Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impression de succession et de mouvement. Motricité oculaire. La lecture - compte-rendu ; n°1 ; vol.40, pg 647-659

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L'année psychologique - Année 1939 - Volume 40 - Numéro 1 - Pages 647-659
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1939
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d) Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion.
Images consécutives. Impression de succession et de
mouvement. Motricité oculaire. La lecture
In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 647-659.
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d) Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion. Images consécutives. Impression de succession et de mouvement.
Motricité oculaire. La lecture. In: L'année psychologique. 1939 vol. 40. pp. 647-659.
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tance de l'illusion, il faut que le losange élémentaire soit grand et s».
rapproche d'un rectangle. Inversement, on peut augmenter l'illusion
«n faisant le contraire.
De nombreux problèmes très difficiles restent à résoudre.
G. P.
d) Rôle du temps et tachistoscopie. Persistance et fusion
Images consécutives. Impressions de succession et de mouvement
Motricité oculaire. La lecture
1047. — H. LEHMANN. — Wesen und Entstehung de* Schei
nbewegung (Essence et genèse de l'illusion optique d'un mouve
ment). — A. f. g. Ps., Cil, 3-4, 1939, p. 375-450.
Dans la lutte entre les théories explicatives physiologiques et
psychologiques de l'illusion d'optique du mouvement, l'A. se range
délibérément du côté de ces dernières. De nombreuses expériences
personnelles exposées dans ce travail apportent les données suivantes
qui justifient — croit-il — son point de vue :
1° a) Lorsque l'attitude envers l'expérience est naturelle, dans
les conditions expérimentales optima, la sensation n'est pas uniforme
pour l'ensemble des sujets. Certains d'entre eux éprouvent la sensa
tion d'un mouvement optimum, d'autres celle du mouvement pur <p
(Wertheimer), d'autres encore celle de deux mouvements parti
culaires ; b) Lorsqu'une certaine attitude est délibérément adoptée,
la sensation éprouvée est : soit celle d'un mouvement global (optimum
ou <p), soit celle de deux mouvements particulaires, soit encore celle
de deux stimuli au repos ; 2° La perception d'un mouvement illusoire
optimum a nettement la valeur de celle d'un vrai, sauf
que l'image consécutive manque ou est très faible ; 3° Lorsque le
champ optique forme une unité visuelle avec les stimuli, la perception
est celle du mouvement optimum. Si cette unité du champ et des
stimuli optiques se désintègre, il se produit une perception du
mouvement <p pur ; 4° Même dans les meilleures conditions renforcées
par l'identité de forme et de couleur de deux stimuli, on constate des
cas de perception de deux mouvements particulaires ; 5° On
aussi malgré ces conditions expérimentales optima des changements
de la forme des deux stimuli perçus comme un stimulus unique en
mouvement. L'identité de la forme et de la couleur de deux stimuli
ne permet donc pas davantage d'obtenir la genèse constante de telles
illusions d'optique ; 6° On peut observer très nettement des mouve
ments en sens inverse dans une même moitié du champ visuel.
L'A. confronte ses résultats expérimentaux avec les théories des
principaux auteurs ayant traité de la question et conclut à l'exis
tence d'un élément intellectuel dans la perception, élément qui serait
représenté par une tendance à l'enclenchement ordonné d'une partie
dans le tout. S. P. K.
1048. — J. SÉGAL. — Le mécanisme de la vision en lumière inter
mittente. — In-8° de 100 pages. Paris, Alcan, 1940.
Dans ce travail, appuyé sur un grand nombre d'expériences
ingénieusement conçues. S. apporte une grande originalité de pensé» ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 648
en son effort pour renouveler les points de vue en matière de vision
intermittente.
Alors que la doctrine classique, fortement appuyée, explique la
fusion des stimuli intermittents, réalisée déjà pour des rythmes assez
lents, par une homogénéisation de processus photochimiques initiaux,
S. soutient que le nerf optique conduit des influx dont la fréquence
est commandée par celle des intermittences bien au delà de la limite
fusionnelle. Il fait intervenir une interaction des influx afférents avec
l'activité périodique autonome de l'écorce cérébrale, sans toutefois
préciser clairement les mécanismes possibles.
Dans cette conception générale, la fréquence des influx optiques
ne peut plus conditionner l'intensité sensorielle, qui relèverait essen
tiellement du nombre des éléments en action, la loi du tout ou rien
devant d'ailleurs être abandonné3, tout au moins au niveau de la
rétine, et les variations de fréquence pourraient servir de support à la
sensibilité différentielle.
Il y a là des conceptions, qui ne laissent pas d'être assez aventur
euses, se heurtant à bien des difficultés et s'opposant à certains faits
(comme l'homogénéisation de la fréquence des influx optiques affé
rents lorsque l'électrorétinogramme ne suit plus les intermittences
lumineuses). Elles ont le mérite de renouveler les questions en
suscitant des expériences dont la portée et l'intérêt ne sont pas
contestables.
Personnellement je serais assez tenté de penser que les interpréta
tions de S., faisant intervenir des processus nerveux là où l'on ne
faisait appel qu'à des phénomènes photochimiques, peuvent valoir,
non toutefois pour le nerf optique, voie centrale supérieure, et pour
les centres corticaux, mais pour les transmissions ganglionnaires
de ce centre très complexe que constitue la rétine dans l'organe
oculaire.
Le processus primaire est peut-être en effet beaucoup plus
rapide qu'on ne le pensait, la lenteur appartenant à des réponses
ganglionnaires.
D'autre part une fusion corticale peut se faire à une fréquence un
peu plus basse que l'homogénéisation des voies ascendantes.
A ce double point de vue, les expériences de Ségal ont une réelle
importance.
Une synchronisation des ondes alpha cérébrales avec des multiples
du rythme des intermittences est un fait intéressant, surtout quand
ce dernier rythme est nettement supérieur à la fréquence normale
des ondes, jusqu'à 30, 40 et 50 p. sec.
Mais il y a là des valeurs qui sont encore de l'ordre des fréquences
préfusionnelles. S. dit bien obtenir des ondes induites pour des
fréquences allant jusqu'à 200 p. sec, ce qui aurait une valeur décisive,
mais ici il n'y a en réalité aucune donnée probante, et l'on ne peut
partager la confiance de l'auteur, qui affirme sa « certitude ».
Une première série de données sur la vision intermittente concerne
l'influence de la grandeur de l'éclairement et du rapport des phases.
S. n'accepte pas la distinction que j'ai faite de l'intermittence dans
des éclats lumineux et de l'alternance d'albedos inégaux (de secteurs
blancs et noirs par exemple), et n'admet pas, dans la variation VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 649
relative des phases, les corrections destinées à assurer un même
régime de brillance moyenne au moment de la fusion.
Lorsqu'on est au point critique où la fusion s'établit, j'ai toujours
envisagé que cette brillance résultante définissait essentiellement le
niveau de l'excitation, et c'est incontestable si le processus primaire
est homogénéisé. Si la fusion est un processus supérieur, c'est le
niveau de l'excitation pendant la phase d'éclairement qui doit seul
compter. Les deux attitudes sont logiques ; mais adopter l'une ou
l'autre c'est avoir déjà pris parti.
Adoptant donc l'attitude cohérente avec son système S. a fait
des comparaisons de l'influence du rapport des phases en fonction de
l'intensité des éclats en lumière intermittente, et trouvé que la
fréquence critique, aux faibles intensités, passait par un maximum
pour une égalité approximative des phases, comme en vision alter
nante des albedos différents, pour des éclairements faibles ou moyens,
tandis qu'aux très forts éclairements avant cette vision (brillances
obtenues de 19.000 nits) on retrouvait une variation continue de la
fréquence critique (maxima pour une phase de plus grande brillance
de 1/20 de la période, minima pour une phase de 19/20). Aux bril
lances très élevées, dans les deux modes d'excitation, la fréquence
critique, avec les mêmes rapports de phase, s'abaisserait un peu,
au lieu de continuer à s'élever avec la brillance suivant la loi classique
(qui vaut toujours pour les brillances moyennes), ce que Hecht
attribuait à un phénomène d'éblouissement, explication qui n'est pas
acceptée par S.
En utilisant des phases d'éclairement extrêmement brèves
(limitées à 1,25 % de la période), S. a constaté que la variation
continue de la fréquence avec la valeur relative de la phase ne se
vérifiait plus, même aux très fortes intensités, et qu'il y avait toujours
une durée relative optima, pour laquelle la fréquence critique passe
par un maximum, mais d'autant plus brève que l'intensité de l'éclat
est plus grande.
L'interprétation de S. est la suivante :
Les cellules sensibles l'étant inégalement, le nombre de celles qui
répondent croît avec la durée du stimulus, et celles qui répondent
donnent aussi une volée d'influx plus prolongée pour un stimulus
allongé ; l'augmentation du nombre des cellules recrutées favorise le
papillotement, tandis que l'augmentation des décharges la
fusion ; dès lors il y a une durée optima qui correspond, pour le plus
grand nombre de cellules, à l'intégration de la quantité de lumière
permettant juste de fournir un seul influx.
L'optimum est naturellement atteint plus rapidement pour les
hautes brillances que pour les basses.
L'intégration primaire serait donc un phénomène rapide (optimum
de 1 à 2 msec, à 2.300 nits), et dès lors la loi d'intégration parabolique
que j'ai établie, et qui paraît bien avoir en effet un caractère général,
ne concernerait pas une sommation photochimique initiale, mais un
processus central (l'inversion de la loi des quantités liminaires pour
les stimuli très brefs tenant alors à l'intervention à partir de là du primaire).
D'autres données concernent une indépendance notable de la 650 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
durée d'interruption critique vis-à-vis de la brillance des stimuli,
aux divers rapports de phases (avec influence au contraire de la
fréquence, quand change le rapport des phases).
Au cours de ces recherches ingénieusement conçues, S. a pu éta
blir que des interruptions pouvaient être juste perceptibles encore
pour des durées inférieures au millième de seconde.
La persistance primaire ne devrait donc pas durer plus que cette
valeur de temps (qui correspondrait aussi à des données fournies par
le métacoritraste).
La complexité des phénomènes de fusion apparaît d'autre part
dans l'influence qui a pu être décelée des périodicités de stimulation :
le fait de subdiviser des secteurs noirs sur un disque blanc, sans
changer leur étendue totale, entraîne une variation continue de
fréquence critique, très nette entre 2 et 18 divisions (sur 6 dixièmes du
disque), pour passer ensuite (à 32 divisions) à une valeur qui est la
même que celle correspondant à un secteur gris : tout se passerait
donc comme si, dans le dernier cas, la fusion primaire était réalisée
avec les 32 alternances sur la partie du disque où elles sont disposées,
mais, jusque-là l'influence de la subdivision impliquerait bien une
action distincte de ces stimulations, pourtant fort brèves déjà,
fonction du nombre des alternances.
On retombe encore ici sur une valeur critique de l'ordre du
millième de seconde.
La dissymétrie dans les rythmes augmente la fréquence critique,
comme le montrent des expériences faites avec des intermittences
d'éclats par couples inégaux, ou des interruptions par couples
d'inégale durée.
Enfin l'évaluation des fréquences apparentes de papillotte-
ment — en discordance notable avec les fréquences réelles de stimu
lation — a montré ce fait curieux que cette fréquence apparente
(évaluée par comparaison avec une fréquence auditive de claquements
réglés par le sujet) s'abaisse quand la brillance augmente (tandis que
la fréquence critique s'élève) ; pour un rythme de 20 p. sec, la paraît être chez un sujet de 14 ou 15 à 1.900 nits, de 25 à 30
à 19 nits, de 40 à 1,9 nit ; chez un autre, la marge de variation, bien
plus faible, n'est que de 7,5 à 12.
Il y a aussi diminution de fréquence apparente quand l'étendue de
la plage papillotante s'accroît, du moins jusqu'à une certaine limite.
En revanche le changement de rapport des phases ne modifie
pas la fréquence apparente, non plus que l'introduction d'une asymét
rie dans la période.
Mais S. tend à admettre que les facteurs principaux qui modifient
la fréquence critique agissent par l'intermédiaire de la vitesse appa
rente, révélant la capacité des esthésio-neurones corticaux à répondre
aux stimuli périodiques, sans préciser le mécanisme possible de cette
relation.
Il y a là un ensemble de résultats de réelle valeur et si l'on ne
suit pas nécessairement l'auteur dans le détail de ses hypothèses,
il faut bien reconnaître qu'il apporte de fortes probabilités en faveur
d'une rapidité beaucoup plus grande qu'on ne l'admettait des proces
sus primaires de l'excitation lumineuse dans la vision. H. P. MOTRICITÉ OCULAIRE 651 VISION.
104». — S. H. BARTLEY. — Some effects of intermittent photic
Stimulation (Quelques effets de la stimulation lumineuse intermitt
ente), — J. of exp. Ps., XXV, 1939, p. 462-480.
Étude des phénomènes qui se produisent un peu au-dessous de la
fréquence critique de fusion. Il faut distinguer deux cas. Si l'optotype
n'est pas entouré d'un champ éclairé, on note une série d'étapes à
mesure que la fréquence des oscillations est diminuée : apparition,
localisée en certains points du disque, de traces de papillotement,
puis extension, à tout le champ du disque, du papillotement qui
devient plus vigoureux ; plus tard (si ce champ est restreint) extension
en dehors de l'optotype, jusqu'au moment où tout le champ visuel
extérieur participe au papillotement ; sentiment de tension oculaire
qui semble en synchronisme avec le phénomène visuel ; enfin, distinc
tion plus nette des phases claires et sombres. Les points remarquables
de cette série de changements d'aspects se déplacent avec les varia
tions de l'intensité, comme la fréquence critique elle-même. Si
l'optotype est entouré d'un anneau éclairé, on a une succession
d'aspects quelque peu différente de la précédente. A partir du
moment où les deux phases deviennent distinctes, c'est la brillance
du fond qui détermine laquelle est prépondérante ; un fond plus
brillant tend à faire prédominer la phase obscure, un fond plus clair
la phase claire. On note aussi des phénomènes parallèles dans la
netteté des contours. Le phénomène de Brücke (exagération appa
rente de la clarté du disque, au-dessous de la fréquence critique, par
rapport à ce qu'exigerait la loi de Talbot) ne se produit que si le
champ extérieur est éclairé. P. G.
1050. — R. T. ROSS. — The fusion frequency in different areas of the
visual field. III. Foveal and the light dark ratio
for constant retinal illumination and fusion (Fréquence de fusion
dans différentes sphères du champ visuel. III. Fréquence de la
fusion fovéale et rapport clair obscur pour V illumination constante
de la rétine et sa fusion). — J. of gen. Ps., XVIII, 1, 1938, p. 111-
122.
Données en accord avec les recherches d'Ives et Cobb et en
opposition avec celles de Hecht ; la fréquence de fusion est une
fonction directement linéaire du logarithme du rapport de l'inter
valle obscur au cycle de la stimulation totale. I. L.
1051. — A. POLACK. — Interprétation du phénomène Le Grand-
Geblewicz. — C. R., CCVIII, 19, 1939, p. 1430-1433.
La décoloration par papillotement d'une lumière colorée en vision
indirecte, signalée par Yves Le Grand et Geblewicz, est interprétée
par P. comme due à une alternance rapide de complémentaires
positive et négative.
Le phénomène pourrait apparaître en vision directe si on réussis
sait à diminuer la durée des images persistantes.
Mais rien ne permet à l'heure actuelle d'envisager la possibilité
de successions d'images complémentaires à un rythme aussi rapide
que celui des stimulations papillotantes. Les processus consécutifs,
à substrat chimique très probable, sont, tels que nous les connaissons,
beaucoup trop lents. H. P. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 652
1052. — S. V. KRAVKOV. — Critical frequency of flicker and indi
rect stimuli (Fréquence critique de papillotement et stimuli
rects). — C. R. de l'Ac. des Sciences de l'U. R. S. S., XXII, 2,
1939, p. 64-66.
Sous l'influence d'une odeur (bergamote) ou d'un son (800 p. sec.
à 85 db.), la fréquence critique de papillotement — au cours de
l'adaptation à l'obscurité — a été trouvée augmentée pour le rouge
(610, 630 et 650 m\x), et diminuée pour le vert (520 m^i), la variation
étant par exemple de 14 ou 15 à 16 par seconde ou inversement. Orr
antérieurement, la sensibilité au vert avait été trouvée accrue par
ces mêmes stimuli indirects, et la sensibilité au rouge diminuée, à
l'inverse de ce qu'on attendrait de la variation de fréquence critique.
Il peut donc y avoir simultanément, remarque K., élévation de
fréquence critique avec diminution de sensibilité ou réciproquement ;
c'est que l'augmentation subjective de observée ainsi
pourrait entraîner une des différences relatives dans
l'intermittence des stimulations.
K. en déduit que l'influence de cette variation de sensibilité
doit être inverse dans le cas des fortes et des faibles stimulations.
C'est ce qu'il vérifie avec une stimulation verte.
Toutes réserves sont toujours à faire sur ces résultats obtenus
chez très peu de sujets trop au courant des problèmes. H. P.
1053. — W. J. GROZIER et E. WOLF. — Temperature and the
critical intensity for response to visual flicker. II-III (Température
et intensité critique pour la réponse au papillotement visuel). —
Pr. N. Ac. of Se, XXV, 1939, p. 78-82 et p. 171-175.
Les variations thermiques déplacent la courbe qui relie la fr
équence au logarithme de l'intensité critique sans changer sa forme :
l'intensité critique diminue quand la température s'élève.
Dans les expériences chez l'Insecte Anax et chez le Téléostéen
Enneacanthus, la caractéristique d'Arrhénius n'était toutefois pas
constante pour l'excitabilité visuelle mesurée par la réciproque de
l'intensité critique, augmentant avec la température.
De nouvelles recherches dans le cas plus simple de la tortue
Pseudemys, dont la rétine n'a qu'un seul type de récepteurs, ont
encore mis en évidence une même courbe reliant fréquence et loga
rithme d'intensité : l'intégrale de probabilité s'y applique, ce qui
s'explique par l'intervention, pour la détermination de la réponse,
d'un grand nombre d'éléments à fluctuations individuelles. Si la popu
lation est homogène dans son organisation chimique, l'intensité
critique doit être réduite pour tous les éléments dans les mêmes pro
portions, et, si l'excitabilité est gouvernée par des processus physiolo
giques impliquant des vitesses ou des fréquences, on doit s'attendre
à ce que l'équation d'Arrhénius s'applique avec une valeur constante
de la caractéristique y..
C'est ce qu'on observe chez Pseudemys.
Mais, si les processus sont gouvernés par une résultante, avec
deux réactions au moins, ayant des énergies d'activation différentes,
\i doit changer avec la température, comme c'est le cas chez la
nymphe à' Anax, étudiée à 2 fréquences (20 et 55) entre 8° et 36°. VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 653
La variation avec la température de l'excitabilité s'exprime
par 2 droites avec des valeurs de y. de 3,400 et 19,200.
Chez YEnneacanthus, l'excitabilité des bâtonnets (fréquence 4)
et celle des cônes (fréquence 20) ont été étudiées séparément ; pour
les deux systèmes on trouve au-dessous et au-dessus de 20° des
valeurs différentes de \x (8,100 et 14,400).
Dès lors [x, pour un système biologique, se montre indépendant
de la vitesse des processus sous-jarents, de l'excitabilité (réciproque
de l'intensité critique, 24.000 fois plus grande pour un des récepteurs
que pour l'autre).
Les valeurs différentes de \i pour la réaction au papillotement
chez divers animaux impliquent donc des modalités différentes du
contrôle chimique de l'excitabilité, peut-être en raison de catalyseurs
différents avec des substances qui peuvent être identiques.
La forme des courbes reliant fréquences et intensité critique
n'ayant pas de caractère spécifique et se montrant indépendante
de la température, il n'est pas possible d'en déduire une cinétique
chimique de l'excitation ; il s'agit d'une simple conséquence sta
tistique de la mise en jeu d'une population fluctuante, sans relation
avec les vitesses de réactions, seules influencées par la température.
H. P.
1054. — W. J. CROZIER et E. WOLF. — Specific constants for
visual excitation. IV. On the nature of genetic differences (Const
antes spécifiques pour l'excitation visuelle. I V. Sur la nature des
différences génétiques). — Pr. N. Ac. of Se, XXV, 4, 1939,
p. 176-179.
Utilisation de la relation entre fréquence et intensité critique de
papillotement dans des études génétiques pour l'analyse du gène.
Chez deux Téléostéens, on trouve une forme différente de la
«ourbe, et les paramètres se transmettent isolément avec dominance
de telle ou telle caractéristique quantitative.
En revanche les caractéristiques de température ne sont pas
différentes, dans les deux espèces, pour les deux catégories d'éléme.its
récepteurs, cônes et bâtonnets.
La forme de la relation ne tient donc pas à des différences dans
l'organisation chimique de l'hérédité, et les modifications transmis-
sibles de cette forme tiennent à des caractéristiques statistiques
héréditaires. H. P.
1055. — R. M. SUTTON. — An experiment on retinal after-image
and judgment Of Size (Expérience sur Vintage consécutive rétinienne
et le jugement de grandeur). — Science, XC, 1939, p. 616-617.
Par une combinaison inconsciente c'est d'après l'image
^t la distance apparente que l'on apprécie une grandeur ; c'est
l'incertitude du deuxième terme qui engendre la variabilité de la
grandeur apparente de la lune.
Une expérience de démonstration, pour rendre manifeste la
proportionnalité de la grandeur apparente à la distance de projection
de l'image, consiste à engendrer dans un œil l'image consécutive d'un
filament incandescent, qui va s'agrandir ou se rapetisser suivant ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 654
qu'elle sera projetée sur un plan lointain ou proche ; en faisant fixer
la pointe du doigt, qu'on éloigne ou rapproche devant une règle
graduée, on voit la dimension apparente, varier proportionnellement
à l'éloignement du doigt fixé. H. P.
1056. — H. WALLACH. — On constancy of visual speed (Sur la
constance de la vitesse visuelle). — Ps. Rev., XLVI, 6, 1939,
p. 541-552.
Quand des objets qui se meuvent avec la même vitesse objective
sont présentés à l'œil au repos à des distances différentes, on les
perçoit comme se mouvant à vitesse égale, bien que les déplacements
de leurs images rétiniennes par unité de temps varient en proportion
inverse de la distance. C'est ce qu'on appelle la constance de la vitesse
visuelle. Elle est semblable à la constance de la grandeur. Deux objets
identiques présentés à des distances différentes paraissent avoir la
même grandeur, si l'on reste dans de certaines limites. Il semble
naturel d'affirmer que la constance de la vitesse visuelle est une
conséquence de la constance de grandeur.
Pourtant les expériences de Brown l'ont conduit à penser qu'il
n'en était pas ainsi. Quand deux objets se meuvent à différentes dis
tances de l'œil, la vitesse objective du plus éloigné doit être notable
ment plus grande, pour que les deux vitesses apparaissent comme
égales. Brown a posé le principe de la transposition. On regarde à
travers une ouverture percée dans un carton noir passer des points
noirs tracés sur une surface blanche, celle-ci étant entraînée par un
tambour. Dans l'expérience transposée, l'ouverture, le diamètre des
points et la distance qui les sépare sont par exemple, doubles.
L'observateur règle la vitesse des tambours de la figure simple et de
la figure transposée, de façon que les deux vitesses apparentes soient
égales. Le rapport des deux vitesses objectives est de 1,94, soit à
peu près de 2. De même, si le rapport de transposition des figures est
de 4, le rapport des vitesses objectives est de 3,7. La vitesse doit donc
être transposée dans les mêmes proportions que les figures. Ce
principe de transposition est pour Brown indépendant du principe de
constance visuelle.
Pour W. au contraire, les deux principes se commandent. Il fait
remarquer que les deux situations sont les mêmes, si l'on considère
non pas les objets extérieurs, mais leurs images rétiniennes. L&
principe de transposition à lui seul, si on l'applique aux images
rétiniennes et aux déplacements rétiniens, produit la constance de la
vitesse visuelle. Du reste, ni l'un ni l'autre de ces deux principes
ne s'applique d'une façon absolument exacte. G. P.
1057. — M. LUCKIESH et F. K. MOSS. — Frequency of blinking
as a clinical criterion of ease of seeing (La fréquence de clignement
comme critère clinique du confort de vision). — Am. J. of O.,
XXII, 6, 1939, p. 616-621.
Mesure de la fréquence des clignements au cours de la lecture,
par périodes d'une heure à divers éclairements.
Avec un éclairement de 1 bougie-pied, la fréquence passe de 35 à 60
(accroissement de 71,5 %) entre les 5 premières et les 5 dernières VISION. MOTRICITÉ OCULAIRE 655
- minutes de lecture ; avec 10, elle passe de 35 à 46 (accr. de 31,4 %)
enfin avec 100, elle passe de 36 à 39 (accr. de 8,3 % seulement).
Il y a là un critère des bonnes conditions d'éclairement, et d'une
vision aisée à tous points de vue. C'est ainsi qu'un texte imprimé en
caractères de 6 entraîne 148 clignements, et 100 seulement
quand il est imprimé en caractères plus gros, de 12 points. H. P.
1058. — A. C. HOFFMAN, B. WELLMAN et L. CARMICHAËL. —
A quantitative comparison of the electrical and photographic
techniques of eye-movement recording (Une comparaison quantit
ative des techniques électriques et photographiques d'enregistrement
des mouvements des yeux). — J. of exp. Ps.,' XXIV, 1939, p. 40-53.
Le but de ce travail était de comparer l'enregistrement photo
graphique des mouvements des yeux avec des
variations de potentiel électrique correspondantes. On photographiait
le déplacement d'un rayon lumineux réfléchi sur la cornée, en même
temps qu'on inscrivait les variations de potentiel au moyen de plu
sieurs électrodes placées pour chaque œil dans la région correspondant
à chacun des quatre muscles interne, externe, supérieur et inférieur.
On comparait ensuite l'amplitude du mouvement avec celle de la
variation de potentiel. On trouve entre ces grandeurs une oorrélation
très satisfaisante. La méthode d'enregistrement des variations
électriques est donc très fidèle, et peut être substituée avec avantage
à celle de la photographie directe des mouvements, par exemple
quand on veut opérer dans l'obscurité ou laisser aux yeux et à la
tête la liberté de leurs déplacements naturels. P. G.
1059. — H. M. BURIAN. — Fusional movements. Role of peripheral
retinal Stimuli (Mouvements de fusion. Rôle des stimuli périphé
riques rétiniens). — Ar. of O., XXI, 1939, p. 486-491.
La projection, dans la région périphérique des deux rétines,
d'images identiques un peu décalées, entraîne des mouvements de
fusion (verticaux, horizontaux, ou de torsion), vérifiés par de»
repères fovéaux sur verniers, et d'autant plus marqués que les stimuli
ont plus d'étendue ou de brillance.
A 12° de la fovéa, des carrés ne dépassant pas un demi-degré de
dimension angulaire peuvent déjà provoquer des mouvements de
fusion, alors que les images sont assez distinctes pour que le sujet ne
puisse dire si la fusion est bien réalisée ou non.
Et de tels mouvements d'origine périphérique peuvent, en cer
tains cas, empêcher une fusion fovéale. H. P.
1060. — R. CAROW. — Untersuchungen über die Nähenmgsrollung
und die Hebungs-Senkungsrollung der Augen (Recherches sur la
giration des yeux en vision proche et dans le soulèvement-abaisse
ment). — Ar. für O., GXL, 1, 1939, p. 86-115.
C. a mesuré les diverses girations (rotations autour de la ligne de
fixation, axe antéro-postérieur du globe) sur 107 sujets, en employant,
avec le cyclophoromètre de Harms, une méthode analogue à celle de
Volkmann : fusion de 2 disques à diamètre vertical, vus chacun par un
œil (l'angle réel des diamètres fusionnés par le sujet donnant l'angle

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