réponse la
plus faible et au taux d'erreurs le plus fort...
La distance au présent des événements passés et futurs est
en forte relation avec le taux d'erreurs pour l'échelle jour du
mois (x2(l) = 44,82 ; p< 0,0001) : le taux d'erreurs est nettement
moins important pour les distances égales à un jour (19,23%)
que pour les distances supérieures à un jour (50,89%). Pour Représentation dynamique et orientation temporelle 449
l'échelle mois de l'année le taux d'erreurs varie peu (/2(l) = 0,29;
NS — 10 % pour les distances égales à un mois, 7,32 % pour les
distances supérieures à un mois).
Nature de l'erreur
100 -r
Passés Présents
Evénements justificatifs des réponses
■ Jour du mois D Mois de l'année
Fig. 3. — Correspondance entre la caractéristique temporelle de l'erreur
et celle des justificatifs des réponses
Comparison between the temporal characteristics of errors
and those of evoked events
La figure 3 montre que, quelle que soit l'échelle de temps, la
correspondance entre l'orientation de l'erreur et celle des événe
ments justificatifs des réponses est très forte (jour du mois
X2(3) = 39,78; p< 0,0001 ■— mois de l'année x2(3) = 30,64;
p< 0,0001). La fréquence des erreurs négatives (passé) diminue
des événements passés aux événements futurs, et inversement la
fréquence des erreurs positives (futur) augmente. Ces évolutions
sont moins marquées entre événements passés et présents
qu'entre événements présents et futurs.
3. EFFET DE L'ORIENTATION DE LA QUESTION
Sur les deux échelles jour du mois et mois de l'année, les
questions portent sur le jour ou précédent (orientation
passé), courant (orientation présent) et suivant

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