Sabres Kabyles - article ; n°1 ; vol.28, pg 111-191

De
Journal de la Société des Africanistes - Année 1958 - Volume 28 - Numéro 1 - Pages 111-191
81 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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Camille lacoste
Sabres Kabyles
In: Journal de la Société des Africanistes. 1958, tome 28. pp. 111-191.
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lacoste Camille. Sabres Kabyles. In: Journal de la Société des Africanistes. 1958, tome 28. pp. 111-191.
doi : 10.3406/jafr.1958.1895
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0037-9166_1958_num_28_1_1895KABYLES* SABRES
PAR
Camille LACOSTE
Bien que les armes blanches du monde arabe jouissent d'une cer
taine notoriété, celles d'Afrique du Nord sont, dans l'ensemble, assez
peu connues.
Des études ont été consacrées aux sabres marocains x, à la « takouba »
des Touaregs 2, aucune aux armes algériennes. Le Musée de l'Homme
possède cependant un important ensemble de ces dernières : de tailles
et de formes variées, elles proviennent de collections différentes,
entrées au Musée à des dates allant de 1889 à 1952.
Parmi elles, des sabres retiennent l'attention par leur aspect peu
banal : alors que l'Afrique du Nord est considérée comme le domaine
du sabre courbe, ceux-ci sont droits, de forme inhabituelle, d'une
longueur peu commune, munis d'une poignée originale. Mêlés à
d'autres armes de types courbe, ils ont entraîné l'étude du groupe tout
entier.
• Ce travail a été entrepris sur l'initiative de M. Tubiana, professeur à l'École Nationale des
Langues Orientales Vivantes, chargé du département d'Afrique Blanche et Levant au Musée de
l'Homme, qui m'a guidée tout au long de son élaboration. Je tiens à lui exprimer ici ma profonde
reconnaissance pour la constance sollicitude et la confiance qu'il n'a cessé de me témoigner.
Je veux exprimer aussi ma gratitude à M. Georges Marçais, qui m'a fait l'honneur de ses
conseils dans une lettre particulière. .
Ma reconnaissance va encore à M. Leroi-Gourhan, professeur à la Sorbonně, à M. le D' Pales,
maître de recherches au C. N. R. S., qui ont bien voulu m'aider de leurs avis et m'encourager
dans mes recherches.
Des remerciements particuliers s'adressent à M. Galand, professeur à l'École Nationale des
Langues Orientales Vivantes, qui a pris la peine d'examiner les termes berbères.
Que soient remerciés M. Emerit, professeur à la Faculté des Lettres d'Alger, M. Cahen, pro
fesseur à la Faculté des Lettres de Strasbourg, M. R.-J. Charles, vice-président de la Commiss
ion technique du Musée de l'Armée, M. Armand-Calliat, conservateur du Musée de Chalon-
sur-Saône, M. Sapin-Lignières, spécialiste d'armes blanches musulmanes, qui ont bien voulu
m'aider de leurs compétences.
Je veux remercier encore M11» H. Balfet, attachée de recherches au C. N. R. S., pour de nomb
reuses discussions fructueuses où elle a su me faire profiter de sa propre expérience ethnologique.
Ma gratitude va enfin à Mm« G. Dieterlex, directeur d'études à l'École Pratique des Hautes
Études, secrétaire général de la Société des Africanistes, qui a bien voulu accueillir ce travail et
lui permettre de voir heureusement le jour.
(Les chiffres entre parenthèses dans les notes renvoient à la bibliographie).
1. Buttin, Ch., Catalogue... (1) ; Vicaire, M., « Les armes du Musée du Batha... » (13).
2. Morel, Dr., с Essai sur l'épée... » (11). ; Lhote, H., < Note sur l'origine des lames d'épées... (9). 112 SOCIETE DES AFRICANISTES
Vue l'impossibilité d'effectuer actuellement des recherches en Algér
ie, il a fallu se borner, d'une part, aux indications fournies par l'étude
des armes mêmes ou par leurs donateurs, d'autre part, aux résultats
de recherches bibliographiques. Les renseignements ainsi obtenus
permettent seulement de cerner d'un peu plus près les problèmes qui
se posent et qu'on ne peut prétendre résoudre pour l'heure.
I. Les armes de type courbe.
Nous avons appelés « courbes », huit sabres (nos 89 . 79 . 16 ; 94 . 71 Л 0 ;
02.9.13; 30.54.99; 34.16.41; 34.16.43; 52.76.31; 52.76.32).
Les lames, à un seul tranchant, sont de taille moyenne (66 à 85 cm
de longueur totale). L'ensemble de l'arme est nettement concave : le
dos de la poignée et celui de la lame dessinent un seul arc courbé au
dehors. C'est la courbure inverse de celle du cimeterre (fig. 1, I.).
Fig. I. — 1. Courbures, a) : d'un sabre courbe provenant d'Algérie ; b) : d'un cimeterre.
2. Pointes, a) : par coupure rapide du tranchant ; b) : par courbure convexe.
3. Emmanchement, profil et section.
4. Poignée à ailerons, profil et dos.
1) La lame :
Elle garde une largeur constante : le tranchant forme ainsi une
ligne concave, parallèle au dos. La pointe est peu développée : elle
est obtenue par une fuite rapide du tranchant vers le dos, selon une
courte ligne convexe. Parfois, un léger renflement précédant la pointe,
cette convexe du tranchant se trouve plus développée (fig. 1, 2).
Six de ces lames ont une section en T par élargissement du dos.
Dans l'ensemble il s'agit de lames assez simples. Une seule partie
fonctionnelle est dégagée : la partie distale du tranchant, utilisable
essentiellement de taille.
2) L'emmanchement : .
La lame se rétrécit en forme de lamelle (fig. I, 3). Des plaques de
bois de section hémisphérique sont rivées sur cette lamelle et consti
tuent la poignée. ,
KABYLES 113 SABRES
3) Les poignées :
Elles sont toutes constituées de simples plaques de bois, rivées sur
la lamelle prolongeant la lame.
Elles sont tantôt très simples, tantôt d'un type assez particulier :
dans le premier cas, un pommeau est très grossièrement taillé, sans
forme précise pour deux armes (52.73.32 et 89.79.16). L'une de ces
poignées (89.79.16) est entourée, à sa base, d'un grossier manchon de
cuir. De forme tronconique, il s'épanouit en une sorte de garde autour
du talon de la lame.
Dans le cas des sabres nos 34.16.41, 52.76.31, 30.54.89, 94.71.10
et 34. 16.43, les deux plaques qui constituent la poignée se prolongent
en ailes. Parfois très développées (34.16.41) ces ailes s'écartent et
forment le pommeau : c'est le type de poignée dit « à ailerons » (fig. I,
4).
4) Les fourreaux :
Deux d'entre eux (89.79.16 et 30.54.99), ont des fourreaux gros
siers, en bois recouvert de cuir. Un autre (94.71.10), dont la poignée
est recouverte de cuivre, a un fourreau du modèle de celui des grands
sabres droits (v. ci-dessous, p. 115), quoique adapté à la courbure
de la lame.
II. Les armes droites.
Elles comprennent trois séries d'armes de tailles différentes : les
premières ont 90 à 115 cm de longueur totale ; ce sont les plus grandes
ou.« grands sabres »; celles de la série moyenne ont des longueurs
comprises entre 50 et 56 cm, ce sont de « petits sabres » ; enfin, plusieurs
armes de taille fort petite (entre 36 et 41 cm) mériteraient, peut-être
le nom de « poignards », mais il s'agit plutôt de sortes de couteaux.
Un autre groupe de sabres, légèrement différents par leurs proport
ions est rangé dans une série « intermédiaire » (fig. II, 5).
A. Grands sabres droits.
1) La lame :
Elle a entre 75 et 105 cm de long, 30 à 38 mm de largeur maximum.
Le tranchant suit une double courbure de 7 à 12 mm d'amplitude :
après un talon assez prononcé, la lame se rétrécit rapidement, puis
s'élargit, pour atteindre sa largeur maximum au. niveau du contre-
tranchant. De la sorte, la plus grande largeur de la lame se trouve
ainsi reportée dans sa partie médiane. Elle forme ensuite une pointe
très effilée (35 à 50 cm de long), par le rapprochement progressif du
tranchant vers le dos (fig. II, 6).
Africanistes. 8 SOCIETE DES AFRICANISTES 114
Le dos des lames est droit. Assez épais (7-10 mm), dans sa partie
proximale, il est ensuite brusquement rétréci dans sa moitié distale
par des biseaux coupant les angles de la lame. Ces biseaux s'accentuent
vers la pointe : se rapprochant peu à peu, ils arrivent à se rejoindre,
et transforment alors le dos en un véritable contre-tranchant.
5. Différents types d'armes droites, a) : grands droits ; b) : intermédiaires ;
c) : petits sabres ; d) : couteaux.
6. Grands sabres droits : lame.
7. Emmanchement d'un grand sabre droit.
8. Pommeau des grands sabres droits.
De cette façon, la section de la lame, triangulaire près de la poignée,
devient losangique vers son extrémité.
Les caractères les plus remarquables de ces; lames semblent être
essentiellement leur grande longueur, leur poids, la double courbure du
tranchant.
La longue fuite du tranchant vers le dos, l'aménagement progressif
d'un contre-tranchant, le report de l'épaisseur maximum de la lame
au milieu de sa section, constituent, trois autres éléments caractéris
tiques. Les trois premiers rendent plus efficaces les coups de taille
portés par le tranchant : la portion agissante de la lame comprend
alors les trois quarts environ de la longueur. Les autres éléments
déterminent une pointe* dont l'extrémité peut être comparée à une
véritable dague. Les coups d'estoc portés avec cette pointe doivent
être aussi meurtriers que les coups de taille portés avec le tranchant.
La lame se trouve ainsi réunir deux parties fonctionnelles se chevau
chant à l'endroit de sa plus grande largeur :
— la partie proximale (les trois quarts de la longueur) paraît des
tinée surtout à une utilisation de taille ;
— la moitié distale, la pointe, plus adaptée aux coups d'estoc. KABYLES 115 SABRES
2) L'emmanchement :
Au-delà d'un talon brutal, la lame est ramenée, par une découpe
en biais, à un court pédoncule d'environ 1 cm de large et de même
épaisseur que le dos de la lame. Ce pédoncule s'épaissit ensuite de
chaque côté, en une forte de fausse virole octogonale qui constitue
ainsi le tiers environ de la fusée. Une lamelle plate, épaisse seulement
de quelques millimètres mais aussi longue et large que le reste de la
poignée, constitue le système d'emmanchement proprement dit
(fig. П, 7).
3) La poignée.
La fusée est en forme de prisme octogonal, souvent plus gros vers
le pommeau que vers la lame. Les pans dorsal et ventral sont généra
lement plus développés que les six faces latérales. En fer massif
(comme la lame), dans son tiers inférieur, elle est constituée ensuite
par deux parties de bois rivées sur la soie ou lamelle centrale. L'en
semble est recouvert d'une mince plaque d'alliage au cuivre.
Le pommeau est en forme de tête d'animal stylisé. Son « bec », de
section rectangulaire, se développe vers la partie ventrale ; son.
« crâne » s'amenuise en hauteur par une série de gradins successifs
surmontés d'un rivet formant protubérance. Le même rivet, parfois
répété de chaque côté de cette tête, simule deux yeux.
Ces armes n'ont pas de garde (fig. II, 8).
4) Le fourreau.
La plupart de ces armes ont un fourreau en bois dur, plus ou moins
patiné. Il engaîne la lame seule et en épouse la forme.
De section cordiforme, il est composé de deux plaques jointives,
présentant en creux le relief de la lame. Ces plaques sont assemblées
au moyen de quatre ou cinq bagues métalliques : simples bandes de
métal dont les extrémités sont repliées sur elles-mêmes. Un piquetage
les tient en place. La face externe du fourreau, seule décorée, porte
en outre deux pattes de suspension, sorte de pontets sculptés plein bois
(fig. HI, 9).
В. Petits sabres et couteaux.
La description précédente, qui concerne dix grands sabres, peut
aussi s'appliquer à la plupart des couteaux. Pour les autres, quelques
détails varient seuls :
1) Les lames des couteaux de petite taille ont un profil légèrement
convexe de sorte que la pointe se trouve relevée ;
la présence du contre-tranchant n'est pas un trait permanent ;
la double sinuosité du tranchant n'existe plus (fig. III, 10).
2) L'emmanchement est à soie quand la lame a un profil convexe. SOCIÉTÉ DES AFRICANISTES 116
3) La poignée, dans la majorité des cas, est du même type que celle
des grands sabres droits ; cependant, quelques lames droites et toutes
les lames à profil convexe ont une poignée de bois. La forme du
pommeau est alors différente : « le bec » ou « museau » de l'animal
figuré s'évase souvent sur le devant, tandis que le dos de la fusée
se prolonge derrière cette tête en une sorte d'oreille (fig. III, 10). C'est
là une forme de poignée assez courante parmi les armes blanches
arabes.
4) Le fourreau :
Les fourreaux des poignards droits sont, dans l'ensemble, du même
type que ceux des armes de grande taille ; cependant, ils ne portent
qu'une patte de suspension et sont décorés plus simplement.
Les fourreaux, des couteaux courbes sont assez différents : épousant
la forme de la lame, ils se redressent vers la pointe. En outre, les deux
parties qui les constituent sont étroitement collées, alors qu'elles sont
seulement jointes par des bagues pour les autres types. Ces bagues
sont alors grossièrement soudées . : à l'une d'elles sont également
soudés deux petits anneaux pour la suspension.
C. Série intermédiaire.
Parmi les autres sabres de grande taille, il en est dont la forme se
rapproche du type décrit plus haut comme « grand droit ». Ils en
diffèrent cependant de plusieurs façons :
l)Les lames :
D'une manière générale, la pointe des lames est beaucoup moins
effilée.
Certaines armes ont la lame aussi longue que celle du grand droit,
mais la double courbure du tranchant est à peine esquissée, de sorte
que la largeur de la lame est presque constante sur toute sa lon
gueur.
D'autres ont la lame plus courte que celle du grand droit, avec une
double courbure très accentuée, de sorte que le maximum de largeur
de la lame se place seulement à 25 cm environ de la pointe.
Enfin, dans un dernier cas, le dos suit une courbure parallèle à celle
du tranchant.
Le n° 94.71.19 appartient au premier groupe de lames : lame très
droite et peu large, pointe peu effilée, tranchant sans double courbure,
et, en outre, très légèrement redressé ; à tous autres points de vue,
cette arme est tout à fait conforme au type « grand droit » ; elle n'en
est, en somme, qu'une variante, une forme de transition (fig. Ill, 12).
Même absence de double courbure au tranchant d'un sabre dont KABYLES 117 SABRES
«Coupe da d'vn maintien О JOcni
О
Fig. III. — 9. Fourreau des grands sabres droits.
10. Variétés de petits couteaux, a) : droit ; b) : à courbure, tranchant convexe.
11. Emmanchement à soie des petits couteaux courbes.
12. Sabre de la série «intermédiaire » (94.71.19).
13. Série intermédiaire, lame courte et large, une seule courbure (34.141.14).
14.des sabres de la série intermédiaire.
15. Pommeau d'un sabre de la série
la poignée est restée de bois (deux plaques rivées de chaque côté de
la soie), comme c'est aussi le cas pour les autres sabres de cette série.
La longueur de ces deux armes est du même ordre que celle qui
caractérise la première série. Les cinq suivantes, en revanche, sont
beaucoup plus courtes : 70 à 82 cm de longueur totale.
La lame du n° 52.73.33 présente une double courbure à peine
marquée (4 mm d'amplitude). Sa plus grande largeur est reportée vers
la pointe qui est ainsi peu effilée. La poignée est en bois, le pommeau
la forme précédemment décrite (p. 115).
Les lames de trois autres sabres (34. 141 . 14; 34. 141 . 15 ; 29 . 14. 131),
sont relativement courtes et larges : 60 à 70 cm pour 40 à 43 mm de 118 SOCIÉTÉ DES AFRICANISTES
large. Elles sont aussi beaucoup moins épaisses. Il n'existe pas de
courbure concave près du talon ; à cet endroit, le tranchant est parall
èle au dos sur 10 à 12 cm. Le tranchant présente une seule courbure,
convexe, dans le sens d'un renflement de la lame (le dos restant toujours
droit). Le contre-tranchant amincit beaucoup ce dos, et donne ainsi
à sa partie distale l'apparence d'un second tranchant (fig. III, 13).
Dans l'ensemble, les caractéristiques originales des lames des sabres
du type grand droit se retrouvent ici beaucoup moins marquées et
comme atrophiées.
2) L'emmanchement :
Le talon des lames est ramené à la largeur de la fausse virole par
une découpe perpendiculaire au tranchant. Il n'y a pas de pédoncule
intermédiaire, de sorte que l'empoigne commence immédiatement
contre le départ du tranchant (fig. Ill, 14).
3) Les poignées :
Elles ne présentent pas les deux parties distinctes observées sur le
« grand droit » (fer massif pour la première partie de la fusée, poignée
proprement dite ensuite). Elles sont,- dans ce cas, constituées enti
èrement par les plaques de bois de section semi-circulaire, rivées sur
la lamelle centrale. Leur pommeau a, dans l'ensemble, la forme décrite
précédemment, mais la stylisation est .moins poussée :_il s'agit d'un
simple épanouissement arrondi , de la poignée, côté tranchant de
l'arme, parfois assez massif (fig. III, 15).
Le sabre n° 29.14.131 se distingue par un emmanchement renforcé
au moyen de fils métalliques, simples d'abord, puis doublés en torsade ;
une sorte de virole fixée par un piquetage garnit le reste de la poignée.
Il semble qu'il faille rattacher presque toutes les armes de petite
taille, de même que les sabres de la série dite « intermédiaire », au type
« grand droit » : même conception d'ensemble de la lame, formes voi
sines de la poignée ; quelques caractéristiques peuvent varier, mais
jamais toutes ensemble, de sorte que chaque exemplaire conserve
toujours quelque chose de commun avec le type grand droit.
La seule distinction nette concerne les sabres courbes et droits,
qui se différencient en deux types tout à fait distincts.
III/ Propriétés.
Déjà pressenties lors de la description morphologique des lames,
les propriétés de ces armes peuvent être précisées grâce à l'étude de
leurs indices d'efficacité. On a établi, pour chacune des pièces de la
collection, le : graphique descriptif conçu par. A. Leroi-Gourhan : SABRES KABYLES 119
« Ce graphique est obtenu par la mise en série des combinaisons suc
cessives de la longueur de la partie libre de l'arme et du poids du
fléau que constitue cette partie libre :
Poids du fléau (PF) _
Longueur du fléau (LF) v /0/
Poids % ' " X 100 = T Indice ,. poids-longueur ... (IPL) /ТГ)ТЧ
T F1
— = Longueur relative (L %)
pFy1Q
= Indice longueur-poids (ILP).
Ces quatre éléments mis en série donnent une ligne brisée par quatre
points dont les variations . sont précieuses, puisqu'on peut lire, par
un simple graphique, à la fois la forme et les propriétés de l'arme *. »
Les armes ainsi définies par leurs graphiques se répartissent, tou
jours selon A. Leroi-Gourhan, en six grandes séries, comprenant
souvent deux ou trois subdivisions. Les pièces qui nous intéressent se
rangent dans les séries 2 et 3.
La série 2 est celle des « poignards » et « sabres courts ». Il s'agit de
« formes légères, caractérisées essentiellement par un mode de per
cussion punctiforme, où le poids de l'arme n'entre pour ainsi dire pas
en jeu ».
Quelques-unes seulement des petites armes entrent dans la caté
gorie des poignards. Certaines d'entre elles sont même pratiquement
inutilisables, la poignée n'est même pas de la taille d'une petite main.
Les armes de taille moyenne, sont du type 2 В et pourraient donc
être appelées : « sabres courts ». -
En ce qui concerne l'usage de ces armes légères, il s'agit sans doute
d'armes secondaires ou d'appoint. On peut se demander en outre si
elles ne sont pas de création récente ; dans ce cas leur faible encombre
ment les aurait fait préférer aux grandes, mais ce n'est là qu'une hypot
hèse.
Quant aux sabres de grande taille ils appartiennent tous, sauf cinq
(3 A sur le graphique fig. IV, 16) à la troisième série. Ils présentent les
qualités requises pour être d'une efficacité satisfaisante : la -plupart
d'entre eux (au nombre de 13) font partie de la catégorie 3 B, qui est
celle des « bons sabres » ou « sabres de bon équilibre ».
1. Leroi-Gourhan, A., Évolution et Techniques (8), p. 13 à 22.

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