Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impression de succession et de mouvement. Motricité oculaire. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 631-650

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 631-650
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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d) Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion.
Images consécutives. Impression de succession et de
mouvement. Motricité oculaire.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 631-650.
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d) Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impression de succession et de mouvement.
Motricité oculaire. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 631-650.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6372MOTRICITÉ OCULAIRE 631 VISION.
les changements de grandeur sont mieux appréciés dans les lignes
d'un rectangle que dans des lignes isolées ; dans le rectangle la base
horizontale est d'ailleurs plus stable, plus résistante que la hauteur.
P. G.
d) Rôle du temps et tachistos copie. Persistance et fusion. Images
consécutives. Succession et mouvement. Motricité oculaire.
P. KRONENBERGER. — Die Empîindungszeit des hell-und
dunkeladaptierten Auges [Le temps de perception de Vœil adapté à
la lumière et à Vobscurité). — Pf. A. , CGXI, 1926, p. 454-484.
L'auteur montre que le phénomène décrit par Engelking et Poos
sous le nom de phénomène inverse de PuHrich (quand un œil est
adapté à la lumière et l'autre œil à l'obscurité, le mouvement circu
laire apparent d'un pendule oscillant est perçu d'abord par l'œil
adapté à l'obscurité) est conditionné par une modification de l'inner
vation des muscles des yeux marchant de pair avec un strabisme
divergent, rendant impossible une fixation exacte. Quand les diff
icultés de la fixation sont vaincues, le mouvement du pendule est
perçu par l'œil adapté à la lumière (dans le sens du phénomène de
Pulfriçh). Le temps de perception est donc plus court pour l'œil
adapté à l'obscurité (confirmation des travaux de Kovacs, Vogelsang,
Monjé et Kronenberger). Le phénomène paradoxal de Purkinje qui
semble montrer que, dans l'adaptation à l'obscurité, les lumières de
courte longueur d'onde sont perçues plus lentement que celles de
longueur d'onde longue, a pu être rapporté à une adaptation incomp
lète à l'obscurité dans les circonstances où les expériences ont été
faites. Cet état d'adaptation correspond au stade critique qui corre
spond lui-même à des stades différents pour les différentes couleurs.
Par contre dans l'adaptation complète à l'obscurité le temps de per
ception diminue seulement pour les lumières à courte longueur
d'onde. 11 en est de même du phénomène décrit par Me Dougall :
Quand deux fentes verticales sont situées l'une sous l'autre, éclairées
par des lumières respectivement rouge et bleue, pour l'œil adapté
complètement à l'obscurité, la fente rouge paraît plus en avant que
l'autre, et pour une adaptation incomplète à l'obscurité, elle paraît
plus postérieure, la fente bleue devenant plus visible, il s'en suit que
dans l'adaptation à l'obscurité, c'est le temps de perception de la
lumière à courte longueur d'onde qui subit la plus forte diminution.
Aucune de ces observations n'est donc en faveur d'une réaction plus
paresseuse, c'est-à-dire d'un temps de perception plus long de l'appar
eil crépusculaire ; il semble beaucoup plus vraisemblable que dans
l'adaptation à l'obscurité, le temps de subisse un raccour
cissement. P. B.
KURD VOGELSANG. — Ueber die Abhängigkeit der Empfindungsz
eit des Gesichtsinnes von der Intensität und Farbe der Reizlichtes
[Sur la dépendance du temps de latence de la sensation visuelle vis-à-
vis de Vintensité et de la couleur de la lumière excitatrice). — Z. für
Sin., LVIII, 1-2, 1926, p. 38-58.
D'après les recherches faites par la méthode de Fröhlich, pour ■
632 ANALYSÉS BIBLIOGRAPHIQUES
l'œil adapté à la lumière, le temps de latence est inversement propor
tionnel au logarithme de l'intensité lumineuse (jusqu'à 163 b. m.
d'éclairement, où l'on atteindrait la durée limite inférieure). La durées
limite est la même pour les lumières bleue, rouge et blanche, mais
les latences sont plus longues aux faibles intensités avec la lumière
rouge qu'avec la bleue, avec la bleue qu'avec la blanche. Dans l'œil
adapté à l'obscurité, toutes les lumières donnent des décroissances
parallèles, la valeur limite étant obtenue pour des intensités plus
faibles (peu différentes avec le rouge, très différentes avec le bleu),
avec, pour des intensités moyennes, un changement angulaire de la
droite logarithmique, qui ne se rencontre pas dans l'œil adapté à la
lumière.
Les lumières colorées sont obtenues par des filtres. Les intensités-
lumineuses sont données sans tenir compte du taux de réduction par
les filtres.
Les seuils ont été établis en lumière rouge et en lumière bleue ; ils
ne sont pas utilisés pour évaluer les temps en fonction des intensités
physiologiques d'excitation.
Les temps de l'auteur sont toujours plus longs, deux fois environ
que ceux de l'autre sujet, Fröhlich. H. P.
KURD VOGELSANG. — Die Abhängigkeit der Empfindungszeit
der Gesichtsinnes von dem zeitlichen Verlauf des Lichtreizes {Dé
pendance du temps de sensation pour la vue vis-à-vis de la vitesse
propre du stimulus lumineux). — Z. für B., LXXXIV, 5, 1926,
p. 487-509.
Vogelsang rapproche la méthode de son maître Fröhlich de celles
de Hazelhoff et de Pulfrich pour la mesure du temps de latence de la
sensation visuelle, indûment car la méthode de Fröhlich, nous l'avons
montré déjà (An. Ps., XXIV, p. 457) est loin d'être correcte.
Son étude traite systématiquement de l'influence qu'exerce la
vitesse de la fente lumineuse sur le retard de la sensation évalué par
l'angle de la position apparente initiale de la fente avec la position
initiale réelle. Il note, contrairement à Hazelhoff, (l'assimilation
avec l'effet stéréoscopique de Pulfrich étudié par Engelking et Poos
étant mal fondée) que le temps de latence diminue en fonction du
logarithme de la vitesse de déplacement de la fente jusqu'à une
certaine vitesse au delà de laquelle celle-ci n'a plus d'influence.
L'interprétation du déplacement angulaire de la position initiale
de la fente comme retard de la sensation évaluable en unités de temps
n'étant pas justifiable, les relations de Vogelsang ne peuvent être
admises comme telles.
Si l'on exposait simplement les faits et non la traduction en
« Empfindüngs zeit », les données ne seraient pas sans intérêt pra
tique (au point de vue d'une observation de passage d'étoile par
exemple) ; mais il faudrait analyser les facteurs complexes en jeu
pour expliquer ce fait que, si la fente se déplace avec une vitesse'
double, l'angle de la position apparente initiale avec la position réelle
n'est pas doublé, tant que la vitesse est inférieure à 70 par seconde
et est normalement double quand la vitesse est supérieure à 70 par
seconde. Quel est le rôle des déplacements réflexes possibles de l'œil,
des processus de sommation en surface ? H. P, MOTRICITE OCULAIRE VISION.
F.-F. HAZELHOFF et HELEEN WIERSMA. — Die Wahrnehm
ungszeit. III. Wahrnehmungszeit und Reaktionszeit. Die Wahrn
ehmungszeit für Gehörreize {Le temps de perception. Ill Temps de
perception et temps de réaction. Le temps de perception des stimuli
auditifs). — Z. für Ps., XCVIII, 1926, p. 366-377.
Suite des recherches antérieures (Cf. An. Ps., XXV, p. 532,
XXVI, p. 502).
La durée moyenne du temps de perception (stimuli visuels) est de
100 a, la durée du de réaction de 220 <r, dans les expé
riences des auteurs faites avec des excitations d'une intensité d'envi
ron 200 fois le seuil. Lorsqu'on examine des séries de chiffres parallèles
des temps de perception et des temps de réaction, on constate que
leur variation n'est pas semblable. Lorsqu'on étage les chiffres de
perception en série croissante, ceux de réaction forment un zigzag
irrégulier, comme le montre la figure ci jointe (la courbe en trait
pointillé y représente le temps de réaction dont on a défalqué le
temps de perception ; c'est pratiquement, pour les auteurs, le d'action : ils admettent, sans plus de discussion, que le pro
cessus central ne varie pas).
Le temps de réaction ne peut donc pas servir pour évaluer la vitesse
de perception. Il ne donne, selon les auteurs, que celle de l'action.
Une « disposition » (Einstellung) plus sensorielle ou plus motrice
modifie les rapports des deux temps. Ainsi, l'un des sujets donne, pour
une « sensorielle », un temps de perception moyenne
111 <r contre un temps de réaction de 243 a ; pour une « disposition
motrice », 106 <r et 176 a. Un autre sujet, 102 a et 326 a dans le pre
mier cas, 98 or et 211 <r dans le second.
La « disposition sensorielle » ne semble pas diminuer sensiblement
le temps de perception, mais la « disposition motrice » réduit nota
blement le temps de réaction. Pratiquement dans l'esprit des au
teurs, c'est le temps d'action qui serait réduit ce cas.
Lorsqu'on fait varier l'intensité de l'excitation, le temps de réac
tion varie un peu plus que le temps de perception. Ainsi l'allong
ement du temps de réaction, pour des excitations très faibles, est
d'environ 1 /3 plus grand que celui du temps de perception. Il y aurait,
dans ce cas, un retard de réaction, dû à l'hésitation, au doute quant
à la réalité du stimulus.
Un examen direct du temps de perception auditive ne paraît pas
possible, mais indirectement les auteurs ont obtenu des chiffres par 634 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
le moyen suivant. On prend les temps de réaction et de perception
visuelles. On calcule une différence, qu'on défalque ensuite du temps
<ie réaction auditive.
Ces chiffres sont, pour 4 sujets : 60 u, 73 a, 76 <j, 67 a ; la moyenne
est de 69 or. La moyenne visuelle des mêmes sujets étant de 97 a, il
■en résulte que le temps de perception auditive serait notablement
plus court que le visuel. I. M.
CH.-A. DICKINSON. — Experience and visual perception. (L'expé
rience et la perception visuelle.) — Am. J. of. Ps. XXXVII, 3,
1926, p. 330-344.
Dans ces expériences, on présente au tachistoscope (pendant 64 <r)
un tableau de neuf lettres (trois lignes de trois lettres) dont on fixe
le centre ; il s'agit, soit simplement de décrire ce qu'on a vu, soit de
nommer une lettre dont la place est indiquée par l'expérimentateur
avant ou après la perception (ou inversement d'indiquer la place
d'une lettre qu'il nomme.) Dans une autre série on présente une,
deux, trois ou quatre cartes à jouer, que les sujets doivent décrire
en détail (nombre, disposition, couleur des figures etc.) L'auteur
croit pouvoir distinguer dans le développement de la perception une
série de stades ; d'abord l'expérience d'un complexe visuel sans dis
tinction d'éléments individualisés ; puis le stade où les éléments se
caractérisent au point de vue générique (on voit des lettres, non
telle lettre) ; enfin la perception des détails devient spécifique (on
reconnaît, on nomme la lettre), cette analyse est successive ; la lettre
qui est reconnue paraît se détacher comme avec un certain relief;
ses contours sont plus nets, sa couleur plus saturée ; à ce moment,
les autres semblent reculer et s'effacer, revenir aux stades antérieurs.
Un ensemble (syllabe, mot) peut être un stade spécifique, alors que
les lettres qui le composent restent au générique. L'image
mentale joue un rôle considérable dans la reconnaissance, soit sous
forme d'image consécutive immédiate (quand on demande des pré
cisions après la perception) soit sous forme d'anticipation mentale
confrontée avec le donné (quand les indications de l'expérimenta
teur précèdent la ; on notera que dans cette comparaison
la perception visuelle reste souvent aux niveaux inférieurs, (géné
rique ou complexe visuel). P. G.
WOLFGANG METZGER. — Ueber Vorstufen der Verschmelzung
von Figurenreihen die vor dem ruhenden Auge vorüberziehen.
(Sur les stades préliminaires de la fusion de séries de figures qui
passent devant Vœu immobile.) — Ps. For. VII, 1-2, 1926,
p. 114-221.
On a beaucoup étudié la fusion d'une succession rapide d'images
projetées sur la même partie de la rétine. Mais on s'est surtout inté
ressé à la détermination de l'effet final, homogène, dans sa quant
ité (loi de Talbot) et dansées conditions (fréquence critique). De ce
point de vue, on pouvait considérer comme identiques les différents
procédés employés (projection d'images successives différentes et
immobiles, rotation d'un disque à secteurs, etc.). Mais l'objet du pré
sent travail est la description des phases qui précèdent la fusion dans VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 635
le cas particulier d'images qui présentent d'abord une structure dé
terminée, et qui la perdent pour donner une image homogène. Par
quels stades passe la destruction d'une forme ? On pourrait penser
qu'il se produit un nivellement graduel des différences. Mais les
choses sont moins simples. En accélérant la rotation d'un disque
présentant une croix noire sur fond blanc, on voit le nombre des bras
augmenter (on verra une étoile à huit branches).
Dans ses expériences, Metzger remplace le disque par une bande
sans fin, entraînée par deux roues, et qui porte les figures ; (des carrés
noirs séparés par des intervalles blancs : tout le fond est blanc). Le
mouvement est vertical ; l'observateur doit s'entraîner d'abord à
fixer la bande au niveau d'un repère fixe placé à une certaine hauteur
à côté d'elle, pour éliminer les mouvements des yeux.
Le nombre des figures vues croît sans exception et régulièrement
avec la vitesse : il passe d'une valeur à une autre par toutes les va
leurs intermédiaires ; mais l'accroissement n'est pas proportionnel
à la vitesse. Pour passer de 3 (nombre objectif des figures) à 4 figures
vues, il faut en moyenne un accroissement deux fois plus grand que
pour passer de 4 à 5 ou de 5 à 6.
Gehrke et Lau avaient admis que, quel que soit le nombre des f
igures, le temps nécessaire à l'accroissement numérique était constant:
c'était celui que mettait le disque pour que la figure revint se super
poser à elle-même. — En réalité, ce temps n'est pas constant. Pour
des figures espacées de 4 cm. et de 10 cm., le temps varie du simple
au double. — A mesure que la vitesse augmente, les figures perdent la
netteté de leur contour et leur vivacité, tout en restant distinctes
et dénombrables ; leur grandeur et leur forme restent sensiblement les
mêmes, elles restent égales les unes aux autres et séparées par des in
tervalles égaux, la longueur du « train » de figures paraît toujours la
même ainsi que sa vitesse.
Les mêmes phénomènes se retrouvent quand le nombre (objectif)
des figures est supérieur à trois. Avec deux figures, on obtient diff
icilement une ébauche de dédoublement ; avec. une seule il n'y en a
jamais. On peut suivre l'individualité des figures jusqu'au moment où
leur nombre primitif a doublé ; au delà, la perception devient con
fuse. Quand le nombre (objectif) est très grand, on a encore l'impres
sion d'augmentation, mais d'une façon confuse.
La vitesse critique est celle pour laquelle le nombre des éléments
commence à augmenter. La vitesse critique croît avec l'intensité
lumineuse, mais ce qui est décisif ici, c'est la différence d'intensité
entre les figures et le fond : il ne s'agit même pas de la différence
objective, mais de la différence apparente, car, quand on donne à la
figure des accroissements apparents égaux, la vitesse croît dans la
même proportion. L'action de l'intensité sur l'accroissement numér
ique s'exerce donc de la même façon que son action sur la dernière
phase du phénomène (fusion complète), telle qu'elle résulte des lois
énoncées par Marbe. Les couleurs agissent par leur clarté et non par
leur tonalité.
L'agrandissement des figures (proportions gardées) augmente
aussi la vitesse critique, mais celle-ci croît moins vite que la figure,
de sorte que la période (c'est-à-dire la durée qui s'écoule entre les 636 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
passages des deux éléments semblables au même point) n'est pas
constante, mais croît aussi. Elle croît encore quand l'observateur se
rapproche de l'objet, mais moins vite que si l'accroissement de l'angle
visuel était dû à un agrandissement réel de Fobjet. Ce qui intervient
ici, c'est donc la grandeur apparente de l'objet, qui varie avec la
distance moins vite que ne l'exigeraient les rapports géométriques.
La Vitesse critique augmente encore avec la largeur relative de la
figure (par rapport à sa longueur). La durée critique est minimum
quand les figures sont égales aux intervalles et grandit avec leur
différence mais d'une manière variable avec les figures. Enfin la
vitesse critique diminue quand le nombre des éléments du groupe
augmente, elle atteint un minimum à partir de six et reste
désormais constante.
Quand on suit du regard le mouvement des figures, il n'y a pas
d'augmentation numérique ; si on suit de l'œil un point qui se dé
place près des figures, mais en dehors d'elles, le nombre des figures
varie, selon que le mouvement du point fixé est de même sens que
celui des figures ou de sens contraire ; il y a encore augmentation si,
fixant un point immobile, on voit la bande rester immobile et le fond
se mouvoir en sens inverse. Il en est encore de même quand la rétine
se déplace rapidement par rapport à un ensemble de figures immobiles
(bien qu'elles paraissent immobiles). La condition commune à tous
ces cas est le déplacement continu des figures sur la rétine.
Ce phénomène s'expliquerait-il par de petits mouvements saccadés
ou vibrations de l'œil qui multiplieraient les images rétiniennes ? A
cette objection, on peut répondre que, dans les expériences, on
n'observe pas, en fait, ces mouvements de l'œil ; que la méthode
des images consécutives n'en révèle pas non plus l'existence ; que les
phénomènes provoqués par l'excitation de plusieurs points rétiniens
ou par une série de brusques de l'objet ne donnent pas
la même loi d'accroissement ; un groupe de trois objets devrait d'abord
se dédoubler en 6, les stades 4, 5 ne seraient atteints que plus tard,
après des stades où le nombre des images serait beaucoup plus grand ;
l'ensemble du groupe devrait s'allonger ; on devrait obtenir l'effet
à partir de deux objets ou d'un objet, etc..
Est-il nécessaire qu'un même point soit successivement impres
sionné par les figures de la série ? Non, car l'augmentation s'observe
encore quand les sont sur des bandes parallèles, formant une
ligne oblique de moins de 30° par rapport à la direction du mouve
ment. D'ailleurs, en général, la forme des objets et celle du groupe
restent reconnaissables à tout moment, la multiplication ne vient pas
de leur démembrement.
La théorie de Hering invoque une image consécutive positive des
éléments. Mais elle est absolument incompatible avec la constance
observée de la forme d'ensemble. Il y a même tendance à la régulari
sation de la forme, à l'égalisation des intervalles, à la fragmentation
d'un groupe en groupes égaux etc. On n'observe d'image consécutive
que pour des distances supérieures à celles pour lesquelles a lieu
l'augmentation numérique. Il y a, ou image consécutive, ou augment
ation, mais pas dans les mêmes cas ; le temps de latence des images
consécutives ne répond pas aux faits observés ; les vitesses devraient MOTRICITÉ OCULAIRE 637 VISION.
■être beaucoup plus grandes et l'accroissement discontinu etc. La
théorie ne s'accorde pas non plus avec les faits produits par des
images colorées. Il ne faut pas chercher l'explication dans l'excitation
successive des éléments isolés de la rétine, mais dans les processus
d'ensemble liés aux propriétés du groupe. P. G.
GEORG KATONA. — Experimentelle Untersuchanger über simultane
und sukzessive Gesichtswahrnehmungen. (Recherches sur les per
ceptions visuelles simultanées et successives.) — Ps. For. VII, 3,
1926, p. 226-256.
Quelle différence y a-t-il, au point de vue de l'effet sur la recon
naissance ultérieure des objets, entre une perception simultanée et
une perception successive ?
Dans une première série d'expériences, on présente aux sujets
une série de six figures sans signification, formées de diverses combi
naisons de lignes droites ou courbes ; chacune est exposée pendant une
seconde. Après un intervalle d'une demi-minute, deuxième présen
tation, mais trois des anciennes figures ont été remplacées par de
nouvelles : il s'agit de reconnaître les anciennes. On compare les
résultats à ceux d'une autre expérience où les 6 figures sont présentées
d'abord simultanément ; la reconnaissance a lieu comme dans le pre
mier cas par présentation successive. On trouve que le nombre des
figures reconnues est toujours plus grand quand la première présen
tation est successive que lorsqu'elle est simultanée. Cet avantage se
maintient quand l'épreuve de reconnaissance se fait sur les figures
présentées simultanément ; la différence des résultats ne tient donc
pas à la manière dont se fait la reconnaissance, mais au mode de
perception. Reste à savoir s'il y a eu à proprement parler perception
simultanée, puisque le tableau des figures est parcouru par le re
gard ? Cependant le mot simultané se justifie par l'unité du contenu
de la conscience (comme dans la perception d'un mouvement}, bien
que ses conditions se déroulent objectivement dans le temps. Le
morcellement de la perception est donc favorable à la reconnais
sance.
Une autre série d'expériences porte sur la comparaison de dis
tances. Il s'agit, étant donnés deux objets A et B et un troisième C,
d'en placer un quatrième D de telle façon que la distance CD paraisse
égale à la distance AB. Tantôt A et B restent visibles d'un bout à
l'autre de l'expérience ; tantôt ils ne restent exposés que dix secondes,
puis le sujet détourne la tête, A et B sont enlevés, C apparaît. Il
est évident que la première méthode permet un va et vient de l'atten
tion du modèle à la copie, et qu'on peut s'aider de l'impression de
figure formée par l'ensemble des deux lignes ; au contraire dans le
second cas la comparaison n'a pour base qu'un souvenir du modèle,
sujet à s'altérer rapidement. On ne s'étonnera donc pas que la com
paraison simultanée soit plus exacte que la comparaison successive.
Mais tout change quand, au lieu de faire comparer des distances
dans un plan frontal, on fait intervenir la troisième dimension : par
exemple l'une des deux lignes est dans un plan frontal, l'autre dans
un plan perpendiculaire. Le sujet doit juger sur ses impressions im
médiates et autant que possible sans corrections réfléchies. Dans ces 638 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
conditions des erreurs se produisent dans le sens qu'exigent les dé
formations de la perspective (les distances non frontales paraissent
raccourcies). Mais ces erreurs sont toujours notablement moindres
dans la comparaison successive que dans la comparaison simultanée.
Donc la transformation qui tend à la constance des dimensions appa
rentes des objets aux différentes distances est plus complète dans le
premier cas que dans le second. On sait que la grandeur apparente
d'une ligne varie selon qu'elle est rattachée à telle ou telle figure.
L'avantage de la perception successive est très marqué quand il
s?agit d'éléments de lignes quelconques, qui restent relativement,
isolés. Il diminue au contraire quand ces lignes sont rattachées à
une forme caractéristique bien individualisée, et dans ce cas la per
ception simultanée peut même devenir privilégiée.
Peut-on expliquer ce résultat ? Dans un ensemble certaines parties
sont mises en valeur, modifiées dans leur aspect. Si l'ensemble de
lignes constitue une forme bien caractérisée (par exemple un triangle
equilateral) la correction de l'illusion de perspective (qui tendrait
par exemple à faire paraître un des côtés trop petit) doit être beau
coup plus complète que dans un ensemble de lignes sans fonctions dé
terminées. On s'explique donc qu'ici, exceptionnellement, la per
• généralement ception simultanée supérieure. reprenne l'avantage sur la perception successive, P. G.
FRANK ALLEN. — The persistence of vision. (La persistance de la
vision). — Am. J. of. Ph. Opt., VII, 3, 1926, p. 439-457.
Résumé historique, sans bibliographie, et s'arrêtant aux travaux
modernes, dont sont brièvement cités seulement ceux de Ferry (1892),.
de Porter (1902) et de Ives (1912), avec renvoi aux traités et aux
travaux originaux pour les recherches récentes. H. P.
R. DE HAAN et G. GRIJNS. — L'influence de la lumière colorée
sur les images consécutives et sur le contraste. — Ar. néerl. de Plu
XI, 3, 1926, p. 380-385.
Les auteurs ont employé pour réaliser une lumière colorée, des écrans
monochromatiques en gélatine, et des papiers ne réfléchissant qu'une
partie des couleurs de la lumière filtrée, afin de provoquer des I. C.
colorées. Pour le contraste ils mettent un papier épais sur un fond
coloré, ou un disque coloré sur un fond gris et couvrent l'ensemble
d'un papier blanc, le étant alors très net.
Dans ces conditions, un papier rouge par exemple est vu rouge en
lumière rouge, orangée, jaune, ou violette; il est noir à la lumière
verte ou bleue. L'I. C. est noire eni lumière rouge, jaune en
orangée, verte en lumière jaune, vert clair dans le vert, bleu clair dans
le bleu, bleue dans le violet. Le contraste, pour la même succession
de couleurs éclairantes, est noir gris, jaune, vert, vert clair, bleu vif
et bleu. Les phénomènes sont si nets, que les auteurs ne comprennent,
pas les désaccords qui se produits quant aux résultats entre les
diverses expérimentations. Pour eux, la couleur de PL C. et celle
du contraste représentent la couleur restante, quand on l'élimine
de la lumière composée avec laquelle on expérimente les couleurs
sous lesquelles nous apparaît le papier excitant. M. F. MOTRICITÉ OCULAIRE 6391 VISION.
LUDWIG BAYER. — Die periodischen Nachbildernach kurzdauernd
er Belichtung mit farbigen Beizlichtern. {Les images consécutives
périodiques après éclairage bref par des stimuli lumineux colorés). —
Z. für S., LXXXV, 4, p. 299-324.
Recherche avec la fente mobile lumineuse et l'œil fixé, suivant la
méthode de Fröhlich et de ses élèves. Lumières colorées par écrans-
filtres. Recherche, avec des intensités variables, de l'image positive,
dite de Hering, et de l'image négative (complémentaire), dite de
Purkinje, ainsi que d'une troisième sorte d'image à phases positive
et négative sans intervalle, dite de Hess, et déterminations des la
tences et des durées de ces images (sur Fröhlich comme sujet), en par
ticulier dans l'adaptation à la lumière.
' En lumière rouge, à une intensité de 15 fois le seuil, la latence est
de 85 a, la première sensation dure 54 a, et se prolonge, sans inter
ruption par une impression lumineuse (446 <r). A une intensité de
246 fois le seuil, après 63 <r de latence, sensation durant 48, image de
Hering, presque continue, durant 24, intervalle sombre (52) de
Purkinje (125) intervalle sombre (193) image de Hess (3 sec. 650),
intervalle sombre (7 sec. 750).
En lumière bleue, à une intensité de 76 fois le seuil, le temps de
latence est de 113 a, la sensation dure 106 a, et se continue sans
interruption pendant encore 392 <r ; aune intensité de 308 fois le seuilr
la latence (calculée) est de 65, puis sensation primaire (74), intervalle
sombre (126), image de Purkinje (65) intervalle sombre (385), image
de Hess (3 sec. 250), intervalle sombre (6 sec. 100).
L'image de Hering (première phase consécutive positive) n'appar
aît en lumière bleue que pour des stimuli très intenses (plus de
10.000 fois le seuil) et est très fugace ; mais alors la phase négative
fait défaut.
Enfin, en lumière blanche on n'obtient l'image négative de Pur
kinje que pour de fortes intensités ; il y a d'abord prolongation de la
sensation, puis, avec une plus grande intensité, image de Hess après
intervalle sombre ; avec intensité plus forte, de Purkinje et
image de Hess ; enfin aux très grandes intensités images de Hering,
de Purkinje et de Hess : avec une intensité de 11.400 fois le seuil,
on a, après latence (calculée) de 64 a, une durée de sensation de 42 ,
puis, intervalle sombre non mesurable, une image de Hering
(50), un (91), une image de Purkinje (185), un
intervalle sombre (440) et une image de Hess (6 sec. 750).
Quelques considérations générales qui n'apportent rien de bien
net complètent l'exposé de ces recherches. H. P.
E. GELLHORN et H. KUEHNLEIN. — Quantitative Untersuchun
gen über negative Nachbilder. II. Die Abhängigkeit der Intensität
des komplementären Nachbildes von exogenen und endogenen
Faktoren. (Recherches quantitatives sur les images consécutives né
gatives. II. La dépendance de V intensité des images
complémentaires de facteurs exogènes et endogènes). Pf. A., CCXIII,
1926, p. 800-811.
L'augmentation de la durée de l'excitation augmente l'intensité
de l'image consécutive négative ; celle-ci croît aussi avec les dimen-

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