Revue de pathologie nerveuse - article ; n°1 ; vol.12, pg 624-635

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1905 - Volume 12 - Numéro 1 - Pages 624-635
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1905
Lecture(s) : 19
Nombre de pages : 13
Voir plus Voir moins

Georges Guillain
Revue de pathologie nerveuse
In: L'année psychologique. 1905 vol. 12. pp. 624-635.
Citer ce document / Cite this document :
Guillain Georges. Revue de pathologie nerveuse. In: L'année psychologique. 1905 vol. 12. pp. 624-635.
doi : 10.3406/psy.1905.3734
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1905_num_12_1_3734XVI
REVUE GENERALE SUR LA PATHOLOGIE
DU SYSTÈME NERVEUX
A, — PATHOLOGIE DE L'ENCÉPHALE.
L'apoplexie traumatique tardive. — Les cas d'apoplexie traumatique
tardive ne sont pas très fréquents. On désigne sous ce nom les acci
dents cérébraux apoplectiformes qui surviennent tardivement après
les traumatismes du crâne. Pierre Marie et Crouzon (1) arrivent,
dans un important travail, à cette conclusion que l'apoplexie tra
umatique tardive est due à une lésion cérébrale souvent hémorra
gique se traduisant par l'apoplexie et l'hémiplégie et produite par
le traumatisme chez un sujet à prédisposition vasculaire. Quelle
que soit la prédisposition, le rôle du traumatisme est toutefois
capital; cette notion nouvelle des accidents cérébraux tardifs conséc
utifs aux traumatismes leur paraît avoir une importance très
grande au point de vue de la législation des accidents du travail. Le
médecin appelé à apprécier quelles ont été les parts respectives de
■l'accident et de la prédisposition antérieure dans la production de
l'infirmité ne devra pas oublier que les troubles nerveux survenant
tardivement après un traumatisme ne sont pas toujours fonctionnels,
mais peuvent être dus à une lésion organique et qu'ils entraînent
alors un pronostic grave pour la vie et pour la reprise du travail.
On devra aussi se demander si les troubles nerveux de nature orga
nique peuvent être créés par le traumatisme seul, et alors le dom
mage ne sera imputable qu'à l'accident de travail, ou s'ils peuvent
aussi être favorisés par une prédisposition antérieure, et alors le
dommage ne sera imputable à que pour une part seule
ment. La connaissance de ces faits est importante pour les certificats
médico-légaux et les nécessités de la loi sur les accidents du travail.
Les réflexes tendineux après Vattaque apoplectique. — Mirallié et
Gendron (2) ont repris l'étude des réflexes tendineux après l'attaque
apoplectique et sont arrivés aux conclusions qui suivent. Immédia
tement après l'attaque, les réflexes tendineux des membres infé
rieurs, le réflexe rotulien en particulier, s'exagèrent toujours. Le
signe de Babinski apparaît immédiatement (dix minutes, un quart
d'heure, vingt minutes après l'attaque), les phénomènes tiennent à
un trouble du fonctionnement du faisceau pyramidal. Le signe de
Babinski est un signe précoce, concomitant de l'attaque, et qui
permet, au moment de l'attaque elle-même, d'éliminer l'apoplexie G. GUILLAIN. — PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 625
hystérique. On le constate dès le début, il existe pendant tout le
cours de la maladie, alors même que celle-ci se termine par la
mort. On a pu constater le signe de Babinski quelques minutes avant
la mort.
Le phénomène oculo-mimique. — Sous ce nom Modonesi (3) désigne
la réaction réflexe déterminée dans les muscles préposés à la
mimique par la compression des globes oculaires. L'auteur pense
que ce phénomène a une valeur clinique dans les cas d'hémiplégie
où l'abolition de la conscience rend difficile le diagnostic. Dans les
états comateux le phénomène oculo-mimique persiste longtemps,
alors même que les moyens usuels de provoquer les réflexes ne
déterminent pas de réactions motrices appréciables. Lorsque le
phénomène oculo-mimique n'existe pas d'un côté, on est autorisé à
admettre une lésion organique de l'hémisphère opposé. La présence
de ce phénomène dans les deux moitiés de la face est susceptible
de servir au diagnostic des comas autotoxiques, comme le coma
urémique ou le coma diabétique, d'avec les états comateux liés à un
trouble circulatoire de l'hémisphère cérébral. L'absence complète
du phénomène oculo-mimique des deux côtés est un signe pronos
tique très défavorable. La mort prochaine est probable.
Les troubles psychiques des hémiplégiques internés. — Benon (4) a
consacré sa thèse inaugurale à l'étude des troubles psychiques des
hémiplégiques organiques internés. Ces hémiplégiques internés sont
excités, déprimés ou confus. L'affaiblissement des facultés psy
chiques est constant, il a pour caractère fondamental d'être partiel,
à moins que n'existent des lésions antérieures nettement diffuses.
L'affaiblissement porte sur les facultés intellectuelles, émotives,
morales et volontaires, c'est-à-dire sur la mémoire, l'attention,
l'imagination, l'association des idées, le jugement, le raisonnement,
l'affectivité, le sens moral et l'activité. En outre de cet affaibliss
ement intellectuel, les idées délirantes sont souvent le prétexte de
l'entrée des hémiplégiques à l'asile. Ces idées délirantes sont d'ordi
naire polymorphes, confuses. Elles ont le caractère des idées déli
rantes apparaissant sur un fond démentiel. Les réactions qui
entraînent l'internement d'office des hémiplégiques sont surtout
causées par l'affaiblissement des facultés affectives et morales : ce
sont des fugues, des colères, des menaces, des paroles et actes
obscènes, des tentatives de suicide. En général, les hémiplégiques
organiques internes évoluent vers la déchéance intellectuelle avec
gâtisme.
Les mouvements involontaires post-hémiplégiques. — On sait que,
consécutivement aux hémiplégies, on observe assez fréquemment
des choréiformes ou athétosiformes, du tremblement.
On a discuté beaucoup sur la raison de ces phénomènes. Frey (5)
pense que ces troubles sont vraisemblablement causés par des
lésions de la couche optique ou de la région hypothalamique, le
thalamus serait un centre de coordination.
Un signe de paralysie organique du membre inférieur. — Grasset et
Gaussel (6) ont attiré l'attention sur ce que, dans la paralysie orga-
l'année psychologique, xii. 40 626 REVUES GÉNÉRALES
nique du membre inférieur, surtout dans l'hémiplégie, on observe
parfois un symptôme caractérisé par la possibilité de soulever isol
ément le membre paralysé avec impossibilité de soulever simultané
ment les deux membres inférieurs. Ce signe, qui est en désaccord
avec ce que nous savons de la plus grande facilité des mouvements
associés dans l'hémiplégie, peut s'interpréter comme une preuve
de paralysie de la stabilisation du bassin dans les de
flexion de la cuisse sur le bassin.
Le sommeil dans les tumeurs cérébrales. — Raymond (7) a fait, à
l'occasion de cas personnels, une intéressante étude d'ensemble de
ce symptôme de certaines tumeurs cérébrales.
La paralysie générale et la syphilis. — Une très longue et très inté
ressante discussion a eu lieu à l'Académie de Médecine sur les rap
ports de la paralysie générale et de la syphilis. Fournier (8) appela
l'attention de l'Académie sur la paralysie générale syphilitique pour
fixer quelques points de son histoire clinique, ses termes d'échéance
au cours de la syphilis, ses conditions étiologiques, l'influence pré
ventive du traitement initial de la diathèse et les conséquences pro
phylactiques qui en dérivent. Le premier point à élucider est celui
de savoir à quelle échéance se produit la paralysie générale au cours
de la syphilis. Deux principales difficultés dérivent des troubles
amnésiques fréquents chez les malades et de la détermination tou
jours très vague du début de l'affection. Ainsi, sur 100 cas, il s'en
produit dans les deux premières années 0; de la troisième à la
sixième année 3,5; de la sixième à la douzième année 61,1 ; de la
treizième à la vingtième année 28,5 ; au delà de la vingtième année
2,6. Donc, il semble que, dans la majorité des cas, la paralysie géné
rale soit une manifestation de tertiarisme moyen. Le second fait se
rapparte à l'étiologie. Le surmenage nerveux est une cause prédis
posante, ainsi que l'alcoolisme, les grands excès vénériens et l'héré
dité nerveuse. Toutefois, dit Fournier, la prédisposition nerveuse
ne conduit pas fatalement les syphilitiques à la paralysie générale.
Quant à l'hérédité nerveuse, elle ne joue en réalité qu'un rôle très
effacé. D'autre part la paralysie générale survient habituellement
après des syphilis de modalité bénigne, ce qui peut s'expliquer par
ce fait que le tertiarisme est en quelque sorte la rançon d'un tra
itement incomplet. Dans l'énorme majorité des cas de paralysie
générale on relève une insuffisance indéniable du traitement antisy
philitique dans les premières années. Fournier a rappelé les
raisons qui, pour lui, militent en faveur de l'origine syphilitique
de la paralysie générale : la fréquence extrême de la syphilis dans
les antécédents des paralytiques généraux (de 30 à 94 p. 100 suivant
les statistiques); le nombre considérable des syphilitiques qui
deviennent paralytiques généraux ; la rareté relative de la méningo-
encéphalite chez la femme, sauf les irrégulières; la rareté de la
paralysie générale chez les religieux; la fréquence infiniment plus
grande d'antécédents spécifiques chez les paralytiques généraux
que chez les autres déments dans les asiles; l'association fréquente
de cette maladie avec le tabes; l'existence incontestable de la para- GUILLAIN. — PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 627 G.
lysie générale juvénile par hérédité syphilitique. Fournier rappelle
encore, en faveur de sa thèse, les cas de paralysie générale conjug
ale, les cas de paralysie générale familiale, le parallélisme absolu
entre la descendance des paralytiques généraux et celle des syphil
itiques, l'existence fréquente du signe d1 Argyll-Robertson chez les
paralytiques généraux.
Raymond, tout en admettant les idées de Fournier, fait jouer un
rôle plus considérable au terrain. Si l'on envisage le facteur héré
dité dans son sens le plus large, on est forcé de reconnaître
l'influence primordiale de la prédisposition. Les paralytiques géné
raux seraient des individus dont le cortex amoindri serait suscept
ible d'un fonctionnement normal et chez qui l'intervention de la
syphilis suffit pour entraîner la production des lésions. L'anatomie
pathologique montre sur le cerveau même la coexistence des lésions
de la méningo-encéphalite diffuse et de la syphilis cérébrale.
Joffroy diffère complètement d'opinion de celle de Fournier. Il
rappelle la distribution géographique de la syphilis et, s'appuyant
sur de nombreux travaux, montre la rareté de la paralysie générale
dans nombre de pays dont la population est profondément syphi-
lisée. Le rôle préservateur du traitement méthodiquement formulé
paraît à Joffroy beaucoup moins évident qu'à Fournier. Joffroy
résume sa pensée dans les conclusions suivantes : 1° la syphilis
n'est pas une cause efficiente de la paralysie générale; 2° la para
lysie générale n'est pas de nature syphilitique ; 3° le traitement
antisyphilitique n'a pas d'action prophylactique vis-à-vis de la para
lysie générale. Le traitement spécifique de la paralysie générale
n'a aucune action et peut n'être pas sans dangers.
Lancereaux est d'accord avec Joffroy pour admettre que la para
lysie générale n'est pas une manifestation syphilitique.
Pour Cornil la syphilis et la paralysie générale restent anatomi-
quement deux maladies bien distinctes. De par la clinique la
syphilis cependant est une des causes les plus communes de la
paralysie générale, cette cause d'ailleurs n'exclut pas les autres
(surmenage, alcoolisme, hérédité).
Joffroy ajoute que pour lui la paralysie générale peut avoir son
origine dans la syphilis, comme la tuberculose dans l'alcoolisme,
mais qu'elle n'est pas créée de toutes pièces par la syphilis.
La syphilis à virus nerveux. — Fischler (9), au sujet des cas
connus de tabes associé avec la paralysie générale, de tabes infant
il, de tabes conjugal, admet que certaines syphilis ont une prédi
lection à localiser leurs lésions sur le système nerveux. Il rappelle
que dans certaines épidémies de diphtérie on observe parfois plus
de paralysies que dans d'autres. L'opinion de Fischler a d'ailleurs
été déjà soutenue en France.
Les des mouvements associés des yeux. — W. G. Spiller (10)
a consacré un travail d'ensemble à la question des paralysies des
mouvements associés des yeux. Gaussel (11) a étudié les
des associés de latéralité des yeux dans les affections
du cervelet, des tubercules quadrijumeaux et de la protubérance. 11 628 REVUES GÉNÉRALES
fait remarquer que la déviation conjuguée des yeux persistante et
surtout la paralysie des mouvements associés sans déviation ne
font pas partie de syndrome cérébelleux. Les tubercules quadriju-
meaux ne sont pas un centre d'association des mouvements de laté
ralité des yeux. La paralysie des mouvements associés de latéralité,
des yeux avec conservation de la convergence, intégrité des mouve
ments d'abaissement et d'élévation des globes oculaires (syndrome
de Parinaud), est un signe presque pathognomonique d'une lésion
de la partie supérieure de la protubérance.
Thermo-asymétrie d'origine bulbaire. — Babinski (12) a fait remar
quer qu'une lésion bulbaire peut, sans engendrer de paralysie de la
motilité volontaire, provoquer des troubles vaso-moteurs et thermi
ques à forme hémiplégique. Cette thermo-asymétrie d'origine bul
baire est parfois très manifeste pour le malade et le médecin, «Ile
peut aussi être légère et avoir besoin d'être recherchée avec soin. On
la met en évidence par l'immersion dans l'eau froide qui l'accentue
notablement.
B. — PATHOLOGIE DE LA MOELLE. — RÉFLEXES
Bruits anormaux de mastication chez les tabétiques. — Sabrazès (13),
chez deux tabétiques, a constaté lors des mouvements de mastica
tion un bruit de crépitation intense perceptible à 50 centimètres de
distance et se produisant dans les articulations temporo-maxillaires.
Ces bruits sont causés par les rugosités et les déformations des sur
faces articulaires, il existe une arthropathie des articulations temporo-
maxillaires.
Le hoquet dans le tabes. — D'après Stembo (14) on peut observer
chez les tabétiques de véritables crises de hoquet se prolongeant
plusieurs jours, même des semaines et des mois. Le mécanisme de
ces accès est difficile à préciser. S'agit-il d'un spasme du diaphragme,
d'un état particulier d'excitation du nerf phrénique ou d'une irri
tation réflexe des centres respiratoires?
L'analgésie tendineuse à la pression dans le tabes. — Abadie (15)
rappelle que, lorsque chez un sujet normal on saisit entre les deux
doigts le tendon d'Achille en arrière des malléoles et qu'on exerce sur
lui une compression, le sujet éprouve de la douleur. La compres
sion de tous les tendons détermine d'ailleurs de la douleur. Abadie
a constaté chez les tabétiques la diminution ou l'abolition de cette
sensibilité des tendons à la pression. L'analgésie achilléenne est un
symptôme fréquent et facile à rechercher; il est donc utile à con
naître.
Le syndrome de Babinski. — Vautrin (16) a fait une étude du syn
drome de Babinski. Ce terme désigne l'association des cardiopathies
artérielles avec le signe d' Argyll-Robertson et la lymphocytose rachi-
dienne, c'est-à-dire avec la méningite chronique syphilitique, que
celle-ci évolue ultérieurement vers le tabes, la paralysie générale
ou toute autre manifestation d'étiologie spécifique. La connais- GÜ1LLAIN. — PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 629 G.
sance du syndrome de Babinski offre en clinique une importance
considérable, elle permet non plus de diagnostiquer, comme on le
faisait auparavant, une aortite au cours d'un tabes confirmé, mais
de remonter d'une lésion cardio-aortique connue à une lésion
méconnue du système nerveux.
Troubles psychiques de la sclérose en plaques. — Ils ont été étudiés
par Seiffer (17) dans dix cas de sclérose en plaques. Il a constaté
des troubles de l'intelligence, de la mémoire, de l'attention, de
l'association des idées.
Les connexions du faisceau pyramidal avec les segments médullaires.
Réflexes spéciaux de la main dans un cas d'hémiplégie spinale. — Les
connexions anatomiques du faisceau pyramidal avec les différents
étages de la moelle sont mal connues. Dejerine et Gauckler (18) ont
observé, consécutivement à une hématomyélie spontanée, une hémip
légie spinale à topographie radiculaire dans le membre supérieur,
ils émettent cette hypothèse que le faisceau pyramidal se termine
dans la moelle suivant une distribution radiculaire. Raymond et
Georges Guillain (19) ont observé un jeune homme qui, à la suite
d'une hématomyélie traumatique, présentait un syndrome de Brown-
Séquard. Or l'hémiplégie spinale affectait aussi chez lui au membre
supérieur une topographie radiculaire. Il leur semble donc que
l'hypothèse de Dejerine et Gauckler doit être prise en considérat
ion. Raymond et Guillain ont observé chez leur malade des mouve
ments réflexes spéciaux qui à leur connaissance n'ont pas encore
été décrits. Quand on prie le malade d'étendre les doigts sur les
métacarpiens, de porter le membre supérieur en avant, la main
étant en pronation, si l'on vient à exciter avec une épingle la peau
de la face antérieure de l'avant-bras, on détermine un réflexe qui
amène l'extension de la main sur l'avant-bras, tandis que les doigts
se fléchissent vers la paume. Ce réflexe n'est pas produit par la seule
excitation de la région antérieure de mais par l'excita
tion d'un point quelconque de la zone d'innervation cutanée du
plexus brachial au bras et à l'avant-bras. Le mouvement réflexe
d'extension de la main n'est pas observé dans l'hémiplégie cérébrale
de l'adulte ni dans l'hémiplégie hystérique. Peut-être est-il spécial
à l'hémiplégie spinale.
Les paralysies des scaphandriers. — Boinet et Audibert (20) ont fait
une bonne étude d'ensemble des paralysies des scaphandriers; elles
sont déterminées le plus souvent par des hématomyélies.
Paralysie périodique familiale. — Holtzapple (21) a observé dix-
sept cas de cette affection dans quatre générations d'une même
famille. Il insiste sur la fréquence des migraines qu'il a notées
chez les malades atteints de paralysie périodique et aussi chez les
autres membres de la famille restés indemnes de la maladie. Holtz
apple considère la paralysie périodique comme une névrose vaso-
motrice se traduisant par un spasme de l'artère vertébrale antérieure
avec ischémie consécutive des cornes antérieures de la moelle, d'où
résulteraient les accès de paralysie. Partant de cette considération
l'auteur s'est demandé s'il ne conviendrait pas de combattre les 630 REVUES GÉNÉRALES
crises paralytiques au moyen de bromure de potassium. Il a eu
par cette méthode des résultats heureux.
Le réflexe de Babinski chez les enfants. — Le phénomène de Babinski
ne présente un caractère pathologique que chez l'adulte.
lui-même a observé en effet que le chatouillement de la plante du
pied produit normalement chez le nouveau-né l'extension des orteils.
Passini, Schüler, Kalischer ont vérifié cette constatation. Engstler (22)
a entrepris sur ce sujet des recherches sur mille enfants n'ayant
pas trois ans. Il a observé, comme les précédents auteurs, que, chez
les nouveau-nés, le réflexe cutané plantaire amène l'extension des
orteils. Chez les enfants âgés de plus de deux ans l'excitation de la
plante du pied amène la flexion des orteils. A la fin de la première
année le réflexe de Babinski se rencontre à peu près dans 50 p. 100
des cas. A l'époque où la flexion des orteils se substitue à leur
extension, notamment pendant la deuxième année de la vie, lé
réflexe cutané plantaire fait souvent défaut. Engstler se croit donc
autorisé à conclure que la constatation du phénomène des orteils
n'acquiert une signification pathologique qu'après deux ans révolus.
C. — PATHOLOGIE DES MENINGES.
LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
La méningite tuberculeuse à forme délirante chez l'enfant. — ■ Le
délire est rare dans la méningite tuberculeuse de l'enfant. On observe
habituellement une obnubilation intellectuelle plus ou moins comp
lète qui aboutit au coma ou à l'affaiblissement complet de l'inte
lligence. Généralement on n'observe pas de délires systématisés.
Weill et Péhu (23) ont eu l'occasion de voir des enfants atteints de
méningite tuberculeuse chez lesquels le délire eut une place pré
pondérante. Le délire était hallucinatoire ou religieux. Il y a lieu de
remarquer, au point de vue psychologique, que chez l'enfant le
délire systématisé ne se présente guère que sous les modalités
hallucinatoires ou religieuses. On peut dire que, dans le jeune âge,
les acquisitions cérébrales ne sont pas si nombreuses qu'elles
permettent des déviations multiples des phénomènes psychiques.
C'est tout au plus si le cerveau de l'enfant réagit vis-à-vis des idées
terrifiantes ou mystiques.
Les rémissions prolongées de la méningite tuberculeuse chez l'en
fant. — Dans la méningite tuberculeuse classique la rémission ne
dure que quelques jours et la terminaison fatale survient ensuite.
La rémission prolongée durant des mois est considérée comme une
rareté, et même la plupart des cas publiés peuvent être discutés
au point de vue du diagnostic. Carrière et Lhote (24) rapportent quel
ques observations personnelles. Les rémissions ont été de trois à
neuf mois avec retour presque parfait à la vie normale. Toutefois
l'état mental reste touché en général, l'enfant est triste, le pouls
reste inégal, il y a une légère hypothermie, la lymphocytose'du
liquide céphalo-rachidien persiste. Dans ces cas il s'agit le plus sou- GUILLAIN. — PATHOLOGIE DU SYSTÈME NERVEUX 631 G.
vent, au moment de la première attaque, non pas d'une méningite
tuberculeuse au sens ordinaire du mot, mais bien plutôt d'un
tubercule des méninges ou peut-être même d'un tubercule cérébral.
Plus tard une nouvelle poussée de granulie méningée vient emport
er le malade.
D. — NÉVROSES. DYSTROPHIES
Le kajaksiuimmel ou laitmatophobie des pêcheurs groënlandnis. —
Les Esquimaux du Groenland se livrent à la pêche dans de légères
embarcations où il n'y a place que pour un seul rameur. Au cours
de leurs navigations ces pêcheurs sont parfois pris d'un malaise
particulier que l'on a appelé le vertige du kajak. Ce vertige a été
étudié récemment par Bertelsen (25) dans un travail dont nous
empruntons l'analyse à la Semaine médicale. Le malaise débute par
une sorte d'angoisse ou d'oppression avec sueurs, palpitations, ver
tige. Puis le pêcheur se sent envahi par une sorte d'engourdisse
ment et de somnolence lui faisant croire que, s'il chavirait, il serait
incapable de se sauver, bien que cet accident, s'il survient, ait
souvent pour résultat de faire disparaître le vertige. En même
temps il se produit des hallucinations, il semble au pêcheur que
son embarcation devient de plus en plus petite, qu'elle s'élève dans
l'air ou au contraire s'enfonce dans la mer. Plus commune est la
sensation que les avirons deviennent d'une légèreté extrême tandis
que la barque paraît si lourde que le rameur ne peut plus la mouv
oir. Dès que le malade se trouve à terre ou s'il peut fixer un objet
du regard, le vertige disparaît généralement. L'accès est suivi de
céphalées, de vomissements, de diarrhée, d'une sensation de
fatigue. Les manifestations de cette psychose augmentent avec
le temps et finissent par obliger le pêcheur à renoncer complète
ment à son métier. Bertelsen voit dans le kajakswimmel une sorte
de phobie qu'il propose d'appeler laitmatophobie. La plupart des
patients examinés par l'auteur étaient des dégénérés hystériques,
neurasthéniques.
La névrose labyrinthique traumalique . — Strenger (26) dit que
l'examen de cas de névrose traumatique permet de reconnaître un
tableau clinique rappelant celui des lésions de labyrinthe. D'ailleurs
il ajoute que presque toujours un examen attentif de l'appareil
auriculaire fait constater une lésion du labyrinthe.
Vécriture dans la maladie de Parkinson. — Lamy (27) attire
l'attention sur certaines particularités de l'écriture dans la maladie
de Parkinson. L'écriture est d'abord d'apparence normale, mais
dès les premiers mots tracés les caractères deviennent graduelle
ment plus petits et plus serrés. D'une façon très régulière et pro
bout' gressive les lettres se rétrécissent et deviennent illisibles au
de quelques lignes. Si le malade continue à écrire, il finit par ne
plus tracer qu'une ligne droite finement dentelée.
La flexion combinée de la cuisse et du tronc dans la chorée de 632 REVUES GÉNÉRALES
Syclenham. — Babinski (28) a observé chez un assez grand nombre
de sujets atteints de chorée de Sydenham la flexion combinée de
la cuisse et du tronc. Si l'on se rappelle que ce trouble constitue un
des signes objectifs les plus communs de l'hémiplégie organique,
qu'il fait défaut dans les paralysies psychiques, on peut considérer
ce signe comme permettant de distinguer dans certains cas la
chorée de Sydenham de la chorée hystérique, et on a là un fait qui,
sans avoir une valeur décisive, vient à l'appui de cette opinion que
la chorée est une affection organique intéressant le système pyra
midal.
Tremblement congénital chez les pigeons. — Raymond et Thaon (29)
ont observé chez les pigeons un tremblement congénital ; ils rappro
chent ce tremblement du essentiel de l'homme.
L'asthénie. — Londe (30) a publié sur l'asthénie une intéressante
revue générale impossible à analyser.
La dysostose cléido-crânienne héréditaire. — Villaret et Francoz (31)
rapportent l'histoire d'une famille de quatre sujets atteints de
dysostose héréditaire et font une bonne étude
d'ensemble de cette affection bien décrite par P. Marie.
E. — PATHOLOGIE DES MUSCLES ET DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES.
GÉNÉRALITÉS
Les anesthésies hystériques co-organiques dans les lésions traumatiques
des nerfs périphériques. — Au nombre des faits les plus curieux que
met en relief la pathologie des nerfs périphériques se placent les
observations relativement très communes dans lesquelles des anes
thésies survenues à la suite de la section d'une branche nerveuse et
paraissant par conséquent être sous la dépendance directe et imméd
iate de l'interruption du courant nerveux dans cette branche se
dissipent immédiatement ou presque immédiatement après une
intervention opératoire tendant à rapprocher les deux bouts du
nerf sectionné étales réunir par une suture. Pitres (32) fait remar
quer que l'on n'a donné jusqu'à présent aucune explication plau
sible de ce retour rapide de la sensibilité dans le domaine du nerf
sectionné. Théoriquement il paraît impossible qu'un nerf dégénéré
consécutivement à la section de ses fibres puisse récupérer subit
ement sa conductibilité aussitôt après le simple accolement de son
bout périphérique à son bout central. Et pourtant le fait est là,
évident. Dans un bon nombre de cas la suture est suivie de la dis
parition rapide de l'anesthésie préexistante. Cette discordance entre
la théorie et la réalité provient, d'après Pitres, de ce que nos idées
sur la pathogénie des anesthésies consécutives aux sutures nerveuses
ne sont pas exactes. Pitres pense que les anesthésies localisées qui
succèdent parfois, à la section des nerfs périphériques ne sont pas
toujours dues à l'interruption du courant nerveux dans les nerfs
sectionnés. Quelques-unes d'entre elles sont des anesthésies hystéro-
traumatiques qui se sont développées à l'occasion du traumatisme

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.