Rôle du Temps et Tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement. Motricité oculaire - compte-rendu ; n°1 ; vol.31, pg 774-785

De
Publié par

L'année psychologique - Année 1930 - Volume 31 - Numéro 1 - Pages 774-785
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1930
Lecture(s) : 17
Nombre de pages : 13
Voir plus Voir moins

d) Rôle du Temps et Tachistoscopie. Persistance et fusion.
Images consécutives. Impressions de succession et de
mouvement. Motricité oculaire
In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 774-785.
Citer ce document / Cite this document :
d) Rôle du Temps et Tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement.
Motricité oculaire. In: L'année psychologique. 1930 vol. 31. pp. 774-785.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1930_num_31_1_30071774 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
la fatigue inégale des muscles assurant la fixation, avee comme consé
quence une inégalité des influx moteurs, qui donnerait l'impression
de mouvement dans la direction conditionnée par le groupe muscu^
laire plus fatigué.
Mais l'explication de G. est difficilement en accord avec le fait de B.
que les mouvements apparents de l'image entoptique (pour lesquels
vaut évidemment l'explication donnée) se montrent indépendants de
ceux du point fixé, indépendance qui impliquerait l'existence de réels
mouvements oculaires. H. P.
1035. — M. DUFOUR. — Illusion d'optique relative au micromètre
oculaire de Krauss. — B. B., CV, 1930, p. 600.
L'auteur ne voit pas d'explication satisfaisante de l'illusion cons
tatée de relief monoculaire : L'observation d'un micromètre formé
de circonférences concentriques avec diamètres inclinés les uns sur
les autres, donne la vision d'un tronc de cône en creux ou en plein avec
alternances.
Nouvel exemple d'interprétation perceptive syncré tique ? H. P.
d) Rôle du Temps et Tachistoseopie. Persistance et fusion.
Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement.
Motricité oculaire l
1036, - M. A. TINKER, D. ROBERTS et H. JACKSON. - Definite
and indefinite preparation in the visual apprehension experiment
(Durée déterminée ou non déterminée de préparation, dans les expé
riences d'appréhension visuelle), — Am. J. of Ps., XLII, 1, 1930,
p. 96-100.
L'habileté à reproduire immédiatement des séries de lettres pré
sentées visuellement au tachistoscope (séries de 7 lettres exposées
pendant l/l0e de seconde) a été étudiée sur 3 sujets : 1° pour des
intervalles constants de 2 secondes séparant le signal d'attention de la
présentation de la série à répéter ; 2° pour des intervalles inattendus
variant de 2 à 32 secondes.
Les moyennes du nombre d'éléments correctement reproduits
dans les deux cas sont très voisines. Contrairement à ce qui se passe
pour les temps de réaction, la constance, pas plus que la durée de pré
paration, ne semble influencer la valeur de la réponse. Il s'ensuit
qu'il n'est pratiquement pas utile d'apporter sur ce point une trop
grande attention a la technique. A. B.-F.
1037. — W. JABLONSKI, — Optische Untersuchungen am Ganz-
îeld (Recherches optiques sur le champ total). — Ps. For., XIII,
2-3, 1930, p. 145-197. s
Nous avons décrit précédemment 2 l'appareil employé dans ces
recherches : il permet d'avoir dans toute l'étendue du champ visuel
un fond uniforme. Avec des temps d'exposition de 20 à 60 secondest
1. Voirîaussi les n°» 433, 496, 848, 850, 920, 922.
2. Année ^aych., XXX, 821. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 775
on peut obtenir d'un champ coloré homogène des images consécut
ives ; un observateur exercé arrive ensuite à les réaliser dans des
durées plus courtes. Il n'y a pas de période de latence ; la couleur est
moins saturée, mais plus lumineuse ; elle remplit d'abord tout le
champ puis se concentre et s'évanouit insensiblement.
L'image consécutive d'une figure peut être projetée dans le chçimp
total. La durée de l'image croît d'abord avec la grandeur de la figure
jusqu'à un optimum, puis décroît quand la figure continue à grandir.
Cette loi fait comprendre pourquoi le champ total donne les images les
plus faibles et les moins durables.
J. discute longuement toutes les explications de ces phénomènes.
Les unes font intervenir des propriétés ou des réactions locales.
On pourrait penser qu'à mesure que la figure grandit, elle intéresse
des parties de plus en plus périphériques de la rétine.
Or une image consécutive périphérique est plus faible qu'une
image centrale : la durée totale serait une sorte de moyenne des
durées locales. Mais un anneau d'une certaine épaisseur fixé en
son centre donne une aussi bonne image consécutive qu'un cercle
de même surface. — On pourrait encore invoquer l'influence du con
traste liminaire sur les bords de l'image. Mais un contour noir épais
qui sépare une figure colorée du fond diminue le contraste ; or il
favorise la durée de l'image ; d'ailleurs, l'effet du contour est d'autant
plus efficace qu'il est plus près <\u point de fixation. J. conclut que
l'image dépend moins des excitations locales que des réactions géné
rales du champ. P. G.
1038. - S. W. KRAVKOV. — Uebçr den scheinbaren Unterschied
zwischen Sukzessiv- Kontrast und Komplementärfarben {Sur la
différence apparente entre les couleurs de contraste successif et les
couleurs complémentaires). — J. für Ps., XXXVIII, 3-4, 1929,
p. 282-291.
Aucune explication du déplacement de l'image consécutive négat
ive vers le rouge par rapport à la couleur complémentaire n'a satis
fait l'auteur, qui ramène cet écart au fait que l'IC négative est
complémentaire, non de la couleur initiale du stimulus, mais de celle
qui résulte de la fatigue chromatique. Celle-ci est maxima pour le
violet, minima pour le vert. La couleur d'un stimulus constant évo
lue donc vers le vert, et la complémentaire qui détermine l'IC néga
tive est rapprochée du rouge.
L'auteur a demandé à 12 sujets, après 15 secondes d'excitation,
avec de l'indigo de 453 m\i ou avec du jaune de 572 (complémentaires)
la couleur de l'IC négative projetée sur une feuille blanche à côté des
couleurs d'Ostwald. Les sujets, en bon accord, indiquèrent coçan^e
couleur la plus proche de l'IC, respectivement: 586 m^, et pourpre
43 d'Ostwald. ,.v.
Pour retrouver ces résultat^ en partant des concentrations finales,
au moyen des formules de Lasareff, il faut donner au coefficient K
de proportionnalité entre la concentration finale (<;')de& produit» 4e
déçpmposUion dus à une source monoch^omatique et J'énergie. (a)
absorbée par Ja substance photosensible correspondante les valeurs:
— 0,,$ pour te vert -- 0,6 pour Je, rouge -r- 0,05 pour M violet. - 776 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les déterminations sur 4 sujets, après 15 secondes d'excitation
par 450, 462 ou 571 mix, de la couleur apparente de ces stimuli,
montrent que l'indigo et le jaune se sont rapprochés du vert. Dépla
cements respectifs -f- 20 -|- 12 et -— 13 m^, supérieurs à ceux de
Voeste (3 à 4 m\x) obtenus avec d'autres intensités et une mauvaise
méthode. Ces données, peu variables avec les sujets, montrent la
possibilité des déplacements qu'exigeait l'hypothèse de l'auteur.
Celui-ci détermine enfin expérimentalement, en employant les
données de ses recherches antérieures dans la formule de Lasareff
pour C et les coefficients de brillance de Judd, les valeurs relatives
de K = — C pour les 3 couleurs. Il obtient, pour vert, rouge, violet ;
0,91 — 1 — 0,18. Afin que K redevienne maximum pour le vert, il n'y
a qu'à modifier la convention arbitraire d'égalité des concentrations
initiales et supposer que Co est plus grand pour le vert. G. D.
1039. - RAGNAR GRANIT, T. HOHENTHAL et A. UOTI. -
On the latency of negative after-images in relation to brightness
of stimulus (Sur la latence des images consécutives négatives en rela
tion avec la brillance dustimulus). — Acta ophtalmologica, VIII, 2-3,
1930, p. 137-154.
Les auteurs ont déterminé le temps de latence de l'apparition d'une
image consécutive négative provoquée par une stimulation lumi
neuse (cercle de 22' de diamètre) projetée, soit au centre de la fovea,
soit à une certaine distance de ce point (jusqu'à 5° environ).
Ils ont constaté, avec 4 niveaux de brillance (1,10,100 et 1.000) que
la latence était augmentée quand la luminosité était plus grande (du
fait d'un accroissement de durée de l'image positive, mais que
l'augmentation valait très inégalement pour les différentes régions
rétiniennes excitées, se montrant particulièrement grande à la péri
phérie relative (en sorte qu'aux fortes luminosités la latence peut
dépasser celle du centre fovéal, à l'inverse de ce qui se constate aux
faibles) et aussi en un point placé à l°50 environ du centre (et où
il y aurait interaction dans les connexions synap tiques des deux caté
gories de récepteurs).
L'adaptation à l'obscurité s'est montrée sans effet, ce qui surprend
étant donné le rôle que les auteurs font jouer aux différences des
cônes et des bâtonnets. Mais on s'étonne à cet égard qu'ils n'aient pas
procédé à des stimulations de longueur d'onde telle qu'elles puissent
porter exclusivement sur les cônes ou les bâtonnets dans les régions
où les deux récepteurs coexistent. H. P.
1040. — FRITZ FALLERT. — Untersuchungen über die Wahrneh
mung von Bewegungen in den drei Dimensionen der Raumes
(Recherches sur la perception des mouvements dans les trois dimen
sions de l'espace). — Z.flirSin.,LX, 1930, p. 297-324.
Une strie noire sur fond blanc est mise en marche à un moment
donné par un moteur à vitesse constante ; le sujet, placé à 1 m. 20,
la voit par l'ouverture d'une large tube noirci, et signale quand il en
perçoit le mouvement, qui est effectué dans le sens transversal,
vertical, ou antéro-postérieur. Le sujet note au stoppeur le temps VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 777
nécessaire à la perception. La vitesse du mouvement est réglée à une
série de taux successifs.
Quand on approche du seuil, avec des non-perceptions, le temps
nécessaire est souvent aux environs- d'une dizaine de secondes
(l'auteur n'ayant pas fait intervenir une durée définie du mouvem
ent). Les résultats sont très différents suivant que le sujet dispose
ou non d'un repère fixe.
Sans repère, la vitesse minima du mouvement perceptible est à
peu près de 0,48 mm. par seconde, que l'excitation soit monoculaire
ou binoculaire, que le mouvement soit transversal ou vertical, et,
avec repère, de 0,02 mm. par seconde.
En tenant compte du retard, cela ferait un déplacement rétinien
total de 36 jjl dans le premier cas, de 1 ,7 \j. dans le second.
Pour le déplacement en profondeur, sans repère la vitesse minima
est de 63 mm. par seconde, en vision monoculaire et de 30 mm. en
vision binoculaire, et, avec repère, de 2,75 mm., par seconde.
La strie avait 4 mm. de large ; elle a pu être réduite de moitié ou
portée au double sans que les résultats soient changés. H. P.
1041. - F. L. DIMMICK et J. G. KARL. - The effect of the
exposure time upon the R. L. of visible motion [Veffet du temps
d'exposition sur le seuil du mouvement visible). — J. of exp. Ps.,
XIII, 1930, p. 365-369.
On mesure la vitesse minimale pour laquelle le mouvement d'un
point blanc visible sur un écran noir pendant 1/2, 1, 2 et 4 secondes
devient perceptible. Le seuil s'abaisse assez brusquement pour des
expositions d'une demi-seconde à une seconde, puis diminue lent
ement pour des durées plus longues. La grandeur du déplacement
correspondant au seuil est, pour les durées les plus courtes, identique
à celles du seuil d'acuité visuelle (distinction de 2 points simultanés)
et pour les durées plus longues, à celle du seuil de distinction de
2 points successifs. P. G.
1042. - H. G. Van Der WAALS et C. O. ROELOFS. - Optische
Scheinbewegung {Le Mouvement apparent optique). — Z. für Ps.,
CXIV, 1930, p. 241-288 et CXV, p. 91-190.
Cette consciencieuse étude, due à deux médecins d'Amsterdam,
se compose d'une partie expérimentale et d'une partie théorique.
La première n'est pas inutile, bien qu'on ait beaucoup travaillé depuis
quelques années sur le problème des illusions visuelles de mouvement,
car dans le détail des faits les observations sont loin d'être d'accord.
Le dispositif employé permet de faire varier séparément les princ
ipaux facteurs, notamment les durées d'exposition et leur intervalle
dans le temps. Ces intervalles sont tantôt positifs, tantôt nuls, tantôt
négatifs (c'est-à-dire qu'il y a coïncidence partielle dans le temps des
deux excitations). Dans tous ces cas, on peut obtenir des mouve
ments apparents. Il faut distinguer des mouvements partiels des deux
objets qui sont à un certain moment visibles simultanément : il y a
dans ce cas disparition du premier et apparition du second mouve
ment ; puis, avec d'autres valeurs des expositions et de l'intervalle
une phase difficile à décrire de passage de la dualité à l'unité de ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 778
l'objet ; enfin le « mouvement idéal » d'un seul objet de la première
position à la seconde, dont les conditions sont précisées par des
variations systématiques de l'un des facteurs (exposition) pour
chaque valeur constante de l'autre (intervalle). On étudie ensuite
l'influence de la fixation du regard, soit sur l'un des points extrêmes
soit dans leur intervalle ; celle de la distance entre les objets, de leur
luminosité ou de leur couleur propre. Après avoir expérimenté avec
deux traits parallèles, les auteurs varient l'expérience en étudiant
des orientés de manière différente, à angle droit ou dans le
prolongement l'un de l'autre, deux demi cercles qui se complètent,
des objets de forme différente ou dont chacun est vu par un seul œil.
La seconde partie comporte d'abord un examen critique des expé
riences et des théories des divers auteurs : Exner, Bourdon, Laser-
sohn, Wertheimer, Koffka, Körte, Hartman, Benussi, Linke, Dimmick,
Higginson, etc. Elle révèle des désaccords non seulement sur l'expli
cation, mais souvent sur les faits. Contre Wertheimer et d'autres,
les auteurs hollandais soutiennent que, dans le véritable mouvement
optimal, on voit réellement l'objet traverser le champ, et ils nient
l'existence d'un mouvement sans objet. Beaucoup de désaccords
s'expliquent peut-être par le fait qu'opérant dans des conditions
défectueuses et notamment avec des temps d'exposition trop courts,
certains auteurs n'ont pas vu le véritable mouvement optimal.
La théorie proposée fait du mouvement apparent la conséquence
des changements subis dans la localisation des objets perçus. Hille-
brandt avait déjà soutenu cette idée, mais sous une forme inaccep
table ; car les changements auxquels il pensait auraient dû affecter
tout l'ensemble du champ visuel. La difficulté est d'expliquer
pourquoi ils se limitent aux deux objets et pourquoi on voit un
mouvemement par rapport au fond immobile. Mais elle s'atténue
quand on rapproche ce fait de toute une série d'observations de
psychologie normale ou pathologique qui montrent une certaine
plasticité des valeurs spatiales des points rétiniens. On comprend
alors comment la localisation d'un objet peut être influencée par
l'apparition d'un autre objet semblable voisin. Les particularités
du phénomène dont les auteurs font un examen détaillé, s'expli
queraient, en deuxième analyse, par les lois de l'évolution tem
porelle des phénomènes physiologiques produits par les excitations.
P. G.
1048. — W. NEU HAUS. — Experimentelle Untersuchung der
Scheinbewegung (Etude expérimentale de l'illusion de mouvement).
- A. f. ges. Ps., LXXV, 1930, p. 315-458.
L'auteur a étudié les conditions de perception de l'illusion du
mouvement par un éclairement successif de deux points. A l'aide
d'un dispositif, constitué par un disque tournant muni de fentes
laissant passer une lumière, il a fait varier indépendamment l'un de
l'autre l'intervalle entre l'apparition des points lumineux, la distance
entre ces points dans l'espace et la durée d'exposition de chaque
point.
En faisant varier la durée de l'intervalle entre deux lumières suc
cessives, il a pu distinguer cinq phases assez précises et fixes de la VISION. «OTR1CITP OCULAIRE 779
perception. I, pour la durée de l'intervalle jusqu'à 48 sigma les deux
points paraissent briller simultanément, et rester immobiles, II et
III, pour la durée de l'intervalle jusqu'à 80 sigma les deux points
subissent un ébranlement. IV, pour la durée de l'intervalle de 80 à
400 sigma un point paraît se déplacer le long de la ligne qui relie
les deux points. V, pour les durées supérieures les deux points
s'allument l'un après l'autre. Lorsque pour un même intervalle on
augmente la distance entre les points, on retombe dans les phases
précédentes de la perception. Lorsqu'on augmente la durée de l'expos
ition, le mouvement apparaît pour des intervalles plus petits,
lorsqu'on la diminue, le mouvement n'apparaît que pour des inter
valles plus longs. Cette relation entre la durée de l'exposition et
l'intervalle entre l'apparition de deux points lumineux n'est pas
mathématique, la somme de la durée de l'exposition et de l'intervalle
n'est pas toujours la même. Les expériences ont montré que ce n'est
que la durée de l'exposition de la première lumière qui est importante.
Lorsque la première lumière continue à briller quand apparaît la
seconde, le mouvement est perçu quand même, pour des durées
d'exposition suffisamment prolongées. L'intensité et la couleur de la
lumière paraissent être sans importance, pour des expositions brèves
la en mouvement est colorée comme le dernier point, pour
des expositions longues — comme le premier. La distance du mou
vement perçu était toujours supérieure à la distance objective. Pour
des lumières immobiles, les distances perçues et objectives ont tou
jours été lea mêmes. La vitesse du déplacement du point dépend
de la* distance parcourue par unité de temps, mais cette vitesse paraît
moindre, si tout autre facteur égal, le temps d'exposition augmente.
Le mouvement n'est perçu qu'après un certain entraînement, il
n'apparaît plus lorsqu'on fait fixer l'un des points, on voit alors leur
apparition successive. La suggestion accélère l'apparition de la per
ception du mouvement. Une fois perçue cette dernière garde sa forme.
Si le sujet essaie de se représenter une forme différente ij ne réussit
qu'après un certain entraînement. Toutefois, la forme perçue se
modifie immédiatement, lorsqu'on change l'emplacement des points
lumineux. On peut obtenir des mouvements simultanés dans des
sens différents en choisissant le champ visuel qui n'est pas trop
étendu.
Les mouvements ne sont perçus que dans les régions centrales de
la rétine. La perception de ce mouvement serait donc liée à un champ
plus restreint de la rétine que la perception du mouvement vrai. La
différence entre la perception de l'illusion du et du mou
vement vrai consisterait dans le fait, que la perception du dernier est
conditionnée par une excitation continue de la rétine, tandis que la
perception de l'illusion du mouvement est conditionnée par une exci
tation discontinue.
Pour expliquer le phénomène observé, l'auteur n'accepte pas les
théories purement physiologiques de Wertheimer, Fröhlich, Köhler
et Hildebrand. Pour lui il s'agit ici d'un processus psychologique
complexe. Les deux groupes d'excitations (le complexe lumineux
du début et celui de la fin) sont perçus comme des objets. B. N, 780 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1044. - E. KARRER et H. C. STEVENS. - The response of
negative after-images to passive motion of eyeball and the bearing
of these observations on the visual perception of motion (La réponse
des images consécutives negatives au mouvement passif du globe
oculaire et V apport de ces observations en ce qui concerne la perception
visuelle de mouvement). — Am. J. of Ph., XCIV, 3, 1930, p. 611-614.
Les auteurs ont examiné l'action d'un mouvement passif du globe
par pression du doigt, ou dans le nystagmus post-rotatoire, sur
l'apparence d'une série de phénomènes entoptiques.
Soit une image consécutive par fixation pendant quelques instants
du filament d'une lampe à incandescence ; dans le nystagmus
rotatoire, au cours de la phase saccadée, l'image n'est pas vue du
tout (phénomène d'inhibition comme dans le déplacement rapide
des yeux au cours de la lecture) et, au cours de la phase lente, elle est
vue fixe dans le champ visuel, sans déplacement (chez un sujet
"normal et un aphaque).
De même les mouches volantes, le phosphène par excitation élec
trique rétinienne, ne subissent, au cours du mouvement passif du
globe, aucun déplacement apparent.
En revanche quand le lieu rétinien de l'excitation n'est pas fixe,
mais change au cours du mouvement, on a une impression de dépla
cement (ombre par source externe puissante des vaisseaux choroï-
diens ou image de Purkinje, arc bleu de la rétine, ombre de l'épingle
proche de la cornée dans l'expérience de Le Cat).
Les auteurs concluent en traçant une revue des principaux cas où
il y a perception ou non de mouvement, quand ces objets sont ou
non mobiles, en fonction des impressions kinesthésiques et des dépla
cements d'images rétiniennes (« gradient spatial) » :
A. Impression de mouvement :
1° L'objet se meut, avec œil immobile (gradient spatial) ;
2° L'image se par mouvement passif de l'œil (idem) ;
3° L'objet extérieur est immobile, avec mouvement non perçu
de l'œil (idem) ;
4° L'objet est l'œil aussi, mais avec apparence
de mouvement, dans la paralysie du droit externe (kinesthésie) ;
5° L'objet se meut (avec image fixe), l'œil le suivant (idem) ;
6° L'image est fixe et l'œil se meut activement quand on déplace
le regard et que l'image consécutive semble en mouvement (idem).
d' 'immobilité : B. Impression
1° L'objet est immobile et l'œil se meut activement, ce qui est le
cas ordinaire dans l'exploration visuelle (l'action du gradient rétinien
étant inhibée par le facteur kinesthésique) ;
2° L'objet est immobile et l'œil également, dans la fixation (pas
de gradient rétinien ni de processus kinesthésique) ;
3° L'image est fixe sur la rétine, l'œil se déplaçant passivement
(idem).
L'importance relative des deux facteurs en jeu n'a pas encore été
jusqu'à présent déterminée, concluent les auteurs. H. P.
1045. — G. G. GRINDLEY. — The relation between the rod and
cone mechanisms in the after-effect of seen movement (Relation VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 784
entre les mécanismes des bâtonnets et des cônes dans Veffet consécutif
de mouvement d'ordre visuel). — J. of Ph., LXIX, 1, 1930, p. 53-59.
Des expériences diverses, de G. E. Müller sur la vision des cou
leurs, de Creed et Granit sur les images consécutives, enfin de Granit
sur le mouvement consécutif, ont permis de supposer une inhibition
entre cônes et bâtonnets. Mais d'autres expériences, de Porter et
Ives sur le papillotement, de König sur l'acuité, sont difficilement
explicables par une inhibition ou même indiquent un renforcement
réciproque.
L'auteur considère seulement les résultats de Granit sur la durée
du mouvement consécutif en fonction de la distance (voir An. Ps.,
1928, p. 15-18). Quand la distance du stimulus (stries mobiles) dimi
nue, la durée du MC croît, passe par un maximum pour un angle
visuel de 2 à 4°, puis décroît constamment, ce que Granit attribue à
une inhibition des cônes par le fonctionnement croissant des bâton
nets — mais qui. peut être imputé, au moins en partie, à un change
ment qualitatif de la configuration.
Aussi Grindley a imaginé une expérience plus décisive, où il com
pare la durée du mouvement consécutif fovéal à celle du MC intéres-
R sant une large surface rétinienne (cônes et bâtonnets). Soient ~ le
rapport de la 2e durée à la lre avec un stimulus rouge qui n'excite
que les cônes et ~ le rapport analogue obtenu avec une couleur exci
te
tant cônes et bâtonnets et de même brillance que la précédente. Une
inhibition ne pourrait affecter que la durée C2. La théorie de Granit
exige donc :
R2 ^ C2
L'auteur reprend d'abord, avec une technique semblable, l'expé
rience de Granit en fonction de la distance. Il retrouve le même ré
sultat, mais avec dispersions inter- et intra-individuelles encore plus
R C
grandes. Quant aux rapports de durée : „ 2 (avec le rouge) et ~ (avec
vert ou violet), ils ne présentent jamais de différence moyenne signi-
R C ficative. Dans des conditions optima, =— : ~ (rapport qui devrait
alors dépasser 2, d'après Granit) fut chez 3 sujets : 0,72 — 0,90 —
0,96 — légère indication que l'action des bâtonnets a renforcé
celle des cônes... G. D.
1046. - R. S. CREED et R. D. HARDING. - Latency oî afte
rimages and interaction between the two retino-cerebral apparatuses
in man (Latence des images consécutives et interaction entre les deux
appareils rétinocérébraux chez Vhomme). — "J. of Ph., LXIX, 1930,
p. 423-441.
Après fixation visuelle des centres de disques circulaires blancs,
les auteurs ont mesuré sous des conditions variables les intervalles de
temps qui s'écoulent avant l'apparition des images consécutives 1$2 ANALYSES BlfeLIOGttAPfÜQbES
noires (négatives). Les images consécutives projetées dans une obscur
ité colmplète (projections noires) ont une période latente plus longue
que celles projetées sur un écran blanc. Elles ont aussi un halo beau
coup plus distinct, avec les petits disques et sont plus intensément
noires. Avec les grands disques elles apparaissent parfois colorées.
Les images consécutives binoculaires et monoculaires ont la même
latence quand elles sont projetées sur une surface blanche. D'autre
part les images binoculaires projetées sur une surface noire appa*
raissent plus tôt que les images de l'œil droit et de l'œil gauche pro
jetées également sur une surface noire. Si l'image primaire est reçue
par un seul œil et si l'image consécutive est projetée sur un écran
opposé seulement à l'autre œil (droit-gauche et gauche-droit), la
période latente est plus longue que quand le même œil est utilisé dans
l'expérience. L'image droit-gauche apparaît cependant plus tôt que
la projection de l'œil droit sur fond noir. Discussion sur l'interaction
des deux mécanismes monoculaires. P. B.
1047. - R. G. TRAVIS et R. DODGE. - Ocular pursuit of objects
which temporarily disappear (Poursuite oculaire d'objets qui dispa
raissent momentanément). — J. of exp. Ps., XIII, 1, 1930, p. 98-112.
L'étude des mouvements de poursuite oculaire se fait au moyen
d'un appareil d'excitation et d'un appareil enregistreur. Le premier
est un disque tournant dont les rayons se prolongent au delà de la
circonférence ; le sujet en aperçoit un seul à la fois par un tube dont
l'extrémité distale sous- tend 10° de son champ visuel ; ce champ
peut être fragmenté par des écrans percés d'ouvertures rectangul
aires, de sorte que l'objet mobile suivi par l'œil dans l'une est r
etrouvé dans l'autre, après être resté un instant invisible. L'appareil
enregistreur réalise sur la même bande une inscription photogra
phique, d'une part des mouvements de l'œil, d'autre part de la tra
jectoire ombre portée par les rayons d'un disque synchronisé
avec le premier. On y lit donc directement la manière dont l'œil a
suivi l'objet. Le but de la recherche est la mesure de la précision des
mouvements de poursuite pour les différentes vitesses de l'ojet et les
grandeurs angulaires de la trajectoire visible. On détermine le mo
ment où ces mouvements qui sont des réflexes inférieurs font place
aux mouvements saccadés qui dépendent du cerveau et présentent
une latence triple des précédents. P. G.
1048. — M. D. VERNON. - The Movements oî the Eyes in Rea
ding (Les mouvements des yeux dans la lecture). — Medical Re
search Council, N° 148, 1930, 45 pages.
Miss V., appliquant la méthode de Dodge (rayon réfléchi sur la
cornée) a obtenu un enregistrement précis des mouvements ocu
laires. Appareil et résultats sont décrits en détail.
On ne peut maintenir l'œil sur un point de fixation ; les déviations,
pendant 20 secondes de fixation volontaire, atteignent 30 à 40'. Le
déplacement volontaire de est d'autant plus inexact (presque
toujours trop court) que l'angle est plus grand ; l'erreur est de
l'ordre de 1°.
Les sujets dont la fixation est assez stable et les déplacements

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.