Rythme et Sens du Temps. - compte-rendu ; n°1 ; vol.27, pg 545-548

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L'année psychologique - Année 1926 - Volume 27 - Numéro 1 - Pages 545-548
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
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2° Rythme et Sens du Temps.
In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 545-548.
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2° Rythme et Sens du Temps. In: L'année psychologique. 1926 vol. 27. pp. 545-548.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1926_num_27_1_6363ET SENS DU TEMPS 545 RYTHME
2° Rythme et sens du temps
R. BRAUER. — Rhytmische Studien. Untersuchungen zu Tempo,
Agogik und Dynamik des Einchendorf f sehen Stiles {Etudes de
rythme. Recherches sur le tempo, Vagogique et la dynamique du style
d'Eichendorff). — A. f. ges. Ps., LVI, 3-4, 1926, p. 289-396.
Calculs patients dont les résultats les plus nets concernent les
différences de rythme entre la poésie d'Eichendorff et sa prose. Il
apparaît que dans celle-là les mots sont en moyenne plus courts, les
mots monosyllabiques plus fréquents, et, en général, tous les mots
plus homogènes au point de vue de la longueur. Par contre, les
variétés d'accents ( l'auteur en distingue cinq catégories, bien qu'il
n'ignore pas les difficultés d'une pareille évaluation nécessairement
subjective) sont plus riches en poésie, mais ici encore l'homogénéité
est plus grande et les changements d'accents dans un morceau plus
rares. Quant au rythme proprement dit la poésie d'Eichendorff
présente une fréquence et une constance plus grande des formes
simples (comme l'iambe ou le dactyle). D. W.
ROBERT HOLMES SEASHORE. — Studies in motor rythm
(Etudes sur le rythme moteur). — Ps. Mon., XXXVI, 2 (167), 1926,
p. 142-189.
L'auteur a cherché la mise au point d'une méthode permettant la
prédiction des aptitudes en matière d'éducation du rythme, comme
partie intégrante de l'éducation musicale : après avoir entendu au
téléphone un rythme sonore (produit par le phonographe chrono-
graphe de Seashore), le sujet doit reproduire ce rythme, en frappant
sur une clef de Morse. Quelques autres tests ont été appliqués corré
lativement (tests musicaux de Seashore, tests généraux de mémoire,
de coordination oculo-motrice, de précision de mouvement, de vi
tesse de réaction auditive).
L'étalonnage du test a été établi ; l'examen de musiciens inégal
ement exercés a montré que l'éducation n'avait pas sur la réussite
d'influence très considérable, ce qui révèle une aptitude fondament
ale de caractère relativement élémentaire et importante en musique
(la supériorité générale des musiciens étant très notable). La répéti
tion du test n'entraîne pas non plus d'amélioration marquée.
L'analyse des corrélations avec les divers tests parallèlement uti
lisés conduit à quelques conclusions générales.
Le rythme moteur impliquerait un facteur propre, appelé rythme
de base (« basic rythm »), un facteur très général de mémoire kines
thésique, et un troisième facteur, encore très important, de coordinat
ion musculaire générale, alors que la vitesse motrice (tapping), la
rapidité de réaction ont peu de rapport avec le rythme.
Le sens du temps, et de la hauteur, la mémoire tonale sont en
rapport avec le rythme. En ce qui concerne la simple perception de
rythme, la coordination musculaire générale ne joue plus de rôle,
tandis que le « rythme de base » et la mémoire kinesthésique inter
viennent. La simple capacité de mémoire immédiate, l'intelligence
l'année psychologique, xxvn. 35 546 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
générale, la vitesse, n'ont pas de rapport marqué avec la perception
du rythme.
Voici, pour plus de précision à cet égard, les coefficients de corré
lation directe obtenus.
Avec le sens du rythme perçu (appréciation des rythmes iden
tiques ou différents), on a, pour le rythme moteur (à 50 par minute) :
0,64 ; pour la mémoire tonale : 0,56 ; pour le sens du temps : 0,52 ;
pour le sens de la hauteur : 0,32 ; pour la capacité de mémoire imméd
iate des chiffres : 0,44 ; pour la coordination oculo-motrice : 0,22 ;
pour la précision à tracer : — 0,12 : pour la précision de pointage :
0,22 ; pour le tapping : 0,10 ; pour le temps de réaction auditive :
0,17.
Avec le rythme moteur, on a, pour le sens du rythme : 0,64 ; pour
le sens du temps : 0,42 ; pour le sens de la hauteur : 0,40 ; pour la
mémoire tonale : 0,54 ; la capacité de mémoire immédiate :
0,46 ; pour la coordination oculo-motrice : 0,46 ; pour la précision à
tracer : 0,32 ; pour la précision de pointage : 0,39 ; pour le tapping :
0,28 ; pour le temps de réaction : 0,14.
Mais l'auteur a calculé, en outre, des corrélations partielles et
multiples, pour aboutir à une analyse qu'il considère comme plus
exacte des facteurs communs et dont nous avons indiqué les conclu
sions. • H. P.
FRIEDRICH SANDER. — Ueber räumliche Rhythmik {Sur la
rythmique spatiale). — Neue Ps. Stud., I, 1926, p. 125-158.
Y a-t-il une rythmique des formes visibles simultanées, analogue
à celles des sons successifs ? Les esthéticiens l'ont soupçonné depuis
longtemps ; les recherches expérimentales des psychologues le pré
cisent aujourd'hui. Sander projette sur un écran pendant un dixième
de seconde de petits éléments de droites identiques, soit en désordre,
soit dans un ordre déterminé,par exemple en série horizontale de traits
verticaux groupés de façon systématique. On note avec soin les im
pressions des observateurs, impressions de « qualités de complexes »
quasi affectives qui sont rendues avec une grande richesse de termes
métaphoriques plus ou moins ambigus. Il y a une opposition quali
tative très marquée entre les séries ordonnées et les séries chaotiques.
Dans certaines expériences, on demande aux sujets d'estimer le
nombre des éléments de lignes (qui ne peuvent être comptés). Les
séries chaotiques sont surestimées, les séries ordonnées sous-estimées ;
l'illusion est d'autant plus forte que le nombre des éléments est plus
grand. Si l'on expose pendant une minute des lignes lumineuses ho
rizontales d'éléments verticaux séparés par des intervalles sombres
égaux (mais qu'on varie d'une série à l'autre), l'unité de l'ensemble
s'affirme énergiquement pour de petits intervalles ; pour les inter
valles moyens il s'établit une rythmisation (habituellement par asso
ciation de deux éléments) ; le groupe total se morcelle donc en
groupes secondaires ; l'intervalle qui sépare deux groupes est subjec
tivement différent de celui qui sépare deux éléments. Si les éléments
sont inégaux et sont présentés par exemple dans l'ordre : 1 grand,
2 petits, 1 grand, etc.. (les intervalles horizontaux restant égaux), il
peut apparaître, selon l'adaptation subjective, deux types de grou- ET SENS DU TEMP» 547 RYTHME
pements (groupes binaires de deux lignes courtes séparés par une
longue, ou groupes ternaires formés d'une longue encadrée à droite
et à gauche par deux courtes). Ici la manière dont la rangée se te
rmine à droite et à gauche joue un grand rôle. Il suffit souvent de
couvrir la dernière ligne pour changer l'aspect de l'ensemble. L'étude
se complète par des expériences où l'on demande au sujet d'apprécier
3'intervalle obscur qui sépare, soit deux groupes, soit deux membres
d'un groupe. Bien qu'ils soient objectivement égaux le premier paraît
-en moyenne un peu plus grand que le second. (On voit de suite l'ana
logie de ces faits avec ceux du domaine acoustique). P. G.
J.-P. GUILFORD. — Spatials symbols in the apprehension of time
(Symboles spatiaux dans V appréhension du temps). — Am. J. of
Ps., XXXVII, 3, 1926, p. 420-423.
On a demandé à une centaine d'étudiants des réponses à un ques
tionnaire sur ce sujet. On a noté en même temps leurs réactions
motrices. (En général la tendance à regarder en bas, quand on pense
au temps, est plus marquée pour le passé que pour le futur ; quelques-
uns regardent aussi en haut ; tous les mouvements horizontaux sont
de gauche à droite). Des images spatiales sont accusées par 90 % des
sujets. 58 % de ceux qui ont des représentations spatiales de temps
voient le passé en bas, le futur en haut et le présent au milieu. Beau
coup voient une ligne ascendante à 45° de gauche à droite ; le présent
est figuré par un plateau. Quelques-uns se représentent en train de
monter un plan incliné. Dans quatre cas du type ascendant les trois
phases sont simplement superposées. 25 % les voient sur le même
niveau. D'autres voient des pyramides opposées par le sommet,
deux courbes opposées se coupant par leur sommet, etc. Beaucoup
•se représentent aussi par des schémas spatiaux le temps historique.
En général la perception et la représentation du semblent
issues de celles du mouvement : le temps est pensé comme un espace
traversé. P. G.
H. KIRCHNER. — Die Abhängigkeit der Zeitschätzung von der
Intensität des Reizes (Influence de l'intensité de l'excitation sur
l'appréciation du temps). — A. f. ges. Ps., LIV, 1-2, 1926, p. 85-128.
L'auteur a fait comparer, au point de vue de leur durée, deux
excitations visuelles ou auditives séparées par un intervalle de
2,8 secondes et dont la première, l'excitation étalon, était toujours
égale à 2 secondes.
La conclusion à laquelle il aboutit est celle-ci : plus il y a d'effort,
de tension (« Spannungen ») pendant la perception de l'excitation
étalon, plus cette durée est sousestimée, plus grande devient l'erreur
constante négative. Ces tensions, l'auteur cherche à les provoquer de
diverses manières dont certaines ont trait aux conditions objectives
de l'expérience et d'autres relèvent de l'attitude du sujet : faible
intensité des excitations, absence de points de fixation préalable
pour les excitations lumineuses, recommandation de faire plus spé
cialement attention à l'excitation étalon. Dans tous ces cas, on trouve
des erreurs constantes négatives assez importantes ; la modification
de l'une quelconque des conditions indiquées a pour conséquence de 548 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
diminuer l'erreur négative ou même de la rendre positive, c'est-à-dire-
d'allonger la durée subjective de l'excitation étalon. Ainsi, pour la
comparaison des points lumineux à une distance de 4 mètres sans que
le sujet sache de quel côté apparaîtront les excitations, l'erreur cons
tante a été égale à — 1,42 (moyenne de 5 sujets). L'intensité des exci
tations étant augmentée (points lumineux à 60 centimètres du sujet)
l'erreur constante devint égale à -f- 2,41. Cependant, en maintenant
la faible intensité (4 mètres) on obtint déjà une erreur constante
positive (-4- 0,46) en indiquant d'avance au sujet la direction dans
laquelle il fallait s'attendre à voir apparaître les points lumineux ; la
présentation préalable d'un point de fixation eut pour conséquence
une erreur constante de + 2,38. Lorsque la consigne recommandait
de faire particulièrement attention à Pexcitation0étalon on a trouvé
pour des excitations intenses (60'centimètres), une erreur constante
négative : — 1,68 ; alors qu'une consigne contraire a fait obtenir une
erreur positive (+ 1,15) même pour les excitations faibles (à 4 mètres).
Les expériences auditives ont donné des résultats analogues.
D. W.
KURT LEWIN. — Ein verbesserter Zeitsinnapparat (Un appareil
amélioré de mesure du sens du temps). — Ps. For., VII, 3, 1926,
p. 273-275.
L'appareil se compose d'une roue horizontale dont l'axe prolongé
porte deux leviers qui peuvent être fixés dans diverses positions.
Dans le mouvement de la roue, ils rencontrent des bornes mobiles
sur un cercle gradué : l'un des leviers en entrant en contact avec les
bornes ferme le circuit, l'autre l'ouvre. On peut faire varier les posi
tions des bornes sur le cercle, ainsi que l'angle des deux leviers, de
manière à réaliser toute sorte de combinaisons de durée et de rythme
d'un groupe complexe d'excitations. De nouvelles possibilités sont
offertes par deux autres leviers porteurs de bornes, qui peuvent être
rapidement déplacés soit isolément, soit solidairement, de manière
à intercaler dans l'intervalle d'expériences consécutives de nouvelles
excitations un rapport de temps déterminé avec celles-ci.
P. G.
3° Sensations cutanées et sous-cutanées internes et algiques
DAVID KATZ. — Der Aufbau der Tastwelt (La constitution du monde
tactile). — In-8° de 270 p. (Ergänzungsband de la Zeitschrift für
Psychologie), Leipzig, Barth, 1925. Prix : 9 mark.
Il y a un monde tactile extrêmement riche et dont l'importance
apparaît chez les aveugles avec une évidence toute particulière ; or
les données élémentaires, les qualités sensorielles paraissent très
pauvres.
C'est que, comme le montre K., il se constitue pour le tact, ainsi que
pour les sens supérieurs, des complexus perceptifs, des « formes »-
(Gestalten) caractéristiques, et la mémoire garde l'image d'une indi-

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